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Nouvelle mairesse, nouveaux espoirs des promoteurs
Avec une nouvelle administration municipale en place à Montréal depuis l’automne dernier, les promoteurs immobiliers disent déjà sentir un changement d’approche à l’hôtel de ville : plus d’ouverture, un meilleur dialogue et une volonté affichée de stimuler la construction. Reste à voir si cette embellie politique se traduira concrètement sur le terrain.
L’Institut de développement urbain du Québec (IDU), qui représente l’industrie immobilière commerciale, organise chaque hiver un cocktail de réseautage qui réunit les gens de ce secteur d’affaires. Depuis plusieurs années, l’IDU invitait la mairesse de Montréal à son évènement, sans jamais réussir à la convaincre d’y participer, rapporte l’organisation.
Or, cette année, la nouvelle mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a accepté l’invitation de l’IDU. Un petit geste qui marque un grand changement dans la relation entre la Ville et l’industrie.

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La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada
« Elle est venue prononcer un discours devant 350 personnes pour nous présenter sa vision et nous dire comment nous pouvons faire partie de la solution », raconte Isabelle Melançon, présidente-directrice générale de l’IDU. « C’est très positif. »
Pour la PDG, il ne fait donc aucun doute que l’ouverture au dialogue s’est améliorée depuis les dernières élections. Selon elle, bien des gens dans l’industrie l’ont remarqué, et beaucoup l’apprécient. Mieux encore, cette amélioration ne s’est pas fait sentir uniquement à la tête de l’administration.
Un changement plus large
L’amélioration du dialogue s’est fait sentir au sommet avec les figures importantes de l’administration, explique Isabelle Melançon. Elle mentionne notamment la mairesse, le président du comité exécutif, Claude Pinard, et la responsable de l’habitation et de l’urbanisme au comité exécutif, Caroline Braun. Mais dans l’appareil municipal plus largement, l’esprit de collaboration semble avoir également percolé.

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Isabelle Melançon, présidente-directrice générale de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU)
On le sent aussi dans la machine. Les fonctionnaires nous parlent maintenant davantage et sont plus à même de nous expliquer vers où s’en va l’administration. On a un dialogue qui est formidable.
Isabelle Melançon, PDG de l’IDU
Du côté du promoteur Rachel Julien, la vice-présidente et directrice générale Mélanie Robitaille observe elle aussi un changement de ton. À l’instar d’Isabelle Melançon, elle se réjouit de voir la nouvelle administration ouvrir la porte à une révision du Règlement pour une métropole mixte.
L’enjeu principal de ce règlement, selon elle, est qu’il fait soutenir le coût financier du logement social uniquement par les locataires et les acheteurs d’appartements neufs, pour qui les prix sont majorés en conséquence. « La mixité sociale, on y croit sincèrement, dit Mélanie Robitaille. Il faut juste que l’on trouve une manière de répartir plus largement les coûts du logement social et abordable. »
Si elle avait un seul objectif à fixer à l’administration Martinez Ferrada, ce serait celui-là : trouver une manière de faire du logement social une responsabilité financière sociétale plus large.
Encore les délais
Parmi les autres enjeux qui continuent de préoccuper l’industrie, les délais se placent au sommet de la liste. Pour l’IDU, voir Caroline Braun parler d’efficacité est une source d’espoir. Pour Mélanie Robitaille, il reste toutefois beaucoup à accomplir sur ce plan malgré la prise de conscience qui avait été amorcée par l’administration précédente.

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Mélanie Robitaille, vice-présidente et directrice générale du promoteur Rachel Julien
Pour construire, on doit obtenir un paquet de permis. Les délais d’obtention doivent s’améliorer pour l’ensemble d’entre eux. Il faut aussi qu’on ait une meilleure prévisibilité, qu’on puisse raisonnablement savoir à quoi s’attendre. Idem pour les changements de zonage.
Mélanie Robitaille, vice-présidente et directrice générale du promoteur Rachel Julien
Pour l’instant, la directrice générale perçoit un désir de changer les choses à la tête de la Ville, mais elle insiste : « Il faut vraiment, vraiment aller au bout de cette volonté. »
Discussions et densité
Pour Mélanie Robitaille, la nouvelle administration devra travailler sur deux points supplémentaires. D’abord, elle doit trouver une manière de se positionner comme partenaire des grands projets immobiliers.
« Quand on développe un site, les arrondissements ont souvent réfléchi à ce qu’ils voudraient voir comme projet depuis longtemps. Nous, on peut et on veut s’inscrire dans cette réflexion-là, mais pour ça, il doit y avoir des discussions. »
Selon elle, certains arrondissements le font mieux. Elle mentionne en exemple Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, où est en train de naître son projet Canoë. « Ils voulaient faire du développement responsable, alors on a joué le jeu. On y retrouve notamment une épicerie, un café, un CPE, une diagonale piétonne, une salle communautaire et un atelier d’artistes. »
Le dialogue n’est toutefois pas aussi facile dans tous les arrondissements. La directrice générale aimerait donc voir les quartiers moins performants s’inspirer des bons exemples dans toute la ville, comme celui de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.
Enfin, la question de la densité est un autre défi que Mélanie Robitaille aimerait voir relever la nouvelle administration. « Une meilleure densification aux abords des projets ou des stations de transport structurant, ce n’est pas “si”. Il faut que ça se fasse. »