Immobilier résidentiel - Actualités

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La valeur des immeubles bondit de 32,4 % sur l’île de Montréal


Valérian Mazataud Archives, Le Devoir
La valeur des unifamiliales sur l’île de Montréal a grimpé de 38,6 %, contre 30,7 % pour les condominiums.

Jeanne Corriveau
12 h 27
Montréal

L’effervescence immobilière des dernières années a fait bondir la valeur des immeubles dans la métropole. Le rôle d’évaluation foncière de l’agglomération de Montréal déposé mercredi par la Ville de Montréal pour les trois prochaines années fait état d’une hausse moyenne de 32,4 %. Pour le secteur résidentiel, cette augmentation atteint 35,5 %.

Il s’agit d’un bond important par rapport au rôle précédent pour les années 2020, 2021 et 2022 alors que la valeur des immeubles sur le territoire de l’agglomération de Montréal avait augmenté de 13,7 %. Mais ce type d’augmentation n’est pas inédit puisqu’en 2007, les valeurs des immeubles avaient grimpé de 38,6 %.

Ce sont les immeubles résidentiels de cinq logements ou moins qui ont connu la plus forte progression de leur valeur, avec une croissance de 35,6 %, tandis que pour les immeubles de six logements et plus, la hausse est de 35,1 %. Pour leur part, la valeur des unifamiliales a grimpé de 38,6 %, contre de 30,7 % pour les condominiums. La valeur moyenne des unifamiliales sur l’île de Montréal atteint 840 000 $, et celle des condos 492 400 $.

Les immeubles non résidentiels affichent de leur côté une augmentation moyenne de valeur de 25,7 %. On note cependant une très forte hausse pour les immeubles industriels, soit 60,5 %. En revanche, plusieurs catégories d’immeubles non résidentiels très touchés par le ralentissement de leurs activités en raison de la pandémie ont connu une augmentation inférieure à la moyenne.

Parmi les 15 villes liées, ce sont dans les villes de Montréal-Est (52,5 %), Senneville (45,9 %) et Dollard-des-Ormeaux (45,1 %) où les augmentations sont les plus importantes. Des 19 arrondissements montréalais, ce sont dans Lachine (42,6 %), Pierrefonds-Roxboro (40,8 %) et Saint-Laurent (39 %) où les hausses sont les plus salées. En revanche, l’arrondissement de Ville-Marie se démarque avec une augmentation plus modeste de 15,7 %.

D’importantes hausses de taxes à venir ?

Révisé tous les trois ans, le rôle foncier sert de référence au calcul des taxes scolaires et municipales. Il se base sur les données du marché immobilier au 1er juillet 2021. À cette date, quelque 33 700 transactions avaient été enregistrées sur l’île de Montréal.

Les hausses de valeur n’entraînent pas nécessairement une augmentation des taxes du même ordre, puisque le rôle pourrait être étalé sur trois ans et la Ville ajuste à la baisse son taux de taxation.

Ainsi, pour le budget 2022 de la Ville, l’administration Plante-Ollivier avait limité les hausses moyennes de taxes du secteur résidentiel à 2 % pour les contribuables montréalais. Reste que les propriétaires dont la résidence vaut plus que la moyenne peuvent s’attendre à devoir assumer une hausse de taxes plus importantes.

Pour l’instant, la présidente du comité exécutif, Dominique Ollivier, refuse de s’engager au sujet des hausses de taxes qui seront imposées aux Montréalais lors du dépôt du budget 2023, en décembre.

En campagne électorale, Projet Montréal s’était engagé à ne pas hausser les taxes foncières au-delà de l’inflation, mais le taux d’inflation frise maintenant les 8 %.

« On va toujours avoir en tête de respecter la capacité de payer des Montréalais et des Montréalaises et que Montréal demeure une ville abordable », a soutenu Mme Ollivier. « Clairement, on n’ira pas à 8 %. En tout cas, je serais très surprise qu’on aille à 8 % ou à ces niveaux-là. » L’élue insiste cependant pour dire que la Ville devra trouver d’autres sources de financement car, à l’heure actuelle, elle est trop dépendante des taxes foncières.

De son côté, le chef de l’opposition, Aref Salem, estime que la hausse spectaculaire des valeurs foncières est susceptible de créer de l’anxiété chez les familles et les aînés en particulier. Selon lui, l’administration Plante-Ollivier aurait dû se prononcer sur les hausses de taxes à venir pour les Montréalais. « Je pense qu’on devrait être à plus ou moins 3 %. Je pense que c’est dans la capacité de la Ville », a-t-il dit.

