Environnement et protection de l'eau

Dans la Presse

Réhabilitation du lac Saint-Pierre | Les agriculteurs du littoral payés pour adopter des pratiques plus vertes

Afin de réhabiliter les écosystèmes du lac Saint-Pierre – reconnu par l’UNESCO comme une réserve mondiale de biosphère –, Québec veut rétribuer les 200 entreprises agricoles qui cultivent sur son littoral si elles adoptent des pratiques durables.

Ce qu’il faut savoir

  • Encouragé par la popularité de son programme de rétribution financière des pratiques agroenvironnementales à la ferme, Québec se tourne vers le lac Saint-Pierre.
  • Près de 200 agriculteurs qui cultivent dans le littoral de cette réserve mondiale de biosphère pourront être récompensés financièrement s’ils adoptent des pratiques durables.
  • Les producteurs agricoles peuvent aller chercher jusqu’à 50 000 $ sur trois ans.
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Rapport de l’ONU/ L’eau est en état de « faillite mondiale »

PHOTO WILLY KURNIAWAN, ARCHIVES REUTERS

Une vue aérienne montre des déchets ménagers flottant sur le cours d’eau du fleuve Citarum à Bandung, en Indonésie, le 15 mars 2021.

(Paris) Après des décennies de surexploitation, pollution et pressions climatiques, le monde entre dans une ère de « faillite mondiale de l’eau » : les rivières, les lacs et les aquifères s’épuisant plus vite que la nature ne peut les reconstituer, estime un rapport des Nations Unies.

Reconnaissons cette dure réalité dès aujourd’hui avant de causer des dommages irréversibles.

Kaveh Madani, scientifique environnemental et auteur du rapport des Nations Unies

Résumé

« Les termes “stress hydrique” et “crise de l’eau” ne suffisent plus à décrire les nouvelles réalités mondiales », indique le rapport de l’Institut de l’Université des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé.

Ces termes ont été « formulés comme des alertes concernant un avenir encore évitable », mais depuis le monde est entré dans une « nouvelle phase » et de nombreux systèmes hydriques ont été irrémédiablement dégradés, nécessitant une nouvelle classification, soulignent les chercheurs.

Pour décrire la nouvelle situation, le rapport propose plutôt le terme de « faillite hydrique », une situation dans laquelle la consommation d’eau à long terme excède le renouvellement des ressources et endommage la nature si gravement que les niveaux antérieurs ne peuvent être raisonnablement rétablis.

Ce phénomène se traduit par le rétrécissement des Grands Lacs et par le nombre croissant de grands fleuves qui ne se jettent plus dans la mer pendant certaines périodes de l’année.

Les zones humides ont également disparu à grande échelle : environ 410 millions d’hectares – soit presque la superficie de l’Union européenne – n’existent plus depuis les cinquante dernières années.
Point de non-retour

Autre signe de cette pénurie hydrique : environ 70 % des principales nappes phréatiques utilisées pour l’eau potable et l’irrigation connaissent un déclin à long terme.

Les crises de type « Day Zero », quand la demande en eau dépasse les ressources disponibles obligeant à fermer les robinets domestiques et à rationaliser strictement les usages, ont tendance à se multiplier dans les villes.

Le changement climatique aggrave le problème, entraînant la fonte de plus de 30 % de la masse glaciaire mondiale depuis 1970 et la diminution des eaux de fonte saisonnières dont dépendent des centaines de millions de personnes.

Les conséquences sont visibles sur tous les continents habités, même si tous les pays ne sont pas, individuellement, en situation de pénurie d’eau, a expliqué à l’AFP Kaveh Madani, scientifique environnemental et auteur du rapport.

« Mais cela nous alerte sur le fait que de nombreux systèmes à travers le monde sont en situation de faillite », et une refonte des politiques est nécessaire, affirme le directeur de l’institut, considéré comme le « laboratoire d’idées sur l’eau » des Nations Unies, à l’origine du rapport.

Reconnaissons cette dure réalité dès aujourd’hui avant de causer des dommages irréversibles.

Kaveh Madani, scientifique environnemental et auteur du rapport des Nations Unies

Le rapport, qui s’appuie sur des données et des statistiques existantes et est basé sur une version évaluée par des pairs, « met en lumière une dure réalité : la crise mondiale de l’eau a atteint un point de non-retour », estime Tim Wainwright, directeur général de l’organisation caritative WaterAid.

Certains scientifiques non impliqués dans le rapport se sont félicités de l’attention portée à la question de l’eau, mais ont averti que la situation était très variable d’une région à l’autre et qu’une déclaration mondiale générale pourrait occulter certains progrès réalisés au niveau local.

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Québec veut reloger les poissons du pont de l’Île d’Orléans à Lévis

Québec compte remettre le quai de l’ancienne usine L’Hoir au fleuve pour en faire un habitat pour le bar rayé. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Le remplacement du pont de l’Île d’Orléans aura des conséquences jusqu’à Lévis. Québec souhaite acquérir un vieux quai sur la Rive-Sud pour le remettre au fleuve, histoire de compenser l’habitat du bar rayé détruit par la construction du nouveau pont.

