Bien sûr, dit-il au bout du fil (Claude Villeneuve), on ne «sauvera» pas Saint-Roch juste avec l’idée d’en faire un Quartier latin. «Mais c’est une des facettes de l’identité de Saint-Roch qu’on gagnerait à exploiter pour le relancer», estime-t-il.
Le chef de Québec d’abord se garde bien d’en dire trop. Mais, entre nous, il ne serait pas étonnant de le voir présenter une vision en ce sens pendant la campagne électorale.
À l’Université du Québec, qui compte l’ÉNAP, TELUQ et l’INRS, on me dit être en réflexion pour «bonifier» et «rendre plus visible» la présence dans le quartier. «Nous sommes fiers d’être présents dans Saint-Roch et nous devons réfléchir pour faire rayonner la présence de notre pôle universitaire», indique le directeur des communications Bruno-Pierre Cyr.
L’École d’art et l’École de design de l’Université Laval sont dans le magnifique édifice La Fabrique, coin Charest et Dorchester. (Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier/Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier)
L’Université Laval aussi veut consolider sa présence. «Pour nous, les synergies entre le milieu universitaire et les différents acteurs sociétaux permettent d’aller plus loin ensemble», indique le vice-recteur aux infrastructures et à la transformation de l’Université Laval, René Lacroix.
Il dit être «toujours à la recherche de nouveau partenariat pour accroître à la fois l’expérience étudiante et le dynamisme des quartiers où l’Université Laval est présente.»
Résumé
Renforcer le côté «Quartier latin» de Saint-Roch
Par Valérie Gaudreau, Le Soleil
10 mars 2025 à 04h30
Le jardin Jean-Paul L’Allier est le cœur de la présence universitaire dans St-Roch avec la place de l’Université du Québec, l’ÉNAP et la TELUQ. (Patrice Laroche/Archives, Le Soleil)
CHRONIQUE / Saint-Roch gagnerait à mettre de l’avant son caractère étudiant au moment où le quartier a besoin d’un petit remontant.
Ça ne saute pas nécessairement aux yeux. Même qu’on l’oublie parfois. Mais en quelques coins de rue de Saint-Roch, on retrouve le siège social de l’Université du Québec, l’ÉNAP, l’INRS, la TELUQ, l’École d’art et l’École de design de l’Université Laval en plus de la Maison des métiers d’arts.
La présence de ces institutions pourrait s’imposer davantage dans le tissu urbain de Saint-Roch. Sentir la réalité étudiante, de recherche, de créativité et de connaissances.
Ces institutions sont importantes pour contribuer à l’équilibre fragile de Saint-Roch, victime du télétravail et de la crise de l’itinérance.
L’idée de miser sur le côté étudiant de Saint-Roch a été soulevée récemment, notamment par le prof de l’ÉNAP Philippe Dubois. Dans une récente publication sur les réseaux sociaux, il a lancé l’idée de valoriser son potentiel de «quartier latin».
Ce terme réfère au quartier parisien autour de la Sorbonne. Le nom a par la suite été utilisé pour désigner des secteurs bordant les universités.
La belle bohème estudiantine, lieux de poésie et de savoir, de cafés enfumés. Bon, je m’emballe. On ne vise pas tout à fait la même ambiance Paris Rive gauche, mais quand même.
Le Vieux-Québec s’est historiquement vu désigné comme le Quartier latin, allusion à la présence de l’Université Laval et du Séminaire.
«Catalyseur»
Le chef de l’opposition Claude Villeneuve a aussi parlé à quelques reprises de cette notion de Quartier latin pour Saint-Roch.
Il rappelle que l’arrivée dans les années 1990 d’institutions comme l’Université Laval, l’ÉNAP voisine du jardin Saint-Roch a été un «catalyseur» de la relance sous Jean-Paul L’Allier.
Bien sûr, dit-il au bout du fil, on ne «sauvera» pas Saint-Roch juste avec l’idée d’en faire un Quartier latin. «Mais c’est une des facettes de l’identité de Saint-Roch qu’on gagnerait à exploiter pour le relancer», estime-t-il.
Le chef de Québec d’abord se garde bien d’en dire trop. Mais, entre nous, il ne serait pas étonnant de le voir présenter une vision en ce sens pendant la campagne électorale.
