Politique municipale - Ville de Québec et ses banlieues

L’ex-candidat conservateur et fondateur du mouvement Tramway non merci, Stéphane Lachance, tentera de se faire élire aux prochaines élections municipales et de succéder à Bruno Marchand à la tête de la ville de Québec.

Le parti Respect citoyens confirme lundi la nomination de son chef.

Sans surprise, Stéphane Lachance portera les couleurs de la nouvelle formation politique comme candidat à la mairie en novembre 2025, lui-même un membre fondateur du parti.

L’homme est bien connu pour son opposition virulente au projet de tramway de Québec. Il est également à ses heures collaborateur radio sur les ondes de CHOI Radio X.

Aux dernières élections provinciales, Stéphane Lachance s’était présenté sous la bannière du Parti conservateur du Québec. Le candidat des troupes d’Éric Duhaime avait terminé deuxième derrière le député et ministre caquiste Éric Caire, avec 30% des voix.

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Résumé

Quelques nouvelles mesures d’apaisement de la circulation dans le Vieux-Québec seront ajoutées pour le plan de piétonnisation de l’été 2025, en plus de celles de l’an passé qui seront reconduites.

Dans ce qui sera nouveau, il y aura une limite de 20 km/h pour tous les véhicules qui circuleront à l’intérieur des murs et la mise en place de barrières plus étanches pour limiter davantage l’accès des rues piétonnes aux automobilistes.

Les deux zones exclusivement piétonnes dans le Quartier latin et au sud de la rue Saint-Louis seront de retour, mais il n’y en aura pas de nouvelles cet été.

Les deux zones d’apaisement du Vieux-Québec pour l’été 2025.

Photo : Ville de Québec

Les limites des zones seront tout de même légèrement modifiées, notamment en raison de chantiers. La rue De Buade par exemple, n’en fera pas partie en raison de fouilles archéologiques qui y seront menées.

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AILLEURS SUR INFO : Dopage : des relations « plus que tendues » entre l’AMA et l’USADA

Certaines rues seront également exclues parce qu’elles ne suscitaient pas une adhésion optimale des citoyens, comme sur la côte de la Fabrique.

On maintient les zones d’apaisement qui étaient déjà existantes, mais on vient bonifier et améliorer un autre bouquet de mesures, qui elles, seront plus permanentes, explique la conseillère municipale Mélissa Coulombe-Leduc.

À commencer par une limite de vitesse abaissée à 20 km/h pour toute la vieille ville à l’intérieur des murs. C’est vraiment dans l‘optique de venir apaiser, soutient la conseillère du district de Cap-aux-Diamants.

En été, le Vieux-Québec est très populaire auprès des touristes. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne

Elle rappelle que la Ville propose ces changements pour favoriser la sécurité, la qualité de vie et diminuer le bruit dans cette partie de Québec extrêmement prisée par les touristes.

Deux seuils d’apaisement – des dos d’âne – seront aussi construits sur la rue Saint-Geneviève.

Des rues partagées, donc avec des espaces bien définis pour les piétons, cyclistes et automobilistes, seront également aménagées pour toute l’année dans le Quartier latin.

Des bollards au lieu de barrières en fer

Des bollards activés manuellement seront installés aux limites des zones d’apaisement pour mieux bloquer les automobilistes tout en laissant passer les résidents des secteurs visés. Les structures viendront remplacer les barrières que des employés de la ville venaient installer pour bloquer les zones de 11 h à minuit.

Ça va venir garantir l’étanchéité des zones. […] On savait qu’il y avait des intrusions, ça fait partie des commentaires que les gens sont venus nous faire, précise la responsable du dossier de la qualité de vie dans le Vieux-Québec.

Un chien et son maître profitent de la terrasse avec vue sur la rue Couillard. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Période d’apaisement prolongée

Les mesures seront en place plus longtemps, du 2 juin jusqu’à la fête du Travail en septembre. L’an passé, c’était de la Saint-Jean-Baptiste jusqu’à la fin du mois d’août.

Ça nous permet de le vivre trois semaines en période scolaire, précise Mme Coulombe-Leduc. Un test avant les prochaines phases qui s’annoncent plus complexes.

