Relations Canada-USA - Politique et commerce

Voilà d’autres conséquences des droits de douane.


Droits de douane sur les camions Paccar met les freins au Québec, 300 autres emplois perdus

La guerre commerciale fait mal à l’usine de camions Paccar, située à Sainte-Thérèse, qui exporte la quasi-totalité de sa production aux États-Unis. Elle met les freins à sa production et met à pied 35 % – 300 personnes – de son effectif restant.

Publié à 11 h 31

Julien Arsenault La Presse

Cette nouvelle réduction d’effectif a été annoncée aux employés mercredi. Dans le contexte actuel, le complexe de 450 000 pieds carrés est contraint de se recentrer à construire des modèles pour le marché canadien, un créneau dans lequel la demande est bien moins grande.

La décision, qui entrera en vigueur le 3 novembre prochain, survient à environ une semaine de l’entrée en vigueur de droits de douane de 25 % sur les camions lourds exportés aux États-Unis.

Dans les Laurentides, l’usine assemble des poids moyens des classes 5, 6 et 7 des marques Kenworth et Peterbilt, qui appartiennent à Paccar. Ces modèles seront également touchés par la surtaxe.

Même si le complexe a commencé à assembler des modèles de classe 8, la catégorie des camions lourds, cela n’est pas suffisant pour absorber les secousses du contexte actuel.

Actuellement, environ 97 % des modèles Kenworth et Peterbilt assemblés à Sainte-Thérèse sont exportés au sud de la frontière. Paccar est le seul grand constructeur de camions qui exploite une usine d’assemblage en territoire québécois.

Lisez « Rien de rassurant chez Paccar »

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-10-22/droits-de-douane-sur-les-camions/paccar-met-les-freins-au-quebec-300-autres-emplois-perdus.php

Le gouvernement fédéral riposte à Stellantis et à General Motors

Le gouvernement fédéral riposte à Stellantis et à General Motors en limitant le nombre de véhicules exemptés de droits de douane que les constructeurs automobiles peuvent importer des États-Unis pour les vendre au Canada, a appris CBC.

Le nombre de véhicules que les deux constructeurs automobiles peuvent importer et vendre au Canada sans payer de contre-tarifs sera réduit, selon ce qu’avancent à CBC des sources au courant du dossier.

Cette décision vise à inciter les entreprises à réinvestir dans la production et la main-d’œuvre canadiennes.

En avril, le Canada avait imposé des contre-tarifs de 25 % sur les voitures construites aux États-Unis, mais avait accordé une exemption à certains constructeurs dans le cadre de sa politique de remise des droits de douane applicables à certains biens.

AILLEURS SUR INFO : Alberta : un projet de loi pour forcer le retour au travail des enseignants grévistes

Or, cette exemption venait avec des conditions strictes. Les constructeurs devaient continuer à fabriquer des véhicules au Canada et compléter les investissements déjà prévus.

Des sources ont indiqué à CBC que le gouvernement croit maintenant que Stellantis et GM ne respectent plus cette exigence.

Par conséquent, le gouvernement réduit le quota annuel de remise de GM de 24 % et celui de Stellantis de 50 %.

CBC ne nomme pas les sources qui ont connaissance de cette décision du gouvernement puisque ces personnes n’étaient pas autorisées à en parler publiquement. Radio-Canada fait de même.

Ottawa a décidé d’adopter cette position après l’annonce par Stellantis du transfert de la production du Jeep Compass de Brampton, en Ontario, vers l’Illinois. Cette annonce a été faite la semaine dernière, en même temps que celle d’une importante expansion des opérations de Stellantis aux États-Unis.

GM a également confirmé mardi qu’elle mettait fin à la production de ses fourgonnettes électriques de livraison BrightDrop dans son usine d’Ingersoll, en Ontario.

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Le président américain Donald Trump a décidé jeudi soir de rompre immédiatement les négociations commerciales avec le Canada, accusant les autorités canadiennes d’avoir déformé les propos de l’ex-président républicain Ronald Reagan dans une campagne publicitaire contre la hausse des droits de douane entre les deux pays.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2201909/trump-negociations-commerciales-canada-fin

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Donald Trump met fin aux négociations commerciales avec le Canada

(Ottawa) Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé qu’il rompait les négociations commerciales avec le Canada en raison d’une campagne publicitaire commandée par le premier ministre ontarien, Doug Ford.
Mis à jour à 1 h 30

Antoine Trépanier La Presse

Il y a un peu plus de deux semaines, Donald Trump souriait au côté du premier ministre canadien, Mark Carney, dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, promettant à son interlocuteur qu’il repartirait de Washington « très content ». Les négociations allaient alors s’intensifier dans l’espoir qu’elles débouchent à une entente commerciale sur l’acier, l’aluminium et l’énergie.

Le ton était cordial et le premier ministre Carney disait encore jeudi qu’il allait rencontrer le président Trump lors d’un sommet économique en Asie la semaine prochaine.

Tard jeudi soir, le ton a changé et ces négociations ont pris fin abruptement avec un simple message sur le réseau social du président.

« Compte tenu de son comportement scandaleux, TOUTES LES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES AVEC LE CANADA SONT PAR LA PRÉSENTE ROMPUES », a-t-il tranché.

CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DU COMPTE TRUTH SOCIAL DE DONALD TRUMP

« Tout le monde est trop intelligent pour ça »

Le comportement scandaleux en question, c’est celui du gouvernement de l’Ontario – qui n’est pas à la table de négociation – qui a lancé une publicité télévisée d’une minute contre la hausse des droits de douane entre le Canada et les États-Unis mettant en vedette l’ancien président américain Ronald Reagan1.

La province a versé 75 millions de dollars pour que cette publicité fasse le tour de l’Amérique. Le président a lui-même vu cette publicité durant un match de baseball entre les Blue Jays de Toronto et les Mariners de Seattle sur le réseau FOX.

S’il minimisait l’impact de cet exercice plus tôt cette semaine, clamant que « [s’il] était le Canada, [il] prendrait la même publicité » et que cela n’allait tout de même pas compromettre sa politique tarifaire parce que « tout le monde est trop intelligent pour ça », les choses ont changé depuis.

Dans la vidéo, on peut entendre un extrait radiophonique du discours à la nation du président Reagan au sujet du libre-échange en avril 1987 où il met en garde les Américains contre le protectionnisme.

