Parc-nature des Sources

Le parc-nature des Sources comporte actuellement une superficie de 47 hectares, laquelle pourrait atteindre jusqu’à 187 hectares avec la cession des terres fédérales visées. Abritant une biodiversité remarquable, il sera, de plus, l’un des premiers à être aménagés à proximité d’un important parc scientifique, soit le campus Saint-Laurent de Technoparc Montréal.

Parc-nature des Sources: Saint-Laurent invite à protéger des terrains (montreal.ca)

Dans les journaux:

Texte intégral

Un deuxième poumon vert pour Montréal?

En manque d’espaces verts, Montréal étouffe et le mont Royal ne suffit pas à la tâche. Or, un espace immense s’offre à elle au nord-ouest de l’île. Ne manque que la volonté politique d’Ottawa pour faire de ce rêve une réalité.

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Un bernache sur pose sur l’eau sur un étang au Technoparc de Ville Saint-Laurent

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Émilie Dubreuil (accéder à la page de l’auteur)

Émilie Dubreuil

à 4 h 00

« Oh! Une paruline jaune. Oh oh, une paruline bleue! »

Katherine Collin a 51 ans. Mais dans ces bois, près des marais, on dirait une toute petite fille à qui le père Noël tend un cadeau. Elle tressaille et s’illumine à l’écoute d’un battement d’ailes ou d’un chant qu’elle croit reconnaître.

Ce que je ressens, ici, c’est l’émerveillement, la joie, dit la professeure de littérature au Cégep Vanier.

En cette heure matinale, Katherine et ses camarades du groupe Technoparc Oiseaux nous guident à travers les sentiers d’un paradis pour ornithologues amateurs. 200 espèces d’oiseaux logent dans les parages. Parulines, buses à queue rousse, moqueurs adolescents, sarcelles d’hiver… des oiseaux aux noms ravissants qui ont trouvé refuge dans un endroit pour le moins étonnant.

Katherine Collin

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans les hautes herbes, un homme en habit de camouflage guette le ciel avec un appareil photo sophistiqué. De l’autre côté du marais, un père et son fils observent la canopée avec leurs jumelles. On se croirait dans un safari aviaire.

Seulement, nous sommes à un jet de pierre d’un parc industriel, le Technoparc Montréal, d’une station du REM en construction et de l’aéroport de Montréal, dans un parc sans nom puisqu’il n’en est pas un.

On dit souvent du mont Royal qu’il est le poumon vert de la ville. Or, ce paradis fréquenté par les ornithologues amateurs, de plus en plus nombreux à arpenter ses sentiers anarchiques depuis la pandémie, est de la même taille : plus de 200 hectares de milieux humides, de boisés, de champs. Un deuxième poumon vert potentiel en ville.

L’idée d’en faire un parc officiel n’est pas récente : des élus municipaux en parlent depuis un moment déjà. Et le faire est bel et bien possible, puisque les terrains appartiennent à 85 % à la Ville et au fédéral. Mais alors, pourquoi ce deuxième poumon vert potentiel est-il menacé d’asphyxie? Une partie de la réponse se trouve du côté de l’aéroport de Montréal.

La petite histoire d’un espace vert, préservé par hasard

Au début des années 90, c’est la mode des grappes industrielles. À Ville Saint-Laurent, qui est toujours une ville à l’époque, on voit apparaître le Technoparc, un parc industriel consacré à la recherche et aux hautes technologies. On veut ainsi attirer dans la région de grandes entreprises et créer des emplois. Pour la petite histoire, ce sera Astra Pharma qui investira la première 33 millions de dollars pour y construire un laboratoire de recherche.

Mais derrière les édifices construits au fil des ans et qui abritent aujourd’hui plus d’une centaine d’entreprises, on trouve des terres encore vierges de construction. Ce que les ornithologues appellent le secteur municipal du parc sans nom, car près de la moitié des terres qui le constituent appartiennent à la Ville de Montréal.

Tout à côté se situe le secteur fédéral. 150 hectares. Un golf abandonné. Le golf de Dorval et des boisés. Le tout appartient au gouvernement fédéral, mais est administré par Aéroport de Montréal (ADM). Or, selon son plan directeur, ces terres sont disponibles à des fins de développement, et ADM envisage actuellement d’y permettre la construction d’une nouvelle usine.

Benoît Gravel, ornithologue amateur, à l’affût des oiseaux.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Malgré ses 80 ans, David Fletcher, de la coalition verte, porte l’indignation vigoureuse. Nous le rencontrons justement dans ce secteur fédéral du poumon vert anonyme de Montréal. C’est un projet énorme et c’est criminel, s’exclame l’écologiste sénior, en pointant le bout de champ fleuri où viennent se reproduire les monarques.

Il y a effectivement des négociations en cours avec une entreprise qui souhaiterait s’installer dans le secteur nord du site aéroportuaire, nous a confirmé la porte-parole d’ADM, Anne-Sophie Hamel. Elle ajoute qu’après une étude faite par des experts il a été déterminé que le projet n’était pas susceptible de causer des effets environnementaux négatifs importants ou de mettre en péril des espèces.

