Migration, émigration et immigration - Discussion générale

100%, c’est pour ça qu’au final le PSTQ est un meilleur programme (il a ses limites aussi, notamment le rôle arbitraire des critères qui peuvent changer tout le temps), notamment parce qu’il permet de prioriser les jeunes, alors qu’on pouvait immigrer à 50 ans avec le PEQ. Mais les gens arrivés avec la promesse du PEQ se retrouvent floués et c’est injuste.

Cela dit, il ne faut pas oublier que le PEQ avait explosé parce que la CAQ l’avait “élargi”. Pendant des années, le PEQ diplômés c’était quelques milliers de demandes par an, pas plus. Ça a explosé parce qu’une certaine Mme Fréchette a décidé de réduire les critères… et sans surprise, alors que le nombre d’étudiants étrangers avait déjà augmenté, ça a fait triplé le nombre de demandes.

Oui 45k CSQ au total, 29k dans l’immigration économique, donc maintenant en entier dans le PSTQ. Un PEQ réformé, comme ça a déjà été fait par le passé, aurait permis de régler une partie des problèmes pour le gouvernement, tout en laissant la majorité des admissions au PSTQ.

Il faut comprendre le défi, on veut prendre 45k permanents par an et on a un peu plus de 500K temporaires sur le territoire (540k en Octobre, en baisse donc quelque part entre 500 et 520k actuellement). Dans ces 500K, tout le monde ne souhaite pas demeurer au Québec, mais on sait pas combien (pour des immigrants de pays riches, ça dépend souvent de la facilité des démarches). Parmi ces gens, certains viennent d’arriver et la RP n’est pas un enjeu pour les prochaines années. Par calcul (approximatif et personnel), je dirais qu’on va en prendre 150k en permanents dans les 4 prochaines années et qu’on a un enjeu (des gens qui vont devoir partir) de quelques dizaines de milliers de personnes à 200k. Le vrai problème dans le débat actuel c’est que personne n’est capable de dire si c’est 30k ou 200k. Les partisans de la clause grand-père disent évidemment 30k, Roberge parle lui de centaines de milliers de personnes.

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On est à une époque où ceux qui dénoncent les dérives du gouvernement en matière du discours sur l’immigration (maladroitement ou pas) comme Haroun Bouazzi se font crucifier publiquement beaucoup plus sévèrement que ceux qui entretiennent un climat toxique.

Quand t’es pas blanc au Québec tu fermes ta gueule et tu es reconnaissant d’avoir été accueilli. T’as beau être né ici, parler le français beaucoup mieux que la langue de tes ancêtres (au point où on m’appelle le petit blanc quand je vais dans mon pays d’origine), tu n’as pas le droit de remettre en question la manière dont sont traités tes semblables. J’ai appris à le faire. La réalisation de ça m’avait fait très mal initialement. Mais j’ai appris à vivre avec. Je cherche l’argent et m’occupe des miens sachant que rien ne me sera facilité. It is what it is rendu là.

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Québec exclut toute clause de droits acquis

Le gouvernement du Québec persiste à refuser toute clause de droits acquis pour les travailleurs et étudiants étrangers touchés par la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a réitéré cette position vendredi, en conférence de presse, en présentant les orientations du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui remplace le PEQ.

« Donc je vais être clair une fois pour toutes, nous ne ramènerons pas le PEQ », a-t-il déclaré.

S’il reconnaît que la transition suscite de l’inquiétude, il exclut toute mesure de transition pour les candidats déjà engagés dans le PEQ.

« Je suis conscient que dans la période de changement, la période de transformation, de transition qu’on vit, il y a des gens qui vivent de l’inquiétude », a-t-il dit.

Sur la page Facebook du ministre, où la conférence de presse était retransmise en direct, des milliers de commentaires critiques et emojis de colère ont été publiés.

Front large

Depuis l’abolition du PEQ, la revendication d’une clause de droits acquis pour les travailleurs et étudiants étrangers déjà engagés dans ce parcours a rallié un front large : la Ville de Montréal et la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), les maires de Québec et de Trois-Rivières ainsi que la Ville de Sherbrooke, la CSN et les partis d’opposition (PLQ et QS ; le PQ se disant ouvert à une clause ciblée, mais pas universelle).

