C’est quasiment comme si on avait dû conserver notre unique centrale nucléaire pour avoir un back-up d’électricité…
En fait c’est plus qu’on devrait vraiment travailler sur l’efficacité énergétique pour aplanir la demande. Avoir gardé Gentilly-2 opérationnelle n’aurait répondu qu’à une partie de la demande en jour de grands froids.
Pour préciser, ce n’est pas la majorité de l’électricité consommée par l’ensemble de l’industrie qui provient des centrales privées, mais la majorité du tonnage d’aluminium produit, elle, provient d’usines qui disposent de leur propre production hydroélectrique donc essentiellement les installations de Rio Tinto.
Mon point portait donc sur le fait que, en termes de tonnage, une part majoritaire de la production québécoise d’aluminium est effectivement réalisée à partir d’électricité issue de centrales privées.
Le nucléaire, ce n’est pas un backup. C’est, une source dite “base load”. Ça prend beaucoup de temps à mettre en marche, et beaucoup de temps à mettre à l’arrêt. C’est donc dire qu’en dehors des périodes de maintenance, les centrales nucléaire, ça fonctionne 24 sur 24.
Sinon, il suffit de regarder au Nouveau Brunswick pour comprendre à quel point ça nous aurait couté cher de garder cette centrale. Gentilly n’est pas aux normes du jour. Si on veut du nucléaire, autant mieux construire à neuf.
Je sais bien que ça roule 24h, mais il aurait pas eu moyen d’augmenter la production lors de grands froids ? Vue que c’est une centrale où l’on a du ‘‘fuel’’ est-ce qu’on aurait pu faire la même chose que lorsque la centrale thermique au mazout de Tracy servait lors de pointe ?
Non. Mettre à l’arrêt un réacteur nucléaire peut prend des semaines, voir des mois tout dépendant du réacteur. D’ailleurs, même à l’arrêt, un réacteur continu à produire de la chaleur. Il faut donc le refroidir en permanence. Autant mieux le faire fonctionner à l’année.
C’est justement ce que je dis, on aurait pu conserver Gentilly, la faire fonctionner en permanence et augmenter la production lors de grands froids/grandes demandes
Ne pas oublier aussi que la production à Gentilly coutait 2 fois le cout de production moyen d’Hydro-Québec, donc la faire fonctionner 24h/24 pour fournir le base load n’est pas non plus la meilleure des idées.
Au Téléjournal
Deux « défaillances de puissance » chez Hydro-Québec la semaine dernière
Hydro-Québec a eu peur de ne pas pouvoir alimenter toute la population les 3 et 5 décembre derniers. La société d’État aurait émis des alertes de « défaillance de puissance » lors de ces deux journées, un événement rare qui pourrait éventuellement provoquer des délestages, soit des coupures de courant par secteur pour éviter les surcharges. Le reportage de Camille Kasisi-Monet.
Pour plus d’informations, lisez notre article : Hydro-Québec a émis deux « alertes de défaillance de puissance » | Radio-Canada
Une hausse des tarifs d’électricité est inévitable au Québec. Cela dit, une réflexion doit être menée sur le système de tarification pour financer les investissements colossaux prévus par Hydro-Québec dans la prochaine décennie, explique l’Institut du Québec (IdQ) dans une étude parue mercredi.
« Quand on a une ressource rare, c’est une bonne chose qu’il y ait un prix qui reflète sa rareté. Comme ça, on l’utilise de façon judicieuse », affirme Alain Dubuc, auteur du rapport intitulé Un éléphant dans le compteur. Pourquoi une hausse des tarifs d’électricité sera inévitable… et souhaitable.
Historiquement, ce principe a suscité peu d’intérêt au Québec, qui a longtemps vécu dans l’abondance énergétique, poursuit le conseiller à l’IdQ. Or, « quand on sait que l’électricité est au cœur du processus de décarbonation, il va y avoir des besoins énormes. Donc, l’intelligence de l’utilisation devient importante. »
L’étude de l’IdQ commence par établir certains constats. Les Québécois sont parmi les plus grands consommateurs d’électricité au monde. Malgré cela, puisque les clients commerciaux et industriels d’Hydro-Québec paient leur électricité à un prix supérieur au coût, les clients résidentiels s’en trouvent subventionnés et ne paient qu’environ 82 % du coût de l’électricité qu’ils consomment. C’est le principe de l’interfinancement.
Chronique de Francis Vailles dans la Presse sur le même sujet
La bombe à retardement des tarifs d’électricité
Question économique pour vous. Entre ces deux options, laquelle est préférable pour un gouvernement en manque de revenus : augmenter les impôts ou hausser les tarifs d’électricité ?
Pour moi, le choix est clair. Le gouvernement ne devrait pas augmenter les impôts et pénaliser le travail. En revanche, hausser les tarifs d’électricité pour freiner la surconsommation est essentiel en cette période de transition énergétique.
La réponse peut paraître évidente, et pourtant, le gouvernement caquiste fait essentiellement l’inverse, en ce moment : il plafonne la hausse des tarifs d’électricité résidentiels d’Hydro-Québec, ce qui l’oblige à combler un manque de fonds ailleurs.
En 2025, le plafond de 3 % de ces tarifs – cher à François Legault – a privé le gouvernement de recettes de 60 millions de dollars venant d’Hydro-Québec. Cette somme s’ajoute aux autres postes budgétaires pour constituer le déficit de l’année1.
