Logements sociaux, communautaires et abordables - Actualités

Peut-être parce qu’il n’y a pas assez de logements à une taille appropriée pour élever des enfants, à des prix appropriés aussi… Meet the chicken and egg problem.

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Disons que le marché est erratique en ne répondant pas aux besoins des clients qui veulent se loger décemment, mais aux attentes des promoteurs qui veulent plus de profits. C’est pareil en région. Ici à Baie-St-Paul on construit actuellement près d’une centaine d’unités pour la location à court terme un peu partout en périphérie et il n’y a rien pour la location régulière ou l’achat de condos pour les résidents. Donc les prix augmentent démesurément à cause de la rareté en faussant le marché. :grimacing:

C’est pas parce que la demande pour ce genre de bien est forte?

Ce serait comme si le marché immobilier marchait à l’envers… Pas sûr que ce soit la bonne explication.

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Au pied carré, un logement familiale coûte moins cher à acheter qu’un petit logement, donc naturellement un promoteur fera moins de profit dessus. La solution pour palier à ce manque de rentabilité est de mettre les grands logements aux penthouse dans une grande partie des projets. Une famille avec un revenu moyen ne pourra pas se permettre ce genre de logement et doit donc chercher ailleur… en banlieu, là où l’espace est moins cher.

Contrairement à la pensée collective, la banlieu n’est pas le meilleur endroit pour faire une famille. Certaines personnes peuvent la préférer, mais pour les enfants, un milieu banlieusard n’est pas supérieur à un milieu urbain.

Donc penser que le marché immobilier (et autres) s’adapte au besoin de la population n’est pas la bonne conclusion. Il s’adapte aux plus profitable.

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Oui, c’est parce que la demande dans le segment du court terme est très forte, mais elle se fait au détriment du logement permanent. Surtout que le nombre de promoteurs en région est très limité, que la demande en matériaux divers est importante et fait gonfler les prix, finalement la main-d’oeuvre ne suffit pas.

On obtient alors un goulot d’étranglement qui empêche la croissance normale de la ville. Puisqu’on ne peut plus loger les travailleurs ou les nouveaux arrivants pour combler les emplois et que l’inflation du prix des loyers et des maisons est devenue insoutenable. Au point qu’il est maintenant plus cher de vivre dans Charlevoix qu’à Québec, même si ici la qualité de la vie urbaine est plutôt limitée, les services nettement basiques et plus couteux et la culture pratiquement inexistante la moitié de l’année.

Je songe donc à quitter l’année prochaine pour m’installer dans la capitale, où les activités de plein air sont quand même très abondantes et proches de la ville, la vie urbaine y est nettement plus riche, largement diversifiée et clairement plus abordable.

Attention, mon intervention ici relève de l’idéologie***

L’immobilier ne devrait pas fonctionner selon les règles normales du marché. Se loger est un besoin essentiel, et les besoins des familles vont directement à l’encontre des visées des promoteurs de maximiser leur profit. Les gouvernements ont un rôle important à jouer pour s’assurer que tous ont un accès équitable à ce marché, qui représente un besoin de base pour la population.

Tout indique que ceci est faux…

Ces segments de marché ont droit de trouver des unités qui leur conviennent, ce n’est pas ça le point. Cependant, c’est le rôle de nos gouvernements de venir s’assurer que le marché répond à tous les segments, et non à ceux qui représentent le plus de profits pour les promoteurs.

Les investisseurs n’ont rien à se reprocher. Ils agissent dans leur intérêt parce qu’ils en ont l’opportunité… Ce sont les promoteurs qui sont problématiques…

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La plupart des articles des dernières années sur l’exode des familles en banlieue démontrent que plusieurs jeunes familles urbaines n’ont commencé à regarder du côté de la banlieue que lorsqu’elles ont remarqué l’inabordabilité de leurs quartiers de prédilection (Villeray, Rosemont, NDG, Lachine, Ahuntsic, etc).

Ça renforce l’idée que la demande des logements familiaux abordables est très forte dans les quartiers centraux et que c’est principalement le budget qui représente la principale contrainte pour ces jeunes familles.

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Justement il faut faire la différence entre la vie au centre-ville pour les familles et celle des quartiers centraux beaucoup plus attirante avec leur qualité de vie supérieure et les nombreux avantages sociaux, économiques et culturels par rapport à la banlieue.