Une manifestation est d’ailleurs prévue le 7 février dans plusieurs villes du Québec, dont Montréal, à l’initiative du collectif Le Québec, c’est nous aussi.

Nouvelle et seule voie

En conférence de presse, le ministre Roberge a précisé que son gouvernement privilégiera les diplômés formés au Québec, les travailleurs dans des secteurs prioritaires et les candidats ayant un fort potentiel d’intégration, dans le PSTQ, qui devient la principale voie d’accès à la résidence permanente au Québec.

En 2026, environ 29 000 immigrants économiques seront sélectionnés, dans un total annuel de 45 000 immigrants.

Lors de la première ronde, 2552 candidats ont été invités, dont 64 % diplômés du Québec et 66 % résidant hors de Montréal et Laval.

Pression sur Ottawa

M. Roberge a aussi demandé au gouvernement fédéral de prolonger les permis de travail.

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-01-30/fin-du-peq/quebec-exclut-toute-clause-de-droits-acquis.php

sur le site de Radio-Canada

et le Devoir

le communiqué officiel

Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean-François Roberge, a présenté le plan des invitations du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) pour l’année 2026. En partageant les orientations pour les prochains exercices mensuels d’invitation, le gouvernement veut donner de la prévisibilité aux gens qui souhaitent obtenir la résidence permanente au Québec, tout en respectant les orientations de la planification pluriannuelle de l’immigration.

Le gouvernement confirme donc son intention d’envoyer des invitations à chaque fin de mois, à partir d’aujourd’hui, afin d’atteindre l’objectif annuel d’admettre environ 29 000 personnes dans la catégorie de l’immigration économique.

Pour 2026, les invitations s’appuieront sur trois grandes orientations :

  • Prioriser les personnes diplômées du Québec afin de favoriser la rétention des talents formés ici et déjà bien intégrés à la société québécoise;
  • Prioriser les personnes exerçant un emploi dans un secteur stratégique comme la santé, l’éducation, la construction, la petite enfance et le génie;
  • Prioriser les profils diversifiés et présentant le plus fort potentiel d’intégration économique et linguistique, sur la base du classement général.

Première vague d’invitations pour 2026

Le ministre a également confirmé un premier exercice d’invitation en 2026, avec 2 549 nouvelles invitations dans le PSTQ. Il s’agit d’une étape importante qui donne le ton pour les prochains mois. Voici quelques statistiques sur les personnes invitées :

  • 1 630 personnes détiennent un diplôme du Québec (64,5 % des invitations);
  • 828 personnes exercent une profession dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la petite enfance, de la construction et du génie (32,7 % des invitations);
  • 1 667 personnes résident à l’extérieur de Montréal et de Laval (65,9 % des invitations);
  • 20 personnes ont été invitées spécifiquement pour leur talent d’exception.

L’exercice sera répété toutes les fins de mois afin d’admettre près de 29 000 immigrants économiques par année. Rappelons qu’en novembre dernier, le PSTQ est devenu l’unique voie pour sélectionner des travailleurs qualifiés de façon permanente

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Au Téléjournal de Québec

La fin du PEQ fait rager Bruno Marchand

Le maire de Québec n’en peut plus de l’incertitude dans laquelle sont plongés des entreprises et des milliers de travailleurs avec la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Les explications de Marie-Pier Mercier.

Le contexte n’est pas «favorable» aux immigrants français, dit le consul général de France à Québec

Éric Lamouroux croit tout de même que le caractère privilégié des relations entre la France et le Québec va perdurer.

Malgré une relation forte entre le Québec et la France, les ressortissants français ne sont pas épargnés dans cette période de « resserrement » des règles d’immigration. L’inquiétude est vive parmi un grand nombre d’entre eux, constatent les diplomates les représentant au pays.