« Quand quelqu’un vous dit : “Imposons des droits de douane [tariffs] sur les importations de l’étranger”, ça semble la bonne chose patriotique à faire pour protéger les produits et les emplois américains. Parfois, ça fonctionne pour une courte période. Mais seulement pour une courte période », peut-on notamment entendre.

Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a accusé le Canada d’avoir déformé les propos de l’ancien président Reagan.

« Ils ont agi ainsi uniquement pour interférer avec la décision de la Cour suprême des États-Unis et d’autres tribunaux. Les mesures tarifaires sont très importantes pour la sécurité nationale et l’économie des États-Unis », a écrit le président.
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Le bureau du premier ministre Mark Carney n’avait pas encore réagi à l’annonce du président tôt dans la nuit de vendredi.

Avant la sortie du président américain, la Fondation et Institut Ronald Reagan affirmait que la publicité « déforme le discours » du feu président et que le gouvernement de l’Ontario n’a pas eu l’autorisation d’utiliser et de modifier le discours.

La Fondation a déclaré qu’elle évaluait ses options sur le plan juridique dans cette affaire.

Le cabinet du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré dans un communiqué que la publicité utilisait tel quel un extrait d’une allocution publique du président Reagan accessible dans le domaine public.

« Le président Ronald Reagan savait, [alors qu’il] s’adressait directement aux Américains, que les tarifs douaniers nuisaient à l’économie, aux travailleurs et aux familles des États-Unis, a déclaré le bureau de M. Ford. Il était un fervent défenseur du libre-échange et de l’équité entre le Canada et les États-Unis. »

Intenses négociations

À Ottawa, les dirigeants canadiens marchent sur des œufs depuis des mois pour éviter qu’un tel scénario ne se produise.

Plus tôt jeudi, Doug Ford citait une fois de plus la publicité de son gouvernement pour faire valoir que « clairement, le protectionnisme ne fonctionne pas ».

« J’appuie le premier ministre à 1000 %, mais il y aura un moment où [il faudra se demander], si nous ne pouvons conclure une entente […] : Est-ce que je pense encore qu’il faudrait être dur ? À 100 %, nous devrions être durs », a dit M. Ford.

Cela faisait plus de deux semaines que le ministre du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, le greffier du Conseil privé Michael Sabia, et l’ambassadrice du Canada aux États-Unis Kirsten Hillman négociaient intensivement avec leurs homologues à Washington.

Dans les derniers jours, certains laissaient entendre à Ottawa qu’un accord pourrait être conclu d’ici la semaine prochaine.

Le gouvernement canadien s’est cependant montré beaucoup plus prudent, parlant de « progrès » sans vouloir avancer un échéancier en vue d’une entente.

Les derniers mois n’ont pas toujours été évidents à la table de négociations. Le Canada, qui avait mis en place des contre-droits de douane en représailles aux barrières tarifaires américaines, a depuis reculé et a même fait des concessions supplémentaires, notamment en retirant sa taxe sur les services numériques, un irritant notoire du président.

« Si les Américains ont accès à nos marchés d’une manière inappropriée compte tenu de notre accès aux leurs, nous modifierons les conditions. Mais ce n’est pas le cas actuellement », a déclaré M. Carney durant un point de presse.

Meilleur accord au monde

L’acier et l’aluminium canadiens sont frappés de droits de douane de 50 %, l’énergie, les minéraux critiques et la potasse, de 10 %, et les produits non conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), de 35 %.

Ces tarifs ont durement touché l’économie canadienne, provoquant de nombreuses pertes d’emplois dans ces secteurs.

Le premier ministre a répété dans les dernières semaines que le Canada a le meilleur accord au monde avec les États-Unis, ayant 85 % de ses échanges commerciaux protégés par l’ACEUM.

« Si nous ne progressons pas dans ces différents secteurs, nous ferons le nécessaire pour protéger nos travailleurs », a déclaré M. Carney, jeudi.

Avec des informations de La Presse Canadienne

1. Écoutez la campagne publicitaire ontarienne

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2025-10-23/donald-trump-met-fin-aux-negociations-commerciales-avec-le-canada.php

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je suis tellement pu capable de voir ou d’entendre parler des dernières niaiseries de Trump…

Faut que quelqu’un fasse quelque chose pour régler ce problème… Et à ce point-ci je serais ouvert à toutes les options.

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Le premier ministre de l’Ontario Doug Ford a affirmé vendredi qu’il va « mettre sur pause » dès lundi la diffusion de la campagne publicitaire critiquant les droits de douane américains, qui a irrité le président Donald Trump et fait dérailler les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis.

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Le problème est-il vraiment la publicité de Doug Ford ?

(Ottawa) Faut-il prendre au sérieux le gazouillis dans lequel Donald Trump s’en prend au Canada? Il n’y a pas de quoi paniquer, malgré les milliers d’emplois perdus à cause de cette guerre commerciale, selon le professeur de droit international Richard Ouellet, qui y voit un autre moment « TACO » du président américain.
Publié à 17 h 37

Mylène Crête La Presse

Résumé

Le président Trump n’en serait pas, rappelle-t-il, à sa première déclaration à l’emporte-pièce, ni à sa première volte-face, lui qui s’est vu donner le surnom de TACO, pour « Trump Always Chickens Out », ou « Trump se dégonfle toujours », en version française.

« Je ne pense pas qu’il faille paniquer », affirme M. Ouellet, qui est titulaire de la Chaire de recherche sur les nouveaux enjeux de la mondialisation économique à l’Université Laval,. « Il n’a pas aimé ce que le gouvernement de l’Ontario a fait. »

L’ex-ministre québécois des Finances et maintenant député libéral à Ottawa, Carlos Leitão, abonde dans le même sens. Le Canada doit garder la « tête froide », même si ce nouveau gazouillis intempestif du président américain alimente le climat d’incertitude.

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Carlos Leitão, ancien ministre des Finances du Québec, maintenant député libéral fédéral.

« Je ne prends pas ça comme une indication de la politique officielle des États-Unis. Il faut attendre cette confirmation », a-t-il réagi à son arrivée au parlement, vendredi.

Le président Trump, qui a vu en début de semaine la publicité de l’Ontario reprenant des propos de Ronald Reagan, a déclaré qu’il aurait fait la même chose dans les circonstances, a rapporté le réseau CBC mardi.