Au ministère de l’Environnement à Ottawa, on nous répond qu’en effet, ADM peut aller de l’avant avec ses projets. La présence de monarques sur ce terrain n’empêche pas la construction de quoi que ce soit. C’est que, comme l’écrit Samantha Bayard, porte-parole du ministère, le monarque est inscrit à titre d’espèce préoccupante en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. Or, poursuit-elle, une espèce préoccupante ne bénéficie pas d’une protection automatique en vertu de la Loi, et l’habitat essentiel des espèces préoccupantes n’est pas déterminé ni protégé.

Mais au-delà de la destruction d’un habitat d’une espèce préoccupante, le projet d’usine constitue une sonnette d’alarme pour beaucoup de monde, car il annonce le morcellement éminent du deuxième poumon vert potentiel de Montréal, qualifié en 2015 par la fondation David Suzuki de priorité de protection pour la biodiversité sur l’île.

Une perte de milieux humides en 2021, cela me semble inacceptable, dit tristement Katherine Collin en regardant le paysage bucolique du champ des monarques avec inquiétude.

Et il n’y a pas que les ornithologues amateurs et les militants écologistes qui sont aux abois.

De penser qu’on va construire de l’industriel sur un terrain vert en 2021, faut franchement être déconnecté et ne pas comprendre le sens du monde, crache Luc Ferrandez, ancien maire du Plateau, ex-responsable des grands parcs à la Ville, et bien au fait de l’enjeu.

Luc Ferrandez, ancien maire de l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal et chroniqueur politique

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il y a des secteurs industriels à perte de vue dans ce secteur. On en aurait encore besoin? Luc Ferrandez pose la question avec ironie et rappelle que le gouvernement fédéral vient d’octroyer une subvention de plusieurs centaines de millions de dollars à ADM pour sa nouvelle station du REM. Pourquoi ne pas exiger en retour cet immense terrain public? demande-t-il.

Luc Ferrandez raconte qu’il a appuyé la candidature du militant écologiste Steven Guilbeault, lors de la dernière élection fédérale, notamment s’il s’engageait à faire avancer un projet de parc sur ce territoire. Steven Guilbeault ne s’est pas prononcé publiquement sur le dossier depuis qu’il a été élu, mais il nous a confirmé être au fait du dossier.

Le fédéral mis devant ses contradictions

Steven Guilbeault n’est pas le seul ministre du gouvernement Trudeau à être au fait du potentiel de conservation de la biodiversité de ces terres fédérales allouées à ADM.

Depuis des années, Alan DeSousa, maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, interpelle le gouvernement canadien pour qu’il agisse. C’est au propriétaire du terrain à qui je m’adresse, dit-il. Mais ces démarches restaient lettre morte.

Or, l’an dernier, lors du discours du Trône, le gouvernement fédéral s’engageait à ceci : travailler en collaboration avec les municipalités pour accroître le nombre de parcs en milieu urbain.

Quand j’ai entendu cela, je me suis dit : “voilà notre fenêtre pour agir”, raconte Alan DeSousa, rencontré dans son immense bureau de l’hôtel de ville, devant une table où sont dépliées des cartes où l’on voit ce qui pourrait devenir l’immense parc dont il rêve depuis longtemps.

Le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

Photo : Radio-Canada

Alan DeSousa a contacté la ministre Mélanie Joly et a écrit au ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, qui lui a répondu de contacter Aéroports de Montréal.

La lettre du ministre comprenait du moins cette bonne nouvelle : ADM s’engageait à créer une réserve écologique au nord de l’aéroport, ce qui fut fait. En avril dernier, ADM a créé une réserve de 18,5 hectares autour de l’habitat d’une espèce en péril, le petit Blongios. Bien qu’ADM ait aménagé ce lieu unique au bénéfice de la communauté, il n’est pas envisagé de changer la vocation première du reste des terrains, qui doivent être disponibles pour assurer le développement des activités à venir à l’aéroport, nous écrit cependant Anne-Sophie Hamel d’ADM.

Aéroports de Montréal a manifesté l’intérêt de protéger une partie de ce que l’on souhaite, reconnait Alan De Sousa, mais c’est petit : 18,5 hectares sur une centaine d’hectares possibles. Moi, je pense qu’il faut avoir l’ambition de réaliser vraiment un beau projet, sinon petit à petit, cet espace va être développé et quelque chose qui est actuellement un lieu intègre et complet va disparaître comme peau de chagrin.

Alan DeSousa insiste sur le fait que nulle part ailleurs dans la région métropolitaine une telle opportunité n’existe. Ce projet de parc est une occasion en or pour tout le monde et à moindre coût, puisque les terres sont déjà publiques. Imaginez, rêve-t-il, les gens qui arrivent à l’aéroport et se retrouveraient dans la nature à une station de REM du terminal, les gens de Montréal qui peuvent aller en pleine nature observer les oiseaux sans prendre leur voiture.

Alan DeSousa est tellement convaincu que cette idée de parc est la bonne qu’il a contacté son adversaire politique, responsable des grands parcs dans l’administration Plante, mais allié dans la cause, Robert Beaudry.

Le conseiller municipal Robert Beaudry.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il nous a confirmé en entrevue que la Ville souhaite agrandir le plus possible le projet de parc, qui existe dans les cahiers de la ville depuis 2012, dans ce coin de la métropole. Nous établissons une stratégie pour acheter des terrains adjacents aux nôtres, mais il faut établir une stratégie globale avec le gouvernement fédéral, dit Robert Beaudry.

