Relations Canada-Chine

Étant donné les grands changements à l’international, il faudra s’attendre à plus d’échanges commerciaux et aussi politiques entre le Canada et la Chine. J’ouvre un fils de discussions sur le sujet afin de mieux rassembler et comprendre ces nouvelles informations et accords.

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Visite de Mark Carney en Chine | Le Canada s’entend avec la Chine sur les véhicules électriques et le canola

(Pékin) Le Canada « s’attend » à ce que la Chine diminue ses tarifs douaniers sur les graines de canola et abandonne ceux sur le homard, le crabe et les pois à compter du 1er mars en échange d’une ouverture du marché canadien à un nombre restreint de véhicules électriques chinois.

Résumé

Le Canada fera passer sa surtaxe de 100 % à 6,1 % pour 49 000 de ces véhicules dont le prix sera inférieur à 35 000 $, soit le nombre importé avant le début des tensions commerciales. Ces avancées pour les exportations canadiennes ne touchent pas l’huile de canola et le porc toujours frappés de droits de douane respectivement de 100 % et de 25 %.

« On a fait beaucoup de progrès dans les produits agricoles et nous nous attendons qu’il y ait plus de réduction de tarifs en agriculture pendant l’année », a indiqué le premier ministre Mark Carney lors d’une conférence de presse vendredi après-midi (heure locale).

L’entente préliminaire entre les deux pays prévoit que des investissements au Canada dans des coentreprises « avec des partenaires de confiance » pour développer la chaîne d’approvisionnement de véhicules électriques canadienne. Cela inclurait éventuellement une usine, comme le souhaitait le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, sans quoi il s’oppose à toute réduction des droits de douane sur les véhicules chinois.

« Nous deux, nous voulons bâtir une nouvelle industrie automobile, a-t-il expliqué. Alors, c’est quoi l’avenir de l’industrie automobile ? C’est des véhicules électriques et des véhicules avec beaucoup de technologies et abordables. »

« En échange d’un petit morceau du marché canadien, nous nous attendons à un engagement d’investissement au Canada des vrais dirigeants de la nouvelle industrie, a-t-il ajouté.

Le premier ministre Carney a affirmé son désaccord avec le qualificatif utilisé dans la stratégie indopacifique lancée en 2022 qui décrivait la Chine comme « une puissance mondiale de plus en plus perturbatrice ». Ottawa constatait alors le mépris de ce pays pour les règles internationales et le fait que ses valeurs s’écartaient « de plus en plus » de celles du Canada. « Je n’étais pas là. Ce n’était pas mon avis », a-t-il répondu.

Dans ses remarques d’ouverture, il s’est dit « lucide ». Le nouveau partenariat stratégique avec la Chine focalisera sur les enjeux où il y a des points de convergence comme le commerce.

« Le Canada doit tracer une nouvelle voie en naviguant dans le monde tel qu’il est, et non comme nous aimerions qu’il soit », a-t-il déclaré.

Questionné à savoir s’il a abordé la question des droits de la personne lors de sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping plus tôt dans la journée, il a répondu par l’affirmative. Mais il est toutefois demeuré vague sur le contenu de leurs échanges concernant le sort du militant pro-démocratie Jimmy Lai, reconnu coupable en décembre de sédition pour d’avoir violé la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Le séjour du premier ministre Carney coïncidait avec ses audiences sur la peine. Le fondateur de journal Apple Daily, âgé de 78 ans, risque la prison à perpétuité. La Coalition canadienne pour les droits humains en Chine, qui regroupe dix organisations, pressait le premier ministre Carney d’affirmer « l’opposition ferme du Canada » à cette détention arbitraire.

« Le Canada et la Chine ont des systèmes différents, a-t-il fait valoir. […] Nous respectons les différences dans nos systèmes respectifs. Cela signifie que notre coopération est plus concentrée et plus limitée. »

Il a ajouté qu’il préférait soulever la question des droits de la personne directement en privé plutôt que sur la place publique.

