Hydro-Québec - Discussion générale et actualités

Il reste 1000 mégawatts au Québec pour des projets : « On a un problème »

Pierre Fitzgibbon court après l’ajout de puissance électrique, car des entreprises demandent 21 000 MW.


Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie.
PHOTO : RADIO-CANADA / SYLVAIN ROY ROUSSEL

Thomas Gerbet
11 h 36 | Mis à jour à 12 h 38

Le gouvernement du Québec admet avoir « un problème à court terme, d’ici 2028 », car il manque de puissance disponible dans le réseau d’Hydro-Québec pour répondre à toutes les demandes. Des entreprises cherchent 21 000 mégawatts (MW) pour leurs projets. Il en reste 1000.

Jeudi, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie Pierre Fitzgibbon a admis que des projets pourraient être retardés à cause de cette situation.

« On va regarder comment on peut retarder certains projets. »

— Une citation de Pierre Fitzgibbon, jeudi, lors de l’étude du volet Énergie des crédits de son ministère.

Le ministre a expliqué que le gouvernement a commencé à discuter avec des entreprises à ce sujet. On leur dit pouvez-vous retarder votre projet de un an ou deux ou trois ans?

Selon lui, l’attraction du Québec, présentement, est telle à l’international qu’il y a des gens qui vont être capables de dire : Oui, on va attendre, parce qu’on est au Québec et vous avez de l’énergie renouvelable.

Hydro-Québec confirme

On est très serré, on n’a pas beaucoup de marge, admet le cabinet du ministre. Certains savent qu’ils ne les auront pas. Sur les 21 000 mégawatts de projets évoqués, autour de 10 000 sont des propositions sérieusement étudiées.

Hydro-Québec confirme à Radio-Canada qu’il reste environ 1000 MW dans le réseau. L’ordre de grandeur évoqué par le ministre pour le développement de projets dans les prochaines années est exact, écrit le porte-parole Philippe Archambault.

Pas possible de donner tous les mégawatts pour la filière batterie

Jeudi, Pierre Fitzgibbon a expliqué que tous les projets de la filière batterie nécessitaient 3000 à 4000 MW d’ici 2018. Or, seulement 1500 MW leur ont été promis.

On va prendre les projets prioritaires, mais il va y avoir assez d’énergie à Bécancour pour avoir un projet structurant, comme on n’a pas vu depuis 20 ans au Québec, a dit le ministre, alors je suis confortable avec ça.

« La vie, c’est un courant qui prend du temps, alors est-ce qu’on est capable d’avoir en 2028, 2029, 2030, 2031, 2032 des capacités additionnelles? La réponse, c’est oui. »

— Une citation de Pierre Fitzgibbon, le 25 avril 2023, lors de l’étude des crédits de son ministère

Son cabinet explique que les développements de projets se font souvent par phase. Il donne l’exemple de General Motors ou Nemaska Lithium qui pourraient avoir besoin de centaines de mégawatts, mais sur plusieurs années.

Le gouvernement ne l’avait pas vu venir

Pierre Fitzgibbon dit que c’est au printemps 2022 qu’il a commencé à avoir un sentiment qu’on n’aurait pas l’énergie renouvelable requise.

« Est-ce qu’on pouvait penser qu’il y aurait 20 000 mégawatts de demande d’électricité? La réponse, c’est non. […] On se faisait dire qu’il y avait des surplus hydroélectriques. »

— Une citation de Pierre Fitzgibbon, le 25 avril 2023, lors de l’étude des crédits de son ministère

Il a expliqué que personne n’aurait pu voir ça venir, alors que depuis 20 ans, un seul projet avait requis plus de 50 MW, au Québec, soit celui de la mine d’or de Malartic. Pour la première fois de l’histoire d’Hydro-Québec, les demandes de mégawatts excèdent de beaucoup leurs anticipations, mais c’est nouveau, ça n’est jamais arrivé, a dit le ministre.

« Aujourd’hui, on a plus de 50 projets déposés en haut de 50 mégawatts. »

— Une citation de Pierre Fitzgibbon, jeudi, lors de l’étude des crédits de son ministère

Est-ce qu’on aurait pu planifier voilà cinq ans qu’il fallait avoir 10 000 ou 15 000 mégawatts de plus d’ici 2026, 2027? La réponse est non, a expliqué le ministre, le 25 avril.

Le porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’Énergie Gregory Kelley a rappelé au ministre que c’était dans la politique énergétique, en 2016, déposée par l’ancien gouvernement libéral, où on a souligné qu’il faut augmenter de 25 % la production totale d’énergie renouvelable au Québec [d’ici 2030].

Plus tard jeudi, c’est le PDG par intérim d’Hydro-Québec, Pierre Despars, qui répondra aux questions des parlementaires, lors de l’étude des crédits.

Une pointe record de consommation qui a fait réfléchir

Un document d’Hydro-Québec révèle qu’à 18 h, le 3 février dernier, les Québécois ont poussé la demande de puissance jusqu’à 43 124 MW, malgré les efforts de réduction momentanée de certaines industries.

C’est un chiffre encore plus élevé que ce qui avait circulé jusqu’à présent, mais c’est surtout du jamais-vu. Le précédent record était de 40 380 MW, soit une différence de presque 3000 MW.

Selon nos sources, la société d’État n’avait pas anticipé que ça monterait si haut. Il se raconte en interne que ce fut un dur lendemain de veille pour la haute direction. La puissance disponible a fondu, dit une source, qui évoque 800 à 900 MW.

« C’est pour ça qu’ils veulent lancer des projets éoliens le plus vite possible. »

— Une citation de Une source à Hydro-Québec


Les éoliennes de la Seigneurie de Beaupré
PHOTO : RADIO-CANADA/JEAN-FRANÇOIS NADEAU

Comment ajouter rapidement des mégawatts?

Selon le Plan stratégique d’Hydro-Québec, la modernisation des centrales existantes permettra l’ajout de 2000 MW de puissance d’ici 2035.

Il est aussi prévu d’élaborer, d’ici 2026, des projets éoliens totalisant 3000 MW, mais il faudra attendre plusieurs années encore avant qu’elles brassent du vent. Québec veut quadrupler la capacité éolienne de la province d’ici 2040.

Le cabinet du ministre évoque aussi les économies d’énergies et le déplacement d’énergie. On va dégager des sources, promet-il.

Le cas de Volkswagen

Pierre Fitzgibbon a expliqué que pour Volkswagen, l’enjeu était que nous avions besoin de 650 mégawatts au premier trimestre 2027. C’était une impossibilité technique.