La Ville a adopté, en avril dernier, une résolution qui stipule qu’elle enjoigne le gouvernement fédéral à appuyer la conservation du golf de Dorval ainsi que des lots adjacents qui lui appartiennent, afin de créer une trame verte qui viendrait bonifier le projet du parc naturel des Sources, le nom projeté du parc depuis 2012.

Nous avons écrit au ministère des Transports à Ottawa pour savoir si le gouvernement fédéral prêtait l’oreille.

La réponse est un bruit de criquets. En l’essence, on renvoie la balle à ADM.

Transports Canada ne s’implique pas dans les décisions qui relèvent des activités d’affaires de l’autorité aéroportuaire*,* nous a écrit le bureau du ministre des Transports.

Mais ADM n’est pas en reste et renvoie, elle, la balle au fédéral : ADM n’est pas propriétaire des terrains sur lesquels se trouvent les sites aéroportuaires de YUL et de YMX. Elle ne pourrait donc en aucun cas décider à elle seule de céder un terrain à un tiers ou de changer sa vocation sans auparavant avoir eu l’aval du ministre des Transports (Transports Canada), nous a écrit la porte-parole de l’aéroport.

Katherine Collin observe depuis des années l’espace vert se désagréger. On y a abattu des milliers d’arbres, asséché des marais, construit des routes qui pourraient un jour accueillir des nouveaux stationnements là où se trouvaient, il y a quelques années à peine, de grands hérons. Elle a le cœur triste.

De petits canetons glissent derrière leur maman sur le marais. Un moqueur roux vient de se poser sur une branche. Katherine embrasse le paysage.

Harle couronné femelle et ses petits

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Si rien n’est fait pour protéger cette nature qui nous apporte tant de réconfort et que je perds ce refuge de joie, ce sera un énorme deuil dans ma vie. Mais ça n’a rien à voir avec moi. Ce sera, surtout, une énorme perte pour Montréal et une catastrophe pour les oiseaux.

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Au Téléjournal de 18h. Les milieux humides sont absolument magnifiques.

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Croire que l’aéroport de montréal a le dernier mot à dire sur ce projet. Au moins on sait ou mettre la pression.

J’espère vraiment qu’il s’agit plus qu’une simple promesse électorale, j’étais émerveillé par ma visite il y a un mois, c’est plein de magnifiques milieux naturels et humides en bon état.

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Plus en rapport avec la préservation des milieux naturels que de la création du parc :

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Davantage de milieux protégés au Technoparc


Photo: Gracieuseté / Ville de Montréal

Benjamin Aubert
18 février 2022 à 13h40 - Mis à jour 18 février 2022 à 14h41 3 minutes de lecture

La Ville de Montréal a annoncé vendredi matin qu’elle protégera les terrains qui lui appartiennent dans le secteur du Technoparc Montréal. Ces terrains se situent à l’intérieur de l’Éco-campus Hubert Reeves et près du marais IPEX.

Cette nouvelle arrive au lendemain de l’envoi d’une lettre par l’arrondissement au ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, qui invite celui-ci à intégrer plus de terrains au parc écologique des Sources.

Pour l’administration Plante, cette action représente «une première étape dans la protection des milieux naturels de ce secteur.» La Ville précise dans un communiqué qu’elle souhaite travailler avec «toutes les parties prenantes» afin de tripler la superficie du parc-nature des Sources.

«Nous avons toujours eu le courage d’agir pour protéger les milieux naturels et pour assurer la résilience de notre métropole afin d’offrir une meilleure qualité de vie aux Montréalaises et aux Montréalais. Nous avons déjà démontré notre volonté d’agir avec le Grand parc de l’Ouest. En ce début de deuxième mandat, nous poursuivons le travail en vue d’offrir une ville plus verte à la population montréalaise […] Nous avons le devoir de protéger ces milieux naturels extrêmement riches, qui comprennent une biodiversité unique à ce secteur», a affirmé la mairesse Valérie Plante par voie de communiqué.

La Ville précise également que le développement industriel au sein du Technoparc pourra aller de l’avant, mais qu’il sera concentré à l’extérieur des zones protégées.

Un regroupement soulagé

En réaction à la nouvelle, le regroupement Technoparc Oiseaux, qui lutte pour la protection des milieux à haute valeur écologique du secteur, se réjouit que les terrains soient désignés «en conservation» par la Ville de Montréal.

«Cette désignation est la plus forte qu’on peut avoir pour un espace vert à Montréal, indique la coorganisatrice Katherine Collin. On est donc très content. C’est la première démarche concrète qu’on obtient depuis qu’on lutte pour la protection de ces terrains.»

Tout comme la Ville, le regroupement voit cette annonce comme une bonne première étape vers son objectif de conservation de l’ensemble des terrains du secteur. Pour y arriver, cependant, le gouvernement fédéral devra coopérer, étant propriétaire de plus de 70% des terrains en question.

«Ça démontre aux intervenants fédéraux que la Ville est très sérieuse dans cette démarche, continue-t-elle. C’est loin d’être fini, mais c’est une bonne journée pour nous.»

Le groupe de citoyens compte donc continuer de faire pression auprès de Transports Canada au cours des prochains mois. Une campagne d’envoi de lettres a d’ailleurs été lancée cette semaine afin de l’encourager à protéger cet espace.

