Relations Canada-USA - Politique et commerce

Publicité de Doug Ford Mark Carney s’excuse, mais Donald Trump ne veut pas reprendre les négociations

(Ottawa) Le président américain, Donald Trump, a affirmé vendredi à bord d’Air Force One que le premier ministre Mark Carney lui avait présenté ses excuses pour la publicité antiprotectionnisme du gouvernement de l’Ontario. Il n’a pas l’intention de reprendre les négociations avec le Canada pour autant.

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-31/publicite-de-doug-ford/mark-carney-s-excuse-mais-donald-trump-ne-veut-pas-reprendre-les-negociations.php

Des clients américains hésitants

« Essayez d’éviter les produits qui ne proviennent pas des États-Unis. »
Publié à 5 h 00

Julien Arsenault La Presse

Cette recommandation était écrite noir sur blanc dans une chaîne de courriels associés à une soumission que lorgnait le fabricant de meubles montréalais Keca International au sud de la frontière plus tôt cette année.

« Le message à l’interne voulait dire qu’au lieu de prendre un risque, on essaye de limiter le risque, explique le directeur du développement des affaires de l’entreprise, Lorenzo Torre, installé aux côtés du président et fondateur Pierre Lemieux. Est-ce qu’il va y avoir des tarifs ? Pas de tarifs ? Ils hésitent à conclure des ententes. »

Keca International fait partie de ces entreprises dont les produits respectent les règles d’origine de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Autrement dit, ses chaises, tabourets et tables cochent les cases qui leur permettent d’entrer aux États-Unis – où l’entreprise réalise près de 30 % de ses revenus – libres de droits de douane.

Pas de problème, donc ? En théorie, oui, mais plus complexe en pratique.

Si l’on répète en territoire canadien que le parapluie de l’ACEUM offre une protection à la quasi-totalité des marchandises exportées, le réflexe ne semble pas être le même au sud de la frontière.

Résultat : malgré les exemptions tarifaires, bon nombre de clients hésitent avant de passer des commandes. Cela ne se traduit pas nécessairement en ventes perdues chez Keca, mais la charge de travail, elle, augmente.

Ils ne le connaissent pas [l’ACEUM]. Il y a beaucoup de gens qui ignorent ce qui se passe. Il faut travailler fort pour mettre nos clients en confiance et dire que nous sommes là pour les aider si le contexte change.

Pierre Lemieux, président et fondateur de Keca International

Sans entrave

En juillet dernier, près de 90 % des produits canadiens qui traversaient la frontière canado-américaine étaient exemptés de droits de douane parce qu’ils respectaient les modalités de l’ACEUM, soulignait une étude du Mouvement Desjardins diffusée le 17 octobre dernier.

Nos cycles de vente s’étirent. Le cycle d’achat des Américains ralentit. Nous sommes encore attrayants et le taux de change nous aide, mais nous voyons des compagnies repartir en appel d’offres en se disant : est-ce qu’on pourrait trouver un partenaire dans un pays où la situation est moins tendue qu’entre le Canada et les États-Unis ?

Robert Jodoin, fondateur et président de NuMove

Facture supplémentaire…

2ème article

Comment un produit devient nord-américain

Un produit conforme à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qu’est-ce que c’est ? Concrètement, il doit respecter un ensemble complexe de critères qui décrivent le seuil de production qui doit être réalisé en Amérique du Nord pour qu’il soit admissible à un traitement préférentiel. Prenons l’exemple d’une chaise fabriquée par Keca International.

https://www.lapresse.ca/affaires/meme-sans-droits-de-douane/pas-facile-exporter-aux-etats-unis/2025-11-08/comment-un-produit-devient-nord-americain.php

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La boisson Sour Puss déménage au Québec

La boisson alcoolisée Sour Puss sera bientôt produite au Québec. Le distillateur américain Phillips Distilling Company souhaite ainsi relancer ses ventes au Canada, qui ont été décimées par le boycottage des alcools américains imposé depuis huit mois dans plusieurs provinces.
Publié à 6 h 00

Karyne Duplessis Piché Collaboration spéciale

La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis a touché de plein fouet le distillateur américain, dont le siège social est au Minnesota. Le boycottage des boissons alcoolisées américaines, en vigueur depuis mars, lui a fait perdre son principal client, la Société des alcools du Québec (SAQ).

Selon les chiffres fournis par l’entreprise, plus de 1 million de bouteilles ont été vendues en 2024 au Canada, dont 30 %, soit plus de 270 000, sur les rayons de la SAQ. Ces ventes représentaient une valeur totale de plus de 23 millions de dollars au pays. Du jour au lendemain, en mars dernier, son chiffre d’affaires s’est écroulé, conséquence de la décision de plusieurs provinces canadiennes, dont le Québec et l’Ontario, de ne plus vendre de produits américains.

Pour relancer ses activités au nord de la frontière, Phillips Distilling Company prend les grands moyens. Elle cesse sa production de Sour Puss aux États-Unis.

Elle produira désormais sa fameuse liqueur colorée dans les installations de Station 22, anciennement connue sous le nom de la Maison des Futailles, à Montréal. Cet embouteilleur québécois commercialise de nombreuses marques, dont les boissons à l’érable Sortilège ainsi que le gin Seven Heaven London.

« Nous avons envisagé 19 sites de production contractuelle canadiens avant de choisir Station 22 », a indiqué l’entreprise.

En vente en décembre

La production de la liqueur Sour Puss débute aujourd’hui, le 12 novembre. Les premières bouteilles produites au Québec seront offertes en décembre sur les tablettes de la SAQ et ailleurs au Canada.

Selon les chiffres de l’Association canadienne des distillateurs, qui compile les ventes des vins au Québec, la perte de revenus liée à l’interdiction de vendre des produits américains à la SAQ s’élève à 85,9 millions pour la vente de vin. Elle n’a pas été en mesure de confirmer le montant de la perte pour la vente de spiritueux au Québec, mais selon les sources de La Presse, elles s’élèvent à plus de 30 millions de dollars.

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-11-12/la-boisson-sour-puss-demenage-au-quebec.php

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Guerre commerciale Les Canadiens continuent de bouder les voyages aux États-Unis

Les Canadiens ont continué à éviter les États-Unis en octobre, marquant une nouvelle baisse importante du nombre de visiteurs par rapport à l’année précédente.
Publié à 12 h 00 Mis à jour à 16 h 15

Christopher Reynolds La Presse Canadienne

Le nombre de résidents canadiens rentrés en automobile des États-Unis est tombé à 1,4 million en octobre, soit une baisse de 30,5 % par rapport à la même période en 2024, selon les données préliminaires de Statistique Canada.

Cette baisse marque le dixième mois consécutif de diminution du nombre de visiteurs, depuis le mois suivant l’élection du président américain Donald Trump.

Le nombre de Canadiens rentrant chez eux depuis le sud de la frontière par avion a chuté à 437 300, soit une baisse de 24 %.
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L’aversion croissante pour les États-Unis peut s’expliquer par les tensions politiques liées aux droits de douane imposés par le président Trump et à sa rhétorique sur le 51e État, par la crainte d’un traitement potentiel à la frontière ainsi que par les taux de change – le dollar canadien vaut environ 71 cents US.

De nombreux voyageurs cherchent à s’évader à l’étranger, loin des États-Unis. Plus de 964 000 Canadiens sont rentrés d’outre-mer le mois dernier, soit une augmentation de près de 7 % par rapport à l’année précédente, selon Statistique Canada.

Cette augmentation est telle que les Canadiens ont donné un coup de pouce aux bénéfices en baisse d’Air France-KLM au cours du dernier trimestre, les réservations en provenance du pays ayant augmenté de 30 % par rapport à l’année précédente.

