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Logements Dur, dur, d’attirer des promoteurs à Gaspé

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

On peut déjà prévoir que la construction de 400 à 500 logements supplémentaires à Gaspé en quatre ans pourrait pousser à leur limite les réseaux actuels de distribution d’eau et d’égouts.

LM Wind Power veut embaucher et loger 200 travailleurs à Gaspé pour fabriquer les plus grandes pales d’éolienne au monde. Son maire Daniel Côté nous explique où loge la municipalité.

Publié à 5h00

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Marc Tison

Marc Tison La Presse

Ce sont les plus grandes pales d’éolienne au monde : 107 mètres de longueur, autant qu’un terrain de football américain.

C’est pour les fabriquer dans son usine de Gaspé que LM Wind Power a annoncé en juillet 2021 un investissement de près de 170 millions de dollars pour l’agrandissement de ses installations et l’embauche de 200 nouveaux travailleurs.

Ils n’y sont pas encore : il faut construire des logements. Beaucoup de logements.

En mars 2022, le Portrait de la situation de l’habitation dans la MRC de La Côte-de-Gaspé, réalisé par RCGT, a prévu l’arrivée de 890 nouveaux travailleurs à Gaspé d’ici 2026. En réponse, la MRC a adopté en juillet dernier un plan d’action qui vise à construire 551 logements d’ici 2026, dont environ 500 seraient destinés à Gaspé.

La pénurie de main-d’œuvre dans la construction fait obstacle ? Un problème à la fois. Il faut d’abord s’attaquer à la pénurie de promoteurs.

« C’est difficile dans une région comme la nôtre de recruter des promoteurs en logements », constate le maire de Gaspé, Daniel Côté.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Le maire de Gaspé, Daniel Côté

Pour différentes raisons. D’une part, on n’est pas encore perçus comme étant un marché très attractif par les grands groupes immobiliers. D’autre part, les coûts de construction sont globalement 30 % plus élevés ici que dans les grands centres urbains.

Daniel Côté, maire de Gaspé

« Et le loyer ne suit pas parce que le prix du loyer est plus faible ici que dans les grands centres. Pour quelqu’un qui investit ici, ça va être pas mal plus long à rentabiliser son investissement que s’il investit dans les couronnes montréalaises, par exemple. »

Ce qui mine les fondations du financement.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre Justin Trudeau avait visité l’usine de Gaspé de LM Wind Power en juillet 2021, alors qu’on avait annoncé l’embauche de 200 nouveaux travailleurs. Le défi est maintenant de les loger.

« Les banquiers sont toujours très frileux d’investir dans des dossiers d’investissements locatifs dans une région comme la nôtre, poursuit-il. Ils demandent aux propriétaires de faire une évaluation indépendante de la valeur de leur édifice après construction. Et souvent, l’évaluation va venir montrer que l’édifice aura moins de valeur que les coûts de construction. »

Des « incitatifs »

Pour attirer les promoteurs en dépit des écueils, la Ville de Gaspé offre ce que son maire appelle « des incitatifs ».

« On a obtenu une loi privée qui s’appelle la Loi sur la ville de Gaspé, qui permet à la Ville d’offrir des crédits de taxes à des promoteurs immobiliers privés, ce qu’une ville ne peut pas offrir normalement », décrit-il.

L’une des clés, c’est de montrer qu’on est un milieu attractif, un milieu qui est vivant. Ce qui fait qu’on investit beaucoup aussi dans le loisir, la culture, dans la qualité de vie. Je pense qu’il est toujours plus intéressant pour un promoteur d’aller mettre ses billes dans un endroit qui est en développement, qui bouge, qui est vivant.

Daniel Côté, maire de Gaspé

Encore faut-il le faire savoir au promoteur en question.

« On prend toutes les tribunes possibles, assure Daniel Côté. On se paye de la pub, on parle à tous les journalistes, on participe à toutes sortes de tribunes et de forums. Partout où on parle d’habitation, de logement, on est là et on fait parler de nous. Ça ouvre les yeux à des gens qui n’auraient peut-être jamais pensé à nous. »

Où les trouver ?

