Immobilier commercial - Actualités

Ca leur tente pas de demander des changements de zonages pour permettre la mixité et convertir certains étages en logement?

C’est pas aussi simple, c’est toute la question du contrôle des accès, des déchets, des assurances, de la protections incendies, de l’évacuation, de la séparation des usages, de la reconfiguration des systèmes (HVAC, électricité, Internet, cables etc)

Convertir un immeuble en résidentiel serait ‘‘plus simple’’ mais dépend de quel types, si on a un vieil immeuble dans le Vieux, c’est plus ‘‘facile’’ mais une tour de classe B comme celles sur René-Lévesques proches de Beaver-Hall, c’est plus difficile (haut plafond, changer les gicleurs, etc)

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D’un point de vue logistique, c’est vraiment une occasion de repenser certains quartiers. Les bureaux de haute-qualité vont survivre, mais ceux bas-de-gamme vont disparaitre. Idéalement il faudrait penser à ce qu’on veut leur remplacer par, et non entammer la solution par défaut de le remplacer par un autre bureau.

C’est ceci qui va maintenir l’activité au centre-ville. Plus elle se densifie plus elle sera auto-suffisante. Elle appartiendra à ceux qui veulent avoir ce style de vie.

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Sans compter que bien des édifices commerciaux n’ont pas une configuration attrayante pour des résidences car trop sombres, les superficies étant plus larges.

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Oui, on peut dire que le télétravail est une révolution dans l’industrie du bureau qui élaguera durablement une grande partie des surfaces disponibles, pour ne conserver que les meilleures. Ce qui pèsera lourd sur certaines petits édifices des années 60 notamment sur René-Lévesque. On peut donc envisager un éventuel réaménagement des fonctions avec des rénovations, mais surtout des démolitions et reconstructions dans le but de densifier davantage le coeur de la ville sur le plan démographique.

C’est tout de même incroyable à quel point la pandémie aura accéléré un mouvement qui s’amorçait à peine avant la Covid19. Vraiment personne ne l’a vu venir celle-là, et son effet à l’échelle du monde marquera l’histoire à titre de catalyseur de changements durables sans précédent, dans la planification et le développement des villes de demain.

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Le problème avec comment ça s’enligne, c’est que les lundis et vendredis les tours sont vides, mais les mardi-mercredi-jeudi c’est plein.

C’est terrible pour la gestion des espaces.

C’est un cercle vicieux qui va prendre un peu de temps à se mettre en marche et afficher le nouvel équilibre.

Compagnie adopte le modèle hybride:

  • A besoin de moins d’espace
  • Réduit sa superficie (25-50% plus petit)
  • Signe des baux à plus court terme

Éventuellement:

  • Embauche des employés
  • Ne peut plus rappeler tous ses employés en même temps au bureau
  • Réalise qu’il utilise ses bureaux <50% du temps (2-3 jours sur 7)
  • Rencontre une période de ralentissement économique et de son chiffre d’affaire

Qu’est-ce qui se passe éventuellement? Les gestionnaires vont voir où ils peuvent se serrer la ceinture, et le bureau (surtout de prestige) risque d’y passer.

La semaine dernière je crois Facebook et Salesforce ont décidé de couper dans leur espace de travail. Là c’est les gros joueurs qui commencent à réaliser qu’ils paient beaucoup d’espace…

Groupe Mach a acheté le Marché Saint-Jacques grâce à une entente secrète

Reportage vidéo : Groupe Mach a acheté le Marché Saint-Jacques grâce à une entente secrète

Ulysse Bergeron
28 novembre 2022
Économie

Le Groupe Mach, qui appartient au magnat de l’immobilier Vincent Chiara, a discrètement mis la main sur l’immeuble patrimonial du Marché Saint-Jacques. Une entente secrète qui aurait été signée avec l’ancien propriétaire, poursuivi pour plus de huit millions de dollars, priverait la Ville de Montréal de 260 000 dollars en droit de mutation, a constaté Le Devoir.

« Nous sommes devenus propriétaire de la partie commerciale du Marché Saint-Jacques », confirme Daniel Durand, vice-président au marketing et aux communications chez Groupe Mach, sans détailler le moment ni la valeur de la transaction. « L’objectif, c’est de redonner vie aux espaces commerciaux en bonifiant l’offre avec des commerces de proximité. »

Construit en 1931, l’immeuble du Marché Saint-Jacques est situé dans le quartier Centre-Sud de Montréal, rue Ontario. L’édifice Art déco a une valeur patrimoniale exceptionnelle, selon la Ville de Montréal, qui s’en était départie en 2006. En 2013, une société appartenant aux promoteurs Fonds Europa et au Groupe BPAL annonçait l’ajout d’un étage à l’édifice ainsi que la conversion d’espaces en appartements en copropriété et en maisons de ville. Le but : redonner vie à cet immeuble de grande valeur.

1$

C’est la somme pour laquelle la portion commerciale du bâtiment a été vendue, sur papier.

Le président d’Europa, Jean-Pierre Houle, déclarait à l’époque vouloir attirer des commerces de proximité : « On pense à une poissonnerie, à une rôtisserie portugaise, à un dépanneur à bières, à un zinc, c’est-à-dire un comptoir-bar à l’européenne, etc. On espère aussi attirer une succursale de la SAQ. On veut qu’il y ait une belle synergie entre les marchands et que le marché comble les besoins de base des résidents, comme c’était le cas à ses débuts. »

Force est de constater que les objectifs n’ont pas été atteints. Depuis 2019, l’espace commercial est majoritairement occupé par un Super C, dont le bail initial de 15 ans est renouvelable pour huit périodes de cinq années chacune, soit un potentiel locatif de 55 ans. Le Groupe Mach envisage-t-il de mettre un terme au bail ? « Actuellement, il reste des locaux disponibles sur le site pour accueillir d’autres commerces de proximité », répond M. Durand.