Coûteux pour les États-Unis

Les Canadiens évitant de se rendre aux États-Unis, les Américains en ressentent les effets.

Selon l’U. S. Travel Association, les États-Unis verront les dépenses de voyage des visiteurs étrangers baisser de 5,7 milliards US, soit 3,2 %, cette année.

« La baisse significative du nombre de visiteurs en provenance du Canada est le principal facteur de cette diminution, et le volume des visites en provenance d’autres pays que le Canada devrait rester stable », a indiqué l’association dans ses prévisions de voyage publiées le mois dernier.

« Des systèmes obsolètes, des délais d’attente excessifs pour l’obtention de visas et de nouveaux facteurs dissuasifs incitent les visiteurs du monde entier à se tourner vers d’autres destinations », a-t-elle ajouté, sans faire explicitement référence à la guerre commerciale.

Plusieurs États ont lancé des campagnes touristiques visant à reconquérir les Canadiens.

En Californie, les visiteurs canadiens devraient dépenser 3 milliards US cette année, contre 3,7 milliards US en 2024, selon Ryan Becker, vice-président de Visit California, une société à but non lucratif qui a lancé la campagne « California Loves Canada » avec le gouverneur Gavin Newsom au début de l’année.

« C’est un coup dur pour l’industrie », a déclaré M. Becker la semaine dernière depuis Toronto, où il accompagnait une délégation de plus d’une douzaine de responsables du tourisme de la Californie dans le cadre d’une tournée qui comprenait Calgary et Vancouver.

« Ce n’est pas quelque chose que nous prenons à la légère. »

De leur côté, les Américains commencent à se rendre plus fréquemment au nord de la frontière après une baisse notable pendant une grande partie de l’année.

Le nombre de voyages en voiture vers le Canada effectués par des résidents américains s’est élevé à un million le mois dernier, soit une baisse de moins d’un point de pourcentage par rapport à octobre 2024, selon Statistique Canada.

Au total, les arrivées de non-résidents ont atteint 784 800 en octobre, soit une hausse de 4,2 % par rapport à l’année dernière.

Le total préliminaire des arrivées internationales au Canada en octobre, comprenant à la fois les résidents canadiens de retour au pays et les non-résidents arrivés par avion ou en voiture, s’élevait à 4,6 millions, soit une baisse de 12,6 % par rapport à octobre 2024.

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-11-12/guerre-commerciale/les-canadiens-continuent-de-bouder-les-voyages-aux-etats-unis.php

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Négociations commerciales Canada–États-Unis Sachons tirer profit des dépendances américaines

Plusieurs entreprises canadiennes sont durement touchées par la guerre commerciale que nous livre l’administration Trump.
Publié hier à 22 h 00

Richard Ouellet

Richard Ouellet Professeur titulaire de droit à l’Université Laval et membre de l’École supérieure d’études internationales (ESEI)

On pense bien sûr aux producteurs et transformateurs d’acier, d’aluminium et de bois, mais aussi à un large éventail d’entreprises manufacturières dont les produits deviennent parfois trop coûteux à exporter au-delà du continent.

En attendant la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) qui doit débuter en juillet 2026, le gouvernement canadien tente de parer aux pires coups. Le premier ministre Mark Carney et le ministre Dominic LeBlanc ont révélé avoir amorcé des négociations avec leurs homologues américains dans les secteurs de l’acier, de l’aluminium et de l’énergie.

Cette stratégie dite des accords sectoriels vise à trouver un compromis rapide pour les entreprises de ces secteurs qui ont un urgent besoin de récupérer l’accès au marché américain. Des gains intéressants peuvent assurément résulter de ce type d’accords. Mais la négociation par accords sectoriels comporte aussi des risques importants.

Une règle de base

Une règle de base en négociation commerciale dit que l’économie la plus petite doit tirer profit au maximum des dépendances de l’économie la plus forte. Or, depuis 1989 et le premier accord de libre-échange Canada–États-Unis, le Canada a appliqué cette règle et a toujours conçu le libre-échange avec son voisin du Sud à travers un accord global, par le jeu du donnant-donnant.

L’ouverture des marchés ne s’est pas faite seulement dans les secteurs qui faisaient l’affaire des Américains. Elle s’est faite pour l’essentiel des échanges commerciaux.

Le sacrifice d’un levier de négociation

C’est un outil stratégique de négociation qui est mis en péril si le Canada conclut trop d’accords sectoriels. Les secteurs où les États-Unis nous font la guerre commerciale n’ont pas été choisis au hasard. Ce sont des secteurs que les États-Unis veulent voir régis en dehors de l’ACEUM.

Protéger l’ACEUM pour nos PME

La stratégie des accords sectoriels risque aussi de mettre à mal la révision même de l’ACEUM. Après avoir signé des accords sectoriels dans quelques secteurs qui font l’affaire des États-Unis, que ferons-nous si le président Trump nous annonce en juillet 2026 qu’il est satisfait des accords sectoriels conclus ? Que ferons-nous s’il déclare qu’un accord de libre-échange global n’est pas nécessaire ?

https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-11-19/negociations-commerciales-canada-etats-unis/sachons-tirer-profit-des-dependances-americaines.php

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Chroniques

Pourquoi il faut encore parler de Trump

Comme beaucoup, vous en avez peut-être ras le bol des articles sur Donald Trump et ressentez l’envie de passer au suivant, sur nos problèmes familiers comme la santé ou le logement, ou de vous évader dans un sujet plus réjouissant à la section des Arts ou des Sports.

Miville Tremblay Fellow invité à CIRANO, collaboration spéciale

Le hic, c’est que le président américain demeure notre problème numéro un et qu’il rétrécit l’éventail des possibilités pour régler les autres. J’y reviendrai plus loin.

C’est un piège de considérer Trump comme un affreux clown qui sortira de piste aux prochaines élections, en espérant que tout rentrera dans l’ordre.

Dans une habile valse-hésitation, il se rapproche chaque jour de son rêve mégalomane : devenir président à vie des États-Unis et imposer ses quatre volontés au reste du monde.

Ça va tellement vite et c’est tellement gros qu’on se pince pour s’assurer que ce n’est pas un vilain cauchemar.

« Dictateur » est (encore) exagéré, mais de nombreux politologues jugent que Trump se comporte en autocrate, exerçant un pouvoir sans contrainte, et que les États-Unis se transforment en démocratie illibérale, avec un parti dominant qui manipule les élections pour conserver le pouvoir.

Pensez à la Turquie, à la Hongrie et à l’Inde, mais s’agissant cette fois de la plus grande puissance mondiale.

Les contre-pouvoirs de la Constitution américaine, conçus pour écarter l’absolutisme royal, sont battus en brèche. Le Congrès à majorité républicaine n’est plus qu’une carpette. L’opposition démocrate est divisée. Si les juges de première instance bloquent certains coups de force, la Cour suprême se montre timide et conciliante. Trump presse les généraux de s’engager dans une guerre contre ses ennemis intérieurs et ses procureurs tâchent de les envoyer en prison.

Dans la société civile, des universités bradent leur indépendance et des médias plient l’échine sous la pression de leurs propriétaires. Les tech bros courtisent Trump pour bâtir sans gêne leur empire, qui carbure aux informations polarisantes.

Les patrons d’entreprise se terrent, transis de peur. Les marchés, que l’on croyait l’ultime garde-fou, sont soulés par l’IA.

Les chefs de gouvernements étrangers ont beau se fendre de compliments obséquieux, l’homme fort de la Maison-Blanche leur extorque de coûteuses concessions, si ce n’est des pots-de-vin mal déguisés.

