Nouvelles économiques et commerciales

une autre chronique de Maxime Bergeron sur les commerces locaux

Les petits commerces locaux, indépendants, sont la première raison, pour moi, de vivre à tel ou tel endroit dans une ville ou ailleurs. Ce sont eux qui donnent la couleur du village ou du quartier. On peut savoir quel type de personnes habitent un village (ou quartier) seulement en regardant les commerces du secteur et si par malheur il n’y a pas de petits commerces dans le centre, alors c’est habituellement un endroit qui se meurt, sans âme et sans espoir. Par contre, un quartier plein de petits commerces indépendants démontre une vitalité et une fougue contagieuse et extrêmement attirante autant pour des résidents que pour des gens de l’extérieur.

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Bâtisseur de marque, comme il se définit, Bertrand Cesvet a contribué à faire rayonner de grands groupes internationaux comme le Cirque du Soleil, Adidas ou Absolut Vodka lorsqu’il était PDG de l’agence de création multidisciplinaire Sid Lee, qu’il avait cofondée. Aujourd’hui, il vient de racheter le fabricant de manteaux d’hiver haut de gamme Kanuk et souhaite maintenant faire rejaillir cette marque emblématique québécoise à l’échelle mondiale.
Publié à 1h25 Mis à jour à 6h00

Résumé

Grande entrevue – Bertrand Cesvet, repreneur de Kanuk Kanuk part à la conquête du monde

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Bertrand Cesvet, repreneur de Kanuk

Bâtisseur de marque, comme il se définit, Bertrand Cesvet a contribué à faire rayonner de grands groupes internationaux comme le Cirque du Soleil, Adidas ou Absolut Vodka lorsqu’il était PDG de l’agence de création multidisciplinaire Sid Lee, qu’il avait cofondée. Aujourd’hui, il vient de racheter le fabricant de manteaux d’hiver haut de gamme Kanuk et souhaite maintenant faire rejaillir cette marque emblématique québécoise à l’échelle mondiale.

Publié à 1h25 Mis à jour à 6h00

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Jean-Philippe Décarie
Jean-Philippe Décarie La Presse

Les manteaux Kanuk ont fait leur nid depuis 40 ans au Québec et l’entreprise a même tenté une percée aux États-Unis avec l’ouverture d’un magasin à New York, qui a été cependant rapidement fermé. Depuis cinq ans, la marque a souffert de la COVID-19 et aussi de sa trop grande identification aux rudes hivers québécois d’antan.

« Lorsque le Groupe Champlain a racheté Kanuk à son fondateur en 2015, le Québec a enregistré cet hiver-là des journées à - 35 degrés. Ç’a été la dernière fois.

« Nos manteaux ne sont plus adaptés aux changements de température, ils sont trop chauds, trop gros. On va fabriquer maintenant des manteaux pour les quatre saisons et on va positionner Kanuk à l’international », m’explique Bertrand Cesvet, dans la salle d’exposition du magasin-usine de la rue Rachel.

L’ex-PDG de Sid Lee, qui a quitté l’agence créative en 2020 après l’avoir vendue à un groupe japonais en 2015, s’est associé à deux partenaires, Alan Brandman et Jacques Bohobt, pour investir il y a deux ans dans la marque Psycho Bunny, un fabricant de vêtements pour hommes.

Il y a quatre ans, Psycho Bunny avait des ventes de 20 millions, aujourd’hui, on a plus de 100 boutiques à nous et 50 magasins en franchise au Japon et en Amérique latine. On a un modèle qui fonctionne et que l’on veut reproduire avec Kanuk.

Bertrand Cesvet

Bertrand Cesvet observe qu’il a contribué durant des années à faire la renommée commerciale d’entreprises, que ce soit le Cirque du Soleil ou Adidas, et qu’il veut maintenant le faire pour ses propres projets.

« Je suis un bâtisseur de marque, et Kanuk est une belle marque qui peut s’exporter, mais il va falloir faire plus de volume. C’est ce qui a permis à Canada Goose d’exporter ses manteaux dans le monde.

« On va devoir revoir le modèle de Kanuk et sa chaîne d’approvisionnement. Avec Psycho Bunny, on a développé des contacts avec des fabricants de tissus au Pérou et ailleurs. On va continuer de faire nos manteaux d’hiver, mais on va intégrer de nouveaux modèles plus légers, avec du duvet, des manteaux courts, des imperméables… », précise Bertrand Cesvet.

Des ventes en recul

Lorsque le Groupe Champlain a fait l’acquisition de Kanuk, l’entreprise enregistrait des ventes annuelles de 10 millions, qui ont monté jusqu’à 15 millions en 2019, avant la pandémie. Depuis 2020, les ventes ont reculé à 8 millions.

« On a repris l’entreprise parce qu’on a le savoir-faire pour la transformer. On se donne une année de transition et en 2026, on va avoir nos nouvelles gammes de produits », explique le repreneur, qui aura le titre de directeur exécutif de la création.

Lui-même et une petite équipe sont présentement en Italie pour aller visiter des boutiques et des fournisseurs et prendre le pouls du marché.

Kanuk n’est pas une grosse opération en soi alors que l’on compte une vingtaine de personnes au siège social et magasin de la rue Rachel et une quarantaine de couturières qui viennent assembler les manteaux de juin à octobre, aux 2e et 3e étages de l’édifice.

« On veut faire plus de volume et produire à longueur d’année. Le siège social va toujours rester à Montréal, mais on va aussi faire fabriquer ailleurs en sous-traitance. Nous, notre rôle, c’est de créer les plus beaux produits qui vont identifier la marque Kanuk partout dans le monde. On va être des industriels de la créativité », prévoit Bertrand Cesvet.

Encore une fois, il veut répliquer le succès de Psycho Bunny, qui emploie aujourd’hui 200 personnes à son siège social montréalais et qui participent au rayonnement mondial de la marque.

On veut ouvrir des magasins Kanuk. On a plus de 60 baux avec Simon Property Group, le plus gros opérateur de centres d’achats aux États-Unis. Là, ce qu’on fait, c’est de l’artisanat, on veut amener l’entreprise au stade de joueur global.

Bertrand Cesvet

Lorsqu’il a quitté Sid Lee en 2020, Bertrand Cesvet a joué au golf et au tennis durant six mois, pour se rendre compte que ce n’est pas la vie qu’il voulait mener. Il s’est mis à la recherche d’entreprises où il ne pourrait pas juste investir, mais aussi s’investir.

