L'arbre en tant qu'infrastructure de la ville

Je suis tombé sur ces textes il y a longtemps, mais je viens de les relire pour en discuter demain dans le cadre d’un club de lecture informel entre stagiaires. Puis, sérieusement, ces textes sont hyper intéressants. Je vous encourage à les lire! En gros, on parle qu’on pense aux arbres en ville de la mauvaise manière et qu’il faut repenser justement notre rapport aux arbres. En plus, les graphiques et images accompagnant les articles sont bien faits et super utiles.
1er article: https://provocations.darkmatterlabs.org/trees-as-infrastructure-1dd94e1cfedf
On y parle des problèmes des municipalités à l’atteinte de leurs objectifs de plantation d’arbres (et pourquoi cet indicateur est mauvais)
2e texte: https://provocations.darkmatterlabs.org/trees-as-infrastructure-aa141acdf227
On y parle de solutions pour changer le paradigme entourant les infrastructures sylvestres afin de mieux les intégrer, entretenir et en retirer le maximum de bénéfices.

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Si je me trompe pas, @acpnc avait partagé un article similaire sur mtlurb il y a quelques mois, c’est vraiment intéressant.

Fleurdelys a dit : Si je me trompe pas, @acpnc avait partagé un article similaire sur mtlurb il y a quelques mois, c’est vraiment intéressant.

Merci de me le rappeler, voici l’article en question que j’ai publié le 30 mai 2019___________

Et si l’argent poussait dans les arbres

Publié aujourd’hui à 4 h 01

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1172657/foret-urbaine-arbres-ville-argent-acfas-montreal

Les forêts urbaines aident à combattre les îlots de chaleur et assainissent l’air. Photo: Radio-Canada / Charles Contant

Étienne Leblanc

Ils purifient l’air, retiennent l’eau et rafraîchissent la ville pendant les canicules. On connaît les bienfaits que procurent les arbres en milieu urbain. Des chercheurs souhaitent convaincre les décideurs politiques que les investissements dans le verdissement des villes rapportent beaucoup.

Les arbres sont des pourvoyeurs de services depuis la nuit des temps. À l’échelle mondiale, ils nous permettent de respirer, de manger, de nous chauffer ou de nous soigner.

Dans les villes, les arbres réduisent la pollution de l’air, atténuent l’intensité des vagues de chaleur, réduisent les risques d’inondation et diminuent le bruit.

Ils contribuent à l’amélioration de la santé publique et fournissent une multitude de services dont profite toute la population.

Jérôme Dupras, professeur d’économie écologique à l’Université du Québec en Outaouais Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

Jérôme Dupras, professeur en économie écologique à l’Université du Québec en Outaouais et chercheur à l’Institut des sciences sur la forêt tempérée (ISFORT), souhaite que les arbres soient davantage perçus comme des investissements rentables.

On montre à travers nos études que pour chaque dollar investi dans la forêt urbaine, on en retire entre 2 et 10 $ en termes de services publics.

Jérôme Dupras, professeur en économie écologique de l’Université du Québec en Outaouais

Il estime que les arbres devraient être considérés sur le même pied qu’une bibliothèque, qu’une digue pour se protéger des inondations ou que le réseau d’aqueduc pour transporter l’eau.

« Que ce soit l’aspect socioculturel, les activités récréotouristiques, le contrôle des eaux de ruissellement ou la diminution des coûts de climatisation, c’est une infrastructure au même titre que des infrastructures bâties », explique-t-il.

Arbres et santé publique

Normand Voyer, professeur de chimie à l’Université Laval Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

Les preuves démontrant que la pollution de l’air nuit à la santé ne sont plus à faire. Le smog et la pollution atmosphérique nuisent non seulement à la santé respiratoire, mais contribuent au développement de problèmes cardiaques.

Les arbres permettent de purifier l’air et constituent un grand puits de CO2.

« Un arbre, c’est un réacteur chimique extraordinaire qui va prendre le CO2 et qui va produire de l’oxygène, explique Normand Voyer, professeur de chimie à l’Université Laval. Quand on parle de pollution atmosphérique, la meilleure chose à faire dans les grands espaces urbains, c’est de planter des arbres. »

D’autres études montrent que la présence d’arbres en ville favorise une meilleure santé mentale pour ceux qui peuvent en profiter.