Bin ce marché est déjà passablement réglementé avec le contrôle des loyers. On peut trouver que ce n’est pas assez mais il reste que non, ce marché nest pas normal, construire du locatif est un plus gros risque que du condo même si la demande est là.

Alors que suggère l’idéologie opposée au marché? La socialisation du parc immobilier?

Vous êtes un peu intense sur les adjectifs… “opposée au marché”, “socialisation”, ce ne sont pas du tout mes propos.

La solution, selon moi (qui n’est pas un socialiste ni un anti-capitaliste), c’est d’obliger les promoteurs à inclure un nombre minimum d’unités pour les familles dans leurs projets… ça vous rappelle quelque chose?

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Québec veut raccourcir les délais pour créer du logement social et abordable

France-Élaine Duranceau, ministre de l’Habitation du Québec, a participé à l’inauguration de la Résidence des Ateliers à Montréal. Elle affirme que Québec complétera le montage financier de projets de logements sociaux et abordables dans les municipalités « où on sait que les choses vont avancer ».

Photo : Radio-Canada

Anne Marie Lecomte (accéder à la page de l’auteur)

Anne Marie Lecomte

Publié hier à 18 h 58

Au lendemain de l’inauguration, à Montréal, d’un projet modèle de logement social et abordable, la ministre France-Élaine Duranceau veut accélérer la création de logements sociaux et abordables en partenariat avec les municipalités « où on sait que les choses vont avancer ».

De l’aveu de la ministre de l’Habitation du Québec, créer des logements sociaux et abordables est pour elle une obsession.

En entrevue mardi à Tout un matin sur ICI Première, France-Élaine Duranceau a salué l’inauguration, la veille à Montréal, d’un projet très attendu : la Résidence des Ateliers.

Ce beau projet élève le concept de logement social et abordable à un autre niveau, s’est enthousiasmée la ministre Duranceau.

Érigé sur le site des anciens ateliers municipaux de la Ville de Montréal dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, cet immeuble de 10 étages comporte 193 logements destinés à des aînés autonomes ou en légère perte d’autonomie. Il abrite aussi 300 employés de l’Office municipal d’habitation de Montréal.

Des projets comme ceux-là, il en faudrait plus, a reconnu la ministre, qui s’est dite épatée devant les vues imprenables qu’offre la Résidence des Ateliers sur la grande région métropolitaine.

Des vues qui, généralement, coûtent cher, a-t-elle ajouté, se félicitant du fait que ce panorama soit offert à des gens peu fortunés, une autre clientèle que la clientèle habituelle pour des vues comme ça.

Ce projet de plus de 112 millions de dollars constitue le plus gros projet de l’histoire du programme AccèsLogis de la Société d’habitation du Québec (SHQ). Il a été élaboré en partenariat avec l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) et le gouvernement du Canada.

C’est en 2011 que l’OMHM avait offert à la Ville de Montréal de développer le site de l’îlot Rosemont : c’est donc dire qu’il aura fallu 12 ans de planification et de travaux pour que la Résidence des Ateliers voie le jour.

Celui-là est fait, passons au futur, a déclaré France-Élaine Duranceau, qui a dit avoir pour obsession d’accélérer la cadence afin de pouvoir livrer plus rapidement ce genre de projets d’habitation.

Elle a dit que son ministère analyse de manière chirurgicale les projets en attente, le tout afin de comprendre pourquoi ça prend du temps.

Dans la majeure partie des cas, de nombreux acteurs sont impliqués : administrations municipales, groupes communautaires, paliers de gouvernement… Et quand il n’y a pas de porteur de ballon, quand les différents acteurs se lancent la balle, les délais se multiplient, déplore Mme Duranceau.

Une des solutions, de l’avis de la ministre, consiste à réorganiser le travail à l’intérieur de la Société d’habitation du Québec, ce qui est déjà commencé, dit-elle.

Le rôle des municipalités

Et il importe de sensibiliser tous ceux qui sont autour de la table, selon elle : Ça ne donne rien d’allouer des unités pour un projet dans une municipalité si la municipalité n’[appuie] pas le projet et n’est pas prête à faire en sorte que le terrain convoité ait le bon zonage et que les choses puissent aller de l’avant.

D’autant plus, a poursuivi Mme Duranceau, qu’un changement de zonage est une opération qui peut prendre jusqu’à trois ans avant d’être réglée.

