À Québec, la part modale du vélo a augmenté de 50 % en six ans. C’est ce qui ressort d’un récent rapport de Vélo Québec. Le document met en lumière le développement des corridors VivaCité (CVC) et du service de vélopartage à assistance électrique àVélo.
Des cyclistes sur le corridor VivaCité (CVC) de la rue du Pont, dans le quartier Saint-Roch.
Crédit photo: Thomas Verret
Pour le conseiller responsable de la mobilité des biens et des personnes à la Ville de Québec, Yannick Fauteux, ces résultats confirment que « les aménagements influencent les comportements en mobilité ».
« Ce que les données nous disent, c’est qu’on est déjà dans une augmentation de la demande, qui va même un peu plus vite qu’on ne l’avait espéré », souligne-t-il.
Impacts sur les déplacements et la vitalité commerciale
À titre d’exemple, la mise en place du premier corridor VivaCité (CVC) sur le chemin Sainte-Foy, il y a trois ans, s’est traduite par une hausse de 175 % de la fréquentation piétonne entre 2023 et 2024.
La Ville vante aussi les effets positifs sur la sécurité routière et la vitalité commerciale.
« À Québec, le réaménagement du chemin Sainte-Foy a entraîné une hausse des ventes de 9,93 % entre les trois premiers trimestres de 2023 et de 2024 », indique Vélo Québec dans son rapport publié jeudi dernier.
àVélo enchaîne les records
Le document évoque également la forte croissance du service de vélopartage à assistance électrique àVélo depuis son lancement en 2021.
Le service a connu une saison record en 2025, avec près de deux millions de déplacements réalisés par 43 000 usagers, principalement à des fins utilitaires.
D’après la Ville, le nombre de trajets a été multiplié par 70 depuis la première année, tandis que le nombre d’usagers a été multiplié par plus de huit.
Offert pour la première fois dès la mi-avril, le service àVélo a enregistré près de 100 000 déplacements en seulement deux semaines cette année. Cela représente environ 6 000 déplacements quotidiens, selon Capitale Mobilité, qui assure la gestion du réseau.
Pour Yannick Fauteux, le plein potentiel des déplacements à vélo n’est pas encore atteint, compte tenu notamment de l’essor des vélos électriques. Actuellement, un vélo sur trois vendu au Québec est électrique.
« Quand on regarde les obstacles à l’utilisation du vélo à des fins utilitaires, la distance trop longue revient souvent. Avec l’émergence des vélos électriques, on élargit maintenant les possibilités à des gens situés à 15-20 kilomètres », affirme celui qui préside aussi le Réseau de transport de la Capitale (RTC).
La première saison d’àVélo avait commencé avec dix stations en 2021. Le réseau compte aujourd’hui 225 stations, pour un total de 2 300 vélos à assistance électrique en libre-service.
Des solutions qui fonctionnent ailleurs
Toujours selon Yannick Fauteux, le développement des infrastructures cyclables « n’est pas une idéologie », mais s’inscrit plutôt dans les meilleures pratiques en mobilité urbaine, observées ailleurs, tant à l’international qu’au Québec, notamment en Europe, à Montréal et à Gatineau.
« En milieu urbain, avec nos enjeux de mobilité, c’est important d’offrir des options. Le vélo et la marche, c’est ça qui va nous amener des gains en fluidité », avance l’élu de Cap-Rouge–Laurentien.
Ce dernier fait valoir que la mobilité active représente « une utilisation efficiente des fonds publics ».
« C’est rentable de faire des aménagements de corridors sécuritaires pour les cyclistes et les piétons, parce que la mobilité active, c’est ce qui coûte le moins cher aux contribuables. »
Il ajoute que « cette façon d’aménager la ville » a aussi des effets positifs sur la santé de la population et les saines habitudes de vie des citoyens.
Prévoyance
Lui-même cycliste à ses heures, il salue le travail de son prédécesseur, Pierre-Luc Lachance, et de ses collègues qui ont su anticiper les enjeux de densification, en particulier dans le secteur de Montcalm et Saint-Sacrement.
À ses yeux, cette évolution de la trame urbaine allait inévitablement entraîner de nouveaux besoins. Il estime que l’administration municipale a fait preuve de prévoyance en vue de l’intensification des travaux du tramway cette année.
« On savait qu’on allait avoir une zone impactée par les travaux. Dès 2021, le fait d’avoir anticipé nos défis pour 2026 fait en sorte qu’on se retrouve aujourd’hui avec des corridors VivaCité (CVC) pour assurer une fluidité dans la zone des travaux. Si on avait commencé l’an passé, on n’aurait pas pu avoir ces résultats-là », soutient Yannick Fauteux qui mentionne également la présence de 131 stations àVélo dans la zone des travaux.
Cohabitation et sensibilisation
M. Fauteux reconnaît toutefois qu’une adaptation et des ajustements en continu sont nécessaires sur le plan de la cohabitation entre les différents usagers de la route.
« Il y a du travail à faire sur le plan de la communication », admet l’élu de Québec Forte et Fière, précisant que la Ville prévoit déployer des efforts supplémentaires en matière de prévention et de sensibilisation.
Alors qu’aucune somme n’est budgétée présentement pour un lien mécanique entre la Haute-Ville et la Basse-Ville, le conseiller Fauteux rappelle que la priorité actuelle de l’administration Marchand est la remise en état des escaliers du Faubourg, des Franciscains, Frontenac, Lépine et de la Chapelle, telle qu’annoncée récemment.