« Je voulais être un investisseur actif. J’étais au départ économiste et détenteur d’un MBA de McGill jusqu’à ce que je me lance dans la création multidisciplinaire et que je devienne responsable de l’image mondiale d’Adidas.

« Lorsque Sid Lee a été rachetée en 2015, mon rôle comme PDG pour le groupe japonais a été de réaliser des fusions et des acquisitions de firmes de création. Donc aujourd’hui, je combine un peu toutes mes expériences passées », observe Bertrand Cesvet.

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L’épicerie Métro sur la rue Saint-Hubert, dans le Plateau, devait fermer définitivement aujourd’hui. C’est arrivé assez soudainement j’ai l’impression, plusieurs de mes voisins ne le savaient pas.

La rumeur serait que ce soit converti en Super C. C’est donc la deuxième bannière “à rabais” en conversion dans le Plateau en quelques mois, après le Maxi coin Saint-Urbain et Mont-Royal. Si bien sûr la rumeur est factuelle.

Personnellement, j’aurais aimé voir un développement du site. Je pense qu’une épicerie à cet endroit est importante, mais ça serait bien de voir un concept comme l’épicerie Métro sur la rue Laurier: des logements sur des étages, pas de stationnement en surface (ou si peu). C’est quand même un gros morceau de trame urbaine qui pourrait être mieux dans le Plateau:

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Exactement, l’idéal serait d’avoir quelques étages de résidentiels et l’épicerie de retour au rez-de-chaussée. Cela rendrait le secteur beaucoup plus dynamique car pour l’Instant c’est un petit air de banlieue triste en plein Plateau.

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Sur le groupe Facebook *Plateau-Mont-Royal*, le 22 avril 2024, quelqu’un qui se dit être le gérant du Metro a affirmé que le Metro sera transformé en Super C. À mon avis, ça a l’air vrai puisqu’il est vrai qu’il y a des rabais de liquidation de 30% à 50% lors de la transformation d’un Metro en Super C, et ce serait un peu inutile de mentir là dessus.

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Rare incursion dans l’usine québécoise de Kraft Heinz

Discrète malgré son immense superficie et son emplacement en plein cœur de l’île de Montréal, l’usine de Kraft Heinz cuisine des aliments que presque tous les Québécois achètent. Son premier président québécois en 40 ans l’a fait visiter à notre chroniqueuse Marie-Eve Fournier. Au menu de leur conversation : le ketchup japonais, les hamburgers à l’ananas en Australie et les grilled-cheese au micro-ondes.
Publié à 5h00

Dopée par la filière des batteries, la récolte de 13 milliards en investissements étrangers réalisée par Investissement Québec (IQ) l’an dernier sera difficile à répéter. Les volumes d’énergie et les terrains disponibles ne sont pas illimités, prévient le bras financier de l’État québécois.

Résumé

Investissements étrangers Une récolte record de 13 milliards pour Investissement Québec

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Investissement Québec dit avoir récolté pour 13 milliards de dollars d’investissements étrangers l’an dernier.

Dopée par la filière des batteries, la récolte de 13 milliards en investissements étrangers réalisée par Investissement Québec (IQ) l’an dernier sera difficile à répéter. Les volumes d’énergie et les terrains disponibles ne sont pas illimités, prévient le bras financier de l’État québécois.

Publié à 13h30 Mis à jour à 16h18

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Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Ce qu’il faut savoir

  • Investissement Québec a récolté pour 13 milliards de dollars d’investissements directs étrangers l’an dernier. Il s’agit d’un record.
  • Les grands chantiers de la filière québécoise des batteries expliquent en grande partie cette performance.
  • Il sera difficile de répéter cette performance, selon le ministre Pierre Fitzgibbon.

« On ne verra pas l’année prochaine le chiffre que l’on a maintenant, c’est sûr, parce qu’on n’aura pas les mégawatts », a reconnu le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, en conférence de presse jeudi.

À l’approche de la publication de ses résultats annuels, la présidente-directrice générale d’IQ, Bicha Ngo, et son équipe ont fait le point, jeudi, sur la performance de la société d’État sur le plan des investissements étrangers et des exportations.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, en compagnie de la présidente-directrice générale d’Investissement Québec, Bicha Ngo, et de la vice-présidente aux exportations d’Invesissement Québec International, Marie-Eve Jean (à l’arrière)

Le résultat de 2023 s’est avéré deux fois plus élevé que le précédent record de 6 milliards enregistré au chapitre des investissements étrangers. IQ a pu bénéficier d’annonces d’envergure concernant l’écosystème québécois des batteries.

Nous avons fracassé une autre fois des records cette année.

Bicha Ngo, présidente-directrice générale d’Investissement Québec

Dans l’ensemble, la division internationale d’IQ a bouclé 109 projets l’an dernier, soit 16 de moins par rapport en 2022. Les investissements étrangers provenaient de 27 pays différents.

Gros morceau

Des projets comme ceux de Northvolt (cellules de batteries), Solus (feuilles de cuivre), la coentreprise formée par General Motors et POSCO (matériaux de batteries) représentent ainsi près de la moitié des 13 milliards comptabilisés en investissements étrangers l’an dernier. À l’exception de Northvolt, ces entreprises se sont implantées à l’extérieur de la grande région métropolitaine.

Microsoft, qui doit construire quatre centres de données dans la région de Québec dans le cadre d’un investissement de 500 millions US, fait partie des belles prises, souligne IQ.

Les résultats de la société d’État en matière d’investissements étrangers tiennent compte de l’usine de matériaux de cathodes de Ford et de ses partenaires sud-coréens même si ce chantier de 1,2 milliard est maintenant à l’arrêt – comme l’avait révélé La Presse le 7 mai dernier.

« Je pense que la filière des batteries, comme [M. Fitzgibbon] l’a mentionné, ce n’est pas terminé, mais c’est certain qu’il y a des limites au niveau des mégawatts, des terrains et des talents », a expliqué le président d’Investissement Québec International, Hubert Bolduc.

Dans ce secteur, des projets – qui sont presque toujours soutenus financièrement par Québec – représentant des investissements de 16 milliards ont été annoncés ces dernières années. On devrait « finir à 20 milliards probablement », selon M. Fitzgibbon.

Signe qu’une stabilisation est à prévoir dans la filière des batteries, le ministre a insisté sur l’importance de bien « exécuter les projets parce que les gens nous regardent ».

MM. Fitzgibbon et Bolduc estiment qu’il faut aussi prioriser les zones d’innovation mises sur pied par le gouvernement Legault. Dans ce contexte, il faut s’attendre à d’autres annonces dans la région de Sherbrooke (zone quantique) et Bromont (technologies numériques), ont-ils laissé entendre.

