Un avion GlobalEye, fabriqué par Saab Technologies, est exposé au Salon aéronautique de Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 21 novembre 2019.
Photo : Reuters / CHRISTOPHER PIKE
Le gouvernement fédéral négocie avec la compagnie suédoise Saab pour acquérir des GlobalEye, des avions de détection lointaine et d’alerte avancée, et pour s’assurer qu’une partie de ces avions-radars soient construits au Canada. Cela signifierait des retombées importantes pour Bombardier aéronautique à Montréal.
Ottawa se positionne pour que soit construite au Canada une partie de la flotte prévue d’appareils du GlobalEye de Saab, que de nombreux pays de l’OTAN, dont le Canada, songent à acheter d’ici les prochaines années.
Cela serait un coup dur pour l’entreprise américaine Boeing, qui a dominé pendant plusieurs décennies le marché des avions-radars de l’alliance transatlantique, et qui cherche en ce moment des acheteurs pour son nouvel appareil, le E7 Wedgetail.
En vertu des négociations entamées entre Ottawa et Saab, environ le tiers des 40 appareils qui seraient commandés par les pays de l’OTAN seraient assemblés au Canada.
Selon le gouvernement fédéral, cela donnerait du travail à 3000 employés du secteur aérospatial et de la défense au Canada pour les 15 prochaines années.
Le premier ministre Mark Carney en a fait l’annonce mercredi à Ottawa, à l’occasion de la grande conférence canadienne sur la Défense et la sécurité (CANSEC).
Potentielles retombées pour Bombardier
La compagnie Bombardier est un partenaire de la compagnie Saab pour la construction de son avion-radar, qui utilise l’appareil Global 6500, un jet d’affaires long-courrier qui peut être transformé en avion de surveillance grâce à l’installation de capteurs.
Ces avions-radars permettent notamment la détection d’avions ennemis, de missiles de croisière et de drones dans l’espace aérien. Ils peuvent également surveiller les espaces maritimes et terrestres, afin de fournir de l’information pour les forces sur le terrain.
Le Canada jongle avec l’idée d’acheter six avions-radars pour ses propres besoins, pour une facture évaluée à 5 milliards de dollars. Saab et Boeing tentent toutes deux d’obtenir ce contrat.
La France, de son côté, vient de finaliser un contrat pour l’achat de deux avions GlobalEye pour la somme de 1,3 milliard de dollars, afin de remplacer sa flotte vieillissante de Boeing E-3 Sentry.