Immobilier résidentiel - Actualités

Rembourser les droits de mutation aux premiers acheteurs, une fausse bonne idée? | Le Devoir

« À quelque part, c’est du gaspillage de fonds publics, il n’y a aucun doute là-dessus », affirme Jean-Philippe Meloche, professeur d’économie urbaine et de finances publiques locales à l’Université de Montréal, qui rappelle que nous sommes en année électorale dans la province. « Ça ne cible pas des gens qui en ont nécessairement besoin. »

Le professeur au Département de finance, assurance et immobilier de l’Université Laval François Des Rosiers se questionne quant à lui sur l’aspect rétroactif de la mesure. « Ceux qui avaient déjà acheté avaient les moyens de le faire, puisqu’ils ont déjà acheté. Est-ce que c’est vraiment nécessaire de leur rembourser [les droits de mutation] ? »

« Autodétruire » son rabais

Il est loin d’être certain que le remboursement de la « taxe de bienvenue » améliore l’accessibilité à la propriété. « Pour les premiers acheteurs, oui, c’est un coup de pouce, mais je ne pense pas que ça va renverser une décision entre acheter ou ne pas acheter », croit M. Meloche.

La dynamique de marché pourrait même faire que les premiers acheteurs « autodétruisent leur rabais », explique-t-il. C’est qu’en accordant un crédit de 5000 $, par exemple, l’acheteur se retrouve avec 5000 $ de plus, qu’il peut utiliser pour surenchérir afin de mettre la main sur une propriété. Ainsi, le crédit se traduirait plutôt par une hausse du prix d’achat, sans bénéfice net pour les acheteurs.

« C’est fait pour soulager les premiers acheteurs, mais ce faisant, ça stimule la demande, résume François Des Rosiers. Ça risque de faire augmenter les prix, mais je ne peux pas vous dire dans quelle mesure. »

3 Likes

Ça ressemble étrangement à ce qui se passe avec la suppression de la taxe d’accise sur le carburant. Ce sont finalement les pétrolières qui vont plus en profiter.

3 Likes

3 articles
Immobilier Condopocalypse à Toronto

Après un pic atteint en 2022, les prix de l’immobilier à Toronto sont en baisse de 26 %. Et les condos valent moins cher qu’avant la pandémie. Pour des milliers de propriétaires pris à la gorge, il n’y a pas de solution. Un dossier de Nicolas Bérubé

« Les gens sont pris »

(Toronto) Chaque nuit, vers 3 h, David se réveille en sueur. Ses pulsations cardiaques s’emballent. Il n’arrive pas à se rendormir*.

« C’est le stress », dit-il.

Une date est à l’origine de cette anxiété : le 24 juillet 2027.

Ce jour-là, dans un peu plus d’un an, le père de famille de Toronto doit prendre possession des deux condos qu’il a achetés sur plan en 2018, et dont la construction avait été reportée plusieurs fois depuis la pandémie.

« C’est le stress », dit-il.

Une date est à l’origine de cette anxiété : le 24 juillet 2027.

Ce jour-là, dans un peu plus d’un an, le père de famille de Toronto doit prendre possession des deux condos qu’il a achetés sur plan en 2018, et dont la construction avait été reportée plusieurs fois depuis la pandémie.

« On est dans un krach, et le marché est mort – il n’y a pas d’autres termes », dit-il.

(…)

Est-ce le temps des aubaines ?

Les acheteurs potentiels aujourd’hui à Toronto peuvent-ils tirer parti des prix déprimés ?

Pour l’expert en hypothèque Ron Butler, il est trop tôt pour voir des aubaines.

« Les prix ont beaucoup chuté, dit-il en entrevue. Mais je ne pense pas que ça soit fini. »

En mars, High Art Capital, une firme privée d’immobilier, en partenariat avec le Fonds ontarien pour la construction, a lancé un fonds de 1,3 milliard destiné à acheter des condos que les promoteurs n’arrivent pas à vendre, avec l’intention d’en faire du logement abordable.

« Souvent, ils paient 700 $ ou 800 $ le pied carré, car les promoteurs sont contents de sortir de ces projets en sauvant leur peau. Mais pendant ce temps, des tours équivalentes de l’autre côté de la rue vendent des appartements à 1300 $ ou à 1400 $ le pied carré. Donc si vous payez 1300 $ ou 1400 $, vous ne faites pas une bonne affaire. »

M. Butler note aussi que les condos à vendre sont souvent minuscules, parfois avec une superficie de 500 pieds carrés, voire moins.

Durant la frénésie, ce n’était pas grave, car les acheteurs ne prévoyaient pas d’habiter là. Mais aujourd’hui, il faut trouver des acheteurs ou des locataires qui vont vouloir vivre là. Ce n’est pas facile. Vous ne pouvez pas élever une famille dans 500 pieds carrés.

