Port de Québec - Discussion générale

Discussion et actualités sur les installations et activités du Port de Québec et ses divers secteurs (Vieux-Port, Anse au Foulon, Pointe-à-Carcy…)


Photo de Chels Lin sur Unsplash

9 novembre 2020 3h00 Mis à jour à 4h00

Le mardi 10 novembre

La députée de Louis-Hébert, vice-première ministre du Québec, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault # Laurentia: il est temps d’être ambitieux pour QuébecGeneviève Guilbault Vice-première ministre du Québec, ministre responsable de la Capitale-Nationale POINT DE VUE / Tous les gouvernements sur la planète cherchent des projets novateurs et structurants pour relancer l’économie. Nous ne faisons pas exception. Notre premier ministre nous le rappelle régulièrement: nous devons créer de la richesse au Québec.

Ici, dans notre capitale nationale, nous avons la chance de pouvoir miser sur une occasion exceptionnelle, qui est en voie de développement, mais dont la réalisation dépend de processus qui tardent à aboutir. Je fais référence au projet Laurentia.

À titre de ministre responsable de la Capitale-Nationale, le projet Laurentia m’interpelle grandement puisqu’il fera du Port de Québec un maillon important d’une nouvelle route commerciale en Amérique du Nord, pleinement capable de rivaliser avec les États-Unis. Ce genre de possibilité fait l’envie de plusieurs, d’autant plus que la croissance du Port de Québec et les bénéfices qu’elle amènera constituent un legs de grande valeur pour les générations qui nous suivront.

En 2020, nous devons aligner notre développement économique sur nos préoccupations environnementales. Or, Laurentia se veut un terminal de conteneurs entièrement électrifié à la fine pointe de la technologie, synonyme de 7 millions de kilomètres de camionnage en moins sur nos routes sur une base annuelle. Autrement dit, nous réduisons nos émissions de gaz à effet de serre et notre empreinte écologique, tout en créant de la richesse au Québec.

Sur le plan commercial, Laurentia permettra notamment à nos entreprises d’exporter davantage leurs produits, et aux marchés européens et asiatiques d’accéder plus rapidement au Midwest américain, qui est en pleine expansion. À cet égard, la connexion du Port au réseau ferroviaire du Canadien National est de surcroît un avantage notable.

Cet accès réciproque à de nouveaux marchés générera des gains économiques substantiels, tant pour notre région que pour notre nation. De fait, 7000 nouveaux emplois et des retombées de 700 millions $ découleront de la phase de construction, et plus de 1000 emplois permanents et des retombées annuelles de 100 millions $ sont à prévoir lorsque les installations bonifiées seront exploitées. À cela s’ajoutent des économies de 17 millions $ chaque année pour nos importateurs-exportateurs. Il s’agit d’une plus-value majeure dont nos communautés citoyenne et d’affaires ne sauraient se priver.

La valeur du projet du Port de Québec réside en outre dans sa complémentarité avec celui du Port de Montréal. Actuellement, le marché est en croissance et la concurrence est féroce. Entre 2008 et 2019, le trafic maritime sur la côte est nord-américaine a augmenté de 51 %, alors que Montréal a perdu un pourcentage significatif de conteneurs en provenance ou à destination du Midwest. Loin d’être en opposition, les intérêts de notre capitale et de notre métropole seront définitivement mieux servis avec une stratégie provinciale de mise en place d’une nouvelle chaîne d’approvisionnement sur le corridor de notre précieux fleuve Saint-Laurent.

Et pour y parvenir, nous devons tous focaliser vers le même objectif et mettre nos efforts en commun. Notre gouvernement appuie fermement Laurentia, à l’instar du maire de Québec, M. Régis Labeaume; d’une longue liste d’organisations, d’entrepreneurs et de leaders de la Capitale-Nationale; et de nombreuses autres villes et municipalités du Québec, qui voient le potentiel énorme d’un tel projet.

L’ambition doit devenir notre marque de commerce à Québec.

Geneviève Guilbault est députée de Louis-Hébert, vice-première ministre du Québec, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.

Le mardi 10 novembre Laurentia: quand ambition rime avec destruction
Opinions Points de vue

Maquette du projet Laurientia 10 novembre 2020 3h00 Mis à jour à 4h00 # Laurentia: quand ambition rime avec destructionRichard Gagné Sainte-Pétronille POINT DE VUE / En réaction au Point de vue «Laurentia: il est temps d’être ambitieux pour Québec» de Mme Geneviève Guilbault paru le 9 novembre.

Ils ont réussi d’abord à orchestrer la semaine dernière une sortie en règle du maire de Québec et du premier ministre Legault contre le ministre fédéral Jean-Yves Duclos qui se traînerait les pieds dans ce dossier.

Le plaidoyer qui suivait en faveur de Laurentia tenait peu compte de l’environnement et s’accompagnait même d’erreurs évidentes.

La ministre Guilbault, responsable de la Capitale-Nationale, entre aujourd’hui dans la danse en faisant l’éloge de ce projet destructeur et en n’abordant que très brièvement le côté environnemental, en nous servant que ce terminal sera le seul entièrement électrifié.

De la poudre aux yeux

Les porte-conteneurs seront-ils électrifiés aussi comme les trains et camions?

Qu’en est-il de l’empiètement sur le fleuve de 17 hectares de remblaiement, du dragage d’une superficie aussi grande en face pour atteindre la profondeur requise, des voies d’accès terrestres nécessaires et de l’achalandage du camionnage et des convois ferroviaires?

Sans parler de l’altération définitive du paysage de cette Capitale-Nationale dont la ministre se dit si fière et de l’enclavement de la Baie de Beauport.

On se rappellera simplement que le Port de Québec a utilisé tous les recours judiciaires pour se soustraire à une évaluation environnementale du BAPE.

Il est pour le moins paradoxal que des élus du Québec prennent ainsi sa défense.

L’ambition a sa place, mais pas à tout prix!

Le mardi 10 novembre Laurentia: des mots de la ministre plus inquiétants que rassurants
Opinions Points de vue

Geneviève Guilbault 10 novembre 2020 3h00 Mis à jour à 4h00

Laurentia: des mots de la ministre plus inquiétants que rassurants

Keven Imbeault Président de la CADEUL POINT DE VUE / Nous avons bien pris connaissance de la lettre partagée par Mme Geneviève Guilbault, vice-première ministre du Québec et ministre responsable de la Capitale-Nationale, dans les médias en début de semaine, et de son appui au projet Laurentia du port de Québec.

Dans les derniers jours, les étudiantes et étudiants de l’Université Laval ont fait connaître leur opposition au projet, ainsi que les préoccupations qui les animent. Celles-ci et ceux-ci trouvent cependant dans les mots de la ministre plus de raisons de s’inquiéter que de se rassurer.

À lire aussi- # Point de vueLaurentia il est temps dtre ambitieux pour Qubec## Laurentia: il est temps d’être ambitieux pour Québec9 novembre 2020

Tout d’abord, Mme Guilbault mentionne dans sa lettre à quel point le projet est vert. Cet argument, martelé depuis plusieurs semaines, rate cependant la cible. En effet, les études environnementales se penchent sur les impacts qu’aura la construction elle-même sur les écosystèmes. En réponse, on brandit systématiquement l’électrification du projet. Or, celle-ci n’est malheureusement pas gage d’écoresponsabilité, et cette tentative répétée de dévier la question soulève encore plus de frustration.

Un autre élément sur lequel les réponses sont insatisfaisantes est l’impact qu’aura l’agrandissement du port sur les résidentes et résidents des secteurs avoisinants. Plusieurs voix se sont levées pour dénoncer une hausse du trafic de véhicules, qui émettront bruits et pollution là où des personnes vivent. D’ailleurs, il est irrégulier de voir un projet d’agrandissement de port aussi près d’un centre urbain en 2020. Par exemple, à Montréal, l’administration portuaire a choisi de bâtir le port à Contrecoeur, loin des zones avec une plus haute densité de population.

L’an dernier, le port de Halifax a aussi reconnu cette problématique lors de ses rénovations, s’engageant même à chercher des solutions pour réduire le trafic causé dans la ville. Cette réflexion semble cependant totalement écartée par le projet Laurentia.

