Politique provinciale

Des maires se sentent obligés de cotiser à la CAQ pour rencontrer un ministre

Des élus municipaux disent faire des dons politiques à la Coalition avenir Québec (CAQ) uniquement dans l’objectif de pouvoir rencontrer des ministres du gouvernement. Alors que certains élus n’y voient aucun problème, d’autres réclament que cette façon de faire soit abolie.

Pierre Fitzgibbon, verre à la main, discute avec deux hommes dans un cocktail.

Ces cocktails de financement sont souvent, selon des maires, une occasion de discuter avec le ministre présent.

Photo : Facebook - Pierre Fitzgibbon

Publié à 4 h 00 HNE

Voulant profiter du passage d’un ou d’une ministre dans leur région, plusieurs maires et mairesses ont fait un don à la Coalition avenir Québec (CAQ) afin de pouvoir participer à des soirées partisanes et ainsi obtenir une discussion avec le ou la ministre.

Incapables de rencontrer les ministres autrement, ces élus municipaux font donc le choix de payer 100 $ afin de pouvoir leur présenter des dossiers qui leur tiennent à cœur.

Dans certains cas, ce sont des militants du parti, mais d’autres se sentent dans l’obligation d’y assister pour le bien de leur municipalité.

C’est très malaisant, mais le système est fait comme ça.

Une citation de Martin Ferron, maire de Malartic

C’est un peu malsain, mais c’est ça le processus. On devrait être invités d’office au lieu d’être à l’accueil et d’être obligés de sortir notre carte de crédit et déclarer un don. Ça nous met en porte-à-faux. Moi, j’ai d’autres choses à faire, sérieusement, que donner de l’argent à un parti politique, mentionne M. Ferron, qui a fait des dons de 100 $ en 2019 et en 2021 à la CAQ pour ce type de rencontres.

Martin Ferron parle au micro dans le studio de Radio-Canada Abitibi-Témiscamingue.

Le maire de Malartic, Martin Ferron. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Martin Ferron a notamment pu rencontrer le ministre Fitzgibbon de cette manière. Il précise qu’un don fait au Parti libéral du Québec en 2018 avait le même objectif.

Le maire d’Amos, Sébastien D’Astous, assure ne pas être un militant de la CAQ, mais il paie pourtant son 100 $ au parti chaque année depuis 2019. Il affirme qu’il s’agit d’un don personnel fait dans l’objectif de rencontrer des ministres à titre de maire.

Si on veut avoir accès aux rencontres de différents ministres qui viennent en région, selon les partis, il faut être membre pour accéder à ces rencontres-là. Ce sont des activités politiques, mais c’est quand même un moment privilégié pour rencontrer les grands ténors des différents partis, explique le maire D’Astous.

Sébastien D'Astous pose pour la caméra.

Sébastien D’Astous, maire d’Amos. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Le maire de Saint-Antonin dans le Bas-Saint-Laurent, Michel Nadeau, nous a fait savoir qu’il prend chaque année sa carte de membre de la CAQ uniquement avec l’objectif de pouvoir rencontrer les ministres lors des activités organisées par le parti. En juin dernier, M. Nadeau est justement allé rencontrer le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, lors d’un cocktail de financement à Rivière-du-Loup. Il estime que c’est la marche à suivre depuis des années.

Publicité

Un accès transparent demandé

Les activités de financement politique existent depuis toujours. Tous les partis doivent en faire pour amasser de l’argent. La CAQ n’est d’ailleurs pas le premier parti à mettre ses ministres de l’avant pour aider au financement.

Le coût pour assister aux différents cocktails de la CAQ est généralement de faire un don de 100 $ au parti politique. Sympathisants et gens du milieu des affaires y sont également présents.

Le maire de Rivière-du-Loup, Mario Bastille, indique pour sa part être donateur de la CAQ par conviction personnelle, mais refuse d’assister à ce type de rencontre.

On doit avoir accès à nos ministres de façon transparente dans le cadre de notre travail et non dans un 5 à 7 sur le coin en mangeant un sac de chips et en prenant une liqueur.

Une citation de Mario Bastille, maire de Rivière-du-Loup

Mario Bastille alors qu'il anime la séance du conseil municipal.

Le maire de Rivière-du-Loup, Mario Bastille. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

C’est comme si demain matin, à la Ville de Rivière-du-Loup, un citoyen ou des gens d’affaires disaient : ‘’On a projet ou une problématique, il faut rencontrer notre maire et il faudrait que tu payes pour rencontrer ton maire. Pour moi, ça ne fait pas de sens. Je comprends que ça se fait, ce n’est pas illégal de le faire, ça c’est clair, mais dans mes valeurs, il n’est pas question que je sorte de l’argent de mes poches ou que la Ville sorte de l’argent de ses poches pour rencontrer un ministre, explique M. Bastille.

Publicité

Tous les maires assurent avoir utilisé leur argent personnel pour effectuer des dons au parti politique.

« Ce n’est pas nécessaire pour eux d’acheter une carte de membre »

Au cabinet du premier ministre, on assure par courriel que la décision d’assister à un cocktail de financement appartient à chaque personne.

En aucun cas nous ne forçons un maire ou une mairesse à assister à un cocktail de financement pour pouvoir rencontrer et échanger avec des ministres, affirme Ewan Sauves, attaché de presse de François Legault.