Tout ça en 10 mois. Qu’en sera-t-il dans 36, lors de la prochaine présidentielle où Trump pourrait se représenter, malgré l’interdit de la Constitution ?

Sa guerre commerciale réduit notre croissance et les revenus des gouvernements. Il nous oblige à dépenser pour soutenir les travailleurs et les entreprises touchés. Avec son faux frère Vladimir Poutine, Trump nous force à tripler nos dépenses militaires. Bref, l’argent se fait plus rare pour nos vieux problèmes.

Le Canada peut, à long terme, réduire sa vulnérabilité en diversifiant ses échanges commerciaux et en investissant dans des infrastructures qui hausseront notre productivité et notre croissance.

Or, dans cette transition difficile, Trump ne manquera pas d’exploiter les divisions entre provinces, comme les projets de référendum sur l’indépendance du Québec et de l’Alberta. Il n’a pas renoncé à l’expansion territoriale des États-Unis.

https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2025-11-20/pourquoi-il-faut-encore-parler-de-trump.php

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J.D. Vance se moque de l’immigration au Canada

Le vice-président des États-Unis J.D. Vance s’est amusé aux dépens du Canada, vendredi après-midi, affirmant que le niveau de vie au pays « stagnait » en raison de tous les « étrangers » qui y vivaient.
Publié à 15 h 59

Éric Martel La Presse

Sur la plateforme X, le bras droit de Donald Trump a commenté un graphique selon lequel le PIB canadien par résident indexé à l’inflation avait connu une croissance moins élevée que celle des États-Unis et du Royaume-Uni, de 2016 à aujourd’hui. Le tableau a été préparé par la firme Ice Cap Asset Management, à Halifax.

« Bien que les causes soient sans doute complexes, aucun pays n’a autant sombré dans une politique d’immigration délirante fondée sur le principe que “la diversité est notre force, nous n’avons pas besoin d’un creuset, nous avons un saladier” [we don’t need a melting pot, we have a salad bowl] », a-t-il écrit.

Dans cette expression, le saladier fait référence à la coexistence de cultures, sans fusion directe. Le creuset correspond plutôt à leur assimilation.

« Ce pays affiche la plus forte proportion de personnes nées à l’étranger parmi les pays du G7, et son niveau de vie y stagne », a ajouté M. Vance.

Dans une publication subséquente, M. Vance a blâmé la couverture médiatique canadienne des États-Unis. Selon lui, les politiques tarifaires du président Trump imposées au Canada n’ont pas d’impact sur le niveau de vie des Canadiens.

« Avec tout le respect que je dois à mes amis canadiens, dont la politique est obsédée par les États-Unis : votre niveau de vie stagnant n’a rien à voir avec Donald Trump ni avec le bouc émissaire que Radio-Canada vous désigne. La faute incombe à vos dirigeants, que vous avez vous-mêmes élus », croit-il.

Avant le dépôt de son budget, le ministre des Finances François-Philippe Champagne a indiqué qu’il souhaitait ramener l’immigration à des niveaux « plus soutenables » au Canada.

Le pays visera à accueillir seulement 385 000 résidents temporaires l’an prochain. Il s’agit de 43 % de moins que l’objectif initial de 2025, fixé par l’administration précédente de Justin Trudeau.

https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2025-11-21/j-d-vance-se-moque-de-l-immigration-au-canada.php

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Des sénateurs américains sont préoccupés par les relations avec le Canada

(Halifax) Les droits de douane imposés au Canada par le président américain Donald Trump ont indéniablement causé des difficultés économiques au pays, mais un sénateur américain du Maine se dit davantage préoccupé par les réactions des Canadiens à titre personnel.

Publié hier à 23 h 33

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-11-22/des-senateurs-americains-sont-preoccupes-par-les-relations-avec-le-canada.php

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Microvidéo de Brittlestar (le gars du sac de chips au ketchup qui regarde les américains par sa fenêtre :wink: )

America, It’s Not You, It’s…

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Tarifs de Trump : « Ce sont nos entreprises qui paient », déplorent des PME américaines

Des centaines de petites et moyennes entreprises (PME) à travers les États-Unis se sont jointes à la poursuite contre les tarifs douaniers de l’administration Trump. Rencontre avec les propriétaires de l’une d’entre elles, au Vermont.

Carina Hamel et Robby Ringer ont vécu au rythme du conflit tarifaire entre Washington et Pékin.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Publié à 4 h 00 HNE

« Chaotique ». Voilà le mot qui vient à l’esprit de Robby Ringer pour décrire ses neuf derniers mois.

Amateur de vélo et de plein air, il a cofondé en 2020 l’entreprise Bivo, qui fabrique en Chine des bouteilles en acier inoxydable destinées aux cyclistes.

C’est cette année que nous devions devenir profitables. Nous avions de grands espoirs. Finalement, nous avons mis tout cela de côté pour nous concentrer sur notre survie, explique-t-il.

Comme plus de 60 % de la production mondiale d’acier inoxydable, les bouteilles de Bivo viennent de Chine, un pays particulièrement ciblé par la politique tarifaire de l’administration Trump.

Depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, les droits de douane visant Pékin sont montés jusqu’à 145 %, avant de redescendre récemment, après un tête-à-tête entre les présidents américain et chinois.

Les bouteilles de Bivo sont fabriquées à partir d’acier inoxydable qui vient de Chine.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Il a fallu trouver une stratégie pour garder l’entreprise en vie. Il a fallu s’ajuster, tenter de prévoir quels produits nous allions faire venir et lesquels nous allions exporter, raconte l’autre cofondatrice de Bivo, Carina Hamel.

Pendant des mois, les entrepreneurs ont fait et refait des plans pour s’adapter à la réalité du moment. Au printemps, ils ont par exemple réussi à faire venir dans leur entrepôt de Richmond, au Vermont, une importante cargaison, quelques jours seulement avant que les droits de douane les plus élevés entrent en vigueur.

Nous avons perdu beaucoup d’énergie et avions peu de certitude sur ce qui serait la meilleure manière d’avancer.

Une citation de Carina Hamel, cofondatrice de Bivo

Carina Hamel explique que beaucoup d’Américains ne savent pas que ce sont les entreprises et non les États étrangers qui paient les tarifs douaniers.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Du Vermont à la Cour suprême

La compagnie vermontoise a donc ajouté sa voix à celles de quelques centaines de petites et moyennes entreprises de partout au pays qui ont appuyé la poursuite contre les politiques tarifaires de Washington.

La cause, entendue par les neuf juges de la Cour suprême des États-Unis au début du mois de novembre, vise entre autres à déterminer si la voie empruntée par le président pour imposer ses droits de douane est légale.

Lors de l’audience, certains magistrats ont voulu savoir si les tarifs douaniers ne doivent pas être considérés comme une taxe, dont l’imposition relève du Congrès et non de la Maison-Blanche.

La Cour suprême des États-Unis se penche sur les politiques commerciales de l’administration Trump.

Photo : afp via getty images / BEIYI SEOW

Carina Hamel et Robby Ringer doutent que, même en cas de décision favorable, ils reverront l’argent déjà dépensé en droits de douane. Mais l’entrepreneure croit que cette cause gagne à être publicisée.

Beaucoup de gens pensent que la Chine paie ces tarifs. Bien sûr, ce n’est pas le cas. Ce sont nos entreprises qui paient, lance Carina Hamel.

Depuis le début de l’année, Bivo a ainsi dû avancer jusqu’à 75 000 $ US en droits de douane déboursés au port d’arrivée avant même de vendre la moindre bouteille sur le territoire américain.

Dans ce combat, ils reçoivent l’appui de leur État, le très démocrate Vermont, qui fait partie de la douzaine d’États qui ont saisi une autre instance pour contester la politique tarifaire de Donald Trump.

