Réglementation en construction/ Des milliards payés par les locataires et propriétaires
« C’est comme s’il y avait un plat de bonbons au milieu de la table et que tout le monde disait qu’il n’allait en prendre qu’un. Mais au final, tout le monde se sert. Et ceux qui paient les bonbons, ce sont les propriétaires et les locataires. »
C’est ainsi que la présidente de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU), Isabelle Melançon, résume l’état de la réglementation dans le domaine de la construction immobilière dans la province.
De 1,8 à 3,6 milliards. C’est la somme déboursée l’an dernier par les promoteurs québécois pour se conformer aux différentes normes afin de construire les quelque 60 000 nouveaux logements de la province, selon une enquête aux conclusions fracassantes menée par une association qui les représente. Une facture répercutée sur les acheteurs et les locataires.
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L’exemple des frais de parc
« Est-ce que ça prend des parcs ? Oui, bien sûr. Mais est-ce normal que ce soit payé seulement par les nouveaux citoyens ? », se questionne Isabelle Melançon.
Un constat tiré d’une enquête menée par son organisation qui s’est attardée précisément à l’impact des exigences fiscales, réglementaires, techniques et administratives et des nombreuses redevances maintenant imposées par les municipalités aux promoteurs de nouveaux projets immobiliers.
Une table pour les rassembler tous
« Si on ne fait rien aujourd’hui, c’est la capacité de continuer à bâtir qui va être mise à dure épreuve, estime Isabelle Melançon. Il faut qu’on se donne une discipline économique lorsque l’on se donne de nouveaux règlements. »
L’ancienne ministre se garde bien de jeter la pierre aux municipalités, qui, souvent, manquent d’argent pour entretenir leurs infrastructures.
Elle appelle plutôt à la création d’une « table permanente » formée d’intervenants gouvernementaux, mais aussi de représentants du monde municipal. Sa tâche serait d’assurer une vue d’ensemble de la réglementation en vigueur et de rappeler à l’ordre les acteurs concernés.
En mai dernier, l’IDU était sortie publiquement pour dénoncer l’entrée en vigueur imminente d’une nouvelle mouture plus stricte du Code de la construction qui, selon l’organisme, aurait eu comme effet de hausser considérablement la facture des projets immobiliers à venir.
Le ministre du Travail, Jean Boulet, avait finalement décidé de la reporter d’un an.