« Volkswagen […], ils voulaient avoir de l’énergie verte, il n’y en avait pas. Alors, on va travailler sur ça dans le futur. »

— Une citation de Pierre Fitzgibbon, le 25 avril 2023, lors de l’étude des crédits de son ministère

On aurait pu le faire deux ans plus tard, ce qu’on leur a offert, a ajouté le ministre. Ils ont dit : “Non merci, on s’en va prendre du gaz naturel.” Où? “En Ontario.”

Selon le ministre, l’enjeu avec Volkswagen était principalement la capacité de transporter autant d’électricité vers Montréal. Il dit qu’il existe une carte de la localisation des 10 000 MW de projets afin de réflexion à la localisation des futures éoliennes, pour qu’elles soient proches des futurs utilisateurs.

Dans les derniers mois, 17 projets ont été refusés, car ils étaient impossibles techniquement. Le ministre a dit qu’un total de 74 projets sont à l’étude. Il s’est engagé à rendre publics, la semaine prochaine, les critères de sélection.

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Projets industriels énergivores Plus de 3200 MW en jeu en juin

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

Le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon

L’heure de vérité approche pour les promoteurs industriels ayant soumis des demandes auprès d’Hydro-Québec pour de grands blocs de puissance électrique. Le ministre Pierre Fitzgibbon choisira les gagnants le mois prochain.

Mis à jour le 20 mai

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André Dubuc
André Dubuc La Presse

Le ministre de l’Énergie rendra publics en juin les projets industriels énergivores qui seront retenus parmi les 23 à l’étude. Au total, plus de 3200 mégawatts (MW) de puissance sont en jeu. L’énergie devrait leur être livrée dans un horizon de 1 à 5 ans environ.

Les projets qui ont été soumis avant le dépôt du projet de loi 2, comme le centre de données de Google à Beauharnois, en Montérégie, et le centre de serveurs de Microsoft à Saint-Augustin-de-Desmaures, dans la région de Québec, sont toutefois déjà assurés d’obtenir l’énergie demandée, du moins dans les phases initiales. Ces projets représentent environ 1700 MW de puissance.

Dans une allocution fort courue devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) vendredi midi, le superministre, qui gère également le portefeuille stratégique de l’Économie, a énuméré les critères d’évaluation qui guideront ses décisions : les projets doivent pouvoir techniquement se connecter au réseau d’Hydro-Québec, ils doivent aussi créer de la richesse, réduire les émissions de gaz à effet de serre et faire la preuve de leur acceptabilité sociale.

Les 23 projets à l’étude ne seront pas tous acceptés. Certains seront acceptés d’emblée, d’autres seront acceptés conditionnellement, et plusieurs seront refusés.

50 projets de plus de 50 MW

« Dans les 20 dernières années, savez-vous combien de projets de plus de 50 MW on a réalisés au Québec ? », a demandé M. Fitzgibbon à l’auditoire pendant son discours. « Un seul. Aujourd’hui, sur mon bureau, il y en a plus de cinquante. La réalité a changé, il fallait changer nos façons de faire. »

Depuis l’adoption du projet de loi 2 le 15 février 2023, c’est le gouvernement du Québec, de concert avec Hydro-Québec, qui autorise les projets industriels qui demandent plus de 5 MW de puissance. Auparavant, la société d’État avait l’obligation de brancher tous les projets de moins de 50 MW.

Volubile, le ministre a abordé plusieurs thèmes dans son discours. Il a notamment donné une estimation de la valeur d’Hydro-Québec si elle était privatisée. Il a parlé des contrats d’exportation, de la nécessité d’ajouter de l’éolien et des besoins grandissants en électricité à l’avenir.

Hydro-Québec vaut jusqu’à 300 milliards

« [Hydro-Québec] est un legs incroyable et notre devoir, c’est de l’honorer, a affirmé le ministre. Et c’est un héritage qui vaut cher. Disons pour faire simple que, comme entreprise privée dans le marché énergétique nord-américain standard, Hydro vaudrait au minimum 250-300 milliards de dollars. Les gens ne le réalisent pas. Mais Hydro, c’est notre géant industriel à nous. C’est la valeur d’entreprises comme Costco, Shell, Toyota, Nike ou Disney. Et cette entreprise, c’est une entreprise publique qui fait la fortune et la fierté des Québécois. »

Pas question de se retirer des contrats d’exportation

« Depuis quelques semaines, j’entends beaucoup de gens soulever des questions sur nos deux gros contrats d’exportation signés dans les dernières années. On a le Massachusetts et on a New York. On peut en discuter tant qu’on veut, mais le Québec va honorer ses engagements. À l’époque, si on avait connu le contexte actuel, est-ce qu’on se serait posé d’autres questions ? Bien sûr. »

Toujours plus d’éolien

« On compte environ 40 parcs éoliens en service au Québec. Ils produisent près de 4000 MW d’énergie. Je veux qu’en 2040, la puissance installée en éolien soit quadruplée. Ça, c’est le minimum. J’ai annoncé, en mars dernier, un appel d’offres pour un bloc de 1500 MW d’énergie éolienne. On veut lancer un autre appel d’offres encore plus important dans les prochains mois. » Les éoliennes ont le mérite de se construire rapidement et de se raccorder aisément au réseau d’Hydro-Québec, selon leur emplacement.

Le chiffre de 100 TWh ne tient plus

De combien d’électricité le Québec a-t-il besoin pour décarboner son économie ? On ignore la réponse précise, mais ce sera plus de 100 térawattheures (TWh), a indiqué Pierre Fitzgibbon. « [Ce chiffre] ne tient plus la route. On n’est pas à 100 », a-t-il affirmé. Ce chiffre venait des projections d’Hydro-Québec reposant sur l’histoire récente du Québec. « Dans les dernières années, il y a un seul projet de plus de 50 MW. Aujourd’hui, il y en a cinquante », a répété le ministre.

Une version antérieure de l’article indiquait à tort que 3000 MW seraient attribués en juin.
https://www.lapresse.ca/affaires/2023-05-20/projets-industriels-energivores/plus-de-3200-mw-en-jeu-en-juin.php

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Michael Sabia à la tête d’Hydro-Québec

PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Michael Sabia

Michael Sabia sera le prochain PDG d’Hydro-Québec. Celui qui a dirigé la Caisse de dépôt et placement du Québec, et lancé l’ambitieux projet du Réseau express métropolitain, succédera à Sophie Brochu, qui a quitté son poste deux ans avant la fin de son mandat, quelques mois après avoir exprimé son désaccord avec les orientations du gouvernement Legault.

Publié à 18h04

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Denis Lessard
Denis Lessard La Presse

Il y a environ deux mois, M. Sabia avait été pressenti par le chef de cabinet de François Legault, Martin Koskinen, pour ce poste névralgique. Il avait spontanément accepté, mais posé une condition : devenu, fin 2020, sous-ministre aux Finances à Ottawa, il tenait à rester en poste jusqu’au dépôt du budget de Chrystia Freeland aux Communes. Ce budget a été déposé fin mars.

