Je crois que c’est normal si l’un est un projet avec une portée locale, et l’autre un axe avec une portée plus large. L’un aura des utilisateurs locaux, l’autre des utilisateurs en dehors de l’arrondissement. Bellechasse n’est pas une artère de transit, la demande à la base est absurde. Beaubien ou Rosemont, je ne dis pas, mais Bellechasse, c’est une collectrice. Ça demande une étude circulation.
Mais en tout cas, c’est surtout la question de l’objectif qui change la donne. Dans un cas, des gens veulent réclamer une infrastructure de sécurité, au détriment de la place de la voiture. Dans l’autre, des gens veulent réclamer une fluidité routière au détriment de la sécurité.
Ces deux choses ne devraient pas être sur le même pied d’égalité. Dire que le temps de trajet en voiture d’une personne à la même valeur que la sécurité d’une personne, c’est considérer une personne comme d’une valeur inférieure. C’est ce que j’appelle la vision de la ville poubelle, où le centre a une population qui est dans le chemin des autres.
La ville de Montréal s’était dotée d’un objectif de vision 0, et d’objectifs environnementaux, on a même des grilles d’évaluation attachées aux projets pour ces choses. Ce qui est supposé ici va contre les propres objectifs de la ville. C’est un recul.
Si Soraya veut changer ses politiques, ça se fait d’une façon officielle, on consulte et on fait de nouvelles politiques, pas selon son opinion à la pièce.
Personnellement, je trouve cela dommage, car encore une fois, Soraya se donne elle-même une mauvaise optique face aux résidents des quartiers centraux, et ça rend la tâche de convaincre les gens qu’elle agit de bonne foi plus difficile (encore des politiques qui vont contre ces discours ou certaines promesses, d’ailleurs). Elle considère que c’est plus important d’assurer de consulter sur la fluidité que de sécuriser deux écoles. Quand tu penses si peu d’un enfant qu’un trajet en voiture est plus important, c’est plate. Comme ville, je pensais qu’on était rendu à autre chose, que de critiquer des apaisements sur le bord des écoles.
AJOUT
Une réflexion générale:
Quand je parlais des politiques et des objectifs officiels de la ville, en fin de compte, tout cela repose sur de simples consensus scientifiques.
- La santé publique veut qu’on réduise la place de la voiture, qu’on augmente le verdissement, qu’on sécurise les rues, et qu’on encourage le transport actif.
- Les urbanistes veulent qu’on réduise la place de la voiture, qu’on augmente le verdissement, qu’on sécurise les rues, qu’on sécurise les rues, et qu’on encourage le transport actif.
- Les climatologues veulent qu’on réduise la place de la voiture, qu’on augmente le verdissement, qu’on sécurise les rues, qu’on sécurise les rues, et qu’on encourage le transport actif.
- Même bien des économistes le veulent!
Bref, l’opposition des visions est toujours un débat à sens unique, et, personnellement, je trouve cela épuisant. Les objectifs sont-ils vraiment, d’une façon objective, propices à une remise en question? Est-ce qu’il existe une preuve qui vient contre-balancer ce consensus, et qu’il y a de réels avantages à ne pas faire cette transformation, sur le plan de la santé publique, de l’environnement, de l’aménagement urbain, de qualité de vie?
On a passé les dernières années à parler de dogmatisme et de guerre à la voiture. Comme si ce sont des arguments, sans jamais développer la chose. Bref, de simples insultes, si on ne peut pas vraiment justifier ces étiquettes. Si c’est la place envahissante de l’automobile qui ne se justifie pas par la science, peut-être qu’il est temps d’appliquer le vrai sens de ces mots à cette vision motorisée de la ville.
Le seul frein est la capacité des gens à changer, personnellement et au niveau de leur environnement, il me semble. Alors on change l’environnement.