Après plusieurs années sur la terre battue, on a récemment épandu des copeaux de bois sur cette bande au sol du Square Victoria, face à l’édicule du métro. À l’origine de la conception du Square il y a 20 ans, cette bande était gazonnée.
Une liste de projets pour lesquels des parties de parcs ont été sacrifiées
Montréal vibre au rythme du tennis ces jours-ci avec la tenue avec l’Omnium Banque Nationale 2026. Les visées expansionnistes de Tennis Canada, qui souhaite construire un nouveau stade couvert dans le parc Jarry, continuent cependant de causer des inquiétudes chez les groupes citoyens opposés à tout grignotage dans leur espace vert. Ce n’est pas d’hier que les parcs montréalais suscitent la convoitise. Regard sur quelques projets qui ont menacé les parcs publics dans les dernières décennies à Montréal.
Ce n’est pas la première fois que des parcs urbains montréalais sont visés par des projets de construction. Le gouvernement du Québec avait d’ailleurs pris les grands moyens pour protéger le mont Royal contre l’appétit des promoteurs et des institutions après la réalisation de projets immobiliers comme celui de la Ferme-Sous-les-Noyers. C’est ainsi que le site patrimonial du Mont-Royal a vu le jour en 2003.
Depuis, l’intégrité d’autres parcs a aussi été menacée.
En 2007, l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, dirigé par Cosmo Maciocia, avait lancé un projet de nouvelle mairie dans le parc René-Masson. Environ le quart du parc devait être dézoné pour construire une mairie, une maison de la culture et un stationnement.
En 2010, dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, l’arrondissement avait pour plan d’agrandir le poste de police installé dans le chalet du parc Jarry en construisant une annexe. Le projet avait suscité une levée de boucliers de la part des citoyens. Même si la nouvelle aile devait être érigée au-dessus du stationnement déjà existant, cet ajout de béton dans un parc était inacceptable aux yeux de ses opposants. À l’époque, la mairesse d’arrondissement Anie Samson affirmait qu’il s’agissait de la solution la plus avantageuse financièrement et que des questions de sécurité rendaient nécessaire le maintien du poste de police dans le parc.
Sur l’île des Sœurs, c’est plutôt un projet d’école dans un parc qui avait échauffé les esprits en 2011. L’endroit ne comptait qu’une école, qui débordait. Après avoir considéré plusieurs sites potentiels, l’arrondissement de Verdun avait proposé à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys celui du parc de la Fontaine.
Quinze ans plus tard, le maire de Verdun de l’époque, Claude Trudel, fait valoir que les terrains vacants étaient rares sur l’île et que l’école allait occuper seulement 10 % de la superficie du parc, dans le périmètre d’un stationnement déjà minéralisé.
La liste des projets de construction dans les parcs montréalais ne s’arrête pas là. L’île Sainte-Hélène en a vu de toutes les couleurs. En 2015, le milliardaire Guy Laliberté avait engagé des discussions avec la Ville et son maire Denis Coderre pour occuper une partie de l’île afin d’y réaliser Pangéa, décrit alors comme un espace commémoratif pour des rites funéraires. Le projet est finalement mort dans l’œuf.
En 2017, la construction d’un vaste amphithéâtre naturel sur l’île a d’ailleurs entraîné l’abattage d’un millier d’arbres. Le projet était d’autant plus critiqué qu’il ne desservait essentiellement que les intérêts d’Evenko.
Je ne connaissais pas l’histoire du projet de Guy Laliberté sur l’ile Sainte-Hélène, j’ai été lire la discussion sur mtlurb, c’est étrangement fascinant. Quelle idée étrange que d’avoir proposé ça à l’époque (il devait notamment y avoir un cimétière pour aninaux).
Avec la croissance de la canopée avec les années, l’important ombrage de l’épais feuillage empêchait le gazon de survivre. C’est pareil sur l’autre îlot à côté de la Place Victoria. Je crois que le paillis de bois est une solution drainante économique qui demande au passage peu d’entretien.
Parc J.-J. Gagnier: Agréablement surpris de voir les modules de jeux pour les 2-5 ans apparaître de nulle part en seulement 3 semaines! Ça me donne envie d’y retourner l’an prochain avec mes neveux pour en faire pleinement l’expérience
La placette au coin de la 2e avenue et de la rue Centrale est ouverte depuis seulement quelques jours, mais elle fait déjà beaucoup parler d’elle. Près d’un an après le début de sa construction, le petit parc est finalement prêt à accueillir les membres du public, dont plusieurs rencontrés à proximité ne sont pas emballés par son existence.