Pendant ce temps, le cabinet de François Legault soutenait toujours que le choix du PDG d’Hydro-Québec n’était pas arrêté. Mme Brochu a quitté son poste le 11 avril et l’intérim est assuré depuis par Pierre Despars, jusque-là vice-président exécutif, Stratégies et développement. La semaine dernière, le ministre responsable de la société d’État, Pierre Fitzgibbon, a finalement déclaré que le gouvernement avait trouvé la perle rare, et qu’elle serait annoncée sous peu. Sa nomination devrait être avalisée par le Conseil des ministres avant la fin de mai.

Michael Sabia est le choix de François Legault, confie-t-on à La Presse. Il a déjà dit publiquement que « quand on veut des changements, on choisit des gens forts ». M. Legault avait rendu un hommage bien senti au patron de la Caisse en novembre 2019, quand celui-ci avait annoncé son départ, inattendu, sans préavis, au bureau du premier ministre. Ironiquement, à la campagne électorale de 2012, le chef de la Coalition avenir Québec avait promis qu’une fois élu, il aurait une bonne discussion avec le président de la Caisse, et que ce dernier trouverait cette rencontre « difficile ». M. Legault trouvait que M. Sabia, comme Thierry Vandal, alors PDG d’Hydro-Québec, n’était pas suffisamment nationaliste, ne faisait pas assez d’efforts pour stimuler l’économie québécoise.

Une inconnue : quels seront ses rapports avec l’influent ministre Fitzgibbon ? À la Caisse, M.Sabia s’est forgé une réputation de patron au tempérament très sanguin, susceptible de faire des colères mémorables. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, le connaît bien ; avant de revenir en politique, M. Dubé avait été vice-président de la Caisse sous Michael Sabia.

Originaire de l’Ontario, Michael Sabia aura 70 ans en septembre. Son parcours dans la haute fonction publique fédérale et québécoise comme dans le secteur des affaires a suscité à la fois des hommages et des critiques. Durant les années 1980 et 1990, il a gravi les échelons jusqu’à devenir le bras droit de Paul Tellier, le premier fonctionnaire fédéral, greffier du Conseil privé. C’est à lui, dans le gouvernement de Brian Mulroney, que l’on confie le dossier politiquement explosif de la mise en place de la taxe sur les produits et services, la TPS.

Devenu patron du Canadien National (CN), Paul Tellier amène Michael Sabia avec lui. Il jouera un rôle important dans la privatisation du transporteur. La compagnie perdait à l’époque 1 milliard par année. M. Sabia jouera aussi un rôle déterminant dans le succès de la privatisation. En 1999, M. Sabia quitte le CN pour passer à BCE, il prend d’abord les commandes de Bell Canada International. La bulle techno éclate en 2000, BCE est sérieusement en eaux troubles Jean Monty part en 2002, son poste est scindé. M. Sabia deviendra chef de la direction. Il procède à des ventes d’actifs et supprime 8000 postes pour tenter de revenir à la rentabilité, mais pas assez rapidement au goût du principal actionnaire, Teachers’, le fonds de pension des enseignants ontariens. Michael Sabia quitte alors BCE, en 2008.

En mars 2009, le gouvernement Charest nomme M. Sabia patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), un mandat de dix ans, un choix qui déclenche un torrent de critiques. Mi. Sabia est alors vu comme un mandarin fédéral, sans racines québécoises, issu du sérail conservateur d’où émargeait Jean Charest lui-même. Avant son arrivée, en 2008, la CDPQ avait connu des heures sombres ; la crise financière et de mauvais placements dans les papiers commerciaux avaient entraîné un rendement négatif de 25 % pour le bas de laine des Québécois.

Bernard Drainville, gros canon de l’opposition péquiste sous Pauline Marois, réclame sa tête avec insistance. Une fois au pouvoir, Mme Marois et M. Drainville seront beaucoup plus conciliants avec l’ex-mandarin fédéral. En 2017, sous le gouvernement de Philippe Couillard, on annonce que le mandat de Michael Sabia est renouvelé, deux ans avant son terme.

Il est prolongé jusqu’en 2021, mais il part plus rapidement, à l’automne 2019, après avoir enclenché l’immense projet du Réseau express métropolitain ; pour la première fois, la Caisse devenait l’opérateur et non strictement le financier d’un projet. Les problèmes que connaît actuellement le projet risquent de ternir l’image du nouveau patron d’Hydro.

Sous sa férule, la CDPQ a significativement augmenté sa participation dans les marchés étrangers, passant de 36 % à son arrivée en 2009 à 64 % à son départ, 11 ans plus tard.

À son départ de la Caisse, François Legault avait louangé cet « excellent gestionnaire » qui avait obtenu de « bons rendements » à la Caisse durant son mandat. À son arrivée à la Caisse, après la crise financière de 2008, M. Sabia avait annoncé que son traitement serait gelé tant que les rendements ne seraient pas au rendez-vous. À son départ de la CDPQ, son traitement était de 3,9 millions par année. À son arrivée à la Caisse, il avait aussi renoncé à un régime de retraite – les règles de Retraite Québec forçaient tout de même le versement d’une pension de 29 000 $ par année. Depuis 2008, M. Sabia touche une rente de près de 1 million par année pour son passage chez Bell Canada.

Qui est Michael Sabia ?

  • Michael Sabia s’est illustré dans les missions difficiles. Haut fonctionnaire aux Finances à Ottawa, il était la cheville ouvrière de la mise en place de la TPS.
  • Il a joué un rôle central dans une réforme compliquée, le passage au privé du Canadien National, en 1999.
  • Il a atterri chez BCE juste avant l’éclatement de la bulle technologique, en 2000. Devenu patron, il a fait des coupes difficiles, qui n’ont pas satisfait les actionnaires.
  • Après la crise des papiers commerciaux, il a pris les commandes de la Caisse de dépôt, qui venait d’encaisser un rendement négatif de 25 %. Sous sa gouverne, les actifs de la caisse sont passés de 120 milliards à 326 milliards, et il a lancé le projet de Réseau express de Montréal.

https://www.lapresse.ca/actualites/2023-05-23/michael-sabia-a-la-tete-d-hydro-quebec.php

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Michael Sabia chez Hydro-Québec Le milieu de l’énergie inquiet, le milieu économique ravi

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Siège social d’Hydro-Québec, boulevard René‑Lévesque Ouest, à Montréal

Des spécialistes en matière de transition énergétique s’inquiètent de l’arrivée de Michael Sabia à la tête d’Hydro-Québec. Ils jugent que l’ancien patron de la Caisse de dépôt ne dispose d’aucune « compétence particulière » pour relever les défis imposants qui attendent la société d’État dans les prochaines années. Le milieu économique, lui, salue le « parcours brillant » du principal intéressé.