Il est d’ailleurs des plus inquiétant de voir la volonté qu’ont différents paliers de gouvernement à aller le plus vite possible avec ce projet, alors que plusieurs études d’impact ne sont pas encore terminées. Dans sa lettre, Mme Guilbault dit même, pour les décrire, que «la réalisation [du projet Laurentia] dépend de processus qui tardent à aboutir.» Cette affirmation manque de respect envers les chercheuses et chercheurs qui étudient ce projet. Après de longues années consacrées à l’atteinte d’une expertise dans leur domaine respectif, leur donner le temps de travailler avec la rigueur qu’elles et ils s’imposent est un minimum. Ces valeurs qui sont les leurs sont aussi partagées par le milieu universitaire, et l’attitude qu’ont les gouvernements à les ignorer ajoute à la frustration.

Il est d’autant plus décevant de constater l’implication de l’Université Laval dans ce projet. Il y a de cela un peu plus d’un mois, Mme D’Amours, rectrice de l’Université Laval, nous indiquait que la présence de l’institution «serait en mesure d’apporter un éclairage scientifique de premier plan». Cependant, nous croyons que l’Université Laval envoie le signal inverse, en restant associée sans rien dire à un projet dont les promoteurs font fi de la rigueur qui est la sienne.

Nous souhaiterions mentionner à cette institution, qui est la nôtre, qu’il n’est jamais trop tard pour faire mieux, et que nous préférerions de loin la voir revenir sur ses pas, que de continuer dans un chemin qui ne respecte pas les valeurs qu’elle porte.

La ministre terminait sa lettre en indiquant que l’ambition doit devenir notre marque de commerce au Québec. En réponse, la présente se conclura en invitant le Québec à encore plus d’ambition. L’ambition de porter nos valeurs environnementales jusqu’au bout. L’ambition d’inclure dans nos décisions une rigueur scientifique qui inspirera la jeunesse. L’ambition de nous sortir des façons de faire des dernières décennies, lorsque l’environnement n’était pas au cœur de nos réflexions. Poursuivre avec le projet Laurentia, qui ne se conforme pas à nos attentes, manque définitivement d’ambition. Le Québec mérite de créer la richesse sans compromettre ses valeurs.

La CADEUL est la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval

Le mardi 10 novembre Projet Laurentia: un appui de taille pour le Port de Québec
Actualités La Capitale

«C’est un super bel appui», a indiqué lors d’un point de presse M. Mario Girard, président-directeur général, Administration portuaire de Québec. 9 novembre 2020 20h26 Mis à jour à 23h17 # Projet Laurentia: un appui de taille pour le Port de QuébecJean-François Tardif Le Soleil Le projet Laurentia du Port de Québec a reçu un appui de taille lundi matin alors que 170 villes, municipalités et MRC de la Capitale-Nationale du Centre du Québec, de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont plaidé en faveur de la construction du terminal de conteneurs en eau profonde aux abords de la baie de Beauport.

Selon les villes, les municipalités et les MRC appuyant le projet, le terminal constituerait un atout de taille pour les entreprises présentes sur leur territoire qui profiteraient de gains de compétitivité importants au niveau de l’importation et de l’exportation. Et à cause de sa proximité et de ses coûts plus abordables, il pourrait permettre à de nouvelles entreprises de profiter des marchés internationaux. Le terminal pourrait ainsi collaborer au développement des régions et contribuer à la relance économique du Québec.

«C’est un super bel appui», a indiqué lors d’un point de presse M. Mario Girard, président-directeur général, Administration portuaire de Québec. «On est très fier de ça. Et c’est très significatif. Cet appui permet de montrer l’effet très structurant du projet qui est vraiment plus large que la région immédiate de Québec.»

Selon M. Girard, l’appui au projet Laurentia serait en relation directe avec le travail fait depuis cet été par les consultants engagés par le Port de Québec afin de se rendre dans les entreprises de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, mais aussi du Centre du Québec, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, afin de savoir quels pourraient être pour elles les impacts de l’arrivée d’un terminal de conteneurs en eau profonde à Québec. Une grande majorité d’entrepreneurs s’est montrée très enthousiaste au projet (80 %) qui a rapidement eu des échos dans les bureaux des élus régionaux.

«Ce que l’on réalise, c’est que les entreprises en région ont besoin de projets comme celui-là.»

Pour appuyer ses dires, M. Girard a repris le témoignage fait en point de presse lundi par Mme Guylaine Sirois, préfet élue de la MRC du Témiscouata. Elle a expliqué que son territoire comptait 300 entreprises acéricoles qui exportaient 20 millions de livres par année de sirop d’érable dans 53 pays. En passant par le Port de Québec plutôt qu’un autre port situé plus loin pour exporter leur sirop, elles pourraient réaliser des économies importantes qui pourraient servir à générer une activité économique additionnelle dans la région.

44 000 étudiants de l’UL contre

Presque au même moment où le Port de Québec dévoilait l’appui qu’il avait obtenu de villes, de municipalités et de MRC dans cinq régions, la Confédération des Associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) et l’Association des étudiants et des étudiantes de Laval inscrits aux études supérieures (AÉLIES) votaient à l’unanimité (44 000 étudiants et étudiantes) contre le projet Laurentia qu’il considérait comme écocide.

«J’ignore si c’est vraiment 100 % des étudiants et des étudiantes qui se sont prononcés en défaveur du projet», a mentionné M. Girard. «Mais ce que nous disons, c’est que ça nous ferait plaisir de rencontrer les associations étudiantes pour leur présenter le projet et leur montrer tout ce que nous avons fait en termes d’impacts environnementaux. On a fait 116 études environnementales depuis sept ans. On a mis 13 millions $ là dedans. On a fait nos devoirs.»

M. Girard a ajouté que selon un récent sondage mené par Sondage Léger pour le compte du Port de Québec, 68 % des gens de la Ville de Québec qui avaient une opinion sur le projet Laurentia y était favorable. «C’est extrêmement intéressant parce que dans un projet d’infrastructures on n’aura jamais l’unanimité. C’est le genre de projet qui génère des passions un peu.

«En même temps, un projet d’infrastructures ça ne peut pas se faire avec zéro impact. Maintenant, il y a moyen de les minimiser, il y a moyen de trouver des solutions alternatives, il y a moyen de rendre la chose responsable et durable. Et c’est là-dessus que l’on travaille depuis toutes ces années, c’est pour ça que l’on a fait toutes ces études et que l’on a mis ces millions de dollars pour trouver des solutions. On a présenté le projet à 150 parties prenantes. Et on invite les gens qui n’ont pas pris encore le temps de le regarder de venir nous rencontrer et ça va nous faire plaisir de présenter notre projet.»

D’une valeur estimée à 775 millions $, le projet de terminal projeté par le Port de Québec et le CN et Hutchison Ports, ses partenaires opérateurs, créerait 1750 emplois/année en phase de construction et plus de 1000 autre emplois permanents lorsqu’il sera en service en 2024. Il pourrait, selon le Port de Québec, permettre aux entreprises régionales de réaliser des économies annuelles de 17 millions $, soit autour de 25 000 $ par entreprise.

C’est au cours des prochaines semaines que l’Agence d’évaluation des impacts du Canada (AIEC) devrait publier son rapport préliminaire. Celui-ci devra ensuite être soumis à une consultation publique. Un second rapport, dans lequel figureront les commentaires émis lors de la consultation, sera ensuite produit et remis au ministre de l’Environnement fédéral qui devra par la suite donner l’autorisation ou non au Port de Québec d’aller de l’avant avec son projet. Se le ministère décidait de ne pas se prononcer, il pourrait alors référer le dossier aux gouverneurs en conseil afin de lui demander de trancher.

Port de Québec Ottawa dit non au projet de terminal portuaire Laurentia

PHOTO PATRICE LAROUCHE, ARCHIVES LE SOLEIL

Le projet d’agrandissement du port de Québec avait déjà échoué, plus tôt ce mois-ci, au test de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada.

Après six années de démarches, le projet de terminal portuaire Laurentia se heurte au refus du gouvernement Trudeau, ce qui contraint l’Administration portuaire de Québec à « regarder vers l’avant » et à trouver d’autres moyens pour « assurer le développement de [ses] activités ».

Publié le 29 juin 2021 à 17h21

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Julien Arsenault La Presse

Ce verdict d’Ottawa est tombé seulement deux semaines après l’avis défavorable livré par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada, qui soulevait des risques pour la qualité de l’air dans les quartiers situés à proximité ainsi que pour l’écosystème de la baie de Beauport, où les promoteurs souhaitaient ajouter une ligne de quai de 610 mètres en eau profonde.

L’agence fédérale avait également jugé que les mesures d’atténuation proposées par le Port de Québec étaient insuffisantes. Le rapport avait incité le ministre fédéral de l’Environnement et des Changements climatiques, Jonathan Wilkinson, à remettre le dossier entre les mains du Conseil des ministres.