« Je suis porté à penser qu’il y a d’autres données plus fondamentales, plus rationnelles pour qu’il se dise: " il faut que je mette de la pression sur le Canada et que je suspende les négociations " », avance le professeur Ouellet, qui conseille le gouvernement du Québec sur les questions de commerce international.

Il est possible, à son avis, que le président américain tente de mettre de la pression sur le Canada pour pouvoir annoncer une entente dans le cadre du sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) la semaine prochaine, comme l’a rapporté le Globe and Mail mardi.

L’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre, l’énergie, les minéraux critiques, la potasse et les produits non conformes à l’Accord Canada – États-Unis – Mexique (ACEUM) sont toujours frappés par les droits de douane américains.

Une autre hypothèse est que le président Trump réagit à l’approche des audiences en Cour suprême sur la légitimité de ses droits de douane, après avoir été débouté en août par une cour d’appel fédérale. Elle avait statué qu’il avait outrepassé ses pouvoirs en imposant des droits de douane « illégaux ».

« Ce sont des tarifs douaniers qui ont été appliqués en vertu de la Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence, explique M. Ouellet. Et c’est possible qu’il perde devant la Cour suprême. »

Les audiences doivent débuter le 5 novembre à Washington.

Dans son gazouillis de jeudi soir, le président Trump a accusé le Canada de tenter d’influencer les juges de la Cour suprême avec la campagne publicitaire de 75 millions orchestrée par le premier ministre ontarien Doug Ford.

« Les tarifs douaniers sont très importants pour la sécurité nationale et l’économie des États-Unis d’Amérique », a-t-il écrit en lettres majuscules.

CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DU COMPTE TRUTH SOCIAL DE DONALD TRUMP

En coulisse à Ottawa, on se demande aussi s’il s’agit d’une réaction face aux récentes mesures de rétorsion annoncée par le gouvernement canadien contre GM et Stellantis, après que les deux entreprises aient annoncé des coupes dans leur production au Canada ? Ou alors le président Trump veut-il « assommer » le premier ministre Carney tout juste avant le sommet de l’APEC ?

Efficace ou pas ?

Quoi qu’il en soit, certains doutent de l’efficacité de la publicité du premier ministre Ford. Celui-ci a annoncé qu’il allait mettre sa campagne publicitaire sur pause lundi après avoir discuté avec le premier ministre Carney, mais pas avant de l’avoir diffusée durant les deux premiers matchs de la Série mondiale de baseball ce week-end.

« Je ne sais pas à quel point c’est super aidant quand on est en période de négociations intensives », a indiqué une source fédérale qui n’était pas autorisée à parler publiquement.

La députée Karina Gould, qui s’est inclinée devant Mark Carney lors de la dernière course à la direction libérale, estime que le premier ministre ontarien devrait laisser tomber son approche belliqueuse et cesser de faire cavalier seul. Elle représente la circonscription de Burlington, en Ontario, durement touchée par l’impact des tarifs douaniers.

« De ma ville, on voit les usines d’acier et de l’autre côté, on a des usines d’automobiles », a-t-elle expliqué vendredi.

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Karina Gould, députée libérale fédérale ontarienne.

Elle a dit comprendre l’intention de Doug Ford de « défendre les jobs en Ontario », mais croit qu’il faut aussi faire preuve de patience. « Luttons pour ces gens-là – et on doit le faire chaque jour –, mais on doit être stratégique et on doit être conscient des conséquences », a-t-elle dit.

« Je pense aussi que Doug Ford devrait s’aligner avec le gouvernement du Canada pour avoir une stratégie unifiée », affirme le professeur Ouellet. « Diviser l’économie canadienne, c’est l’affaiblir. »

Plusieurs premiers ministres ont défendu l’approche batailleuse de Doug Ford. Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a encouragé son « cher ami » à continuer ses publicités. « Elles sont efficaces et le pays vous soutient », a-t-il dit dans une vidéo sur X. Son homologue de la Colombie-Britannique a décidé de l’imiter et de produire ses propres publicités pour défendre ses travailleurs forestiers.

« Les Américains ont besoin d’entendre comment les tarifs douaniers font augmenter les prix », a fait valoir David Eby sur X. « Notre bois est frappé de droits de douane américains plus élevés que celui de la Russie. C’est absurde. La vérité va triompher ! »

Contrairement à eux, la première ministre de l’Alberta s’est dite satisfaite par la suspension de la publicité ontarienne. « Je reste convaincue que la voie vers une résolution positive avec nos partenaires américains réside dans une diplomatie forte et cohérente ,et dans un engagement à travailler de bonne foi en faveur de priorités communes telles que la domination énergétique de l’Amérique du Nord », a-t-elle déclaré.

François Legault n’a pas commenté l’initiative du premier ministre Ford, mais a plutôt incité son homologue fédéral Mark Carney à investir rapidement dans des secteurs stratégiques comme la défense et les minéraux critiques, face à une situation économique « très inquiétante ».

Avec Tommy Chouinard, La Presse

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-24/le-probleme-est-il-vraiment-la-publicite-de-doug-ford.php

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Il n’y a pas de tactique magique pour négocier avec Trump

Doug Ford va donc retirer la pub ontarienne qui a tant fâché Donald Trump. Mais qui pense vraiment que les négociations commerciales Canada–États-Unis sont annulées à cause d’une publicité ?
Publié à 5 h 00

Yves Boisvert La Presse

C’est possible, remarquez. On a vu d’autres sautes d’humeur irrationnelles du 47e président.

Comme quand, sans avertissement, il a infligé des droits de douane à l’Inde parce qu’elle achètait son pétrole de Russie. Était-ce le vrai motif, ou une punition parce que le premier ministre indien Narendra Modi avait dit que Trump n’avait rien à voir avec le traité de paix entre son pays et le Pakistan, et ne méritait pas le prix Nobel de la paix pour ça ?

Est-ce que le retrait de la publicité ontarienne, qui n’a rien à voir avec Ottawa, va calmer Donald Trump ? Probablement pas.

Mais le plus important n’est pas la susceptibilité du président. C’est l’impossibilité de prédire son comportement. Et donc de négocier.

Il importe peu que ce soit un trait de caractère ou une tactique de négociation pour déstabiliser l’autre partie – l’adversaire, l’ennemi…

Ce qui importe est de mieux réaliser que notre meilleur allié n’est plus fiable.

L’autre réalité que plusieurs font semblant d’ignorer, c’est que le Canada n’a pas un grand pouvoir de négociation à court ou moyen terme. L’énorme économie américaine montre quelques impacts négatifs de la politique tarifaire déréglée du président. Mais elle peut absorber beaucoup de chocs sans trop souffrir globalement.