Ron Butler, expert en hypothèque

(…)

Et au Québec ?

Au Québec, l’immobilier n’est pas dans un marché baissier comme en Ontario. Tous types de propriétés confondus, la valeur des habitations atteignait 547 800 $ en février. Pour les condos, la valeur moyenne est de 424 000 $ dans la province, et de 446 300 $ dans le Grand Montréal, un record.

Stéphane Côté, conseiller auprès de promoteurs privés et institutionnels et expert en immobilier depuis 30 ans, signale que Montréal n’a pas suivi le même chemin que Toronto ces dernières années.

« Historiquement, à Montréal, on a été plus vers les projets locatifs. Ça donne un marché où il y a moins de gens qui achètent dans le but de revendre l’unité plus tard sans même l’habiter. »

Il note que les mises en chantier sont relativement stables au Québec, tandis qu’elles se sont effondrées à des niveaux record en Ontario.

« On voit qu’il y a un intérêt pour la banlieue de Montréal, où les unités sont plus abordables. Au centre-ville de Montréal, surtout pour le condo neuf, le marché est plus à l’avantage des acheteurs. Mais ailleurs, à NDG ou Outremont, par exemple, c’est un marché de vendeurs, avec des unités qui partent rapidement. »

Vincent Shirley, fondateur et président de Flow développement urbain, remarque la même tendance.

On n’est pas du tout dans l’effondrement comme à Toronto. On n’a pas construit de façon extrême, et on n’est pas pris avec un inventaire extrême comme à Toronto.

Vincent Shirley, fondateur et président de Flow développement urbain

Il note que les constructions de condos au centre-ville de Montréal ont vécu une certaine frénésie dans les années 2010. « Mais depuis, il ne se construit quasiment pas de condos », dit-il.

M. Shirley croit que l’arrivée de la nouvelle administration à l’hôtel de ville va redonner un souffle à la construction résidentielle. « La mairesse a dit qu’elle voulait voir des grues à nouveau à Montréal. Depuis la pandémie, l’activité est surtout dans les banlieues, mais je ne serais pas surpris de voir un retour progressif vers Montréal. »

La crise immobilière n’affecte pas que Toronto : à l’échelle du Canada, les prix des maisons sont en baisse de 20 % depuis leur sommet de février 2022, selon l’Association canadienne de l’immobilier (ACI). Le Canada vit actuellement la baisse de l’immobilier la plus prononcée des pays développés, selon la Banque des règlements internationaux.

5 Likes

Texte du Devoir sur une proposition de Québec Solidaire

L’idée d’éliminer les offres à l’aveugle proposée par Québec solidaire (QS) risque de ne pas mettre fin à la hausse du prix des propriétés, préviennent des spécialistes consultés par Le Devoir. La mesure aurait toutefois l’avantage d’accroître la transparence dans le processus d’achat.

« Acheter une maison, c’est la plus grosse transaction d’une vie. C’est une décision qui devrait être prise avec toute l’information disponible, sans pression inutile qui tire les prix vers le haut », a déclaré la co-porte-parole de QS, Ruba Ghazal, la semaine dernière. Elle a dit vouloir « remettre de la transparence et de l’équité » dans le marché immobilier.

« Le système actuel d’enchères à l’aveugle fait en sorte que les gens doivent prendre une décision, et ils ne sont pas capables d’avoir toute l’information [nécessaire] », explique Daren King, économiste principal à la Banque Nationale et spécialiste du marché immobilier. « Le vrai avantage de rendre les offres publiques, c’est vraiment de protéger les acheteurs, de prendre une décision en connaissance de cause. »

« Ça permettrait d’augmenter la transparence dans le marché [du courtage immobilier] », pense aussi Yaya Baumann, chercheur associé à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.

Les deux experts évoquent des histoires de fausses offres présentées par des courtiers peu scrupuleux pour faire monter les enchères — une pratique interdite — qui resurgissent périodiquement dans les médias.
[…]

1 Like

Dans la Presse, une proposition de la CAQ

Accès à la propriété | Québec veut des quartiers de « maisons mobiles 4.0 »

Pour s’attaquer à la pénurie de logements abordables et favoriser l’accès à la propriété, le ministre des Affaires municipales, Samuel Poulin, veut multiplier la construction de nouveaux quartiers destinés aux premiers acheteurs et composés de maisons unifamiliales préfabriquées de type plain-pied.

En entrevue avec La Presse dans son nouveau cabinet au cœur du Vieux-Québec, le plus jeune ministre du gouvernement Fréchette, qui a 35 ans, déplore être d’une génération « qui n’a pas les mêmes outils » que celles qui l’ont précédée pour acheter une première maison.

Dans les prochaines semaines, et malgré le peu de temps qu’il lui reste avant les élections, il entend modifier des programmes finançant la construction d’aqueducs et d’égouts pour majorer la contribution gouvernementale aux villes qui s’allient à des promoteurs pour construire des quartiers selon sa nouvelle vision.