« Au XXIe siècle, le développement économique doit se faire dans le respect de l’environnement, a souligné le député de Québec et président du Conseil du Trésor Jean-Yves Duclos, dans une déclaration. Après un examen approfondi des renseignements pertinents, notre gouvernement a pris la décision de ne pas autoriser le projet. »

La lecture du président-directeur général du Port de Québec Mario Girard – qui n’était pas disponible pour accorder des entrevues – était différente.

Dans un communiqué, il a souligné être convaincu que des solutions existaient pour répondre aux préoccupations de l’Agence et de Pêches et Océans Canada. Une analyse « approfondie des impacts de la décision du gouvernement fédéral » sera menée au cours des prochains mois.

« Le port de Québec est l’un des cinq plus grands ports au pays et demeure déterminé à poursuivre sa mission, a indiqué M. Girard. Nous devons maintenant réfléchir sur les manières de tirer profit de ces forces distinctives […] et cela, dans le contexte de la décision prise par le gouvernement fédéral. »

Pour gros navires

Le modèle d’affaires du projet Laurentia s’appuyait sur sa capacité à accueillir d’immenses navires, dont la capacité dépasse 15 000 conteneurs, qui ne peuvent actuellement se rendre jusqu’à Montréal en raison de leur tirant d’eau trop élevé. Cela ne devait donc pas nuire au port de Montréal, mais certains experts doutaient de ce scénario.

Québec visait une capacité maximale de 700 000 EVP (équivalents vingt pieds) pour son terminal estimé à 775 millions de dollars. Laurentia avait noué des partenariats avec Hutchison Ports, l’un des plus importants gestionnaires de ports du monde, ainsi qu’avec la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada.

La mouture initiale du projet tablait sur un quai de vrac liquide. Les promoteurs avaient par la suite opté pour un terminal de conteneurs en 2018.

Le gouvernement Legault a également exprimé sa déception par l’entremise d’une déclaration de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, également ministre responsable de la Capitale-Nationale.

« C’est sûr que c’est décevant, a laissé tomber le président de la Corporation des parcs industriels du Québec (CPI) Pierre Dolbec, qui figurait parmi les partisans du projet. Pour la grande région de Québec, l’Est, la Côte-Nord et le Bas-Saint-Laurent, Laurentia était un moyen de survie au chapitre de la compétitivité. »

Pour Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec, qui fait partie de la coalition SOS Port de Québec, la décision du gouvernement Trudeau devrait signaler que la porte est « définitivement » fermée à tout projet d’agrandissement industriel du port de Québec.

« Le port devrait mettre tous ses efforts à moderniser, nettoyer et mettre sous couvert ses installations, qui sont parmi les plus vieilles du pays », a-t-elle fait valoir.

Pour sa part, le professeur émérite à l’Université Concordia et spécialiste du transport maritime Brian Slack, ne s’est pas montré surpris du dénouement. Si Ottawa a évoqué des raisons environnementales, M. Slack, lui, doutait de la pertinence du projet Laurentia.

Dans un courriel, l’expert a souligné que les promoteurs n’avaient pas été en mesure d’identifier clairement les marchés potentiels pour Laurentia et d’expliquer comment le projet serait complémentaire aux installations portuaires situées à Montréal.

En ce qui a trait à la métropole, le sort du projet Contrecœur, qui propose la construction d’un terminal pour manutentionner annuellement 1,15 million de conteneurs EVP afin de doubler la capacité de l’Administration portuaire de Montréal, est également entre les mains des autorités fédérales.

Les promoteurs ont obtenu le feu vert du gouvernement fédéral, mais la problématique concerne le chevalier cuivré, une espèce menacée de disparition. En mai dernier, le gouvernement Trudeau a protégé une partie de l’habitat de ce poisson, qui est partiellement chevauché par le chantier.

L’enjeu, pour le Port de Montréal, est de tenter d’obtenir un permis de Pêches et Océans Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Celle-ci ne prévoit que trois exceptions pour intervenir dans un habitat essentiel désigné officiellement. Ce processus pourrait s’échelonner sur de nombreuses semaines, voire des mois.
https://www.lapresse.ca/affaires/2021-06-29/port-de-quebec/ottawa-dit-non-au-projet-de-terminal-portuaire-laurentia.php

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Le Port de Québec aménagera le premier bain portuaire en Amérique du Nord

Portail Constructo | 1 juin 2022

Le Port de Québec aménagera le premier bain portuaire en Amérique du Nord. Crédit : Port de Québec
Crédit : Port de Québec

Le Port de Québec, en partenariat avec la Société des Gens de Baignade et le Village Nordik du Port de Québec, a annoncé l’ouverture prochaine de l’Oasis du Port de Québec dont la première action sera la mise en place du premier bain portuaire en Amérique du Nord.

Ce nouveau site de baignade gratuit et ouvert au public sera situé au bassin Louise, tout près de l’Espace 400e. Il sera majoritairement constitué de pontons et d’une rampe permettant l’accès à l’eau à partir d’un quai.

Une section détente y sera également aménagée en plus de vestiaires, de casiers et de douchettes extérieures. Le bain portuaire offrira par ailleurs l’équivalent d’une piscine de dimension olympique avec cinq couloirs de natation de 50 mètres chacun, de même qu’un espace de baignade libre d’une superficie de 25 mètres carrés.

L’ouverture du site est prévue pour la fin du mois de juin 2022.

Source : Port de Québec

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Ici on serait en complémentarité avec le Port de Montréal et non plus en concurrence.


Trois ans après le naufrage du projet de terminal portuaire Laurentia, l’idée de la manutention de conteneurs refait surface au Port de Québec. QSL souhaite y manipuler des boîtes métalliques – un chantier qui serait bien différent de celui qui avait été bloqué par Ottawa.

Résumé

Port de Québec Le transport de conteneurs refait surface

IMAGE FOURNIE PAR QSL

QSL voudrait convertir une partie de ses installations dans la baie de Beauport pour y manutentionner des conteneurs.

Trois ans après le naufrage du projet de terminal portuaire Laurentia, l’idée de la manutention de conteneurs refait surface au Port de Québec. QSL souhaite y manipuler des boîtes métalliques – un chantier qui serait bien différent de celui qui avait été bloqué par Ottawa.

Publié à 1h37 Mis à jour à 6h00

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Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Sans empiétement sur le fleuve, l’entreprise maritime québécoise souhaite réaménager ses installations existantes dans la baie de Beauport. Il y a encore plusieurs étapes à franchir avant d’officialiser le chantier, qui devrait représenter un investissement de 60 millions.

Pour le président et chef de la direction de QSL, Robert Bellisle, ce terminal serait complémentaire aux activités du Port de Montréal, où le tirant d’eau est inférieur à celui – 15 m – des installations portuaires de la Vieille Capitale.

« Si l’on peut alléger les navires à Québec, ils pourront se rendre jusqu’à Montréal et faire la route depuis l’Europe au maximum de leur capacité, explique le gestionnaire, en entrevue. Ce n’est pas le cas pour les porte-conteneurs qui naviguent vers Montréal aujourd’hui. »

M. Bellisle croit que 200 000 conteneurs « équivalents vingt pieds » pourraient chaque année transiter sur ses quais de la baie de Beauport. On est loin du modèle d’affaires du projet Laurentia, qui était mené par le Port de Québec, et de son volume annuel maximal de 700 000 boîtes métalliques.

Plus grand opérateur de terminaux portuaires du Saint-Laurent et des Grands Lacs, QSL est surtout spécialisée dans la manutention de marchandises en vrac, comme le sel et le sucre, ainsi que les marchandises non transportées en conteneurs. Son acquisition de la compagnie montréalaise Arrimage Empire, en 2021, lui a ouvert les portes du marché des porte-conteneurs. Cette transaction a accéléré la réflexion chez QSL vis-à-vis de ses installations de Québec.

Le projet Laurentia visait un autre axe de marché. Ce que l’on vise, c’est de travailler avec les contraintes qui existent quand on va de Québec vers Montréal, et vice versa.

Robert Bellisle, président et chef de la direction de QSL

Oublier Laurentia

En juin 2021, le gouvernement Trudeau avait torpillé Laurentia, qui était dans les cartons du Port de Québec depuis 2015. Ce chantier de 775 millions prévoyait l’ajout d’une ligne de quai en eau profonde de 610 m. Elle aurait empiété sur le site de reproduction du bar rayé, un poisson dont la population a été mise en péril à plus d’une reprise. Les mesures d’atténuation proposées par les promoteurs à l’époque en matière de qualité de l’air et de bruit dans les quartiers résidentiels situés à proximité avaient été jugées insuffisantes par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada.

