Palmarès des pires routes du Québec Gatineau encore en tête, Montréal hors du top 10
PHOTO PATRICK WOODBURY, ARCHIVES LE DROIT
Un nid-de-poule sur la rue Georges, à Gatineau.
Plus de 40 % des routes du Québec manquent encore d’amour, s’inquiète CAA-Québec. La publication de son traditionnel palmarès des « pires routes 2023 » permet de constater que les citoyens de Gatineau sont particulièrement irrités par l’état de leurs chaussées.
Publié à 10h50
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Henri Ouellette-Vézina La Presse
Pour une deuxième année consécutive, Gatineau arrive en tête du triste palmarès du CAA-Québec, diffusé ce mardi, tandis que Montréal est exclue du top 10. Cinq axes de la métropole sont tout de même jugés particulièrement problématiques.
C’est la rue Georges, à Gatineau, qui remporte cette année la palme de la route la plus endommagée. L’an passé, c’est le boulevard de la Gappe situé dans cette même ville qui avait terminé au premier rang. Cette année, la deuxième place revient à la route 329 à Saint-Adolphe-d’Howard, dans les Laurentides. La route des Fondateurs à Larouche, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ferme la marche.
Toujours à Gatineau, le chemin Cook arrive au quatrième rang, suivi par le chemin Sainte-Foy à Québec, la route Madoc à Saguenay, le Chemin du Contour-du-Lac-à Beauce à La Tuque, la route 113 à Senneterre, la route de Saint-Achillée à Château-Richer et, enfin, la route 343 à Saint-Ambroise-de-Kildare.

Le palmarès résulte d’un vote citoyen tenu principalement en ligne au cours des quatre dernières semaines. « Ça montre surtout qu’on a un réseau routier qui est très vieux. Avec une moyenne d’âge de 40 ans, on a beaucoup de rattrapage à faire. C’est environ 56 % des routes qui sont considérées en bon état, donc presque une route sur deux qui est à retaper », explique le porte-parole de CAA-Québec, David Marcille.
À noter : la proportion de 56 % est tirée du Plan québécois des infrastructures 2023-2033, ce qui exclut donc les réseaux routiers municipaux.
« Encore beaucoup de travail » à Montréal
Même si elle ne fait pas partie cette année du top 10 provincial, la région de Montréal « a encore beaucoup de travail », poursuit M. Marcille. Son groupe calcule que les rues les plus problématiques aux yeux de la population sont, en ordre, la rue Notre-Dame Est, le boulevard de l’Acadie, l’avenue Christophe-Colomb, le chemin de la Côte-de-Liesse et le boulevard Saint-Laurent.
CAA-Québec reconnaît toutefois que des investissements majeurs se font depuis quelques années dans la région métropolitaine pour inverser la tendance.
« Le boulevard Gouin, par exemple, a souvent été dans notre palmarès par le passé, mais il a reçu un énorme investissement et la situation a changé. C’est à ça que sert, cet exercice. On fait toujours un suivi avec les villes concernées dans le palmarès pour s’assurer qu’il y ait des correctifs apportés », poursuit M. Marcille.
À la mi-mai, La Presse rapportait d’ailleurs que depuis le début de l’année 2023, la Ville de Montréal a réparé plus de 111 000 nids-de-poule sur son territoire, un bilan supérieur à l’année précédente avec 96 800 nids-de-poule réparés. C’est tout de même encore nettement en dessous de la moyenne annuelle des années 2017, 2018 et 2019, avec 176 461 trous bouchés par année.
« Que se passe-t-il à Gatineau ? »
Il faut le rappeler, le palmarès de CAA-Québec n’est pas une étude scientifique, étant d’abord basé sur le vote populaire, et donc, sur la mobilisation des populations dans les différentes régions. N’empêche, « Gatineau commence à revenir très souvent, donc il y a lieu de se poser des questions », soutient M. Marcille.
« Pourquoi on voit cette ville si souvent ? Que se passe-t-il à Gatineau ? On commence à se poser des questions », ajoute-t-il.
Dans son rapport, l’organisme explique notamment que « les investissements promis par le gouvernement, notamment ceux dédiés à la route 105, sont minimes selon les élus locaux ». On fait ainsi référence aux maires des 17 municipalités de la MRC de Vallée-de-la-Gatineau qui ont jugé « insuffisants » les investissements allongés par Québec sur cette route nationale, en avril.
« Plus tôt cette année, une pétition demandant au ministère de prioriser les réparations sur cette route problématique a circulé, et ce, malgré une annonce de plusieurs millions dédiés à son entretien », persiste CAA-Québec. Un peu plus de 5700 citoyens répartis à travers la province ont voté cette année pour établir les 10 pires routes du Québec. Ils pouvaient le faire en ligne, du 12 avril au 8 mai.