Mélissa Coulombe-Leduc, la conseillère municipale du district Cap-aux-Diamants. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau

Les étapes subséquentes pourraient inclure des rues perpendiculaires par exemple avec la rue Saint-Jean, qui vont nécessiter beaucoup de contrôle d’accès. Je pense qu’on a besoin de venir perfectionner nos façons de faire, résume la conseillère.

Rappelons que sans avoir d’échéancier précis, l’administration Marchand veut rendre le centre historique plus agréable pour ses résidents. L’équipe du maire s’inspire de la « mobilité apaisée » de certaines municipalités membres de l’Organisation des villes du patrimoine mondial, comme Bruxelles et Namur.

Un premier projet pilote avait été mis sur pieds lors de l’été 2023.

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Résumé

Plusieurs drapeaux rouges bien avant le moratoire de Lévis

Par Simon Carmichael, Le Soleil et Philip Rodrigue-Comeau, FM93

11 mars 2025 à 04h00

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, est à la tête de la ville depuis 2013, et fait du développement une priorité. Il ne se représentera pas aux élections de 2025. (Caroline Grégoire/Archives Le Soleil)

Des années avant d’imposer d’urgence un moratoire sur les permis de construction, Lévis savait que ses infrastructures ne suivraient pas son développement fulgurant, révèle une enquête du Soleil et du FM93. Mais l’administration Lehouillier n’a pas levé le pied pour autant, bien au contraire.


Dans la dernière décennie, Lévis a enchaîné les records de mise en chantier.

Chaque année ou presque, le maire Lehouillier et son administration se sont vantés de faire mentir toutes les statistiques et les prévisions, faisant état d’un développement toujours plus impressionnant.

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Le moratoire de Lévis durera probablement plus de deux ans

Un moratoire lourd de conséquences à Lévis

Jusqu’à ce qu’en novembre dernier, quand Lévis tire sur le frein d’urgence. Faute de place dans ses usines de traitement des eaux, la Ville a annoncé un moratoire sur l‘émission de permis touchant les deux tiers du territoire.

Cette annonce a pris de court grands promoteurs comme petits investisseurs, mettant les projets qui n’ont pas encore obtenu le feu vert de Lévis sur la glace pour une durée indéterminée.

Le maire Gilles Lehouillier affirmait alors avoir été mis au fait du manque de capacité «au début 2024», après un état des lieux fait par la direction générale. Celle-ci a pour sa part affirmé avoir eu «les premières indications en 2023».

Ils l’ont souvent répété depuis.

Mais une demi-douzaine d’ex-cadres et ex-hauts fonctionnaires rencontrés assurent que Lévis est au courant des enjeux de capacité depuis bien avant.

Des documents sur lesquels Le Soleil et la station radio FM93 ont mis la main confirment que le problème a été signalé il y a bien plus longtemps que l’affirment aujourd’hui les représentants de la Ville.

L’enquête du Soleil et du FM93 révèle que plusieurs drapeaux ont été levés dans les dernières années quant au manque de capacité à venir à Lévis. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Des drapeaux rouges dès 2020

Différents rapports, analyses et comptes rendus de réunions que nous avons obtenus révèlent que des drapeaux rouges ont été levés quant au manque de capacité à venir à Lévis dès 2020.

Il a par exemple été possible de consulter un rapport détaillé fait en 2020 sur la capacité résiduelle de l’usine de traitement des eaux usées de Saint-Nicolas, qui dessert tout le secteur ouest de Lévis.

La mise en contexte de l’analyse indique que «les débits et charges de conception de l’usine sont maintenant atteints et que les différentes composantes de la station ont atteint leur durée de vie utile».

Elle note aussi que dès 2009, des experts ont avisé Lévis que l’usine de Saint-Nicolas atteindrait plus tôt que tard sa capacité maximale.

En 2020, l’état et la capacité résiduelle de l’usine d’épuration des eaux usées de Saint-Nicolas, qui dessert pratiquement tout le secteur ouest de Lévis, ont été analysées par la firme Tetra Tech au prix de 71 000 $. (Caroline Grégoire/Archives Le Soleil)

Bien qu’il souligne que la station respecte toujours les normes, le rapport indique qu’une mise à niveau est particulièrement pressante, puisque «plusieurs projets de développement domiciliaire et d’agrandissement du parc industriel sont prévus» et que «la station d‘épuration […] devra également se plier à de nouveaux objectifs environnementaux de rejet».