M. Sauves précise que les élus peuvent formuler une demande formelle au cabinet concerné ou au député de l’endroit Soyons clairs : ce n’est pas nécessaire pour eux d’acheter une carte de membre de la CAQ pour avoir accès à nos élu(e)s, ajoute-t-il.

Une assemblée partisane de la CAQ avec plusieurs dizaines de personnes.

Certains cocktails de financement sont fort achalandés. comme celui-ci ayant eu lieu dans la circonscription du ministre Fitzgibbon en 2020.

Photo : Facebook - Pierre Fitzgibbon

La directrice générale de la Coalition avenir Québec, Brigitte Legault, n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue, mais au téléphone, elle assure aussi que personne n’a jamais été forcé d’assister à ce type d’événement.

Mme Legault mentionne ne pas comprendre pourquoi des élus municipaux disent prendre des cartes de membre du parti pour rencontrer des ministres. Elle soutient que les élus ont bien d’autres occasions de rencontrer les ministres et que ceux-ci ont souvent de nombreuses rencontres avec des organisations et des élus de la région où se déroule l’activité de financement en question.

Des élus « pris au piège »

Professeur à l’École nationale d’administration publique et ex-ministre des Affaires municipales au gouvernement du Québec, Rémy Trudel estime que cette situation est inopportune et malsaine.

Il y a un mot pour décrire ce phénomène : ça s’appelle un piège. La personne qui est élue dans un conseil municipal, en toute bonne foi pour sa municipalité, va dire oui, je vais prendre une carte de parti politique et je vais participer quand il y a des frais à l’activité politique, fait observer l’ancien député péquiste de Rouyn-Noranda - Témiscamingue.

Rémy Trudel, ancien ministre des Affaires municipales et aujourd'hui professeur à l'École nationale d'administration publique (ÉNAP)

Rémy Trudel, ex-député péquiste de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, ancien ministre des Affaires municipales et aujourd’hui professeur à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP).

Photo : Radio-Canada

M. Trudel souligne par ailleurs le caractère particulier de la situation. L’élu ne peut pas se faire rembourser ce don puisque ce serait illégal. Les élus donnent alors à titre personnel, mais en disant pourtant, dans certains cas, agir pour le bien de leur municipalité.

C’est un élément fondamental de notre démocratie. Des élus qui veulent parler à des élus, c’est extrêmement simple, mais ce qui est malsain, c’est de leur faire payer l’adhésion à un parti politique et des frais pour participer à une activité, fait-il remarquer en affirmant que les élus municipaux devraient rester neutres et ne pas s’afficher pour un parti politique en particulier. M. Trudel souhaiterait qu’ils ne soient plus sollicités à l’avenir par les partis politiques.

Ce serait intéressant que les élus soient exclus de ce mode de financement. Moi, j’aime garder ma neutralité, mais c’est comme si je n’en avais pas. C’est ce qui n’est pas agréable, parce qu’on travaille avec les gens qui sont en place, pas avec un parti, explique Martin Ferron en précisant que les dons effectués par des individus aux partis politiques sont maintenant accessibles à tous sur internet.

La collaboration et le dialogue entre les élues et élus de tous les paliers gouvernementaux sont essentiels à la démocratie, et ce, au bénéfice des citoyennes et citoyens, et doivent se faire sans frais, estime de son côté Martin Damphousse, maire de Varennes et président de l’Union des municipalités du Québec dans une réponse écrite.

Le président de l'UMQ Martin Damphousse

Le président de l’UMQ, Martin Damphousse. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Une pratique commune

Des élus municipaux ont confié à Radio-Canada avoir aussi fait des dons pour des activités de financement du Parti libéral du Québec et du Parti québécois. Les données disponibles en ligne démontrent d’ailleurs que plusieurs élus ont fait des dons lorsque ces partis étaient au pouvoir.

Certains voient dans ces dons une forme de reconnaissance pour le travail effectué par leur député local. C’est le cas du maire de La Malbaie, Michel Couturier, et de la mairesse de Chibougamau, Manon Cyr.

Veut, veut pas, on développe des liens avec les députés qui travaillent avec nous. Ça devient une collaboration. Évidemment, les règles étant ce qu’elles sont, ils ont quand même une partie de financement à faire, alors quand ils nous sollicitent, je pense que c’est bon joueur, c’est cordial, c’est de respecter les personnes en place, d’avoir une bonne collaboration avec eux. C’est comme ça que je le vois. Je ne me sens aucunement forcé, raconte Michel Couturier.

Manon Cyr parle devant une affiche.

La mairesse de Chibougamau, Manon Cyr. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Les gens qui me connaissent le savent : quand j’ai quelque chose à dire à quelqu’un, qu’il soit ministre, député ou premier ministre, je dis ce que j’ai à dire. Je pense que c’est important, affirme pour sa part Manon Cyr, qui soutient que faire des dons à la CAQ ne lui fait pas perdre son autonomie ou son indépendance.

Mme Cyr dit avoir contribué à la CAQ dans les dernières années pour souligner le travail du député Denis Lamothe, tout comme elle l’a fait auparavant avec le député libéral Jean Boucher.

Je pense qu’il y a maintenant des adéquations qui sont devenues trop faciles dans notre société. Il y a beaucoup de méfiance, beaucoup de suspicion, mais écoutez, si je suis en accord avec un député au pouvoir dans ma région, c’est bien au-delà de parce que je travaille avec lui ou que je vais à une activité de financement. C’est arrivé aussi d’avoir de grands désaccords avec des députés de ma région, signale Michel Couturier.