Petite place, longs travaux
La transformation de cet ancien stationnement municipal de cinq places a débuté le 27 août 2025 grâce à un financement issu de la deuxième édition du budget participatif de la Ville de Montréal. La placette est l’un des 14 sites qui ont été réaménagés dans le cadre du projet Microparcs et microplaces, qui vise à créer des « lieux de détente et de rencontres » sur « des terrains publics sous-utilisés », selon le site web de la Ville.
Ce lot de 170 mètres carrés a bénéficé d’un budget de 410 000 $ pour son réaménagement. Par ailleurs, 95 000 $ supplémentaires ont été alloués pour la réalisation d’une murale composée de trois œuvres de l’artiste Fluke, qui devrait être dévoilée en septembre 2026.
Initialement prévue à la fin novembre 2025, l’ouverture de la placette a dû être reportée « en raison de l’arrivée précoce des conditions hivernales », selon Caroline Elliott, chargée de communication à l’Arrondissement de LaSalle, qui a répondu aux questions de Nouvelles d’Ici par courriel. « Des ajustements liés à l’intégration de l’œuvre d’art, les délais de livraison du mobilier et des branchements de l’éclairage [effectués par Hydro-Québec] ont également contribué à ce report. »
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Une voisine de la placette rencontrée par Nouvelles d’Ici pense quant à elle que l’ancienne vocation du lot était préférable. « Je pense que c’était mieux lorsque c’était un stationnement », exprime-t-elle en anglais. « Je ne vois pas vraiment le point. »
Shelley Polney, qui réside à quelques pas de la placette, s’inquiète de l’effet que celle-ci aura sur le quartier. « Normalement, c’est tranquille », affirme-t-elle, mais maintenant « il va y avoir du bruit ».
Je trouve ça un peu encombré mais je crois que l’arrivée de la murale de Fluke fera du bien.
J’ai envie de lui donner cette argument. Ca semble très minéralisé pour une toute petite place. Un peu de gravel aurait donné plus de charme à mon avis.
C’est vraiment occupé comme placette, trop d’éléments et trop labyrinthique, on a essayer de cocher trop de cases sur une liste on dirait.
On aurait pu mettre que du mobilier bleu, ça aurait été la signature de la place, des lampadaires moins imposant, retirer le bac de plantation dans le milieu, mettre l’éclairage en périphérie et mettre un accès du côté de la station de bixi. On dirait qu’il va y avoir une murale, mais avoir laisser du gazon devant, ça va être un appel aux graffitis
On a transplanté le tulipier, mais pourquoi le mettre dans un gros bac carré sur-élevé
C’est vrai que c’est très minéralisé, lors des canicules ce sera un véritable ilot de chaleur, en attendant la croissance des arbres. Un aménagement plus vert et moins imperméable aurait été mieux réussi esthétiquement parlant.
Grands, petits, boisés ou aménagés; les parcs prennent plusieurs formes pour accommoder différents usages. Au micro de Ça promet, l’anthropologue Nathalie Boucher et l’historien Harold Bérubé réfléchissent au concept de parc urbain.
Imaginés au 19ᵉ siècle en pleine industrialisation, ces lieux visaient d’abord à permettre à la population citadine de renouer avec les grands espaces et la verdure. Harold Bérubé souligne que les élites de l’époque y voyaient aussi un moyen de calmer les tensions sociales.
« L’avènement du grand parc marque le moment où les personnes qui sont en ville réalisent que le contact avec la nature s’est un peu brisé. »
— Harold Bérubé, historien
Aujourd’hui, le parc demeure un territoire négocié. Dès qu’on touche à un parc, […] c’est très sensible, observe Nathalie Boucher. Est-ce un lieu de contemplation, de sport ou de rassemblement? Est-il adapté aux besoins de tous les publics? Ces frictions nous invitent à repenser l’aménagement de ces lieux collectifs, selon elle.
Personnellement, j’aime ce genre de bac-carré qui permet de s’assoir le temps d’une pause, à l’ombre. Oui, on aurait pu faire un banc en bonne et due forme, mais un bac-carré simple n’est pas nuisible.