Quatre ans avant l’imposition du moratoire, le rapport concluait déjà que certains services de l’usine de Saint-Nicolas manqueraient de capacité «d’ici 4,5 ans», s’appuyant sur les prévisions faites à l’époque.

«Il sera néanmoins important de valider toute mise à jour [de] l’évolution du développement futur du secteur desservi», insistent les experts de Tetra Tech.

Depuis, Lévis a systématiquement dépassé ses propres objectifs de construction d’unités, dans l’ouest comme ailleurs.

La Ville n’a pas suivi l‘échéancier suggéré par le rapport, qui commandait que l’ensemble des travaux soit complété pour 2026. Selon le plan d’action présenté par Lévis dans les derniers mois, ceux-ci ne seront pas terminés avant la fin de 2028.

En mai 2021, Lévis a commandé un autre rapport à une firme d’ingénierie, cette fois pour évaluer la capacité résiduelle de ses stations d’épuration des eaux usées pour trois ans. Il a été attribué à WSP Inc. pour 150 128,61 $.

Même s’il a été demandé il y a 18 jours en vertu de la Loi d’accès à l’information, il n’a pas été possible de l’obtenir au moment d’écrire ces lignes. Lévis a réclamé un délai de 10 jours supplémentaires pour fournir le document «en raison de certaines contraintes».

Selon le dernier plan de la Ville de Lévis, l’augmentation de la capacité du bassin de rétention des eaux du secteur Desjardins doit se terminer au début de 2029. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

La Ville a aussi refusé de transmettre au Soleil et au FM93 plusieurs autres analyses et études sur l’état de son réseau de traitement des eaux usées, avançant que leurs données appartiennent aux firmes mandatées, même si elles ont été payées des dizaines de milliers de dollars par les fonds publics.

Lévis a aussi justifié ses refus en affirmant que la divulgation de certains documents aurait des implications judiciaires.

L’enquête du Soleil et du FM93 s’appuie également sur des documents résumant des réunions du Bureau de projet auxquelles assistaient le maire et la direction générale.

Cette instance, mise sur pied par l’administration Lehouillier, regroupe les plus hauts fonctionnaires des différents services de la Ville afin de faciliter le cheminement des promoteurs.

À plusieurs reprises, la capacité des réseaux est signalée comme «point de vigilance» dans les rencontres où on résume l’avancement des projets aux décideurs.

C’est notamment le cas le 16 juin 2020, lorsqu’il est question d’un projet majeur sur la route des Rivières, à Saint-Nicolas.

Le 13 octobre 2020, on signale à nouveau la «capacité des réseaux» comme «point de vigilance» pour un projet résidentiel dans le secteur Champagnat, dans l’est de Lévis.

«Quand c’est écrit dans les points de vigilance du compte rendu, ça veut dire que ça a été discuté en long et en large entre les directions et que ça a été expliqué aux élus», assure une source qui a participé de près à ces rencontres au sommet.

Lévis «surprise» par un problème «connu»

Lors de l’annonce du moratoire, l’automne dernier, les représentants de Lévis se sont défendus d’avoir manqué de rigueur dans leur planification du développement du territoire.

Le maire et le directeur général, Dominic Deslauriers, ont expliqué qu’ils n’auraient pas pu prévoir le manque de capacité de traitement des eaux qui freine aujourd’hui Lévis.

Avant de devenir le plus haut fonctionnaire de Lévis, en mai dernier, Dominic Deslauriers a été directeur général adjoint au développement durable et à l’urbanisme. Selon sa page LinkedIn, il était entre autres «responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre de la stratégie de développement résidentiel, commercial et industriel de la ville de Lévis». (Caroline Grégoire/Le Soleil)

Ils ont pointé le resserrement de certaines normes par le ministère de l’Environnement, qui interdit aux villes depuis peu de surverser dans les cours d’eau et qui cause des maux de tête dans bien des hôtels de ville, pour expliquer la situation.