« Il y a une foule d’études sur des convalescences qui se trouvent accélérées chez les gens qui ont accès à des espaces verts, relate Jérôme Dupras. Même chose pour le développement psychosocial des enfants ou la possibilité de faire des activités récréatives, ça participe au bonheur humain. »

L’effet de la présence des arbres sur la santé humaine est transversal : d’une santé très physique jusqu’à une santé mentale.

Jérôme Dupras

Diversifier le couvert forestier

C’est connu, les arbres en milieu urbain n’ont pas la vie facile. Les chenillettes qui déblaient la neige en hiver, les cyclistes qui y attachent leur vélo et les abîment ainsi que la pollution atmosphérique grandissante transforment leurs fonctions chimiques.

Mais la plus grande menace depuis quelques années, ce sont les espèces invasives comme l’agrile du frêne. Le petit insecte venu d’Asie fait des ravages dans les villes de l’est du Canada.

L’agrile du frêne Photo : Associated Press / Département des ressources naturelles du Minnesota

À Montréal, plus de 12 000 frênes ont été abattus ou sont en voie de l’être afin de combattre l’agrile.

Dans la métropole québécoise, un arbre sur cinq est un frêne, alors que c’est un arbre sur six à Québec et à Gatineau. Quarante pour cent de la forêt urbaine de Montréal est composée de seulement trois essences, à savoir l’érable de Norvège, l’érable argenté et le frêne. Une situation qui rend la forêt très vulnérable à l’arrivée d’un insecte ravageur.

« Il y a pourtant une cinquantaine d’espèces indigènes et plus de 300 espèces différentes plantées, observe Jérôme Dupras. Donc, le mot clé ici c’est diversité. On doit diversifier notre forêt urbaine pour répondre aux pressions immédiates et à long terme. »

Des villes sans arbres dans les régions boisées

Hugo Asselin est expert en foresterie sociale à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

Il n’y a pas que les grandes villes qui peuvent bénéficier des effets positifs des arbres. Les petits centres urbains en région aussi.

Qu’on pense à Saguenay, Alma, Val-d’Or, Rouyn-Noranda, Shawinigan ou Mont-Laurier, ces villes se sont développées comme les grands centres : au rythme de l’étalement urbain, des boulevards larges et sans arbres, des grands stationnements de centres commerciaux et des cours d’école noires de bitume.

Spécialiste de la foresterie sociale à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Hugo Asselin s’intéresse à ce phénomène.

« Les problèmes sont les mêmes dans les villes de région : les îlots de chaleur, l’étalement urbain, le fait qu’il manque de verdure dans la ville, énumère-t-il. On a beau être en plein cœur de la forêt boréale, en ville il n’y a pas tant d’arbres que ça. »

Hugo Asselin déplore le fait que plusieurs de ces villes sont devenues des îlots de béton dans la forêt.

« Il faut prendre la voiture pendant une heure pour aller en forêt alors qu’en principe on habite dedans », conclut-il.

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Oui exactement! Dans les articles que j’ai partagés, il est question de la vision comptable de l’arbre qui empêche son déploiement plus grand en ville en plus en plus qu’on utilise de mauvais indicateurs (nombre d’arbres plantés plutôt que maintien du couvert actuel de vieux arbres).

Plus de 1300 arbres plantés, 2400 m2 de béton retirés pour déminéraliser l’espace public, 134 fosses en saillie végétalisées : MHM est fier de publier son bilan de verdissement 2020!

Communiqué
Quelques faits saillants:
Le bilan des travaux annuels de verdissement exécutés compte notamment :

  • la plantation de plus de 1300 arbres sur le domaine public et privé, par les équipes internes, par les organismes et les citoyens de l’arrondissement, ainsi que dans le cadre de nouvelles constructions; Des entreprises, institutions et industries situées dans MHM ont aussi de quoi être fières! Plusieurs centaines d’arbres sont plantées dans le cadre d’initiatives privées, ce qui contribue à enrichir notre forêt urbaine.
  • le retrait de plus de 2400 m2 de béton et d’asphalte pour déminéraliser l’espace public;
  • la végétalisation de 134 fosses en saillie construites en 2019 et la construction de 135 nouvelles saillies (végétalisation prévue en 2021);
  • l’aménagement de huit nouvelles ruelles vertes (plus trois projets qui ont été amorcés et qui seront complétés en 2021).

