Un projet social pour l’ancien couvent, dossier en 3 articles de la Presse
Un nouveau campus où de jeunes adultes issus de la DPJ pourront à la fois étudier, être logés et obtenir le soutien psychosocial dont ils ont besoin. Des leaders issus des secteurs communautaire, privé et politique s’unissent pour réaliser ce projet unique au pays et ainsi s’efforcer de freiner « le premier fabricant de personnes itinérantes au Québec ». Un dossier de Caroline Touzin et de Martin Tremblay.
Qualifié de « révolutionnaire » et de « porteur d’espoir » par plusieurs, le projet Agora Déclic prévoit la construction d’un campus pour jeunes adultes issus de la DPJ où ils pourront étudier, être logés et obtenir le soutien psychosocial dont ils ont besoin.
Autour de la table, en ce matin de janvier dans le parloir du couvent des Franciscains, dans l’est de Montréal, donc, l’enthousiasme est palpable. C’est ici que le campus pourrait voir le jour.
Avec le nouveau projet du campus Agora Déclic, ils pourront étudier, être logés et obtenir le soutien psychosocial dont ils ont besoin sous un même toit.
À l’Agora Déclic, il n’y aura pas plus de 15 élèves par classe. Un horaire flexible et une approche sensible aux traumatismes des jeunes. Ils pourront loger dans de beaux studios abordables sur le même site.
[…]
Plus le projet Agora Déclic est retardé, plus il coûtera cher, avertit la présidente de l’entreprise immobilière associée au futur campus
« Le contexte politique actuel fragilise le projet unique au Québec, voire dans le monde », s’inquiète Benoit Bernier, l’un des deux idéateurs de l’Agora Déclic.
Après dix ans de travail acharné, le projet de campus était en bonne voie d’obtenir « toutes les signatures nécessaires » par les ministères concernés – Éducation (permis d’école), Habitation (logements abordables), Services sociaux (financement pour le soutien psychosocial) – au moment où le premier ministre du Québec François Legault a démissionné, décrivent Sonia Lombart et M. Bernier, cofondateurs de Déclic.
Ces derniers craignent que le projet de campus ait été mis sur la glace alors que le bâtiment (l’ancien couvent), le promoteur, le chargé de projet et la firme d’architecture sont trouvés.
Plus le projet est retardé, plus il coûtera cher, fait valoir Laurence Vincent, présidente de Prével, entreprise immobilière associée au futur campus.
La construction se chiffre actuellement à environ 70 millions. À cela il faut ajouter environ 8 millions en aménagements divers et ameublement pour un total de 78 millions.
[…]
Des appartements supervisés destinés aux jeunes de la DPJ existent déjà au Québec, mais ils n’ont rien à voir avec le modèle de l’Agora Déclic, indique la fondatrice d’Ékip jeunesse, Nancy Audet, elle-même une enfant de la DPJ.
Quelque 145 jeunes auront un studio autonome privé avec chambre, salon et cuisine équipés et salle de bain. Du personnel de soutien résidentiel sera présent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour un « encadrement bienveillant », insiste-t-il.
Le loyer sera abordable. Les jeunes pourront y rester jusqu’à cinq ans, leur permettant ainsi de conclure un parcours de formation.
Ce sont 2000 jeunes par an qui sortent « du système » à 18 ans. « On n’aura pas de misère à remplir les studios », ajoute sa complice Sonia Lombart. Et surtout, « ça n’aura pas l’air d’une chambre d’hôpital », insiste-t-elle, faisant allusion aux espaces personnels exigus que ces jeunes ont connus en institution.
Les rendus sont par Rayside Labossière