À l’Université du Québec, qui compte l’ÉNAP, TELUQ et l’INRS, on me dit être en réflexion pour «bonifier» et «rendre plus visible» la présence dans le quartier. «Nous sommes fiers d’être présents dans Saint-Roch et nous devons réfléchir pour faire rayonner la présence de notre pôle universitaire», indique le directeur des communications Bruno-Pierre Cyr.
L’École d’art et l’École de design de l’Université Laval sont dans le magnifique édifice La Fabrique, coin Charest et Dorchester. (Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier/Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier)
L’Université Laval aussi veut consolider sa présence. «Pour nous, les synergies entre le milieu universitaire et les différents acteurs sociétaux permettent d’aller plus loin ensemble», indique le vice-recteur aux infrastructures et à la transformation de l’Université Laval, René Lacroix.
Il dit être «toujours à la recherche de nouveau partenariat pour accroître à la fois l’expérience étudiante et le dynamisme des quartiers où l’Université Laval est présente.»
Inspirante UQAM
Si on cherche des idées pour voir comment une institution d’enseignement peut être un moteur dans un quartier, l’Université du Québec à Montréal a de quoi inspirer.
Située en plus au cœur du Quartier latin (tiens, tiens), depuis 55 ans, l’UQAM veut être encore plus intégrée à son voisinage, explique la vice-rectrice associée à la relance du Quartier latin, Priscilla Ananian.
Ce quartier touche l’UQAM, la Grande Bibliothèque, l’angle Sainte-Catherine/Saint-Denis. Un coin bouillonnant du centre-ville de la métropole, mais aussi le plus affecté par la crise sociale.
Le 26 février, l’UQAM a d’ailleurs déposé un mémoire dans le contexte des consultations prébudgétaires du ministre des Finances, Éric Girard.
Au total, l’Université demande 264 millions de dollars sur cinq ans et avance dix idées. Et certaines sont très bonnes.
Devenir locataires d’un édifice de 300 unités, rénover ses 435 résidences étudiantes ou encore créer un «passeport» pour des rabais dans le quartier.
L’UQAM rêve aussi d’ouvrir une Maison du Quartier qui serait à la fois «centre de formation, espace de dialogue, observatoire scientifique et Bureau de la francisation pour promouvoir l’importance de la langue française».
La vice-rectrice associée à la relance du Quartier latin de l’UQAM, Priscilla Ananian (UQÀM)
Avec la création récente de la Faculté des sciences de la santé, l’UQAM veut aussi lancer une équipe mixte de chercheurs, d’intervenants pour collaborer avec la police dans un projet d’intervention sociale et de prévention.
«Depuis la pandémie, le quartier a vécu un déclin important, explique Priscilla Ananian. L’idée, c’est de ne pas être spectateur, mais vraiment d’agir comme moteur de cette relance.» L’Université offre d’ailleurs depuis l’hiver dernier une halte-chaleur pour les itinérants dans le pavillon J.-A.-DeSève les soirs de grand froid ou de tempête.
L’UQAM pilote aussi une démarche pour que le Quartier latin reçoive le statut de «quartier apprenant», basé sur le concept de villes apprenantes de l’UNESCO. Ce concept mise sur la collaboration entre les citoyens, et les institutions, comme les université et la Grande Bibliothèque. Le parallèle se fait ici facilement avec la nouvelle bibliothèque Gabrielle-Roy.
Saint-Roch n’est pas le centre-ville de Montréal, mais Priscilla Ananian se réjouit à l’idée de partager la démarche de l’UQAM.
Et à écouter les idées qu’elle a développées pour l’UQAM au cours de la première année de son mandat de cinq ans, on sent qu’il y a plusieurs points communs.
«Je ne pense pas qu’on peut le faire n’importe où, mais Saint-Roch semble un écosystème avec des gens qui se mobilisent, des institutions, des organismes communautaires», énumère-t-elle.
Dans le contexte actuel des finances du Québec, difficile de dire si le budget que le ministre Éric Girard présentera le 25 mars contiendra les millions demandés par l’UQAM.
Mais les idées, elles, restent et méritent largement qu’on s’y attarde au moment où les universités veulent visiblement jouer un rôle plus important dans Saint-Roch.
Toutes les initiatives sont plus que bienvenues.
