Québec a économisé 1,3 milliard avec les grèves

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Depuis le début des grèves, Québec a économisé 1,3 milliard de dollars en rémunération non versée, selon les calculs minutieux d’un économiste de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).


Francis Vailles
Francis Vailles La Presse

J’ai le plus grand respect pour les enseignants qui ont choisi de débrayer sans fonds de grève. Leurs sacrifices montrent à quel point ils veulent du changement.

Publié à 4h17 Mis à jour à 7h30

Partager

Mais une question se pose : les grévistes seront-ils perdants, au bout du compte, en combinant pertes de salaires et hausses de rémunération ?

Et sous l’autre angle, le gouvernement fait-il poireauter les enseignants dans le but d’économiser pour financer les augmentations ?

Deux réponses, à mon avis. Pour les jeunes, les pertes de salaires seront amplement comblées par les gains à long terme. Pour certains vieux employés, toutefois, l’équation sera perdante.

La somme en jeu ? Depuis le début des grèves, Québec a économisé 1,3 milliard de dollars en rémunération non versée, selon les calculs minutieux d’un économiste de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), auxquels j’ai eu accès. Les calculs ont été réalisés à partir des données financières du gouvernement du Québec.

La somme est fort impressionnante. Pour l’estimer, la CSQ a essentiellement calculé la masse salariale par jour des différents groupes et multiplié le tout par leur nombre de jours de grèves respectifs depuis le début des « hostilités ».

L’écart entre les groupes varie selon le nombre de grévistes et de jours de grève, essentiellement (voir tableau). Par exemple, les enseignants de la FAE sont en grève depuis plus longtemps, mais ils comptent 66 500 membres, comparativement à 225 000 pour la CSQ et 80 000 pour la FIQ.

Présentée autrement, en éducation, une journée de grève fait économiser 14,6 millions au gouvernement avec la FAE et 62 millions avec le Front commun (écoles et cégeps, enseignants et personnel de soutien).

En santé, une journée de grève représente des économies de 35,8 millions avec le Front commun et 29,3 millions avec les syndiqués de la FIQ.

Évidemment, ces économies supposent que le gouvernement ne fera pas récupérer les jours perdus par les employés après la signature des conventions. L’économie nette pourrait être moindre, donc, si le gouvernement prolonge le calendrier scolaire ou demande des heures supplémentaires aux infirmières pour rattraper les opérations retardées.

Est-ce une perte pour les grévistes ? Essentiellement non, selon moi. Je ne suis pas le plus grand syndicaliste, mais je suis convaincu que dans un conflit de travail, les moyens de pression des syndiqués finissent par forcer l’employeur à bonifier ses offres.

Depuis le début, d’ailleurs, Québec a révisé son offre salariale, la faisant passer de 9,3 % sur 5 ans à 10,3 %, puis à 12,7 %. François Legault a laissé miroiter une autre hausse s’il obtient une certaine flexibilité de la part des enseignants et des infirmières, notamment.

Surtout, il faut comprendre que l’économie de 1,3 milliard est ponctuelle, alors que les hausses salariales seront récurrentes et donc ajoutées aux dépenses du gouvernement – et aux salaires des employés – à chacune des prochaines années.

Par exemple, une hausse de 1 % de la rémunération dès l’année 1 de la convention coûte environ 414 millions par année au gouvernement, estime la CSQ.

Ainsi, si les syndiqués réussissent à extirper 3 points de pourcentage de plus au gouvernement et que cette bonification s’applique dès la première année, le gain sera de 1,2 milliard au terme de cette première année (414 millions X 3).

Cette somme est pratiquement aussi importante que les salaires perdus par les syndiqués à ce jour. Et à chacune des années suivantes, ce gain de 1,2 milliard s’ajoute, pour totaliser 12 milliards sur 10 ans, par exemple, soit 10 fois les pertes de salaires.

Le corollaire, vous l’aurez compris, c’est que les gains seront moindres pour les grévistes qui prévoient quitter leurs postes avant longtemps. Par exemple, un employé de l’État qui prend sa retraite l’an prochain sera vraisemblablement perdant.

Pourquoi, concrètement ? Parce que dans l’offre bonifiée de 10,3 % qui a précédé les grèves, une part de 4,3 points s’appliquait dès la première année. Or, ce 4,3 % n’a pas changé dans la plus récente offre, si bien que pour ce futur retraité, les journées de grève ne lui auront pas fait obtenir davantage avant de tirer sa révérence.

Autre angle d’analyse : la comparaison des pertes de salaire avec le montant forfaitaire de 1000 $ promis par le gouvernement. Ces 1000 $ représentent autour de 470 millions pour l’ensemble des employés, selon la CSQ. Les pertes de 1,3 milliard en salaires sont donc trois fois plus importantes que le montant forfaitaire.

Il n’y a pas que les salaires, bien sûr. Les enseignants, par exemple, espèrent faire des gains dans la composition de la classe, ce qui pourrait leur rendre la vie plus facile au cours des prochaines années. Et ce gain n’est pas nécessairement chiffrable.

Quoi qu’il en soit, je crains que les grévistes ne soient déçus des résultats, vu leurs sacrifices et leurs très grandes attentes. Leur lutte aura immanquablement apporté des gains, mais l’école du Québec, pour prendre ce secteur, ne sera pas complètement transformée, une fois la nouvelle convention signée.