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Incompréhensible ! :triumph: :rage:

Des organismes environnementaux dénoncent des dégâts à l’écosystème du Technoparc


David Fletcher, de la Coalition verte, observe les dégats causé par la coupe dans plusieurs hectares du Champ des Monarques, situé dans le Technoparc À sa gauche, des plants font plus d’un pied de hauteur, alors qu’à sa droite, le terrain a été rasé. | Photo: Josie Desmarais/Métro

Journal Métro | LACHINE & DORVAL | 4 juillet 2022 à 17h36 | Alexis Fiocco

Aéroports de Montréal (ADM) a fauché des végétaux sur un terrain du Technoparc où vivraient des centaines d’espèces d’animaux, y compris des papillons monarques. Alors que Technoparc Oiseaux et la Coalition verte dénoncent des dégâts importants, ADM se défend en évoquant notamment la présence d’herbe à poux et autres plantes nuisibles.

Le terrain qui faisait anciennement partie du Golf Dorval, connu sous le nom de «champ des monarques», a été défriché la semaine dernière. Les 19 hectares avaient été laissés en friche depuis 2012; les arbustes atteignaient jusqu’à deux mètres de hauteur.

Le champ en question comprenait environ 4000 plants d’asclépiades, selon un mémoire publié en 2021 par Technoparc Oiseaux. Cette plante nourrit les chenilles du papillon monarque, une espèce considérée en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

Selon Technoparc Oiseaux, les arbustes rasés auraient aussi servi d’habitat à plus de 160 espèces d’insectes et d’invertébrés ainsi qu’à des petits mammifères qui nourrissaient au moins 150 espèces d’oiseaux recensées sur la plateforme eBird.

«C’est indéniable que des oiseaux ont été tués,» soutient le porte-parole du collectif Technoparc Oiseaux, Benoit Gravel. Toutes les espèces qui nichaient dans les arbustes ont vu leur habitat complètement rasé. Par ailleurs, M. Gravel a remarqué des «nids fauchés au sol.»


Dégâts causés par la coupe dans plusieurs hectares du Champ des Monarques, situé dans le Technoparc. / Josie Desmarais/Métro

Une accusation qu’ADM nie

Alors que la zone a été fauchée le 23 juin dernier, ADM a attendu une semaine pour annoncer que ce terrain du Technoparc serait dorénavant régulièrement entretenu.

Dans un courriel envoyé à Métro, ADM explique que le terrain a été tondu «en raison de la présence d’herbe à poux et d’herbes longues, qui constituent des nuisances.»

L’organisation tient à rappeler qu’il n’y a «pas de champ des monarques à cet endroit précis» et ce d’après la Mission monarque, une plateforme de recensement des papillons.

Cependant, les données de Mission monarque accessibles sur le Web montrent bel et bien la présence de monarques dans ce secteur.

L’an dernier, ADM avait le projet d’accueillir une usine de fabrication de masques chirurgicaux sur le «champ des monarques». Mais après plusieurs consultations publiques tenues par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada, un mémoire estime que l’étude menée pour ADM était incomplète, et demandait une nouvelle étude indépendante. L’entreprise de fabrication de masques, une filiale de Medicom, s’était alors retirée du projet.

Par ailleurs, ADM rappelle avoir transformé une autre partie de son terrain en espace protégé, le parc des Sources, en 2021.

La Ville de Montréal avait aussi protégé les terrains lui appartenant au sud du Technoparc. L’attachée de presse de la Ville de Montréal Catherine Cadotte a d’ailleurs insisté sur le fait que «le champ des monarques est extrêmement important pour la biodiversité.» «Considérant que ce terrain n’est pas utilisé actuellement, on ne s’explique difficilement la décision de Aéroports de Montréal de procéder à la tonte d’un terrain important pour la biodiversité,» a-t-elle conclut.

«Un moment critique»

Pour les deux organismes de protection de l’environnement et du Technoparc, ADM a choisi le pire moment pour faucher la zone. Les oiseaux sont en période de nidification depuis le mois d’avril, et ce jusqu’au mois d’août. Il est donc certain que des oisillons se trouvaient dans les nids fauchés, incapables de voler pour s’échapper. «Les seuls oiseaux qui ont survécu sont ceux qui nichaient dans les arbres», explique M. Gravel.

C’est aussi la période qui précède la migration des papillons monarques, qui se nourrissent des asclépiades avant de migrer au Mexique à la fin de l’été. «Est-ce qu’ils vont rester là?, s’interroge M. Fletcher. [Les papillons monarques] vont chercher des sources de nectar pour se nourrir, mais elles ont été éradiquées.»

Plusieurs demandes d’enquête ont toutefois toutefois été effectuées par des citoyens et par Technoparc Oiseaux afin d’établir si cette action est une entrave à la loi sur les oiseaux migrateurs. Un expert sera envoyé pour répondre à cette question.

Par ailleurs, la Ville avait déjà manifesté son intérêt pour la protection de ce secteur et avait indiqué qu’elle souhaitait le transformer en parc naturel. Cependant, l’autorité appartient à ADM et à Transports Canada, bien que ces derniers louent le terrain à ADM. D’après M. Fletcher, les 215 hectares que comporte au total le Technoparc «feraient une merveilleuse zone de conservation». Pour l’instant, seulement quinze hectares ont été protégés par la Ville dans le cadre de ses efforts pour préserver 10% du territoire de l’Île de Montréal.