Le consul général de France à Québec, Éric Lamouroux, concède que le contexte n’est pas « favorable » pour ses compatriotes, qui ont été sous le choc d’apprendre l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). « Il y avait une politique publique qui permettait d’espérer très raisonnablement d’arriver sur un titre, un permis de travail ou d’études temporaires et puis en remplissant les critères de séjour et de francophonie, etc., d’ensuite accéder à la résidence permanente. Donc c’était assez attractif, et je pense que beaucoup de gens sont venus sur ce schéma-là », dit le consul, basé dans la capitale nationale.
[…]

Il y a déja eu une sortie de l’ambassadeur français au Canada.

C’est (très très) rare ce genre de sorties du corps diplomatique.

On apprend aujourd’hui par JF Lépine que Québec s’apprêterait à relancer une campagne de recrutement en santé en France… quelle honte sérieux.

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La réputation du Québec est terni a l’étranger sur la question de l’immigration. Cela va compliquer la vie des entreprises , organisations comme les hopitaux et universités pour recruter des gens a l’étranger. Sur les canaux d’immigration hispanophone sur youtube le Canada mais surtout le Québec sont déconseillé pour ceux qui cherche a émigrer.

L’Espagne est devenu même la destination tendance oú beaucoup de sud-américains veulent aller plutôt que le canada et les usa.

Le neveu d’un ami péruvien avait étudier le francais a Lima pour pouvoir émigrer au Québec mais au dernier moment il a été refuser. Il a finalement immigrer en Espagne ou il a rejoint d’autres membres de sa famille.

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Le PDG de Communauto rédige une lettre ouverte à François Legault pour critiquer la fin du Programme d’Expérience Québécoise (PEQ)

https://www.lapresse.ca/affaires/2026-02-02/le-forum-des-affaires/une-crise-provoquee-de-toutes-pieces.php

PS: Comment on fait pour faire un preview?

Impossible avec La Presse. C’est bloqué de leur côté

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Des PME québécoises demandent à Ottawa une «clause grand-père» pour les travailleurs étrangers

Des acteurs du milieu des affaires au Québec dénoncent les changements apportés au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), qui menacent, selon eux, « directement la survie de compagnies québécoises ». Ils demandent notamment au gouvernement Carney une clause de droit acquis pour les travailleurs du PTET déjà au pays.

Des PME québécoises membres de l’Alliance main-d’œuvre étrangère, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Conseil du patronat du Québec (CPQ) et Manufacturiers et Exportateurs du Québec ont interpellé le gouvernement fédéral, lundi.

Les entreprises de l’alliance vivent depuis plusieurs mois « les impacts très réels » des modifications adoptées en 2024 au PTET, a indiqué Claude Blanchet, directeur général de CIF Métal, une entreprise établie à Thetford Mines.

Les resserrements au programme fédéral combinés à la fin du Programme de l’expérience québécoise « nous empêchent de planifier dans nos entreprises à long terme, même à court terme », a-t-il dit en conférence de presse, à Ottawa.
[…]

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Modifié il y a moins de trois mois, le système d’immigration québécois pourrait encore subir des modifications, selon le choix du prochain chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et premier ministre.

Depuis le début de la course à la chefferie caquiste, les deux candidats, Bernard Drainville et Christine Fréchette, ont proposé de revoir partiellement la position du gouvernement en immigration.

Pour l’instant, le gouvernement de François Legault maintient qu’il ne reviendra pas sur sa décision d’abolir l’un des principaux programmes d’immigration permanente, le Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Il invite plutôt ceux qui souhaitent obtenir la résidence permanente à passer par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

En vigueur depuis juillet 2025, ce programme fonctionne par pointage et vise à favoriser les profils d’immigrants déjà établis sur le territoire, maîtrisant le français et travaillant dans des secteurs prioritaires à l’extérieur de Montréal et de Laval.
[…]

Après Montréal et Québec, la Ville de Laval réclame à son tour une clause de droits acquis pour les personnes immigrantes déjà établies au Québec dans le cadre du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Lors de sa réunion de mardi soir, le conseil municipal a adopté à l’unanimité une résolution mise de l’avant par le maire Stéphane Boyer.