Vers l’extérieur

Investissement Québec International (IQI) a également le mandat de stimuler les exportations. Selon l’organisme, les 4055 accompagnements d’entreprises ont permis de générer 5,1 milliards de ventes hors Québec – une augmentation annuelle qui frôle les 65 %.

Environ 60 % des exportations ont été réalisées aux États-Unis, 31 % dans le reste du monde et 10 % ailleurs au Canada.

À l’approche de l’élection présidentielle de novembre prochain aux États-Unis, où le républicain Donald Trump souhaite redevenir locataire de la Maison-Blanche, IQI est bien au fait des turbulences qui pourraient survenir au sud de la frontière selon le résultat du prochain scrutin.

« Les exportations, ce n’est jamais fini, affirme la vice-présidente aux exportations chez IQI, Marie-Eve Jean. Le travail, dans la prochaine année, c’est de maintenir nos parts de marché [aux États-Unis], un marché extrêmement important pour les exportateurs québécois. »

Mme Jean ajoute que l’objectif est aussi de les « amener » vers des endroits où l’on anticipe une « importante croissance », comme l’Asie du Sud-est ainsi que l’Amérique latine.

En savoir plus

  • 2,3 milliards
    Valeur des investissements étrangers dans la province en 2018, avant la création de la division internationale d’Investissement Québec

Source : Investissement Québec

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Résumé

AnalyseLe Québec, en pleine révolution énergétique

Le premier ministre du Québec François Legault et le ministre de l'Économie Pierre Fitzgibbon avec des casques de chantier.

Le premier ministre du Québec François Legault et le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie Pierre Fitzgibbon (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Publié à 4 h 00 HAE

Le legs politique de François Legault sera la redéfinition de la mission et de l’engagement d’Hydro-Québec, j’en demeure convaincu. Dans 10 ou 20 ans, la société d’État sera devenue une véritable superpuissance de l’énergie propre. Le premier ministre gagnerait sans doute à concentrer ses efforts sur l’électrification des transports plutôt qu’à doubler les infrastructures routières à des fins de prétendue sécurité économique!

C’est la fête nationale dans quelques jours, la programmation régulière de RDI s’achève. Les députés sont partis dans leur circonscription avec l’impression continue qu’une campagne électorale, quelque part, est toujours en cours. Certains d’entre vous prendront des vacances. D’autres travaillent, puisque la planète économie continue de tourner.

Profitons-en pour faire le point sur les récentes nouvelles majeures en économie.

Une révolution énergétique au Québec?

Un terrain et une usine en construction vus depuis les airs.

Une vue aérienne du terrain en cours d’aménagement par Northvolt, la nouvelle usine de batteries pour véhicules électriques érigée par le constructeur suédois à Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie.

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

C’est en septembre dernier que le gouvernement Legault a annoncé la construction de la méga-usine de Northvolt sur la Rive-Sud. Un immense projet dans lequel l’argent public pourrait atteindre, au fil de la production, 7 milliards de dollars. J’écrivais, le 29 septembre, qu’il s’agissait d’un geste historique.

Malgré les embûches quant à l’acceptabilité sociale du projet, Northvolt incarne un virage majeur au Québec quant à son engagement dans le développement de la filière batterie, fruit du travail acharné des ministres François-Philippe Champagne et Pierre Fitzgibbon. C’est l’Ontario, berceau de la fabrication automobile au pays, qui sera le champion canadien dans le développement des véhicules électriques avec Honda, Stellantis et Volkswagen. Mais le Québec se taille tout de même une place de choix avec Northvolt, Ford et GM.

Dans la foulée, compte tenu des besoins en matière d’électrification des transports et des ambitions économiques du gouvernement, Hydro-Québec a annoncé un nouveau plan de développement de sa puissance de production. La société d’État va augmenter de 60 TWh sa production d’ici 2035 et veut ajouter 200 TWh à terme d’ici 2050, le double d’aujourd’hui.

C’est Michael Sabia qui est aux commandes et on peut dire qu’il n’a pas perdu de temps. Il est arrivé en août 2023, son plan a été présenté en novembre. Puis, ce printemps, le grand patron a annoncé l’intention d’Hydro d’aller de l’avant avec 10 000 mégawatts de projets éoliens d’ici 2035, de vastes parcs d’éoliennes hautes comme la Place Ville-Marie, ainsi que nous l’apprenait Thomas Gerbet.

Une révolution énergétique est en cours au Québec, rien de moins.

Enfin, les baisses de taux…

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, lors d'un point de presse, le 5 juin 2024.

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La nouvelle la plus attendue au Canada depuis le début de l’année, c’était clairement l’annonce d’une première baisse de taux. C’est survenu le 5 juin dernier et d’autres baisses sont à prévoir. Le taux est passé de 5 % à 4,75 % et il pourrait descendre à 4 % d’ici la fin de l’année, selon la plupart des économistes. Certains voient le taux directeur à 2,5 % ou 2,25 % à la fin de 2025.

La réduction des taux va donner un peu de répit aux ménages alors que près de la moitié des propriétaires au pays doivent renouveler leur hypothèque d’ici deux ans. Il semble cependant assez clair que les intérêts à payer seront plus élevés après le renouvellement hypothécaire pour la plupart des gens alors que les taux étaient franchement plus bas avant 2022. Autrement dit, la baisse des taux qui s’amorce ne nous ramènera pas à 0 % et les ménages canadiens devront payer plus cher pour leur emprunt hypothécaire.

L’étonnante remontée de Bombardier

Après avoir frôlé la faillite (c’est le PDG Alain Bellemare qui le disait à notre micro en novembre 2016), Bombardier renaît de ses cendres.

L’entreprise s’est départie de ses activités ferroviaires (achetées par Alstom, qui connaît à son tour certaines difficultés), de la CSeries (achetée par Airbus) et de la plupart de ses programmes d’aviation. L’entreprise s’est donné un nouveau PDG, Éric Martel, et une vocation précise : les avions d’affaires.

Éric Martel derrière un micro.

Conférence du PDG de Bombardier, Éric Martel, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Bombardier développe aussi depuis deux ans et demi une nouvelle division, la défense. En entrevue à Zone économie le 25 avril, Éric Martel disait que la géopolitique fait que les besoins [en défense] sont en croissance. Tous les pays de l’OTAN augmentent leur enveloppe budgétaire. C’est un bon moment pour nous. Ça va orchestrer la demande pour les dix prochaines années.