Dans ce contexte, a-t-elle dit, le gouvernement peut favoriser des projets dans une municipalité où on sait que les choses vont avancer.

« On regarde les bons projets, les projets susceptibles d’avancer rapidement, et s’il manque des sous, on va être là pour compléter le montage financier. Et il en manque, des sous. »

— Une citation de France-Élaine Duranceau, ministre de l’Habitation du Québec et députée de Bertrand

Le programme AccèsLogis connaît des arrérages, a dit Mme Duranceau, et le gouvernement de François Legault y a injecté de l’argent.

Toutefois, ce programme, vieux de 25 ans, ne répond pas nécessairement aux besoins de la situation actuelle, a encore dit la ministre.

Cela a incité Québec à créer, en mars dernier, le Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ), qui vient reprendre les bons côtés d’AccèsLogis tout en rendant le processus plus fluide, dit-elle.

AccèsLogis : un programme en état d’anorexie

En septembre dernier, des organismes de défense des droits des locataires ont manifesté dans les rues de Québec pour réclamer plus de logements sociaux et abordables. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

Cependant, pour le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas respecté ses promesses en matière de construction de logements, et les propos de la ministre Duranceau ne sont pas rassurants.

Selon Véronique Laflamme, du FRAPRU, le problème est attribuable non pas à un manque de volonté de la part des municipalités mais au fait que Québec ne finance pas.

Si AccèsLogis fonctionne si mal et si les délais s’accumulent, c’est parce que ce programme est sous-financé depuis bientôt 15 ans, critique le FRAPRU.

« Le ministère de l’Habitation doit cesser de rejeter sur les épaules d’autres la responsabilité de ses longs délais de livraison des projets financés par AccèsLogis. Le programme est maintenu en état d’anorexie depuis des années. »

— Une citation de Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU

Mme Laflamme réfute par ailleurs l’assertion de la ministre selon laquelle le PHAQ reprend les bons côtés d’AccèsLogis.

Ce nouveau programme, dit la porte-parole du FRAPRU, ne prévoit pas de subventions au loyer pour les ménages les plus pauvres. Pour ce faire, les groupes porteurs de projets doivent réclamer des subventions à part, subventions qu’ils ne sont pas assurés d’obtenir, dit-elle.

De plus, toujours selon le FRAPRU, le PHAC ne prévoit pas de fonds de démarrage pour les promoteurs de projets sans but lucratif; là encore, ces promoteurs doivent faire une demande de subvention à part.

Ce que ça prend, c’est un programme structurant et autoportant qui n’oblige pas les organismes et les municipalités à chercher de l’argent à gauche et à droite, dit Véronique Laflamme.

Un partenariat essentiel en pleine crise du logement

Du côté de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), on affirme qu’en raison de la crise du logement, le gouvernement du Québec doit poursuivre ses efforts en partenariat avec les municipalités.

« Le défi est grand : nous devons trouver des moyens de construire deux fois plus de logements par année si nous voulons conserver l’abordabilité, et ce, dans un contexte de hausse des taux d’intérêt. »

— Une citation de Daniel Côté, maire de Gaspé et président de l’UMQ

L’UMQ dit en outre que le gouvernement doit tenir compte des problèmes et des situations variables d’un milieu à un autre et non pas adopter une approche uniforme.

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Ca ne va pas juste faire en sorte que les municipalités qui veulent du logement social vont faire avancer les dossiers et les villes qui en veulent pas (Westmount, kirkland, Repentigny, etc) vont introduire du red tape additionnel?

Alors dans ce cas laissons faire les villes qui n’en veulent pas et concentrons nous sur celles qui sont ouvertes à ce genre d’habitations.

Condo acheté par des investisseurs destiné à la location, c’est surprenant que ça ait été subventionné.
https://www.journaldequebec.com/2023/01/23/un-condo-a-568000-juge-abordable-par-ladministration-plante

Le logement social est un fardeau, pas un avantage. Ça va mettre une charge injustifiée sur certaines villes et pas d’autre.

Des logements abordables promis par Ottawa ne sont toujours pas construits


PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE
Le gouvernement fédéral a offert 2,5 milliards pour la création rapide de logements en 2020, à la condition que les unités approuvées soient construites dans les 12 mois suivants, ou dans les 18 mois dans les communautés nordiques ou éloignées. Mais un document préparé par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL)montre que la majorité des unités approuvées n’ont pas encore été construites.

