Industries aéronautique, aérospatiale et astronautique

Dans la Presse

Selon Airbus | L’investissement de Québec dans l’A220 ne vaut plus rien

Pour Airbus, l’investissement de l’État québécois dans l’ancienne C Series, qui lui a coûté 2,1 milliards depuis 2015, ne vaut plus rien – et les chances d’un redécollage paraissent plutôt minces avec le brouillard qui masque l’horizon de la rentabilité.

Malgré un carnet de commandes rempli jusqu’à la fin de la décennie – il y a plus de 460 appareils à livrer – et des rumeurs persistantes sur l’introduction d’une version allongée de l’avion construit à Mirabel et Mobile (Alabama), le portrait est bien moins reluisant sur l’aspect financier.

On savait que le programme développé par Bombardier était toujours déficitaire, mais le rapport financier d’Airbus qui dresse le bilan de 2025 est sans appel : en date du 31 décembre dernier, le constructeur n’aurait rien déboursé si l’option pour l’obliger à racheter la participation de 25 % du Québec dans l’A220 avait été exercée.

Autrement dit, il ne faudrait pas s’étonner de voir le gouvernement québécois radier la valeur restante (environ 400 millions) de son placement dans l’aventure, qui a fondu comme neige au soleil ces dernières années.
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Le directeur de la NASA fustige Boeing

PHOTO NASA FOURNIE PAR L’ASSOCIATED PRESS

Boeing a déclaré que ces conclusions aideraient l’entreprise à progresser pour garantir la sécurité de l’équipage, et a souligné que le programme Starliner se poursuivrait.

Le nouveau directeur de la NASA a vivement critiqué jeudi Boeing et l’agence spatiale américaine pour les déboires du vol de Starliner, qui ont bloqué deux astronautes pendant des mois à la Station spatiale internationale.

L’administrateur Jared Isaacman a déclaré que le manque de leadership et les mauvaises décisions prises par Boeing avaient conduit aux problèmes rencontrés par le vaisseau Starliner. Il a également reproché aux responsables de la NASA de ne pas être intervenus pour ramener Butch Wilmore et Suni Williams plus rapidement.

Les deux pilotes d’essai, aujourd’hui retraités de la NASA, ont passé plus de neuf mois à bord de la station avant d’être rapatriés par SpaceX en mars dernier.

M. Isaacman a fait valoir que les problèmes de Starliner devaient être mieux compris et résolus avant que d’autres astronautes ne s’y installent.

Résumé

Dans un geste emphatique, M. Isaacman a modifié l’évaluation des débuts difficiles de Starliner en tant que navette spatiale, les qualifiant d’« accident de type A », c’est-à-dire un accident pouvant mettre en danger l’équipage. Selon M. Isaacman, c’est une erreur de ne pas avoir qualifié Starliner d’accident grave dès le début, citant la pression interne pour maintenir Boeing à bord et les vols sur la bonne voie.

« Il s’agit simplement de faire ce qu’il faut, a-t-il déclaré. Il s’agit de rétablir la vérité. »

Des pannes de propulseurs et d’autres problèmes ont failli empêcher les astronautes Wilmore et Williams d’atteindre la station spatiale après le décollage en 2024. Boeing poursuit l’analyse du système de propulsion.

« Nous avons failli passer une journée vraiment terrible », a déclaré Amit Kshatriya, administrateur associé de la NASA, en référence à une perte potentielle de vies humaines.

La NASA a publié son rapport Starliner de 312 pages alors qu’elle effectuait un deuxième test de ravitaillement de sa fusée lunaire au Centre spatial Kennedy. Des fuites d’hydrogène ont gâché la première répétition générale au début du mois et retardé le premier vol des astronautes vers la Lune depuis 1972.

Boeing a déclaré que ces conclusions aideraient l’entreprise à progresser pour garantir la sécurité de l’équipage, et a souligné que le programme Starliner se poursuivrait. Le temps presse alors que la NASA se prépare à mettre hors service la station spatiale en 2030, même si M. Isaacman, un voyageur spatial autofinancé, prévoit une « demande sans fin » pour de multiples voies d’accès à l’orbite une fois que les avant-postes privés seront en plein essor.

Il n’y a pas de calendrier pour le lancement de Starliner par Boeing dans le cadre d’une mission d’approvisionnement, qui est essentiellement un autre vol d’essai visant à prouver sa sécurité avant les vols avec des astronautes. Cette suspension fait de SpaceX le seul service de taxi américain pour les astronautes.