Publié à 0h57 Mis à jour à 5h00

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Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Pour moi, l’enjeu est que M. Sabia reste d’abord et avant tout un financier, alors qu’on a devant nous un enjeu de transition qui est très technique. On aurait eu besoin de quelqu’un qui comprend en profondeur le système énergétique, qui maîtrise les technologies et les investissements requis », affirme le directeur scientifique de l’Institut de l’énergie Trottier à Polytechnique Montréal, Normand Mousseau.

Celui qui est aussi professeur de physique à l’Université de Montréal déplore de surcroît que Michael Sabia « n’a jamais réellement mené une compagnie technologique ».

Il y a toute une différence entre son passé et le rôle qu’il va devoir mener ici. Hydro-Québec est appelée à se transformer, à devenir beaucoup plus capable de prendre des risques et à transformer son approche.

Normand Mousseau, directeur scientifique de l’Institut de l’énergie Trottier à Polytechnique Montréal

Aux yeux de M. Mousseau, l’arrivée de M. Sabia n’est tout simplement « pas une bonne nouvelle ». « Ce n’est pas quelqu’un qui a déjà fait des transformations environnementales de très haut niveau. Il a pris la Caisse de dépôt, il l’a retournée, mais c’était dans un tout autre champ de compétences. Je ne suis pas vraiment convaincu que ce soit la bonne personne », insiste encore le spécialiste.

Un « allié du milieu économique »

Dans le milieu économique, on a plutôt salué mardi l’arrivée de Michael Sabia à la tête d’Hydro-Québec. Le président et chef de la direction du Conseil du patronat, Karl Blackburn, a parlé d’un « choix judicieux pour reprendre les rênes d’une société d’État en pleine transformation ».

Avec un parcours aussi brillant que celui de M. Sabia, nul doute qu’il saura répondre aux défis actuels et futurs de l’organisation. Ce sera un allié du milieu économique, j’en suis certain.

Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du patronat, dans une déclaration

En entrevue, M. Blackburn rétorque aux plus sceptiques « qu’il est aujourd’hui faux de prétendre que les finances sont dissociées de la transition énergétique ». « Plus que jamais, ils doivent être ensemble. Partout dans le monde, on le voit : les finances et la transition font maintenant partie du discours économique », plaide le gestionnaire, qui se dit « convaincu que M. Sabia saura trouver les bons mots » pour faire comprendre aux Québécois « la nécessité de changer nos comportements ». « Le passé sera garant de l’avenir », lance encore le président du Conseil du patronat.

Sur Twitter, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) a également parlé d’une « très sage nomination ». « Michael Sabia a démontré qu’il est intègre, compétent et fin stratège. Il s’entoure d’équipes fortes. Il a l’envergure qu’il faut pour ce poste névralgique. Il donne des résultats », a-t-il jugé.

Des risques à éviter

De son côté, Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, est aussi préoccupé. « Michael Sabia n’a pas de compétences particulières en énergie. Ça va être tout un défi, parce qu’en réalité, rien ne le prépare aux défis dans le secteur de l’énergie. La courbe d’apprentissage va être très grande pour lui », illustre-t-il.

Le principal danger, poursuit M. Pineau, est que l’ancien patron de la Caisse « arrive avec une grande confiance et peu d’humilité ».

Ça pourrait être risqué d’arriver avec une certaine arrogance, parce que contrairement à la Caisse de dépôt, Hydro-Québec a des fonctions opérationnelles au quotidien. Il faut avoir une vision à long terme, mais en même temps très présente. On est complètement ailleurs.

Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal

Selon lui, ce n’est pas « la capacité à lever des milliards » qui aurait dû intéresser le gouvernement dans sa sélection du prochain PDG d’Hydro-Québec, mais bien sa capacité d’innover pour « sensibiliser les Québécois » aux défis de transition qui guettent la province. « Aller chercher des milliards, gérer des finances, en fait, c’est la dernière capacité dont on a besoin en ce moment », ajoute Pierre-Olivier Pineau, qui ne demande toutefois qu’à être « surpris ».

Les écologistes, eux, demeurent aussi sur leurs gardes. « Ce dont on a besoin, c’est davantage un spécialiste de la décarbonation et de la transition énergétique. On espère au moins que M. Sabia va consulter au maximum l’expertise à l’interne », soutient un porte-parole de Greenpeace Canada, Patrick Bonin.

Son groupe dit surtout craindre une éventuelle « privatisation de l’électricité au Québec » pour laquelle M. Sabia « pourrait être mis à contribution ». « La réalité, c’est qu’il y a un virage inégalé à faire en termes d’augmentation de l’efficacité énergétique au Québec, alors qu’on voit en ce moment la fin des surplus poindre », conclut M. Bonin.

https://www.lapresse.ca/actualites/2023-05-24/michael-sabia-chez-hydro-quebec/le-milieu-de-l-energie-inquiet-le-milieu-economique-ravi.php

PDG d’Hydro-Québec L’opposition veut entendre Michael Sabia à l’Assemblée nationale

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(Québec) Les partis d’oppositions veulent que Michael Sabia, qui sera le prochain PDG d’Hydro-Québec, vienne présenter sa vision du développement énergétique du Québec à l’Assemblée nationale lorsqu’il entrera en fonction.

Publié à 8h51 Mis à jour à 11h28

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Charles Lecavalier
Charles Lecavalier La Presse

« Est-ce que monsieur Sabia va acheter la vision caquiste par rapport au Dollarama de l’énergie ? Est-ce que monsieur Sabia va avoir la liberté de dire ce qu’il pense par rapport à l’avenir énergétique du Québec ? Et est-ce qu’aujourd’hui, les Québécois vont en avoir pour leur argent par rapport à une vision énergétique très claire ? », a lancé le député libéral Monsef Derraji en point de presse mercredi.

Il reproche au gouvernement Legault le flou entourant le chantier énergétique qu’il veut lancer : quelle place l’économie d’énergie et la construction de nouveaux barrages occuperont-ils, s’est-il demandé ? Pourquoi le gouvernement Legault n’a pas été capable de convaincre Volkswagen d’installer une usine de batteries au Québec, par manque d’énergie ? « C’est beaucoup, c’est 10 milliards que le fédéral a investis. On l’a raté », a-t-il déploré.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Monsef Derraji

C’est dans ce contexte que M. Sabia, qui a dirigé la Caisse de dépôt et placement du Québec, et lancé l’ambitieux projet du Réseau express métropolitain, arrivera à la tête d’Hydro-Québec. Il succédera à Sophie Brochu, qui a quitté son poste deux ans avant la fin de son mandat, quelques mois après avoir exprimé son désaccord avec les orientations du gouvernement Legault.