Dans celle-ci, les élus municipaux lavallois réclament que le gouvernement du Québec reconnaisse « explicitement la réalité économique et la capacité d’accueil distincte de Laval dans l’application des politiques d’immigration ».
[…]

Fin du Programme de l’expérience québécoise / Cinq questions pour démêler le vrai du faux

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge

Depuis l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, multiplie les entrevues pour justifier sa décision et son refus d’accorder une clause de droits acquis, qui reviendrait selon lui à offrir une « citoyenneté automatique, gratuite, sans condition » à des centaines de milliers de personnes. Mais l’examen des règles du programme, des documents gouvernementaux et des données disponibles contredit cette affirmation.

Le PEQ donnait-il une « citoyenneté gratuite, sans condition » ?

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Non. Le PEQ n’accordait pas la citoyenneté. Il permettait d’obtenir un certificat de sélection du Québec (CSQ), première étape vers la résidence permanente. La citoyenneté vient plusieurs années plus tard et elle dépend de règles fédérales distinctes.

De plus, le PEQ était conditionnel et sélectif, avec des exigences qui se sont resserrées au fil des ans :

deux ans d’expérience de travail au Québec ;
emploi au moment de la demande ;
français avancé dans tous les volets, y compris l’écrit ;
exigences de maîtrise de la langue pour le conjoint ;
employeur établi au Québec.

« Dire que le PEQ était automatique ou gratuit, c’est faux. Et dire qu’il donnait la citoyenneté, c’est faux », résume Me Laurence Trempe, avocate en immigration.

Il est vrai que lorsqu’un candidat respectait les conditions, l’obtention de la résidence permanente était pratiquement assurée. Mais ce processus n’avait rien d’automatique.

Combien de personnes sont touchées par l’abolition du PEQ sans reconnaissance de droits acquis ?

Sur les ondes de Radio-Canada, M. Roberge a affirmé : « Il y a presque 550 000 résidents temporaires, non permanents, sur le territoire québécois. […] Et toutes ces personnes-là pourraient obtenir une espèce de citoyenneté gratuite, sans condition, parce que c’était beaucoup ça, le PEQ. »

À l’Assemblée nationale, il a plutôt évoqué 350 000 personnes, en excluant les demandeurs d’asile.

Or, ces chiffres ne correspondent pas à l’historique du programme, créé en 2010. Selon les données du ministère de l’Immigration, obtenues par La Presse, les admissions en vertu du PEQ ont plafonné autour de 20 000 par année : 9313 en 2023 ; 20 201 en 2024 ; 18 532 en 2025.

« Historiquement, ce n’est pas des centaines de milliers de personnes qui posaient leur candidature par année au PEQ », insiste Me Trempe.

Même si le ministère de M. Roberge refuse de produire des estimations, le nombre de personnes qui auraient pu bénéficier d’une clause de droits acquis se limite aux résidents temporaires qui répondaient aux critères du PEQ, souhaitaient s’établir durablement au Québec et étaient déjà engagés dans un parcours d’intégration avant que les règles du jeu changent.

Il s’agit du nombre total de résidents temporaires, toutes catégories confondues, présents au Québec. La majorité de ces personnes n’étaient ni admissibles ni candidates au PEQ.

« On additionne des catégories incomparables », explique Me Trempe. Ce total inclut notamment des demandeurs d’asile, des travailleurs et des étudiants étrangers qui n’ont pas l’intention de s’établir de façon permanente, ainsi que d’autres résidents non permanents qui n’auraient pas pu satisfaire aux critères du PEQ.

« Un ministre qui est vraiment en contrôle de son ministère, on s’attendrait à ce qu’il demande des chiffres pour pouvoir faire des déclarations comme ça », souligne Me Patrice Brunet, avocat en immigration.

Pourquoi l’absence de clause de droits acquis inquiète-t-elle autant ?

Parce que le PEQ offrait un chemin prévisible. Le programme qui le remplace, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés, repose sur un système de points et d’invitations sans aucune garantie.

Cette incertitude inquiète aussi des employeurs, des établissements d’enseignement, le réseau de la santé, des syndicats et de nombreux élus, qui redoutent des départs et des ruptures de services. Beaucoup déplorent une rupture de contrat moral : des personnes ont été recrutées et se sont établies au Québec selon des règles précises, modifiées en cours de route.

