Étude en Suisse sur comment les médias rapportent les collisions impliquant des personnes à vélo
Je crois que c’est pas mal la même chose avec les médias québécois/canadiens ![]()
Deux tiers des collisions graves entre automobilistes et cyclistes sont causées par les premiers. Pourtant, dans les médias romands, les cyclistes se retrouveraient le plus souvent au cœur des récits, alors que les conducteurs de voiture seraient relégués au second plan, voire absents, selon une étude de l’Université de Lausanne. L’étude n’a toutefois pas évalué l’influence potentielle des communiqués de police sur le contenu des articles.
Publiée dans la revue « Findings», cette recherche menée par l’Institut de géographie et durabilité a passé au crible 204 articles de six quotidiens romands («ArcInfo», «La Liberté», «Le Nouvelliste», lematin.ch, «24 heures» et la «Tribune de Genève») publiés entre 2020 et 2024.
«L’implication des automobilistes est moins mentionnée»
Le constat est net: l’implication d’un automobiliste n’est mentionnée que dans moins de 50% des titres analysés. Et lorsqu’elle l’est, c’est souvent le véhicule qui est cité, non son conducteur. En résumé: les médias disent plus volontiers «un cycliste a été percuté par une voiture» qu’«un automobiliste a percuté un cycliste». Cette formulation passive contribuerait à diluer la responsabilité humaine dans l’accident, selon les chercheurs.
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Une étude de l’Université de Lausanne révèle que les médias romands minimisent la responsabilité des automobilistes lors de collisions avec des cyclistes. Les chercheurs ont analysé plus de 200 articles publiés entre 2020 et 2024, mettant en lumière des formulations qui tendent à déresponsabiliser les conducteurs.
Dans sa recherche parue dans la revue scientifique Findings, Patrick Rérat, professeur de géographie et directeur de l’Observatoire du vélo et des mobilités actives à l’UNIL, a analysé 204 comptes-rendus d’accident entre automobilistes et cyclistes parus dans les médias de Suisse romande (24 heures, Arcinfo, La Liberté, Le Matin, Le Nouvelliste et la Tribune de Genève).
Le chercheur constate que la majeure partie des récits médiatiques mettent souvent l’accent sur les cyclistes. “On pourrait s’attendre à ce qu’ils soient neutres. Mais le titre le plus fréquent est ‘un cycliste blessé’, ce qui ne précise pas qu’il s’agit d’une collision impliquant un automobiliste”, explique Patrick Rérat dans l’émission Forum.
Il souligne aussi que l’utilisation fréquente de la voix passive, comme dans l’expression “un cycliste a été heurté par une voiture”, contribue à invisibiliser la responsabilité des automobilistes. “C’est une manière de mettre la responsabilité sur les épaules du cycliste et dédouaner la personne en voiture”, analyse-t-il.
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PIétons Québec a ce guide pour les médias