Une photo de 1927.
Wow! Merci à vous deux. Le bâtiment à l’air magnifique.
Je partage l’avis, j’ai toujours trouver dommage qu’on l’aie démoli, tout comme l’ancien poste de police sur le quai de l’horloge
Un rare pont couvert centenaire situé sur le chemin Bellevue à Potton, le pont dit de « Province Hill », sera démoli avant la fin de l’année par le ministère des Transports et de la mobilité durable (MTMD). Cela, même si l’ouvrage a été classé il y a moins d’un an pour justement assurer sa protection par le ministère de la Culture et des Communications (MCC).
Seulement cinq ponts de ce type subsisteraient encore au Québec, avait indiqué le MCC au moment de classer la construction, en octobre 2024. Celui-ci date de 1896. À l’époque, il servait à gagner les États-Unis. D’où son appellation de pont de la Frontière.
L’ouvrage avait besoin de travaux de restauration. Un fait connu lorsque le MCC a décidé de le protéger, en raison de sa haute valeur patrimoniale. Au même moment pourtant, le ministère des Transports entendait de son côté détruire l’ouvrage afin de ne pas risquer d’affecter un autre pont en service situé à quelques mètres.
Oh my god, mais on est en quel année avec le MTQ, 1950 ? On est incapable de rien aire comme il faut avec ce gouvernement. Qu’on démonte le pont et qu’on le reconstruise ailleurs ou simplement qu’on mette les fonds nécessaire à sa conservation.
Ça va être l’excuse la prochaine année : «on n’a pas l’argent».
La vérité est plus prosaïque, on n’a pas l’argent car la CAQ par une gestion irresponsable l’a gaspillé, en créant des déficits ruineux récurrents pour la province.
C’est un recours en justice intenté par la coopérative contre la Ville de Montréal, dans la foulée de l’incendie de mai 2023, qui est au cœur du litige.
Selon le rapport d’enquête des pompiers, le feu a pris naissance dans l’entretoit du monastère, autour de la cheminée d’une génératrice installée trop près du bois qui la ceinturait.
La cheminée en question était située dans une partie de l’édifice gérée par la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), un organisme paramunicipal.
Afin d’être dédommagée pour ses pertes, la coopérative a déposé une poursuite de 23 millions $ contre la Ville, propriétaire du bâtiment, la SHDM et une série d’entreprises qu’elle tient responsables du sinistre.
L’administration montréalaise exige le retrait des procédures en échange de la reconduction du bail de longue durée.
La Coopérative envisage l’abandon de sa poursuite
Pour accélérer les choses, la coopérative, où vivaient quelque 50 personnes, va évaluer si elle abandonne ses procédures judiciaires.
C’est un geste qui pourrait la priver de revenus importants advenant une victoire devant les tribunaux, alors que le coût total de son projet de reconstruction est évalué à plus de 28 millions $.
“Gagner un procès dans 10 ans, ça ne va pas nous servir. Ce qu’on veut, c’est de reconstruire maintenant, mais ils doivent nous aider”, dit Patrick Maheux.
Actuellement privée de ses revenus de loyer, la coopérative doit tout de même payer certaines factures, comme l’électricité et les taxes municipales.
“Plus on attend, plus notre réserve diminue, diminue, diminue. Puis on est à un moment critique, là”, ajoute-t-il.
La reconstruction du monastère s’avère complexe, puisque trois organismes pilotent chacun leur projet en parallèle.
Si les coûts de reconstruction de la Coopérative Sourire à la vie (28 millions $) et de la Maison Aurélie-Cadotte (37 millions $) sont connus, ce n’est pas encore le cas pour la partie centrale du bâtiment, sous la responsabilité de la SHDM.
L’organisme paramunicipal affirme que des études sont toujours en cours et qu’elles devraient être finalisées au début de l’an prochain.
Le ministère de la Culture et des Communications, qui a promis une aide financière pour la reconstruction du bâtiment, n’en a toujours pas déterminé le montant.
“Le Ministère suit attentivement l’évolution du budget global du projet, ce qui lui permettra de se positionner de manière éclairée quant au soutien financier à accorder”, nous a-t-on indiqué par courriel.