Quelle est la responsabilité du gouvernement fédéral ?

Si le gouvernement fédéral a joué un rôle important dans l’explosion du nombre d’immigrants temporaires, la situation des personnes pénalisées par l’abolition du PEQ relève du gouvernement du Québec.

Les restrictions fédérales touchant le Québec concernent surtout le Programme des travailleurs étrangers temporaires : limite de 10 % de travailleurs temporaires par entreprise, fin du traitement simplifié des études d’impact sur le marché du travail (EIMT) pour les postes à bas salaire et refus de traiter les demandes d’EIMT pour ces postes dans les régions où le taux de chômage atteint 6 % ou plus.

Or, après avoir aboli le PEQ et abaissé ses seuils d’immigration permanente, le gouvernement du Québec demande aujourd’hui à Ottawa de renouveler les permis de travail des personnes déjà présentes, tout en excluant Montréal et Laval, où il a lui-même imposé un moratoire.

Il faut rappeler que Québec presse Ottawa depuis des années de réduire de moitié le nombre de résidents temporaires sur son territoire.

« Que M. Roberge demande au fédéral d’assouplir les règles de renouvellement de permis de travail, je trouve ça un peu contradictoire », observe Me Brunet.

Reportage radio de René Saint-Louis

« On est bien établis, on a notre vie qui est ici. Mais on envisagerait de faire un bout en Ontario », dit Maëlisse Dieuzède-Cophire, qui vit au Québec depuis 4 ans. Comme elle et son conjoint, de plus en plus de personnes immigrantes installées au Québec songent à déménager dans une autre province afin de pouvoir rester au Canada. Le journaliste René Saint-Louis a rencontré plusieurs personnes qui envisagent la même solution.

Ce choix est la conséquence de l’abolition par le gouvernement du Québec du PEQ, le Programme de l’expérience québécoise.

« J’ai choisi Montréal et le Québec à cause de la langue. J’aime le français », explique Luis Brito, qui dirige une clinique vétérinaire et qui habite au Québec depuis 4 ans. Il pense déménager dans une autre province.

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Fin du PEQ : le ministre Roberge répand des faussetés, disent des experts

Malgré les pressions de toutes parts, le ministre de l’Immigration du Québec, Jean-François Roberge, n’entend pas revenir en arrière : le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui offrait à certains immigrants une voie prévisible vers la résidence permanente après deux ans passés à travailler dans la province, est bel et bien mort et enterré, dit-il.

Dans une série de “mises au point” ces dernières semaines, le ministre a voulu justifier sa décision de ne pas offrir de clause de droits acquis (ou « clause grand-père ») à ceux qu’on a depuis baptisés les “orphelins du PEQ”, qui craignent de devoir quitter le Québec, faute de statut en règle.

Or, en voulant faire “baisser l’angoisse”, Jean-François Roberge a fait plusieurs affirmations qui ont suscité plus de questions que de réponses. Radio-Canada a demandé l’avis d’experts en droit de l’immigration afin d’y voir plus clair.

Le PEQ donnait une citoyenneté automatique, gratuite, sans conditions, à des centaines de milliers de personnes. (Entrevue à Midi info le 23 janvier)

“Tous les éléments dans cette déclaration sont inexacts”, avance Me Laurence Trempe, avocate en droit de l’immigration et spécialiste du PEQ.

“D’abord, le PEQ ne donnait pas accès à la citoyenneté”, précise-t-elle. Plutôt, les candidats de ce programme obtenaient, après deux années passées à travailler dans la province, un certificat de sélection du Québec (CSQ), nécessaire pour demander la résidence permanente. Entre-temps, le CSQ permettait également à leur employeur de “renouveler facilement leur permis de travail”, ajoute Me Trempe.

C’est une affirmation extrêmement trompeuse...

Me Yves Martineau, qui copréside l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration, estime que le ministre confond plusieurs aspects du droit de l’immigration. Ces imprécisions, soit de confondre le CSQ, la résidence permanente et la citoyenneté, démontrent une connaissance limitée de notions de base en matière d’immigration, lance-t-il.