En janvier dernier, à l’occasion d’une séance de la Commission des finances, le directeur du Service de l’évaluation foncière, Bernard Côté, avait prévenu les Montréalais qu’ils devaient s’attendre à des hausses importantes de l’ordre de 30 % compte tenu des tendances observées dans le marché immobilier.

Le nouveau rôle foncier entrera en vigueur le 1er janvier 2023 et il peut être consulté en ligne sur le site Internet de la Ville.

Le parc immobilier de l’île de Montréal compte près de 503 000 unités d’évaluation et leur valeur totale atteint 526,3 milliards de dollars.

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Nouveau rôle d’évaluation de Montréal | La plus forte hausse des valeurs depuis 2007


PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
La valeur des immeubles de la catégorie résidentielle augmente de 35,5 %, tandis que celle du secteur non résidentiel s’accroît de 23 %. La valeur des terrains vacants bondit de 42,8 %.

Les valeurs foncières augmentent de 32,4 % sur l’île de Montréal avec le dépôt du nouveau rôle d‘évaluation municipale qui entre en vigueur le 1er janvier prochain.

Publié à 11h00
André Dubuc
LA PRESSE

Il faut remonter au rôle de 2007 pour connaître une hausse de valeur de cette ampleur. À l’époque, la hausse avait été de 38,6 %.

Le rôle couvre les 19 arrondissements de la Ville de Montréal, ainsi que les 15 autres villes liées.

Les valeurs au rôle reflètent la valeur marchande des propriétés à la date de référence au 1er juillet 2021. Les variations de valeurs entre le nouveau rôle et le précédent indiquent l’évolution du marché entre le 1er juillet 2018 et le 1er juillet 2021.

La valeur totale des 502 789 immeubles inscrits aux rôles 2023-2024-2025 de l’agglomération de Montréal atteint 526,3 milliards, en hausse de 141,8 milliards par rapport au précédent rôle.

La valeur des immeubles de la catégorie résidentielle augmente de 35,5 %, tandis que celle du secteur non résidentiel s’accroît de 23 %. La valeur des terrains vacants bondit de 42,8 %.

La valeur des maisons gagne 38,6 %, soit la plus forte progression dans le secteur résidentiel. La variation des valeurs des copropriétés divises (condos) s’élève à 30,7 %.

Dans le secteur non résidentiel, les écarts sont importants entre les sous-catégories. L’industriel s’apprécie de 60,5 %, tandis que les bureaux n’augmentent que de 6,5 %. Les centres commerciaux voient leur valeur diminuer de 2,1 %. Les hôtels souffrent également.

L’impact du nouveau rôle sur le compte de taxes des propriétaires sera connu avec le dépôt du budget 2023 des villes concernées plus tard cette année.

Les propriétaires peuvent consulter la nouvelle valeur de leur immeuble sur montreal.ca.

Plus de détails à venir.

EN SAVOIR PLUS

840 000 $
valeur moyenne d’une résidence familiale dans l’agglomération de Montréal

SERVICE D’ÉVALUATION DE LA VILLE DE MONTRÉAL

492 400 $
valeur moyenne d’un appartement en copropriété divise dans l’agglomération de Montréal

SERVICE D’ÉVALUATION DE LA VILLE DE MONTRÉAL

Unfortunately, the evaluation was done in 2020-2021 at the height of the real estate craziness when people were payings tens of thousands over asking price…

Ajout : Je viens de regarder le rôle foncier (le système est encore très lent) pour mon condo, c’est + 32% :flushed:
la maison semi-détachée de mes parents dans RDP = + 42 %

Recensement de 2021 | Le taux de propriété recule au Québec


PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
En 2011, le taux de propriété avait atteint un sommet historique de 69,0 %, mais il avait chuté à 66,5 % en 2021.

Le pourcentage de ménages québécois propriétaires de leur logement, déjà le plus bas parmi les provinces canadiennes, recule pour la première fois.

Mis à jour hier à 22h34
André Dubuc
LA PRESSE

Moins de six Québécois sur dix étaient propriétaires de leur logement en 2021. Le taux de propriété est passé de 61,3 %, en 2016, à 59,9 % cinq ans plus tard. Il faut remonter à 2001 pour trouver un taux de propriété inférieur à 60 % au Québec.