Le président de QSL estime que la conversion d’installations existantes devrait rassurer les autorités fédérales sur la question du bar rayé.

Expert en transport et professeur de gestion des opérations et de la logistique à HEC Montréal, Jacques Roy voit le projet d’un bon œil. Il croit cependant que certains enjeux qui nuisaient à Laurentia risquent de s’inviter à nouveau dans le débat.

« Je comprends que l’ampleur n’est pas la même, mais le trafic de camions pourrait augmenter dans les environs, dit-il. Le bruit et la circulation, c’est là qu’il pourrait y avoir des enjeux. »

Professeur du département de l’administration des entreprises maritimes de l’Université Texas A&M, Jean-Paul Rodrigue estime que QSL vient de trouver une niche intéressante.

« Les compagnies maritimes qui traversent l’Atlantique auraient une plus grande marge d’erreur sur la quantité de conteneurs qu’elles peuvent mettre sur un navire, affirme l’expert. Il peut y avoir un effet de ruissellement local. Quand il y a de nouveaux arrêts offerts, cela peut intéresser des compagnies, par exemple, à songer à un centre de distribution dans les environs. »

Autorisation essentielle

Dans le milieu des affaires, la réflexion de QSL a été accueillie favorablement. Même le Port de Montréal, qui avait exprimé des inquiétudes à l’égard du projet Laurentia, a salué un projet qui « viendra optimiser la complémentarité et la résilience de la chaîne logistique ». L’organisation n’a pas évoqué de répercussions potentielles sur son volume actuel.

En attendant le dépôt d’un avis de projet en bonne et due forme, QSL souhaite voir le gouvernement Trudeau répondre favorablement à sa demande visant à élargir les activités douanières au Port de Québec afin de permettre l’importation et l’exportation de conteneurs.

« Il y a déjà des douaniers, alors on parle ici de rajouter un peu d’effectifs », affirme M. Bellisle, en ajoutant que son entreprise était prête à mettre la main à la pâte pour aménager l’espace nécessaire pour permettre à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) d’effectuer ce travail.

QSL, qui compte la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) parmi ses actionnaires, estime que les signaux en provenance d’Ottawa sont positifs. Vendredi, l’ASFC n’avait pas répondu aux questions de La Presse.

QSL en bref

Année de fondation : 1978

Siège social : Québec

Président et chef de la direction : Robert Bellisle

Secteurs d’activité : Arrimage, logistique, transport

Effectif : Plus de 2000 employés

Présence géographique : 66 terminaux portuaires au Canada et aux États-Unis

En savoir plus

  • 11,3 m
    Profondeur maximale des navires qui peuvent généralement être accueillis par le Port de Montréal

Source : administration portuaire de montréal

1,5 million
Conteneurs « équivalents vingt pieds » manutentionnés en 2023 à Montréal

Source : administration portuaire de montréal

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2024-07-06/port-de-quebec/le-transport-de-conteneurs-refait-surface.php

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Un autre son de cloche:

Reportage vidéo

Terminal de conteneurs à la baie de Beauport : « inacceptable », tonnent des citoyens

Proposé par l’entreprise QSL, un projet de terminal de conteneurs à quelques pas de la plage de la baie de Beauport ne passe pas auprès des membres de la Table citoyenne Littoral Est.

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La baie de Beauport c’est pas là où on envisage faire un troisième lien?

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Le milieu en question

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Le Port de Québec et l’opérateur QSL « auraient pu être plus clairs » sur leur volonté de ramener l’idée d’un terminal de conteneurs dans le secteur de la baie de Beauport, tranchent des organisations citoyennes et environnementales. À commencer lors d’une récente consultation sur l’aménagement des territoires portuaires, où le projet a carrément été omis.

Le 3 juin dernier, la Table citoyenne Littoral Est saluait une récente initiative de l’Administration portuaire de Québec (APQ). Le Port venait alors de compléter un processus de consultation publique, en mai, pour son prochain Plan d’utilisation des sols (PUS), ce qui constitue en quelque sorte son schéma d’aménagement.

Résumé

Les conteneurs, une vieille volonté qui refait surface à la baie de Beauport

Image d’idéation donnant un aperçu du réaménagement envisagé dans le secteur de Beauport.

Photo : QSL

Publié à 5 h 41 HAE

Le Port de Québec et l’opérateur QSL « auraient pu être plus clairs » sur leur volonté de ramener l’idée d’un terminal de conteneurs dans le secteur de la baie de Beauport, tranchent des organisations citoyennes et environnementales. À commencer lors d’une récente consultation sur l’aménagement des territoires portuaires, où le projet a carrément été omis.

Le 3 juin dernier, la Table citoyenne Littoral Est saluait une récente initiative de l’Administration portuaire de Québec (APQ). Le Port venait alors de compléter un processus de consultation publique, en mai, pour son prochain Plan d’utilisation des sols (PUS), ce qui constitue en quelque sorte son schéma d’aménagement.

Considérant qu’il n’y aura pas d’agrandissement portuaire dans le secteur Beauport selon la version préliminaire du PUS, nous pourrons naviguer et ramer ensemble en eaux calmes, dans les prochaines années, pour relever le beau défi d’un réaménagement du littoral est qui répondra aux attentes de la population, écrivait la présidente de la Table, Marie-Hélène Deshaies, dans une lettre acheminée à l’APQ.

Les valeurs portuaires exprimées, qui tournent autour de la durabilité, de la collaboration et de l’innovation, mettent la table à une cohabitation Ville, Port et citoyen.ne.s résolument plus harmonieuse, ajoutait la missive sur un ton résolument positif.

La Table citoyenne Littoral Est accuse le Port de Québec d’avoir manqué de transparence.

Photo : Radio-Canada / David Remillard

AILLEURS SUR INFO : De la fatigue du pourboire, à sa… déflation

Omission et manque de transparence

Or la Table citoyenne Littoral Est accuse maintenant le Port de Québec d’avoir manqué de transparence et se dresse contre le projet de terminal de conteneurs présenté par l’opérateur QSL, le 5 juillet, à peine un mois plus tard.

Dans un délai aussi court que six mois à un an, le plus grand opérateur portuaire du Saint-Laurent et des Grands Lacs pourrait manutentionner des dizaines de milliers de conteneurs dans le secteur Beauport. Les citoyens craignent les impacts du camionnage, notamment, rappelant que le secteur est déjà saturé de projets industriels.

À terme, QSL croit pouvoir transborder jusqu’à 240 000 conteneurs par année. Le jour de l’annonce, l’entreprise avait aussi dévoilé qu’elle avait demandé, par l’entremise de l’APQ, des services de douanes au port de Québec afin de permettre la manutention de conteneurs internationaux.

L’entreprise QSL propose de construire un terminal à conteneurs sur ce site.

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arsenault

Marie-Hélène Deshaies, de la Table citoyenne Littoral Est, s’est levée le 5 juillet sans avoir la moindre information sur le projet de QSL, et ce malgré avoir participé à la consultation publique sur le Plan d’utilisation des sols quelques semaines auparavant.

L’omission n’est pas acceptable, selon la Table.

Des intentions et un potentiel

Le document préliminaire mis en ligne par le Port de Québec ne contient en effet aucune mention du projet de QSL. Pas plus que l’aménagement d’un terminal de conteneurs n’est spécifiquement expliqué.

L’administration portuaire y exprime cependant ses visées.

Avec sa localisation avancée dans le continent, sa profondeur d’eau, sa desserte multimodale et la qualité des services maritimes qu’on y retrouve, Québec a tous les atouts pour proposer une offre compétitive aux entreprises du corridor Québec-Ontario et ainsi renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement dans l’est du pays pour les marchandises conteneurisées, constate le Port de Québec dans ses diagnostics.

N’ayant plus de propriétés foncières pour une expansion, le Port de Québec se résout à s’agrandir par l’intérieur en optimisant ses terrains actuels. Le secteur de Beauport compte un terrain actuellement sous-utilisé qui pourrait à terme accueillir de nouvelles activités portuaires, souligne le Port, en référence aux terrains que QSL compte utiliser pour stocker ses conteneurs.

L’emplacement projeté des conteneurs

Photo : Radio-Canada / Google Earth

Dans son document préliminaire destiné à la consultation, le Port de Québec reprend les mêmes arguments que QSL pour justifier l’importance de Québec dans la chaîne d’approvisionnement des marchandises.

L’augmentation de la taille des navires constitue un avantage stratégique significatif, peut-on lire. Le 5 juillet, QSL vantait l’importance de Québec pour soulager les porte-conteneurs trop chargés pour compléter le trajet vers Montréal, faute d’une profondeur d’eau suffisante à l’ouest de la capitale.