Ce n’est pas le cas du Canada. Déjà, les exportations sont en baisse et plusieurs secteurs économiques souffrent des politiques de Trump. Ça paraît.

Les partis de l’opposition à Ottawa ont raison de dire que Mark Carney n’a obtenu que des tapes dans le dos et un changement de ton de Washington jusqu’ici. Concrètement, il n’a rien à montrer aux Canadiens.

Mais j’aimerais bien savoir des génies de la négociation ce qu’ils feraient à la place de Carney. Quel est le plan ?

Les Britanniques ont joué la flatterie et l’obséquiosité. Keir Starmer, premier ministre du Royaume-Uni, a remis solennellement une lettre d’invitation du roi, du jamais vu, a-t-il souligné. Malgré le tapis rouge et les petits fours au château de Windsor, on attend toujours une entente sur l’acier entre les deux pays.

D’autres jouent dur, comme la Chine, qui a cessé d’acheter le soya américain – des ventes de 12 milliards l’an dernier. Le pays ira s’approvisionner au Brésil. Comme les capacités de stockage sont insuffisantes, ça risque de devenir des pertes sèches pour les fermiers américains.

Dans le cas du Canada, ce serait quoi, la stratégie géniale ? Il n’y en a tout simplement pas. À partir du moment où le président américain a décidé de mettre à genoux son meilleur partenaire économique, aucune « tactique » ne peut l’en empêcher. On ne peut que se préparer, chercher des plans B.

J’ai dit qu’à court et moyen terme, la présidence américaine détient tous les leviers. Mais ce que Ronald Reagan avait compris, c’est qu’à terme, le libre-échange profite à tous les partenaires. Ça ne veut pas dire qu’il n’a pas fait de victimes. Le choc de la désindustrialisation et des délocalisations d’entreprises a été sous-estimé, longtemps ignoré. Il n’empêche que les États-Unis, globalement, se sont enrichis énormément avec la mondialisation. Ce n’est pas pour rien qu’ils en étaient les principaux promoteurs.

Contrairement à ce que dit Donald Trump, la pub ontarienne ne travestit pas du tout la pensée de Ronald Reagan. La vidéo complète de son intervention le prouve d’ailleurs. Il faut être menteur ou d’une ignorance crasse, et Trump est les deux à la fois, pour dire que Reagan « adorait les droits de douane pour notre pays et sa sécurité ».

Sous Reagan, c’était le Congrès démocrate qui était protectionniste. À court terme, disait-il, ça peut sembler un geste patriotique que d’imposer des droits de douane. Mais au bout d’un certain temps, l’économie se contracte, les marchés souffrent, des usines ferment, des millions d’emplois sont perdus.

Reagan, qui avait vécu la Grande Dépression des années 1930, a cité l’exemple le plus dramatique de protectionnisme : la Loi Smoot-Hawley. Adoptée sous le président Herbert Hoover en 1930, elle visait à « protéger » les entreprises américaines par l’imposition de droits de douane massifs. Elle a empiré la crise. C’est devenu un cas d’école, un classique économique de la chose à ne pas faire.

Trump, qui n’est pas absolument ignorant, a déjà dit qu’il ne voulait pas être un Herbert Hoover… Un nom qui résonne encore comme un synonyme d’incompétence.

On comprend pourquoi cette pub pince là où ça fait mal, d’autant que Reagan est un président républicain révéré, et encore plus aujourd’hui qu’à son départ en 1989.

Que faire alors ? Continuer patiemment à négocier ce qui peut être négocié. Se préparer à encaisser et à vivre des impacts sérieux, en soutenant les industries les plus touchées. Et développer de nouveaux marchés, ce qui est toujours plus facile à dire qu’à faire. Tous les marchés asiatiques sont intéressants, mais on est quand même adossés au plus gros marché de consommateurs au monde, dans la plus grande économie. Les routes, les ports, les voies ferrées, tout nous dirige vers le Sud si près.

Ce n’est pas demain la veille qu’on remplacera cette « vieille relation », dont Mark Carney a constaté le décès.

Le Canada ne fait pas que vendre aux États-Unis. Il achète. Et si l’on exclut le pétrole, la balance commerciale canadienne est négative. L’intérêt américain est aussi de conserver le marché canadien. Demandez aux fabricants de bourbon du Kentucky…

On n’est pas obligés d’être stupides et de continuer à acheter des voitures Stellantis ou GM. Ce n’est pas par grandeur d’âme que les grands de l’auto ont installé des usines au Canada. C’est parce qu’ils y vendent des véhicules. Mais il y a des solutions de rechange, et on peut aussi voter avec ses pneus.

Ce n’est pas non plus par « fraude » ou parce qu’ils sont naïfs que les entreprises américaines achètent notre aluminium. C’est parce qu’il est bon marché. S’ils n’en veulent plus, c’est un gros problème. Mais le prix international augmente et il y a d’autres acheteurs dans le monde.

Bref, le Canada n’est pas totalement démuni. Mais soyons lucides, il n’a pas de pouvoir de négociation devant un intimidateur qui a les moyens de son intimidation.

Aux yeux de Donald Trump, les droits de douane sont « vitaux » pour son pays.

Peut-être en partie du bluff, ou un outil de négociation. Mais c’est aussi une conviction économique profonde. Il a d’ailleurs annoncé son intention d’assister en personne à l’audience en Cour suprême des États-Unis, le 5 novembre, de la cause sur la légalité de ses droits de douane, du jamais vu à l’époque moderne.

Pour l’instant, donc, devant un président intempestif, malhonnête et sans opposition, quel coup fumant de négociation le Canada peut-il réaliser ?

J’attends les suggestions…

https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2025-10-25/il-n-y-a-pas-de-tactique-magique-pour-negocier-avec-trump.php

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-25/legale-et-fidele-la-publicite-ontarienne.php

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Trump agit exactement comme un monarque moyenâgeux, capricieux et malfaisant. Un comportement nuisible et néfaste qui traduit un état émotionnel profondément déséquilibré, revanchard, intraitable et grandement instable. Une pathologie grave qui le rend de toute évidence inapte à gouverner et dont personne chez les Républicains ne semble capable d’en contrôler les excès.