Me Laurence Trempe est également dubitative devant l’affirmation répétée du ministre Roberge selon laquelle des centaines de milliers de personnes seraient admissibles à la citoyenneté si Québec créait une clause de droits acquis.

C’est une affirmation extrêmement trompeuse.

Une citation de Me Yves Martineau, coprésident de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration

Bon an, mal an, il y avait entre 10 000 et 20 000 personnes qui [posaient leur candidature] au PEQ, rappelle Me Trempe. Cette affirmation a été confirmée par les données transmises par le ministère de Jean-François Roberge.

Nombre de certificats de sélection du Québec délivrés en vertu du PEQ :

  • 2020 : 16 492
  • 2021 : 24 391
  • 2022 : 5915
  • 2023 : 9313

Source : ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec

Le ministre inclut donc dans son calcul l’ensemble des résidents temporaires, ce qui comprend notamment les travailleurs étrangers, les étudiants étrangers et les demandeurs d’asile.

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Tous ces gens ne sont pas [admiss]ibles au PEQ, rappelle Me Trempe, qui souligne que ce programme ne s’adressait qu’à des immigrants économiques.

Le ministre a pourtant dit le contraire lors de sa conférence de presse du 30 janvier dernier. Son cabinet a rapidement corrigé le tir après cette affirmation.

Le ministre Jean-François Roberge voulait faire « baisser l’angoisse » des orphelins du PEQ. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers


[Le PEQ] aurait fait passer des candidatures de personnes sans emploi ou de personnes peu qualifiées devant les travailleurs de la santé. (Conférence de presse du 30 janvier 2026)

Cette affirmation de M. Roberge est une aberration, lâche Me Yves Martineau.

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Avant l’abolition du PEQ, il fallait répondre à une série de critères pour pouvoir déposer une demande de résidence permanente en vertu du programme, explique-t-il. Il fallait ainsi avoir au moins deux ans d’expérience de travail au Québec, occuper un emploi au moment de la demande, connaître le français avancé dans tous les volets, vérifier que le conjoint ou la conjointe connaissait lui aussi le français avancé et que l’employeur soit établi au Québec.

Une personne sans emploi ne se serait donc tout simplement pas qualifiée pour le PEQ.

Et encore, ce n’est pas tous les emplois qui étaient [admiss]ibles au PEQ, précise pour sa part Me Laurence Tempe. C’est un programme qui était très sélectif.

Et ils ont passé leur temps à durcir les critères, ajoute-elle. Le gouvernement Legault a entre autres retiré une série de métiers manuels de la liste des emplois admissibles, explique cette avocate.

Le PEQ, c’était un petit bijou pour la prévisibilité qu’il offrait mais aussi pour la simplicité de ses critères.

Une citation de Me Laurence Trempe, avocate en droit de l’immigration

C’est inquiétant, car si le ministre de l’Immigration du Québec ne maîtrise pas le sujet, ça laisse planer de sérieux doutes quant à sa capacité de prendre des décisions relatives à l’immigration, lance Me Martineau.


Dans le PEQ, il n’y avait aucune sélection possible en fonction des régions. Nous n’aurions d’aucune manière pu régionaliser ou sélectionner les gens en fonction des régions. (Conférence de presse du 30 janvier 2026)

C’est une fausseté, dit Me Yves Martineau. Selon la loi sur l’immigration, le gouvernement du Québec aurait pu faire un règlement pour régionaliser. Il aurait même pu [rédiger] une instruction ministérielle.

Yves Martineau est avocat en immigration à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Depuis que la CAQ est au pouvoir, le PEQ n’a jamais été aussi modifié, renchérit Me Trempe, qui rappelle que le gouvernement Legault a passé son temps à changer les critères de ce programme.

Ainsi, Québec aurait pu arrêter d’utiliser le bâton et utiliser la carotte en ajoutant des incitatifs pour favoriser les régions. On aurait pu dire : “Vous allez être [admiss]ible plus rapidement en région”, avance-t-elle.