Dans les derniers mois, le ministère des Transports et de la mobilité durable (MTMD) a déposé un avis de réserve sur le terrain de l’ancienne usine l’Hoir, sur la rue Saint-Laurent, à Lévis.

Le site, situé juste derrière la Maison natale Louis-Fréchette, entre la marina de Lévis et les installations de Valéro, est vacant depuis une dizaine d’années, après la démolition des ruines de l’usine d’acier inoxydable qui s’y trouvait. L’usine L’Hoir, ouverte en 1939, se spécialisait dans la fabrication des seaux en aluminium pour la collecte de l’eau d’érable, de casseroles et de cuves pour les érablières.

Le MTMD veut désormais acquérir le site par expropriation pour le transformer en habitat pour le bar rayé dans le cadre des travaux du nouveau pont de l’Île d’Orléans.

Résumé

Québec compte y démolir le quai et la jetée pour «reconfigurer le fleuve» en recréant une partie de l’habitat du bar rayé, notamment en «aménagement de plantes aquatiques pour favoriser l’utilisation du secteur par le poisson» et en «reprofilant les berges».

Il s’agira d’un des principaux «projets de compensation environnementale» liés au nouveau pont, explique Nicolas Vigneault, porte-parole du MTMD.

Dans le cadre des travaux du pont de l’Île, Québec et Ottawa se sont entendus pour compenser quelque 85 266 m2 d’habitat marin perdus. La superficie du projet de Lévis est d’environ 26 000 m2.

«Des dizaines de projets potentiels de compensation ont été analysés et présentés au MPO. Le projet de l’usine l’Hoir présentait la plus grande superficie de compensation possible en plus d’être situé dans la région, explique M. Vigneault. C’est pourquoi il a été choisi.»

L’avis de réserve déposé par le MTMD vise à compenser une partie de l’habitat du poisson qui sera empiété par le nouveau pont de l’Île d’Orléans. (Frédéric Matte/Archives Le Soleil)

Le ministère n’a pour l’instant que déposé un avis de réserve au registre foncier sur le site, une manière de signaler son intérêt pour le terrain et d’en empêcher la vente et le développement.

Mais Québec prévoit déjà que les travaux de déconstruction et de réhabilitation des berges devraient se terminer avant la fin de 2028, avec une acquisition rapide qui permettrait le début des travaux en 2027.

Le prix de l’acquisition reste à déterminer, mais l’évaluation municipale de la valeur du terrain se chiffre à 837 500 $. Le projet du nouveau pont de l’île d’Orléans, dont la facture prévue est de 2,7 milliards, prévoit cependant 25 millions pour l’ensemble des travaux de compensation.

Le terrain est une propriété d’une entreprise à numéro associée à Robin Veilleux, un homme d’affaires qui a fait fortune dans le domaine des assurances collectives. Contacté par Le Soleil , celui-ci a préféré ne pas commenter, soulignant «réserver tous ses recours» pour contester la reprise forcée de son lot.

Le ministère des Transports compte démolir la jetée et le quai de l’ancienne usine L’Hoir pour le retourner au fleuve après avoir acquis le terrain. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Redonner les berges aux citoyens

Les intentions du ministère de transformer le terrain vacant de l’usine L’Hoir et de le remettre au fleuve sont bien reçues dans le voisinage.

La Maison natale Louis Fréchette, un espace culturel situé juste derrière le site ciblé, estime que la démarche est une «occasion importante de requalifier les berges et de redonner ce secteur aux citoyens et aux résidents de la rue Saint-Laurent».

«Nous croyons toutefois essentiel que la mémoire de l’ancienne usine L’Hoir ne s’efface pas avec ces travaux, compte tenu de l’attachement que plusieurs portent à ce lieu», précise le président de son conseil d’administration, Marc-Antoine Bélanger. Il invite Lévis «à entreprendre des démarches de commémoration afin de préserver le souvenir de ce site dans notre patrimoine collectif».

La conseillère municipale du secteur, Anne-Marie Tremblay de Prospérité Lévis, a également souligné l’intention de Québec. «Le projet de réfection des berges constitue une réelle opportunité de favoriser l’accès au fleuve pour les citoyens, de renforcer l’attractivité du secteur et de générer des bénéfices environnementaux, tout en bénéficiant d’une bonne acceptabilité sociale», se réjouit-elle.

Évaluation du niveau de la mer/ Un angle mort aux conséquences planétaires

PHOTO ANNIKA HAMMERSCHLAG, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

La plage de Mêlée, au Vanuatu, presque disparue à cause de la montée du niveau de la mer et de l’érosion

La très grande majorité des évaluations scientifiques ont sous-estimé le niveau d’élévation des océans, conclut une étude parue mercredi dans la revue Nature. Conséquence : des millions de gens vivent dans des zones plus à risque qu’ils ne le croient. La montée des eaux provoquée par le réchauffement planétaire pourrait-elle se produire plus rapidement que prévu ?