Gilles Lehouillier et Dominic Deslauriers ont aussi répété avoir été pris de court par l’intérêt des promoteurs.

«Chaque année, quand on faisait le bilan des unités et de la croissance démographique qu’on connaissait, on se disait: “Ben, c’est une grosse année. L’année prochaine, ça ne va pas être aussi gros”», a résumé Dominic Deslauriers.

«À chaque année, on était surpris. On se disait: “Wow, ça en fait des unités.”»

— Dominic Deslauriers, directeur général de Lévis

Mais les différentes sources, qui ont accepté de se confier sous le couvert de l’anonymat par crainte de représailles, sont catégoriques: il s’agit du résultat d’une planification déficiente.

Et même si le resserrement des règles du ministère de l’Environnement peut avoir accentué le problème, celui-ci se profile depuis des années à Lévis. Et il était bien connu dans les hautes sphères de la Ville.

Les ex-hauts fonctionnaires affirment tous que le sujet a été «régulièrement» discuté entre les fonctionnaires, avec et sans la présence d‘élus. Il en aurait été souvent question lorsque les employés municipaux devaient se pencher sur un projet majeur.

Certains disent même en avoir directement parlé avec la direction générale, d’autres avoir été témoins de discussions avec le maire et la haute direction où il en était question. Le sujet aurait aussi souvent été abordé lors des consultations prébudgétaires.

L’usine de traitement des eaux de Saint-Nicolas n’a plus de capacité résiduelle pour permettre la construction de nouvelles unités résidentielles dans l’ouest de Lévis. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Plusieurs de nos sources font remarquer que le plan d’investissements 2021-2029, qui prévoit un demi-milliard d’investissements en eaux, ne prévoit des investissements majeurs dans le traitement des eaux usées qu’à partir de 2025.

Ce plan d’investissements a été détaillé pour la première fois en marge de l’annonce du moratoire.

Régulièrement brandit depuis par l’administration Lehouillier, il indique que 132 millions seront dédiés à l’amélioration et à la pérennité des usines d’eaux usées d’ici quatre ans, contre 8,5 millions entre 2021 et 2024.

Entre 2021 et 2029, Lévis prévoit qu’elle aura investi plus de 500 millions pour les eaux. Mais les sommes consacrées aux eaux usées, en gris, ne représentaient que 8,5 millions investis au cours des quatre premières années. (Présentation de la Ville de Lévis)

Le fruit de choix politiques

Les ex-fonctionnaires rencontrés affirment que la situation à laquelle Lévis fait face aujourd’hui est surtout due aux décisions des élus, qui ont fait le choix d’offrir un environnement fiscal particulièrement avantageux pour les développeurs.

Contrairement à bien d’autres municipalités du Québec, Lévis n’exige toujours pas de redevance supplémentaire sur le développement. Et ses taxes foncières sont plus basses que dans les autres grandes villes.

Si cette orientation a favorisé l’explosion démographique de Lévis, qui est aujourd’hui là où l’Institut de la statistique le prévoyait en 2046, elle a aussi privé la Municipalité de revenus pour réinvestir dans ses infrastructures.

«Et ça, ça donne le résultat qu’on voit aujourd’hui», laisse tomber un ancien haut dirigeant, qui n’hésite pas à parler d’une certaine forme «d’aveuglement volontaire».

Le densification rapide de Lévis, fruit de politiques municipales attrayantes pour les promoteurs immobiliers, a augmenté la pression sur les usines de traitement des eaux usées. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Après avoir analysé la situation financière de Lévis, la professeure Danielle Pilette, qui étudie la fiscalité, la gestion et la gouvernance municipale à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), dresse le même constat.

Si elle souligne qu’il est normal qu’une ville en pleine croissance dépense pour soutenir celle-ci, l’experte note que le modèle de Lévis n’est pas soutenable à long terme.

«Le modèle de développement, il ne peut pas continuer comme ça, conclut-elle. À peu près tout ce qui entre comme argent, il ressort en dépenses, en charges […] parce que notre rythme de croissance, même en fonctionnement, im pose des dépenses trop élevées.»



«Chaque municipalité doit être autonome financièrement, qu’elle soit en grosse croissance ou pas.»