Le jour de l’annonce de l’annonce par Donald Trump d’une longue liste de tarifs dits réciproques, en avril, le bureau de Mike Pieciak, le responsable des finances du Vermont, a estimé que cette politique se refléterait par des dépenses supplémentaires d’un milliard de dollars par année pour les résidents de l’État.

Mike Pieciak est responsable des finances de l’État Vermont.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Quand le gouvernement fédéral impose des tarifs douaniers, il aspire de l’argent de nos communautés, de nos poches, pour l’envoyer directement à Washington.

Une citation de Mike Pieciak, responsable des Finances du Vermont

La conséquence, selon Robby Ringer, de Bivo, c’est que, pendant que les entreprises comme la sienne composent avec les droits de douane, elles limitent leurs investissements et de possibles expansions. Nous ne sommes pas en train de nous construire. Nous voulons d’abord nous assurer que les huit personnes que nous employons puissent se nourrir, dit-il.

Hébergé dans un édifice qui a déjà abrité une usine de vêtements au siècle dernier, l’entrepreneur dit partager la volonté de l’administration Trump de créer davantage d’emplois manufacturiers aux États-Unis. Mais cela ne se fait pas en appuyant sur un interrupteur, ajoute-t-il.

En attendant, Bivo continue de faire produire ses bouteilles en Chine et ajuste sa stratégie. Une partie de la production est ainsi directement acheminée en Europe, où le marché est en pleine expansion.

Dans le petit entrepôt de Richmond, des boîtes sont également destinées au Canada, où les produits Bivo sont vendus chez de fidèles partenaires. Mais encore là, impossible d’ignorer les impacts des politiques commerciales de l’administration Trump.

Carina Hamel et Robby Ringer ont fondé Bivo en 2020.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Nos représentants canadiens nous disent que d’éventuels nouveaux détaillants ne veulent pas vendre de produits américains, raconte Carina Hamel, qui dit comprendre la colère de nombreux Canadiens à l’endroit des propos venus de Washington.

Alors que les juges de la Cour suprême américaine ont mis la cause en délibéré et que le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine semble s’être atténué, son collègue Robby Ringer se met à rêver d’un peu de répit.

Quand même pas de la stabilité, dit-il, réaliste, mais au moins un peu plus que ce qu’on a vécu.

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Entrevue avec l’ambassadeur des USA au Canada

L’ambassadeur américain au Canada, Pete Hoekstra, voit d’un bon œil plusieurs orientations prises par le gouvernement Carney, notamment son ouverture par rapport au projet de « Dôme d’or » antimissile et la construction de nouveaux pipelines, qu’il voit comme des leviers pour renforcer la domination de l’Amérique du Nord sur les plans commercial, économique et militaire.

« Le président et le premier ministre ont parlé du “Dôme d’or”. Je crois qu’ils sont tous les deux très ouverts à ce projet qui est non seulement crucial pour les États-Unis, mais aussi pour l’Amérique du Nord », a fait valoir le plus haut diplomate américain à Ottawa dans un entretien avec Le Devoir. « Il y a de l’espace pour tenir des discussions sur la manière dont nous pouvons coopérer », ajoute-t-il, d’un ton optimiste.

M. Hoekstra trouve également « génial » le récent protocole d’entente signé entre le gouvernement Carney et l’Alberta pour la construction d’un éventuel nouveau pipeline vers la Colombie-Britannique. « Nous voulons faire de l’Amérique du Nord l’un des principaux, sinon le plus dominant producteur d’énergie au monde », indique-t-il quelques jours après la publication de la nouvelle stratégie américaine de sécurité nationale, un document prônant la domination de l’« hémisphère occidental ».

Le document, signé par le président Donald Trump, appelle notamment les autres nations à considérer les États-Unis comme « leur partenaire privilégié » et à limiter « leurs collaborations avec d’autres ».

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Le libre-échange terminé à cause de l’égo démentiel d’un président narcissique et paranoïaque qui sème le chaos partout où il passe, notamment en déséquilibrant les relations économiques qui ont pourtant fait la richesse de tout le monde dans la recherche d’une saine réciprocité des affaires.

Depuis le début du nouveau mandat de Trump, c’est devenu manifestement les USA d’abord et tant pis pour les partenaires économiques qui doivent maintenant financer l’enrichissement américain à leur propre détriment.

Nous entrons donc clairement dans une ère de grande instabilité économique et sociale tout à fait gratuite. Cette dernière est par ailleurs principalement motivée par la cupidité et la force brutale d’une superpuissance voisine qui a décidé d’imposer sa loi unilatéralement. Tout cela sans égard à la justice (fairplay) où les principes de base, qui ont toujours prévalu dans le commerce mondial depuis des décennies, sont maintenant totalement ignorés.

En conséquence le Canada doit dorénavant tenter de se protéger, non seulement dans la difficile recherche de nouveaux partenaires économiques. Mais surtout d’essayer de s’affranchir le plus possible de la dominance américaine, dont l’objectif est d’abord d’intimider puis d’imposer ses propres règles à prendre ou à laisser, comme on l’a constaté dans l’attitude agressive de Trump concernant l’ACEUM et sa suspension soudaine des négociations cet été.

Décidément le monde n’est plus cet oasis de paix, de sécurité et de prospérité sous l’égide des Nations-Unis depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. La menace vient maintenant des relations commerciales abusives doublées d’un esprit impérialiste auquel les 3 grandes puissances adhèrent de concert. Ce nouveau partage du monde qui se dessine, notamment avec le surprenant rapprochement américain avec la Russie, menace à son tour la paix mondiale (pas seulement en Europe).

Quoi faire sinon prévenir et se préparer au pire, en espérant que la tension relâche et nous permette de surfer sur nos propres ressources le temps que la tempête se calme.

Ce n’est donc pas le temps de se diviser avec des idées de séparation. Mais plutôt de se regrouper, car ensemble nous avons plus de chances de résister aux multiples pressions extérieures qui pèsent durement sur l’avenir du Canada et sa souveraineté. Puisqu’unis nous serons mathématiquement plus fort pour faire face à cette inquiétante adversité, jamais vue dans l’histoire moderne du pays.

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L’ogre américain n’a aucune faveur à faire au petit et faible Canada qu’il méprise déjà. Il profitera alors de sa toute puissance pour écraser son ancien partenaire et prouver encore sa supériorité politique à son électorat, en vue des élections de mi-mandat. Ici on est dans l’irrationnel et l’émotif qui caractérise un président clairement inapte à gérer durablement son pays et qui confond l’État avec sa propre personne.


Droits de douane Carney entretient peu d’espoir de conclure une entente avant la révision de l’ACEUM

(Ottawa) Le premier ministre Mark Carney entretient peu d’espoir de parvenir à un accord avec le président Donald Trump pour mettre fin aux droits de douane sectoriels qui frappent les industries de l’acier, de l’aluminium, le secteur de l’automobile et le bois d’œuvre avant le début de la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique au début juillet.

Mis à jour hier à 14 h 09

Joël-Denis Bellavance La Presse

Entente entre Ottawa et l’Ontario

Jeudi, M. Carney a réitéré que les deux pays avaient été tout près d’un accord, mais que la campagne publicitaire de l’Ontario avait fait dérailler les négociations.

« C’était le cas que nous étions proches d’un accord. Nous n’avons pas conclu cet accord, mais les termes de cet accord, en ce qui nous concerne, sont toujours valables aujourd’hui », a soutenu M. Carney, tandis que Doug Ford se tenait à côté de lui.

