Quartier Lachine-Est – Projet global

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Le territoire du quartier Lachine-Est est composé d’un secteur industriel dévalorisé de 60ha situé à l’ouest des rails du CP et au nord du canal Lachine, à proximité de la station Du Canal du train de banlieue. La ville et l’arrondissement veut le revaloriser pour accueillir un quartier mixte d’environ 7400 logements (15 000 personnes) avec commerces et services, tout en respectant le patrimoine industriel et archéologique.

Dossier de documentation de l’OCPM

Liste des projets :
Gare du Canal

Images

Promenade des Sulpiciens

Malgré avoir écris Lachine dans l’outil de recherche, je n’avais pas trouver ce sujet.

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à l’émission Le 15-18 la semaine dernière

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Les dates de consultations OPVM pour le PPU Lachine-Est sont annoncés.

Séance d’information le 28 mars.
Questions et réponses 12 avril.
Audition d’opinions 10 mai.

https://ocpm.qc.ca/fr/PPU-lachine-est

La session d’information du OPVM a eu lieu hier.

Présentation sur PPU Écocartier Lachine-Est

Enregistrement

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Le rapport de l’OCPM a été publié aujourd’hui

Texte complet

L’OCPM recommande une réduction des hauteurs à Lachine-Est


*Page Facebook de l’OPCM *
Lachine-Est est un secteur industriel en déclin que la Ville veut développer afin d’y créer un écoquartier comportant des logements, des commerces et des lieux d’emploi.

Jeanne Corriveau
18 h 09

La hauteur maximale des immeubles du futur écoquartier Lachine-Est devrait être limitée à huit étages, et non à quinze, estime l’Office de consultation publique de Montréal dans un rapport rendu public mercredi. L’organisme est avis que la Ville devrait aussi prévoir davantage d’écoles dans le périmètre du site qui, à terme, pourrait compter jusqu’à 7400 logements.

Lachine-Est couvre un territoire de 60 hectares situé aux abords du canal de Lachine et à proximité du Vieux-Lachine. Il s’agit d’un secteur industriel en déclin que la Ville veut développer afin d’y créer un écoquartier comportant des logements, des commerces et des lieux d’emploi. Des 7400 logements envisagés, 1200 seraient des logements sociaux et entre 500 et 600 seraient des logements abordables. Les espaces verts et les parcs devraient occuper 22 % de la superficie du site à développer.

Dans le cadre de consultations menées au printemps dernier, l’Office a été confronté à deux visions opposées. D’un côté, des citoyens ont fait valoir que les hauteurs maximales proposées dans le Programme particulier d’urbanisme (PPU), soit quinze étages, n’étaient pas compatibles avec l’idée d’un quartier « à échelle humaine » et en rupture avec les secteurs environnants. Pour leur part, les propriétaires et promoteurs ont plutôt réclamé des hauteurs plus élevées, jusqu’à 20 étages, afin d’assurer la rentabilité des projets compte tenu des coûts considérables liés à la décontamination des terrains.

L’OCPM recommande toutefois de limiter les hauteurs à un maximum de huit étages « de façon à protéger la vue sur le canal de Lachine et les gabarits dans les quartiers avoisinants, tout en poursuivant l’objectif d’une densification à échelle humaine ».

Malgré la recommandation de l’OCPM, la mairesse de l’arrondissement de Lachine, Maja Vodanovic, n’écarte pas la possibilité que des tours de 15 étages soient autorisées à certains endroits sur le site, notamment en bordure de chemin de fer du Canadien Pacifique (CP). « Mais ça ne sera pas donné automatiquement », prévient-elle.

