Réseau cyclable montréalais - Discussion générale

@LGloaguen tout un article Votre Majesté!

Laurent Gloaguen

Le Roi de Montréal ? C’est lui !

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Laurent Gloaguen a parcouru 75 % des voies cyclables de l’île de Montréal en vélo.

Alexandre Pratt

ALEXANDRE PRATTLa Presse

Plusieurs cyclistes deviendront champions à Montréal cette semaine. Mais personne ne détrônera LE roi du vélo sur l’île.

Laurent Gloaguen.

Ce n’est pas moi qui l’ai couronné. C’est l’application Wandrer, qui compile toutes sortes de classements à partir de données enregistrées sur Strava, Coros, RideWithGPS ou Garmin. Parmi tous ceux qui ont téléchargé leurs statistiques, Laurent Gloaguen est de très, très loin celui qui a roulé sur le plus de voies différentes sur l’île de Montréal : 4200 kilomètres, soit 75 % du domaine cyclable.

Sa quête pour le trône a commencé un peu par hasard, il y a quatre ans, lorsqu’il a découvert Wandrer. Il a téléchargé ses statistiques. Pas de quoi être anobli : il n’avait parcouru que 10 % des rues de l’île.

« Comme beaucoup de cyclistes, je faisais toujours les mêmes routes. Vers le travail. Vers l’épicerie. Vers le bout de l’île », explique-t-il. Pour rattraper les meneurs, à 40 %, il allait devoir sortir des sentiers battus et explorer de nouveaux quartiers. « Je suis curieux de nature. J’aime l’urbanisme, j’aime la ville. L’idée me plaisait beaucoup. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Laurent Gloaguen

Alors il s’est mis à visiter des quartiers où il n’était jamais allé. Un dimanche après-midi, il s’est retrouvé dans une rue du quartier industriel d’Anjou, au milieu de nulle part. Surprise : il y a croisé un autre cycliste, « avec un super vélo ». « Je me suis dit : “Mais c’est impossible. Personne n’a de raison de venir ici un dimanche. À moins que…” »

À moins que ce ne soit un autre prétendant au trône.

À son retour à la maison, Laurent est allé vérifier sur Strava si le cycliste qu’il venait de croiser avait enregistré ses données. Bingo. C’était l’homme qui occupe aujourd’hui la deuxième position au classement général du Roi de Montréal. « Mais lui, c’est un véritable athlète. Il vient de faire une course de 500 kilomètres en 48 heures ! » Alors que Laurent, bien qu’il soit en très bonne forme physique, ne se considère pas comme un athlète.

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Vous aurez compris que ce jeu peut être addictif. Un peu comme Pokémon GO, il y a quelques années. Sauf qu’au lieu de trouver le plus grand nombre de monstres, il faut accumuler le plus de voies cyclables possible. « Ça peut être chronophage », reconnaît Laurent.

Peu à peu, il grimpait au classement. Puis, l’année dernière, il a perdu son emploi dans une entreprise en développement de logiciels. Soudainement, il s’est retrouvé avec plus de temps libre. Donc plus d’heures pour de plus longues sorties. Son pointage a explosé.

Il est devenu le Roi de Montréal.

Comment a-t-il réagi sur le coup ?

« Ça n’a rien changé. »

Vraiment ?

« Il y a plein de gens dans mon entourage qui ne comprennent pas trop ce que je fais. »

Au moment de l’entrevue, il avait parcouru 75,2 % du domaine cyclable de l’île. Chaque point de pourcentage est de plus en plus difficile à grappiller. « Pour conquérir un nouveau kilomètre, je dois maintenant aller à au moins 20 kilomètres de chez moi. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Laurent Gloaguen

Il me montre, sur son téléphone, les rues qu’il lui reste à faire. Mais attendez, Laurent, c’est quoi, ces petits bouts que vous n’avez pas faits, pas trop loin de chez vous ? « Ah, ça, ne m’en parle pas. Ça m’enrage ! », lâche-t-il, en riant.

C’est que la carte de l’île de Montréal n’est pas statique. Elle est « vivante ». Les usagers de l’appli peuvent signaler des voies cyclables qui n’étaient pas encore répertoriées. Un cycliste a récemment ajouté de petits tronçons de rues qui passent sous l’autoroute Métropolitaine. Résultat : des rues « à visiter » sont apparues dans des quartiers que Laurent avait déjà quadrillés.

Aussi, l’application est capricieuse. S’il y a une piste cyclable des deux côtés d’une rue, par exemple, il faut rouler dans les deux sens pour ramasser tous les points. Laurent a donc développé la technique du radiateur.

Du radiateur ?

Oui, oui, vous avez bien lu. Lorsqu’on regarde certaines de ses sorties sur Strava, on distingue nettement la forme d’un radiateur. Il fait d’abord toutes les rues verticales d’un quartier en lacets, aller-retour. Puis toutes les rues horizontales, dans les deux sens. Facile dans les quartiers centraux, avec des rues en échiquier. Plus compliqué dans les nouveaux lotissements, avec des rues qui prennent toutes sortes de formes.

Son objectif ? Étonnamment, ce n’est pas d’atteindre 100 %. « C’est impossible. Il y a des chemins cartographiés qui sont sur des terrains privés, notamment. » Il vise à parcourir 90 % des voies cyclables de l’île. Pour y arriver, il devra explorer davantage les secteurs de LaSalle, Lachine, Pointe-Claire et Dorval. C’est à sa portée.

Et lorsque ce sera fait ?

« J’aurai probablement un deuil à faire. Ce sera quand même la fin d’une aventure. Après, le voyage est plus important que la destination. »

Mais déjà, il a une petite idée de son prochain défi.

« Je pourrais devenir le King de Laval ! »

https://www.lapresse.ca/sports/chroniques/2026-09-21/laurent-gloaguen/le-roi-de-montreal-c-est-lui.php

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