Les millions de la FAE

J’ai été enseveli de réactions pour ma chronique « Les millions de la FAE », publiée vendredi. J’aimerais revenir sur deux éléments.

D’abord, les sept membres de l’exécutif de la FAE, notamment Mélanie Hubert, ne sont pas payés pendant la grève, comme leurs syndiqués. En revanche, la quarantaine d’employés permanents de la FAE (conseillers syndicaux, personnel administratif, etc.) sont évidemment payés.

À la CSQ, la situation est un peu différente. Les membres de l’exécutif, comme le président Éric Gingras, perdent le salaire du poste qu’ils occupaient (enseignant dans le cas de M. Gingras) durant les jours de grève, mais continuent de toucher la portion additionnelle qui leur est attribuée pour les fonctions de dirigeant. La CSQ me dit que cette portion est moindre que le salaire d’un enseignant.

Je n’avais pas abordé cette question dans la chronique, mais vous m’avez avidement demandé cette information.

Par ailleurs, j’ai écrit dans cette chronique que les membres de la FSE n’avaient pas voté pour une grève générale illimitée, contrairement à ceux de la FAE. C’est inexact : les enseignants de la FSE, membres du Front commun, ont voté en faveur de grèves par séquences pour commencer, suivies de la grève générale illimitée éventuellement. Mea culpa.

Ça ne va pas super bien dans les négos

Le Front commun part en grève illimitée après les Fêtes

Vu dans mon fil X

Devant le constat qu’aucune hypothèse d’entente de principe n’était atteinte, le #Frontcommun a réitéré que si aucune entente ne survient d’ici la fin de l’année, nous déclencherons rapidement la GGI au moment opportun en début d’année 2024.

https://www.frontcommun.org/info-nego-20-decembre/

1 « J'aime »

Tant qu’à parler du Front Commun, un petit geste que je trouve très reussi est l’affichage dans les fenêtres du haut du cégep du Vieux-Montréal “TOUS UNIS !”, c’est très visible et percutant.

@Claude, peut-être que tu le vois de chez toi?

3 « J'aime »

9 « J'aime »

Voici une photo d’une manifestation le 4 décembre dernier sur une neige fraichement tombée.

5 « J'aime »

Denis Coderre lorgne la direction du PLQ

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Denis Coderre, quelques jours avant sa défaite aux élections municipales de novembre 2021

L’ancien maire de Montréal et ex-ministre fédéral Denis Coderre envisage de se porter candidat au poste de chef du Parti libéral du Québec, a appris La Presse.

Publié à 0h57 Mis à jour à 5h00

Partager


Bruno Marcotte
Bruno Marcotte La Presse

S’il refuse d’en parler en public, en privé, auprès de plusieurs personnes, il n’en fait pas un mystère : il « réfléchit sérieusement » à l’idée d’entrer dans la course au leadership du parti, sans chef permanent depuis le départ de Dominique Anglade, en novembre 2022. Le prochain chef doit être choisi en 2025.

Depuis plusieurs mois, M. Coderre multiplie les rencontres pour mesurer ses appuis, et en privé, il se dit encouragé de l’accueil.

Élu député fédéral de Bourassa, dans le nord-est de Montréal, en 1997, il a occupé divers ministères. Il a démissionné du Parlement d’Ottawa en 2013 pour se présenter à la mairie de Montréal, où il a été élu en novembre. Défait par Valérie Plante après un mandat en 2017, il a tenté de se faire réélire en 2021, sans succès.

Depuis, il a travaillé comme consultant et commentateur sportif à la radio, avant de subir un accident vasculaire cérébral, en avril dernier. L’homme de 60 ans s’en est remis et dit autour de lui que son neurologue lui donne le feu vert, sans restriction.

Sa candidature potentielle est loin de faire l’unanimité, mais jusqu’à maintenant, ce poste clé n’a suscité que très peu d’intérêt.

À ceux qu’il rencontre, l’ancien ministre de l’Immigration fait valoir sa connaissance des dossiers politiques actuels, son expérience politique et sa grande notoriété. Si certains voient en lui un candidat capable d’enfin mettre le PLQ à l’avant-scène médiatique, d’autres voient au contraire en lui un politicien d’une autre époque, plombé par deux défaites successives à Montréal.

Aucune annonce n’est prévue pour l’heure, mais sa campagne dans les coulisses semble toutefois entrer maintenant dans une nouvelle phase, publique celle-là.

Pire défaite du PLQ

Aux élections d’octobre 2022, le PLQ a subi la pire défaite électorale de son histoire. Le parti avait réussi à faire élire 21 députés, n’obtenant toutefois que 14,3 % des suffrages exprimés, un creux historique. Les sondages des derniers mois ne sont guère plus favorables au PLQ.

Dans la foulée de ce résultat décevant, le leadership de la cheffe Dominique Anglade a été mis à mal, menant à son départ de la vie politique.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Dominique Anglade a annoncé sa démission comme cheffe du Parti libéral du Québec en novembre 2022.

Elle a ainsi laissé sa circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne vacante. Comme une tuile de plus qui s’abat sur le PLQ, c’est le solidaire Guillaume Cliche-Rivard qui a été élu pour lui succéder.