Seule différence, QSL parle d’un projet à court et moyen terme, alors que le Port de Québec faisait référence à une volonté à long terme dans son document de consultation.

Pas le bon forum

Pourquoi ne pas avoir parlé de QSL dans sa consultation de mai dernier?

Le Port de Québec répond que le Plan d’utilisation des sols n’est pas le bon forum pour débattre de tels projets. Le PUS ne constitue pas une tribune pour présenter ou parler spécifiquement de projets précis et encore moins de projets qui ne sont pas définis, rétorque Frédéric Lagacé, directeur des communications de l’APQ.

Il rejette également l’idée selon laquelle le Port et QSL auraient manqué de transparence.

Quant à l’annonce de l’analyse menée par QSL, celle-ci se présente comme un geste de transparence en amont d’un projet potentiel. Dans la vaste majorité des situations, ce type de communication n’est pas chose commune. Régulièrement, les communications puis les consultations débutent alors qu’un projet est beaucoup plus avancé.

Une citation de Frédéric Lagacé, directeur des communications, Port de Québec

L’administration portuaire promet de donner la parole aux citoyens si un avis de projet est officiellement déposé par QSL et porté par le Port de Québec.

Dans la foulée de la démarche réalisée par QSL, des échanges auront lieu avec les groupes et citoyens entourant le Port. Lorsqu’un projet sera formellement déposé, un processus d’évaluation et de consultation se mettra en branle, poursuit M. Lagacé.

Le Port de Québec veut se positionner comme un partenaire majeur de la chaîne d’approvisionnement dans le corridor du Saint-Laurent et des Grands Lacs. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une réflexion bien avancée

Le dernier projet concret de terminal de conteneurs de l’APQ est Laurentia. Enterré par l’Agence d’évaluation d’impacts du Canada à l’été 2021, le projet visait l’aménagement d’une ligne de quai en eau profonde sur 610 mètres, directement dans le fleuve, et prévoyait le remblai d’une longue portion de la baie de Beauport.

Quelques mois avant la mort de Laurentia, QSL a mis la main sur Arrimage Empire, une entreprise montréalaise œuvrant dans la manutention de conteneurs. Jusque-là spécialisée dans le transbordement de vrac solide et de vrac liquide, la compagnie d’arrimage faisait son entrée dans la chaîne d’approvisionnement des marchandises conteneurisées.

Et c’est là, admet QSL, que la réflexion pour un projet à la baie de Beauport a commencé. Notre intérêt pour le marché des conteneurs s’est concrétisé davantage à la suite de l’acquisition d’Arrimage Empire qui œuvre dans ce secteur depuis des décennies. Cette acquisition nous a permis d’approfondir notre expertise, explique Claudine Couture-Trudel, vice-présidente chez QSL.

Au fil du temps, nous avons débuté un processus d’analyse de ce qu’impliquait un tel projet à Québec.

Une citation de Claudine Couture-Trudel, vice-présidente Politique ESG et initiatives futures, QSL

La première étape du projet, nécessaire à sa réalisation, était de demander l’ajout de services douaniers à l’Agence des services frontaliers du Canada. Ce type de demande devant être déposée par l’Administration portuaire, et non par un opérateur, nous avons alors communiqué avec l’APQ afin de travailler conjointement au dépôt d’une demande de service. Ces travaux ont eu lieu au cours des mois précédant cette étape.

Le Port de Québec était donc au courant des intentions de QSL avant novembre 2023.

Mario Girard, PDG du Port de Québec (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Lors du dévoilement de la Vision 2035 de l’APQ, en janvier 2023, le président-directeur général, Mario Girard, avait d’ailleurs fait mention d’un projet de conteneurs pour Beauport.

Maintenant, la conteneurisation est une tendance mondiale. Et c’est encore plus vrai dans un contexte de rupture des chaînes d’approvisionnement. Tôt ou tard, il faudra engager un dialogue social sur les conditions à réunir pour que le Port de Québec puisse participer au rétablissement des chaînes d’approvisionnement, disait-il alors selon des propos rapportés par Le Journal de Québec.

Le Port de Québec assure aujourd’hui que les intentions de QSL n’étaient pas encore connues à ce moment.

Outre l’administration portuaire, QSL a déjà reçu les appuis de la Ville de Québec, de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec ainsi que du Port de Montréal.

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Résumé

Des options toujours limitées pour se rendre à la plage de la baie de Beauport

2:07

Le Téléjournal Québec

Pas d’autobus vers la Baie de Beauport

Le reportage de Louis-Philippe Arsenault

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arsenault

Publié hier à 18 h 16 HAEMis à jour aujourd’hui à 6 h 03 HAE

Le temps des vacances bat son plein, et plusieurs résidents de Québec profitent de l’occasion pour se rafraîchir à la plage de la baie de Beauport. Les usagers du transport en commun qui souhaitent se rendre sur le site doivent toutefois se tourner vers la voiture ou le vélo, puisqu’aucun autobus ne dessert le secteur.

C’est vrai qu’il n’y a aucun transport en commun pour venir ici, s’étonne un passant qui profite du soleil mardi à la plage de la baie de Beauport. Si l’endroit est plutôt bien desservi par le réseau cyclable, les arrêts d’autobus les plus près, eux, sont situés à quelque 45 minutes de marche de la plage.

La directrice générale de la Baie de Beauport, Emilie Darras, croit que l’ajout d’une desserte du Réseau de transport de la Capitale (RTC) serait avantageux pour de nombreux usagers.

Familles, sportifs, adolescents, notre clientèle est super variée, précise-t-elle. C’est certain que ce serait bénéfique d’avoir le transport en commun.

Emilie Darras, directrice générale de la Baie de Beauport

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arsenault

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Elle pense notamment à celles et ceux pour qui le transport en commun représente le seul moyen de se déplacer. Pour le moment, l’accès au site est, par la force des choses, limité aux personnes à vélo ou en voiture.

Un frein au recrutement

Si le transport constitue un défi pour les employés de la Baie de Beauport et des divers partenaires du site, Emilie Darras note, sourire en coin, que les parents sont mis à l’honneur.

Soit les gens utilisent la piste cyclable avec leurs propres moyens, signale-t-elle. Ou c’est papa et maman qui font les allers-retours pour les jeunes!

C’est certain que ça viendrait faciliter au niveau de l’embauche et de la rétention.

Une citation de Emilie Darras, directrice générale de la Baie de Beauport, Gestev

Ces deux dernières années, le nombre de personnes ayant foulé le sable de la Baie de Beauport oscillait entre 65 000 et 70 000, estime Emilie Darras.

Une sculpture de sable à la Baie de Beauport.

Photo : Radio-Canada

En complément :

Un achalandage qui ne justifie pas d’ajout au réseau, selon le RTC

Aux yeux du RTC, l’achalandage actuel ne justifie pas l’ajout de transport en commun dans le secteur de la Baie de Beauport, soutient par courriel Geneviève Clavet, conseillère en communication.

Nous analysons toujours les demandes d’ajout de service en fonction de nos ressources et des besoins, et ce, en continu.

Une citation de Geneviève Clavet, conseillère en communication au RTC

Elle ajoute que des navettes événementielles sont offertes pour des événements précis à la Baie de Beauport, comme Cigale, qui se déploie sur deux jours à la mi-août. Pour ce genre d’occasion, les conditions de succès pour offrir ces navettes sont réunies.

Le festival de musique Cigale se déploie sur deux jours à la mi-août. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

S’il n’est pas impossible que ce soit le cas ultérieurement, la porte-parole du RTC indique qu’il n’est pas prévu de modifier de parcours existant à court terme près de la Baie de Beauport.

Options limitées pour se rendre à la Baie de Beauport.ÉMISSION ICI PREMIÈRE.C’est encore mieux l’après-midi.

Options limitées pour se rendre à la Baie de Beauport

ÉMISSION ICI PREMIÈREC’est encore mieux l’après-midi

Durée de 4 minutes 43 secondes4:43

La planification des parcours du RTC est revue quatre fois par an, note-t-elle.

Un peu un gaspillage

Le discours du RTC trouve écho chez Christian Savard, directeur général de l’organisme Vivre en Ville. Excentrée, la plage de la baie de Beauport est un peu victime de sa localisation, croit-il, ce qui la rend difficile à desservir en transport en commun.

Christian Savard, directeur général de l’organisme Vivre en Ville

Photo : Radio-Canada

Il n’y a pas d’autre arrêt sur la route vers la Baie de Beauport, donc, pour le RTC, ce serait difficile à rentabiliser au quotidien.