Des terrains contaminés

L’arrondissement compte ainsi mettre en place un mécanisme pour conserver un contrôle sur le développement à venir, mais l’élue convient que la décontamination des terrains est un enjeu important pour les promoteurs. « Pour certains, la décontamination va coûter entre 20 et 30 millions. Le coût est substantiel. Mais je veux faire la preuve qu’on peut construire quelque chose de bien sur des friches à l’intérieur de Montréal afin qu’on n’aille pas développer dans des forêts et des terres agricoles autour [de la ville]. »

Le projet prévoit aussi l’implantation d’une école primaire sur un terrain acquis par le Ville le long de la rue Victoria. Ce terrain accueillera également un centre sportif et communautaire. L’Office estime cependant que la Ville doit déjà évaluer la nécessité de construire une autre école primaire ainsi qu’une école secondaire.

Maja Vodanovic convient que d’autres terrains pourraient être requis pour des écoles, mais de telles acquisitions sont coûteuses pour la Ville qui doit aussi assumer la décontamination des sols, souligne-t-elle. Cet enjeu fait d’ailleurs partie des demandes faites par la mairesse Plante dans le cadre de la campagne électorale provinciale. À l’instar d’autres villes québécoises, Montréal souhaite que Québec assume les coûts d’achat des terrains nécessaires à la construction d’écoles.

Transport collectif

L’enjeu du transport collectif est aussi considéré comme crucial pour la création d’un écoquartier. Le PPU évoque un « mode de transport structurant » dans l’axe de la rue Victoria pour relier Lachine-Est au centre-ville de Montréal, mais il ne précise pas quel type de transport est privilégié. L’Office recommande donc à la Ville s’entreprendre les démarches nécessaires pour que ce projet puisse voir le jour.

À ce sujet, Maja Vodanovic rappelle que le gouvernement du Québec a déjà promis un montant de 800 millions de dollars pour un lien vers le centre-ville après que Montréal eut consenti à ce que la Ville de Québec utilise sa part de fonds fédéraux pour son tramway. Ce qu’espère la mairesse Vodanovic, c’est que l’option du tramway entre Lachine et le centre-ville soit retenue.

Dans son rapport, l’OCPM aborde aussi la question du patrimoine. Plusieurs bâtiments et infrastructures témoignant du passé industriel sont toujours présents dans ce secteur. Lors des consultations, des promoteurs se sont d’ailleurs inquiétés de la « muséification » de certains bâtiments considérés d’intérêt patrimonial.

La recommandation faite par l’Office s’attarde plutôt au tracé de la promenade des Sulpiciens qui risque de réduire la taille des îlots situés au sud du boulevard Saint-Joseph et rendra difficile la planification d’un ensemble.

Maja Vodanovic prévient que les travaux de construction pour développer le site de Lachine-Est pourraient s’étendre sur 20 ans. Plusieurs étapes devront d’ailleurs être franchies avant que les premiers immeubles voient le jour. Les terrains devront d’abord être décontaminés et équipés d’infrastructures d’aqueducs et d’égouts, dit-elle.

Texte complet

Rapport de consultation sur le PPU de Lachine-Est : limiter les hauteurs à 8 étages, protéger le Canal de Lachine & mieux planifier le transport collectif

24 août 2022
Karine Joly

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) vient de publier son rapport final, incluant 15 recommandations, sur le Programme particulier d’urbanisme (PPU) de l’écoquartier de Lachine-Est. Ce PPU établit les grandes balises en matière de hauteur, densité et aménagements de ce quartier du futur qui va sortir de terre en bordure du canal Lachine, à la place des friches industrielles, d’ici 2050.

Une consultation publique sur le futur de Lachine-Est qui a mobilisé

Lancée en mars 2022, cette consultation sur ce plan fondateur était la dernière étape du processus de concertation débuté en 2015 avec le Sommet de Lachine. L’occasion pour la population, les organismes communautaires mais aussi les promoteurs de faire entendre leurs opinions et commentaires sur le PPU de Lachine-Est avant que les élus de la Ville de Montréal ne l’adoptent, avec ou sans modifications.

Le conseil de Ville n’a ainsi aucune obligation de suivre les 15 recommandations du rapport que lui a transmis l’OCPM le 10 août, deux semaines avant de le rendre public, comme l’avait précisé la présidente de la commission, Francine Simard, le 28 mars.