Invité à commenter l’état des relations commerciales, le premier ministre de l’Ontario a affirmé n’avoir aucun regret d’avoir lancé cette campagne publicitaire.

Gestion de l’offre

Mark Carney a de nouveau promis de défendre le système de gestion de l’offre pour les produits agricoles.

Il a répété cet engagement après que le représentant au Commerce des États-Unis, Jamieson Greer, eut déclaré que les Américains s’inquiétaient de l’accès au marché laitier canadien et des exportations de certains produits laitiers par le Canada. Il a aussi laissé entendre que la prochaine révision de l’ACEUM dépendrait de la résolution des préoccupations concernant les politiques canadiennes sur les produits laitiers, l’alcool et les services numériques.

« Nous continuons à soutenir la gestion de l’offre », a indiqué M. Carney. Il a souligné que son gouvernement entend faire valoir les avantages pour que le Canada et les États-Unis mettent en commun leurs ressources lorsque cela est possible, par exemple dans les secteurs de l’automobile, de l’acier, de l’aluminium et des produits forestiers. « C’est dans cet esprit que nous entamerons les discussions sur la révision de l’ACEUM. »

Avec La Presse Canadienne

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2025-12-18/droits-de-douane/carney-entretient-peu-d-espoir-de-conclure-une-entente-avant-la-revision-de-l-aceum.php

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Le premier ministre Mark Carney a officiellement nommé lundi Mark Wiseman, homme d’affaires et cofondateur de l’Initiative du siècle, comme nouvel ambassadeur du Canada aux États-Unis.

M. Wiseman succède ainsi à Kirsten Hillman, qui était jusque-là impliquée dans les négociations commerciales avec l’administration américaine. Cette dernière doit quitter ses fonctions en 2026.

Le nouvel ambassadeur doit prendre ses nouvelles fonctions à partir du 15 février 2026.

M. Wiseman a notamment siégé comme président et chef de la direction de l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada, ainsi que président du conseil d’administration de l’Alberta Investment Management Corporation, entre 2020 et 2023. Il est également membre du Conseil du premier ministre sur les relations canado-américaines.

Le Bloc québécois avait déjà demandé à M. Carney de renoncer à la nomination de M. Wiseman, dont le nom circulait dans les médias depuis plusieurs jours, ce dernier ayant critiqué le système de gestion de l’offre, le jugeant comme un obstacle à la productivité.

La gestion de l’offre est une politique agricole à travers laquelle la production et la demande de produits laitiers, des œufs, du poulet et de la dinde sont contrôlées au Canada. Elle vise à prévenir les pénuries et les excédents.

Dans une entrevue de fin d’année accordée à Radio-Canada la semaine dernière, le premier ministre s’était montré intransigeant par rapport à la préservation de la gestion de l’offre lors des négociations avec les États-Unis dans le cadre de la révision de l’Accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.

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Stratégie de sécurité nationale des États-Unis | « Un signal d’alarme » pour Ottawa selon un ministre fédéral

(Ottawa) La nouvelle Stratégie de sécurité nationale des États-Unis élaborée par l’administration de Donald Trump représente une menace pour la souveraineté du Canada, estime le ministre des Ressources naturelles, Tim Hodgson, l’un des plus influents du gouvernement Carney.

Dans une entrevue accordée à La Presse, M. Hodgson ne cache pas son inquiétude devant les velléités expansionnistes mises de l’avant dans ce document rendu public la semaine dernière par la Maison-Blanche. La publication de cette nouvelle stratégie renforce plus que jamais sa détermination à réduire la dépendance économique du Canada vis-à-vis du marché américain.

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« Ce document est un signal d’alarme », laisse tomber le ministre, qui a pris le temps de lire certains des extraits les plus inquiétants de la nouvelle Stratégie de sécurité nationale à voix haute durant l’entrevue.

« C’est particulièrement vrai pour le Canada, étant donné que notre économie est la plus intégrée à celle des États-Unis », a-t-il ajouté.

Les propos de M. Hodgson tranchent avec la prudence qu’ont affichée d’autres ministres du gouvernement Carney qui ont été interrogées sur les intentions de la Maison-Blanche en matière de sécurité.

Dans sa nouvelle Stratégie de sécurité nationale, l’administration Trump fait sienne la doctrine Monroe – du nom de l’ancien président James Monroe qui l’a énoncée en 1823 – selon laquelle les États-Unis refusent de s’immiscer dans les affaires du continent européen et jugent primordial d’étendre leur domination dans l’hémisphère Ouest, entre autres choses.

L’administration Trump affirme aussi son intention de contrôler « les actifs stratégiquement vitaux » et entend se donner les moyens de maintenir « l’accès continu à des emplacements stratégiques clés ».

« Régner sur les Amériques »

Selon Tim Hodgson, il est indéniable que les États-Unis ont les précieuses ressources naturelles du Canada dans leur ligne de mire.

« La doctrine Monroe, nous savons ce que cela veut dire. C’est comme la destinée manifeste de l’Amérique. Qu’est-ce que la destinée manifeste ? C’est la croyance voulant que les États-Unis soient destinés à régner sur les Amériques. C’est le monde dans lequel on vit aujourd’hui », a-t-il avancé en feuilletant le document de la Maison-Blanche largement annoté par ses soins.

« Nous vivons dans un monde où l’on nous dit régulièrement que nous devrions être le 51e État. C’est un monde où l’on demande au Danemark de renoncer à sa souveraineté territoriale. Nous vivons dans un monde où des dirigeants autoritaires pensent pouvoir modifier les frontières de l’Ukraine par la force. Nous vivons dans un monde où la Chine a clairement indiqué son intention d’annexer Taïwan par la force, si nécessaire. Nous vivons dans un monde extrêmement difficile. Nous devons composer avec ce monde. La guerre commerciale nous a été imposée et nous devons réagir », a lancé d’un trait le ministre.

Selon M. Hodgson, il importe de faire une distinction entre les menaces d’annexion du Canada proférées par Donald Trump au début de l’année et la nouvelle Stratégie de sécurité nationale publiée la semaine dernière.

« On entend bien ce que les gens disent. Lorsqu’ils le mettent par écrit, cela devient vraiment plus clair. Le Canada doit être à la hauteur du défi du moment. Nous devons rester unis, et nous devons bâtir un Canada plus sûr, plus souverain et plus indépendant dans nos relations avec les États-Unis », a-t-il énoncé.

Réduire la dépendance

Dans son premier budget, le gouvernement Carney a annoncé des investissements de 5 milliards sur sept ans afin de renforcer les capacités des corridors commerciaux vers l’Europe et l’Asie et ainsi réduire la dépendance du pays au marché américain. Ottawa s’est d’ailleurs donné comme objectif de doubler les exportations canadiennes vers d’autres marchés que les États-Unis au cours de la prochaine décennie.

Le gouvernement Carney a aussi clairement fait savoir qu’il entend mettre le pied sur l’accélérateur pour réaliser les grands projets d’intérêt national en adoptant la politique « un projet, une évaluation » afin d’assurer leur approbation dans un délai de deux ans. Jusqu’ici, une douzaine de projets ont été soumis au Bureau des grands projets mis sur pied en septembre dernier.

« Chaque soir, je m’endors en pensant au président Zelensky à la Maison-Blanche, à qui le président a dit qu’il n’a aucune carte à jouer. Et chaque soir, je réfléchis à comment faire pour que cela ne nous arrive jamais », a dit le ministre sur un ton réfléchi.

En entrevue, M. Hodgson se dit privilégié de servir dans un gouvernement dirigé par Mark Carney, avec qui il a aussi travaillé dans le secteur privé, au moment où le Canada est à la croisée de chemin.