Les résultats financiers ont été décevants au premier trimestre, mais les commandes étaient en hausse de 60 % au cours des premiers mois de l’exercice, à 14,9 milliards $. L’entreprise a réaffirmé ses prévisions pour l’année et l’action a grimpé de 67 % depuis le 1er janvier. L’entreprise a aussi modifié son logo, se donnant une image plus moderne. La transformation de Bombardier est spectaculaire.

Immigration : un sujet sensible, au cœur du débat politique

Les déclarations de François Legault selon lesquelles 100 % de la crise du logement est attribuable à la forte hausse du nombre d’immigrants temporaires ont fait grand bruit.

Non seulement ces propos ont été critiqués pour leur portée sociale, mais ils ne sont pas vraiment exacts. La crise du logement perdure depuis des années et elle est aussi attribuable à l’offre. Ce qui est vrai, en retour, c’est que la croissance démographique rapide vient amplifier le problème du logement. La croissance de la population au Canada en 2023 a été la plus rapide depuis 1957. Et le nombre d’immigrants temporaires au Québec a plus que doublé depuis 2022, atteignant 600 000 personnes, selon le gouvernement du Québec, une donnée cependant remise en question par Ottawa.

Tout ça pour dire que la croissance démographique ne vient plus que de l’immigration. De plus, c’est important de rappeler que le Canada a évité une récession jusqu’à maintenant grâce à la croissance démographique forte, ce qui alimente la demande. L’ajout d’immigrants temporaires contribue à un apaisement de la pénurie de main-d’œuvre, mais augmente la pression sur le logement et les services publics.

Des personnes cueillent des fraises dans les champs d'une ferme de Lanaudière.

La majorité des immigrants temporaires présents au Québec sont détenteurs d’un permis de travail, notamment pour œuvrer dans le secteur de l’agriculture. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une part de cette immigration non permanente est composée de demandeurs d’asile, qui sont de plus en plus nombreux et qui le seront encore davantage dans l’avenir, surtout si Donald Trump est reporté au pouvoir aux États-Unis avec une politique anti-immigration assumée.

Nvidia, l’entreprise gagnante de l’intelligence artificielle générative

La capitalisation boursière de Nvidia, fabricant américain de puces électroniques nécessaires pour l’intelligence artificielle, a dépassé les 3300 milliards dollars américains. Elle a été multipliée par neuf depuis 2022, dépassant même Apple et Microsoft. C’est aujourd’hui la plus grande capitalisation boursière du monde.

Le logo de Nvidia sur un de ses édifices.

Nvidia est devenue la plus grande capitalisation boursière du monde, devant Microsoft et Apple.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Nvidia profite largement de l’explosion de l’intérêt pour l’intelligence artificielle générative. L’entreprise a 80 % du marché des puces pour l’IA qui sont utilisées dans les centres de données et 86 % de ses revenus viennent des centres de données d’affaires. Les actions de l’entreprise ont monté d’environ 170 % cette année, une poussée qui fait en sorte que le cofondateur et PDG de Nvidia Jensen Huang a maintenant une fortune évaluée à près de 120 milliards de dollars américains. C’est la 11e personne du monde par sa fortune, selon Forbes. Nvidia a annoncé un fractionnement d’action de 10 pour 1 le 7 juin afin de la rendre plus accessible aux investisseurs.

Je me vois plus comme un rassembleur que comme un entrepreneur

Une personne avec deux plaques remplies de croissants et de chocolatines.

Le footballeur à la retraite, médecin et entrepreneur Laurent Duvernay-Tardif s’est entretenu avec Gérald Fillion.

Photo : Radio-Canada / Alexis Boulianne

En terminant, je vous invite à voir, à revoir ou à écouter en balado notre entrevue avec Laurent Duvernay-Tardif, ex-footballeur, aujourd’hui entrepreneur-propriétaire des boulangers Le pain dans les voiles*.* C’est tellement ancré dans notre famille, ça fait partie de mon ADN des 15 dernières années. Je me sens chez nous, je sens que c’est un projet fort, qui me fait vibrer, nous a-t-il dit. Je me vois plus comme un rassembleur que comme un entrepreneur.

Les entrevues de notre série Profil (Nouvelle fenêtre) seront diffusées les 24 juin et 1er juillet, ainsi que dans la semaine du 22 juillet à 18 h 30 HE sur ICI RDI.

On se retrouve plus tard cet été!

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Un message a été fusionné à un sujet existant : Ahuntsic Cartierville - Actualités commerciales

Avec notre déficit record, je craignais que les agences de crédit décotent le Québec, comme elles l’ont fait avec la Colombie-Britannique le printemps dernier. Ou du moins qu’elles nous accolent une perspective négative, signe précurseur d’une décote.

Résumé

Agences de crédit Gros vote de confiance envers le Québec

PHOTO BRENDAN MCDERMID, ARCHIVES REUTERS

L’agence de crédit S&P Global a décidé de maintenir la cote AA- du Québec.


Francis Vailles
Francis Vailles La Presse

Avec notre déficit record, je craignais que les agences de crédit décotent le Québec, comme elles l’ont fait avec la Colombie-Britannique le printemps dernier. Ou du moins qu’elles nous accolent une perspective négative, signe précurseur d’une décote.

Publié à 1h52 Mis à jour à 6h30

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La nouvelle aurait ébranlé le gouvernement caquiste et semé le doute sur sa gestion des finances publiques. Une hausse des taux d’intérêt exigés par les prêteurs aurait suivi, avec ses conséquences sur nos finances.

Or, la décote n’est pas venue. Les quatre agences qui suivent le Québec ont plutôt annoncé, tour à tour, qu’elles maintiennent la cote enviable du Québec. Et leurs explications pour ce maintien dénotent une grande confiance envers le gouvernement caquiste et, plus largement, envers l’économie du Québec et la stabilité qu’apporte le Fonds des générations.

Le Québec a une cote à long terme de AA-, selon la typologie de l’agence S&P Global. Cette cote est la 4e meilleure sur une liste qui en compte une vingtaine. Les trois autres agences (Moody’s, Fitch et DBRS) ont des cotes semblables pour le Québec, exprimées autrement.

Parmi les provinces, le Québec est la 2e mieux cotée, après la Saskatchewan (AA). À titre de comparaison, le gouvernement fédéral canadien est à AAA, qui constitue la meilleure cote possible, et la France est à AA-.

Comment les agences justifient-elles ce maintien, malgré notre déficit record de 7,3 milliards en 2024-20251 ?