“Nous prenons bonne note de l’ensemble des recommandations qui nous permettront de bonifier le document de planification du secteur”, a souligné la mairesse de l’arrondissement de Lachine, Maja Vodanovic, en réponse à nos questions, tout en se réjouissant “de l’accueil très favorable du PPU par la société civile.”

Un accueil favorable du PPU, mais de nombreuses préoccupations à prendre en compte

Après avoir analysé près de 600 opinions sous forme de mémoires, d’interventions lors des séances publiques ou de réponses à leur questionnaire en ligne, les commissaires de l’OCPM constatent dans leur rapport de 76 pages que le PPU de Lachine-Est “fait globalement consensus, à la fois sur sa pertinence, sur ses objectifs et sur les grandes lignes de son contenu”. Mais, le rapport souligne aussi que “les préoccupations soulevées et les attentes exprimées au cours de la consultation sont néanmoins nombreuses”.

La densité plus importante, les hauteurs permises, l’absence de plan précis pour le transport collectif autour duquel se bâtit habituellement un écoquartier et les connexions avec les quartiers avoisinants figurent parmi les enjeux d’importance pour la communauté lachinoise, des enjeux qu’il faudrait prendre en compte avant d’adopter le PPU de Lachine-Est selon le rapport de l’OCPM.


Carte de la zone du futur écoquartier de Lachine-Est – Crédit photo : Google Maps + NDI

Lachine-Est ?
La zone se situe entre le canal Lachine, l’emprise du CP, la rue Victoria et la 6e avenue à Lachine

Limites de hauteur à Lachine-Est : 15 étages, c’est trop ou… pas assez

Pour les hauteurs autorisées dans le PPU, l’OCPM alerte que “les nombreux commentaires reçus amènent la commission à conclure que l’acceptabilité sociale est loin d’être acquise en ce qui a trait aux hauteurs proposées dans le PPU, lesquelles peuvent aller jusqu’à 15 étages”. Tout comme le Conseil du patrimoine de Montréal et le Comité Jacques-Viger l’avaient déjà souligné dans leur avis commun du 22 juillet, la construction d’immeubles de quinze étages en bordure du canal de Lachine préoccupe l’OCPM.

Interrogée sur ce point Mme Vodanovic rappelle que le PPU prévoit “une modulation des hauteurs avec une moyenne de 8 étages afin de créer une forme urbaine dynamique avec des bâtiments de typologie variée” et des percées visuelles vers le Canal.

Si l’acceptabilité sociale des tours à 15 étages fait défaut, le rapport de l’OCPM révèle que les limites de hauteur proposées dans le PPU ne font pas l’affaire de certains promoteurs non plus.

“Quelques promoteurs, quant à eux, insistent sur le fait que la mixité sociale en matière d’offre de logements pourrait être compromise par les limitations des hauteurs imposées dans le PPU” peut-on ainsi lire dans le rapport de consultation. Ces derniers préconisent d’aller jusqu’à 20 étages. Selon le rapport, 1200 des 7400 logements que prévoit le PPU pourraient être des logements sociaux auxquels s’ajouteraient 500 à 600 logements abordables, une application directe du Règlement pour une métropole mixte (RMM). Les commissaires insistent sur le fait que “la construction des logements sociaux et abordables doit se réaliser in situ”, c’est à dire dans le quartier de Lachine-Est.

Un plan encore flou sur le point essentiel du transport collectif à Lachine-Est

À propos du flou entourant l’intégration du transport structurant dans le PPU de Lachine-Est, le rapport de consultation fait remarquer que “l’Ordre des Urbanistes du Québec appelle la Ville à ajuster le PPU et surtout sa mise en œuvre en fonction de l’évolution du projet de transport structurant, voire à entamer une remise en question du PPU si le projet de transport collectif ne se concrétise pas.”