Pourra-t-il rester debout face à François Legault et au ministre de l’Énergie Pierre Fitzgibbon ? « La question, c’est debout pourquoi ? », rétorque le député de Québec solidaire Haroun Bouazzi. « On va donner la chance au coureur. Mais il faut avoir une vision, et on a besoin d’entendre cette vision ici, à l’Assemblée nationale », a-t-il dit.

Le défi de la transition énergétique

Il souligne que M. Sabia a « beaucoup d’expérience en gestion, en finance », mais qu’Hydro-Québec fait plutôt face à des « questions opérationnelles très compliquées » et à un défi de « transition énergétique ».

M. Bouazzi déplore que le gouvernement Legault n’a toujours aucun plan officiel sur cette question, alors qu’il en a fait un cheval de bataille en campagne électorale. Québec veut doper la production d’énergie d’Hydro-Québec pour accélérer l’électrification de l’économie québécoise pour réduire la consommation d’hydrocarbures.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Haroun Bouazzi

Mais les gros contrats d’exportations d’énergie vers le Massachusetts et New York viennent réduire la marge de manœuvre d’Hydro-Québec, qui se retrouve aujourd’hui incapable d’accepter de gros projets industriels, trop énergivores. Il a d’ailleurs critiqué ces contrats d’exportation.

« Le principal critère, actuellement, c’est de réussir une transition écologique juste. On a de vrais problèmes de choix de société à faire. […] Le gouvernement n’a pas de plan sur papier. Hydro-Québec oui, mais il n’est pas venu l’expliquer à l’Assemblée nationale », a-t-il dit.

Nationalisme

Le député péquiste Pascal Bérubé a affirmé qu’il ne connait « aucun engagement de Michael Sabia en matière énergétique, en matière environnementale ».

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Pascal Bérubé

« Il y a des enjeux environnementaux. Il y a les relations avec les Autochtones. Il y a les relations avec l’environnement. Il y a le virage, la transition énergétique. Il y a peut-être une sensibilité que je ne connais pas. Ce serait bien de l’entendre à l’Assemblée nationale, de pouvoir lui poser des questions en début de mandat », a-t-il dit.

Il a toutefois critiqué les origines de M. Sabia, qui n’est pas né au Québec. « Les libéraux l’aimaient beaucoup, les caquistes l’aiment autant. L’Ontarien Michael Sabia a une carrière remarquable dans le domaine financier », a-t-il dit. Il a affirmé « qu’au Québec, il y a plein de talents qui auraient pu être mis à contribution ». « Moi, je veux un nationaliste à la tête d’Hydro-Québec. Est-ce que Michael Sabia est un nationaliste québécois au plan économique ? ».

La première ministre péquiste Pauline Marois avait pourtant renouvelé le contrat de M. Sabia en 2013 et était satisfaite de son travail à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec. M. Bérubé, qui était ministre à l’époque, a rétorqué que son gouvernement a « prolongé son contrat », mais que « ce n’est pas nous qui l’avons nommé ».

Le premier ministre François Legault a affirmé que M. Sabia était un gestionnaire « crédible », mais n’a pas voulu commenter davantage, en expliquant que « les annonces seront faites au moment approprié ». Le ministre de l’Éducation Bernard Drainville a soutenu « qu’il a fait un excellent travail comme PDG de la Caisse ».

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2023-05-24/pdg-d-hydro-quebec/l-opposition-veut-entendre-michael-sabia-a-l-assemblee-nationale.php

Un dossier radioactif

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

La centrale Gentilly-2, à Bécancour, est à l’arrêt depuis décembre 2012.


Paul Journet
Paul Journet La Presse

Le contraste est frappant entre le débat sur la centrale nucléaire de Gentilly-2 en 2012 et aujourd’hui.

Publié à 1h40 Mis à jour à 6h00

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À l’époque, la réfection était à la fois plus populaire et moins pertinente.

C’était la fin de l’ère Charest. On s’inquiétait alors des surplus d’énergie et les projets d’approvisionnement étaient controversés, comme le gaz de schiste et la centrale thermique – abandonnée – au Suroît.

À l’interne, Hydro-Québec avait fini son analyse : la réfection de Gentilly était trop coûteuse. La décision avait été prise de la fermer. Or, le gouvernement libéral n’osait pas le dire. C’était avant la pénurie de main-d’œuvre. La Mauricie tenait à ces emplois et les libéraux voulaient y conserver leurs sièges lors de la campagne électorale imminente. La députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, était d’ailleurs une des plus féroces défenseuses de la centrale, populaire dans sa région.

Les péquistes ont pris le pouvoir en promettant de fermer la centrale. Hydro-Québec a ensuite révélé publiquement en commission parlementaire ce qui était connu en coulisses : sur le plan économique, fermer la centrale était la seule option raisonnable. En furie, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, avait réclamé la démission du patron de la société d’État, Thierry Vandal.

Comme les choses ont changé…

L’ère des surplus tire à sa fin. Le Québec manquera d’énergie à partir de 2027. D’ici 2050, la production d’électricité devra augmenter d’environ 50 %, soit 100 térawattheures (TWh). C’est dans ce contexte qu’Hydro-Québec évalue la possibilité de rouvrir Gentilly-2.

À l’Assemblée nationale, ça passe mal. Les libéraux et les solidaires dénoncent ce revirement. Ils auraient voulu que la population se prononce au préalable. Leur raisonnement est étrange. Car c’est précisément afin de permettre ce débat que la société d’État a lancé sa réflexion.

Le réacteur de la centrale a été mis à l’arrêt à la fin de 2012. En 2020, le combustible irradié a été transféré vers des modules de stockage à sec. La période de dormance a donc commencé. Dans l’ensemble, le processus de fermeture prend 50 ans.

Des experts vérifient depuis quelques jours s’il est trop tard pour revenir en arrière. Leur réponse devrait venir d’ici quelques mois, sinon quelques semaines.

En attendant, on ignore si la réouverture est techniquement possible.

Si c’est faisable, on examinera alors sa pertinence. Et pour cela, il faudra avoir une idée des coûts, un autre enjeu pour lequel un minimum d’études sera requis.

Bien sûr, on peut s’opposer dès maintenant au nucléaire pour des raisons sécuritaires, peu importent les coûts. Mais il faut reconnaître que cette fois, le travail en coulisses de la société d’État sert à éclairer le débat.