Une citation de Christian Savard, directeur général de l’organisme Vivre en Ville

Il faut avoir un minimum de demande […] pour que ce soit justifié, explique-t-il. Sinon c’est un peu un gaspillage.

Il dit comprendre pourquoi on concentre le service de bus lorsqu’il y a de grands événements.

La Baie de Beauport est plus faite pour le vélo, tranche-t-il. C’est relativement bien desservi avec des pistes cyclables pas loin. C’est relativement accessible.

L’accès en transport en commun et actif est loin d’être optimal.

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arsenault

Le lieu pourrait-il plutôt bénéficier de stations àVélo?

àVélo serait un peu plus facile à insérer parce qu’une station, lorsque tu l’installes […] elle ne te coûte pas grand-chose, mentionne M. Savard.

Des vélos de plus, une station de plus, ce sont des frais fixes initiaux, mais par la suite, [le coût pour] l’entretien n’est pas très élevé.

Une citation de Christian Savard, directeur général de l’organisme Vivre en Ville

«La Baie de Beauport est plus faite pour le vélo», croit Christian Savard, directeur général de l’organisme Vivre en Ville.

Photo : Radio-Canada

C’est un beau site, c’est un site intéressant, mais difficile pour le transport en commun, lance-t-il, avant de réitérer que c’est un peu plus facile pour le vélo.

Avec les informations de Louis-Philippe Arsenault

A propos de la plage de Beauport

Excentrée, la plage de la baie de Beauport est un peu victime de sa localisation, croit-il, ce qui la rend difficile à desservir en transport en commun.

Il faut avoir un minimum de demande […] pour que ce soit justifié, explique-t-il. Sinon c’est un peu un gaspillage.

Valence en Espagne a de belle plage excentré de la ville dans des endroit tout a fait rural et dispose quand même d’une ligne de bus dédié qui passe au 20 min toute la journée a partir de la porte de la Mer. Et la ligne trouve facilement sa clientèle. C’est un peu réducteur de croire que le vélo est la réponse a tout. Le bus est une belle option pour plusieurs personnes et je suis sur que l’été une ligne de bus vers cette plage trouverais une clientèle.

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Je le crois aussi, en faisant la promotion ils pourraient au moins commencer les weekends. Il faut dire qu’avant l’énorme succès de la promenade Champlain il y avait plus de gens qui se rendaient à Beauport. J’ajouterais qu’il y a dans les cartons le projet de prolonger cette même promenade vers l’est qui l’amènerait à rejoindre cette même plage et même au-delà.

Résumé

Port de Québec: des citoyens prêts pour un «nouvel air»

Par Émilie Pelletier, Le Soleil

9 novembre 2024 à 04h15

Le Port de Québec a annoncé cette semaine qu’après presque 14 ans à sa barre, le président-directeur général Mario Girard a accepté une nomination à titre de délégué général du Québec à Tokyo. (Archives Le Soleil, Patrice Laroche)

Alors que le maire Bruno Marchand salue la contribution de Mario Girard à la tête du Port de Québec, certains citoyens et élus critiques de sa gestion des dernières années se prennent à rêver d’une «nouvelle ère». Et peut-être même d’un nouvel air.


À la Table citoyenne Littoral Est, la nouvelle a été accueillie avec «soulagement», souffle au bout du fil le porte-parole Daniel Guay.

Le Port de Québec a annoncé cette semaine qu’après presque 14 ans à sa barre, le président-directeur général Mario Girard a accepté une nomination à titre de délégué général du Québec à Tokyo.



Un mandat marqué par plusieurs luttes citoyennes, notamment pour la qualité de l’air et un développement portuaire «respectueux» de l’environnement.

«On s’attend à ce que la bataille se poursuive, mais on espère que c’est la fin d’une ère», partage en entrevue Daniel Guay, au nom du regroupement citoyen.

De Beauport 2020 en passant par Laurentia pour aboutir à la plus récente proposition de QSL de faire atterrir un terminal de conteneurs dans le secteur de la baie de Beauport, le groupe militant dresse un bilan peu reluisant du PDG du port de Québec.

«Pour la congestion routière, la pollution de l’air, rien n’a changé», déplore Daniel Guay, engagé de longue date pour faire valoir sa vision du secteur est de Québec.

Dans une lettre acheminée au début novembre au maire de Québec et à plusieurs ministres fédéraux, dont Le Soleil a obtenu copie, la Table citoyenne Littoral Est défend qu’un projet d’agrandissement tel que proposé par QSL «ne doit jamais voir le jour».

Le Port de Québec a annoncé cette semaine qu’après presque 14 ans à sa barre, le président-directeur général Mario Girard a accepté une nomination à titre de délégué général du Québec à Tokyo. (Frederic Matte/Archives Le Soleil)

Une vision «qui ne passera plus»

«Depuis longtemps», l’administration portuaire est axée sur le développement économique, observe à son tour Jackie Smith, cheffe du parti municipal Transition Québec.

Une direction comme celle de Mario Girard, ça n’a pas passé et ça ne passera plus.» - Sol Zanetti
—  Sol Zanetti, député solidaire de Jean-Lesage

Dans une «vision de développement maximaliste», qualifie l’élu provincial, «tous les projets possibles d’expansion au détriment de la biodiversité et de la qualité de l’air ont été proposés et ont, heureusement, échoué».Avec Mario Girard à sa tête, «le Port a été un pollueur», accuse pour sa part le député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti. Attentes élevées

Le remplacement de Mario Girard laisse planer un vent de renouveau. Et les attentes envers quiconque le remplacera sont élevées.

«Écoute», «ouverture», «transparence», «respect de la qualité de vie»: autant de valeurs que les défenseurs espèrent retrouver chez un nouveau président-directeur général du Port de Québec.



«Avec les changements climatiques, les activités portuaires vont nécessairement changer, alors il faut quelqu’un d’un peu plus ancré dans les défis auxquels on va être confrontés», demande l’élue municipale de Limoilou, Jackie Smith.

«Ça prend un changement de paradigme. C’est le temps qu’on se tourne vers l’avenir.»

— Jackie Smith, élue municipale de Limoilou

«Je le souhaite et je le demande: il va falloir que la prochaine direction rencontre les citoyens et les élus locaux. Je ne veux pas d’un PDG qui va servir uniquement les intérêts des multinationales, mais qui sera soucieux de servir les intérêts des gens de Québec», réclame le député de Québec solidaire, qui verrait d’un «œil plus favorable» une candidature venant de l’extérieur de l’organisation.

Les citoyens voient dans ce changement de garde à la direction une «opportunité» à saisir. La Table citoyenne Littoral Est exige notamment la fin du développement portuaire en milieu urbain.

«C’est assez, on en a marre! L’institution a l’occasion de se moderniser et de mieux s’intégrer dans son milieu. Il faut que l’ambition soit respectueuse de la qualité de vie des gens qui subissent les pressions autour», plaide Daniel Guay.


Le député de QS Sol Zanetti (Frédéric Matte/Archives Le Soleil)

Marchand veut «poursuivre» le travail

Si certains pourfendent le bilan de Mario Girard comme PDG du Port de Québec, tous ne sont pas aussi critiques.

Dans une réaction écrite sur le réseau social LinkedIn, le maire Bruno Marchand a salué son implication pour avoir fait de Québec «une plaque tournante dans le monde maritime international» et avoir «grandement bonifié son lien avec la communauté».

«Évidemment, il reste du travail à faire et on peut penser notamment aux travaux entrepris à propos de la circulation ou de la qualité de l’air, admet le maire Marchand. Mario a collaboré avec ouverture et engagement et nous poursuivrons avec détermination le travail avec son ou sa successeur.e et l’équipe du Port», s’engage-t-il.

Au cœur de sa Vision 2035, le Port de Québec poursuit l’objectif d’être reconnu par les citoyens «pour sa gestion responsable du territoire, le respect de l’environnement et la protection de la biodiversité».

Le moment de la nomination de la personne qui succédera à Mario Girard n’a pas été annoncé.

Ça fait des années que la population de Limoilou et de Beauport souffre des rejets dans l’air de matières en suspension qui pourrit leur vie au quotidien. C’est bien beau des projets, personne n’est contre, mais il faut composer avec la population voisine pour ne pas qu’elle soit pénalisée pour en enrichir d’autres. La meilleure façon d’y arriver est d’abord l’information et la consultation, le talon d’Achille de cette administration portuaire qui a largement perdu la confiance des citadins.


