
PHOTO ROSLAN RAHMAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Démonstration aérienne de la Force aérienne de la république de Singapour, lors du Singapore Airshow au début du mois
(Singapour) « On est venus au salon pour que le Québec soit mieux reconnu. On a été humbles et trop discrets trop longtemps. Dans la situation géopolitique actuelle, on prend notre propre chemin, on se fait plus entendre et on est enfin en train de prendre notre place. »
Pierre-Alexandre Morais, PDG de CEL Aerospace, une entreprise d’ingénierie aéronautique établie à Saint-Hubert, ne s’est pas déplacé jusqu’au Singapore Airshow, au début février, pour faire de la figuration.
Un nombre record de 15 entreprises d’ici ont participé à cet important salon aéronautique en sol asiatique. Dans la foulée des 130 pays représentés, le message des industriels était clair : il est grand temps que le Québec cesse de jouer la carte de la discrétion et commence enfin à mettre ses capacités en lumière.
La quasi-totalité des activités de l’entreprise de M. Morais, spécialisée dans la conception et la fabrication d’équipements d’essai pour moteurs d’avion, est destinée à l’exportation, dont 50 % relèvent du secteur de la défense.
M. Fallecker cite un avantage unique pour l’industrie aérospatiale québécoise : elle n’est liée ni complètement à la Chine ni à Washington, ce qui permet aux entreprises sur le territoire d’être dans une zone « plus neutre que d’autres ».
Entretien et réparation
Résumé
Stephane Fallecker, directeur export Asie-Pacifique et Moyen-Orient d’Investissement Québec, voit des occasions de coopération ambitieuses entre la province et l’Asie en matière de diversification de marchés.
Selon lui, l’entretien et la réparation aéronautique (MRO) constituent le secteur le plus prometteur, affichant la plus forte croissance au monde.
« L’Asie, et plus précisément l’Asie de l’Est (Chine, Japon, Corée du Sud notamment), offre un potentiel énorme : une hausse d’au moins 6 % dans le MRO est attendue dans les prochaines années, tant dans le civil que dans la défense, soutenue par la croissance du trafic aérien ici », explique M. Fallecker.
Si les États-Unis demeurent le principal partenaire commercial du Québec (47,2 % des échanges internationaux de marchandises), d’autres marchés prennent de l’importance, dont la Chine (7,7 %). Un rapport de l’Institut de la statistique du Québec indique qu’au troisième trimestre 2025, le produit le plus exporté était les aéronefs, qui ont totalisé 2,6 milliards de dollars.
M. Fallecker cite un avantage unique pour l’industrie aérospatiale québécoise : elle n’est liée ni complètement à la Chine ni à Washington, ce qui permet aux entreprises sur le territoire d’être dans une zone « plus neutre que d’autres ».
Le marché MRO pour les avions dans la région Asie-Pacifique est estimé à plusieurs milliards de dollars américains, avec de nombreux appels d’offres en cours pour lesquels le Québec aurait de bonnes chances de remporter certains contrats.
« Je pense qu’on a des forces industrielles qui font en sorte que c’est peut-être même une obligation morale maintenant de mettre à contribution nos capacités dans ces secteurs (aérospatiale, défense) pour protéger les intérêts des Québécois, estime le ministre des Relations internationales, Christopher Skeete. La bonne nouvelle, c’est que je pense que pour la première fois, ils sont ouverts à cela. »
Une suite pour l’Asie
En début d’année, lors de son passage à Pékin, le premier ministre Mark Carney a signé un accord commercial historique visant à rétablir les relations économiques avec la Chine. Cette entente préliminaire marque un changement significatif par rapport à la politique d’anciens gouvernements, qui s’alignaient sur les restrictions imposées par les États-Unis envers le pays asiatique.
Il prévoit en partie que la Chine accueille favorablement la coopération et les investissements canadiens dans le domaine aérospatial dans le cadre de ses objectifs économiques futurs.
Plus tôt ce mois-ci, une délégation d’une vingtaine d’industriels de la défense, dont des représentants québécois, s’est rendue en Corée du Sud pour consolider la collaboration dans ce secteur.
Lors de son passage dans le pays, le ministre des Relations internationales Christopher Skeete a confié à La Presse l’importance pour le Canada de non seulement varier ses partenaires commerciaux, mais aussi d’établir une diplomatie internationale autonome.
Il est important que notre politique étrangère nous soit propre et pas calquée sur ce que les Américains vont faire.
Christopher Skeete, ministre des Relations internationales
« Autrefois, on a beaucoup suivi nos voisins du Sud, ce qui ne nous a pas toujours très bien servis », estime M. Skeete.
Le ministre cite la Chine comme exemple d’un pays avec lequel le Canada va devoir apprendre à travailler davantage, considérant qu’il sera « une force importante pour l’avenir ».
Un rapport récemment publié par le département du Commerce des États-Unis prédit que l’industrie de l’aérospatiale et des services aéronautiques chinois devrait devenir le plus grand marché au monde d’ici 2043.

PHOTO THIBAULT CAMUS, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Un Gulfstream G600 est exposé au Salon de l’Aéronautique du Bourget, le 18 juin 2025.
(Ottawa) Transports Canada a certifié les jets d’affaires Gulfstream G500 et G600 de General Dynamics, à la suite de menaces proférées par le président américain Donald Trump.
Un porte-parole du cabinet du ministre des Transports a déclaré que le gouvernement discutait toujours de la certification d’autres avions avec l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA).
Le gouvernement n’a pas encore certifié les modèles Gulfstream G700 et G800.
Les modèles G700 et G800 ont été signalés en raison de problèmes potentiels liés au dégivrage.
Un document gouvernemental indique que les G500 et G600 ont été certifiés le 15 février.
Le mois dernier, Donald Trump a menacé de retirer la certification des avions construits au Canada si le gouvernement ne donnait pas son feu vert aux jets d’affaires Gulfstream. Il avait pris pour cible Bombardier, soutenant qu’il retirait la certification du Bombardier Global Express.