Rencontre avec le président Xi Jinping | Mark Carney salue un « nouveau partenariat stratégique »

(Pékin) Le premier ministre Mark Carney et le président Xi Jinping ont tous deux présenté la relation renouvelée entre le Canada et la Chine comme un gage de sécurité et de stabilité alors que le monde connaît une période d’incertitude. Les deux dirigeants se sont rencontrés pendant près d’une heure au palais de l’Assemblée du peuple à Pékin vendredi en matinée (heure locale).

Résumé

« Je suis encouragé par les progrès accomplis », a affirmé le président Xi Jinping au début de la rencontre, parlant de tournant dans les relations entre les deux pays.

Il s’agit de la première visite d’un premier ministre canadien en Chine depuis 2017. Elle met fin à un froid diplomatique qui a duré près de dix ans sous la gouverne de l’ex-premier ministre Justin Trudeau. Le dialogue a maintenant repris entre les deux pays, qui avaient signé la veille huit protocoles d’entente, dont un visant à augmenter les investissements chinois dans le secteur de l’énergie au Canada et à augmenter les exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié en Chine.

Face à l’instabilité de l’administration du président américain Donald Trump, le premier ministre Mark Carney cherche à doubler les exportations à l’extérieur des États-Unis au cours de la prochaine décennie pour les faire passer de 300 milliards à 600 milliards. Il tente aussi d’obtenir 1000 milliards de dollars de nouveaux investissements d’ici 2030, notamment dans le secteur de l’énergie.

« Des relations sino-canadiennes saines et stables servent les intérêts communs de nos deux pays, a souligné le président Xi. Elles sont également bénéfiques à la paix, à la stabilité et à la prospérité du monde. »

« Je suis extrêmement heureux que nous allions de l’avant avec notre nouveau partenariat stratégique, un partenariat fondé sur cinq piliers, qui non seulement approfondira nos liens bilatéraux au bénéfice de nos peuples, mais qui contribuera également, à mon avis, à améliorer le système multilatéral, un système qui, ces dernières années, a été soumis à de fortes tensions », a déclaré M. Carney.

« Nous concentrons nos efforts sur les domaines où nous pouvons réaliser des progrès historiques : l’agriculture, l’énergie et la finance », a-t-il ajouté.

C’est là que nous pouvons progresser le plus rapidement, mais nous sommes convaincus que ces progrès seront amplifiés par le développement positif de nos liens culturels et humains.

— Le premier ministre Mark Carney

Il a dit s’inspirer de l’ex-premier ministre Jean Chrétien, qui avait noué des liens forts avec la Chine lorsqu’il était au pouvoir.

« Monsieur le président, ensemble, nous pouvons tirer parti des atouts de cette relation passée pour en créer une nouvelle, adaptée aux réalités mondiales, qui apportera stabilité, sécurité et prospérité aux populations des deux côtés du Pacifique », a-t-il conclu.

La rencontre entre les deux dirigeants a été suivie d’un diner officiel.

Une importante délégation

La veille, M. Carney avait été accueilli en grande pompe au palais de l’Assemblée du peuple, qui sert aujourd’hui de parlement. Une longue garde d’honneur a salué le premier ministre canadien à son arrivée dans le hall au plancher de marbre immaculé avant qu’une fanfare militaire joue l’hymne national canadien. Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, s’est joint à l’imposante délégation canadienne, composée de cinq ministres, pour une rencontre avec le premier ministre chinois Li Quiang. L’économie de sa province est fortement touchée par les droits de douane imposés par la Chine sur le canola canadien.

Le gouvernement Carney a indiqué qu’il s’attendait à faire des progrès sur les tensions commerciales entre les deux pays. Des tarifs douaniers étouffent les producteurs de canola, de porc et de produits de la mer canadiens.

Ils atteignent près de 76 % dans le cas des exportations de graines de canola en Chine.

Il s’agit de représailles en réaction à la surtaxe de 100 % imposée par le Canada sur les véhicules électriques chinois entrés en vigueur en 2024. Le gouvernement alors dirigé par Justin Trudeau avait emboîté le pas aux États-Unis sous la présidence de Joe Biden pour protéger l’industrie nord-américaine de l’automobile. Le président Donald Trump voit les choses d’un autre œil. Il a répété cette semaine que les États-Unis n’avaient pas besoin de véhicules produits au Canada.