Cet avis est partagé par l’organisme Labo Climat Montréal, également cité dans le rapport de consultation : « il n’y a rien de concret sur l’amélioration à court terme des infrastructures et services de transport collectif. Même si nous savons que cela dépend d’autres organisations que la Ville de Montréal, le fait que les acteurs de la mobilité et du transport ne présentent pas davantage les projets en cours est une grande lacune dans les possibilités de planifier un écoquartier durable qui réduit la dépendance à la voiture».

Sur la question du transport structurant, la ligne rose, la mairesse de Lachine se veut rassurante. Elle confirme dans son courriel que “le travail avance à bon train et [que] l’échéancier préliminaire prévoit le dépôt du dossier d’opportunité en 2023”. Le PPU de Lachine-Est devrait déjà être adopté à ce moment-là.

L’illustration du haut de la page est une composition d’une photo du canal Lachine à l’entrée est de Lachine et de la carte présentant les densités et hauteurs maximales proposées dans le PPU de Lachine-Est provenant de la présentation de la Ville de Montréal.

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I guess Louvain was a fluke.

De friche industrielle à écoquartier, l’immense défi qui attend Lachine-Est

L’Office de consultation publique de Montréal (OPCM) recommande une hauteur maximale de huit étages pour les constructions à venir, ce qui ne sera pas possible, dit la mairesse de l’arrondissement de Lachine.


La Ville de Montréal veut faire des quelque 64 hectares du secteur Lachine-Est un écoquartier doté de 7400 logements.
PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

Anne Marie Lecomte
Publié à 4 h 00

Faire un écoquartier du secteur industriel en déclin qu’est Lachine-Est, tel est le projet auquel l’Office de consultation publique de Montréal (OPCM) consacre tout un rapport. De la hauteur des tours à condos au transport collectif, en passant par la lutte contre le réchauffement climatique, les défis sont nombreux et les attentes, très grandes.

Dévoilé cette semaine, le rapport de l’OPCM formule 15 recommandations à la Ville de Montréal pour bonifier le programme particulier d’urbanisme (PPU) destiné à transformer ces 60 hectares de friche industrielle en écoquartier. Ce secteur du sud-ouest de l’île, et distant d’à peine 12 km du centre-ville, avoisine le Vieux-Lachine, et s’étale de la 6e Avenue aux voies du Canadien Pacifique (CP).

Au terme de consultations publiques menées au printemps dernier, l’Office recommande à l’arrondissement et à la Ville de clarifier :

  • l’intégration de cet écoquartier aux quartiers adjacents et au reste de la métropole;
  • le plan de transport collectif qui est, pour le moment, tout à fait embryonnaire.

L’OCPM recommande aussi d’y maintenir les emplois existants, d’y établir un réseau de centres de la petite enfance (CPE) ainsi qu’une deuxième école primaire et une école secondaire, et de discuter avec Parcs Canada pour mettre en valeur le canal de Lachine et ses abords au bénéfice de tous.

En clair, un gros programme.


Pour concevoir le projet d’écoquartier, la Ville de Montréal et l’arrondissement de Lachine ont créé l’Atelier Lachine-Est, auquel participent des promoteurs et des organismes communautaires.
PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

J’étais là durant les trois séances [de consultation] et j’ai tout écouté ce qui s’est dit, affirme Maja Vodanovic, mairesse de l’arrondissement de Lachine. Ce rapport reflète vraiment ce qu’on a entendu et ça bonifie le projet.

Dix-huit organismes et des citoyens ont transmis leur point de vue à l’Office; par exemple, 450 personnes ont répondu à un questionnaire en ligne. Il s’agissait de la deuxième consultation sur l’avenir de Lachine-Est, la première ayant été menée en amont, en 2019.

La construction de 7400 logements est prévue, dont 1200 logements sociaux et jusqu’à 600 logements abordables.

Certains promoteurs veulent construire des immeubles d’habitation de 20 étages, ce que rejettent des citoyens. Selon l’OCPM, la hauteur des immeubles devrait être limitée à huit étages au maximum pour protéger la vue sur le canal de Lachine et les gabarits dans les quartiers avoisinants.