La nouvelle, sortie dans Le Journal de Montréal, montre à quel point le gouvernement caquiste et Hydro-Québec sont sous pression pour produire plus d’énergie.

Le contrat de la centrale hydroélectrique de Churchill Falls sera renégocié avec Terre-Neuve-et-Labrador. Les groupes turbine-alternateur des centrales existantes seront remplacés pour en augmenter la production. D’autres barrages sur des rivières québécoises ne sont pas exclus, bien que les meilleurs sites soient déjà pris et que l’impact environnemental sur les autres soit de plus en plus dénoncé. Des appels d’offres ont été lancés en éolien, et d’autres sont prévus. Mais cela ne suffira pas. Il faudra encore plus d’électricité.

Cela ne justifie pas pour autant de relancer Gentilly.

À l’époque, les coûts de la réfection avaient explosé à la centrale jumelle de Point Lepreau, au Nouveau-Brunswick. On anticipait la même chose chez nous. Rien n’indique que cela ait changé.

Ces dernières années, l’Alberta, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick ont abandonné de nouveaux projets nucléaires. À l’exception de Point Lepreau, toutes les centrales en activité du pays sont désormais en Ontario.

Cet été, le gouvernement Ford a annoncé l’agrandissement de sa centrale de Bruce Power sur les rives du lac Huron. Sa puissance doublerait, ce qui en ferait de nouveau la plus grosse au monde.

Ailleurs au Canada, des projets exploratoires de petites centrales modulaires sont en chantier, avec l’aide financière du fédéral, mais aucun n’est encore concluant.

Avec ses centrales nucléaires, l’Ontario demeure l’exception.

Si les besoins en énergie sont immenses, la contribution de Gentilly-2 ne serait pas déterminante.

Mettons les chiffres en perspective. La centrale fournissait 5 TWh par année. Cela équivaut à 5 % du déficit énergétique à combler. À titre de comparaison, l’appel d’offres en cours pour l’éolien vise l’ajout de 4 TWh.

Et l’efficacité énergétique ?

En 2022, Hydro-Québec promettait de récupérer 8,2 TWh d’ici la fin de la décennie. C’était modeste. Cela correspondait à moins du dixième des nouveaux besoins. Même pas assez pour compenser les contrats d’exportation à New York (10,4 TWh) ou au Massachusetts (9,45 TWh).

Or, sous pression, la société d’État a revu son objectif à la hausse en avril dernier. C’est désormais 25 TWh qu’elle souhaite économiser. L’équivalent de cinq centrales nucléaires.

Les caquistes risquent de trouver que Gentilly offre relativement peu de térawattheures pour un coût politique considérable.

Tant que le Québec gaspillera de l’énergie, tant que les cibles d’efficacité énergétique n’auront pas été atteintes, le retour au nucléaire sera difficile à vendre.

Mais on n’est pas rendu là. Pour l’instant, la société d’État ne fait que documenter toutes les options, et ce n’est pas un scandale.
https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2023-08-12/un-dossier-radioactif.php

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Je pense que tout est dit dans cet opinion ! La CAQ veut construire de nouvelles centrales, pas parce que NOUS en avons de besoin, mais parce qu’EUX en ont de besoin pour continuer leurs exportations. J’ai du mal à imaginer qu’on consomme tellement plus au Québec qu’il y a 10 ans… Mais pour l’exportation, on est passé de 21TWh en 2008, à 36TWh en 2022, soit la production totale de Churchill Falls, soit aussi les surplus qui étaient annoncés aussi, avant de tomber «en manque».
Pas besoin d’être un génie pour savoir pourquoi le Massachusetts et New York préfèrent acheter notre électricité plutôt que de faire leurs propres centrales, ça coute moins cher avec nos vieux barrages que des centrales neuves !

C’était dit qu’avec les nouvelles industries le Québec à un gros manque à gagner en terme de Twh. C’est pas juste pour l’exportation.

Je sais que ce n’est pas juste l’exportation, mais disons que sur 40TWh qu’on avait de surplus, la moitié est parti dans de nouveaux contrats d’exportation, l’autre 20TWh étant divisé avec les nouvelles constructions résidentielles (6,9TWh), l’électrification des transports (3,9TWh), la conversion vers l’électricité (3,2TWh), les nouvelles entreprises (6,5TWh).
https://www.journaldemontreal.com/2022/03/26/ou-sont-passes-les-surplus-delectricite

A-t-on manqué de jugement en vendant le surplus, sans penser qu’on aurait rapidement de besoin pour une utilisation locale, en oubliant que le contrat de Churchill Falls (avec ses tarifs très bas) arrivait à échéance ?

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On va certainement payer plus cher pour l’électricité de Churchill Falls après 2041, mais CF(L)Co a pas tellement le choix que de nous la vendre. Il n’y a pas assez d’interconnexions pour passer 5000 MW d’un bout à l’autre du Québec vers les marchés extérieurs et Terre-Neuve ne sera pas capable de transporter l’électricité en grande quantité vers les Maritimes par le Maritime Link (limité à 500 MW).

T-N pourrait exporter l’énergie de Churchill Falls en payant des “wheeling fees” à Hydro-Québec pour l’utilisation de son réseau - et H-Q ne pourrait pas vraiment refuser.

H-Q fait partie du FERC car ça lui permet d’exporter (notamment sur le marché “spot”) au USA via les réseaux électriques américain.

https://www.ferc.gov/formula-rates-electric-transmission-proceedings-key-concepts-and-how-participate

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Course à l’énergie éolienne au Québec : « On bouscule tout le monde »

Promoteurs, élus et citoyens subissent le « sprint » imposé par Hydro-Québec pour plus d’énergie éolienne.

Cédric Lascombe, vice-président du développement et des investissements chez Hydroméga, doit convaincre des municipalités d’appuyer ses projets d’éoliennes avant le 12 septembre.

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Publié à 4 h 00 HAE

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SALABERRY-DE-VALLEYFIELD – C’est par un petit carton d’invitation, dans sa boîte à lettres, en plein été, que Claude H Vallée a appris qu’un projet de 12 à 15 éoliennes se préparait autour de chez lui, dans ce paysage qu’il apprécie tant, « sans aucun fil ni nuisance visuelle ».

Lorsqu’il s’est présenté à la séance d’information de la compagnie Hydroméga, le 6 juillet, le retraité a eu la stupeur d’apprendre que ces éoliennes, dont la pale culmine à 205 mètres, seraient les plus hautes jamais érigées au Québec.

Claude H Vallée, résident du rang Sainte-Marie, à Salaberry-de-Valleyfield

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

M. Vallée a aussi appris qu’Hydroméga discutait avec la Ville de Salaberry-de-Valleyfield depuis le mois d’avril et qu’elle avait déjà conclu des ententes de principe avec des agriculteurs pour accueillir les éoliennes dans leurs champs. Le projet doit être soumis à l’appel d’offres d’Hydro-Québec avant le 12 septembre.