— Danielle Pilette, professeure associée au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’UQAM

L’experte note toutefois que le moratoire n’est pas mauvais dans le cas de Lévis. Elle le juge même «prudent», compte tenu «que le modèle, il atteint pas mal ses limites, là, actuellement».

«Pourquo i un moratoire serait nuisible en soi? demande-t-elle. Une ville n’est pas là pour livrer régulièrement de nouveaux permis de construction. […] De toute façon, Lévis aurait été à l‘étape de rééquilibrer son modèle de développement.»

Danielle Pilette est experte en fiscalité et gestion municipale et professeure associée au département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. (Alain Roberge/Archives La Presse)

Mme Pilette doute cependant que les élus et la direction n’aient été informés qu’en 2023 et 2024 de l‘état des usines de traitement des eaux et du manque de capacité à venir.

Surtout que les deux installations problématiques sont inscrites au programme quinquennal d’immobilisations (PQI) depuis de nombreuses années.

«On ne peut pas penser que les élus n’étaient pas au courant. […] Ce sont eux qui sont responsables de l’autonomie financière de la Municipalité et des conditions de son exercice.»

«Mais à mon avis, les finances de la Ville ne permettaient pas facilement de faire la mise à niveau des infrastructures», conclut-elle.


Lehouillier défend sa gestion

Invité à commenter les éléments d’enquête du Soleil et du FM93, le cabinet du maire Gilles Lehouillier s’est défendu d’avoir manqué de planification dans les étapes menant jusqu’à l’imposition du moratoire.

«Dès 2020, sur la base [des prévisions de l’ISQ de 2019], la Ville a procédé à une mise à jour de ses études sur le traitement des eaux usées à Saint-Nicolas», a-t-il souligné, insistant sur le plan d’action «prévoyant une mise à niveau des équipements pour répondre aux enjeux de capacité» élaboré en 2021 et mis en œuvre en 2022.

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier (Caroline Grégoire/Archives Le Soleil)

«En 2023-2024, en raison de son développement démographique exceptionnel, la Ville [a] bonifié ses actions puisque les deux usines de traitement des eaux usées avaient atteint leur capacité [Desjardins et Saint-Nicolas]», a ajouté l’administration Lehouillier, faisant référence au plan 2021-2029 présenté en marge du moratoire.

Celui-ci devrait permettre à terme la construction de 25 000 nouvelles unités d’un bout à l’autre de Lévis.

L’équipe du maire a aussi précisé que certaines dispositions du moratoire seraient «modifiées» le 24 mars prochain, à la lumière des commentaires du public.

Gilles Lehouillier prendra la parole devant les gens d’affaires de Lévis dans le cadre du Déjeuner du maire de la Chambre de commerce et d’industrie du Grand Lévis, mardi midi.

Encore du vulgaire opportunisme politique rétrograde. Hamad revient à sa position d’il y a dix ans avec son SRB. Pourquoi Québec devrait-elle se contenter d’une formule de transport inefficace qui n’aura aucun effet positif sur le transfert modale des automobilistes vers le transport en commun?


Plus de 130 M$ en pénalités

Chose certaine, la Ville de Québec s’expose à de lourdes pénalités en tournant le dos au tramway.

Selon l’entente signée avant les Fêtes avec le gouvernement Legault, si le projet devait dérailler en raison d’une décision de la Ville, celle-ci devrait assumer sa part des sommes encourues.

Or, l’administration Marchand s’est engagée à acquitter la moitié des sommes dépensées durant la phase de planification, jusqu’à un maximum de 750 millions de dollars, en date de l’entrée en vigueur de l’entente.

Le maire Marchand aux côtés de ses partenaires pour le projet de tramway, soit le gouvernement du Québec et CDPQ Infra.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Comme près de 263 millions seront investis en travaux préparatoires d’ici la fin de 2025, la pénalité de la Ville s’élèverait à plus de 130 millions au lendemain des prochaines élections municipales. Selon nos sources, cette somme n’inclurait pas d’autres frais encourus par CDPQ Infra depuis la relance du projet.

On verra, se contente de répondre Sam Hamad.

Selon lui, les détails de cette entente démontrent de manière criante un manque de leadership à l’hôtel de ville de Québec sous Bruno Marchand.