Explication de S&P dans son rapport : « Malgré les récentes difficultés financières, le gouvernement de la Coalition avenir Québec reste concentré sur le maintien de politiques conservatrices ciblant l’équilibre budgétaire et la réduction de la dette. »

L’agence S&P dit s’attendre à ce que le gouvernement remédie « rapidement » aux problèmes budgétaires et migre progressivement vers des déficits modestes, à la faveur d’une reprise économique et malgré les tentations électoralistes des prochaines élections.

Au sujet de la dette, l’agence Moody’s salue de son côté le Fonds des générations et sa gestion plutôt constante depuis 2006, malgré les changements de gouvernement.

Espoir dans les gains de productivité

Moody’s note que le taux de participation au marché du travail est plus élevé ici qu’ailleurs au Canada, un facteur positif. Elle signale que le vieillissement est de nature à nuire aux recettes fiscales, quoique les retraités vont tout de même payer des impôts sur leurs rentes.

S&P se dit persuadée que le Québec finira par faire des gains de productivité.

Même si cela prendra du temps, les gains de productivité contribueront à soutenir la croissance économique du Québec et atténueront les impacts du vieillissement de la population et de la pénurie de main-d’œuvre.

Extrait du rapport de la firme S&P

Autre facteur favorable, selon Moody’s : « La province entretient de solides relations avec les investisseurs, tant au pays qu’à l’étranger, pour s’assurer d’être en mesure d’attirer un large éventail d’investisseurs potentiels, une nécessité compte tenu des importants programmes d’emprunt annuels », écrit l’agence dans son rapport.

En somme, le ministre des Finances, Eric Girard, et son équipe ont su convaincre les agences que leur plan pour un retour à l’équilibre budgétaire fonctionnera. Et que les prêteurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles : le Québec honorera ses paiements d’intérêts sur la dette rubis sur l’ongle.

Ces constats jurent avec le portrait financier du Québec que j’ai fait dans ma chronique de vendredi dernier intitulée « Notre État providence a de gros défis ». J’y expliquais que le Québec a le 7e plus haut niveau de dépenses des pays industrialisés, en proportion de son PIB.

Lisez la chronique « Notre État providence a de gros défis »

Comment expliquer cette différence ? C’est que les agences de notation mesurent la capacité d’un État à engranger des revenus pour financer ses dépenses et payer ses dettes. Or, le Québec parvient à le faire avec ses contribuables – particuliers et entreprises –, chose que ne pourrait faire, au même niveau, une province comme l’Alberta, par exemple, allergique aux taxes.

Autre élément : le Québec a une économie hautement diversifiée, à l’abri des aléas d’un secteur en particulier. Moody’s donne comme exemples de cette diversité les secteurs manufacturier, des pâtes et papiers et de l’aluminium, mais également ceux des hautes technologies, de l’aéronautique et des télécommunications.

Comme un pays souverain… ou presque

Aspect intéressant : Moody’s affirme que le Québec et les provinces canadiennes « bénéficient d’une bien plus grande autonomie [budgétaire] que leurs homologues des autres pays, y compris les länder allemands et les états australiens ».

Cette autonomie aide les provinces à surmonter les ralentissements économiques ou des évènements comme la pandémie, dit-elle.

La politique budgétaire [des provinces] s’apparente davantage à celle des gouvernements souverains qu’à celle de nombre de leurs pairs internationaux infrasouverains.

Extrait du rapport de Moody’s

L’agence rappelle toutefois que sa cote s’appuie aussi sur le fait qu’advenant des problèmes de liquidités, le Québec pourrait compter sur le « soutien extraordinaire du gouvernement canadien ». Elle note également que le Québec peut compter sur la stabilité et la récurrence d’importants transferts fédéraux, notamment en santé.

Le Québec n’est cependant pas à l’abri d’un changement d’humeur des agences. S&P indique qu’elle pourrait décoter le Québec si sa performance budgétaire se traduisait, de façon persistante, par des déficits supérieurs à 10 % des revenus totaux (en incluant dans le déficit les dépenses en capital pour les infrastructures).

Or, le Québec a nettement franchi ce seuil de 10 % cette année. Son déficit après dépenses en capital a atteint 12,2 % au cours de l’année qui s’est terminée le 31 mars. Il augmentera à 14,4 % pour l’année en cours, avant de redescendre à 12,1 % l’année suivante, selon ce qu’indique S&P dans son rapport.

Visiblement, S&P croit Eric Girard quand il lui explique que ce seuil repassera sous les 10 % en 2026-2027.

En comparaison, la Colombie-Britannique a un déficit après dépenses en capital qui atteindra 20,1 % cette année. Et sa gestion erratique des finances a fait perdre patience à S&P, d’où la récente décote.

Lisez la chronique « Les risques du laisser-aller budgétaire »

Ce qu’on peut en conclure ? Que notre État providence est viable, mais qu’il serait drôlement secoué advenant un dérapage dans notre gestion budgétaire.

  1. Le déficit de 7,3 milliards est avant la provision pour éventualités et avant les versements au Fonds des générations.
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Pendant la pandémie, les Québécois avides d’évasion se sont tournés en masse vers les bateaux, les VTT et autres véhicules récréatifs. Résultat ? D’importantes pénuries et des hausses de prix à l’avenant, tant dans le neuf que dans l’usagé. Quatre ans plus tard, la ferveur est retombée, les stocks sont repartis à la hausse… et les prix sont en baisse. État des lieux.

Résumé

Bateaux et véhicules récréatifs Après l’effervescence, la chute des ventes

PHOTOMONTAGE LAPRESSE

Pendant la pandémie, les Québécois avides d’évasion se sont tournés en masse vers les bateaux, les VTT et autres véhicules récréatifs. Résultat ? D’importantes pénuries et des hausses de prix à l’avenant, tant dans le neuf que dans l’usagé. Quatre ans plus tard, la ferveur est retombée, les stocks sont repartis à la hausse… et les prix sont en baisse. État des lieux.

Publié hier à 5h00

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Martin Vallières
Martin Vallières La Presse

Les bateaux prennent l’eau

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« C’est l’une des années les plus tranquilles en 35 ans d’expérience dans le marché du nautisme », indique le président d’un important détaillant de bateaux de plaisance du sud du Québec.

À n’en pas douter, la période d’effervescence et de surenchère record qu’a connue le marché des véhicules de loisirs (caravanes de camping, nautisme, sports motorisés) durant la crise des restrictions sanitaires est bel et bien chose du passé.

« C’est l’une des années les plus tranquilles en 35 ans d’expérience dans le marché du nautisme », indique le président d’un important détaillant de bateaux de plaisance du sud du Québec.