Cet homme clairement malade est dangereux pour son pays, comme pour le monde. Comme il s’est donné tous les pouvoirs et compte bien s’en servir, qui pourra l’arrêter dans son délire? Car le mauvais génie est sorti de sa lampe et ne voudra jamais y retourner volontairement… :genie:

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Trump est toujours en train de chercher des excuses pour faire ce qu’ils veut, rediriger le blâme, ou encore, distraire / attirer l’attention du public et les médias ailleurs. Considérant ce qu’il dit du Canada depuis le début, j’ai de la misère à croire que son administration négociait sérieusement. Ça donne vraiment plus l’impression d’un sabotage très intentionnel de sa part. Il cherche depuis le début à mettre le Canada dans une position difficile et à nous forcer à lui donner exactement ce qu’il veut sur toute le ligne. C’est du Trump classique, il veut nous ressources sans avoir à payer rien pour les acquérir.

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Guerre commerciale Une frustration qui transcende une simple publicité

Encore une hausse de droits de douane annoncée par Donald Trump sur son réseau social. Les spécialistes de la question ne s’étonnent plus de la manière de procéder du président et sont d’avis que la publicité diffusée par l’Ontario n’explique pas à elle seule le nouveau coup de semonce de 10 % tiré samedi.
Publié à 5 h 00

Megan Foy La Presse

Que concernent ces nouveaux droits de douane, et quel impact peuvent-ils avoir sur l’économie canadienne ?

Selon les spécialistes du commerce international interrogés par La Presse, même si un certain flou persiste, les droits de douane supplémentaires de 10 % annoncés par le président américain concerneraient les biens non conformes à l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), déjà soumis à des droits de douane de 35 %. « En réalité, ça ne change pas énormément de choses », réagit le professeur du département d’affaires internationales de HEC Montréal Ari Van Assche, codirecteur de l’Institut international de diplomatie économique, car la très grande majorité des exportations canadiennes sont protégées par l’ACEUM.

Doit-on prendre au pied de la lettre chaque annonce de Trump sur son réseau social ?

Le président américain en a pris l’habitude : s’il a une annonce à faire, c’est sur son réseau Truth Social qu’elle atterrit en premier, à toute heure du jour. Mais attention : il faut être patient avant de voir une telle annonce se concrétiser, estime Ari Van Assche. « Il se peut bien que, dans quelques jours, il ait un bon appel avec Mark Carney et qu’on reprenne les négociations », remarque-t-il. Cela dit, Geneviève Dufour, professeure de la faculté de droit de l’Université d’Ottawa et spécialiste du libre-échange, rappelle que ces interventions ne sont pas à prendre à la légère, puisqu’elles se sont concrétisées la plupart du temps. « On est à l’extérieur de toutes les règles normales de négociation », explique-t-elle. Le chargé de cours au département de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke Charles-Antoine Millette est du même avis : « Donald Trump, au sein de sa base électorale, est reconnu comme un président américain qui va réaliser ses promesses électorales », commente-t-il.

Pourquoi Donald Trump a-t-il annoncé ces droits de douane ?

Le président en a contre la campagne publicitaire télévisée de l’Ontario dénonçant le protectionnisme américain. Mais la professeure Geneviève Dufour le souligne d’emblée : la publicité apparaît peut-être comme l’élément déclencheur de l’offensive de Trump, mais cette dernière pourrait avoir d’autres raisons, comme des négociations qui n’avancent pas au rythme souhaité. Vendredi, le directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, a d’ailleurs avancé que les Américains étaient irrités par le manque de flexibilité en général des Canadiens dans les négociations.

Qu’est-ce que la Série mondiale du baseball majeur vient faire dans tout ça ?

Une chose a changé entre la journée de vendredi et samedi, souligne Ari Van Assche, soit juste avant que Donald Trump n’annonce des droits de douane supplémentaires. La publicité en question a été diffusée pendant le premier match de la Série mondiale des Ligues majeures de baseball opposant les Blue Jays de Toronto aux Dodgers de Los Angeles et dont les deux premiers affrontements ont eu lieu dans la Ville Reine. « C’est un peu ça aussi, la stratégie, sachant qu’il y a des Américains qui vont être assis devant leur téléviseur au cours du match », commente Charles-Antoine Millette, dont la thèse de doctorat portait sur la publicité électorale canadienne et américaine. Pour le spécialiste, l’évènement est inédit : « Qu’une province attaque les États-Unis, à mon avis, c’est du jamais vu », observe-t-il. L’objectif de Doug Ford, selon lui ? Fâcher Donald Trump, même s’il a l’habitude de punir ceux qui se retournent contre lui. « Et ça a marché », ajoute le professeur.

Quel avenir pour les négociations ?

Mieux vaut se préparer à des négociations en montagnes russes. « Ça risque d’être comme ça un bon bout de temps », résume Charles-Antoine Millette. La déclaration de Trump ne tirerait pas nécessairement un trait sur les négociations entre les États-Unis et le Canada et le gouvernement canadien aurait toujours une marge de manœuvre, selon les experts, même si le président américain a affirmé le contraire jeudi soir. Mais il y a une leçon à tirer de l’incident de la publicité ontarienne pour les dirigeants canadiens, estiment-ils. « Maintenant, c’est important d’avoir une équipe canadienne, et non 12 ou 13 différents premiers ministres qui sont en train de tous faire leur propre action », estime le professeur Ari Van Assche. Chose certaine, les industries ne savent plus quoi faire, constate Geneviève Dufour. « En fait, tout le monde ravale sa salive en se disant : “On va essayer de le fâcher le moins possible” », résume-t-elle.

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-26/guerre-commerciale/une-frustration-qui-transcende-une-simple-publicite.php

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Je regrette maintenant la mort de RIM. Je n’ai pas hâte à quand je devrai remplacer mon iPhone 12. La majorité des options sur le marché dépendent de iOS ou Android, 2 écosystèmes mobiles américains propriétaires.

Mon prochain téléphone sera très probablement un Pixel sur lequel je pourras installer LineageOS ou une autre version de AOSP avec une protection de la vie privée améliorée.

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Considérant les risques du déverrouillage du bootloader, il serait prudent de tester LineageOS sur un Pixel secondaire ou ancien modèle (Pixel 4a, 5, 6a) avant de le faire sur un appareil principal.

Les Canadiens désireux de voyager aux États-Unis devront bientôt s’habituer à se faire photographier par des agents frontaliers américains lorsqu’ils sont en transit. Washington met en place un programme visant à photographier les voyageurs canadiens lorsqu’ils entrent et sortent du pays, quel que soit leur mode de transport.