Comme les conservateurs

En annonçant son intention de bloquer le tramway, Sam Hamad suivra dans le sillon du Parti conservateur du Canada (PCC) dans la région, qui promet de retirer le financement d’Ottawa au projet.

Le chef conservateur Pierre Poilievre s’engage à retirer le financement fédéral du tramway de Québec pour appuyer un projet de 3e lien autoroutier.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

S’il a appuyé Jean Charest dans la course à la direction du PCC, l’ex-ministre libéral admettait dès 2023 entretenir des discussions avec le lieutenant pour le Québec, Pierre Paul-Hus, malgré l’arrivée de Pierre Poilievre au poste de chef.

Sam Hamad avait finalement écarté la possibilité d’une candidature chez les conservateurs aux prochaines élections fédérales.

Rappelons que le nouveau chef du Parti libéral du Canada (PLC), Mark Carney, s’engage à maintenir l’appui au tramway de Québec.

«Ça suffit!»: les cols bleus s’impatientent à Québec

Par Émilie Pelletier, Le Soleil

17 mars 2025 à 16h40

La convention collective des cols bleus de la Ville de Québec est échue depuis le 31 décembre 2023. (Archives Le Soleil)

Le conflit de travail qui oppose la Ville de Québec à ses cols bleus demeure sans issue. Et les employés manuels tapent du pied.


«Après 18 jours de grève et plus de 75 rencontres de négociation, ça suffit», défend le Syndicat des employés manuels de la Ville de Québec (section locale 1638 du Syndicat canadien de la fonction publique SCFP) dans un communiqué, lundi.

L’impatience gagne les troupes et les cols bleus promettent de la manifester mardi devant l’hôtel de ville de Québec en compagnie de leurs «alliés».



À l’intérieur, les élus seront en pleine séance du conseil municipal à compter de 14 h.

Les cols bleus municipaux manifesteront mardi devant l’hôtel de ville de Québec. (Caroline Grégoire/Archives Le Soleil)

Les membres du Syndicat des employés manuels de la Ville de Québec (section locale 1638 du Syndicat canadien de la fonction publique SCFP) se feront entendre à la même heure.

Des représentants syndicaux prendront aussi la parole pour «faire le point sur les revendications des travailleurs et des travailleuses.»

Les cols bleus de Québec sont en conflit de travail et sans convention collective depuis le 31 décembre 2023.

Pas plus d’argent sur la table

La fin précipitée, après tout juste une semaine, d’une grève annoncée pour une durée indéterminée, avait pourtant laissé croire à un règlement imminent dans ce conflit de travail qui s’étire.


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Les cols bleus suspendent la grève avant la relâche, Marchand soulagé

À l’aube de la semaine de relâche, les cols bleus avaient mis fin aux moyens de pression en cours, encouragés par des «échanges constructifs» à la table de négociations.



Or, il semble que l’impasse persiste.

La Ville de Québec a maintes fois répété que son offre d’une bonification de salaire de 21,5 % sur six ans était finale. Offre que les employés manuels ont rejetée à 90 %, au début février.

Le maire Bruno Marchand a partagé la semaine dernière son «ouverture» à revoir l’offre de la Ville, tout en soutenant que «le contexte demeure le même».

«Si on veut respecter l’enveloppe budgétaire qu’on a mise en place, on peut réduire au normatif pour ajouter sur les salaires, on a de l’ouverture à ça, mais l’enveloppe ne bouge pas», a-t-il martelé.

La question des salaires fait aussi partie des points en litige dans la négociation entre la Ville de Québec et ses policiers sur le renouvellement de leur propre convention collective.

Pour redorer la réputation de Saint-Roch, 740 000 $ seront prévus pour le nettoyage. Quatre secteurs publics sont ciblés : le carré Lépine, la place de l’Université-du-Québec, le jardin Jean-Paul-L’Allier et le parvis de l’église Saint-Roch. La bibliothèque Gabrielle-Roy aura aussi droit à un nettoyage, deux fois par jour, de son parvis, de ses vitres et de son vestibule. Pour y arriver, cinq personnes seront mises à contribution, à temps plein.