Retour en arrière. Il y a quatre ans, alors que la plupart des établissements de loisirs et de vacances étaient paralysés ou voyaient leurs activités très ralenties par les restrictions sanitaires liées à la pandémie, de nombreuses familles s’étaient tournées vers les véhicules de loisirs pour satisfaire leur désir d’évasion et de vacances.

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Il y a quatre ans, alors que la plupart des établissements de loisirs et de vacances étaient paralysés ou voyaient leurs activités très ralenties par les restrictions sanitaires liées à la pandémie, de nombreuses familles s’étaient tournées vers les véhicules de loisirs pour satisfaire leur désir d’évasion et de vacances.

La demande de produits et services dans ce marché avait bondi alors que l’offre des constructeurs de véhicules et des fournisseurs de services était alors très entravée par les difficultés d’approvisionnement en pièces et en main-d’œuvre.

Cette soudaine déconnexion entre l’offre et la demande avait suscité une surenchère des prix de vente et un allongement des délais de livraison d’une ampleur sans précédent.

« Dans le marché des bateaux de plaisance, alors qu’on était en pénurie d’inventaire dans le neuf, on voyait beaucoup de transactions de bateaux usagés s’effectuer à des prix jusqu’à 25 % plus élevés que les prix habituels pour des embarcations comparables », relate Chantal Arrelle, copropriétaire de la Marina Lennox à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, sur la rivière Richelieu, près de la frontière américaine. Mme Arrelle est aussi membre du conseil d’administration de l’Alliance de l’industrie nautique du Québec.

En 2024, le marché du nautisme est tout autre.

Les ventes de bateaux neufs ont basculé en deçà de leur niveau de 2019, juste avant la pandémie. Et dans le marché des bateaux usagés, on voit souvent des reports ou des refus de transaction par des propriétaires qui préfèrent attendre un redressement des prix plutôt que de subir une grosse perte de valeur de revente.

Chantal Arrelle, copropriétaire de la marina Lennox à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix

« Après deux années exceptionnelles dans le marché des bateaux neufs, on connaît en 2024 l’une des années les plus tranquilles en 35 ans d’expérience, relate Patrick Picard, président et coactionnaire familial de l’entreprise Mathias Marine Sports. Mais dans le marché des bateaux usagés, ça demeure relativement bon en raison notamment d’une forte baisse des prix de revente qui avantage beaucoup les acheteurs en quête d’aubaine. » Il s’agit de l’un des plus gros commerçants en nautisme et petits véhicules de sports motorisés établis dans la Vallée-du-Richelieu, au sud de Montréal.

VTT et sports motorisés : préférence pour des modèles à bas prix

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Le marché des sports motorisés est plus résilient, particulièrement pour les modèles à plus bas prix.

Alors que son commerce se ressent du repli marqué du marché du nautisme, Patrick Picard se dit satisfait de la bonne tenue relative de ses activités commerciales dans les sports motorisés : motos de route et hors-route, vélos électriques et petits véhicules tout-terrain (VTT), motoneiges.

« Dans l’ensemble du marché des véhicules de loisirs, le segment des petits véhicules, qui sont moins coûteux que les bateaux ou les VR [caravanes], est souvent le plus résilient en période de ralentissement de l’économie et de taux d’intérêt plus élevés », explique Patrick Picard.

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Patrick Picard, président et coactionnaire familial de l’entreprise Mathias Marine Sports

« C’est ce que se passe cette année dans notre commerce. Les ventes de motos de 15 000 $ à 20 000 $ sont bonnes, mais c’est plus difficile pour les modèles aux environs de 30 000 $. Par ailleurs, la demande est très, très forte pour les vélos de montagne et tout-terrain avec assistance électrique qui ont été développés par des fabricants de motos dont nous étions déjà concessionnaires », indique M. Picard.

« Seulement depuis le début de notre année financière, en novembre, nous avons vendu au moins 200 de ces vélos à assistance électrique, à des prix variant de 2000 $ pour des modèles de base jusqu’à 7000 $ pour des modèles de calibre supérieur. »

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« Les ventes de motos de 15 000 $ à 20 000 $ sont bonnes, mais c’est plus difficile pour les modèles aux environs de 30 000 $ », indique Patrick Picard, président et coactionnaire familial de l’entreprise Mathias Marine Sports.

N’empêche. À voir les récents résultats financiers des constructeurs de petits véhicules et d’embarcations de loisirs motorisés, comme la québécoise BRP (petits VTT et motos, motomarines et petites embarcations de plaisance, motoneiges), les pressions baissières sont fortes entre les principaux segments du marché.

Par exemple, dans son plus récent énoncé de résultats financiers, BRP faisait état d’un fort repli du marché des motomarines et des petites embarcations de type « ponton », de l’ordre de 30 % à 50 % de moins en comparaison annualisée.

Dans les segments des petits véhicules de loisirs motorisés terrestres, BRP faisait mention d’un repli du marché des VTT et des motos de l’ordre de 5 % à 10 %, aussi en comparaison annualisée.

Un tel constat du marché des loisirs motorisés de la part de BRP a d’ailleurs incité des analystes à réitérer leurs avertissements à l’égard des actionnaires de l’entreprise de 9,9 milliards en chiffre d’affaires annualisé, et d’environ 6,5 milliards en valeur boursière.

« Les conditions du marché des sports motorisés resteront affaiblies durant les prochains trimestres, et il ne faut pas exclure la possibilité que BRP doive encore réduire ses prévisions », écrit l’analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale à Montréal, dans une note à ses clients-investisseurs à propos du plus récent énoncé de résultats de BRP.

Coup de frein dans les VR

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Le nombre de VR vendus en 2023 est passé sous le seuil des 35 000 unités.

Pendant ce temps, l’état du marché des gros véhicules récréatifs (VR, y compris les caravanes remorquées et les caravanes motorisées) s’avère aussi très ralenti après la période d’effervescence record durant la pandémie.

« Après l’engouement record durant la pandémie, le marché des roulottes est retombé à l’avantage des acheteurs qui n’ont pas d’enjeu de financement, et qui peuvent profiter des rabais de surplus d’inventaire chez plusieurs commerçants », constate le directeur général d’un gros détaillant de véhicules récréatifs établi de longue date en Montérégie, en périphérie sud-est de Montréal.

Selon les chiffres de ventes compilés pour l’Association des concessionnaires de VR du Canada (RVDA Canada), après avoir culminé autour de 45 000 à 52 000 unités vendues durant les années de pic de pandémie (2020 à 2022), le nombre d’unités vendues en 2023 est passé sous le seuil des 35 000 unités.