Mais ce ne sera pas possible, prévient Maja Vodanovic, qui dit qu’une moyenne de huit étages sera permise pour des raisons de rentabilité. L’arrondissement va contrôler la construction de manière à ce que les immeubles en hauteur soient érigés à des endroits stratégiques, là où on sait que ça ne cache pas la vue.

On veut pouvoir faire des modulations à l’intérieur du projet, explique la mairesse d’arrondissement : deux étages, quatre étages, six étages, huit étages…

Un lourd passé industriel


Vue aérienne de Lachine-Est, du fleuve Saint-Laurent et du pont Honoré-Mercier : pour transformer ce secteur en écoquartier, un forum citoyen a été tenu en 2018 et des consultations ont été menées par l’Office de consultation publique de Montréal en 2019, puis en 2022.
PHOTO : COURTOISIE - ARRONDISSEMENT DE LACHINE / PHOTO OFFERTE PAR L’ARRONDISSEMENT DE LACHINE

Les promoteurs, dit-elle, ne peuvent pas juste faire des petits bâtiments, du fait qu’ils devront décontaminer les sols. Et ça coûte une fortune, affirme Mme Vodanovic. Sur certains terrains, ça peut coûter entre 20 et 30 millions de dollars juste en décontamination.

« Ce sont des sols qui sont parmi les plus contaminés au Canada. C’était de l’industrie lourde à cet endroit-là. »

— Une citation de Maja Vodanovic, mairesse de l’arrondissement de Lachine

Lachine, c’est l’ancienne cité du fer et de l’acier. À la moitié du 19e siècle, l’élargissement du canal de Lachine et la venue du chemin de fer attirent de grosses usines : la Dominion Bridge, qui a construit le pont Jacques-Cartier, la Allis-Chalmers, qui faisait de la machinerie, la Stelfil, qui faisait… des fils.

Bâtiments et infrastructures, voilà ce qui reste de ce passé assez lourd, comme le dit Maja Vodanovic. La Ville veut peupler et verdir ce secteur dévitalisé dans les meilleurs délais et les meilleurs termes possibles, dit-elle.

Près du quart de la superficie de ce quartier en devenir sera voué aux espaces verts, aux parcs et aux places publiques. Le reste sera consacré à l’activité économique et institutionnelle, puisqu’on y construira une école primaire et un centre sportif et communautaire.

Une transformation extrême : En ce moment, c’est juste industriel, décrit Maja Vodanovic. On est comme il y a 20 ans à Griffintown.

La majorité des terrains visés appartiennent à des propriétaires privés avec lesquels la Ville doit s’entendre. Pour élaborer le PPU, la Ville et l’arrondissement ont rassemblé des développeurs, des propriétaires, des organismes communautaires. Cette forme de gouvernance, appelée l’atelier Lachine-Est, a permis de travailler ensemble autour d’une même table, dit Maja Vodanovic.

Des infrastructures vertes


Le projet d’écoquartier prévoit consacrer 22 % du secteur aux espaces verts et d’ajouter près de 3 km au réseau existant de pistes cyclables.
PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

Lachine-Est est un laboratoire à plusieurs égards, selon des chercheurs et professeurs du Labo Climat Montréal, qui a étudié ce projet de réaménagement.

Labo Climat Montréal s’intéresse à l’adaptation aux changements climatiques, un défi vital. Or, les infrastructures pour sortir les eaux usées et pluviales de Lachine-Est avaient été conçues pour l’industrie, et non pour un développement dense et une population élevée, comme ce sera le cas avec l’écoquartier, explique Sophie L. Van Neste, chercheuse au Labo Climat Montréal.

De plus, les réseaux d’égouts débordent à Montréal lors de fortes pluies, explique-t-elle, et les eaux usées vont directement au fleuve, le polluant. Une situation qui s’aggrave avec l’augmentation des précipitations liées aux changements climatiques.