Le Port de Québec a besoin de 1,7 G$ pour moderniser ses quais en piteux état

La pdg Olga Farman demande au gouvernement fédéral de lui accorder près d’un milliard $ sur 10 ans pour procéder à ce vaste chantier de reconstruction.

Le plus vaste chantier de l’histoire récente du Port de Québec ne prendra pas la forme d’un projet industriel ou d’expansion. L’administration portuaire a plutôt besoin de 1,7 milliard $ pour reconstruire et moderniser ses quais commerciaux existants, dont plusieurs sections sont dans un état lamentable.

Olga Farman est devenue présidente-directrice générale du Port de Québec en février dernier. Parmi les breffages et autres rencontres incombant à son nouveau rôle, ses équipes lui ont livré un état des infrastructures.

Ce qu’on lui a présenté n’avait rien d’encourageant.

Sur les 7 km de quais commerciaux sous son autorité, 43 % sont encore en bois et 36 % sont centenaires. Les plus anciens datent de 1885.

Quelque 600 mètres d’installations portuaires sont déjà fermés en raison de leur état vétuste, notamment dans le secteur de la Pointe-à-Carcy. Des restrictions de charge et de nouvelles limitations aux opérations sont anticipées dans un futur rapproché si rien n’est fait.

Facture salée

La facture est toute aussi vertigineuse. La remise à neuf est estimée à 1,7 milliard $ sur 10 ans, bien au-delà des moyens de l’Administration portuaire de Québec (APQ) et de sa capacité d’emprunt, de l’aveu même de sa pdg.

Concrètement, le Port de Québec envisage un chantier en deux phases. La première débuterait aussi tôt qu’en janvier 2026 pour se terminer en 2030, alors que la seconde s’échelonnerait de 2029 à 2035.

L’investissement en vaut la peine, croit Olga Farman, rappelant que la capitale québécoise possède un port figurant parmi les cinq plus importants au pays pour le tonnage de marchandises manutentionnées chaque année.

Le fédéral sollicité

Guerre tarifaire

Changements climatiques

Résumé

Ce quai situé à l’embouchure de la rivière Saint-Charles doit aussi être reconstruit.

Photo : Radio-Canada / Amelie Auger

À son avis, l’inaction coûterait beaucoup plus cher.

On parle de potentiellement 25 % des opérations qui seraient affectées au niveau du tonnage, au niveau des activités commerciales. On parle de pertes d’emplois. La fermeture des quais a un impact concret non seulement sur l’économie, mais [aussi] sur la chaîne d’approvisionnement canadienne, résume Mme Farman, qui se dit maintenant habitée par un sentiment d’urgence.

J’ai senti que, comme fiduciaire, […] ma responsabilité première n’est non pas de développer au niveau commercial, mais d’assurer la sécurité et la pérennité de mes infrastructures.

Une citation de Olga Farman, présidente-directrice générale du Port de Québec

Ce quai industriel du secteur de l’Anse-au-Foulon sera l’un des chantiers majeurs de la première phase de travaux de modernisation prévue par le Port de Québec.

Photo : Radio-Canada / Amelie Auger

Mme Farman refuse de blâmer les administrations précédentes pour le déficit d’entretien accumulé. De son point de vue, son prédécesseur, Mario Girard, a tenté de dégager des revenus supplémentaires en usant d’autres stratégies, notamment en augmentant les revenus du Port de Québec.

M. Girard a notamment moussé l’ajout d’une ligne de quai de 610 mètres dans le secteur Beauport avec le défunt projet de terminal de conteneurs Laurentia, rejeté faute d’acceptabilité.

Selon Mme Farman, le plan était de réinvestir l’argent neuf dans les infrastructures désuètes. Le temps était maintenant venu de changer de stratégie, dit-elle.

Le fédéral sollicité

Olga Farman s’attend à ce que le gouvernement fédéral paie 965 millions $ de la facture, soit 57 % des dépenses.

Le Port de Québec a déjà étalé ses demandes auprès du ministre libéral Joël Lightbound, qui représente les intérêts de la région de Québec au cabinet du premier ministre Mark Carney.

Dans son récent budget, le fédéral entend réserver 5 milliards $ sur trois ans dans le nouveau Fonds pour les infrastructures. À condition qu’il soit adopté, on espère que le Port de Québec sera priorisé à travers ce fonds-là, affirme Mme Farman.

Olga Farman (à droite) a rencontré Steven MacKinnon (deuxième à gauche) au mois d’octobre dernier.

Photo : Fournie par le Port de Québec

Cette dernière est d’autant plus confiante après une visite à Ottawa le mois dernier, en prévision du budget, parlant d’un accueil chaleureux, rigoureux et intelligent de la part des libéraux.

Joël Lightbound a fait preuve d’un leadership incroyable et nous a permis de rencontrer le ministre des Transports, Steven Mackinnon, qu’on espère recevoir à Québec bientôt, louange la pdg du Port de Québec.

Guerre tarifaire

La direction du Port de Québec parle d’un alignement des planètes qui ne s’est jamais vu dans le passé.

Le port de Québec, on l’oublie parfois, est ultra stratégique de par son positionnement sur le fleuve, sa profondeur d’eau et de par le fait qu’il est au cœur de la chaîne logistique des minéraux critiques, de la défense, etc., énumère Olga Farman.

Le projet du Port de Québec correspond selon elle aux ambitions du Canada de développer de nouveaux marchés internationaux, dans le contexte politique mondial actuel, et le contexte économique, faisant référence à la guerre commerciale dans laquelle le pays est plongé avec les États-Unis.

Le port de Québec est mis en vedette sur la page couverture du budget du gouvernement de Mark Carney.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Étude commandée par le Port de Québec à l’appui, elle fait miroiter des retombées économiques importantes en lien avec le chantier de modernisation. Au-delà du maintien des actifs et des opportunités commerciales futures, l’administration portuaire prévoit la création de 5000 à 7000 emplois pendant les 10 ans que dureront les travaux.

Le rapport de la firme Aviseo Conseil ajoute que les opérateurs portuaires déjà actifs au port de Québec seraient prêts à investir 570 millions $ sur leurs propres infrastructures si les quais sont modernisés. À ce sujet, Olga Farman y voit donc un chantier d’importance pour maintenir et attirer des entreprises dans la région.

Le Port imagine des quais intelligents, ayant des capacités d’électrification et respectant les plus hauts standards de construction et d’acceptabilité sociale.

Changements climatiques

Outre les intérêts économiques, le Port de Québec profiterait de la modernisation pour mettre en place des quais plus résilients dans un contexte de changements climatiques.

On prévoit notamment rehausser les quais pour anticiper la montée des eaux et les ondes de tempêtes. Le chantier permettra de préparer les quais à l’électrification à quai des navires marchands.

Le Port de Québec devra toutefois s’entendre avec Hydro-Québec afin d’obtenir les mégawatts nécessaires.

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Le Port de Québec a besoin de 1,7 G$ pour moderniser ses quais en piteux état | Radio-Canada

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Marchand s’oppose à la voie rapide pour QSL

Par Émilie Pelletier, Le Soleil

11 novembre 2025 à 14h24|

Mis à jour le11 novembre 2025 à 15h32

Le maire de Québec, Bruno Marchand (Caroline Grégoire/Archives Le Soleil)

Même s’il considère l’ajout d’un nouveau terminal de conteneurs au Port de Québec comme un projet de développement économique «intéressant», le maire de Québec prévient que son processus d’approbation ne doit pas être «court-circuité».

Bruno Marchand réagissait mardi aux inquiétudes citoyennes de voir le projet du promoteur QSL être placé sur la voie rapide de la loi fédérale C-5, qui vise l’accélération de grands projets d’infrastructures considérés «d’intérêt national», dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis.


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Des citoyens s’inquiètent d’un passe-droit pour les conteneurs de QSL

Les projets inclus dans la loi C-5 se voient facilités par des allégements sur les mécanismes d’évaluations environnementales et les processus de consultations publiques.



Or, le maire Marchand ne se montre pas favorable à une telle accélération pour un nouveau terminal qui pourrait faire transiter jusqu’à 250 000 conteneurs par année au Port de Québec.

«Nous sommes au fait du processus auquel devra être soumis le projet de QSL pour obtenir les approbations nécessaires. À notre connaissance, il n’a jamais été question que ce processus de consultation et d’évaluation soit court-circuité par C-5, et cela ne serait pas souhaitable», a commenté son cabinet dans une déclaration écrite au Soleil.

En matinée, une lettre ouverte faisait état de craintes partagées par plus de 450 citoyens, élus et regroupements, redoutant que l’entreprise QSL puisse «outrepasser» des étapes-clés en vue de faire approuver son projet.