« Boeing a réalisé des progrès substantiels dans la mise en œuvre de mesures correctives pour les défis techniques que nous avons rencontrés et a instauré des changements culturels importants au sein de l’équipe », a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Même avant le vol problématique des astronautes, Boeing avait connu des problèmes avec Starliner. Le premier vol d’essai en 2019, sans personne à bord, s’est terminé sur une orbite erronée et a nécessité une nouvelle mission, qui a elle-même rencontré des difficultés.

La NASA a engagé Boeing et SpaceX en 2014, à la suite du retrait des navettes spatiales, pour transporter les astronautes vers et depuis le laboratoire orbital. Leurs contrats se chiffrent en milliards de dollars. SpaceX vient de livrer son 13e équipage à la station spatiale pour le compte de la NASA depuis 2020.

M. Kshatriya a déclaré que l’agence spatiale devait faire mieux à l’avenir.

« Nous devons assumer notre part de responsabilité », a-t-il déclaré. Quant aux astronautes Wilmore et Williams, « nous les avons laissés tomber ».

Le département Santé et Sciences de l’Associated Press bénéficie du soutien du département d’éducation scientifique de l’Institut médical Howard Hughes et de la Fondation Robert Wood Johnson. L’AP est seule responsable de l’ensemble du contenu.

Première preuve de pollution liée au retour des fusées dans l’atmosphère

« Ce que nous savons, c’est qu’une tonne d’émissions à 75 km d’altitude équivaut à 100 000 tonnes à la surface » de la Terre, indiquent-ils. Et l’exemple de cette fusée Falcon 9 n’est qu’un « avant-goût » de la pollution à venir dans les prochaines années.

Actuellement, 14 000 satellites en activité tournent en orbite autour de notre planète. Mais le mois dernier, SpaceX a demandé l’autorisation pour en lancer un million de plus. Et la Chine, deux semaines encore avant, a annoncé le lancement de 200 000 satellites de son cru dans les prochaines décennies.

L’étude publiée ce jeudi « est vraiment importante, car il n’y a actuellement aucune réglementation appropriée visant la pollution des couches supérieures de l’atmosphère », souligne auprès de l’AFP Eloïse Marais, professeur de chimie atmosphérique à l’University College de Londres, qui n’a pas participé à l’étude.

« Même si ces parties de l’atmosphère sont loin de nous, elles peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie sur Terre si les pollutions engendrées affectent le climat terrestre et appauvrissent la couche d’ozone qui nous protège des rayons UV nocifs », explique-t-elle.

L’étude a été publiée dans la revue Communications Earth & Environment.

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L’aéronautique québécoise lorgne l’Asie

PHOTO ROSLAN RAHMAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Démonstration aérienne de la Force aérienne de la république de Singapour, lors du Singapore Airshow au début du mois

(Singapour) « On est venus au salon pour que le Québec soit mieux reconnu. On a été humbles et trop discrets trop longtemps. Dans la situation géopolitique actuelle, on prend notre propre chemin, on se fait plus entendre et on est enfin en train de prendre notre place. »

Pierre-Alexandre Morais, PDG de CEL Aerospace, une entreprise d’ingénierie aéronautique établie à Saint-Hubert, ne s’est pas déplacé jusqu’au Singapore Airshow, au début février, pour faire de la figuration.

Un nombre record de 15 entreprises d’ici ont participé à cet important salon aéronautique en sol asiatique. Dans la foulée des 130 pays représentés, le message des industriels était clair : il est grand temps que le Québec cesse de jouer la carte de la discrétion et commence enfin à mettre ses capacités en lumière.

La quasi-totalité des activités de l’entreprise de M. Morais, spécialisée dans la conception et la fabrication d’équipements d’essai pour moteurs d’avion, est destinée à l’exportation, dont 50 % relèvent du secteur de la défense.

M. Fallecker cite un avantage unique pour l’industrie aérospatiale québécoise : elle n’est liée ni complètement à la Chine ni à Washington, ce qui permet aux entreprises sur le territoire d’être dans une zone « plus neutre que d’autres ».

Entretien et réparation

Résumé

Stephane Fallecker, directeur export Asie-Pacifique et Moyen-Orient d’Investissement Québec, voit des occasions de coopération ambitieuses entre la province et l’Asie en matière de diversification de marchés.

Selon lui, l’entretien et la réparation aéronautique (MRO) constituent le secteur le plus prometteur, affichant la plus forte croissance au monde.