La coopérative et la Maison Aurélie-Cadotte se disent toutes deux prêtes à entreprendre leurs travaux de reconstruction dès l’an prochain.
“Aucun scénario de construction n’est envisageable avant 2027”, précise pour sa part la SHDM.
Engagement pour la Caserne 11 dans Sainte-Marie
Souhait #29 pour Montréal
La protection du patrimoine est un impératif. Il constitue l’expression matérielle de notre identité collective, de notre histoire et de notre culture. Sa préservation s’inscrit également dans une logique de développement pérenne de la ville.
Les leviers pour y parvenir sont nombreux, mais la clé demeure l’entretien et l’occupation des bâtiments. Montréal compte un vaste ensemble d’immeubles d’importance abandonnés ou négligés. D’autres sont menacés de perdre leur identité, voire d’être démolis. Il faut remédier à cette situation avant qu’il ne soit trop tard.
Concrètement, ce souhait implique :
29.1 Une protection accrue pour les icônes de Montréal, définies comme les éléments qui forgent l’identité de la ville. La liste reste à établir, mais pourrait inclure le Stade olympique, l’Orange Julep, la Place Ville-Marie, le 1000 de la Gauchetière, Habitat 67, le pont Jacques-Cartier et le parc du Mont-Royal ;
29.2 La décontamination de l’incinérateur des Carrières et sa transformation en musée du design ;
29.3 La rénovation et la reconversion de l’ancien Musée d’art d’Expo 67 en musée d’art ;
29.4 La mise en place de mécanismes pour assurer une meilleure protection du patrimoine moderne, souvent mal compris ;
29.5 L’aménagement d’un véritable marché dans le Marché Bonsecours, avec une offre s’adressant aussi aux résidents et travailleurs du Vieux-Montréal ;
29.6 La création d’une expertise interne dédiée à la conception, l’entretien et la mise en service des fontaines ;
29.7 La rénovation et la transformation en kiosque de la clinique d’inspection des viandes du Marché Jean-Talon ;
Ces projets ne sont que quelques exemples. Les bâtiments nécessitant une attention urgente sont nombreux. Il faut faire preuve d’audace, d’imagination et d’ambition pour stopper l’anonymisation progressive de notre ville et préserver ce qui en fait la richesse et la singularité.
1 Le 9e du Eaton, par l’architecte Jacques Carlu, restauré avec soin par EVOQ Architecture, Archives de la Ville de Montréal
2 1000 de la Gauchetière, par Lemay + Dimakopoulos, Thomas1313
3 Incinérateur des Carrières, Archives de la Ville de Montréal
4 Musée d’art, Expo 67, par Côté, Gauthier et Guité, Archives de la Ville de Montréal
5 Chapelle des Franciscains, par Marie-Albert Baril, prochainement démolie, 2003, Conseil du patrimoine religieux du Québec
6 Marché Bonsecours, 1945, Conrad Poirier
7 Fontaine du parc Lafontaine, 1947, Conrad Poirier
8 Clinique d’inspection des viandes, source inconnue, restaurée avec l’IA
Avec la hausse des hauteurs permises autour des stations de TeC, je m’inquiète pour les nombreux bâtiments patrimoniaux proche des stations. Le manque d’entretien et les incendies criminels deviennent des outils de plus en plus attrayants pour les spéculateurs.
Par défaut, on devrait limiter préemptivement la reconstruction de batiments patrimoniaux à leur volume original. Ça enlèverait l’incitatif à laisser ces batiments se détériorer. On pourrait par la suite permettre de plus grosse hauteurs si on constate la bonne foie du propriétaire.
Ca ne veux pas dire non plus de refuser les agrandissements. C’est simplement pour décourager la démolition de batiments patrimoniaux pour y rebatir de plein droit un immeuble plus rentable.
C’est un véritable joyau patrimonial qui a été retrouvé dans l’ancienne boîte à chansons Chez Bozo. Après six décennies, le fameux mur où une centaine de figures légendaires ont laissé leur empreinte s’offrira de nouveau au public. Cette découverte amène le gouvernement du Québec à protéger le précieux artéfact. Voici, en primeur, la fabuleuse histoire d’un trésor que l’on croyait disparu.