Point positif, ils ont décidé, à Lachine-Est, d’investir dans des bassins de surface et des aménagements végétalisés, qui retiennent les eaux de pluie et améliorent le quartier, approuve Sophie L. Van Neste […] Ces “infrastructures vertes” contribuent à gérer les eaux pluviales et permettent une adaptation aux changements climatiques.

Point négatif relevé par Labo Climat Montréal : le PPU ne prévoit pas suffisamment de moyens de lutter contre les problèmes d’îlots de chaleur, de chaleur accablante et de vagues de chaleur, qui vont en s’accroissant.


Les infrastructures destinées à recueillir les eaux pluviales ont été conçues pour l’industrie à Lachine-Est. Le futur écoquartier sera équipé d’infrastructures vertes pour mieux gérer les eaux pluviales et lutter contre les changements climatiques, les épisodes de chaleur accablante et les îlots de chaleur.
PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

« Les secteurs périphériques aux friches industrielles sont souvent habités par des populations marginalisées et défavorisées, les loyers étant moins élevés et le cadre de vie, parfois moins intéressant. C’est le cas des abords de Lachine-Est, directement au nord, ainsi que dans le quartier Saint-Pierre. »

— Une citation de Extrait du mémoire présenté par Labo Climat Montréal à l’OCPM sur le PPU de Lachine-Est

De plus, Labo Climat Montréal et l’OPCM s’entendent pour dire qu’il faut harmoniser le projet avec les quartiers avoisinants, notamment pour contrer l’éco-embourgeoisement.

« L’idée serait de développer un écoquartier qui s’intègre au reste de Lachine et non une éco-enclave pour riches. »

— Une citation de Extrait du rapport de l’OCPM sur le PPU de Lachine-Est

Il faut, aussi, concrétiser les plans en transport collectif, afin de relier Lachine-Est au centre-ville de Montréal.

Un plan réaliste

Le réaménagement du secteur Lachine-Est nécessitera des décennies de travaux. D’ici là, le PPU sera soumis au conseil municipal de Montréal début 2023 au plus tard, et un travail de changement de réglementation s’ensuivra.

Les nouvelles constructions qui peuvent d’ores et déjà se brancher sur les égouts pourront démarrer dès l’obtention de leur permis. Les autres, pour lesquelles il faut développer l’infrastructure, pourront commencer d’ici trois ans, selon la mairesse Vodanovic.

Le péril associé à un tel projet, c’est de voir trop grand, explique Mme Vodanovic : Plusieurs endroits au Québec ont élaboré un plan trop idéaliste que les promoteurs n’ont pas été capables de réaliser.

Faisons quelque chose de réaliste, qui marche […], pour qu’il puisse être reproductible, insiste-t-elle.

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Question pour ceux qui connaissent le fonctionnement de l’OCPM. Les contraintes techniques des PPU qu’ils analysent leur sont-elles communiquées quand la Ville ou ses arrondissements lui passent le flambeau. Je ne sais pas si c’est l’auteur qui résume mal cette recommandation, mais j’ai l’impression que, si ces contraintes financières avaient été prises en considération, l’office aurait recommandé de contrôler le nombre, l’emplacement, la forme et l’aménagement des édifices de plus de 8 étages au lieu de simplement les éliminer. Ou encore, j’imagine qu’elle aurait pu indiquer être consciente des enjeux de rentabilité, mais ne pas être en mesure de valider que rien ne peut être fait pour rentabiliser ces hauteurs.

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Ah of course, OCMP killing the potential of projects by recommending more restrictions, which further delays projects, increases costs and that passes down to consumers, when we need more housing now to flood the market, build more and reduce prices. I know so many developers who want to offer lower cost housing for everyone, but can’t due to all these restrictions… Such a shame.

Pour être précis, L’OCPM ne tue rien. L’organisme joue un rôle consultatif et non décisionnel.