« L’Asie, et plus précisément l’Asie de l’Est (Chine, Japon, Corée du Sud notamment), offre un potentiel énorme : une hausse d’au moins 6 % dans le MRO est attendue dans les prochaines années, tant dans le civil que dans la défense, soutenue par la croissance du trafic aérien ici », explique M. Fallecker.

Si les États-Unis demeurent le principal partenaire commercial du Québec (47,2 % des échanges internationaux de marchandises), d’autres marchés prennent de l’importance, dont la Chine (7,7 %). Un rapport de l’Institut de la statistique du Québec indique qu’au troisième trimestre 2025, le produit le plus exporté était les aéronefs, qui ont totalisé 2,6 milliards de dollars.

M. Fallecker cite un avantage unique pour l’industrie aérospatiale québécoise : elle n’est liée ni complètement à la Chine ni à Washington, ce qui permet aux entreprises sur le territoire d’être dans une zone « plus neutre que d’autres ».

Le marché MRO pour les avions dans la région Asie-Pacifique est estimé à plusieurs milliards de dollars américains, avec de nombreux appels d’offres en cours pour lesquels le Québec aurait de bonnes chances de remporter certains contrats.

« Je pense qu’on a des forces industrielles qui font en sorte que c’est peut-être même une obligation morale maintenant de mettre à contribution nos capacités dans ces secteurs (aérospatiale, défense) pour protéger les intérêts des Québécois, estime le ministre des Relations internationales, Christopher Skeete. La bonne nouvelle, c’est que je pense que pour la première fois, ils sont ouverts à cela. »

Une suite pour l’Asie

En début d’année, lors de son passage à Pékin, le premier ministre Mark Carney a signé un accord commercial historique visant à rétablir les relations économiques avec la Chine. Cette entente préliminaire marque un changement significatif par rapport à la politique d’anciens gouvernements, qui s’alignaient sur les restrictions imposées par les États-Unis envers le pays asiatique.

Il prévoit en partie que la Chine accueille favorablement la coopération et les investissements canadiens dans le domaine aérospatial dans le cadre de ses objectifs économiques futurs.

Plus tôt ce mois-ci, une délégation d’une vingtaine d’industriels de la défense, dont des représentants québécois, s’est rendue en Corée du Sud pour consolider la collaboration dans ce secteur.

Lors de son passage dans le pays, le ministre des Relations internationales Christopher Skeete a confié à La Presse l’importance pour le Canada de non seulement varier ses partenaires commerciaux, mais aussi d’établir une diplomatie internationale autonome.

Il est important que notre politique étrangère nous soit propre et pas calquée sur ce que les Américains vont faire.

Christopher Skeete, ministre des Relations internationales

« Autrefois, on a beaucoup suivi nos voisins du Sud, ce qui ne nous a pas toujours très bien servis », estime M. Skeete.

Le ministre cite la Chine comme exemple d’un pays avec lequel le Canada va devoir apprendre à travailler davantage, considérant qu’il sera « une force importante pour l’avenir ».

Un rapport récemment publié par le département du Commerce des États-Unis prédit que l’industrie de l’aérospatiale et des services aéronautiques chinois devrait devenir le plus grand marché au monde d’ici 2043.

Transports Canada certifie les avions d’affaires Gulfstream G500 et G600

PHOTO THIBAULT CAMUS, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Un Gulfstream G600 est exposé au Salon de l’Aéronautique du Bourget, le 18 juin 2025.

(Ottawa) Transports Canada a certifié les jets d’affaires Gulfstream G500 et G600 de General Dynamics, à la suite de menaces proférées par le président américain Donald Trump.

Un porte-parole du cabinet du ministre des Transports a déclaré que le gouvernement discutait toujours de la certification d’autres avions avec l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA).

Le gouvernement n’a pas encore certifié les modèles Gulfstream G700 et G800.

Les modèles G700 et G800 ont été signalés en raison de problèmes potentiels liés au dégivrage.

Un document gouvernemental indique que les G500 et G600 ont été certifiés le 15 février.

Le mois dernier, Donald Trump a menacé de retirer la certification des avions construits au Canada si le gouvernement ne donnait pas son feu vert aux jets d’affaires Gulfstream. Il avait pris pour cible Bombardier, soutenant qu’il retirait la certification du Bombardier Global Express.