Ce manque à gagner de 60 millions grossira année après année, selon les paramètres tarifaires, si bien que le gouvernement devra compenser en réduisant davantage ses dépenses ou en augmentant les impôts des travailleurs (d’où ma question de départ), par exemple.
Ouin… IdQ… Un autre think tank néo libéral…
En omettant de spécifier qu’on consomme beaucoup parce qu’on chauffe à l’électricité. On gagne quoi de hausser les tarifs si c’est pour envoyer les gens vers le gaz naturel ?
Propose-t-il une baisse de tarif l’été, lorsque la demande est beaucoup plus faible ? Non, mais tant qu’à y aller avec l’offre et la demande, aussi bien avoir un prix flottant.
Peut-être de cesser de promettre de gros bloc énergétique à des entreprises si on en a pas les moyens ! Obliger les nouvelles constructions à être plus éconergétiques ! Subventionner la géothermie de quartier !
Il y a quand même du mérite à la tarification dynamique ou la modulation selon la taille des habitations. On entre en contexte de rareté et c’est la façon la plus efficace d’influencer la demande, surtout qu’on veut juste éviter les pointes.
Tout à fait, il faut continuer d’encourager et subventionner la mise aux normes éco-énergétiques des nouvelles (et anciennes) constructions.
OUI! Ça se fait déjà en plus, non seulement dans le domaine résidentiel mais aussi dans l’industriel!
Bref. Toutes les solutions qui améliorent l’efficacité sont bienvenues.
Un article a été partagé récemment à ce sujet, mais la géothermie est vraiment très intéressante présentement avec les subventions. Je pense que ça fait un peu peur au monde en raison de la compléxité plus grande que l’installation de thermopompes, par exemple, mais avec mon propriétaire on a calculé que pour notre plex (6 logements), c’était probablement la solution de chauffage et de climatisation la moins chère.
Cependant, il me semblait que HQ devait annoncer cet été son plan de subventions ou je ne sais quoi par rapport aux panneaux solaires, mais ça n’a toujours pas été fait. Un chauffage à la géothermie + l’utilisation de panneaux solaires et de batteries permettrait pour bien des bâtiments de ne plus avoir de consommation du tout au réseau en heures de pointes, tout en évitant les désagréments des crédits hivernaux / tarif flex (aucun chauffage pendant parfois 8h par jour).
Ils ont annoncé un plan visant à atteindre 125k installations d’ici 2035 avec des subventions.
La régie de l’énergie a d’ailleurs haussé la production d’énergie par le programme de mesurage net de 50kW à 1MW.
Le problème, comme toujours, c’est que c’est les plus pauvres qui écopent à devoir soit se passer de chauffage, soit à utiliser des méthodes peu orthodoxes parce qu’ils se retrouvent trop souvent dans des logements mal isolés.
Difficile de mettre un prix dynamique sur un produit essentiel ! C’est comme si cet été, vu la sécheresse, on avait monter le prix de l’eau, soit en bouteille, soit aux compteurs. C’est déjà pénible pour bien du monde d’acheter de la nourriture…
Rien n’empêche d’avoir plusieurs niveaux de tarifications.
À la base le consommateur devrait couvrir 100% de ses coûts. Si l’hydro-électricité est une de nos richesses naturelles, pourquoi l’offrir à rabais?
Cette année, les clients résidentiels ne paient que 81,7 % des coûts réels de l’électricité qu’ils achètent. La différence est payée par les entreprises.
100% des coûts réels + 0.01$ devrait être un plancher. Le gouvernement devrait plutôt motiver les consommateurs à mieux consommer.
C’est politiquement suicidaire d’augmenter autant les tarifs donc on peut présumer que ça ne se fera pas.
Ultimement, je pense que les tarifs dynamiques ne seront plus un choix, mais l’option par défaut pour tous les consommateurs. De même, je pense que les programmes visant à aplanir la demande seront de plus en plus nombreux pour combler les lacunes ponctuelles en puissance.
Une tarification selon la superficie de la résidence ou selon la consommation ne serait pas très grave pour les plus pauvres.
Ce que je trouve étrange de la publication de l’IdQ, c’est que le tarif G, pour les entreprises, le kWh est de 11,933¢ pour les 15 090 premiers par période de 30 jours, puis 9,184¢ par la suite.
Pour le tarif D, c’est 6,905¢/kWh pour les 1200 premiers (toujours sur 30 jours), puis 10,652¢.
Donc oui, une petite résidence qui demeure sous 40kWh par jour s’en sort pas mal moins cher, mais que l’IdQ ne vienne pas me faire croire que 10,652¢ est plus petit que 9,184¢ ! Et dans la tarification LG, on parle de 4,165¢/kWh !
Effectivement, il pourrait y avoir le bloc patrimonial pour les 40kWh, puis mettre un autre tarif lorsque la consommation dépasse 100kWh dans la journée.
En fait peut être que la solution serait juste que tout le monde soit au tarif Flex et que, lors des événements de pointe, l’électricité coute plus cher…
Mais ça impacterait là aussi les ménages les moins fortunés qui habitent les vieux apparts sans même thermostats muraux et qui n’ont pas nécéssairement les moyens (par exemple, si un proprio ne veut pas faire installer les fils électriques et les thermostats intelligents) de bien gérer leur consommation en pointe.