Poursuites

L’acquisition par Groupe Mach est intervenue, loin des regards, dans un contexte pour le moins particulier, les anciens propriétaires cumulant les poursuites. Depuis 2020, ces derniers sont poursuivis pour 8,26 millions de dollars par les copropriétaires des espaces résidentiels situés aux étages supérieurs du Marché Saint-Jacques.

Les procédures judiciaires entamées font état de vices cachés, de vices de construction, de vices de conception, de déficiences, de manquements contractuels et de fausses déclarations.

C’est donc en plein bras de fer juridique que le propriétaire des espaces commerciaux du Marché Saint-Jacques décide de s’en départir. Alors que le rôle d’évaluation atteint 8,2 millions de dollars, l’immeuble est vendu pour 1 $ à Place Saint-Jacques, une société constituée quelques semaines plus tôt.

Or, il s’avère que les anciens promoteurs restent, sur papier du moins, les premiers actionnaires de Place Saint-Jacques, selon le registre des entreprises. Néanmoins, le nouvel acquéreur est enregistré à l’adresse du deuxième actionnaire : Macan Holdings, une des nombreuses sociétés du magnat montréalais de l’immobilier Vincent Chiara, propriétaire de Groupe Mach. C’est d’ailleurs M. Chiara qui représente le nouveau propriétaire pour un prêt de 4,35 millions octroyé par la Banque Royale du Canada cinq jours avant la transaction.

Dans les documents liés aux poursuites, on apprend d’ailleurs que le véritable acheteur des lots est le Groupe Mach. En septembre, le promoteur Jean-Pierre Houle a été questionné sur l’existence d’une contre-lettre avec la compagnie de Vincent Chiara — ou de toute autre forme de contrat — qui pourrait compléter la vente à 1 $. Une contre-lettre est une entente secrète, légale, qui annule ou modifie une convention apparente.

« [M. Houle] admet du bout des lèvres qu’une compensation complémentaire a été payée par le Groupe Mach, mais il affirme ne pas en connaître la teneur », lit-on dans un récent jugement. Dans la décision, il est spécifié que cet « artifice aurait été créé dans le seul but d’éluder le paiement des droits de mutation [communément appelés la taxe de bienvenue] de l’ordre de 260 000 $ qui, ne serait-ce de ce montage, seraient dus à la Ville. »

À noter : le Tribunal a permis en octobre une saisie avant jugement des espaces commerciaux du Marché Saint-Jacques par le syndicat de copropriétaires des appartements en copropriété. Par cette décision, il veut empêcher les anciens propriétaires de se mettre dans une situation d’insolvabilité à l’égard des créanciers si un jugement leur était favorable.

Dans son jugement, le Tribunal avance ne pas « accorder de crédibilité au témoignage » de M. Houle : « Il tente clairement de cacher le montant de la compensation financière complémentaire reçue et l’existence d’une contre-lettre avec le Groupe Mach. »

Le Groupe Mach n’a pas voulu commenter les démarches judiciaires contre l’ancien propriétaire. L’entreprise assure par ailleurs au Devoir détenir « [les] espaces commerciaux, à 100 % », sans toutefois détailler la nature de l’entente.

Avec un parc immobilier estimé à près de 40 millions de pieds carrés, Groupe Mach est le premier propriétaire immobilier privé de la province. L’entreprise montréalaise n’a cessé de consolider son portefeuille dans les dernières années. Par exemple, l’entreprise qui rachetait en 2020 La Cordée — et qui a tenté d’acquérir 20 % de Transat en 2019 — officialisait en mars dernier l’acquisition de 42 propriétés qui appartenaient auparavant au Fonds de placement Cominar.


Nouvelle reprise par le journal Métro

Le Marché Saint-Jacques acheté par Group Mach


Photo: Facebook Marché Saint Jacques

Yann Nopieyie
28 novembre 2022 à 15h19 - Mis à jour 28 novembre 2022 à 15h41
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L’immeuble patrimonial du Marché Saint-Jacques a été repris par le Groupe Mach, le premier propriétaire immobilier privé de la province. Une entente secrète aurait été signée avec l’ancien propriétaire, poursuivi pour plus de huit millions de dollars. Selon Le Devoir, cette entente priverait la Ville de Montréal de 260 000 dollars de droits de mutation.

Construit en 1931, le marché Saint-Jacques est l’un des édifices de marché publics les plus anciens à Montréal. Plusieurs projets avaient été annoncés pour que ce lieu patrimonial devienne un pôle alimentaire pour la population du quartier.

Or, depuis 2019, celui-ci accueille une épicerie de la bannière Super C au rez-de-chaussée. Actuellement, il resterait des locaux disponibles sur le site, où d’autres commerces locaux pourraient s’établir.

Des poursuites en cours

Depuis 2020, les anciens propriétaires du Marché Saint-Jacques sont poursuivis pour 8,26 M$ par les copropriétaires des espaces résidentiels situés aux étages supérieurs de l’immeuble. Les procédures judiciaires engagées allèguent des vices cachés, des défauts de construction, des défauts de conception, des déficiences, des manquements contractuels et des fausses déclarations.