Par ailleurs, pour un aperçu de l’état du marché en 2024, les données préliminaires recueillies par RVDA Canada pour les trois premiers mois de l’année suggèrent une deuxième année consécutive de repli marqué des ventes, peut-être sous le seuil des 20 000 unités.

« Dans l’ensemble du marché des VR, c’est le segment des petites roulottes de moins de 40 000 $ qui est le plus affecté par le ressac des ventes après la période exceptionnelle durant la pandémie. Le ressac de ce segment n’est pas très surprenant si l’on considère que leurs acheteurs étaient surtout des familles de revenu intermédiaire, qui avaient alors les moyens d’acheter et d’utiliser une petite roulotte pour leurs loisirs avant la poussée d’inflation et la forte remontée des taux d’intérêt », témoigne Marc Rémillard, PDG de l’entreprise Roulottes Rémillard, à Saint-Jean-sur-Richelieu, en périphérie sud-est de Montréal.

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Marc Rémillard, PDG de l’entreprise Roulottes Rémillard

« Par contre, dans le marché des plus gros VR, comme les caravanes à sellette, les grandes roulottes et les caravanes motorisées, les ventes vont encore relativement bien. On observe une petite baisse de la demande, mais les acheteurs plus âgés et à l’aise financièrement demeurent actifs dans le marché. En fait, ils sont les mieux placés pour profiter du retour des promotions de prix et de coûts de financement dans le marché des VR neufs. Ils peuvent aussi profiter des très bons rabais sur les VR des années-modèle depuis 2021 qui sont maintenant en surplus d’inventaire chez les commerçants. »

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Le Salon international de l’auto de Montréal (SIAM) voulait être « derrière le volant » pour tout ce qui touche l’industrie automobile, de l’aveu de son vice-président Denis Dessureault. Le Salon du véhicule électrique de Montréal (SVEM), inauguré en 2017, avait à sa tête un cofondateur, Louis Bernard, désireux de prendre sa retraite.

Résumé

Économie

Le Salon de l’auto avale son petit frère électrique

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Luc Saumure, cofondateur du Salon du véhicule électrique de Montréal, Denis Dessureault, vice-président du Salon international de l’auto de Montréal, et Louis Bernard, cofondateur du Salon du véhicule électrique de Montréal

Le Salon international de l’auto de Montréal (SIAM) voulait être « derrière le volant » pour tout ce qui touche l’industrie automobile, de l’aveu de son vice-président Denis Dessureault. Le Salon du véhicule électrique de Montréal (SVEM), inauguré en 2017, avait à sa tête un cofondateur, Louis Bernard, désireux de prendre sa retraite.

Publié à 0h55 Mis à jour à 6h00

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Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

L’issue logique sera annoncée ce jeudi : le Salon de l’auto acquiert le Salon du véhicule électrique, pour un montant qui n’a pas été dévoilé. Les deux évènements continueront de se tenir de façon distincte « à court et à moyen terme », explique en entrevue M. Dessureault.

« On a vraiment deux évènements avec deux clientèles assez différentes, tant sur le plan des visiteurs que des exposants, explique le vice-président du SIAM. Éventuellement, c’est sûr que les deux vont fusionner, c’est dans nos plans. On ne gardera pas ces deux évènements en parallèle quand, comme on l’annonce, toutes les voitures seront électriques en 2030. »

Compétition électrique

Le Salon de l’auto, qui tiendra l’an prochain sa 80e édition, a attiré quelque 170 000 visiteurs en février dernier au Palais des congrès. Il s’agissait d’une hausse de 14 % par rapport à 2023, édition organisée après trois ans d’absence en raison de la pandémie. Sous la houlette de la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal (CCAM), le Salon de l’auto avait alors proposé un important volet électrique, avec 101 véhicules électriques et hybrides.

C’était plus que les 80 voitures utilisant ces modes de propulsion présentées par le Salon du véhicule électrique de Montréal en avril dernier au Stade olympique. Pour sa septième édition, le SVEM avait attiré 31 000 visiteurs, sensiblement le même nombre que l’année précédente.

« Le Salon du véhicule électrique n’est pas un salon de l’automobile, précise son cofondateur Luc Saumure. C’est un salon où on retrouve tous les véhicules électriques, on n’est pas en compétition directement avec le Salon de l’auto de Montréal dans le sens qu’on n’offre pas que de l’automobile. On offre tout ce qui est à mobilité électrique, motos, scooters, vélos, triporteurs, et tous les services autour comme les bornes. »

Les deux cofondateurs se disent particulièrement fiers de l’impact du SVEM depuis 2017, qui a permis à des dizaines de milliers de Québécois d’essayer, souvent pour la première fois, un véhicule électrique. De 60 000 pieds carrés à la Place Bonaventure il y a sept ans, on a présenté des exposants sur 204 000 pieds carrés le printemps dernier.

« C’est un évènement qui donnait de l’information aux gens qui ne connaissaient à peu près rien au domaine du véhicule électrique, explique Luc Saumure. En fait, c’est nous autres qui avons mis probablement le plus de véhicules électriques sur la route au Québec. Les gens venaient, ils pouvaient les essayer, et l’essayer, c’est l’adopter. »

« Dures sur le body »

Les dernières années ont été particulièrement turbulentes pour les salons automobiles à travers la planète, avec la désaffection de certains manufacturiers et des affluences qui stagnaient. C’est le SIAM qui a fait les premiers pas pour cette acquisition. Le SVEM, insistent cependant ses dirigeants, n’avait pas de problèmes financiers. Pourquoi l’avoir acceptée ?

« Le vieux promoteur que je suis depuis 38 ans commençait à penser à profiter un petit peu de la vie, avec sa conjointe qui est à la retraite depuis déjà cinq ans, répond d’une traite Louis Bernard, cofondateur. Les dernières années ont été dures sur le body du bonhomme. »

Pas question pour Luc Saumure de continuer l’aventure sans son partenaire. « Le Salon du véhicule électrique de Montréal, c’est Luc et Louis, et un ne va pas sans l’autre, renchérit M. Saumure. Moi, de mon côté, j’ai lancé d’autres entreprises, alors je m’en vais dans d’autres choses, mais ça reste quand même dans le domaine de l’électrification. »

Denis Dessureault espère maintenant que le regroupement des deux organisations offrira une meilleure synergie qui attirera des manufacturiers automobiles. Les principaux constructeurs allemands et Honda, notamment, boudent les salons automobiles depuis quelques années.