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Champ des monarques: des élus veulent «serrer la vis» à l’aéroport


La députée de Saint-Laurent, Marwa Rizqy, s’est servie d’une carte des zones de chaleur pour montrer l’importance de la biodiversité du champ des monarques. | Photo: Quentin Dufranne/Métro

Journal Métro | MONTRÉAL | 5 juillet 2022 à 16h01
| Quentin Dufranne

Le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NDP), Alexandre Boulerice, et la députée libérale de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, ont interpellé le gouvernement fédéral pour qu’il agisse à la suite du défrichage par Aéroports de Montréal (ADM) d’un site connu comme le «champ de monarques».

Les élus veulent qu’Ottawa change le bail de ce terrain qu’il loue depuis 1992 à ADM. Cela permettrait ainsi de protéger la biodiversité qui s’y trouve. Le chef adjoint du NDP a aussi lancé l’idée d’y créer un parc fédéral si les discussions ne mènent à rien.

ADM a défriché près de 200 hectares sur ce terrain récemment. Jusqu’alors, on y trouvait notamment des plants d’asclépiades, qui permettent la reproduction des papillons monarques.

Sur son compte Twitter, ADM s’est défendu en expliquant avoir effectué une «opération normale d’entretien» de l’espace aéroportuaire. Le chef adjoint du NDP n’a pas pesé ses mots face à cette réponse d’ADM.

Trouvez donc les bagages de vos passagers et après vous vous occuperez des milieux humides et des espaces verts.

Alexandre Boulerice, chef adjoint du NPD

Selon M. Boulerice, le bail signé entre Ottawa et ADM est un «prétexte». Il «n’enlève pas la responsabilité» du gouvernement fédéral de faire appliquer la loi en matière de protection de la biodiversité sur le terrain.

Marwah Rizqy s’est jointe à M. Boulerice en se munissant d’une carte des zones de chaleur pour montrer l’importance du terrain.

Nous avons appris avec stupéfaction que pendant que certains fêtaient la Saint-Jean-Baptiste, au niveau de l’ADM, ça a plutôt passé la tondeuse.

Marwah Rizqy, députée libérale provinciale de la circonscription de Saint-Laurent

Elle souhaite ainsi que les 200 hectares de ce terrain soient «complètement préservés» pour que le secteur demeure un milieu vert.

ADM «tenu d’assurer la protection de l’environnement»

De son côté, le cabinet du ministre des Transports Omar Alghabra a expliqué que ce dernier a écrit au PDG d’ADM pour «lui faire part de ses préoccupations». Il lui aurait ainsi «réclam[é] des détails sur les prochaines étapes dans ce dossier et réitér[é] l’urgence de la situation».

Le cabinet du ministre a expliqué que, selon les modalités du bail, ADM est «tenu d’assurer la protection de l’environnement» sur le terrain.

«Le bail conclu avec ADM comprend des exigences de protection de l’environnement, a expliqué le cabinet du ministre Alghabra. À cet égard, ADM est tenu d’assurer la protection de l’environnement sur les lieux loués et doit respecter les lois environnementales en vigueur.»

Le ministère de l’Environnement et du Changement climatique explique quant à lui ne pas être tenu informé des activités d’entretien réalisées sur les terrains d’ADM.

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Vraiment, je ne vois pas comment ça peut être justifiable de passer la tondeuse sur plusieurs hectares pour quelques plantes nuisibles (il n’y a pas d’habitations dans le secteur, donc pas très problématique), surtout qu’on commence beaucoup à parler de la valeur écologique des friches pour les insectes et les oiseaux.

S’il fallait raser tous les milieux ayant des plantes nuisibles, on aurait plus aucun milieu naturel dans la plaine du Saint-Laurent.

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Constater les dégâts apportés au « champ des monarques », en comparant les photos “avant” et “après” ci-dessous m’a bien déçu. :pleading_face: :weary:

La réplique, quelque peu cinglante, du député néo-démocrate Alexandre Boulerice à l’endroit d’ADM m’a toutefois mis un petit sourire au coin de la bouche: :smirk:

« Trouvez-donc les bagages de vos passagers, et après, vous vous occuperez des milieux humides et des espaces verts pour le bien-être des oiseaux et des monarques », a-t-il ironisé.

« Champ des monarques » fauché Le ministre des Transports rencontrera Aéroports de Montréal


PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE | Benoît Gravel, membre du groupe citoyen Technoparc Oiseaux, Marwah Rizqy, députée du Parti libéral du Québec, et Alexandre Boulerice, chef adjoint du Nouveau Parti démocratique, en conférence de presse, mardi

La fauche par Aéroports de Montréal (ADM) d’un terrain en friche où un groupe citoyen avait répertorié 4000 plants d’asclépiades qui servent de nourriture aux papillons monarques fera l’objet d’une rencontre demandée par le ministre fédéral des Transports.

5 juillet 2022 | Mis à jour hier à 19h57 | NICOLAS BÉRUBÉ | LA PRESSE

« Notre gouvernement prévoit tenir une rencontre prochainement entre le ministre et l’aéroport pour discuter de la situation », a déclaré à La Presse mardi le cabinet du ministre des Transports, Omar Alghabra.