(Ottawa) Le gouvernement fédéral a investi des milliards de dollars pour construire rapidement des logements abordables dans l’ensemble du pays, mais des retards dans la construction laissent entendre que de nombreux projets dont le financement a été approuvé ne respectent pas les délais.

Publié à 11h53
NOJOUD AL MALLEES
LA PRESSE CANADIENNE

L’Initiative pour la création rapide de logements est un programme fédéral lancé en 2020 qui fournit un financement aux villes et aux organismes à but non lucratif pour construire des logements abordables pour les Canadiens vulnérables, y compris les personnes en situation d’itinérance.

Le gouvernement fédéral a offert 2,5 milliards au cours des deux premiers cycles de financement du projet, à la condition que les unités approuvées soient construites dans les 12 mois suivants, ou dans les 18 mois dans les communautés nordiques ou éloignées.

Mais un document préparé par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) en réponse à une question écrite d’un député montre que la majorité des unités approuvées n’ont pas encore été construites.

Le premier cycle d’appel de projets s’est clôturé fin mars 2021 et a abouti à l’approbation de 4792 projets de logements, tandis que 5473 autres ont obtenu le feu vert lors du deuxième cycle, qui a été effectué un an plus tard.

Le document de la SCHL, daté du 30 novembre, indique que seulement 1449 unités ont été achevées.

Ni la SCHL ni le cabinet du ministre du Logement, Ahmed Hussen, n’ont indiqué combien de projets avaient manqué les délais.

Un porte-parole de la SCHL a toutefois reconnu que certains avaient été retardés. « En raison des circonstances sans précédent auxquelles ont été confrontés les promoteurs immobiliers au cours des dernières années, notamment les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, la hausse des coûts et les phénomènes météorologiques violents, certains projets devraient prendre plus de temps, principalement en raison de problèmes d’infrastructure et de construction », a déclaré Leonard Catling.

Carolyn Whitzman, experte en politique du logement et professeure à l’Université d’Ottawa, affirme que le gouvernement fédéral a présenté l’Initiative comme une réussite, car plus d’unités que prévu ont été approuvées pour la construction. Les deux premières séries d’approbations ont dépassé l’objectif, qui était de 2600 unités au total, a-t-elle noté.

Mais la professeure pense que plusieurs obstacles entravent de nombreux projets de logements abordables, notamment l’opposition de résidants et le manque de soutien des gouvernements provinciaux.

« Afin d’obtenir un logement avec services de soutien grâce à une initiative pour la création rapide de logements ou à tout autre programme, vous avez besoin d’une collaboration très solide entre les trois paliers de gouvernement », a-t-elle souligné.

Elle a aussi rappelé que la construction de logements a également été influencée par la hausse des coûts et les pénuries de main-d’œuvre.

En novembre, le gouvernement fédéral a annoncé le troisième cycle de financement de l’Initiative, qui fournira un montant supplémentaire de 1,5 milliard.

Le fédéral a prolongé les délais de construction de cette ronde à 18 mois pour la plupart des maisons et à 24 mois pour les projets dans les collectivités nordiques ou éloignées.

Le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau a fait du logement abordable la pierre angulaire de son programme de soutien et d’expansion de la classe moyenne. Il a annoncé sa Stratégie nationale du logement en 2017, un plan sur dix ans qui investit des dizaines de milliards de dollars dans le logement abordable.

Dans un rapport publié en novembre, la vérificatrice générale Karen Hogan a constaté que le gouvernement ne faisait pas de suivi de ses progrès en matière de réduction de l’itinérance chronique, malgré son objectif de l’abaisser de 50 % d’ici 2028.

Le rapport de Mme Hogan a révélé qu’il existe des lacunes dans la collecte de données au sein du gouvernement fédéral, ce qui rend difficile l’évaluation du succès de divers programmes.

La SCHL, en sa qualité de cheffe de file de la stratégie nationale sur le logement, a dépensé 4,5 milliards depuis 2018. Mais le rapport a révélé que la société ne sait pas qui en bénéficie.

La Pre Whitzman a fait valoir que le fait de ne pas suivre le succès de ses projets peut conduire à la méfiance du public et susciter le scepticisme quant à savoir si des problèmes tels que l’accès au logement peuvent être résolus par le gouvernement fédéral.

« Si vous allez investir des milliards de dollars dans un programme, vous devez en mesurer l’efficacité », a-t-elle déclaré.