La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada après les États-Unis. Les échanges commerciaux entre les deux pays se chiffraient à près de 119 en milliards en 2024. Le Canada y a exporté près de 30 milliards de dollars en marchandises et a importé près de 89 milliards en produits chinois.

Changement de ton

En 2022, le gouvernement canadien décrivait la Chine comme « une puissance mondiale de plus en plus perturbatrice » dans sa stratégie indopacifique. Ottawa constatait alors le mépris de ce pays pour les règles internationales et le fait que ses valeurs s’écartaient « de plus en plus » de celles du Canada.

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, et la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, ont évité de répéter ces propos lors de leur séjour en Chine. « Il y a beaucoup plus de perturbations maintenant qu’à l’époque où j’ai publié la stratégie indopacifique, a rappelé Mélanie Joly. Donc, notre objectif c’est d’amener de la stabilité. »

« Les conversations ici ont été effectuées de façon plus prévisible et stable que parfois avec d’autres pays, dont notre voisin », a-t-elle ajouté.

Elle a indiqué que le gouvernement canadien demeurait lucide. La Chine est montrée du doigt pour son ingérence dans les affaires canadiennes et ses atteintes aux droits de la personne.

Le premier ministre Mark Carney a conclu un accord avec la Chine afin d’autoriser l’importation de dizaines de milliers de véhicules électriques chinois au pays, en échange d’une baisse des droits de douane sur le canola.

M. Carney a qualifié cet accord de « préliminaire, mais historique » pour supprimer les barrières commerciales et réduire les droits de douane. Cela s’inscrit dans le cadre d’un partenariat stratégique plus large que le Canada est en train de forger avec la Chine.

Ottawa s’attend à ce que Pékin abaisse ses droits de douane sur les graines de canola canadiennes à 15 % d’ici mars.

La farine de canola, les homards, les crabes et les pois canadiens ne seront plus soumis aux droits de douane chinois à partir de mars, et ce, au moins jusqu’à la fin de l’année.

La rencontre de vendredi entre Mark Carney et Xi Jinping pourrait bien sonner le glas du tarif douanier prohibitif de 100 % sur les véhicules électriques (VE) chinois qui entrent au Canada. L’industrie automobile de l’empire du Milieu, en pleine conquête du monde, déboulerait alors chez nous. Explications.

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Communiqué du bureau du Premier ministre

Afin de tirer pleinement parti du potentiel de ces partenariats et de développer notre secteur national de la fabrication, le Canada autorisera l’entrée sur son marché de 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine, qui seront soumis au traitement tarifaire de la nation la plus favorisée, soit un taux de 6,1 %.

Cet accord prévoit également que, d’ici cinq ans, plus de 50 % de ces véhicules seront des véhicules électriques abordables, dont le prix à l’importation sera inférieur à 35 000 dollars, ce qui offrira de nouvelles options à moindre coût aux consommateurs canadiens.

L’agroalimentaire et le commerce sont les fondements de la relation de longue date entre le Canada et la Chine, et la Chine reste notre deuxième marché d’exportation. Afin de renouveler et de renforcer cette relation, le premier ministre Carney et le président Xi ont conclu un accord commercial préliminaire prévoyant des mesures historiques visant à éliminer les barrières commerciales et à réduire les droits de douane.

  • Le Canada s’attend à ce que, d’ici le 1er mars 2026**, la Chine réduise les droits de douane sur les graines de canola canadiennes à un taux combiné d’environ 15 %**. La Chine représente un marché de 4 milliards de dollars pour les producteurs canadiens de graines de canola, et ce changement représente une baisse importante par rapport aux niveaux tarifaires combinés actuels d’environ 85 %.
  • Le Canada s’attend à ce que la farine de canola, le homard, le crabe et les pois canadiens ne soient pas soumis à des droits anti-discrimination pertinents à compter du 1er mars 2026 et jusqu’à la fin de cette année au moins.
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Pour 49 000 de ces véhicules dont le prix sera inférieur à 35 000 $.