« Pour reprendre une analogie du hockey, je pense que nous sommes tous d’accord : Connor McDavid est un joueur exceptionnel, il a un potentiel hors du commun. Quand il décide de passer à la vitesse supérieure, il est capable de prouesses que d’autres ne peuvent réaliser. Je crois que notre premier ministre est le Connor McDavid des dirigeants actuels », a-t-il exposé.

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-12-22/strategie-de-securite-nationale-des-etats-unis/un-signal-d-alarme-pour-ottawa-selon-un-ministre-federal.php

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Les producteurs d’alcool américains dénoncent les produits locaux favorisés au Canada

(Halifax) Un groupe de producteurs d’alcool américains accuse les détaillants canadiens d’accorder un avantage indu aux spiritueux locaux, notamment en pratiquant des marges bénéficiaires qu’il qualifie de « discriminatoires » en Nouvelle-Écosse et dans d’autres provinces.

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-12-25/guerre-commerciale/les-producteurs-d-alcool-americains-denoncent-les-produits-locaux-favorises-au-canada.php

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Droits de douane | Des secteurs durement touchés, mais le Québec a évité le pire, selon des experts

Les grandes alumineries qui ont des usines au Québec, comme Alcoa et Rio Tinto, sortent relativement épargnées de la crise, malgré les droits de douane sectoriels de 50 % sur leurs produits.

Les menaces économiques du président américain, Donald Trump, ont-elles fait plus de peur que de mal ? Dans son ensemble, l’économie québécoise semble avoir évité le pire, mais certains secteurs ont été plus durement touchés.

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L’économiste du Mouvement Desjardins, Sonny Scarfone, donne l’image d’une personne qui aurait fermé les yeux avant l’élection du président républicain pour se réveiller à la fin de l’année.

« Quand on regarde plusieurs indicateurs, on ne dirait pas que ça a été la plus rapide hausse de tarifs douaniers de notre principal partenaire économique depuis plus de 80 ans », constate-t-il en entrevue.

Environ 86 % des exportations canadiennes sont exemptées de droits de douane parce qu’elles sont conformes à l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM).

L’économiste estime que le droit de douane effectif sur l’économie québécoise avoisine les 6,3 %. En début d’année, on craignait l’imposition d’une taxe de 25 % sur tous les produits canadiens.

Le Québec se retrouve ainsi dans une posture avantageuse par rapport à d’autres partenaires commerciaux qui ont signé des ententes avec les États-Unis. C’est le cas de l’Union européenne et du Japon, qui ont accepté une taxe de 15 %.

Le Québec est plus pénalisé que la moyenne canadienne, dont le taux effectif est estimé à 3,8 %.

L’importance du secteur de l’aluminium québécois explique en partie cet écart, tandis que le pétrole et le gaz albertains sont exemptés. « Quand tu ajoutes un tarif de 50 % sur un neuvième de tes exportations vers ton destinataire principal, ça vient peser sur la moyenne », explique M. Scarfone.

Le Québec s’en tire un peu mieux que l’Ontario, une économie plus comparable. L’industrie automobile pèse lourd dans les exportations de la plus populeuse province, précise M. Scarfone.

Une incertitude paralysante

Si le pire semble avoir été évité, le conflit commercial n’a pas été sans douleur pour les entreprises québécoises, nuance la présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Véronique Proulx.

« C’est surtout l’incertitude qui fait très mal à nos entreprises et à notre économie, souligne-t-elle. On le voit avec l’investissement qui est sur pause. »

« Ce qui a fait le plus mal à l’économie, c’est le fait que tout le monde soit en attente et mette leur projet d’investissement sur pause, que ce soit des agrandissements ici au Québec, des investissements en technologie, des investissements pour diversifier leurs marchés d’exportation », ajoute-t-elle.

Au fil de ses discussions avec des dirigeants dans toutes les régions du Québec, Mme Proulx voit des signes d’une reprise des activités. « C’est un point qui ressort : on sent tranquillement que ça reprend. C’est comme si on commençait à s’habituer à l’incertitude, qu’on recommence à planifier. »

La guerre commerciale n’est pas nécessairement la principale préoccupation des entrepreneurs, selon elle. La rareté de main-d’œuvre et les resserrements en immigration leur causent bien des soucis. « C’est la première chose dont on nous parle quand on se déplace en région. »

Aluminium : un coup dur pour les PME

Les grandes alumineries qui ont des usines au Québec, comme Alcoa et Rio Tinto, sortent relativement épargnées de la crise, malgré les droits de douane sectoriels de 50 % sur leurs produits.

Les États-Unis ne produisent pas suffisamment d’aluminium pour répondre à la demande. De plus, les droits de douane sectoriels ont été imposés à tous les pays, ce qui fait que le Québec se retrouve sur un pied d’égalité avec les autres exportateurs.

Les États-Unis ne pourraient tout simplement pas bouder l’aluminium canadien, avait indiqué le patron d’Alcoa, William Oplinger, lors d’une discussion avec les analystes financiers en avril.

« Il faudrait au moins cinq à six fonderies pour répondre à la demande, avait-il dit. Ces nouvelles fonderies nécessiteraient une production d’énergie additionnelle équivalente à sept réacteurs nucléaires ou 10 fois le barrage Hoover. Tant que la capacité de production n’est pas construite aux États-Unis, la façon la plus efficace de s’approvisionner est par le Canada. »

La situation est plus difficile pour les transformateurs québécois, qui n’ont pas nécessairement le gros bout du bâton, contrairement aux alumineries.

Ces PME ont moins attiré l’attention, mais elles représentent tout de même 1700 entreprises. « On compte 40 000 emplois dans l’industrie de l’aluminium au Québec, dont 30 000 qui sont dans des PME en transformation, souligne la présidente-directrice générale d’AluQuébec, Charlotte Laramée. Donc, c’est quand même majeur. »

Les transformateurs doivent composer avec une augmentation du prix de leurs intrants. Les droits de douane amènent également le risque de perdre des contrats aux États-Unis. « C’est vraiment une pression financière qui est constante », déplore Mme Laramée.

Remplir la paperasse demandée par les douanes américaines est un tracas administratif coûteux et chronophage. « Les PME doivent maintenant investir dans des personnes dédiées à gérer toutes les exigences documentaires, à faire le suivi des codes, à s’assurer d’être conforme au niveau des règles douanières, énumère-t-elle. C’est aussi plus de frais d’avocats. »

Elle cite un membre qui lui a dit que son budget annuel consacré à l’administration de la paperasse liée aux douanes était passé « de 0 $ à 200 000 $ ». « Tout ça pour quelque chose qui n’apporte pas de valeur ajoutée », dénonce Mme Laramée.

Industrie forestière : une reprise au printemps ?

Habitué aux litiges commerciaux avec les États-Unis, l’industrie forestière est frappée par des droits de douane cumulatifs de 45 %.

La crise a donné un dur coup. Les annonces de fermetures temporaires se sont multipliées.

L’économiste en chef du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), Michel Vincent, entrevoit toutefois l’année 2026 avec un certain optimisme. L’aide gouvernementale a aidé l’industrie « à se rendre jusqu’au printemps ».

Les Européens ont profité du litige pour vendre leurs bois aux Américains, mais cette offensive ne pourra pas continuer alors que la demande intérieure devrait augmenter sur le Vieux Continent, croit l’économiste.