Tout cela commence par Alexandre Leclerc, alias Bernhari, qui, après un long séjour en France, se met en tête de retrouver d’anciens enregistrements de Claude Léveillée. Rapidement, ses recherches le conduisent vers Les Bozos, un groupe mythique que le créateur des Vieux pianos a formé avec Clémence DesRochers, Raymond Lévesque, Jean-Pierre Ferland et Hervé Brousseau.
[La Presse, “Le trésor des Bozos retrouvé après 65 ans”.]
Répertoire du patrimoine culturel du Québec : Mur d’honneur de Chez Bozo, Maison du Mur-d’Honneur-de-Chez-Bozo.
Patrimoine montréalais Victoires et déboires

PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE
Le monastère du Bon-Pasteur, en mai 2025, encore placardé deux ans après un incendie dévastateur
Je vous parlais récemment des fiascos urbanistiques esquivés par Montréal, comme cette tour de 300 mètres fantasmée par Jean Drapeau sur le mont Royal.
Résumé
Ma chronique vous a beaucoup fait réagir. La protection du patrimoine touche une corde sensible, cela ne fait aucun doute1.
La métropole l’a échappé belle plus d’une fois. Mais elle a aussi subi des pertes incommensurables, qui en scandalisent encore plusieurs. Le sort incertain d’autres bijoux historiques vous inquiète aussi.
L’un des dossiers les plus brûlants, dans tous les sens du terme, est celui du monastère du Bon-Pasteur. L’imposant complexe religieux de la rue Sherbrooke Est a été en bonne partie ravagé par les flammes, en mai 2023.
La structure de 1846 tient toujours debout. Placardée et carbonisée. Mais les travaux de réfection, qui se calculent en dizaines de millions, sont au point mort depuis deux ans et demi.
L’enjeu dépasse ici la brique et le mortier.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Incendie du monastère du Bon-Pasteur rue Sherbrooke Est au centre-ville, en mai 2023
L’immeuble abritait des coopératives d’habitation, regroupant environ 90 locataires, des organismes communautaires et une salle de concert. Entre les poursuites et autres différends avec la Ville, le projet de reconstruction est bloqué.
« L’immeuble doit être remis en l’état le plus rapidement possible afin d’éviter qu’il ne se détériore davantage », m’a fait remarquer une lectrice.
À juste titre.
Un autre lecteur m’a fait part de ses réflexions sur un élément plus contemporain de notre patrimoine : le métro. La grande « catastrophe » pour Montréal, selon lui, a été d’interrompre son expansion pendant de longues années.
Le réseau a connu des poussées de croissance dans les années 1960, 1970 et 1980. Mais de 1988 à 2007 : rien. Et encore, le dernier prolongement ne compte que trois stations à Laval.

PHOTO JEAN-YVES LÉTOURNEAU, ARCHIVES LA PRESSE
Le chantier initial du métro de Montréal, en 1962
« Je n’ose imaginer ce que serait devenue notre ville si on avait continuellement ouvert une station de métro par année », écrit-il.
Il a 100 % raison. Imaginez si la ligne verte avait été prolongée vers l’Est, petit à petit, entre la Place Versailles et la pointe de l’île ? Les psychodrames du « REM de l’Est », puis de l’hypothétique tramway à 19 milliards, auraient été évités.
Bien des grandes villes agrandissent leur métro en continu : cela n’a rien d’inédit. Cette stratégie permet d’étaler les coûts au fil du temps. De mieux gérer le développement autour des nouvelles gares.
Autre bienfait de cette pratique : la facture est moins choquante quand les gouvernements se dégourdissent enfin, comme on le constate avec le prolongement actuel de la ligne bleue. Le chantier a tellement végété que sa facture a bondi à 7,6 milliards pour cinq stations…
La disparition de certaines icônes urbaines, dénoncée par certains, réjouit au contraire d’autres citoyens. Par exemple : la rampe d’accès de l’ancien incinérateur des Carrières, dans Rosemont.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
La rampe de l’incinérateur des Carrières, à gauche, est vouée à une démolition imminente.