Les recommendations sont une synthèse des commentaires émis lors des consultations. L’administration est libre de suivre ou non ces recommendations. Comme dans ce cas présent, l’arrondissement reconnaît qu’il faudra plus de hauteur que ce qui est recommandé pour assurer la rentabilité des projets et ne suivra donc pas à la lettre la recommendation.

Cependant, c’est certain qu’il est difficile dans une démocratie de complètement ignorer la volonté de la population (ou du moins celle qui fait le moindre effort à s’exprimer). L’enjeu sera toujours là. Si les promoteurs sont si désireux de baisser leurs propres prix, ce qui est admirable et désirable, il y a peut-être une meilleure communication à faire, démontrer en chiffre ces baisses, parce que je suis certain que ce n’est pas du tout la perception du public.

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Le berceau industriel où on rêve d’un écoquartier

Situé à 11 kilomètres du centre-ville de Montréal, le secteur est de Lachine – berceau de l’industrialisation canadienne – est en voie d’être converti. Signe des temps, sur les vestiges de cette ancienne cité de fer et d’acier, on rêve maintenant de tramway, d’écoquartier et de 7400 logements.

Louise Leduc

La proximité de pistes cyclables, du fleuve et du parc René-Lévesque a convaincu Alain Sanscartier et sa conjointe de s’installer dans l’est de Lachine. C’est même à vélo qu’il s’est souvent rendu travailler dans l’arrondissement de Saint-Laurent cet été, même s’il devait passer par des rues industrielles pas très bucoliques. « En autobus, ça me prendrait 1 h 30 min. En vélo, ça me prenait 55 minutes. »

C’est également parce que Lachine lui est apparu très « vélo » que Michel Lachance s’y est installé, lui aussi dans sa partie est, tout près du canal de Lachine. Ce jour-là, il partait d’ailleurs vers le circuit Gilles-Villeneuve, dans l’île Notre-Dame, comme il va fréquemment rouler du côté de la voie maritime et de l’écluse Côte-Sainte-Catherine.

Alain Sanscartier et Michel Lachance comptent parmi les tout premiers résidants d’un quartier qui n’existe pas encore, sur la petite portion du secteur Lachine-Est qui a déjà été décontaminée.

Le tramway, « un consensus »

L’essentiel de la décontamination reste à faire, et c’est presque une chance, lance, un brin ironique, Henri Chevalier, directeur général de la Corporation de développement économique communautaire de LaSalle-Lachine.

Cela laisse encore du temps « pour bien faire les choses », dit-il.

Car comme l’explique M. Chevalier, il y a là « un patrimoine industriel à mettre en valeur », tout près de vieilles pierres (Lachine ayant été le haut lieu du commerce de la fourrure) et d’un bord de l’eau particulièrement réussi, souligne-t-il aussi.

Il faut donc « saisir l’occasion » de créer un beau quartier, d’autant que la réfection de l’échangeur Saint-Pierre n’est pas encore commencée et qu’un espace en dessous peut encore être réservé pour un éventuel tracé de tramway.

Dont tout le monde veut.

« Il y a un consensus voulant que le tramway soit le mode de transport à favoriser. D’ailleurs, plusieurs en font une condition préalable au succès du projet d’écoquartier », est-il écrit dans le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal rendu public en août.

Si Lachine est très bien desservi en pistes cyclables, pour les transports en commun, c’est tout le contraire. La station de métro la plus proche est deux arrondissements plus loin (Angrignon, dans le Sud-Ouest) et le REM ne passera ni à Lachine ni à LaSalle.

Maja Vodanovic, mairesse de Lachine, ne cache pas en entrevue son « parti-pris pour le tramway », et elle dit rêver déjà d’une station qui s’appellerait « Lachine-sur-le-Lac », mais elle ajoute qu’elle laisse l’Autorité régionale de transport métropolitain « faire son travail ».

Comme à Strasbourg, surtout pas comme dans Griffintown

Le modèle à suivre : la ville de Strasbourg (dotée d’un tramway et de 33 écoquartiers), avec laquelle Lachine a établi un partenariat.