Les véhicules électriques, après environ 5 secondes sur le marché:

Une fois qu’on ouvre une brèche pour des véhicules immensément moins chers, je crois que ça va être difficile d’inverser cette demande des consommateurs.

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le retour de véhicules sous-compacts électriques :star_struck:

j’ai hâte de voir si on aura des concessionnaires BYD à Montréal
Le Québec a souvent été la province qui avait le plus de petits véhicules

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Je doute qu’ils vendront des sous-compacts (Comme le modèle Dolphin), bien que c’est ce que j’espère.

J’imagine qu’ils vont commencer avec la Atto 3 ou Seal, pour atteindre un marché plus large. Après tout, même Hyundai, Kia et + ne vendent que leurs gros modèles au Canada (Pour l’instant).

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Et celle où se vendent le plus de véhicules électriques.

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La mort de Tesla au Canada ?

Pour mon plus grand plaisir. Je considérais tellement une Tesla il y a 2ans. Je faisais mes calculs dans le but d’acheter il y a un an. Mais après les positions prises par Elon Musk j’ai décidé que mon argent n’irait JAMAIS dans quelque chose relié à lui. Du moins, pas en connaissance de cause.

Je suis un grand partisan du dérèglement du marché de façon générale et j’en ai vraiment marre de devoir toujours céder aux caprices d’un mauvais voisin. Donc tant mieux si les canadiens peuvent enfin avoir accès à plus d’options. Carney va marquer des points avec ça.

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Après presque dix ans de brouille commerciale, Ottawa et Pékin ont enterré la hache de guerre vendredi en jetant les bases d’un nouveau partenariat qui ouvre partiellement le marché automobile canadien aux véhicules électriques chinois.

En vertu de cette entente conclue vendredi dans le cadre de la visite officielle du premier ministre Mark Carney en Chine, à compter du 1er mars prochain, les constructeurs automobiles chinois pourront exporter jusqu’à 49 000 véhicules électriques au Canada à un tarif douanier préférentiel de 6,1 %. Ce qui est l’équivalent des tarifs douaniers actuellement en vigueur en Europe et en Corée du Sud.

Pour le moment, les 49 000 voitures soumises à ce tarif préférentiel ne représenteront, selon Mark Carney, qu’une petite part – environ 3 % – du marché intérieur canadien.

Ce qui signifie néanmoins que nous devrions commencer bientôt à croiser des voitures et des VUS de marque BYD, MG, NIO ou XPeng sur nos routes, et peut-être même commencer à en fabriquer au Canada.


Il fallait bien que POTUS 47 commente l’accord

Le président américain Donald Trump estime que le premier ministre Mark Carney a bien fait de signer un accord commercial avec la Chine sur les véhicules électriques, bien que plusieurs membres de son administration mettent Ottawa en garde.

« C’est ce qu’il devait faire. C’est une bonne chose pour [Mark Carney] de signer un accord commercial. Si vous pouvez conclure un accord avec la Chine, vous devez le faire, n’est-ce pas? », a-t-il dit aux journalistes à sa sortie de la Maison-Blanche, vendredi.

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Accord Canada-Chine | Une entente avantageuse, estiment des experts

En valsant avec la Chine, Mark Carney semble avoir conclu une entente gagnante pour le portefeuille des Canadiens, sans pour autant déstabiliser l’industrie automobile locale, estiment des experts consultés par La Presse.

Résumé

Est-ce une bonne entente pour le Canada ?

En vertu de l’entente entre les deux pays, la Chine réduira ses droits de douane sur les graines de canola de 76 % à 15 %, et abandonnera ceux sur le homard, le crabe et les pois, et ce, dès le 1er mars.

En contrepartie, le Canada réduira sa surtaxe de 100 % à 6,1 % pour 49 000 véhicules électriques dont le prix sera inférieur à 35 000 $. Il s’agit d’une bonne entente pour les Canadiens, estime Yan Cimon, directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprise, la logistique et le transport (CIRRELT).

« Il se vend plus de 240 000 véhicules zéro émission annuellement au Canada. En ajouter 49 000 ne vient pas détruire le marché, loin de là », explique-t-il.