Ils auraient pu le faire. Mais ils ne l’ont pas fait, résume Me Trempe.

Ce qu’on demande au gouvernement, c’est de la stabilité. On doit cesser de changer sans arrêt les critères des programmes d’immigration qui visent les gens qui sont déjà chez nous, dont les enfants sont à l’école, qui paient leurs impôts, qui sont installés.

Une citation de Me Laurence Trempe, avocate spécialisée en droit de l’immigration


[Ottawa doit] renouveler les permis des travailleurs qui sont sur le territoire québécois, des gens qui rendent des services particulièrement à Montréal et Laval. Le gouvernement fédéral doit cesser d’arracher des travailleurs dans nos institutions, dans nos hôpitaux, dans nos CLSC, dans nos manufactures. (Conférence de presse du 30 janvier 2026)

Le ministre Roberge a imploré le gouvernement fédéral de renouveler les permis de travail de ceux qui sont en attente d’une réponse du PSTQ afin de poser leur candidature à la résidence permanente. Il n’y a pas de raison de créer de l’angoisse comme ça. C’est le fédéral qui fait ça, et ça doit cesser, a-t-il même ajouté, renvoyant ainsi vers Ottawa une critique qui lui est souvent adressée.

Si le permis de travail relève en effet du gouvernement fédéral, Québec a également son rôle à jouer, précisent les avocats interrogés par Radio-Canada.

En effet, le gouvernement du Québec impose certaines restrictions, notamment pour les régions de Montréal et de Laval.

La seule raison pour laquelle il y a des restrictions à Montréal et à Laval, c’est à cause de Québec!

Une citation de Me Yves Martineau, coprésident de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration

Les détails sont complexes, mais précisons que si le taux de chômage à Montréal et à Laval est sous la barre des 6 %, les restrictions à l’emploi imposées par le fédéral ne s’appliquent pas. Comme le taux de chômage à Montréal depuis janvier oscille autour de 5,5 %, c’est donc dire que les restrictions en vigueur sont l’œuvre de Québec.

Une de ces restrictions concerne les travailleurs dits à bas salaire, qui gagnent moins de 72 000 $ par année. Ces travailleurs, s’ils résident à Montréal ou à Laval, ne peuvent pas renouveler leur permis de travail.

Précisons toutefois que certains domaines sont exemptés de cette restriction, notamment ceux de la construction, de la santé et des services sociaux, de la petite enfance, de l’éducation primaire et secondaire ainsi que de l’agriculture.

Selon Me Trempe, ce moratoire sur les travailleurs à bas salaire touche surtout les milieux de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme. Non seulement les employeurs ne peuvent plus embaucher ces travailleurs étrangers temporaires, mais ils ne peuvent pas non plus renouveler leur permis de travail. Et c’est ça, le problème, dit-elle.

Or, le CSQ autrefois promis par le PEQ permettait de contourner ce moratoire, explique-t-elle. Ça permet à notre employeur de renouveler notre permis de travail sans être limité parce qu’il y a un taux de chômage de 6 % dans la région.

À lire aussi :

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Chronique de Paul Journet dans la Presse

Programme de l’expérience québécoise | Petit guide pour la marche arrière

Il n’existe pas de méthode pour retirer un diachylon sans douleur. La question est de savoir pendant combien de temps on veut se l’infliger.

Il en va ainsi des reculs en politique. Ce pourrait bientôt être le cas de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et de la demande d’offrir un droit acquis aux immigrants venus au Québec sur la foi de cette promesse maintenant brisée.

Chaque recul est spécifique, et il n’existe pas de recette clés en main.
[…]

Encore une fois la CAQ est allé trop loin dans ses décisions et improvisations. L’entêtement de Roberge est contre-productif, ainsi cette phrase en fin d’article prend tout son sens:

Sinon, les électeurs devront choisir à quoi ils croient : au devoir d’humanité, ou au jargon administratif d’un gouvernement en fin de règne. On se doute de leur réponse.

La CAQ joue au yoyo avec la vie des personnes immigrantes…

Abolition du PEQ | Sous pression, Roberge envisage des « scénarios de transition »

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