Warren Shepell a vécu l’expérience plus tôt ce mois-ci alors qu’il s’apprêtait à monter à bord d’un vol reliant Cleveland à Toronto.

Le Torontois raconte que deux agents en uniforme l’ont abordé sur la passerelle d’embarquement et que l’un d’eux a pris sa photo.

J’étais consterné. Je me suis senti pris en embuscade.

Une citation de Warren Shepell

Selon ses dires, les agents ne se sont jamais identifiés et ne lui ont pas donné de raison pour laquelle ils l’avaient photographié.

Ils ne m’ont rien dit, et je me sens tout simplement violé, déplore-t-il.

Warren Shepell montait à bord d’un avion de Cleveland en direction de Toronto lorsque deux agents l’ont pris en photo. Au moment des faits, il ne savait pas pourquoi on le photographiait.

Photo : Radio-Canada / Craig Chivers

Une surveillance accrue

Depuis près d’une décennie, le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP) utilise la biométrie faciale pour confirmer l’identité des passagers internationaux arrivant dans les aéroports américains.

Le processus consiste à photographier les voyageurs et à utiliser une technologie de comparaison biométrique faciale pour s’assurer que leur visage correspond à la photo figurant sur leurs documents de voyage.

Le CBP compte désormais étendre ce programme dans le but d’aussi collecter des images des passagers aux départs internationaux.

L’agence frontière prévoit également de prendre des photos des voyageurs lorsqu’ils entrent et sortent du pays que ce soit par voie maritime ou aux frontières terrestres.

Le CBP dit qu’elle prévoit de mettre en place la technologie biométrique faciale aux frontières terrestres au cours de l’année prochaine. La mise en œuvre complète du programme dans les ports maritimes et les aéroports est prévue dans les trois à cinq prochaines années.

Entre-temps, le département de la Sécurité intérieure (DHS) a annoncé vendredi une nouvelle règle qui oblige les citoyens non américains, y compris les Canadiens, à participer à son programme de biométrie faciale. La réglementation devrait entrer en vigueur le 26 décembre, même si la mise en œuvre complète du programme pourrait prendre des années.

Selon cette règle, les photos prises des voyageurs étrangers resteront dans la base de données du DHS pendant 75 ans maximum.

Dans un courriel, la porte-parole du CBP, Jessica Turner, soutient que ce plan d’expansion répondait à “une obligation imposée par le Congrès d’enregistrer les données biométriques de la majorité des ressortissants étrangers qui entrent et sortent des États-Unis”.

[La biométrie faciale] vise à garantir l'exactitude des enregistrements, à renforcer la sécurité et à faire respecter les lois sur l'immigration.
Une citation de Jessica Turner, porte-parole du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis

Le suivi des départs des voyageurs aide également le CBP à identifier ceux qui sont restés dans le pays plus longtemps que la durée autorisée, conformément à la nouvelle règle du DHS.

Mme Turner confirme d’ailleurs que M. Shepell avait été photographié par un agent du CBP dans le cadre de ce programme.

À l’arrivée dans les aéroports, l’agence utilise des caméras fixes à capture automatique pour photographier les passagers. Mais l’agence ne possède pas les caméras fixes dans les zones de départ, c’est donc aux agents du CBP qu’il incombe de photographier les voyageurs, précise la porte-parole.

Le processus aux frontières terrestres sera moins visible. Actuellement, le CPB teste une technologie conçue pour “capturer des images des passagers dans les véhicules”, ajoute Mme Turner.

Elle affirme que l’extension du programme profitera aux voyageurs, car il offre “une méthode rapide, précise et sans contact” pour vérifier leur identité.

Impacts sur la vie privée

De nombreux pays intègrent déjà la technologie biométrique faciale dans leurs aéroports, dont le Canada. Malgré son adoption de plus en plus généralisée, cette technologie suscite des inquiétudes chez les experts en matière de protection de la vie privée, qui affirment qu’elle pourrait être utilisée à mauvais escient.

La création de cette infrastructure ouvre la voie à un détournement de sa mission initiale, déclare Jeramie Scott, conseiller principal au Electronic Privacy Information Center [NDLR: Centre d’information sur la vie privée électronique des États-Unis, traduction libre].

Il ajoute que cette préoccupation est amplifiée aux États-Unis, où il n’existe pas de lois fédérales réglementant la biométrie faciale. Selon lui, cette lacune ouvre la voie à l’utilisation des données des voyageurs à d’autres fins, telle que leur surveillance.

Nous avons déjà vu cette administration utiliser les informations dont elle dispose à des fins ou pour des usages qui dépassent le cadre initialement prévu lors de leur collecte.

Une citation de Jeramie Scott, conseiller principal au Electronic Privacy Information Center

Par exemple, le département du Trésor américain a récemment signé un accord visant à partager des données confidentielles sur les contribuables avec l’agence Immigration and Customs Enforcement (ICE) pour aider à identifier et à expulser les immigrants en situation irrégulière.

Pour l’instant, les Canadiens peuvent refuser la biométrie faciale, soutient Mme Turner. Mais cette option prendra fin le 26 décembre, lorsque la nouvelle règle du DHS entrera en vigueur.

M. Shepell affirme que personne ne l’a informé qu’il pouvait refuser d’être photographié. Il dit que s’il l’avait su, il aurait refusé.

Je ne fais tout simplement pas confiance au système, martèle-t-il. Je suis un fervent défenseur de la vie privée.

Mme Turner maintient cependant qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter au sujet du programme de biométrie faciale.

La CBP s’engage à respecter ses obligations en matière de confidentialité et a pris des mesures pour protéger la vie privée de tous les voyageurs, déclare-t-elle dans son courriel.

La porte-parole ajoute que l’agence utilise la technologie de comparaison faciale uniquement à des moments et dans des lieux précis où les voyageurs sont déjà tenus de présenter une preuve d’identité, et que le seul objectif du programme est d’automatiser la vérification des documents.

Un frein aux voyages?

L’avocat américain spécialisé en droit de l’immigration Len Saunders estime que le projet du CBP de photographier en masse les Canadiens pourrait nuire davantage à l’industrie touristique canadienne dans le pays.

Cela n’encourage certainement pas les étrangers à venir aux États-Unis, soutient M. Saunders. C’est un facteur dissuasif supplémentaire.