Dans l’ensemble du Canada, la proportion de propriétaires s’érode également. Elle s’établit néanmoins à 66,5 % en 2021, soit 6,6 points de pourcentage de plus qu’au Québec.

Les chiffres sont tirés du recensement de 2021 et ils ont fait l’objet d’une analyse par Statistique Canada mercredi.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas la hausse des prix de l’immobilier qui est le facteur le plus important pour expliquer la perte d’attrait de la propriété. Selon Statistique Canada, les raisons du déclin s’expliquent par l’immigration, le vieillissement de la population et les choix de modes de vie privilégiés par les jeunes Canadiens.

Étonnamment, au chapitre de l’abordabilité, la situation s’est améliorée de façon exceptionnelle en 2021 à la suite de la baisse des taux d’intérêt hypothécaires et des programmes d’aide gouvernementale alors que la pandémie de COVID-19 faisait rage.

Le portrait a radicalement changé en 2022. « À mon avis, la tendance à la baisse du taux de propriété va se poursuivre, dit l’économiste Paul Cardinal. Actuellement, l’abordabilité est à son pire niveau au Canada. »

S’enrichir en devenant propriétaire

Ce retard du Québec au chapitre de la propriété n’est pas sans conséquence sur le niveau de vie de ses citoyens. « C’est facilement démontrable que les ménages qui ont accédé à la propriété se sont constitué un actif qui a pris de la valeur. Habituellement, les propriétaires disposent d’une valeur nette supérieure à celle des locataires », soutient le directeur du service économique de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

La valeur nette des propriétaires de tous âges est passée de 325 000 $ à 685 000 $ en dollars constants entre 1999 et 2019, selon Statistique Canada. Celle des locataires est passée de 14 600 $ à 24 000 $ durant la même période de 20 ans.

Autrement dit, devenir propriétaire est une façon de s’enrichir. « C’est un vieil adage, mais qui est encore plus vrai depuis 20-25 ans », dit M. Cardinal.

L’APCHQ, l’organisme pour lequel travaille M. Cardinal, est un regroupement d’entrepreneurs généraux qui cherche à convaincre les gouvernements de favoriser la construction de logements, mais l’association n’a pas de préférence entre les maisons, les condos ou les logements locatifs.

Le rattrapage du Québec freiné dans son élan

Le premier ministre François Legault insiste beaucoup sur l’importance de combler l’écart de richesse entre le Québec et l’Ontario. À notre connaissance, il parle rarement de l’importance de rehausser le taux de propriété du Québec au niveau canadien ou encore à celui des Ontariens, qui est encore plus haut.

M. Cardinal verrait d’un bon œil que le gouvernement provincial se fixe un objectif précis en ce qui a trait à la proportion de ménages propriétaires.

Sur l’accession à la propriété, la CAQ n’a rien promis pendant la présente campagne électorale, mais le gouvernement a annoncé qu’il allait doubler le crédit d’impôt pour l’achat d’une première maison et a promis d’harmoniser dès 2023 ses programmes avec ceux du fédéral.

De leur côté, le Parti libéral et le Parti conservateur proposent d’abolir les droits de mutation (« taxe de bienvenue ») aux premiers acheteurs. Les libéraux augmenteraient le montant pouvant être retiré des REER en franchise d’impôt dans le but d’acquérir une première propriété. Québec solidaire propose de réglementer davantage le processus d’achat de maison afin de limiter la spéculation.

Au moment où l’on se parle, il y a une question d’équité générationnelle. C’est très difficile pour les jeunes ménages d’accéder à la propriété. Pour les jeunes ménages issus de la classe moyenne, c’est très difficile. Il faut vraiment qu’ils gagnent des revenus supérieurs.

— Paul Cardinal, économiste

Le Québec avait entrepris un rattrapage du taux de propriété par rapport à la moyenne canadienne. En 1971, la différence entre le Canada et Québec dépassait les 13 points de pourcentage. Par la suite, l’écart s’est rétréci jusqu’à 6,5 points en 2016. Depuis, le processus de rattrapage a été stoppé.

TAUX DE PROPRIÉTÉ AU PAYS

– Canada : 66,5 %
– Québec : 59,9 %
– Ontario : 68,4 %

Source : Statistique Canada, données de 2021