Les projets qui se démarquent
Aux projets annuels s’ajoutent également les projets phares de l’arrondissent, dont :

  • la réalisation de la campagne d’embellissement (organisation du concours d’embellissement et distribution de près de 100 000 végétaux aux citoyens et groupes le 23 mai 2020);
  • l’aménagement d’un nouveau jardin communautaire au parc Clément-Jetté, lequel offrira aux citoyens 155 jardinets, 23 arbres fruitiers et arbustes à petits fruits, notamment;
  • l’avancement du projet des jardins d’Orléans (végétalisation de près d’une trentaine de grandes fosses en trottoir et plantation de cinq arbres);
  • l’acquisition du terrain Saint-Émélie permettant la préservation d’une zone arborée de 1 739 m².

Un album de photo du verdissement de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve
https://www.flickr.com/photos/arrondissement_mhm/albums/72157717028268338

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Annonce d’une intention d’assurer la plantation de 50 000 arbres par an pour un objectif visé de 500 000 d’ici 10 ans.

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Au sujet des arbres le long de la promenade qui mène au Quai de l’horloge

Chronique radio à écouter sur le site de l’émission Le 15-18

La moitié des peupliers du quai de l’Horloge seront abattus

La rangée de peupliers est un paysage symbolique du Vieux-Port de Montréal très prisé des instagrameurs.

PHOTO : RADIO-CANADA / RENÉ SAINT-LOUIS

Les Montréalais devront bientôt dire adieu au paysage qu’offre la rangée de peupliers qui borde le fleuve, dans le Vieux-Port. Atteints d’un champignon contagieux, la plupart de ces arbres sont en train de mourir. Selon l’horticulteur Bertrand Dumont, l’administration du Vieux-Port de Montréal n’avait d’autre choix que de les couper et de les remplacer par une autre essence.

Le chancre du peuplier est un champignon qui s’attaque tout particulièrement aux peupliers de Lombardie. Une fois l’arbre infecté, le parasite peut prendre de 10 à 15 ans avant de se manifester par l’apparition de bourrelets sur les branches qui empêchent la sève de circuler. On pourrait presque parler d’une maladie dégénérative, indique Bertrand Dumont. Quand ça se manifeste, l’abattage est à peu près la seule solution. Le problème, c’est que le peuplier, c’est un bois très cassant, donc il faut intervenir rapidement dès que l’arbre est mort parce qu’il peut être dangereux pour les passants.

Le chancre du peuplier existe depuis plusieurs dizaines d’années au Québec. Il est très difficile à détecter avant qu’il ne soit trop tard.

Ce champignon est, en outre, très contagieux. Il peut se transmettre d’un arbre à l’autre par le vent ou la pluie. Il y a donc peu d’espoir de survie pour les peupliers qui ne seront pas abattus cet hiver. L’horticulteur estime néanmoins que le Vieux-Port a pris une excellente décision en ne coupant que la moitié des arbres : Les arbres sont des unités grégaires; ils aiment être ensemble. Les plus vieux vont protéger les plus jeunes, ils vont amener de l’humidité.

Les peupliers feront donc place à des chênes pédonculés fastigiés. Selon Bertrand Dumont, le Vieux-Port était limité dans ses options pour remplacer les beaux arbres élancés qui seront coupés. C’est une photo symbolique, souligne-t-il. On ne peut pas mettre des arbres qui offrent une grande canopée, même si ça serait une bonne idée pour les passants.

Dommage pour ces arbres et la perspective qu’ils apportaient, nous sommes relativement chanceux de les avoir conserver aussi longtemps, car plusieurs de ces arbres ont disparu du paysage et Montréal a pu conserver les siens dans le Vieux-Port. En espérant que ce même sort ne s’attaque pas a ceux sur le Champs-de-Mars.

Je peux me tromper, mais ces arbres ont une une faible longévité. Mais les arbres qui vont les remplacer ont environ le même profil. C’est le chêne pédonculé fastigié.

T’as raison, les peupliers, bien qu’ils deviennent assez imposants, ont une faible longévité.

Ce chêne garde ses feuilles en hiver.

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