L’ancienne Maison mère des Sœurs de Sainte-Anne, dans l’arrondissement de Lachine (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-André Carignan
Plutôt que de faciliter la reconversion de bâtiments patrimoniaux, les règles du jeu actuelles rendent la tâche plus ardue. C’est ce que déplore Héritage Montréal dans un nouveau rapport.
Prenons l’exemple d’une compagnie qui ferme ses portes et quitte un bâtiment, le laissant vacant. Les autorités déterminent que c’est un bâtiment patrimonial à protéger. Plusieurs années s’écoulent et un organisme qui se cherche de nouveaux locaux découvre le bâtiment libre et compte s’y installer.
Le hic : plusieurs travaux de mise aux normes sont à effectuer en raison du statut patrimonial de l’immeuble, qui se trouve en état de décrépitude avancée, après avoir été laissé vacant trop longtemps.
Le projet de reconversion est finalement abandonné.
Ce scénario n’est pas rare, souligne Héritage Montréal. Cet organisme privé sans but lucratif œuvre à protéger et à promouvoir le patrimoine architectural, historique, naturel et culturel de la grande région métropolitaine de Montréal, selon son site web.
Après des consultations pendant deux ans avec des acteurs issus des milieux professionnels, municipaux, communautaires et institutionnels, l’organisme publie un rapport intitulé Requalifier le patrimoine : de l’urgence à l’opportunité, dans la foulée de son 50e anniversaire.
Dans le scénario évoqué plus haut, les mécanismes de protection du patrimoine ont rempli leur mission : ils ont empêché la destruction d’un bâtiment patrimonial. Mais ils ont également participé à freiner la reconversion d’un édifice qui aurait pu profiter d’une nouvelle vie, comme c’est souvent le cas aujourd’hui.
Selon les estimations d’Héritage Montréal, les immeubles patrimoniaux se comptent par dizaines de milliers au Québec.
Cadre restrictif
Une mentalité à changer
“Le patrimoine, c’est souvent coloré “c’est compliqué, c’est cher et c’est un peu du luxe”” poursuit Taïka Baillargeon.
Cette perception serait erronée, selon Héritage Montréal. L’organisme estime que le calcul des bénéfices de reconversion d’un bâtiment ne doit pas s’arrêter aux coûts des travaux et des matériaux. Les retombées qui surviennent une fois le bâtiment reconverti doivent également être prises en compte.
Aux yeux de Héritage Montréal, tout le monde sortirait gagnant de facilité les démarches de “requalification”. Pourtant, pour le moment, “personne ne veut toucher à ça”, admet Taïka Baillargeon. Elle attend toujours des “champions” pour porter le dossier.
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