En même temps, l’appétit des Américains devrait, lui aussi, reprendre du tonus. « On voit une augmentation de la demande qui va venir de la baisse des taux d’intérêt, croit l’expert. C’est une question de temps. »

Les entreprises américaines n’auront pas le choix de s’approvisionner sur le marché canadien, selon lui. « L’autosuffisance en bois d’œuvre aux États-Unis, c’est inatteignable et ça n’arrivera jamais. »

« Le bois canadien va être le bienvenu, prévoit-il. Ils vont l’acheter et on va être en mesure de leur refiler la facture. »

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2025-12-26/droits-de-douane/des-secteurs-durement-touches-mais-le-quebec-a-evite-le-pire-selon-des-experts.php

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Une raison de plus d’éviter les voyages de plaisance aux USA. D’ailleurs ces mesures s’appliqueront à tous les étrangers, ce qui pourrait nuire considérablement à l’industrie touristique américaine à l’avenir.


Voyageurs aux États-Unis | Prise de photo désormais obligatoire à l’entrée et à la sortie du pays

Des craintes ont été soulevées quant à la possibilité d’utiliser les données des voyageurs pour traquer des journalistes ou des opposants politiques.

Toutes les personnes qui voyagent aux États-Unis seront désormais photographiées avant d’entrer ou de sortir du pays à partir de vendredi, selon une nouvelle réglementation du département américain de la Sécurité intérieure (DHS).

Dans certains cas, il sera également possible pour les douaniers américains de capturer les empreintes digitales des voyageurs.

Ces exigences entrent en vigueur le 26 décembre et concernent toutes les personnes qui n’ont pas la citoyenneté américaine, incluant les voyageurs et diplomates canadiens.

Le DHS a affirmé qu’il récolte les données biométriques de certains voyageurs entrant aux États-Unis depuis 2004, mais a indiqué qu’il n’y avait pas de système pour enregistrer ces informations lorsque les gens quittaient le pays.

Dans un document publié le 27 octobre, le département de la Sécurité intérieure a soutenu que ces mesures sont nécessaires pour répondre à des préoccupations relatives à la sécurité nationale, comme « des menaces terroristes, l’utilisation frauduleuse de documents de voyage légitimes, les étrangers qui restent aux États-Unis au-delà de la durée de séjour autorisée ou qui sont présents aux États-Unis sans avoir été admis ».

Des craintes ont été soulevées quant à la possibilité d’utiliser les données des voyageurs pour traquer des journalistes ou des opposants politiques. Le DHS a assuré que les photos ne seront pas utilisées à des fins de « surveillance généralisée ».

« Le système biométrique d’entrée et de sortie n’est pas un programme de surveillance », a affirmé le département dans ce même document.

Le DHS conservera ces données personnelles jusqu’à une durée maximale de 75 ans.

Le déploiement du programme se fera progressivement et devrait être complété d’ici trois à cinq ans.

https://www.lapresse.ca/actualites/2025-12-26/voyageurs-aux-etats-unis/la-prise-de-photo-desormais-obligatoire-a-l-entree-et-a-la-sortie-du-pays.php

Selon la ministre fédérale de la Santé Les agences américaines de santé ne sont plus des « partenaires fiables »

PHOTO CHRISTOPHER KATSAROV, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel

(Ottawa) Le Canada avait l’habitude de se tourner vers les États-Unis pour obtenir des renseignements scientifiques et sanitaires, mais la ministre fédérale de la Santé a déclaré que ce n’est plus le cas.

Publié à 18 h 37

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Sarah Ritchie La Presse Canadienne

« Je ne peux pas leur faire confiance comme partenaire fiable, non », a affirmé la ministre de la Santé, Marjorie Michel, lors d’une entrevue de fin d’année.

Mme Michel a ajouté que les États-Unis « peuvent être fiables sur certains points », mais a souligné que, concernant les vaccins, le Canada doit suivre sa propre voie.

Le président américain Donald Trump et son administration ont apporté d’importantes modifications aux institutions de santé au cours de la dernière année.

Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr., est un militant anti-vaccin. Sous sa direction, le site internet des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a été modifié à la fin novembre afin de contredire la conclusion scientifique bien établie selon laquelle les vaccins ne causent pas l’autisme.

Ce changement a incité d’anciens responsables des CDC à affirmer que les renseignements publiés par l’agence concernant l’innocuité des vaccins ne sont pas fiables. Un comité consultatif choisi par M. Kennedy a récemment recommandé la fin de la vaccination systématique contre l’hépatite B chez les nouveau-nés et examine actuellement des modifications à apporter au reste du calendrier vaccinal infantile.

Les problèmes liés à la désinformation aux États-Unis sont « une préoccupation majeure », a expliqué la ministre Michel, et une raison pour laquelle le Canada doit se tourner vers d’autres pays partageant les mêmes valeurs.

« La bonne nouvelle, dans notre cas, est que lors de ma dernière réunion des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux de la Santé en octobre, toutes les provinces ont convenu de placer la vaccination au cœur de notre communiqué », a-t-elle affirmé.

La déclaration, approuvée par toutes les instances participantes, soulignait que « les vaccins sauvent des vies et réduisent les coûts des soins de santé » et indiquait que les ministres s’étaient engagés à coordonner leurs actions pour rétablir la confiance et répondre à l’épidémie de rougeole actuelle.

Des chercheurs canadiens ont mis en garde contre les effets de la politisation de l’information en santé aux États-Unis.

Un éditorial publié dans le Journal de l’Association médicale canadienne en juillet affirmait que l’administration Trump démantelait l’infrastructure de santé publique et de recherche du pays. L’administration a réduit de façon draconienne les budgets des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et des Instituts nationaux de la santé (NIH), notamment en coupant les financements de la recherche sur les effets de la désinformation.

L’article, signé par Shannon Charlebois et Jasmine Pawa, décrit une « crise des maladies transmissibles » qui sévit en Amérique du Nord. Il souligne que les « attaques coordonnées » de l’administration Trump contre les institutions de santé ont « considérablement réduit leur capacité à collecter, interpréter et diffuser des données au service de la santé publique ».

L’article note une hausse des taux de plusieurs maladies transmissibles au Canada, dont la rougeole.

L’Organisation panaméricaine de la santé a retiré au Canada son statut de pays exempt de rougeole, qu’il détenait depuis 1998, cet automne, suite à une épidémie qui a persisté dans plusieurs provinces pendant plus d’un an.

Les experts ont évoqué plusieurs facteurs, dont les coupes budgétaires dans le secteur de la santé publique, la pénurie de médecins de famille et la désinformation concernant les vaccins. Le virus de la rougeole, très contagieux, nécessite une couverture vaccinale de 95 % pour maintenir l’immunité collective. Mme Michel a indiqué que la méfiance envers les vaccins et les autorités de santé publique après la pandémie de COVID-19 a contribué à l’éclosion.

Elle a indiqué qu’il y avait une « incompréhension » généralisée quant au fonctionnement des vaccins, couplée à la propagation de désinformation sur les médias sociaux, mais elle croit que la confiance dans la science vaccinale est en train de revenir au Canada.

« Nous devons rétablir la confiance », a-t-elle affirmé.

Avec des informations de l’Associated Press

https://www.lapresse.ca/actualites/sante/2025-12-26/selon-la-ministre-federale-de-la-sante/les-agences-americaines-de-sante-ne-sont-plus-des-partenaires-fiables.php

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Grande entrevue avec Jean Charest Garder la tête froide face à Trump

Jean Charest

Vincent Brousseau-Pouliot La Presse

Ex-premier ministre du Québec, spécialiste des relations canado-américaines, Jean Charest n’a pas de boule de cristal pour prédire l’avenir, mais il est bien placé pour analyser ce qui sera l’un des enjeux les plus importants de 2026 : nos relations avec les États-Unis en ces temps de guerre commerciale.

Publié à 7 h 00

Être patient. Garder la tête froide. Privilégier nos intérêts à long terme. Diversifier notre économie.