« Il n’y a pas un salon dans le monde qui a réussi à avoir la même participation des manufacturiers, note le vice-président du SIAM. Il va falloir que les gens s’habituent à ça quand il va y avoir un salon, il va tout le temps manquer des joueurs. »

Coin St-Antoine et St-Urbain

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Selon vous, quel est le taux d’inflation actuel ? Et quel sera-t-il dans un an ?

Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai lu les réponses des consommateurs, sondés par la Banque du Canada. Selon le Canadien moyen, le taux d’inflation actuel est de 5,2 %, presque deux fois le taux mesuré par Statistique Canada (2,7 %). LP

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Inflation Les consommateurs sont mêlés

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Et bien que la vaste majorité des économistes s’attendent à ce que le taux d’inflation atteigne bientôt la cible de 2 %, les consommateurs prévoient qu’il sera plutôt de 4,1 % dans un an. N’est-ce pas étonnant ?


Francis Vailles
Francis Vailles La Presse

Selon vous, quel est le taux d’inflation actuel ? Et quel sera-t-il dans un an ?

Publié à 1h41 Mis à jour à 5h47

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Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai lu les réponses des consommateurs, sondés par la Banque du Canada. Selon le Canadien moyen, le taux d’inflation actuel est de 5,2 %, presque deux fois le taux mesuré par Statistique Canada (2,7 %).

Et bien que la vaste majorité des économistes s’attendent à ce que le taux d’inflation atteigne bientôt la cible de 2 %, les consommateurs prévoient qu’il sera plutôt de 4,1 % dans un an. N’est-ce pas étonnant ?

L’enquête sur les attentes des consommateurs1, publiée mardi par la Banque du Canada, montre à quel point la perception des consommateurs est loin de la réalité. Cette perception pourrait être de nature à influencer les décisions de la Banque.

Cet écart n’est pas constaté seulement pour l’indice des prix à la consommation (IPC) – parfois contesté – mais aussi sur d’autres éléments.

Selon le sondage, par exemple, les Canadiens estiment que leur salaire a augmenté de 2,4 % depuis 12 mois. Or, les déclarations des entreprises à Revenu Canada comme des travailleurs à Statistique Canada font état de hausses de 3,7 % à 4,6 % pour la même période.

Comment expliquer ces écarts ? Et pourquoi la Banque s’en soucie-t-elle ?

D’abord, les consommateurs ont vraisemblablement tendance à mêler le niveau des prix et sa hausse, estime l’économiste Benoit Durocher, du Mouvement Desjardins.

« Les consommateurs espèrent que les prix baisseront pour revenir au niveau de 2021, ce qui n’arrivera pas. Ce phénomène joue beaucoup dans cette perception », croit M. Durocher.

Autre facteur possible : les consommateurs voient davantage les hausses qui frappent, comme celle pour l’essence et le logement, mais oublient les éléments du panier de consommation qui montent peu ou baissent, comme les vêtements et les meubles.

Statistique Canada mesure l’évolution de l’ensemble du panier de biens et services typique des consommateurs, pas seulement les éléments les plus marquants. Le panier est calibré selon les dépenses des ménages.

La perception des consommateurs est un facteur quand même non négligeable pour la Banque. Pourquoi ? Parce qu’elle peut donner des indications sur le comportement des consommateurs, comportement qui pourrait influer sur l’inflation et, ultimement, sur le taux directeur.

De fait, si les consommateurs s’attendaient à ce que l’inflation grimpe de 50 % d’ici un an – pour prendre un exemple extrême –, ils auraient tendance à devancer leurs achats pour profiter des bas prix actuels, et ce devancement, en soi, hausserait l’inflation.

« Si les consommateurs et les entreprises s’attendent à ce que le taux d’inflation reste élevé plus longtemps, ils exigeront d’être compensés pour leurs salaires ou leurs prix », me dit Matthieu Arseneau, économiste à la Banque Nationale.

Pour les observateurs avisés, le plus important demeure l’évolution de cette perception des consommateurs. À l’automne 2022, les consommateurs estimaient que l’inflation était à 8 % (plutôt que le taux réel de 7,2 %), et aujourd’hui, ce taux perçu a reculé à 5,2 %, soit beaucoup moins. Le recul est semblable pour l’inflation attendue un an plus tard.

Mathieu Arseneau accorde davantage d’importance à la perception des entreprises, sondées dans une autre enquête publiée le même jour (15 juillet) par la Banque du Canada2. Or, ces perceptions militent pour le dégonflement de l’inflation.

Non seulement les perspectives d’embauche et d’investissement des entreprises ont diminué, mais les attentes de croissance des salaires sont moindres.

Quant à la pénurie de main-d’œuvre, c’est presque chose du passé : seulement 15 % des entreprises canadiennes disent encore en souffrir, contre plus de 40 % il y a deux ans.

Ces facteurs sont de nature à ralentir l’activité économique et l’inflation et donc à inciter la Banque du Canada à réduire son taux directeur. L’équipe d’économistes de la Banque Nationale prévoit d’ailleurs que le taux d’intérêt directeur reculera encore de 75 points de base d’ici la fin de 2024, à 4 %.

La baisse du taux d’inflation qui vient d’être annoncée (2,7 % en juin) milite aussi pour une détente du taux directeur, car ce taux d’inflation est dans la fourchette de 1 % à 3 % chérie par la Banque du Canada. La prochaine annonce sur le taux directeur est le mercredi 24 juillet.

Les craintes de récession s’amenuisent

Quoi qu’il en soit, la perception des consommateurs et des entreprises est intéressante à un autre égard : les deux groupes jugent que le risque de récession diminue, ce qui est bon signe.

Chez les entreprises, 20 % prévoient qu’il y aura une récession dans un an, qu’elle soit sévère (3 %) ou légère (17 %). Cette proportion était de 37 % il y a six mois.

Du côté des consommateurs, 51 % jugent que l’économie canadienne connaîtra un déclin d’ici 12 mois, qu’il soit important (20 %) ou faible (31 %). Cette proportion était de 61 % il y a six mois.

En revanche, les consommateurs sondés estiment maintenant plus grande la probabilité de perdre leur emploi d’ici un an (14,6 %) qu’il y a six mois (10,9 %).

Bref, sans être roses, les prochains mois verront probablement l’inflation reculer jusqu’à la cible de 2 % et les taux d’intérêt atteindre un niveau plus raisonnable. Ce sera à la grande satisfaction des propriétaires qui ont un gros emprunt hypothécaire ou encore des acheteurs en quête d’un logement.

1. Consultez l’Enquête sur les attentes des consommateurs au Canada 2. Consultez l’Enquête sur les perspectives des entreprises

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