Selon le cabinet, le ministre Alghabra « a déjà écrit directement au PDG d’ADM pour lui faire part de ses préoccupations, réclamer des détails sur les prochaines étapes dans ce dossier et lui réitérer l’urgence de la situation. Notre bureau fait des suivis hebdomadaires avec ADM pour connaître leur plan et les empresser de progresser sur ce dossier ».

Le cabinet note qu’ADM a créé l’an dernier des espaces voués aux papillons monarques dans le parc écologique des Sources, près de l’aéroport Montréal-Trudeau. « C’est un bon début, mais nous réitérons à ADM qu’il doit en faire davantage. » Le ministère des Transports est propriétaire des terrains, loués depuis 1992 à ADM.

Élus insatisfaits

Les explications d’ADM concernant le récent fauchage d’un immense milieu naturel grand comme 10 terrains de football, riche en biodiversité, ne satisfont pas des élus québécois, qui demandent au gouvernement fédéral d’agir rapidement afin de protéger l’ensemble de ce « poumon urbain », dernier espace vert d’envergure non protégé dans l’île de Montréal.

« Pendant que les Québécois fêtaient la Saint-Jean-Baptiste, Aéroports de Montréal passait la tondeuse », a fustigé Marwah Rizqy, députée provinciale de Saint-Laurent, en point de presse mardi.

Mme Rizqy a noté qu’il est « faux » de dire que l’endroit fauché n’avait aucune valeur écologique. « Pour être allée marcher sur les lieux, il y a vraiment beaucoup d’oiseaux, beaucoup de biodiversité », a-t-elle dit.


PHOTO FOURNIE PAR TECHNOPARC OISEAUX | Le « champ des monarques » avant la coupe

La zone de 19 hectares fauchée par ADM fait partie d’une immense zone verte de 200 hectares qui jouxte l’aéroport Montréal-Trudeau, et qui est « grande comme le parc du Mont-Royal », a-t-elle ajouté.

« C’est un des derniers terrains et ça agit pour tempérer les îlots de chaleurs qu’on observe partout à Montréal. Le gouvernement fédéral veut créer 15 parcs par province d’ici 2030, et pour Montréal, c’est le lieu idéal pour le faire, c’est le dernier lieu où on peut le faire. Si rien n’est fait, on va perdre cette occasion. »


PHOTO FOURNIE PAR TECHNOPARC OISEAUX | Le « champ des monarques » après la coupe

Alexandre Boulerice, député fédéral de Rosemont–La Petite-Patrie et chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NPD), a quant à lui rappelé que la mission première d’ADM était d’exploiter un aéroport.

« Trouvez-donc les bagages de vos passagers, et après, vous vous occuperez des milieux humides et des espaces verts pour le bien-être des oiseaux et des monarques », a-t-il ironisé.

Le cabinet du ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, n’a pas répondu à la demande de réaction de La Presse, mardi.

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Dans le Devoir

Texte intégral

Le fédéral se dit préoccupé par la tonte au «Champ des monarques»


Alexandre Shields — Le Devoir, Le papillon monarque est considéré comme une espèce « en voie de disparition » par le Comité sur la situation en péril au Canada.

Jeanne Corriveau
5 juillet 2022

Le gouvernement fédéral a contacté Aéroports de Montréal (ADM) pour lui faire part de ses « préoccupations », alors que la corporation a coupé la végétation d’un milieu en friche qui est considéré comme un habitat critique pour le papillon monarque, mais aussi pour plusieurs dizaines d’espèces d’oiseaux. Or, la législation canadienne interdit de nuire aux oiseaux migrateurs et de détruire leurs nids.

« Le ministre Omar Alghabra a déjà écrit directement au p.-d.g. d’ADM pour lui faire part de ses préoccupations, réclamer des détails sur les prochaines étapes dans ce dossier et lui réitérer l’urgence de la situation », a fait valoir mardi le cabinet du ministre, dans une réponse écrite aux questions du Devoir.

« Notre bureau fait des suivis hebdomadaires avec ADM pour connaître leur plan et les empresser de progresser sur ce dossier. Notre gouvernement prévoit aussi tenir une rencontre prochainement entre le ministre et l’aéroport pour discuter de la situation », a ajouté le cabinet.

Il faut savoir que Transports Canada est propriétaire du terrain, qui est loué à Aéroports de Montréal. Les modalités du bail d’ADM comprennent « des exigences de protection de l’environnement », selon ce qu’a précisé le ministère fédéral. « À cet égard, ADM est tenu d’assurer la protection de l’environnement sur les lieux loués et doit respecter les lois environnementales en vigueur. »

Protection des oiseaux

Une de ces lois concerne la Convention concernent les oiseaux migrateurs, a indiqué Environnement et Changement climatique Canada, dans une réponse écrite. Celle-ci interdit formellement « de nuire aux oiseaux migrateurs et de déranger ou de détruire leurs nids ou leurs oeufs et ce partout au Canada ».

