Planète bleue, idées vertes

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE
Quelques-unes des chèvres amenées au parc Cardinal, à l’Île Bizard.
(L’Île-Bizard) Contrôler les plantes envahissantes avec des chèvres plutôt qu’avec des moyens chimiques ou mécaniques, c’est le service que propose l’organisme à but non lucratif Amitonte. Une méthode à l’essai dans la région de Montréal, mais qui est déjà utilisée en plusieurs endroits dans le monde.
Anna, Koza, Vincent Van Goat, Milky Way… une dizaine de chèvres déboulent de leur remorque et se précipitent sur le feuillage qui borde le fond du parc Cardinal, à L’Île-Bizard. Elles broutent un arbuste avec avidité, mais après moins d’une minute, laissent le plant en plan pour recommencer plus loin.
« La première chose que les chèvres font en arrivant dans un nouvel endroit, c’est explorer. Elles vont goûter à tout », explique Marina Privorotsky, vice-présidente d’Amitonte, le service d’écopâturage qui a amené le troupeau.
Ces chèvres ne sont pas ici pour tailler le gazon comme on voit parfois des moutons le faire dans des parcs. Elles ont une mission : contrôler la végétation envahissante qui traverse la clôture depuis la berge de la rivière des Prairies.
« Les bancs sont placés pour regarder la rivière des Prairies, mais tout ce qu’on voit, c’est de la vigne. On va faire un test avec le service d’écopâturage pour essayer de redonner des percées visuelles », explique la mairesse de l’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Danielle Mayrand.
Les chèvres apprécient une grande variété de plantes, y compris des espèces exotiques envahissantes coriaces comme le nerprun (bien présent au parc Cardinal) ou le phragmite (roseau commun). Encadrées par une clôture mobile, elles se concentrent sur la tâche et épargnent le reste de la végétation, sans faire de bruit ni consommer de carburant fossile.
« On est dans l’économie circulaire, on est dans l’écopâturage, ça s’enligne super bien avec notre mission et notre vision d’arrondissement », s’enthousiasme la mairesse.
Brouter en ville
L’arrondissement envisage un deuxième test dans le secteur Sainte-Geneviève, au parc de l’Anse-aux-Rivard, aménagé il y a à peine cinq ans et déjà obstrué par la végétation.
La Ville de Baie-d’Urfé a aussi utilisé les chèvres d’Amitonte à quelques reprises depuis le printemps, à la suggestion d’une résidante, Wine Mansfield, dont le terrain commençait à être colonisé par l’herbe à puce du parc John-Weir adjacent. Avec cette intervention, Mme Mansfield n’a pas eu d’herbe à puce cet été. « C’est une idée brillante et j’espère que la Ville va poursuivre le projet », dit-elle au téléphone.
L’arrondissement de LaSalle les a aussi fait venir une journée au parc de l’Aqueduc pour qu’elles s’attaquent à des espèces envahissantes.
LaSalle est encore en train d’analyser les résultats de son projet pilote, et Baie-d’Urfé n’a pas souhaité commenter le sien.
Intervenantes tout-terrain
(…)