« C’est peut-être une bonne chose d’élargir un marché avec des voitures électriques qui sont moins chères, ne serait-ce que pour baisser nos gaz à effet de serre au Canada », ajoute Catherine Beaudry, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en gestion et en économie de l’innovation.

La Chine produit-elle des véhicules de qualité ?

Certains véhicules circulant déjà au Canada sont issus de la Chine, rappelle M. Cimon, dont ceux de marque Polestar, et certains modèles Tesla. On ne sait toujours pas quels modèles la Chine compte vendre au pays, et si ceux-ci répondent aux normes.

Si les modèles chinois éprouvaient des problèmes de sécurité, ou encore d’assemblage, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

« Les voitures chinoises, ce ne sont plus celles qu’on regardait avec un sourire en coin, avec sympathie, il y a cinq ou dix ans », commente-t-il. « Les Chinois sont reconnus, par exemple, pour mettre beaucoup de technologie dans leurs véhicules, même ceux d’entrée de gamme. »

Quel impact aura l’arrivée de la Chine sur les prix des véhicules ?

L’accessibilité est « au cœur de la stratégie » de plusieurs constructeurs chinois, selon M. Cimon. Comme consommateur, il faut se réjouir de l’offre élargie parmi les véhicules zéro émission, qui pourrait être synonyme d’une baisse des prix, croit-il.

« Tout dépend des modèles qu’enverront les fabricants au Canada », détaille-t-il. « Xiaomi propose par exemple des modèles d’entrée de gamme qui sont tout à fait concurrentiels avec ceux qu’on a sur nos routes. Certains modèles pourraient même mettre des fabricants américains hors de course. »

Faut-il craindre pour la protection des données des Canadiens, avec l’arrivée des modèles chinois ?

C’est un risque, admet M. Cimon. D’où l’importance de réfléchir à « un cadre de sécurité » qui régirait la manière dont les données électroniques sont générées et stockées, pense-t-il.

« Si vos trajets sont logés, on sait ce que vous faites, et il est possible de corréler cela avec des données commercialement disponibles sur vos habitudes d’achat. Ça peut aller très loin », prévient-il.

Des véhicules pourraient-ils être assemblés au Canada ?

Le premier ministre Mark Carney espère soutirer à la Chine des engagements financiers allant jusqu’à la construction d’une nouvelle usine au pays. Il s’agirait là d’un pas en avant important, selon Mme Beaudry.

« Si on construit des usines chez nous, il y aura de plus en plus de gens formés à la fabrication de véhicules électriques, capables de démarrer ensuite leurs entreprises », estime-t-elle.

« Quand on a construit le métro de Montréal, on a exigé que les wagons soient fabriqués chez nous, ce qui a donné lieu à la création de Bombardier Transport », rappelle-t-elle.

Assembler les véhicules au Canada limiterait aussi les frais environnementaux liés au transport, rappelle-t-elle, puisque des minéraux critiques utilisés pour produire des batteries sont extraits au Canada.

Le Canada a-t-il la capacité électrique d’accueillir des milliers de véhicules électriques supplémentaires ?

La production électrique du pays est suffisante, confirme le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau. Là où le bât blesse, c’est sur le plan des consommations de pointe, qui pourraient devenir trop importantes.

« Si on ajoutait un million de véhicules électriques au Québec et que tout le monde voulait se brancher un vendredi soir quand il fait -5 °C dehors, ça ne fonctionnerait pas », prévient-il.

Pour pallier ce problème, il suggère l’instauration de tarifs liés à certaines périodes de recharge. « Par exemple, on pourrait offrir des recharges quatre fois moins chères durant la nuit. Il y aurait des incitatifs réels. En ce moment, les gens un peu paresseux qui reviennent du travail se disent : pourquoi j’attendrais pour brancher mon véhicule ? », indique-t-il.


Ouverture du marché aux véhicules chinois | La fin de la prise d’otages

C’est un coup de pied dans la fourmilière – et tout un ! – que vient de donner le premier ministre Mark Carney en ouvrant le marché canadien aux véhicules électriques chinois.