Marwah Rizqy a été abondamment sollicitée pour briguer la direction, mais a renoncé en septembre dernier à ce projet, du moins pour le moment. Au moment de cette annonce, Mme Rizqy a résumé en un mot ce qu’elle attendait du futur chef libéral : « flamboyant ».

Frédéric Beauchemin intéressé

Pour l’heure, seul le député Frédéric Beauchemin manifeste toujours son intérêt à se lancer dans la course. Ce dernier a été expulsé du caucus libéral en octobre dernier en raison d’une plainte pour harcèlement psychologique. Il y a été réintégré en décembre après le retrait de la plainte.

Les députés André Fortin et Monsef Derraji, pressentis pendant un temps, ont tous deux annoncé qu’ils ne seraient pas candidats. Le chef intérimaire, Marc Tanguay, a fait de même. C’est en octobre dernier, à l’occasion du conseil général du parti à Drummondville, que le PLQ a annoncé sa décision d’élire son prochain chef au printemps 2025.

Avec la collaboration d’Yves Boisvert, La Presse

Denis Coderre en bref

1997

Denis Coderre est élu député libéral dans la circonscription fédérale de Bourassa, à Montréal, poste qu’il occupera pendant 16 ans. Il officiera notamment comme ministre de l’Immigration.

16 mai 2013

Toujours député libéral fédéral, il se lance en politique municipale en créant la formation Équipe Denis Coderre pour Montréal.

3 novembre 2013

Il est élu maire de Montréal avec un peu plus de 31 % des voix, devançant ses adversaires Mélanie Joly et Richard Bergeron.

5 novembre 2017

En lice pour être réélu en 2017, Denis Coderre est défait. Dans le discours où il reconnaît la victoire de Valérie Plante, M. Coderre annonce qu’il quitte la politique municipale.

28 mars 2021

Lors d’un passage à Tout le monde en parle, Denis Coderre annonce son retour en politique pour les élections municipales. Il se présente au poste de maire avec son ancien parti, qui avait été rebaptisé Ensemble Montréal.

7 novembre 2021

Denis Coderre est de nouveau défait par Valérie Plante. Cinq jours plus tard, il annonce qu’il refuse de siéger comme chef de l’opposition à l’hôtel de ville et qu’il quitte la vie politique pour de bon.

11 avril 2023

Denis Coderre fait un accident vasculaire cérébral le forçant à réapprendre à marcher et à parler. « Je remercie le bon Dieu », dit-il sur les ondes de QUB, en juin.

1 « J'aime »

His analysis of Legault’s drop in the polls was interesting. Suggesting that his blunt approach and elected supermajority in the National Assembly has isolated him from allies and resources, so when crises like strikes and union negotiations appear he has only a hammer and everything is a nail.

I think Coderre would be a decent party leader, but only if he truly has recovered from his stroke. No office is worth sacrificing one’s health.

Antoine Charest is also a measured, intelligent man that seems to have vision to make the Liberal party appeal to francophone Quebecers, a demographic they’re not quite meeting.

I think 2024 and 2025 will be an important year for the PLQ to decide where they fit in our post-CAQ province.

Il ne veut pas que les squelettes ressortent :wink:

image

https://twitter.com/RomainSchue/status/1745174156394545277

Et il a bloqué le journaliste Thomas Berbet!

image

1 « J'aime »

Il commence en force! :grimacing:

Par contre, quand on va dans la section « Médias », tous les tweets accompagnant les photos et vidéos sont là :wink:

https://twitter.com/DenisCoderre/media

1 « J'aime »

Ça fait plus d’un an que c’est ainsi. C’est pas nouveau.

Décidément Coderre doit aller se cacher dans un trou parce que dès qu’il montre sa tête ça cherche à l’allumer.

1 « J'aime »

Essentiellement

image

L’éternel retour de Coderre

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

L’ancien maire de Montréal Denis Coderre


Paul Journet
Paul Journet La Presse

La candidature de Denis Coderre à la direction du PLQ n’est pas démentie par le principal intéressé. Dans ce cas-ci, l’expression prend tout son sens. Car M. Coderre semble la personne la plus intéressée par son retour.

Publié à 1h18 Mis à jour à 5h00

Partager

J’ai fait de nombreux appels mercredi, et la réponse était la même. Elle était formulée poliment, le plus souvent. Mais à des fins de concision, en voici un résumé brutal : on veut qu’il se présente, et on veut qu’il perde.

Sa candidature est bienvenue, à cause de sa notoriété. Le Parti libéral du Québec (PLQ) veut éviter le scénario de 2020. Dominique Anglade était la seule candidate – l’establishment avait incité Alexandre Cusson à plonger, mais il s’était désisté en cours de route. Avec M. Coderre, ce ne serait pas plate. Il y aurait des débats.

Son style populaire romprait avec l’image de parti d’élites et d’urbains. Inépuisable vendeur, il recruterait de nouveaux membres. Il ne craint pas non plus la controverse et il s’assume lorsqu’il est convaincu d’avoir raison.

Son arrivée pourrait aussi motiver d’autres personnes à se lancer. Aux élections municipales de Montréal en 2021, des candidats attendaient que M. Coderre bouge avant de se décider. Quand il est entré en scène, ces gens ont renoncé à l’affronter.

Cette fois, ce pourrait être le contraire. Car plusieurs libéraux craignent sa venue. Particulièrement dans le caucus, où certains appréhendent son manque d’écoute et son intérêt limité pour le travail en équipe. L’arrivée de M. Coderre intensifierait les recherches pour lui trouver un opposant crédible.