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Vol vers la Lune/ La NASA exclut un lancement en mars à cause de problèmes techniques

PHOTO GREGG NEWTON, AGENCE FRANCE-PRESSE

La NASA a dit qu’elle examinait toutes les données et se préparait, si nécessaire, à renvoyer la fusée Space Launch System au hangar pour réparation au Centre spatial Kennedy en Floride

(Washington) Le chef de la NASA Jared Isaacman a annoncé samedi que le lancement de la mission Artémis 2 ne pourrait finalement pas se tenir en mars en raison de problèmes techniques sur la fusée devant transporter des astronautes autour de la Lune pour la première fois en plus de 50 ans.

Ces problèmes ont été identifiés dans la nuit par les équipes de la NASA et consistent en un dysfonctionnement du flux d’hélium dans l’un des étages de la fusée, a-t-il précisé.

« Quelle que soit la défaillance potentielle » à l’origine, ils vont forcer l’agence spatiale américaine à ramener la fusée dans le bâtiment d’assemblage, « ce qui exclura la fenêtre de lancement prévue en mars », a-t-il expliqué sur X.

La veille, la NASA avait annoncé viser un lancement au plus tôt le 6 mars à la suite d’un grand test en condition réelle qui s’était avéré en apparence bon.

La direction de l’agence avait néanmoins fait savoir que les ingénieurs allaient avoir besoin de plusieurs jours pour analyser les données issues de ce test et que d’autres manœuvres et vérifications techniques devaient encore se tenir.

Les astronautes de la mission Artémis 2, trois Américains et un Canadien, entrés en quarantaine vendredi en vue d’un vol possible début mars pourraient donc en sortir.

Cette mission, qui partira de Cap Canaveral en Floride et durera environ dix jours, constituera le premier vol habité autour de la Lune en plus de 50 ans.

La NASA disposait de cinq fenêtres de lancement possibles en mars et avait également annoncé six autres créneaux possibles en avril.

Un nouveau concurrent français pour Bombardier

14 000 km de portée et un prix supérieur à 80 millions de dollars : Dassault dévoile le Falcon 10X, son jet d’affaires inspiré du Rafale

L’appareil fabriqué en Gironde joue sur le très haut de gamme. Avec, l’entreprise française espère concurrencer Gulfstream et Bombardier.

Il est plus rare et plus cher que ses concurrents nord-américains, reste mais reste attendu pour ses performances issues de technologies militaires dans un marché en croissance. Le Falcon 10X, le dernier jet privé de Dassault, a été dévoilé ce mardi devant un parterre de 400 personnes réunies dans un hangar, le tout dans une ambiance boîte de nuit avec sons et lumières.

Cet ultra-long-courrier est sorti de l’usine à Mérignac, près de Bordeaux (Gironde). Il doit désormais entamer ses essais en vol, puis la certification. Les premières livraisons, « deux à trois ans après les essais en vol », n’auront lieu qu’« à la fin de la décennie », a déclaré à la presse le PDG de Dassault, Éric Trappier, qui voyage à bord de 8X, son prédécesseur.

La portée du 10X atteint 14 000 km, soit un Paris-Pékin ou un New York-Shanghai sans escale. Il est qualifié de « bureau volant » par le patron de l’entreprise. Le 8X, lui, pouvait parcourir 12 000 km. Avec une telle portée, le 10X s’approche des G700 et G800 de l’américain Gulfstream ou des Global7500 et Global8000 du canadien Bombardier, lesquels peuvent voler en autonomie jusqu’à 14 800 km.
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Investissement de 200 millions pour des lancements spatiaux canadiens

PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE

Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty (au centre), prend la parole au laboratoire David Florida de l’Agence spatiale canadienne, à Ottawa, lundi.

(Ottawa) Le gouvernement fédéral a annoncé un investissement de 200 millions pour la construction d’une rampe de lancement canadienne destinée à mettre des satellites en orbite, sans l’aide d’autres pays ou de tiers étrangers.

Au cours de la prochaine décennie, Ottawa utilisera ces fonds pour louer une rampe de lancement spatiale en Nouvelle-Écosse, qui servira de base à un futur port spatial, une capacité souveraine clé figurant dans la nouvelle stratégie industrielle de défense du gouvernement fédéral.

Le Canada n’a actuellement pas la capacité de mener à bien des projets spatiaux de manière autonome et dépend des États-Unis pour mettre ses satellites en orbite. La nouvelle rampe de lancement devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année.

Le ministre de la Défense, David McGuinty, a dévoilé ce projet lundi depuis un laboratoire de l’Agence spatiale canadienne situé à Ottawa, où les chercheurs utilisent une chambre à vide de cinq étages de profondeur pour tester la technologie satellitaire.