Et tant les consommateurs que l’environnement apparaissent déjà comme les grands gagnants.

Résumé

Un coup de pied aux conséquences difficiles à prévoir, mais qui nous assure déjà deux choses. Un, l’époque où les constructeurs automobiles prenaient les consommateurs canadiens en otages en leur offrant surtout de gros véhicules électriques chers pour générer de juteuses marges de profit est terminée.

Deux, la décarbonation du secteur des transports peut enfin espérer passer à la vitesse supérieure.

Quant à savoir quelles seront les conséquences de ces bouleversements sur l’industrie de l’automobile canadienne, sur la filière batterie québécoise et sur leurs travailleurs… Bonne chance pour le savoir. Il faut espérer que M. Carney ait un plan, et qu’il saura bien naviguer dans la tempête qu’il vient de déclencher. À la décharge du premier ministre canadien, il faut bien dire que c’est Donald Trump qui avait commencé le premier à déchaîner les éléments et à provoquer des vagues.

Oubliez les 49 000 véhicules chinois qui échapperont à la surtaxe de 100 % imposée jusqu’ici par le Canada et pourront donc être vendus chez nous à bas prix. Ils représentent une goutte d’eau (moins de 3 % du marché) par rapport aux 1,85 million de véhicules vendus en 2024 au pays.

La véritable nouvelle se trouve dans cette phrase du communiqué publié par le bureau de Mark Carney vendredi.

« On s’attend à ce que, d’ici trois ans, cet accord stimule considérablement les nouveaux investissements chinois dans des coentreprises au Canada […]. »

Ottawa prévoit ainsi que d’ici cinq ans, plus de 50 % des véhicules issus des partenariats Canada-Chine seront électriques et offerts à moins de 35 000 $.

Ça, ce sont des changements majeurs.

Comment les constructeurs américains réagiront-ils à cette alliance canado-chinoise dans le secteur automobile ? Cela aidera-t-il ou nuira-t-il aux négociations avec l’Oncle Sam ? Bien malin qui peut le prévoir.

Mais le président américain, Donald Trump, avait déjà semé la panique la semaine dernière en affirmant que les États-Unis « n’ont pas besoin des voitures construites au Canada ». Dans le contexte, on peut difficilement reprocher à Mark Carney de se tourner vers un autre partenaire. À la surprise générale, Trump l’a admis lui-même.

« C’est correct. C’est ce qu’il doit faire. C’est une bonne chose pour lui de signer un accord commercial. Si vous pouvez conclure un accord avec la Chine, vous devriez le faire », a-t-il déclaré en parlant de Mark Carney. Preuve qu’il n’est pas simple d’y voir clair, des membres de l’administration américaine ont au contraire affirmé que le Canada allait « regretter » cette entente.

On peut aussi se demander si la filière batterie québécoise, ébranlée mais toujours en développement depuis la chute de Northvolt, pourra tirer profit de ces nouvelles occasions. Si j’étais le gouvernement du Québec, je pousserais fort pour que ça fasse partie des ententes, en tout cas.

À cela s’ajoutent les enjeux éthiques de faire affaire avec la Chine, qui recourt au travail forcé. Bref, ce dossier est une véritable boîte de Pandore dans laquelle les questions économiques, politiques, environnementales et morales s’entrecroisent.

La seule chose qui est claire actuellement, c’est que le marché sera bouleversé. Et pour ça, les constructeurs nord-américains n’ont qu’eux à blâmer.

Cela fait des années que les Asiatiques, mais aussi les Européens, bénéficient de véhicules électriques bon marché. Mon collègue Alain McKenna rappelait récemment que les Européens peuvent choisir parmi une dizaine de modèles de véhicules électriques sous la barre des 30 000 euros (45 000 $ CAN). Ici ? Selon Daniel Breton, PDG de Mobilité Électrique Canada, il n’y a que la Fiat 500 électrique qui se faufile sous ce prix.

C’est sans parler de la Chine, où certains véhicules électriques se vendent pour moins de 15 000 $ CAN.