L’organisme Héritage Montréal déplore son démantèlement imminent, révélé par La Presse 2. Mais une lectrice aimerait plutôt que la totalité de l’ouvrage industriel passe sous le pic des démolisseurs.
Faites un parc, quelque chose de beau, d’utile pour la population. Cette catastrophe visuelle pollue le paysage urbain des arrondissements Rosemont et Plateau.
Une lectrice
Dans le même secteur, un lecteur déplore l’explosion du nombre de graffitis sur l’ancien entrepôt Van Horne, vacant depuis des années et empêtré dans un magma de consultations citoyennes.
Un fléau qu’on observe partout ailleurs en ville, et qui n’a souvent rien d’artistique…

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE
L’entrepôt désaffecté à l’angle de l’avenue Van Horne et du boulevard Saint-Laurent est de plus en plus couvert de graffitis.
« Pourquoi n’y a-t-il pas de graffitis au centre-ville d’Ottawa ou de Bruxelles ? Les pénalités sont sévères, et les mesures, immédiates, expose-t-il. À Bruxelles, une escouade efface les graffitis dans les heures qui suivent le délit. De quoi décourager les graffiteurs qui gaspillent leur peinture pour rien. »
La nouvelle administration Martinez Ferrada devrait prendre des notes.
Sur une note plus positive, Montréal recèle plusieurs succès patrimoniaux moins connus, mais non moins spectaculaires.
Une lectrice m’a rappelé cette prouesse exécutée dans le Vieux-Montréal : la restauration de l’édifice Ernest-Cormier. Une splendeur d’influence Beaux-Arts achevée en 1926, qui a servi de plateau à quantité de films américains.

IMAGE TIRÉE DU SITE DU MINISTÈRE DE LA CULTURE
L’édifice Ernest-Cormier, rue Notre-Dame Est
L’immeuble a connu une période de flottement au début des années 2000. Bien des amoureux du patrimoine s’inquiétaient du sort de l’ancien palais de justice.
L’affaire a bien tourné. Le bâtiment a été rénové avec soin pour accueillir la Cour d’appel du Québec – un retour aux sources, si l’on veut.
C’est le juge Michel Robert, passionné d’architecture, qui a chapeauté la renaissance de cet immeuble « dans un état pitoyable », précise-t-elle.
Le projet a coûté 59 millions de dollars à Québec, soit 25 % de plus que prévu. Mais le résultat, « fruit du travail acharné de plusieurs personnes », est à l’avenant.
On le voit encore aujourd’hui : bien des erreurs urbanistiques des années 1960 et 1970 sont en voie d’être réparées, ou mériteraient de l’être.
Le « Faubourg à m’lasse », démoli pour faire place aux immenses stationnements de la tour de Radio-Canada, est en train de se réinventer pour faire place à des milliers de logements et des bureaux.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
La place des Montréalaises, construite sur une dalle de béton au-dessus de l’autoroute Ville-Marie
L’autoroute Ville-Marie, en tranchée, a été recouverte, par morceaux. D’abord par le siège social de La Caisse, puis par la place des Montréalaises. Ne resterait que deux tronçons à couvrir, à l’est du Palais des congrès, pour effacer cette cicatrice.
L’échangeur des Pins, au pied du mont Royal, a été démantelé il y a une vingtaine d’années. Ce spaghetti de bretelles bétonnées s’est métamorphosé en boulevard urbain, tout à fait navigable pour les automobilistes, et plus sûr pour les piétons.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE
L’échangeur des Pins, avant sa démolition
Mieux encore : cette transformation a pu mettre en valeur les abords de la montagne, près du stade Percival-Molson. Qui voudrait revenir en arrière ?
1. Lisez la chronique « Les catastrophes évitées par Montréal » 2. Lisez l’article « Une partie de l’incinérateur des Carrières sera démolie »
Un message a été fusionné à un sujet existant : Église Saint-Eusèbe-de-Verceil - 6 à 8 étages
Bein voyons don!! Ils ont tout saccagé?
Yikes…