« Environ 20 % de l’économie canadienne repose sur les satellites : nos systèmes bancaires, nos réseaux de téléphonie mobile, nos transactions », a mentionné M. McGuinty.

« Nous voulons donc être en mesure de nous assurer davantage de souveraineté et de sécurité dans ce domaine », a-t-il précisé.

Il a ajouté qu’Ottawa ne souhaitait pas dépendre entièrement de tiers pour lancer des fusées dans l’espace, mais il n’a cité aucun nom en particulier.

M. McGuinty a également annoncé que le Canada prévoyait de devenir membre à part entière de l’initiative STARLIFT de l’OTAN, un projet visant à créer un réseau de lancement spatial permettant aux alliés d’envoyer des charges utiles dans l’espace à court terme.

La société Maritime Launch Services, établie à Halifax, qui construit le Spaceport Nova Scotia, installera le site près de Canso, en Nouvelle-Écosse.

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Stephen Matier, PDG de cette société cotée en bourse, a souligné que le contrat fédéral donnerait un coup de pouce à son entreprise en envoyant un signal fort au marché concernant le développement du port spatial.

Il a ajouté qu’une capacité de lancement souveraine constituait une avancée majeure pour le Canada.

« Depuis des années, nous confions nos satellites à MDA Space, Kepler ou à des entreprises canadiennes, et nous signons des chèques importants à Space X pour qu’ils les lancent depuis la Floride ou la Californie », a expliqué M. Matier.

« SpaceX vend de l’espace supplémentaire sur ses fusées […], mais on ne peut pas aller où on veut ni quand on veut », a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient alors que le nombre de vaisseaux spatiaux mis en orbite continue d’augmenter à un rythme effréné.

M. McGuinty a avancé que le monde pouvait s’attendre à voir jusqu’à 70 000 satellites lancés en orbite terrestre basse au cours des cinq prochaines années.

Plus de contrôle sur le calendrier

David Perry, président de l’Institut canadien des affaires mondiales, a indiqué que la capacité de lancement souveraine permettra d’éviter aux satellites canadiens d’attendre des années dans une file d’attente pour être lancés.

« Nous avons tout simplement beaucoup plus de contrôle sur notre propre destin. Nous ne sommes pas à la merci des priorités et des calendriers de quelqu’un d’autre, a-t-il déclaré. Ainsi, les priorités nationales canadiennes sont mises en œuvre plus rapidement que si nous dépendions des infrastructures d’autres pays. »

Sarah Gallagher, ancienne conseillère de l’Agence spatiale canadienne et aujourd’hui directrice de l’Institut d’exploration terrestre et spatiale de l’Université Western, a expliqué qu’il n’y avait pas beaucoup de pays dans le monde dotés de capacités de lancement souveraines.

« Nous disposons de nos propres ressources spatiales dans l’espace, et il est donc très important de pouvoir y accéder immédiatement grâce à des moyens que nous contrôlons. De plus, le fait d’avoir un site de lancement en Nouvelle-Écosse est vraiment avantageux », a-t-elle précisé.

« La latitude de la Nouvelle-Écosse permet d’accéder à différents types d’orbites, ce qui est utile selon ce que l’on cherche à faire. Il est évident que nous accordons une grande importance au Nord, et disposer d’un site de lancement situé à des latitudes nordiques peut donc servir à cela », a-t-elle affirmé.

Cette nouvelle initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie industrielle de défense du gouvernement libéral, son plan d’action visant à renforcer les Forces armées canadiennes et le secteur de la défense nationale.

Le budget 2025 a alloué 183 millions sur les trois prochaines années pour la mise en place de capacités de lancement spatial souverain, bien que le gouvernement fédéral n’ait donné aucune précision sur ses intentions lors de la publication du budget l’automne dernier.

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Mission Artemis II Les Américains peu excités par les missions lunaires

Demandez aux élus à Washington, ils vous diront que retourner sur la Lune avant que les Chinois n’y parviennent est un impératif national vital.

« Ne vous trompez pas », a prévenu en septembre le sénateur républicain du Texas Ted Cruz, qui préside le Comité sénatorial sur le commerce, les sciences et les transports. « Nous sommes dans une nouvelle course à l’espace avec la Chine. Et si nous échouons, une mauvaise lune se lèvera. »

Mais si vous demandez à l’Américain moyen ce que la NASA devrait faire, l’envoi d’astronautes sur la Lune ne sera pas au sommet de ses priorités. En fait, ce pourrait être près du bas.

Mais pour ce qui est de l’espace, c’est l’opinion des décideurs qui compte.