La stratégie d’offrir principalement de gros véhicules chers tout en réclamant que le gouvernement bloque les véhicules bon marché venus d’ailleurs était condamnée à exploser tôt ou tard. Le monde se tourne vers l’électrique et il est impossible de résister indéfiniment aux tendances.

Maintenant qu’Ottawa promet de collaborer avec la Chine pour construire des véhicules électriques abordables, on peut espérer que les constructeurs de Detroit et de Windsor réagiront en offrant aussi de tels modèles.

Le résultat, ce seront plus de dollars dans les poches des Canadiens. Normand Mousseau, directeur scientifique de l’Institut de l’énergie Trottier, rappelle que les Québécois achètent près de 500 000 véhicules neufs par année. Faites-leur réaliser des économies de 10 000 $ par véhicule et on vient soudainement de dégager 5 milliards de dollars annuellement.

Au bout de 10 ans, le professeur Mousseau calcule que les Québécois feraient des économies de 10 milliards chaque année en carburant s’ils se tournaient exclusivement vers des véhicules électriques.

« On parle d’argent qui va actuellement à l’étranger et qui resterait ici », dit-il.

Il faut aussi rappeler que les émissions de GES du transport routier ont bondi de 23 % au Québec entre 1990 et 2022 et représentent 32 % de notre bilan, ce qui en fait le secteur le plus polluant. Nous avons besoin d’outils pour abaisser ces émissions. Les véhicules électriques sont loin d’être la seule solution, mais ils représentent un morceau essentiel. Pour l’instant, ils sont trop chers pour être adoptés en masse.

La décision de Mark Carney d’ouvrir le marché de l’automobile canadien à la Chine vient ébranler l’ordre établi dans l’industrie de l’automobile canadienne, mais elle fait aussi miroiter des occasions. Et tant les consommateurs que l’environnement apparaissent déjà comme les grands gagnants.

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Il faudrait que nos grandes villes commencent à installer pas mal de bornes si on veut que les milliers de propriétaires de voitures qui se stationnent dans les rues aient envie de s’en acheter un…

Il va aussi falloir que l’on construise des centrales. Les hydrocarbures représentent plus de 40% de l’énergie consommée au Québec. Dans l’état des choses, HQ ne serait absolument pas capable de fournir si l’on arrivait à convertir ne serait ce que 15% de consommation supplémentaire.

la caricature de Chapleau dans la Presse

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Mais une majorité de cette énergie va au transport de marchandises. Si on électrifie 100% des véhicules personnels, c’est environ 25 twh de plus qu’il faudrait produire. Je crois que HQ sera amplement capable d’absorber davantage de véhicules électriques dans les prochaines années, surtout avec son plan 2035.

Je crois que l’enjeu principal sera dans la puissance disponible aux heures de pointe en hiver.

Le Canada a-t-il la capacité électrique d’accueillir des milliers de véhicules électriques supplémentaires ?

La production électrique du pays est suffisante, confirme le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau. Là où le bât blesse, c’est sur le plan des consommations de pointe, qui pourraient devenir trop importantes.

« Si on ajoutait un million de véhicules électriques au Québec et que tout le monde voulait se brancher un vendredi soir quand il fait -5 °C dehors, ça ne fonctionnerait pas », prévient-il.

Avec le tarif flex d, personne n’a intérêt à charger lors des pointes. Il faudrait inciter davantage les gens à opter pour ce tarif. Et l’heure de recharge se configure facilement pour programmer une charge durant la nuit, hors pointe.

Pourtant, -5°C, c’est loin d’être une pointe ! Je ne dis pas à -25°C, mais encore là, c’est de parti d’un cas hypothétique où tout le monde s’achetait une voiture électrique demain matin et les branchaient tous à 17 heures, tous les jours ! Alors que l’entente avec la Chine, c’est 49 000 voitures, un peu moins que ce qui s’est vendu en 2025 avec la disparition des subventions !

Avec ce raisonnement, on pourrait dire qu’il n’y a pas assez de stations services ! Imagine ! 2793 (chiffre de 2016, probablement moins aujourd’hui) stations services à travers la province pour faire le plein de 7 millions de véhicules !! Mais bon, c’est le HEC, pas surpris non plus !