Dans la Presse
Crise des infrastructures | Entretenir plutôt que construire, plaident les ingénieurs
Blocs opératoires fermés d’urgence, trou béant bloquant une autoroute essentielle, geyser en plein centre-ville : nos infrastructures sont en crise et le mur approche à toute vitesse, dit l’Ordre des ingénieurs. Pour assurer la sécurité de la population, il propose aux élus un plan de match : cesser de prioriser la nouveauté, entretenir ce que l’on a et transmettre à la population un véritable portrait de l’état de nos bâtiments, routes et ponts.
Mettre fin au « syndrome du ruban »
Entre 2015 et 2023, le budget destiné au maintien des actifs – la réparation de nos infrastructures déjà construites – a été augmenté de 50 %. Au même moment, le budget lié à la bonification – l’érection de nouveaux bâtiments ou routes – a été haussé de 110 %, souligne l’Ordre des ingénieurs dans le rapport Crise des infrastructures, agir maintenant pour éviter la fracture de demain. Conséquence : le déficit d’entretien du gouvernement du Québec a explosé et dépasse les 40 milliards de dollars, selon des données colligées par le CIRANO.
Cette propension des politiciens à annoncer de nouveaux projets plutôt que d’entretenir le vieux bâti a été rebaptisée « syndrome du ruban » par la présidente de l’Ordre, Sophie Larivière-Mantha. « C’est comme si on remplaçait la cuisine au lieu du toit qui coule », dit-elle. « On ne dit pas qu’il ne faut plus faire de bâtiments neufs. Mais on doit se baser sur des critères pour évaluer où sont les urgences les plus critiques au Québec. »
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