D’ici quelques jours – mercredi, selon toute vraisemblance –, la NASA prévoit lancer quatre astronautes (trois Américains et un Canadien) vers la Lune pour la première fois en 53 ans.

La mission, Artemis II, est souvent présentée comme faisant partie d’une nouvelle course à l’espace avec la Chine.

En décembre, le président Donald Trump a signé un décret ordonnant le retour des Américains sur la Lune d’ici 2028 et la mise en chantier d’une base lunaire permanente deux ans plus tard.

« Nous y serons, réalisant le potentiel scientifique et économique à la surface lunaire », affirme Jared Isaacman, l’administrateur de la NASA.

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Entrevue avec le PDG d’Airbus au sujet de l’A220

A220 | Un « début de vie difficile », reconnaît le patron d’Airbus

Toujours déficitaire, l’A220 a eu un « début de vie difficile », reconnaît le chef de la direction d’Airbus, Guillaume Faury, mais le programme sort de sa zone de turbulences, même si cela a été plus long que prévu. Reste à voir si la rentabilité se manifestera avant qu’il ne soit trop tard pour l’État québécois.

« Nous sommes en visuel, comme on dit dans l’aviation, de la piste d’atterrissage qui rendra le programme rentable, a affirmé le grand patron du géant européen, mercredi, à l’occasion d’une table ronde à Montréal à laquelle La Presse a participé. C’est vraiment quelques années. »

Est-ce que Québec, qui détient 25 % de l’ancienne C Series, sera en mesure de récupérer une partie de ses billes quand la multinationale française rachètera sa participation dans l’A220, en 2035 ? Pour que ce scénario devienne réalité, les profits devront être au rendez-vous.

Ça augure plutôt mal à l’heure actuelle. Le gouvernement Legault a déjà radié la moitié (environ 400 millions) de son placement restant dans l’aventure et dans les rapports financiers de l’avionneur, l’investissement québécois ne vaut actuellement plus rien – cela pourrait changer si l’avion devient rentable.
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Une opinion plus nuancée dans le Soleil

L’A220 sera rentable «bien avant» que Québec vende sa part, selon le patron d’Airbus

Même si Airbus considère que la valeur comptable de l’A220 est nulle pour l’instant, il devrait être rentable «bien avant» que Québec récupère ses billes, avance le grand patron de l’avionneur français, de passage à Montréal.

Airbus croit pouvoir atteindre le seuil de la rentabilité «dans quelques années» pour l’avion qui est assemblé à Mirabel dans les Laurentides, souligne le PDG d’Airbus, Guillaume Faury, lors d’une entrevue éditoriale à laquelle a participé La Presse Canadienne.

«C’est bien avant la fin de la décennie quand même, 2035, c’est dans très longtemps, répond le dirigeant. On aura un programme qui aura beaucoup évolué d’ici là, j’espère.»

Plus d'informations détaillées

L’ancienne CSeries de Bombardier a connu un décollage difficile. Airbus, qui a repris la balle au bond en 2018, s’était donné l’objectif d’atteindre la rentabilité en 2026 avec une cadence de 14 appareils par mois.

Malgré un carnet de commandes bien garni, le plan de match a toutefois pris du retard avec la pandémie et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

En 2025, Airbus a atteint une cadence de 7,75 avions par mois dans ses usines de Mirabel et de Mobile, en Alabama.

Airbus s’est donné l’objectif d’atteindre une cadence mensuelle de 13 appareils en 2028. M. Faury ne s’avance pas à savoir si ce seuil permettrait d’atteindre la rentabilité.

«Il y a du travail qui est fait pour être capable de faire du break even un peu avant 14 (appareils), mais on sera beaucoup plus tard que prévu à ce niveau de production», explique-t-il.

Les retards de l’A220 mettent à risque l’investissement du gouvernement du Québec, qui détient 25 % du programme. Airbus peut racheter cette participation en 2035. Le prix obtenu sera inévitablement lié au succès du programme.

Sur papier, Airbus considère que la valeur comptable de l’A220 est nulle, selon sa plus récente évaluation, mais ce chiffre pourrait être révisé en cours de route.

Les contribuables québécois ont mis près de 2,1 milliards $ dans l’aventure, en tenant compte des 1,3 milliard $ investis par le gouvernement Couillard, suivis des 800 millions $ injectés par le gouvernement Legault.

En janvier, le gouvernement a toutefois défendu son intervention. Il a affirmé que son investissement permettrait de récolter 3,4 milliards $ en revenus fiscaux de 2023 à 2028.