M. Coderre a des atouts. Il est expérimenté. Son réseau est aussi vaste que son ambition. La politique, c’est sa vie. Plus il est loin d’un micro, moins il respire.

Il semble avoir déjà scénarisé ce nouveau retour. Il a heureusement réussi à se remettre d’un AVC. Il publiera un deuxième livre au retour de son périple, au printemps, sur le chemin de Compostelle. Comme s’il allait chercher une caution d’un ordre supérieur après s’être rapproché du ciel.

Ce crescendo cinématographique mènerait à un dévoilement de candidature peu avant le lancement officiel de la course, anticipé pour l’automne.

L’automne dernier, le Comité sur la relance du PLQ publiait un rapport inspiré par une vaste consultation des militants. La recommandation principale se résumait en un mot : renouveau.

Il est difficile de voir comment M. Coderre l’incarne.

Les libéraux les plus optimistes voient les caquistes chuter dans les sondages. Ils notent que les péquistes, dont on annonçait la mort, mènent désormais. Et ils constatent que cette remontée s’explique entre autres par la nouvelle façon de faire de la politique de Paul St-Pierre Plamondon. Cela explique aussi le succès de Bruno Marchand et des autres maires et mairesses élus pour la première fois en 2021.

C’est une question de style, et non d’âge.

M. Coderre sort de deux défaites consécutives au municipal. Pourtant, en 2017 et en 2021, il avait commencé avec une avance. Il l’a bousillée à cause de tics de personnalité qui n’ont pas disparu.

Il y a d’abord l’ego. Mardi, il soutenait ceci : « si je n’avais pas parlé d’itinérance en 2013, on n’en parlerait pas aujourd’hui ». Comment dire… Les politiciens sont des êtres complexes, et M. Coderre a un côté lumineux. Il aime les gens. On m’a aussi souvent raconté que le dossier le touchait et qu’il s’arrêtait pour jaser avec des personnes en situation d’itinérance et les aider.

N’empêche que sa déclaration est burlesque. Le plus effrayant est qu’il semble y croire. Avec la même audace, il a profité du passage du pape François pour lui offrir le livre de sa précampagne municipale perdante.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE FACEBOOK DE DENIS CODERRE

Denis Coderre rencontre le pape François dans le cadre de sa visite au Canada à l’été 2022.

Ensuite, il y a sa passion immodérée du pouvoir. En 2019, il excluait de briguer la direction du PLQ. « Tu ne peux pas te présenter à tous les râteliers », disait-il. Mais après le fédéral et le municipal, le provincial l’intéresse désormais.

Puis, il y a son rapport tumultueux avec la vérité. En mai 2021, il était surpris avec son cellulaire au volant. Un mea culpa et 43 secondes plus tard, on aurait changé de sujet. Mais malgré la photo, il s’entêtait à nier. Et on se demandait : comment réagira-t-il quand les faits lui prouveront une erreur sérieuse devant être corrigée ?

Il y a aussi le manque d’écoute. Il n’est pas réputé pour sa réceptivité aux conseils. En juin 2021, il étonnait son équipe avec des positions très spontanées, comme l’interdiction de l’alcool dès 20 h dans les parcs. On me raconte que ces coups de gueule avaient rebuté à l’époque des candidats vedettes pressentis pour se joindre à son équipe municipale, comme Christine Fréchette, aujourd’hui ministre caquiste de l’Immigration.

Et enfin, il y a la confusion entre les idées et les slogans. M. Coderre croit pouvoir faire le pont entre les francophones et les anglophones. C’est ce qu’il prétendait aussi en 2021 après avoir recruté Hadrien Parizeau, petit-fils de l’ex-premier ministre péquiste. Mais en fin de campagne, M. Coderre l’avait surpris – et déçu – en attaquant soudainement la réforme de la Charte de la langue française. En chute dans les sondages, il s’était mis à courtiser l’électorat d’un candidat marginal hostile à la défense du français.

Cela condense son style d’une autre époque : un politicien de carrière qui raffole de la joute, qui admet mal ses erreurs, qui est idéologiquement fluide et qui préfère être seul sur la scène.

Sur le plan national, les campagnes sont plus rudes qu’au municipal. Les candidats parcourent le Québec pendant cinq semaines avec des reporters qui les talonnent sans relâche. La tendance de M. Coderre à bougonner et à bouder inquiète particulièrement des libéraux.

Mais pour l’instant, M. Coderre fait parler de lui et du parti. Et pour les deux, c’est une excellente nouvelle.

2 « J'aime »

Les caricaturistes s’en donnent à coeur joie aujoud’hui

Chapleau dans La Presse

Godin dans Le Devoir

image

Ygreck dans le Journal de Montréal/Journal de Québec

8 « J'aime »

La mort du PLQ, ça serait maintenant l’Équipe Coderre ! Il pourrait aussi accepter le Parti Libéral de Coderre.

Denis Coderre et la « chaise du chef »

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Denis Coderre pendant la campagne électorale de 2021, à Montréal


Michel C. Auger
Michel C. Auger Collaboration spéciale

On ne s’étonnera pas qu’un amateur de hockey comme Denis Coderre soit un partisan de la « théorie des chaises » de Martin St-Louis, l’entraîneur et philosophe en résidence du Canadien de Montréal. Elle pourrait se résumer ainsi : dans la vie, il faut savoir quelle est sa chaise, mais aussi être capable de voler une chaise pour avancer.