Un “blitz” pour effacer les très nombreux graffitis aura lieu d’avril à octobre. Avec 300 000 $ supplémentaires, la Ville de Québec bonifie le programme pour les graffitis qui sont sur les terrains privés. C’est toujours le Carrefour jeunesse-emploi qui s’occupera de ce dossier.

La Société de développement commercial (SDC) Saint-Roch explique la création d’une “Brigade propreté”, pour répondre au besoin des commerçants, des organismes, des résidents ainsi que des touristes. Un montant de 205 000 $ provenant du Fonds de relance du centre-ville sera consacré à cette initiative.
Pas simplement la pauvreté

“Dès qu’il se passe quelque chose dans Saint-Roch, ça devient un seul objet, une seule cause [l’itinérance]. Savez-vous quoi?, c’est beaucoup plus complexe que ça”, insiste M. Marchand.

La Ville de Québec entame donc un plan de 90 jours “pour venir casser cette tendance, ce discours qui nous nuit tous”, résume Bruno Marchand.

Au cours des dernières semaines, le maire et le conseiller municipal du district Saint-Roch–Saint-Sauveur, Pierre-Luc Lachance ont tenu près de 80 rencontres, notamment avec les grands employeurs du quartier. “On parle de l’industrie du jeu vidéo, de l’Université Laval, de CGI, d’un paquet de partenaires qui ont dit : “Nous aimons ce quartier, nous allons y rester et nous allons y contribuer””, précise le maire.

Bruno Marchand rappelle que la Ville n’a ni les moyens ni le mandat de soutenir seule les gens dans le besoin.

Le gouvernement du Québec a une responsabilité en matière de santé et de services sociaux et il ne peut pas s’en laver les mains
Une citation de Bruno Marchand, maire de Québec.

“À l’aube du budget, on avait demandé 100 millions de dollars pour cinq ans pour l’ajout de logements sociaux et abordables chaque année pour sortir les gens de la rue. […] On a besoin de plus de ressources. J’espère que nous serons entendus.”

Bruno Marchand veut s’inspirer de San Antonio pour gérer la croissance de Québec

Le maire de Québec sera au Texas du 19 au 24 mars 2025.

Le centre-ville de San Antonio au Texas.

Photo : afp via getty images / DANIEL SLIM

Publié à 16 h 07 HAE

En mission à San Antonio, l’une des villes américaines connaissant la plus forte croissance démographique, le maire Bruno Marchand entend apprendre de l’expérience de cette ville texane pour réfléchir aux défis qui attendent Québec dans les prochaines années.

La région métropolitaine de San Antonio, qui compte actuellement 2,6 millions de résidents, devrait voir sa population croître de plus d’un million d’habitants, d’ici 2040, notamment en raison de l’immigration.

Dans une proportion moindre, la ville de Québec connaîtra également une croissance rapide dans les prochaines années. Selon les prévisions de l’Institut de la statistique du Québec, la population de la Capitale-Nationale pourrait frôler le million d’habitants en 2050.

Québec doit se préparer dès maintenant à y faire face, plaide le maire Bruno Marchand en mêlée de presse à l’aéroport de Newark.

Des villes comme San Antonio, je l’espère, vont pouvoir nous inspirer pour la suite. […] Comment ils la gèrent, cette croissance-là? Qu’est-ce qu’ils font en matière de mobilité, en matière de liens sociaux entre les gens, en matière d’employabilité? Ça va être très intéressant, soutient-il.

l’aéroport avec les conseillers Mélissa Coulombe-Leduc et David Weiser qui l’accompagnent pour sa mission au Texas.

Photo : Instagram (capture d’écran)

Seulement en 2023, la ville de Québec a vu sa population augmenter de 17 000 personnes, note le maire de Québec. Les impacts se sont fait sentir sur plusieurs aspects, comme dans le logement, nomme-t-il en exemple.

On a construit plus de logements que jamais et notre taux d’inoccupation ne bouge pas, parce qu’il y a du monde qui arrive. C’est une bonne nouvelle économique, mais en même temps, si on ne fait pas bien les choses, on va se retrouver comme des villes européennes à dire : merde, on est dans un cul-de-sac, il est tard pour y penser.

On a vraiment besoin de tout de suite comprendre quels sont les défis, qu’est-ce que les villes font de bien? San Antonio a fait de bonnes choses, ils sont reconnus pour ça, pour éviter les écueils.