M. Faury relativise les turbulences que l’A220 a connues. Il cite en exemple le programme de l’A320, une vache à lait pour l’entreprise, qui a fait son premier vol en 1987. «C’est une partie à long terme, plaide-t-il. Il ne faut pas s’arrêter aux difficultés qu’on a à court terme.»

Version rallongée: « pas encore là»

Au sujet de la très attendue version allongée de l’A220, M. Faury a démenti les rumeurs qu’une décision serait annoncée en juillet aux grands rendez-vous de l’industrie à Farnborough, au Royaume-Uni.

«J’ai toujours dit que ce n’était pas une question de “si”, mais de “quand”, répond-il. Nous ne sommes pas au “quand”.»

Cette version rallongée pourrait contenir 180 places, soit plus que les deux versions actuelles d’entre 100 et 160 places.

Airbus devra réinvestir dans l’A220 pour donner naissance au très attendu A220-500. La société serait prête à le faire avec ou sans le gouvernement du Québec, indique M. Faury.

La question semble encore lointaine, selon l’homme d’affaires. «Ce n’est pas à moi de me positionner à leur place (du gouvernement) et on n’est pas encore à ce moment-là», dit-il.

Des opportunités en défense

M. Faury est de passage au Canada afin de visiter l’usine de Mirabel, mais également de discuter avec le gouvernement fédéral afin de mieux comprendre les besoins dans le segment de la défense.

Airbus est bien positionné, selon lui, puisqu’Ottawa veut augmenter ses dépenses militaires, tout en réduisant sa dépendance aux États-Unis.

«Il faut une taille très importante pour être capable de concevoir un avion de chasse, un avion de transport militaire, un hélicoptère tactique, un satellite militaire», énumère-t-il.

À plus long terme, les nouveaux contrats militaires d’Airbus dans la défense au Canada pourraient non seulement servir à l’armée canadienne, mais offrir une plateforme d’exportations.

«On a aujourd’hui beaucoup d’activités industrielles qui servent des chaînes d’assemblage d’appareils Airbus, civils ou militaires, qui, ensuite, sont livrés dans le monde», donne-t-il en exemple.

De nouveaux risques d’approvisionnement

Le conflit en Iran apporte de nouveaux risques pour la chaîne d’approvisionnement, souligne le patron d’Airbus.

Si le blocage du détroit d’Ormuz a fait les manchettes en raison de la flambée des prix du pétrole, cette perturbation a également des effets sur d’autres matières premières, comme l’hélium, qui est utilisé dans les composantes électroniques, ou l’aluminium.

«On n’a pas de problème en ce moment, mais on voit qu’il se passe des choses sur des matières premières qui pourraient potentiellement poser problème.»

La multinationale discute avec ses fournisseurs afin d’anticiper les perturbations potentielles. Elle a «bien identifié» les matières à risque. «Ce qui n’est pas clair, c’est la suite du conflit.»

Les astronautes sont en route pour la Lune

Après 24 h de tests, les astronautes d’Artemis II ont finalement mis le cap pour la Lune. À 19 h 51, le moteur de la capsule Integrity s’est allumé pour le voyage qui les amènera autour de la Lune, à 250 000 km de la Terre.

« L’équipage va très bien, on est en route pour la Lune », a dit le Canadien Jeremy Hansen aux contrôleurs spatiaux à Houston. « On a bien senti la puissance (du moteur). L’humanité a encore une fois montré ce dont elle est capable. Notre espoir pour l’avenir nous soutient dans ce voyage autour de la Lune. »

C’est la première fois depuis 1972 que des astronautes s’approchent de la Lune. La NASA vise un alunissage habité en 2028 avec Artemis IV. La Chine est dans la course avec un alunissage prévu en 2030.

Manchette La Presse

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L’entreprise CAE supprime environ 280 postes, dont 180 à Montréal. Le fabricant québécois de simulateurs de vols indique que cela représente environ 2 % de ses effectifs mondiaux.

L’entreprise, dont le siège social est situé dans l’arrondissement de Saint-Laurent, affirme qu’elle prend ces mesures décisives pour faire progresser notre transformation déjà annoncée et pour s’adapter aux conditions actuelles du marché.

En mars, l’entreprise avait annoncé qu’elle recentrait ses activités autour des secteurs de la défense et de la sécurité, qui comptent pour 42 % de son chiffre d’affaires. Selon elle, ces secteurs sont les mieux positionnés pour assurer une croissance à long terme.