Publié à 1h54 Mis à jour à 6h00

Partager

Denis Coderre, lui, n’a jamais vu une chaise de chef libre sans avoir envie de l’occuper. Après la défaite du Parti libéral du Canada aux élections de 2011 et la démission de Michael Ignatieff, il avait déjà annoncé que son avenir était « à la chefferie [du PLC] ou à la mairie » de Montréal.

Quand il est devenu évident que Justin Trudeau allait être le prochain chef du Parti libéral, Denis Coderre s’est donc tout naturellement tourné vers la mairie de Montréal, où, après l’administration discréditée de Gérald Tremblay, un comité exécutif de fortune gérait les affaires courantes.

Il fut élu maire le 3 novembre 2013, mais avec à peine 32 % des voix – beaucoup moins que les prévisions des sondages – et sans majorité au conseil municipal. Pas précisément un mandat fort.

Cela n’a pas empêché Denis Coderre, finalement boss de quelque chose, de décréter qu’il y avait désormais « un nouveau shérif en ville ». Et de se comporter comme tel.

Quatre ans plus tard, la sanction fut sévère. Avec 45 % des voix – contre 51 % pour une Valérie Plante alors pratiquement inconnue du public –, Denis Coderre était désavoué par ses concitoyens.

PHOTO SIMON GIROUX, ARCHIVES LA PRESSE

Excédé par le comportement « sauvage » de Postes Canada dans l’implantation de ses boîtes postales communautaires, le maire de Montréal avait lui-même détruit une installation de la société d’État dans un parc de Pierrefonds, en août 2015.

Le shérif avait un bilan bien mince. Il avait laissé l’administration quotidienne à son président du comité exécutif pour se concentrer sur les dossiers qui l’intéressaient : un décevant statut de métropole octroyé par Québec, beaucoup de voyages pour pratiquer ce qu’il appelait la « diplomatie municipale » et un appui de tous les instants au retour des Expos et à la construction d’un stade au centre-ville.

Sa défaite ne l’a pas empêché de préparer son grand retour à la mairie. Mais aux élections de novembre 2021, il fut défait une nouvelle fois par Valérie Plante, l’ancien maire obtenant cette fois un peu moins de 38 % des voix.

Que s’est-il passé après toutes ces années de vie politique pour que Denis Coderre soit ainsi rejeté deux fois par ses concitoyens ? Dit simplement, ce qui était vu comme des qualités à une certaine époque était devenu des défauts pour un politicien.

Personne n’a jamais douté qu’il travaillait fort. Ce bourreau de travail ne comptait pas ses heures. Il était partout en ville, ce qui lui a valu le surnom d’omnimaire. Mais à l’hôtel de ville, on appelait ça « le one-man-show Coderre », le travail en équipe n’ayant jamais été son fort.

Les électeurs voulaient une autre approche, qu’on s’occupe un peu plus d’urbanisme et moins de développement. On lui a aussi reproché son désintérêt pour les transports en commun.

Il y avait aussi une question de style. Il fut un temps où les hommes forts, qui fonçaient sans trop écouter les critiques, avaient la cote. Jean Drapeau en fut le meilleur exemple. Mais après le fiasco du chantier olympique, les « grands projets » ont commencé à être vus avec beaucoup de suspicion.

De même, les électeurs ne voulaient plus de politiciens qui cultivent le secret – l’essence même du style Drapeau – et exigeaient plutôt transparence et reddition de comptes. Pas vraiment une des priorités du maire Coderre.

Plusieurs analystes ont soutenu qu’il avait perdu sa réélection en 2017 essentiellement parce qu’il avait refusé de dévoiler le bilan financier désastreux de la course de Formule E, qui avait été organisée par la Ville.

Et, il faut le dire, Denis Coderre ne détestait pas utiliser l’intimidation pour arriver à ses fins.

Une question posée par un journaliste ou un opposant, jugée inopportune, pouvait provoquer des menaces et une place sur sa liste noire personnelle. En toute honnêteté, il faut aussi dire que la rancune de Denis Coderre ne durait jamais très longtemps.

Mais il a toujours eu du mal à cacher son côté bully, comme on dit en anglais, et quand quelque chose ne faisait pas son affaire, il élevait la voix et pouvait rapidement recourir à la menace.

À son retour en 2021, un journal avait publié une photo le montrant avec un cellulaire au volant. Au lieu de s’excuser et de passer à autre chose, il a tout nié sur le ton de la confrontation avec tous ceux qui l’interrogeaient sur la question. Ce type d’intimidation n’était déjà plus toléré de la part d’un politicien.

Il se dit maintenant intéressé par la direction du Parti libéral du Québec, une option qu’il rejetait il y a 14 mois en disant : « Tu ne peux pas te présenter à tous les râteliers. » Sage conseil. Dommage que, voyant encore une fois une chaise de chef qui était libre, il ne s’en souvienne plus.

au moins un poste dans le salon bleu semble beaucoup plus adapté à son style de leadership. Coderre aime assister aux événements et à la diplomatie… les opérations quotidiennes, un peu moins. Diriger un parti politique à Québec sera tout à fait dans ses cordes.

2 « J'aime »

Whoa, La Presse is not a fan of Coderre. It’s interesting to read a synopsis of his mayoral record without much reference to his time as an MP, which is a much closer approximation to a role in the National Assembly than the Mayor’s seat was.

