La réélection de Vaillancourt n’était pas tout à fait telle quelle. Laval a toujours été une ville à majorité de maisons unifamiliales, le maire promettait à chaque élection des taxes plus basses que la moyennes des autres villes. Et c’est sur cette base que les citoyens revotaient systématiquement pour le parti du maire.
À l’époque j’habitais à Terrebonne au nord de Laval et je voyais bien que les lavalois ne s’intéressaient pas vraiment à la politique, de toute façon les journalistes ne fouillaient aucun dossier et l’information était totalement contrôlée par l’équipe du maire. Tandis que l’opposition était pratiquement inexistante.
J’avais un frère et une soeur qui habitaient justement à Laval ( chacun dans une unifamiliale) et pensaient exactement pareil. Comme rien de scandaleux n’avait émergé, les lavalois y trouvaient leur compte sans poser plus de questions, en se croyant plus chanceux que les montréalais où les scandales et la corruption étaient monnaie courante. Donc pas besoin de s’occuper de trivialités puisque le bon maire Vaillancourt veillait au grain. Même les partis politiques provinciaux tenait le maire de Laval en grande estime afin que ce dernier appuie leurs candidats aux scrutins provinciaux.
Au fond, ce n’est pas si différent d’une dictature… “Le bon maire veillera sur nous”… Et maintenant, ironiquement, la facture est en train d’arriver pour ne pas avoir prêter attention à la politique municipale pendant 2 décennies. Mon impression est que ça ressemble presque à un piège à la con. Les Lavalois s’estimaient peut-être chanceux comparativement aux Montréalais, mais ça c’est l’un des parfaits exemples que l’orgueuil peut faire plus mal que faire du bien.
Par ailleurs, j’aimerai ajouter qu’il faudrait sincèrement imposer des limites aux nombres de mandats tant au fédéral, provincial et municipal pour éviter de se retrouver avec des “royaumes” dans nos systèmes politiques. On a beau se moquer des américains avec leur “roi Trump” et leurs manifestations “No Kings Day” qui ont lieu à chaque mois, mais de notre côté on n’est pas mieux lorsqu’on réélit nos maires et nos premiers ministres par couronnement 2, 3, 4 ou même 5 fois de suite comme ce fût le cas avec le maire Vaillancourt. Encore une fois, l’orgueuil rend aveugle…
Cela peut paraître étrange, mais cette mesure est très bien accueillie dans un arrondissement à la culture unique qui s’est senti très absorbé par Longueuil depuis la fusion des municipalités.