Des États américains, qui accusent Meta d’avoir conçu Facebook et Instagram pour rendre les mineurs dépendants, devraient réclamer environ 200 milliards de dollars au géant des réseaux sociaux, dont le procès doit entrer dans le vif mardi prochain à Oakland, près de San Francisco.
Un chiffre de pénalités autrement vertigineux planait jusqu’ici sur l’affaire : 1400 milliards de dollars, soit quasiment la capitalisation totale de Meta en Bourse, qui avoisine les 1500 milliards.
C’est Meta elle-même qui a mis ce total sur la table : dans un document judiciaire en juillet, le groupe a additionné les plafonds théoriques que permet la méthode de calcul des États – chaque mineur touché comptant comme une violation distincte –, dénonçant une potentielle sanction sans équivalent dans l’histoire de la protection des consommateurs.
Nous n’avons pas formulé de demande de 1400 milliards de dollars, a rétorqué jeudi une avocate des États lors d’une audience procédurale, accusant Meta d’avoir produit ce calcul théorique pour créer la stupeur. Les États réclameront plutôt quelque 193 milliards, a-t-elle précisé, même si le chiffrage final n’est pas encore officiel.
Lors du procès, prévu jusqu’à fin septembre, les procureurs généraux de la Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey tenteront de prouver, devant un jury fédéral, que Meta a violé plusieurs lois américaines protégeant la sécurité et la vie privée des enfants en ligne.
En cas de défaite, Mark Zuckerberg, attendu comme témoin, et son groupe s’exposent, au-delà de l’amende, à devoir modifier leurs deux applications phares.
Huit citoyens ont été sélectionnés mercredi pour former un jury consultatif, et c’est la juge Yvonne Gonzalez Rogers qui aura, seule, le dernier mot.
Lanceur d’alerte
Meta demandait par ailleurs d’interdire la venue d’un ancien salarié, Arturo Bejar, qu’elle accuse d’avoir détruit des preuves.
Je ne vais pas l’exclure des témoignages, a déclaré la juge.
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