Une citation de Bruno Marchand, maire de Québec

Bruno Marchand souhaite par exemple comprendre comment la Ville de San Antonio parvient à maintenir un faible taux de chômage malgré son importante croissance démographique.

Le maire de Québec est en mission au Texas jusqu’au 24 mars, accompagné de représentants de plusieurs entreprises de la région de Québec.

«Montrer l’exemple» dans Saint-Roch

Par Gabrielle Pichette, Le Soleil

23 mars 2025 à 04h00

Le 26 mars prochain, la SDC Saint-Roch organise une rencontre entre différents acteurs du milieu afin de discuter des enjeux entourant le quartier Saint-Roch. (Frédéric Matte/Archives Le Soleil)

Alors que le quartier subit de nombreuses secousses, la SDC Saint-Roch considère que le gouvernement du Québec doit «montrer l’exemple» dans le dossier du déménagement possible de ses fonctionnaires «et rester dans le centre-ville».

Comme le rapportait Le Soleil mardi, des documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information ont révélé que l’Office québécois de la langue française (OQLF) réclame le déménagement de son bureau de Québec vers un autre secteur de la ville.

Les employés de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) souhaiteraient eux aussi quitter le quartier Saint-Roch.

Des déménagements potentiels qui n’enchantent pas la directrice générale de la Société de développement commercial du centre-ville de Québec (SDC Saint-Roch), Marie-Pier Ménard.

«On s’attend à ce que le gouvernement démontre l’exemple et reste dans le centre-ville.»

— Marie-Pier Ménard, directrice générale de la Société de développement commercial du centre-ville de Québec (SDC Saint-Roch)

Au cours des derniers mois, plusieurs commerces ont pour leur part sauté le pas et pris la décision de déménager. Le magasin de plein air La Cordée et la succursale Ashton quitteront le quartier dans les prochaines semaines.

«On n’abandonnera pas Saint-Roch, on est là pour trouver des solutions», lance Mme Ménard.

Un grand rendez-vous pour Saint-Roch

Le 26 mars prochain, la SDC Saint-Roch organise une rencontre entre différents acteurs du milieu afin de discuter des enjeux entourant le quartier.

«C’est maintenant qu’il faut le faire. Avec tous les problèmes qu’on a eus dans les derniers mois, avec l’insécurité du moment, c’est le temps d’écouter les gens», explique Marie-Pier Ménard.

Depuis plusieurs mois, la SDC Saint-Roch effectue des consultations avec des citoyens, des commerçants et des touristes concernant la situation. Le sommet de mercredi prochain servira notamment à illustrer les résultats de ces consultations.

«On veut répondre aux demandes des commerçants.»

— Marie-Pier Ménard, directrice générale de la Société de développement commercial du centre-ville de Québec (SDC Saint-Roch)

Une grande discussion autour des actions à prioriser sera ensuite enclenchée. Le SDC Saint-Roch mettra sur pied un plan d’action sur trois ans en aval du sommet.

Marie-Pier Ménard, directrice générale de la Société de développement commercial du centre-ville de Québec (SDC Saint-Roch). (Frédéric Matte/Archives Le Soleil)

«Brigade propreté»

Le 18 mars dernier, la Ville de Québec a annoncé un investissement de près de deux millions de dollars afin d’améliorer la sécurité et la propreté dans le quartier Saint-Roch.

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Formée par la SDC Saint-Roch, une «Brigade propreté» devrait également voir le jour en juin.

«Les besoins étaient critiques au niveau de la propreté, on pense qu’aussi au niveau du sentiment d’insécurité, ça passe par la propreté du secteur», précise Mme Ménard.

La directrice générale a pris la décision de mettre sur pied ce service de nettoyage puisque la Ville de Québec ne peut effectuer ses opérations sur les terrains privés, dont dans l’entrée des commerces.

«Ce n’est pas aux commerçants de ramasser des déchets humains, des seringues, à l’entrée de leur commerce», poursuit-elle.

Le sommet de la SDC Saint-Roch aura lieu à l’Impérial Bell, mercredi prochain, le 26 mars, dès 8 h 30.

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