Le terrain en friche qui a fait l’objet de coupes récemment de la part d’ADM sert justement d’habitat et de site de nidification pour de nombreuses espèces migratrices protégées par cette législation. Or, « les règlements ne fournissent pas d’autorisation ou de permis pour des activités, comme celles mises de l’avant ici, qui peuvent par mégarde tuer ou faire du tort aux oiseaux migrateurs, ou encore détruire ou déranger leurs nids ou leurs oeufs ».

Pour le directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Québec, Alain Branchaud, il serait donc nécessaire d’aller inspecter le site, afin de vérifier si ADM a enfreint la loi. « La convention sur les oiseaux migrateurs est très stricte et on ne peut pas la contourner », précise-t-il.

M. Branchaud souligne toutefois que le statut d’espèce « préoccupante » du papillon monarque, en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada, ne permet pas au gouvernement fédéral d’intervenir pour protéger son habitat. Dans ce cas-ci, il s’agirait de préserver ce secteur important pour l’asclépiade, l’unique plante dont se nourrissent les chenilles de monarques. Le biologiste affirme cependant que dans le cadre du plan de gestion de cette espèce, le fédéral devrait faire la « promotion » des mesures à prendre pour la préserver, et ce, auprès des différents ministères.

Si le papillon monarque est classé comme espèce « préoccupante » dans le cadre de la Loi sur les espèces en péril, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada a classé ce papillon comme étant « en voie de disparition » dès 2016. C’est ce comité composé d’experts qui évalue et désigne les espèces sauvages qui risquent de disparaître au pays.

Le statut d’espèce « en voie de disparition » est le plus sévère avant la disparition pure et simple d’une espèce. Ce statut prévoit un plan de rétablissement qui impose au gouvernement fédéral de déterminer et de protéger l’habitat essentiel d’une espèce. Plusieurs habitats pourraient donc être désignés au Québec, dont possiblement le « Champ des monarques ».

« Tonte de gazon »

Réagissant mardi, le cabinet de la mairesse Valérie Plante a déploré la « tonte » effectuée sur le terrain loué par ADM. « Le Champ des monarques est extrêmement important pour la biodiversité et on s’attend à ce que tous les occupants du secteur posent des gestes concrets pour assurer sa protection. En février dernier, notre administration a d’ailleurs protégé les terrains appartenant à la Ville de Montréal dans le secteur sud du Technoparc, et on s’attend à ce que nos partenaires emboîtent le pas. »

ADM se défend d’avoir détruit l’habitat des monarques. Dans un courriel envoyé lundi au Devoir, les autorités aéroportuaires ont indiqué qu’il y a deux semaines, une « tonte de gazon » a été effectuée « en raison de la présence d’herbe à poux et d’herbes longues, qui constituent des nuisances ».

« Nos équipes n’ont certainement pas “rasé” le terrain, tel qu’allégué par certains groupes, mais ont procédé à une coupe comme il est standard de le faire dans le cadre des opérations normales d’entretien du site aéroportuaire », a affirmé Éric Forest, conseiller en communications chez ADM.

Aéroports de Montréal soutient que le site comptait peu d’asclépiades et que les milieux humides n’ont pas été altérés. « Aucune espèce sensible, aucun habitat sensible ou aucune zone protégée ne sont présents dans ce secteur », assure l’organisme.

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Texte intégral

Les papillons monarques moins nombreux cette année au Québec


Archives Le Devoir Les papillons monarques sont moins visibles au Québec ces jours-ci que l’an dernier à pareille date.

Jeanne Corriveau
Pôle environnement
6 juillet 2022

Ce texte est tiré du Courrier de la planète du 5 juillet 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

L’été est bien installé au Québec, mais plusieurs amateurs de monarques ont remarqué que les papillons étaient moins nombreux cette année. Faut-il s’en inquiéter ?

Coordonnateur du projet Mission monarque à l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV), Alessandro Dieni reconnaît que, sur le terrain, les oeufs, les chenilles et les papillons monarques adultes se font plus rares. Lorsque Le Devoir l’a joint lundi, M. Dieni était en Abitibi. « L’année dernière, à pareille date, on voyait beaucoup plus d’adultes voler dans les sites visités et beaucoup plus de chenilles sur les plants », dit-il.

Mais il est trop tôt pour s’inquiéter, assure-t-il. L’hiver dernier, les monarques ont couvert une superficie au Mexique de 35 % plus grande que l’année précédente, un signe encourageant pour les entomologistes. On ignore toutefois comment s’est déroulée leur migration à travers les États-Unis. Les vents et les pertes d’habitats peuvent notamment modifier leur progression, explique le chercheur. Leurs corridors de migration peuvent aussi varier d’une année à l’autre. Parfois, ils arrivent d’abord au Nouveau-Brunswick. D’autres fois, ils atteignent le sud du Québec en premier. « C’est toujours angoissant quand, en début de saison, on en voit très peu, mais il y a beaucoup de facteurs qu’il faut prendre en considération. Il peut simplement y avoir un décalage de quelques semaines », dit-il, en prêchant la patience.

Le chercheur encourage d’ailleurs les amateurs à tout de même inspecter les asclépiades et à transmettre leurs observations au programme Mission monarque même s’ils ne voient aucun oeuf, aucune chenille ni aucun papillon adulte. Il est important pour les chercheurs d’avoir le portrait le plus juste possible de la situation sur le terrain, fait-il valoir.