Voilà, selon Jean Charest, le meilleur plan pour le Québec et le Canada pour la suite de cette guerre commerciale avec les États-Unis.

Celle qui nous est imposée par l’administration Trump depuis presque un an et qui a été parmi les enjeux les plus importants au Québec en 2025. Et ça risque d’être encore le cas en 2026.

Jusqu’ici, le Canada a été patient. Très patient. Les gouvernements n’ont pas répliqué coup sur coup, contrairement à ce qu’on entendait souvent en campagne électorale. Mais Ottawa n’a pas signé non plus d’entente de libre-échange au rabais, en position de faiblesse, avec les Américains.

Jean Charest estime qu’il faut poursuivre sur cette voie en 2026.

« On est mieux d’attendre et d’avoir une meilleure entente que d’en avoir une mauvaise, puis de vivre avec très longtemps. C’est ça, le plan », dit Jean Charest en entrevue.

Pendant qu’il était à la tête du gouvernement du Québec, de 2003 à 2012, Jean Charest a tissé des liens avec beaucoup d’élus américains, démocrates comme républicains. Celui qui est aujourd’hui avocat à la firme Therrien Couture Joli-Cœur est aussi membre du Conseil sur les relations canado-américaines du gouvernement fédéral.

Et une fine connaissance en matière de relations canado-américaines est précieuse en vue de la renégociation de l’ACEUM, l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, prévue en 2026 en contexte de guerre commerciale.

Aura-t-on une nouvelle entente en 2026, alors qu’on n’est pas parvenus à s’entendre avec l’administration Trump en 2025 ?

« C’est possible parce que l’entente actuelle expire à la fin de 2026 », dit Jean Charest. Si c’était le cas, rappelle l’ex-premier ministre, l’entente se renouvellerait automatiquement « sur une base annuelle jusqu’en 2036, et ça, M. Trump n’aime pas ça », ajoute-t-il.

Ces jours-ci, le premier ministre Mark Carney a donné quelques indices pour la suite des choses. M. Carney ne s’attend pas à une entente avant le début de la révision de l’ACEUM, en juillet.

« Si on n’a pas une ouverture [des Américains] à des conditions raisonnables, on est mieux de prendre le temps qu’il faut pour arriver à une renégociation, poursuit Jean Charest. Soyons patients, attendons, d’autant plus que notre situation n’est pas mauvaise. La moyenne de nos tarifs est de 6 %. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest croit qu’il est plus judicieux d’attendre et de prendre le temps d’arriver à une meilleure entente.

Il y a des dossiers où l’on souffre beaucoup [ex. : bois d’œuvre, acier, aluminium, l’industrie automobile en Ontario], mais la plus grande taxe qui nous est imposée, elle est intangible, c’est l’incertitude. Mais l’économie américaine souffre également de l’incertitude.

Jean Charest

À quoi pourrait ressembler une nouvelle entente de libre-échange gagnante pour le Québec et le Canada ? C’est bien difficile à prédire.

Jean Charest estime toutefois que le Canada doit défendre son système de gestion de l’offre pour le lait, les œufs et la volaille, que l’administration Trump veut remettre en question. Par exemple, la gestion de l’offre interdit les importations de lait américain. « Il faut le défendre parce que c’est le bon choix, dit-il. [La gestion de l’offre] donne de la stabilité et nous permet d’avoir un approvisionnement de produits qui sont sécuritaires et sains. Et attention, les Américains ont eux-mêmes des secteurs protégés. Ils ont une barrière tarifaire de 300 % sur le sucre et ils subventionnent leur agriculture laitière à 70 %. »

Plus l’année 2026 avancera, plus le Canada pourrait avoir des cartes dans son jeu, estime Jean Charest.

D’abord parce que l’inflation, causée en partie par les droits de douane de l’administration Trump, a recommencé à augmenter aux États-Unis. Les Américains s’en aperçoivent, particulièrement à l’épicerie.

Ensuite, car la Cour suprême des États-Unis se penchera sur la légalité des droits de douane imposés par l’administration Trump. La décision devrait être rendue en début d’année. Jean Charest a bon espoir que la Cour conclura que les droits de douane de Donald Trump sont inconstitutionnels, parce que le pouvoir d’imposer ces droits est réservé au Congrès. Si l’administration Trump subit un revers, « ça affaiblirait sa position », estime M. Charest.

Et finalement, parce que les républicains auront rendez-vous avec l’électorat pour les élections de mi-mandat, en novembre. Si la tendance dans les sondages se maintient, les républicains risquent de perdre le contrôle de la Chambre des représentants. L’administration Trump ferait alors enfin face à un contre-pouvoir législatif important.

Actuellement, le taux d’approbation de Donald Trump est faible, autour de 40 %. « L’opinion qui compte pour M. Trump, c’est celle des républicains, et ses appuis y sont encore solides [91 %, selon un sondage de la faculté de droit de l’Université Marquette en novembre]. »

Mais pour pouvoir gagner, il a besoin d’une tranche des électeurs indépendants, et c’est là qu’il perd actuellement.

Jean Charest

D’où ce discours (bizarre) du 17 décembre à la télé où Donald Trump a hurlé aux Américains que leur pays allait connaître « un boom économique comme le monde n’en a jamais connu ».

Ce qui inquiète tout autant Jean Charest, c’est la nouvelle politique étrangère des États-Unis (la « stratégie de sécurité nationale ») dévoilée par l’administration Trump début décembre.

« C’est une onde de choc », me dit Jean Charest, visiblement inquiet.

En gros, c’est une nouvelle version de la doctrine Monroe. Les Américains veulent que personne ne se mêle de leurs affaires sur « leur » continent, du Canada jusqu’au Brésil, et que tous les pays d’Amérique agissent dans le sens de leurs intérêts.

Or, c’est passé presque inaperçu dans les nouvelles ici.

« On reviendrait à un statut d’État vassal, où l’on doit aligner toutes nos politiques sur celles des Américains, dit M. Charest. Ça pourrait être l’accès aux métaux stratégiques, à nos ressources dans l’Arctique, à la politique de l’eau. »

Ça me fait plus peur que les négociations commerciales. Parce que c’est nouveau, je pense qu’on n’a pas encore saisi les conséquences de ce papier-là. C’est une remise en question de la souveraineté de tous les pays [des Amériques].

Jean Charest

C’est d’autant plus inquiétant que le trumpisme va survivre à Donald Trump chez les républicains, estime Jean Charest. « Le Parti républicain comme on le connaissait avant [Donald Trump] n’existe plus. On ne reverra pas ce parti-là avant longtemps. »

Notre relation avec le gouvernement des États-Unis est donc changée à jamais. Mais pas notre relation avec les Américains eux-mêmes, espère Jean Charest. « Il y a le peuple américain, et il y a ceux qui gouvernent aux États-Unis. Oui, il y a des Américains qui soutiennent Trump, mais vous savez, les Américains, on les connaît bien. Ce sont nos voisins, ce sont des amis, des alliés, c’est un peuple formidable. Dans nos communications, il faut faire attention pour ne pas envoyer un mauvais message au peuple américain. »

Qui est Jean Charest ?

  • Premier ministre du Québec de 2003 à 2012 ;
  • Membre du Conseil sur les relations canado-américaines du premier ministre du Canada ;
  • Associé au cabinet d’avocats Therrien Couture Joli-Cœur à Montréal ;
  • Candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada en 2022 (il a été défait par Pierre Poilievre) ;
  • Député fédéral conservateur de 1984 à 1998, puis député provincial libéral de 1998 à 2012, toujours dans la région de Sherbrooke.

https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2025-12-30/grande-entrevue-avec-jean-charest/garder-la-tete-froide-face-a-trump.php

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