D’où proviennent ces promoteurs allumés ? Les premiers immeubles, comptant quelques logements chacun, ont été construits par des entrepreneurs locaux. Mais le premier projet d’envergure, un ensemble de 144 logements, a été promu par des investisseurs qui ne sont pas de la région.

« Mais ce sont des gens de pas très loin de Gaspé, précise le maire. Le coordonnateur de tout ça est au Nouveau-Brunswick. Il développe des parcs immobiliers dans le secteur de Moncton. En fait, sa mère est à Gaspé, admet-il en riant. Il a entendu parler de nous de cette manière-là, et il a décidé de venir investir ici. »

Un autre projet d’ampleur similaire est en cours de négociation, cette fois avec un promoteur de la région de Montréal.

« Mais lui aussi avait une certaine attache historique avec nous. Il est en train de faire des analyses de marché. Et nous, on est en train de faire des évaluations de terrains qu’on pourrait lui céder. Il a lu des articles et il s’est dit : ‟Pourquoi je n’irais pas investir là ? Ça m’a l’air intéressant. » Et chaque fois qu’on se parle, il trouve ça intéressant ! », lance-t-il avec un autre rire sonore.

« C’est un peu comme ça qu’on marque des points ! »

Le poids sur les infrastructures

On peut déjà prévoir que la construction de 400 à 500 logements supplémentaires en quatre ans pourrait pousser à leur limite les réseaux actuels de distribution d’eau et d’égouts.

« Il y a des secteurs où les conduites sont sur le point d’être saturées et il y a d’autres secteurs où il y a encore de la place au développement, constate Daniel Côté. À l’heure actuelle, avec les projets qu’on a dans nos cartons, l’usine d’épuration des eaux est capable de fournir et les puits d’eau potable peuvent suffire à la demande. Par contre, si le développement se poursuit à vitesse grand V comme c’est le cas, on sait que ce qui va nous attendre éventuellement, ça va être une mise à niveau de l’usine d’épuration des eaux et peut-être des forages de puits d’eau potable. On a des ingénieurs qui sont en train d’analyser différents scénarios pour la suite des choses, mais les analyses sont loin d’être terminées. »

Des sous-sols et des chambres d’hôtel

Entre-temps, les projets de LM Wind Power progressent.

La construction de la route de 6,3 km qui va relier l’usine au port de Gaspé pour le transport des titanesques pales a été lancée en juillet dernier.

Le 16 septembre dernier, le ministre fédéral François-Philippe Champagne a annoncé que son gouvernement venait de conclure une entente avec l’usine pour la création d’un centre de recherche et développement.

Encore plus de nouveaux emplois ? L’entreprise, par la voix de son porte-parole américain chez GE, a fait savoir qu’il était encore trop tôt pour commenter les suites de cette annonce.

LM Wind Power fait ce qu’elle peut pour loger les travailleurs qu’elle a déjà recrutés à l’étranger.

L’usine a été elle aussi imaginative. Ils ont réussi à trouver du logement, pas pour tous les 200 travailleurs, mais à l’heure où on se parle, pour plusieurs dizaines d’employés.

Daniel Côté, maire de Gaspé

« Parfois, ça peut être des sous-sols de maison qui servaient de logement à l’époque où il y avait 2000 étudiants au cégep. Ils ont également loué des chambres d’hôtel avec des locations à long terme. »

Mais ce n’est pas avec des sous-sols ou des chambres d’hôtel qu’on attire des familles.

« Ils ne pourront pas avoir leurs 200 nouveaux travailleurs aussi rapidement qu’ils l’auraient souhaité parce qu’on n’est pas capables collectivement de fournir tous les logements, reconnaît le maire. Si tout le monde prend les bouchées doubles, on n’aura peut-être pas 200 nouveaux emplois en 2022, mais d’ici la fin de 2023, on devrait les avoir comblés. »

Groupe Sélection Un géant des résidences pour personnes âgées en péril

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

La résidence Sélection Retraite Rosemont, à Montréal, appartenant au Groupe Sélection

Groupe Sélection, l’un des plus importants propriétaires de résidences pour personnes âgées, est en sérieuses difficultés financières, a appris La Presse.