On a l’impression d’être prévenus trop tard.

Une citation de Claude H Vallée, résident de Salaberry-de-Valleyfield

Le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Miguel Lemieux, reconnaît que les citoyens et les élus doivent faire un apprentissage accéléré, alors que la municipalité n’a jamais accueilli une seule éolienne sur son territoire. Lui-même avait encore beaucoup de questions sans réponses au sujet du projet au début de la semaine dernière.

C’est sûr que, dans un monde idéal, on aurait pris beaucoup plus de temps pour s’informer, mais surtout pour informer par la suite les citoyens, assure le maire. Il raconte qu’au moment où la compagnie a rencontré les citoyens, le projet n’était pas encore complètement ficelé.

Miguel Lemieux, maire de Salaberry-de-Valleyfield

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Les délais de dépôt des soumissions sont très, très, très serrés. […] Ça nous donne peu de temps pour rétroagir par rapport aux questions et aux inquiétudes qui nous ont été soumises par les citoyens.

Une citation de Miguel Lemieux, maire de Salaberry-de-Valleyfield

La compagnie Hydroméga partage son sentiment de précipitation. On a cette urgence-là d’aller vite, admet le vice-président du développement et des investissements, Cédric Lascombe. On en a conscience, qu’on bouscule […] et que ça peut être désagréable pour les gens qui sont sur le terrain.

M. Lascombe qualifie même le processus de « sprint » depuis l’annonce de l’appel d’offres, le 31 mars.

Il faut savoir qu’historiquement, ce sont les délais les plus courts qu’on ait jamais eus au Québec pour répondre à un appel d’offres.

Les 10 zones choisies par Hydro-Québec pour l’appel d’offres du 12 septembre. Les projets retenus devront être mis en service en 2027, 2028 et 2029.

Photo : Hydro-Québec

En moins de six mois, le promoteur doit, entre autres, réaliser des mesures de vents, planifier le site d’installation des éoliennes et leur connexion, mais aussi étudier les impacts environnementaux ou encore analyser la réglementation locale.

Il doit également démontrer qu’il a informé les citoyens, répondu à leurs questions et même obtenu, par résolution des élus, l’appui officiel des communautés concernées (villes, MRC, Premières Nations), voire leur participation au projet comme actionnaires.

Je vous avoue que, si on avait deux mois de plus, on aurait le temps de faire de l’acceptabilité sociale, de bien mieux présenter le projet, avec plus de détails, plus de précisions. Je pense que ça rassurerait tout le monde.

Une citation de Cédric Lascombe, vice-président d’Hydroméga

Cédric Lascombe, vice-président du développement et des investissements chez Hydroméga

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Course contre la montre

Le gouvernement Legault a réalisé, l’an dernier, que le Québec risquait de manquer de puissance électrique d’ici quelques années. Hydro-Québec anticipe la fin des surplus dès 2027. Depuis, une course contre la montre s’est enclenchée.

Il va falloir commencer à envisager des projets éoliens massifs, prévenait le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie du Québec, Pierre Fitzgibbon, le 2 décembre.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie du Québec (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La décarbonation de l’économie québécoise entraîne une importante croissance de la demande anticipée en électricité propre. Les échéanciers de l’appel d’offres visent à répondre à cette demande, pour des mises en service dès 2027, explique le porte-parole d’Hydro-Québec, Maxence Huard-Lefebvre.

Nous jugeons l’échéancier réaliste. […] Si des promoteurs ne peuvent soumettre leur projet maintenant, il y aura d’autres occasions de le faire prochainement.

Une citation de Maxence Huard-Lefebvre, porte-parole d’Hydro-Québec

Maxence Huard-Lefebvre, porte-parole d’Hydro-Québec

Photo : Radio-Canada

L’un des promoteurs d’éoliennes au Québec, Innergex, reconnaît que certaines municipalités ont dû se sentir bousculées. Son PDG Michel Letellier trouve également que « les délais sont serrés ». « On fait avec, on s’ajuste », dit-il, mais « ça fait des étés courts ».

À la MRC de Nicolet-Yamaska, dans le Centre-du-Québec, les élus ont jugé les « délais trop courts », d’ici le 12 septembe, pour analyser un projet d’éoliennes et ils ont passé leur tour.

Nous manquons de temps pour informer la population, pour travailler en collégialité avec les conseils municipaux et le comité consultatif. Les délais s’avèrent surtout trop courts pour définir l’ensemble des conditions, comme une réglementation adaptée et sécuritaire.

Une citation de Communiqué de la MRC de Nicolet-Yamaska, le 20 juillet

Certaines municipalités sont sollicitées par deux ou trois promoteurs éoliens en même temps. Plusieurs élus sous pression ont interpellé la Fédération québécoise des municipalités (FQM) pour qu’elle les aide à prendre une décision éclairée rapidement.

« C’est un peu le far west qui s’installe »

C’est clair que les délais amènent une pression incroyable. […] C’est dommageable pour tout le monde, explique le président de la commission permanente Énergie et ressources naturelles de la FQM, maire de Saint-Cyprien et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, qui participe déjà à un projet éolien.

Michel Lagacé

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Avec la « quasi-urgence énergétique, c’est un peu le far west qui s’installe », selon lui, car « les choses se bousculent ».

M. Lagacé estime qu’un délai d’une année pour préparer l’appel d’offres d’Hydro-Québec « aurait été le minimum requis ». Sans compter les rencontres programmées avec les populations locales en plein été, pas une période idéale, ajoute-t-il.

Ça sème de l’inquiétude et ce n’est pas une bonne approche pour le développement des énergies renouvelables.

Une citation de Michel Lagacé, président de la commission permanente Énergie et ressources naturelles de la Fédération québécoise des municipalités

Bientôt des milliers d’éoliennes au Québec

Il y a actuellement 2212 éoliennes en fonction dans la province, mais avec tous les projets en cours, ce parc devrait monter à 3000 éoliennes d’ici l’année 2030, selon une compilation réalisée par Radio-Canada.

Les nouvelles éoliennes sont plus grandes et génèrent plus de puissance. Ainsi, d’ici 2030, Hydro-Québec prévoit doubler la production d’électricité générée par les éoliennes et la quadrupler d’ici 2040.

Un champ d’éoliennes à Cap-Chat, en Gaspésie

Photo : Radio-Canada / Sandra Fillion

Des millions de dollars de revenus par année pour Salaberry-de-Valleyfield

Même si la Ville n’a pas encore fait connaître officiellement sa position, le maire est de toute évidence en faveur du projet et même d’une participation de la Municipalité comme actionnaire. Selon lui, la Ville pourrait en tirer des revenus de quelques millions de dollars par année, l’équivalent des revenus de taxes foncières générés par 300 maisons.