Depuis l’entrée en fonction du président américain Donald Trump, les voyages des Canadiens vers les États-Unis ont chuté, en partie à cause de la colère suscitée par la guerre commerciale menée par M. Trump et ses remarques sur le fait que le Canada deviendrait le 51e État américain.

En septembre, le nombre de voyages aller-retour effectués par les Canadiens vers les États-Unis a diminué de 27 % pour les voyages en avion et de près de 35 % pour les voyages terrestres par rapport à l’année précédente.

Cependant, M. Saunders affirme que même si les chiffres continuent de baisser en raison des inquiétudes liées à la biométrie faciale, il est peu probable que l’administration Trump prenne des mesures.

Elle ne semble pas vouloir encourager le tourisme, lâche-t-il. Je ne pense pas que le gouvernement américain s’y intéresse vraiment.

Avec les informations de Sophia Harris de CBC

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https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-27/mark-carney-pret-a-reprendre-les-negociations-commerciales-avec-donald-trump.php

Guerre commerciale Mark Carney affirme que les publicités ont « tout changé »

(Ottawa) Le premier ministre du Canada affirme qu’Ottawa et Washington étaient « près d’un accord » avant que Donald Trump ne mette fin aux négociations, jeudi.
Publié à 6 h 25 Mis à jour à 6 h 52

Antoine Trépanier La Presse

Aux yeux de Mark Carney, si Donald Trump a mis un terme aux négociations commerciales avec le Canada et a décidé d’imposer de nouveaux droits tarifaires de 10 % sur les importations canadiennes, c’est en raison de la publicité antiprotectionnisme du gouvernement de l’Ontario mettant en vedette l’ancien président américain Ronald Reagan.

« Je vous suggère de prendre le président au mot », a lâché le premier ministre lors d’un point de presse à Kuala Lumpur, en Malaisie.

M. Carney a balayé du revers de la main les commentaires du conseiller économique du président, Kevin Hassett, qui a déclaré vendredi que les négociations ont déraillé aussi en raison du manque de flexibilité de la délégation canadienne.

Selon lui, les deux parties ont fait des progrès « détaillés », « constructifs » et « approfondis » dans les négociations portant notamment sur l’acier, l’aluminium et l’énergie. Bien que ce n’était pas terminé, M. Carney affirme qu’un accord était à portée de main.

« Ensuite, il y a eu les publicités et tout a changé, a lâché le premier ministre. La position du gouvernement américain a changé, c’est évident. Ce n’est pas plus compliqué que cela. »

M. Carney n’a pas voulu blâmer son homologue provincial Doug Ford dans cette affaire, mais il a clairement affirmé que le gouvernement fédéral a pris la décision « évidente » de ne pas faire de campagne publicitaire aux États-Unis.

C’est la responsabilité du gouvernement du Canada de négocier des accords commerciaux. [Doug Ford] a pris une décision différente de la décision du gouvernement du Canada qui est responsable dans cette relation.

Mark Carney

Le gouvernement de l’Ontario a versé 75 millions de dollars pour une campagne publicitaire diffusée aux États-Unis pour sensibiliser les Américains aux effets pervers des droits de douane. Le président Trump, qui avait d’abord complimenté la publicité la semaine dernière, l’a depuis qualifiée de frauduleuse, de mensongère et a mis un terme aux négociations avec le Canada, même si l’Ontario ne participe pas aux négociations.

Le premier ministre Doug Ford, après un appel de Mark Carney, a annoncé qu’il retirait la publicité ce lundi, après sa diffusion lors des deux premiers matchs de la Série mondiale de baseball.

Samedi, Donald Trump a imposé de nouveaux tarifs de 10 % sur les marchandises canadiennes entrant aux États-Unis sous prétexte que la publicité aurait dû être enlevée « immédiatement ».

Mark Carney affirme que son gouvernement a des plans de contingences dans l’éventualité que ces nouveaux droits tarifaires entrent en vigueur et semble avoir peu d’appétit pour des mesures de représailles.

À l’heure actuelle, les États-Unis imposent des droits de douane de 50 % sur les exportations canadiennes d’acier et d’aluminium, de 25 % sur le secteur automobile et de 10 % sur l’énergie, les minéraux critiques et la potasse.

Des droits de douane de 35 % frappent les produits qui ne sont pas conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Le bois d’œuvre est la cible de mesures protectionnistes qui atteignent 45 % depuis la mi-octobre. Et récemment, Donald Trump a annoncé une surtaxe de 25 % sur les importations d’armoires de cuisine, de meubles-lavabos et de produits rembourrés en bois en provenance du Canada.

Le premier ministre se trouve présentement au Sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) à Kuala Lumpur et s’envolera mardi pour Singapour avant de participer à un autre sommet économique en Corée du Sud.

Alors qu’il s’apprêtait à descendre de son avion Air Force One au Japon, le président américain Donald Trump a laissé entendre à la presse américaine qu’il ne savait pas encore quand les droits douaniers supplémentaires de 10 % seraient imposés au Canada.

« On verra », a-t-il dit. Ce qu’on sait néanmoins, c’est que le président américain ne semble pas avoir beaucoup de temps à accorder à Mark Carney. Les deux hommes étaient au Sommet de l’ANASE en fin de semaine et seront tous les deux à la Réunion des dirigeants économiques du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

« Je ne veux pas le rencontrer. Je ne le verrai pas avant longtemps », a lâché le président Trump à la presse américaine alors que son avion atterrissait au Japon. Il s’est néanmoins dit ouvert à rencontrer le dictateur nord-coréen Kim Jung-Un.

Le premier ministre Carney a confirmé ne pas avoir parlé avec le président depuis jeudi et ignore s’il s’entretiendra avec lui en Corée du Sud.

« Nous serons là ! », a-t-il dit. « Nous sommes prêts à discuter lorsque les Américains le voudront, mais nous ne dictons pas le calendrier. »

Le premier ministre a par ailleurs confirmé qu’il rencontrera pour la première fois le président chinois Xi Jinping dans le cadre du forum de l’APEC.

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-27/guerre-commerciale/mark-carney-affirme-que-les-publicites-ont-tout-change.php

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Le Canada « était près » de conclure un accord commercial avec les États-Unis, mais les publicités anti-droits de douane payées par le gouvernement de l’Ontario ont « tout changé ».

C’est ce qu’a déclaré le premier ministre Mark Carney lundi lors d’un point de presse tenu à Kuala Lumpur, en Malaisie, en marge du sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est.