Publié à 6h00

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André Dubuc

André Dubuc La Presse

Julien Arsenault

Julien Arsenault La Presse

Selon nos informations, confirmées par deux sources près des parties impliquées, la précarité de la situation financière de Sélection est telle que son syndicat bancaire, dans lequel se trouve la Banque Nationale, a mandaté la firme de redressement PricewaterhouseCoopers pour le représenter. Le cabinet comptable n’a pas voulu commenter.

De son côté, Sélection a mandaté la firme multinationale FTI Consulting pour lui trouver des sources de fonds et évaluer ses options. FTI a récemment remplacé Raymond Chabot à ce titre, selon deux sources qui suivent le dossier de près.

En date du 30 septembre dernier, Groupe Sélection avait déjà reçu des aides totalisant 120 millions de dollars pendant la pandémie de COVID-19, par le truchement d’Investissement Québec (IQ) — le bras investisseur de l’État québécois —, dans le cadre du Programme d’action concertée temporaire pour les entreprises (PACTE).

Ces prêts ont fait de Groupe Sélection le plus important bénéficiaire de cette aide pandémique, selon une compilation réalisée en février 2022 par Le Journal de Montréal.

Hormis Sélection, on trouve peu ou pas de gestionnaires de résidences pour personnes âgées (RPA) parmi les bénéficiaires du PACTE.

Dans une déclaration transmise dimanche soir, l’entreprise n’a par ailleurs pas nié des informations obtenues par La Presse selon lesquelles des sous-traitants tardaient à se faire payer.

Les impacts de la pandémie, de l’inflation, et des hausses successives des taux d’intérêt des derniers mois ont eu des effets non négligeables sur les activités liées à notre plan de croissance accélérée. Cette situation [concernant les sous-traitants] est temporaire.

Groupe Sélection, dans un courriel

Sélection exploite plus de 40 RPA, qui logent l’essentiel des 15 000 résidants du groupe. En ajoutant ses autres propriétés, Sélection compte plus de 70 complexes d’habitation en exploitation et en développement au Canada et aux États-Unis, dont la valeur dépasse 5 milliards de dollars. Sélection est partenaire dans le projet à usages multiples Espace Montmorency, à Laval. Il est aussi membre du consortium devant redévelopper le secteur de l’ancienne Brasserie Molson dans le Vieux-Montréal.

L’entreprise fondée en 1989 par son président Réal Bouclin emploie plus de 5000 personnes.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Réal Bouclin, président de Groupe Sélection, en 2019

Multiples départs

Les départs ont été nombreux depuis un an parmi les dirigeants de Groupe Sélection.

Par exemple, Richard Dansereau, président de la division immobilière, et Heather Kirk, cheffe des finances, ont quitté le navire en 2022.

Ancien de Fiera, de la Caisse de dépôt et placement et d’une firme new-yorkaise de capitaux privés, M. Dansereau a été engagé en février dernier, selon un communiqué de l’entreprise. Il devait voir au développement de Sélection hors Québec. Son passage n’a duré que quelques mois.

Dans sa réponse, Groupe Sélection dit que le roulement des dirigeants frappe beaucoup d’organisations dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et souligne que 12 de ses 16 hauts dirigeants sont en poste depuis plus de cinq ans.

Le Groupe n’a pas commenté davantage ses problèmes financiers.

Avec Richard Dufour et la collaboration de Francis Vailles, La Presse

dernière heure

Le groupe Sélection demande à être placé à l’abri de ses créanciers

Le groupe Sélection, l’un des plus importants propriétaires de résidences pour personnes âgées au Québec, demande à être placé à l’abri de ses créanciers.

La Presse

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À l’émission Zone économie sur RDI

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Communauté métropolitaine de Montréal Un plan pour s’attaquer à la crise du logement


PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE | « On ne veut pas juste construire des logements, on veut créer des milieux de vie qui vont être mixtes, inclusifs, où le transport en commun aura une part importante et qui vont favoriser une façon de vivre sur notre territoire qui s’inscrit dans le développement durable », affirme le maire de Laval et vice-président de la CMM Stéphane Boyer (au centre).

Pour tenter de juguler la crise du logement, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) se fixe des objectifs ambitieux, dans sa première politique d’habitation dévoilée jeudi, mais plusieurs des actions qu’elle doit entreprendre dépendent de la collaboration et du financement qui proviendront du gouvernement du Québec.

