Malgré un carnet de commandes bien garni avec plus de 500 appareils A220 à livrer au cours des prochaines années, la signature de la commande historique de 150 appareils d’AirAsia arrive à point pour Airbus Canada, qui comptait sur une grosse entente commerciale pour sanctionner la pertinence des efforts et des investissements industriels que l’entreprise a réalisés au cours des dernières années.
Depuis trois ans, malgré l’excellente réputation que cet avion moyen-courrier s’est forgée de façon unanime dans l’industrie du transport aérien, les nouvelles commandes se sont faites moins nombreuses pour l’A220 alors qu’on a senti une certaine latence dans le marché.
Au cours des trois dernières années, Airbus Canada a néanmoins embauché 2500 personnes additionnelles à son usine de Mirabel pour mieux réaliser l’assemblage des A220, mais pour aussi assurer le service de la flotte de plus de 500 appareils qui sont maintenant en service.
L’entreprise a aussi renforcé sa chaîne d’approvisionnement alors que la maison mère a racheté les sites de production des ailes et de fuselages qui étaient assemblés en Irlande par l’entreprise Spirit AeroSystems, en difficultés financières.
Les problèmes avec le motoriste Pratt & Whitney ont été aussi en grande partie résorbés alors que le nombre d’avions cloués au sol en raison de problèmes de moteurs a chuté de moitié durant la dernière année.
Donc la mégatransaction qui a été confirmée mercredi en grande pompe à Mirabel arrive au bon moment et vient en quelque sorte récompenser le travail qui a été fait par Airbus Canada.
Cette commande historique, estimée à 19 milliards, on l’attendait pourtant en juin dernier, lors du Salon international de l’aéronautique et de l’espace de Paris. Tout semblait en place pour qu’AirAsia confirme son choix entre le constructeur brésilien Embraer et Airbus Canada en vue de la livraison prochaine de plus de 100 appareils moyen-courriers Embraer 195-2 ou A220 d’Airbus.
Benoit Schultz, qui était le PDG d’Airbus Canada à l’époque, a cru jusqu’au dernier moment que cette importante commande pouvait être annoncée durant le Salon du Bourget, mais le propriétaire du transporteur malaisien, Tony Fernandes, a plutôt décidé de reporter sa décision et de prioriser le redressement financier de son entreprise.
Un redressement financier qui a été achevé, même si la situation du transporteur aérien asiatique s’est compliquée depuis que la guerre en Iran a entraîné une hausse faramineuse des coûts du kérosène.
Mais quand même, 10 mois plus tard, Tony Fernandes confirme une commande de 150 nouveaux appareils A220 avec une nouvelle configuration permettant d’accueillir jusqu’à 160 passagers. « C’est en temps de crise qu’il faut prendre des décisions », a expliqué en conférence de presse le financier malaisien.
Un coup de cœur pour la C Series
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