Cette année, le Blitz international de suivi du monarque se déroulera du 29 juillet au 7 août, mais les amateurs peuvent, pendant tout l’été, participer à Mission monarque, un programme piloté par l’IRBV et l’Insectarium de Montréal.

Rappelons que ce papillon emblématique est en voie de disparition et que sa population a chuté de 90 % en 20 ans. Un de ses habitats vient d’ailleurs d’être altéré sur l’île de Montréal, après la tonte du champ des monarques effectuée par Aéroports de Montréal il y a deux semaines.

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Saint-Laurent réclame la protection des terrains verts du Technoparc


Dégats causé par la coupe dans plusieurs hectares du Champ des Monarques, situé dans le Technoparc. | Photo: Josie Desmarais/Métro

Journal Métro | SAINT-LAURENT | 12 août 2022 à 5h00 | Olivier Boivin

Après la Ville de Côte-Saint-Luc, c’est maintenant au tour de l’Arrondissement de Saint-Laurent de demander au gouvernement du Canada de reconnaître la valeur écologique et la biodiversité des terrains verts du Technoparc via une résolution.

Cette dernière a été adoptée lors de la séance du conseil d’arrondissement du 9 août et demande au gouvernement du Canada, qui loue les terrains en question à Aéroports de Montréal, «de cesser tout développement sur ces terrains».

La résolution sollicite aussi le gouvernement «d’assurer la préservation et la conservation de ces terres fédérales à perpétuité, et ce, pour les générations futures». La création d’un parc avec ces terrains y est également évoquée.

«Le conseil ajoute sa voix pour que, au moins, on ait l’opportunité d’avoir un parc urbain, a mentionné le maire d’arrondissement, Alan DeSousa, lors de la séance du conseil. C’était la volonté du gouvernement d’en avoir un pour Québec et on souhaite ardemment que cette volonté puisse aussi être considérée pour l’île de Montréal.»

Le parti Ensemble Montréal, dont M. DeSousa fait partie et dont le chef, Aref Salem, est conseiller d’arrondissement à Saint-Laurent, a également fait part de son intention de présenter une motion à la prochaine séance du conseil municipal dans ce même objectif.

Elle demande notamment à l’administration Plante de mettre plus de pression sur le gouvernement pour qu’il protège ces terrains. Il est également question de la mise en place d’une stratégie de protection des pollinisateurs.

Ces deux annonces surviennent un mois après que des coupes effectuées par Aéroports de Montréal aient été vivement dénoncées par des groupes environnementaux.

En février, l’administration Plante a annoncé qu’elle protégerait les terrains lui appartenant et qui sont situés aux abords du Technoparc.

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Technoparc: a huge step forward towards protection

GREEN COALITION SALUTES THE EFFORTS OF VARIOUS MUNICIPALITIES AND THEIR ORGANIZATIONS

Montréal, Septembre 26, 2022

The Green Coalition wants to recognize and celebrate a huge step forward in the Technoparc file by the City of Montreal, the Montreal Agglomeration Council and the Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Following the uncontrolled mowing of thousands of milkweed plants in the Monarch Fields, 14 different municipalities and boroughs on the island of Montreal, as well as the City of Montreal itself, took up the cause of the Monarch butterfly, a species declared threatened by the International Union for Conservation of Nature (IUCN) and whose reproduction depends on milkweed.

Most recently, on 22 September, the Agglomeration of Montreal, following Montreal and other jurisdictions, adopted a formal resolution:

  • “THAT the Government of Canada recognize the ecological value and biodiversity of the lands owned by the federal government (“federal lands”) north of the Pierre Elliott Trudeau International Airport, namely lots 3, 4 and 5 located in the borough of Saint-Laurent in the City of Montreal, as well as the lands commonly referred to as the Dorval Golf Course, including the Monarch Butterfly Fields, located in the City of Dorval, all of which are leased to the Aéroport de Montreal (ADM);

  • THAT the Government of Canada, through Transport Canada, notify and require ADM to immediately cease all development on these lands;

  • THAT the Government of Canada, in keeping with its stated objective of creating or contributing to the creation of an urban park in Quebec by 2030, ensure the preservation and conservation of these federal lands in perpetuity for future generations;

  • THAT the Government of Canada work with the City of Dorval and the borough of Saint-Laurent of the City of Montreal to secure these lands as a legacy for future generations and as an important part of the urban park network on the Island of Montreal…”

The Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) has added the Dorval Golf Course, adjacent to the Monarchs Fields, to the list of golf courses protected under an interim control bylaw (ICB). Both Golf Dorval and the Monarchs Fields are part of a 215-hectare wetland and riparian ecosystem, consisting of wetlands, forests, meadows and marshes, located north of Pierre Elliott Trudeau International Airport.

The City of Montreal, the Agglomeration, the CMM and various municipal jurisdictions are now officially telling the Government of Canada what to do. It owns most of this ecosystem. It can and must, in the words of this resolution by the Agglomeration and the City of Montreal, use its authority for “the preservation and conservation of these federal lands in perpetuity.”

The Government of Canada has made many promises about the environment. Now is the time to act, to be consistent. Canada has the power to save this 215 hectare ecosystem north of Pierre Elliott Trudeau International Airport.

The Agglomeration of Montreal, the City of Montreal, the CMM and the municipalities and boroughs speak with one voice.

Canada – save this irreplaceable ecosystem!

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