Honestly, I did not see a single mention beyond the reference to him leaving federal politics when Trudeau was a frontrunner for the leadership… but the man was an MP for over 15 years and a cabinet member for over half of that.

You’d think that there would be some lessons learned about his statesmanship considering his seat in parliament during the incredibly transformative period between post-referendum Quebec and the rise of the CAQ… curious. :thinking:

At the very least, it will be an interesting leadership bid, and it will get the PLQ what they sorely need: visibility and some pizazz.

1 « J'aime »

Les dons au Parti conservateur du Québec en chute libre

Éric Duhaime en conférence de presse.

Après avoir explosé en 2021 et en 2022, le financement populaire du Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime est de retour au même niveau qu’en 2020. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Publié à 4 h 00 HNE

L’effet mobilisateur de la pandémie semble s’être essoufflé au sein du Parti conservateur du Québec (PCQ). En 2023, la formation politique d’Éric Duhaime n’a récolté que 56 825 $ en dons auprès de sa base, un montant qui correspond à peine au tiers du salaire de son chef.

Ce résultat peut difficilement se comparer aux 676 101 $ amassés par le PCQ en 2022, car il s’agissait d’une année électorale, ce qui permettait aux donateurs de verser jusqu’à 200 $, soit le double de ce qui est normalement autorisé.

Or, en 2021, le PCQ avait récolté 300 877 $, c’est-à-dire presque six fois plus que l’an dernier. Il y a une rupture assez claire, ce n’est pas marginal comme chute, analyse Éric Montigny, professeur de science politique à l’Université Laval.

À son avis, le PCQ subit peut-être l’effet de la démobilisation des membres qui avaient d’abord rejoint ses rangs en réaction aux mesures sanitaires liées à la COVID-19. La pandémie est loin derrière nous, donc il y a un besoin pour le parti de remobiliser une base sur d’autres enjeux. Ça peut être plus difficile.

Il faudra voir dans la durée quelle sera l’évolution de la tendance, mais il y a quand même un signal inquiétant qui se cache derrière ces chiffres-là.

Une citation de Éric Montigny, professeur de science politique à l’Université Laval

Éric Montigny en studio.

Éric Montigny, professeur de science politique à l’Université Laval

Photo : Radio-Canada / Nicolas Bilodeau

Les données de 2023, obtenues grâce à l’outil de recherche sur les donateurs d’Élections Québec, démontrent que le PCQ est de retour au même niveau de financement populaire qu’en 2020, soit l’année où Éric Duhaime a annoncé qu’il allait briguer la chefferie.

Pourtant, en 2021 et en 2022, le PCQ avait atteint un niveau de financement populaire comparable à ceux de Québec solidaire (QS) et du Parti libéral du Québec (PLQ).

Même dans les circonscriptions de Beauce-Nord et de Beauce-Sud, où le PCQ a failli l’emporter face à la Coalition avenir Québec (CAQ) lors des dernières élections générales, les dons ont fondu.

À Saint-Georges, par exemple, le PCQ n’a récolté que 50 $ l’an dernier, comparativement à plus de 5000 $ en 2022 et à plus de 3300 $ en 2021.

Pas inquiet

Éric Duhaime a décliné la demande d’entrevue de Radio-Canada. Par courriel, son attaché de presse affirme cependant qu’il n’est pas du tout inquiet.

Au contraire, si une élection avait lieu aujourd’hui, on pourrait remporter jusqu’à 10 circonscriptions […], y compris Beauce-Nord et Beauce-Sud. C’est du jamais-vu, indique Cédric Lapointe, qui dit se fier au modèle statistique de projection électorale Qc125.

La pandémie aura permis à des dizaines de milliers de Québécois de s’intéresser à la politique et même d’adhérer et de donner au Parti conservateur du Québec. Je suis fier de notre apport démocratique à la société.

Une citation de Cédric Lapointe, attaché de presse d’Éric Duhaime

Si le financement populaire a autant chuté en 2023, c’est parce que le PCQ a plutôt concentré ses efforts sur le développement de son programme politique, explique M. Lapointe. Les membres et donateurs n’ont pas été appelés [l’année dernière].

Financement étatique

Malgré tout, la stabilité financière du PCQ n’est pas menacée à moyen terme. Après avoir récolté environ 13 % des votes aux dernières élections générales, le parti reçoit désormais une allocation annuelle d’Élections Québec comparable à celles du PLQ, de QS et du Parti québécois (PQ).

Dans l’année qui a suivi le scrutin, le PCQ a touché tout près de 1,5 million de dollars grâce à ce mécanisme de financement.

Le professeur Éric Montigny y voit cependant un paradoxe pour le PCQ. Ça place le parti politique en porte-à-faux avec son idéologie principale de non-interventionnisme étatique. Il devient vraiment dépendant du financement étatique.

M. Montigny souligne par ailleurs que le PLQ est également dans une posture financière particulière. En effet, les troupes de Marc Tanguay n’ont récolté que 271 157 $ l’an dernier, soit légèrement moins que QS (276 419 $) et beaucoup moins que le PQ (766 907 $) et la CAQ (814 319 $).

Il faut se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps, c’était le parti qui était capable de ramasser le plus d’argent. C’est un changement radical du portrait financier du Parti libéral, analyse M. Montigny.