La boutique Vélos Roy-O célèbre cette année ses 15 ans d’activité. Fondée en 2011 par Julien Roy, elle s’impose comme un repère du vélo dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, en misant sur l’entretien, le sur-mesure et la vente de vélos.
Julien Roy est le propriétaire de la boutique Vélos Roy-O située au 463, rue Saint-Jean.
Crédit photo: Maude Bond Lussier
Résumé
L’entreprise souligne ce jalon après avoir vu son 10e anniversaire passer sous silence en pleine pandémie.
Le commerce de la rue Saint-Jean a fêté ses 15 ans lors d’un événement informel en boutique, tenu en février, qui a réuni des clients réguliers et des partenaires à l’approche de la saison cycliste, qui est la période la plus occupée de l’année.
« Il y a eu plusieurs commerces ici, mais on est celui qui est resté le plus longtemps », mentionne Julien Roy, propriétaire de Vélos Roy-O ainsi que de la boutique Vélodidacte à Montréal.
Fait intéressant, Vélos Roy-O s’inscrit dans une continuité de la vocation du vélo. Le local accueille des boutiques de vélo depuis plus de 30 ans. Depuis 1992, des entreprises en lien avec le vélo s’y sont succédées.
Arrivé dans le milieu presque par hasard, Julien Roy développe rapidement un intérêt pour le vélo et l’entrepreneuriat. Après des études en administration et un passage dans une boutique de location à Montréal, il lance son commerce à Québec. D’abord associé, il reprend seul l’entreprise après la première année.
Entretien de vélos
Au fil des années, Vélos Roy-O s’est adapté à la demande croissante. L’entretien est rapidement devenu le cœur des activités.
« À un moment donné, j’ai ouvert la porte et je ne pouvais même plus rentrer dans le magasin tellement il y avait de vélos », raconte le propriétaire.
Un employé de Vélos Roy-O qui effectue l’entretien d’une roue.
Crédit photo: Maude Bond Lussier
La boutique effectue des réparations et des ajustements sur la majorité des types de vélos, avec un système de prise de rendez-vous pour mieux gérer l’achalandage.
« C’est important de faire un entretien de base au moins une fois par année », souligne celui à qui les résidents du quartier confient leurs vélos.
Avec l’essor des vélos à assistance électrique, la mécanique se complexifie. Plus lourds et dotés de composantes spécifiques, ces modèles demandent davantage de temps en atelier. Une réalité qui n’existait pas il y a 15 ans.
« C’est plus complexe, ça prend parfois deux personnes pour manipuler le vélo ».
Vélos sur mesure
Parallèlement, la boutique développe une offre sur mesure. Les clients choisissent un cadre et sélectionnent chaque composante selon leurs besoins, ce qui permet d’obtenir un vélo adapté dès le départ, sans devoir modifier un modèle standard.
« L’idée avec le service sur mesure est que le client ait les bonnes pièces en partant », explique Julien Roy.
Avec les conseils des employés, il est possible de monter un vélo avec des pièces neuves ou usagées entièrement adapté à ses besoins.
Crédit photo: Maude Bond Lussier
Cette approche s’applique à différents types de vélos, bien que les cadres neufs offerts se situent souvent dans des gammes intermédiaires ou haut de gamme.
Vélos Roy-O propose aussi du sur-mesure à partir de cadres usagés, permettant de transformer ou remettre à neuf un vélo existant.
La boutique offre également le montage de roues sur mesure, un service plus spécialisé. L’équipe assemble environ une centaine de roues par année, afin d’obtenir des modèles mieux adaptés et souvent plus robustes, notamment pour le cyclotourisme.
La devanture du local de Vélos Roy-O.
Crédit photo: Vélos Roy-O
Évolution du milieu du vélo
En 15 ans, le milieu du vélo se transforme. On peut penser à l’arrivée de l’assistance électrique et des vélos cargo, qui élargissent la pratique et attirent de nouvelles clientèles.
« Ce ne sont pas juste les mêmes cyclistes qui passent à l’électrique, ce sont de nouveaux utilisateurs qui n’auraient pas fait de vélo autrement », note le propriétaire.
Dans Saint-Jean-Baptiste, un quartier où une forte proportion des ménages ne possède pas de voiture, le vélo s’impose de plus en plus comme un mode de transport du quotidien. La boutique répond à ces besoins, tout en attirant une clientèle plus large.
Une vue d’ensemble sur le local de Vélos Roy-O.
Crédit photo: Maude Bond Lussier
Vélos Roy-O a toutefois tourné la page sur la location en 2022. L’essor du service de vélo-partage àVélo a rapidement rendu l’offre moins pertinente, puisqu’elle répondait au même besoin, soit des trajets de courte durée, principalement au cœur de la ville.
Dans un local de taille restreinte, la flotte occupait un espace important pour un usage limité, ce qui a poussé l’équipe à recentrer ses activités sur l’entretien et le service spécialisé.
Vélos Roy-O n’a pas fini de célébrer. À la fin de mai, l’équipe sera aussi présente à la Convergence vélo, organisée par Accès transports viables au centre-ville dans le cadre du Mois du vélo de Québec pour fêter le début de la saison cycliste.