Ne cachant pas leur désir d’éviter «d’autres activités industrielles préjudiciables pour les citoyens des quartiers centraux de Québec», les signataires s’opposent à ce qu’elle bénéficie d’un «un chèque en blanc», alors que les impacts de son projet restent encore à être précisés.

Le Port de Québec assure n’avoir pas l’intention de formuler la demande de voir Ottawa inclure le projet de QSL à la loi C-5.

Marchand en appui

Même s’il réclame que QSL ne puisse se soustraire à aucun processus d’acceptation de son projet, le maire de Québec a toujours affiché un «préjugé favorable» envers ce développement, auquel il attribue des «gains» projetés.

Malgré la pression citoyenne, Bruno Marchand a toujours refusé depuis des mois de rejeter le terminal de conteneurs envisagé dans le secteur de la baie de Beauport, parlant d’un projet «intéressant», pour ses retombées économiques et ses bienfaits écologiques potentiels.

Avec des préoccupations pour l’augmentation du camionnage en Basse-Ville, le bruit et la qualité de l’air, il a cependant prévenu que son appui ne constituait pas «un chèque en blanc».

Aux dernières nouvelles, la première phase du projet de QSL, qui s’inscrit dans le cadre d’un réaménagement des activités de l’opérateur, représenterait un investissement de 60 millions.

Affaires

Le terrain de jeu marin de deux jeunes pousses

Par Paul-Robert Raymond, Le Soleil

15 novembre 2025 à 04h11

Dans la baie de Beauport, Jean-Christophe Champin, fondateur de Nauti Metrics, ajuste son drone autonome flottant qui peut recueillir des échantillons d’eau qui sont analysés sur le champ. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Ces jours-ci, deux jeunes pousses ont achevé sur le fleuve Saint-Laurent le cycle de test de leur solution qu’elles visent à offrir à divers clients du secteur maritime.

Nauti Metrics, de Varennes, et Aquadrone, de Rimouski, ont eu accès à un immense terrain de jeu qu’est le Port de Québec pour mettre à l’épreuve leur savoir-faire. La première a conçu un drone autonome flottant — dans ce cas-ci, un catamaran miniature — qui peut récolter des échantillons d’eau pour en mesurer la qualité et aussi inspecter les fonds marins.

Lors de la visite du Soleil, Jean-Christophe Champin, fondateur de Nauti Metrics, pilotait son drone qui envoyait les résultats d’inspection de la baie de Beauport sur un ordinateur portable. La solution de la jeune pousse peut «analyser en temps réel jusqu’à 12 paramètres physico-chimiques indicateurs de la qualité de l’eau pour cartographier l’état de santé d’un lac ou d’une rivière».



Le drone flottant est tellement petit qu’il peut être rangé dans le coffre d’une auto. «C’est transportable par une personne. On le met à l’eau et il est équipé d’instruments différents», explique M. Champin.

Les résultats d’inspection du drone flottant de Nauti Metrics sont instantanément envoyés sur l’écran d’un ordinateur portable. (Frédéric Matte/Le Soleil)

«Il peut faire l’analyse de la pollution et l’échantillonnage d’eau et mesurer les fonds marins avec un sonar», ajoute-t-il. «L’idée, c’est de faire sortir la technologie des usines et des laboratoires pour l’amener directement sur le site.»

Cette solution évite d’envoyer des gens à bord d’un canot pneumatique pour recueillir des échantillons. «La sécurité est renforcée de 100 %, puisqu’on met seulement le drone à l’eau. Et l’opérateur reste sur la berge», complète-t-il.

«L’instrumentation et la technologie nous permettent aujourd’hui de ne plus être obligés d’envoyer des échantillons dans des laboratoires et puis attendre des jours, voire des semaines. Là, on a vraiment un résultat instantané.»

— Jean-Christophe Champin, fondateur de Nauti Metrics

La technologie de Nauti Metrics peut être déployée un peu partout dans le monde. «L’été dernier, on était à l’International Water Association à Toronto. Il y avait le congrès et des personnes du Japon, d’Afrique du Sud, et d’Inde qui étaient vraiment intéressées et qui nous ont dit: “S’il vous plaît, on a besoin de ça!”», raconte le fondateur de la jeune pousse.

«Parce qu’au Québec, on a de la chance. On a des laboratoires, on a du personnel pour suivre la qualité de nos eaux de surface. Mais d’autres pays n’ont pas ces ressources», enchaîne-t-il.

De l’aide pour les plongeurs

Le drone sous-marin d’Aquadrone peut être contrôlé à partir d’un quai, d’un véhicule ou d’un navire. (Aquadrone)

Spécialisée dans les interventions avec drones sous-marins, Aquadrone est la seconde jeune pousse qui a pu utiliser le secteur pour tester ses solutions. Celles-ci servent à inspecter sous l’eau des navires ou des infrastructures, sans mettre à risque inutilement des plongeurs.



Julien Carrier, président et fondateur d’Aquadrone. (Aquadrone)

«On s’est rendu compte qu’il y avait un certain besoin pour nettoyer les structures sous-marines sans être obligé d’utiliser les méthodes traditionnelles avec les plongeurs», explique Johannie Boucher, chargée de projet chez Aquadrone.

L’entreprise de Rimouski a donc expérimenté dans un environnement réel le prototype créé par son président et fondateur, Julien Carrier.

Et l’utilisation d’un tel appareil ne signifie pas le retrait des plongeurs, selon ce dernier. «C’est complémentaire», dit-il.

«Le sous-marin, on peut mieux le gérer dans le courant. Alors que le plongeur, il ne peut pas aller dans le courant, c’est trop risqué pour lui», ajoute M. Carrier.



Le drone sous-marin d’Aquadrone peut aussi servir à déplacer des sédiments. (Aquadrone)

La solution d’Aquadrone a suscité de l’intérêt de la part de scaphandriers dans différents ports.

«On a commencé le Port de Rimouski qui a montré un intérêt pour le déplacement des sédiments», relate Mme Boucher. «Puis, on a même eu de l’intérêt à l’international en Guadeloupe, qui est intéressée par le projet qu’on est en train de faire avec le Port [de Québec]. Ils veulent voir nos résultats à la fin.»

L’outil développé par Aquadrone coûterait de 50 000 $ à 60 000 $. Il peut être commandé à partir d’un bureau mobile dans un véhicule, d’un navire ou d’un pont.

Collaboration avec le Port et 2 Degrés

Michael Perreault, conseiller en innovation au Port de Québec, Jean-Christophe Champin, fondateur de Nauti Metrics, et Alexandre Guindon, , directeur général et fondateur de 2 Degrés. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Nauti Metrics et Aquadrone font partie de la récente cohorte d’entreprises, qui sont accompagnées par l’incubateur 2 Degrés.

«On est un incubateur en technologies propres. Notre rôle, dans ce dossier-là, est d’accompagner les jeunes pousses pour accélérer leur développement et leur donner accès à tout ce qu’elles ont besoin», affirme Alexandre Guindon, directeur général et fondateur de 2 Degrés.

«Notre rôle est aussi de travailler avec le Port de Québec pour l’aider à trouver des solutions qui répondent à ses défis, à ses besoins et aux objectifs établis.»

L’implication de l’administration portuaire dans ce projet-pilote a pour but de diversifier sa mission économique. «À la base, un port, c’est là pour transborder de la marchandise et de faire la liaison avec le cargo, le maritime, le ferroviaire et puis le camionnage», décrit Michael Perreault, conseiller en innovation au Port de Québec.

«Ce qu’on veut, c’est ouvrir nos infrastructures aux jeunes pousses qui ont des solutions et des besoins afin d’établir des contacts avec l’industrie», appuie-t-il.



«Elles ont besoin d’un milieu réel pour tester leurs solutions. Donc, on offre tout ça. On a la plage, mais on a aussi des quais, une marina, un aqueduc et un réseau électrique.»

— Michael Perreault, conseiller en innovation au Port de Québec

Elles ne sont pas les deux premières jeunes pousses à profiter de ce coup de main de la part du Port de Québec.

«De cette cohorte-là, ce sont les deux qu’on a retenues qui font le projet-pilote au port. L’année dernière, on avait deux autres jeunes pousses qui ont participé au projet. L’année prochaine, on vise à intégrer au moins cinq ou six autres jeunes pousses supplémentaires», termine M. Perreault.

Au moment de la rencontre avec Le Soleil, le Port avait déjà rencontré une douzaine de jeunes pousses pour la sélection de la prochaine cohorte. L’annonce du choix final des six participantes de l’année prochaine sera faite en décembre.