L’exemple à éviter à tout prix ? Griffintown. Alors oui, une école primaire est prévue, tout comme un complexe communautaire et sportif.

Mais édifices en hauteur il y aura, jusqu’à 15 étages le long du chemin de fer, selon ce que souhaite la Ville, qui le justifie notamment par des coûts élevés de décontamination. Mais en moyenne, les édifices auront huit étages, avec une volonté d’éviter tout effet mur et de préserver les vues sur le canal de Lachine, explique Robert Beaudry, responsable de l’urbanisme au conseil exécutif de Montréal.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Robert Beaudry, responsable de l’urbanisme au conseil exécutif de Montréal, et la mairesse de Lachine, Maja Vodanovic

Le fait que la Ville et l’arrondissement ne soient pas propriétaires des terrains – ils appartiennent à quatre promoteurs – ne pose pas problème aux yeux des élus. « On a les outils, les règlements d’urbanisme pour planifier le développement », fait observer M. Beaudry.

Par contre, les citoyens devront baisser leurs attentes quant à la plage à venir tout près de l’écoquartier et du parc René-Lévesque. Ça ne sera pas une « plage » avec du sable comme à Verdun, précise Maja Vodanovic.

« Il y aura des quais de baignade, c’est de l’eau profonde. Il faut voir cela davantage comme de la baignade en rivière, comme on en voit dans certaines villes », illustre la mairesse.

Quand prévoit-on que tout cela se fera ? La décontamination étant importante et les égouts, le réseau de distribution d’eau et les rues devant être faits, le cap est mis sur 2026.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le parc René-Lévesque, à Lachine

À l’écoute

Toutes les personnes interviewées ont souligné jusqu’ici l’écoute des élus. « Il y a une volonté de bien faire les choses », note Henri Chevalier, de la Corporation de développement économique communautaire de LaSalle-Lachine.

Depuis 2015, les citoyens sont largement consultés et entendus, relève aussi Myriam Grondin, directrice de Concert’Action Lachine, qui regroupe une cinquantaine de membres (citoyens et organismes locaux confondus). « Ça ne s’était jamais vu, d’avoir autant la chance de donner notre opinion et qu’elle soit prise en compte. On a travaillé sur des plans, de concert avec des urbanistes. On sentait qu’on était entendus. »

Jean-François Lefebvre, qui est entre autres membre fondateur du Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (le GRAME), parle même d’« un changement de mentalité ».

Et les citoyens doivent continuer d’être entendus, insiste M. Lefebvre. « Il faut réitérer très clairement que la communauté veut un tramway, un mode de transport fiable, confortable et silencieux qui offre des passages fréquents. Partout où il y en a un, les gens sont prêts à marcher un peu plus pour y monter. »

Sans tramway, l’écoquartier n’aurait pas de sens, selon M. Lefebvre.

Il plaide aussi beaucoup pour que Lachine mise sur la géothermie. Et il n’est pas le seul.

« La commission a constaté un large refus de recourir à l’énergie provenant de sources fossiles, y compris le gaz naturel, peut-on aussi lire dans le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) publié en août. En revanche, certaines sources d’énergies renouvelables, telles la géothermie et l’énergie solaire, ont suscité une large adhésion. »

« Dans un écoquartier, les énergies renouvelables doivent être privilégiées », insiste l’OCPM.

EN SAVOIR PLUS

  • 22 %
    Proportion des espaces verts et parcs prévus dans le futur écoquartier
    SOURCE : OFFICE DE CONSULTATION PUBLIQUE DE MONTRÉAL

  • 1200
    Nombre de logements sociaux envisagés (en plus de 500 à 600 logements dits abordables)
    SOURCE : OFFICE DE CONSULTATION PUBLIQUE DE MONTRÉAL

  • 35
    Nombre de mémoires déposés à l’Office de consultation publique de Montréal sur le secteur est de Lachine
    SOURCE : OFFICE DE CONSULTATION PUBLIQUE DE MONTRÉAL

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