Pour qu’un nouvel ensemble résidentiel soit conforme, la valeur d’une maison devrait être de 350 000 $ ou moins, estime le ministre, ou bien inférieure au prix médian de la région pour une construction neuve.

Le ministre précise que les municipalités seront entièrement libres d’adhérer ou non à ce type de développement. Des villes en périphérie de la métropole, situées dans Lanaudière ou dans les Laurentides, ou bien en Beauce et en Chaudière-Appalaches, où M. Poulin est député, lèveront la main, selon lui.
[…]

Ça sent l’étalement urbain à plein nez

16 Likes

La CAQ devrait privilégier les multilogements modulaires comme ce projet

ou ceci

7 Likes

Ouais, on repousse les familles qui veulent accéder à la propriété à la périphérie extrême des régions métropolitaines, loin des services ou des options de transport pour toute la famille. Dans des développements visiblement très peu denses.

9 Likes

Puis au final ça ne sera pas abordable, car la famille va devoir avoir 2 chars…

5 Likes

En prime, on détourne des fonds destinés à du développement d’infrastructures pour du logement à plus haute densité, ce sera les mêmes enveloppes pour construire de la plus faible densité.

Au moment où on semble réaliser d’un côté qu’on ne peut pas construire de nouvelles infrastructures sans s’occuper de l’existant, la main gauche travaille contre la main droite.

5 Likes

C’est cool pour son électorat mais ça n’aura aucun impact sur la crise du logement, voire ça peut avoir l’effet inverse par le détournement de fond tel que le précise @vincemtl

1 Like

C’est complètement contre-productif… Étalement urbain (où est l’UPA?), besoin de créer de nouvelles infrastructures (routes, hydro et égouts) alors qu’on peine à maintenir l’inventaire actuel et cerise sur le gâteau, on accentue encore plus la dépendance à l’automobile parce que ces nouveaux quartiers excentrés seront d’autant plus difficiles à desservir par du TeC.

C’est épuisant de voir autant de mauvaises décisions dont les conséquences se feront sentir sur plusieurs décennies.

3 Likes

Si seulement les politiciens écoutaient les experts… ça n’a aucun sens de faire ce genre de développement. Ça contredit tous les principes de planification urbaine modernes en plus du fait que ça va creuser toujours plus un déficit, car les villes subventionnent les banlieues. Il n’y a rien de durable là dedans.

1 Like

Texte de la Presse canadienne publié par la Presse

Les ventes chutent de 7 % en avril dans la région de Montréal

Les ventes de propriétés dans la région de Montréal ont reculé de 7 % d’une année à l’autre en avril, les acheteurs continuant de faire preuve d’une « certaine prudence ».

L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) indique que 4744 propriétés résidentielles ont changé de mains au cours du mois dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, contre 5102 en avril 2025.
[…]

Ne regarde pas Google maps, tu vas être déçu :joy:

Ah je sais bien qu’on fait que s’étaler, c’est justement le temps de changer ça, mais on dirait que nos politiciens vont creuser notre tombe toujours plus profondément…

Le maire de Laval Stéphane Boyer en entrevue au 15-18 a justement commenté sur la mesure proposée par le nouveau ministre Samuel Poulin.

1 Like

Secteur métro Cartier: 5 propriétés menacées d’expropriation

Les propriétaires de cinq maisons bordant la rue d’Orly, à un jet de pierre du métro Cartier, ont eu la mauvaise surprise d’apprendre le mois dernier que leur propriété était visée par un avis d’imposition de réserve au registre foncier du Québec.

Conformément à la Loi concernant l’expropriation, la Ville de Laval a décrété l’imposition d’un tel avis aux fins de réserve foncière et d’infrastructures municipales sur les résidences situées au 19, 17, 15, 11 et 9, rue d’Orly.

Ainsi, pour une période maximale de quatre ans, il sera strictement interdit à leurs propriétaires de procéder à des travaux de construction ou d’amélioration locative. Seules les réparations jugées nécessaires à l’entretien des immeubles seront autorisées.

Il s’agit de l’îlot délimité par les rues d’Orly, Labelle, du Pont-Viau et le boulevard des Laurentides, considéré comme «un emplacement stratégique pour la consolidation urbaine» de ce secteur en plein redéveloppement.

Incidemment, ces dernières années, l’administration municipale y a effectué plusieurs acquisitions dans le cadre de la revitalisation du secteur du Programme particulier d’urbanisme (PPU) Cartier. […]

2 Likes

Assez particulier comme réserve foncière, surtout qu’il y a plein de terrains vagues autours de ces maisons

Justement c’est pour ça, j’imagine histoire de créer un ensemble cohérent et ouvrir la voie au développement des terrains vagues, sans contraintes liés à un petit lot.