Lors du dévoilement de résultats financiers mitigés en février dernier, CAE avait indiqué qu’elle poursuivait l’optimisation du réseau de formation du secteur civil, qui comprend une réduction des dépenses d’investissement.
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Airbus s’estime bien placé pour tirer parti de la nouvelle stratégie de défense d’Ottawa

Le p.-d.g. de la branche canadienne d’Airbus, Guillaume Chevasson, a répondu aux questions du Devoir en marge d’un événement organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Le dirigeant nous a notamment fait part de sa vision stratégique en matière de défense et en ce qui a trait au contexte que présente la nouvelle approche du fédéral.

En novembre, le grand patron des activités spatiales et de défense d’Airbus, Jean-Brice Dumont, affirmait au Devoir que l’avionneur voulait profiter des nouvelles ambitions militaires du Canada. Comment Airbus peut-il y parvenir ?

La première chose qu’il nous faut, évidemment, c’est une vision stratégique. Pour être capables d’arriver à développer sur le long terme une base industrielle aussi complexe que des matériels militaires, on a besoin de perspectives, on a besoin d’une direction. C’est ce que le gouvernement nous a donné récemment avec cette feuille de route stratégique sur la défense. Une fois qu’on a cette vision, c’est au gouvernement de nous dire comment il veut y parvenir.
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Dans le cadre de sa stratégie destinée à convaincre le Canada d’acheter des avions de chasse Gripen-E, Saab a proposé d’établir un centre de données sécurisé et souverain à Montréal pour héberger des données et des renseignements critiques et ultrasecrets relatifs aux missions, a appris CBC News.

Cette entreprise présente cela comme un avantage unique dans la bataille destinée à convaincre le gouvernement Carney de limiter l’achat de F-35 de construction américaine, dont toutes les données de vol et de mission sont stockées dans un centre Lockheed Martin à Fort Worth, au Texas.

Le centre de données Saab, s’il est construit, « hébergera tous les travaux relatifs au système de mission des chasseurs », a confirmé Sierra Fullerton, porte-parole de Saab, dans une déclaration à CBC News.

Le personnel du centre serait composé de Canadiens possédant une « habilitation de sécurité Canada–États-Unis », vraisemblablement pour traiter des données relatives à la défense de l’Amérique du Nord par l’intermédiaire du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD).
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Dans la Presse

Aérospatiale | Construire l’avion de demain

Quelle que soit leur apparence, les avions de demain seront construits différemment. Alors que Montréal accueille le Forum innovation aérospatiale international lundi et mardi, l’industrie aérospatiale d’ici est déjà tournée vers la transformation des processus de production. C’est le cas à Mirabel, où Airbus ambitionne de produire deux fois plus d’A220 par année en s’appuyant sur la recherche permanente d’innovations.

Sur ses chaînes de montage à Mirabel et à Mobile (Alabama), Airbus s’appuie sur l’écosystème aérospatial québécois pour relever le défi du doublement des cadences de production de l’A220, un travail qui transforme la façon de construire les avions.

Alors que l’avionneur sortait 75 exemplaires en 2024, il est parvenu à en construire 93 l’année suivante, et il ambitionne d’atteindre d’ici 2028 un rythme de 13 avions par mois, soit plus de 150 exemplaires sur l’année.

Cela correspond à un doublement de la production en quatre ans. « Tout cela se fait avec les mêmes lignes de production, donc nous devons réduire le temps de chaque cycle afin d’aller plus vite », souligne Vincent Courtois, chef de l’ingénierie manufacturière pour l’A220 chez Airbus.
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Dans la Presse

Aérospatiale | Des drones aux intérêts 100 % canadiens

La PME montréalaise ARA Robotique conçoit et produit des drones depuis le début des années 2020. Sa stratégie d’intégration verticale lui confère un contrôle sécurisé de sa chaîne de production et la confiance des Forces armées canadiennes.

En 2014, trois étudiants de l’École de technologie supérieure (ETS) déposent un projet entrepreneurial auprès de l’incubateur technologique Centech pour créer ARA (Autonomous Robotic Aviation) Robotique.

« On participait à des compétitions aux États-Unis et au Canada dans le domaine des drones. On connaissait très bien le contexte aérospatial de l’époque pour y avoir travaillé », affirme Pascal Chiva-Bernard, PDG et cofondateur de l’entreprise.
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ARA Robotique en bref

Fondation : 2014
Dirigeant : Pascal Chiva-Bernard, PDG
Activité : fabrication de drones
Emplacement : Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal
Employés : 40

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