24 novembre 2022 | Publié à 15h08 | ISABELLE DUCAS | LA PRESSE

« Il est urgent d’agir », a lancé Stéphane Boyer, maire de Laval et vice-président du conseil de la CMM, en conférence de presse. « On doit trouver des solutions pour réduire la facture de logement des citoyens. »

Dans le document de plus de 80 pages, la CMM souligne à quel point la crise actuelle affecte toutes les tranches de la population, surtout les ménages à faible revenu, dans les 82 municipalités de son territoire.

« Depuis 2011, le prix de vente des logements dans le Grand Montréal a augmenté de 90 %, alors que le revenu des ménages n’a augmenté que d’environ 40 %. En ce qui concerne les loyers, les taux d’augmentation au cours des trois dernières années sont les plus importants observés en près de 20 ans », note le document.

On constate aussi qu’un tiers des locataires (200 000 ménages) consacre plus de 30 % de ses revenus aux frais de logement, ce qui est considéré comme inabordable.

Parmi les objectifs fixés par la politique métropolitaine d’habitation, on vise à réduire du quart, d’ici 2031, le nombre de ménages éprouvant des besoins impérieux en logement – ceux qui occupent un logement inadéquat, inabordable ou d’une taille non convenable. En 2021, on comptait 132 000 ménages dans cette situation sur le territoire de la CMM.

Autre but : augmenter le rythme des mises en chantier à plus de 35 000 logements par année, alors qu’il ne s’est construit que 25 000 logements en moyenne annuellement au cours des cinq dernières années. Il faudrait toutefois 55 000 mises en chantiers par année pour assurer l’abordabilité des logements, reconnaît la CMM.

On entend aussi rétablir un taux d’inoccupation de 3 % dans le marché locatif, soit un taux équilibré, alors que ce taux est de moins de 1 % dans plusieurs secteurs du Grand Montréal, notamment les couronnes nord et sud.

Pour y arriver, la politique d’habitation présente 26 actions à entreprendre, notamment la mise en place d’un programme d’accompagnement pour les plus petites municipalités, pour les aider à trouver des stratégies pour densifier leur territoire et augmenter la mixité sociale.

Les municipalités peuvent aussi agir en requalifiant différents espaces pour de l’habitation et en favorisant les organismes à but non lucratif, les coopératives ou les fiducies qui veulent développer le parc immobilier.

Mais surtout, on souligne qu’il faut faire des représentations auprès de Québec afin qu’il augmente le financement pour le logement social.

« Le message qu’on passe, c’est que Québec a la responsabilité de bouger, il y a beaucoup de pression. Les villes sont prêtes à bouger, mais on a besoin du financement de Québec », lance Guillaume Tremblay, maire de Mascouche et président de la commission de l’habitation et de la cohésion sociale.

« On ne veut pas juste construire des logements, on veut créer des milieux de vie qui vont être mixtes, inclusifs, où le transport en commun aura une part importante et qui vont favoriser une façon de vivre sur notre territoire qui s’inscrit dans le développement durable », affirme Stéphane Boyer.

Selon le Collectif de recherche et d’action sur l’habitat (CRACH), cependant, le plan de la CMM rate sa cible et est trop timide pour avoir un réel effet sur la crise du logement. Le porte-parole du groupe, Martin Blanchard, estime que la politique d’habitation aurait dû exiger plus de logements sociaux.

Alors que le marché immobilier est la proie d’une folie spéculative, « la CMM laisse ce marché spéculatif définir ce qu’est un logement abordable », dénonce-t-il.

Il déplore aussi que des solutions qui relèvent des pouvoirs municipaux n’aient pas été retenues, comme la réglementation des Airbnb, la mise en place d’un registre des loyers pour contrôler les hausses, des suivis plus serrés des permis de construction qui peuvent servir à faire des rénovictions et une meilleure application des règlements sur la salubrité.

EN SAVOIR PLUS

  • 90 %
    Augmentation du prix de vente des logements depuis 10 ans dans le Grand Montréal

  • 40 %
    Augmentation du revenu médian des ménages depuis 10 ans dans le Grand Montréal

SOURCE : STATISTIQUE CANADA

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