Jeudi soir dernier, le président américain Donald Trump a brusquement interrompu les pourparlers économiques entre les deux pays.

M. Trump est furieux depuis que le gouvernement de l’Ontario a financé une campagne publicitaire aux États-Unis visant à mettre de l’avant les désavantages des droits de douane.

Diatribe contre un représentant ontarien Nouveau froid diplomatique avec les Américains

(Ottawa) Déjà tendues, les relations canado-américaines sont entrées dans une nouvelle zone de turbulence après que l’ambassadeur des États-Unis au Canada a invectivé un proche collaborateur du premier ministre ontarien Doug Ford.
Publié à 16 h 24 Mis à jour à 16 h 45

Selon le quotidien torontois, l’ambassadeur a varlopé M. Paterson devant de nombreux témoins en raison de la décision de son premier ministre d’avoir lancé une publicité mettant en vedette l’ancien président Ronald Reagan et qui a provoqué la colère du président américain Donald Trump la semaine dernière.

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-29/diatribe-contre-un-representant-ontarien/nouveau-froid-diplomatique-avec-les-americains.php

Guerre commerciale Algoma Steel ne mise pas sur un retour au marché américain, selon son PDG

(Sault-Sainte-Marie) Même si le Canada et les États-Unis parviennent à un accord sur l’acier, il n’y aura pas de retour en arrière, a avancé le PDG du producteur d’acier ontarien Algoma Steel.

Mis à jour hier à 15 h 08

Ian Bickis La Presse Canadienne

M. Garcia a indiqué que l’entreprise se concentrait sur son rôle de partenaire stratégique dans le cadre du développement du Canada, en réorientant sa production pour répondre à la demande intérieure dans des secteurs comme la défense, les infrastructures, l’énergie et la fabrication.

« Nous croyons toujours en notre rôle stratégique dans le développement du Canada et nous sommes déterminés à le jouer », a-t-il souligné.

Algoma a enregistré des pertes de près d’un demi-milliard de dollars au dernier trimestre, les droits de douane de 50 % imposés par les États-Unis sur l’acier l’ayant pratiquement exclue du marché.

Cette perte nette de 485,1 millions fait suite à une charge de dépréciation sans effet sur la trésorerie de 503,4 millions au cours du trimestre, liée aux droits de douane et à la pression exercée sur la valorisation de l’entreprise.

Les charges directes liées aux droits de douane se sont élevées à 89,7 millions.

L’accès au marché américain étant incertain, Algoma se concentre particulièrement sur l’augmentation de sa production de plaques d’acier pour le marché canadien.

Des contrats importants, comme la construction navale, contribueront à stimuler la demande, mais il faudra de nombreux projets pour combler le manque du marché américain, estime M. Garcia, précisant que l’entreprise pourrait produire en deux jours environ toutes les plaques nécessaires à la construction de dix navires de guerre canadiens.

« Ce n’est donc pas un seul grand projet qui fera la différence, mais une forte demande dans l’ensemble de l’économie et pour tous types de projets », a-t-il ajouté.

L’entreprise a accéléré sa transition vers une production plus flexible et privilégie désormais la production de plaques plutôt que de bobines d’acier. Cependant, le marché en général souffre des conséquences du différend commercial, a-t-il indiqué.

Pour accompagner l’entreprise dans sa transition vers un recentrage sur le marché intérieur, les gouvernements de l’Ontario et du Canada ont accordé un financement de 500 millions.

Exportation et développement Canada a également octroyé une facilité de crédit de 75 millions US, portant ainsi sa facilité de crédit renouvelable adossée à des actifs à 375 millions US.

Ces fonds permettront à Algoma de passer d’un producteur transfrontalier de matières premières à un fournisseur canadien de produits sidérurgiques essentiels, a expliqué M. Garcia.

« Cette transformation renforce l’avenir industriel d’Algoma et du Canada », a-t-il conclu.

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-10-30/guerre-commerciale/algoma-steel-ne-mise-pas-sur-un-retour-au-marche-americain-selon-son-pdg.php

Aluminium et guerre commerciale Le rôle des vieilles assiettes à tarte

Francis Vailles La Presse

Ce que je ne savais pas, c’est que les vieilles assiettes à tarte jouent un rôle dans la guerre commerciale Canada–États-Unis.
Publié à 6 h 30

Le chef de Rio Tinto Aluminium, Jérôme Pécresse, nous l’a confirmé, jeudi, en entrevue. Oui, un certain volume de la multinationale est vendu en Europe, transporté par bateau depuis le port de Saguenay. Mais l’essentiel de la production de Rio Tinto continue d’être vendu aux États-Unis, comme avant.

« L’impact des tarifs est contenu. Et on ne voit pas de ralentissement de la demande d’aluminium sur le marché américain », a-t-il dit.

Oubliez, donc, les entrepôts qui accumulent des lingots d’aluminium invendus en attendant que la situation se stabilise : les clients américains continuent d’acheter la production canadienne de Rio Tinto.

Et comme le prix payé incorpore l’essentiel des droits de douane, Rio Tinto ne subit pas trop les impacts de la guerre commerciale.

La raison en est bien simple : les Américains ne produisent que 13 % des 5,4 millions de tonnes d’aluminium qu’ils consomment chaque année. Le reste vient du Canada (3,2 millions de tonnes) et d’ailleurs. Et comme l’aluminium québécois, très concurrentiel avec les bas tarifs d’électricité, est frappé des mêmes droits de douane que celui d’autres pays, la situation est relativement stable.

« On produit les mêmes volumes au Saguenay, on en vend un peu plus en Europe et un peu moins aux États-Unis, de l’ordre de 10 % », dit M. Pécresse.

Ne comptez pas sur Rio Tinto pour construire une nouvelle aluminerie aux États-Unis, nous explique le gestionnaire, puisque le principal coût dans la production, celui de l’énergie, y est bien plus élevé qu’ici.

Et de toute façon, toute énergie additionnelle aux États-Unis est absorbée par les centres de données, disposés à payer bien plus.

Le président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, Sylvain Maltais, tient le même langage. « Les opérations continuent comme avant. Les gens sont calmes dans l’aluminium », me dit-il, jugeant que les producteurs primaires ne sont pas si pressés d’avoir une entente, dans ce contexte.

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2025-10-31/aluminium-et-guerre-commerciale/le-role-des-vieilles-assiettes-a-tarte.php

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