En entrevue, Miguel Lemieux dit comprendre la réticence de certains citoyens (« les craintes sont légitimes »), mais il ajoute qu’entre un champ de maïs vide et un champ avec des éoliennes dedans, je trouve ça beaucoup plus beau avec des éoliennes, ça attire l’œil.

Pour certaines personnes, il n’y a rien de plus laid qu’une éolienne, alors que pour d’autres, c’est majestueux. Il y a même des endroits où ça devient une attraction touristique. Moi, je fais partie de ceux qui trouvent ça beau.

Une citation de Miguel Lemieux, maire de Salaberry-de-Valleyfield

Des citoyens ont formé d’urgence un comité pour s’opposer aux éoliennes à Salaberry-de-Valleyfield.

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Au même moment, des résidents des rangs Sainte-Marie et Gérard-Cadieux se mobilisent. Ils ont créé le comité Impacts-Éoliennes-Valleyfield. Ils s’inquiètent notamment de la dégradation visuelle du paysage, du bruit et d’une diminution potentielle de la valeur des propriétés dans le secteur.

Actuellement, la MRC Beauharnois-Salaberry impose une distance minimale de 500 mètres entre une éolienne et une résidence. Dans la MRC voisine du Haut-Saint-Laurent, la distance est portée à deux kilomètres.

Est-ce que les gens vont encore vouloir acheter une maison à 500 mètres d’une éolienne? Pas certain, s’interroge le producteur laitier Gérard Pittet, dont la ferme est située sur le rang Sainte-Marie.

Gérard Pittet, producteur laitier à Salaberry-de-Valleyfield

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Hydroméga a courtisé des agriculteurs avec une offre financière pour accueillir une éolienne dans leur champ. Selon le maire, ils peuvent recevoir entre 21 000 et 23 000 $ par année, un montant alléchant pour une perte d’environ un hectare de terre cultivable. Plusieurs ont accepté, mais pas Gérard Pittet, réfractaire à une telle installation chez lui.

Moi, d’emblée, je n’ai pas accepté. […] Ça ne me tente pas de me lever le matin, de voir une éolienne et d’entendre les pales.

Une citation de Gérard Pittet, agriculteur de Salaberry-de-Valleyfield

Selon le maire Miguel Lemieux, les éoliennes ne font pas plus de bruit qu’un réfrigérateur. Il s’engage toutefois à revoir la réglementation de la MRC, dont il est préfet, pour augmenter la distance minimale avec les maisons à 750 mètres. Il s’agit précisément de la distance envisagée par Hydroméga.

« On s’engage à ce que la population reçoive les informations factuelles véridiques », assure le maire. Il rappelle par ailleurs qu’un projet retenu par Hydro-Québec doit ensuite faire l’objet de consultations publiques et d’une évaluation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Les paysages du Québec seront appelés à changer avec le développement de la filière éolienne.

Photo : Associated Press / Keith Srakocic

Face à son paysage qu’il apprécie tant, Claude H Vallée, du rang Sainte-Marie, regrette qu’il n’y ait pas eu de « débat national » au sujet du développement des éoliennes au Québec.

Dans le temps, rappelle-t-il, il y a eu un débat sur la nationalisation de l’électricité et ça a donné la Manic, la Baie-James… C’est une fierté nationale et les citoyens avaient l’impression de participer à quelque chose de grand.

À Salaberry-de-Valleyfield, les citoyens pourront toujours en débattre au conseil municipal du 15 août, le dernier avant la clôture de l’appel d’offres d’Hydro-Québec.

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Reportage à Zone économie

Énergie éolienne : les méthodes d’Hydro-Québec dénoncées

Hydro-Québec cherche de nouvelles sources d’énergie. La société veut construire rapidement des dizaines d’éoliennes. Des promoteurs, des élus et des citoyens dénoncent les échéanciers trop serrés d’Hydro-Québec.

Thomas Gerbet s’est rendu à Salaberry-de-Valleyfield.

NLHydro peut exporter jusqu’à 250 MW en “wheel through” par le biais du réseau de transport d’HQ depuis 2009. Ça n’a rien de particulièrement nouveau.
https://www.releases.gov.nl.ca/releases/2009/exec/0402n06.htm

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2023-08-15/le-nucleaire-les-ges-et-le-quebec.php

Je crois bien davantage au potentiel d’ententes avec Terre-Neuve qui serait à mon avis gagnant-gagnant à plusieurs points de vue.

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Bien d’accord qu’il existe de belles possibilités gagnantes gagnantes avec T-N avec Churchill Falls.

Mais il ne faut pas sous-estimer non plus l’immense potentiel de décisions aberrantes à T-N dans ce dossier.

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Terre-Neuve va faire face au même problème que le Québec si ils veulent exporter leur énergie. Les habitants des états nordiques ne sont pas très chaud à l’idée de construire de nouvelles lignes haute tension. Il faut dire que les forêts de ces états sont largement intactes à proximité de la frontière et sert de zone récréative aux citadins qui habitent majoritairement sur le bord de la côte.

Les options de Terre-Neuve pour l’exportation sont donc de passer à travers le réseau d’Hydro-Québec, ou de construire une ligne sous-marine à grand coût le long de la côte Est des États-Unis.

Pour les curieux, j’ai trouvé ce site web il n’y a pas si longtemps de cela.

On peut y voir une bonne partie du réseau électrique haut voltage mondial. À certains endroits, on peut même voir les lignes résidentielles. On peut rapidement constater sur cette carte à quel point particulier le réseau électrique du Québec est en comparaison au reste de l’Amérique du Nord. Il y a que très peu de lignes à 735Kv sur le reste du continent. La tension d’une bonne partie du réseau est de 230 Kv, bien en deçà du 315Kv qu’on retrouve au Québec pour la deuxième couche du réseau.

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Il ne faut pas oublier l’importance de l’efficacité énergétique non plus… En 2019 le secteur résidentiel au Québec consommait beaucoup plus que le secteur résidentiel Ontarien (71 TWh vs 44 TWh). Ça s’explique beaucoup par l’utilisation de l’électricité pour se chauffer, mais c’est quand même une part non-négligeable de notre consommation.

Du côté industriel aussi il y a tout plein de choses qu’on pourrait faire. Une personne impliquée dans les projets de Bécancour me mentionnait l’autre jour qu’ils travaillent ardemment à créer des symbioses industrielles dans le Parc, justement pour utiliser les rejets de vapeur ou de gaz pour générer de l’électricité. C’est quand même cool!

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