La hausse du niveau des océans est-elle beaucoup plus élevée que prévu ?

À l’échelle planétaire, le niveau de la mer le long des côtes est en moyenne 37 % plus élevé que les estimations actuelles, ont calculé les chercheurs Katharina Seeger et Philip Minderhoud dans leur étude parue dans la revue Nature.

On parle tout de même d’un écart considérable, non ?

Tout à fait. Le niveau des océans est en moyenne de 20 à 30 centimètres plus élevé que les relevés officiels. Dans des régions comme l’Asie du Sud-Est ou encore dans l’océan Indien, le niveau de l’eau est en réalité de 1 à 1,5 mètre plus élevé que ce que l’on croyait.

Comment les scientifiques expliquent-ils une telle erreur d’évaluation ?

D’entrée de jeu, les auteurs signalent que la vaste majorité des analyses n’étaient pas erronées. Le problème vient plutôt du fait qu’elles utilisaient une méthodologie qui s’est avérée moins précise que prévu pour évaluer la hausse du niveau des océans. En résumé, le point de référence employé pour évaluer la hausse des océans a faussé les données.

La très grande majorité des analyses scientifiques recouraient en effet au modèle du géoïde, c’est-à-dire qu’on estimait la ligne des eaux en se fiant au niveau des terres, grâce à des données obtenues avec des observations par satellite. On utilisait donc ce modèle pour mesurer à quelle altitude se trouvent les terres au niveau de la mer, tout en supposant que ce niveau correspondait également au niveau réel de la mer.

Résumé

La hausse du niveau des océans est-elle beaucoup plus élevée que prévu ?

À l’échelle planétaire, le niveau de la mer le long des côtes est en moyenne 37 % plus élevé que les estimations actuelles, ont calculé les chercheurs Katharina Seeger et Philip Minderhoud dans leur étude parue dans la revue Nature.

On parle tout de même d’un écart considérable, non ?

Tout à fait. Le niveau des océans est en moyenne de 20 à 30 centimètres plus élevé que les relevés officiels. Dans des régions comme l’Asie du Sud-Est ou encore dans l’océan Indien, le niveau de l’eau est en réalité de 1 à 1,5 mètre plus élevé que ce que l’on croyait.

Comment les scientifiques expliquent-ils une telle erreur d’évaluation ?

D’entrée de jeu, les auteurs signalent que la vaste majorité des analyses n’étaient pas erronées. Le problème vient plutôt du fait qu’elles utilisaient une méthodologie qui s’est avérée moins précise que prévu pour évaluer la hausse du niveau des océans. En résumé, le point de référence employé pour évaluer la hausse des océans a faussé les données.

La très grande majorité des analyses scientifiques recouraient en effet au modèle du géoïde, c’est-à-dire qu’on estimait la ligne des eaux en se fiant au niveau des terres, grâce à des données obtenues avec des observations par satellite. On utilisait donc ce modèle pour mesurer à quelle altitude se trouvent les terres au niveau de la mer, tout en supposant que ce niveau correspondait également au niveau réel de la mer.

« L’hypothèse la plus courante est que le géoïde, qui est un modèle global de la gravité terrestre, représente le niveau réel de la mer. L’altitude des terres est alors souvent établie à partir de ce modèle. Mais le problème, c’est que l’océan n’est jamais vraiment au repos », a expliqué Katharina Seeger, au moment du dévoilement de l’étude. L’explication principale tient au fait que la surface des océans n’est pas un miroir plat. On a donc cru, à tort, que l’altitude « zéro » sur terre correspondait au niveau des océans.

En analysant près de 400 études sur le niveau des océans, les scientifiques ont d’ailleurs conclu que plus de 90 % des analyses utilisaient ce modèle de mesure d’élévation du terrain (land elevation measurements).

Est-ce qu’on sait pourquoi les scientifiques se fiaient à ce modèle pour estimer la hausse du niveau des océans ?

Oui. D’abord, il semble que l’abondance de données satellite pour mesurer le point de référence du géoïde permettait aux scientifiques de bâtir assez facilement des modèles pour évaluer la hausse du niveau des océans. Philip Minderhoud, coauteur de l’étude parue dans Nature, parle également d’un « angle mort », qui a été sous-estimé.

« Nous semblons être face à un angle mort interdisciplinaire entre la science du niveau de la mer d’un côté et la science des impacts des risques côtiers de l’autre », a-t-il souligné.

Quelles seront les conséquences concrètes de cette nouvelle évaluation de la hausse du niveau des océans ?

Concrètement, cela signifie que des millions des gens vivent dans des zones beaucoup plus vulnérables qu’ils le croyaient. Dans l’éventualité d’une élévation future du niveau des océans de 1 mètre, les auteurs de l’étude ont calculé que 132 millions de personnes supplémentaires devraient être déplacées. Ce sont principalement les populations les plus pauvres de la planète qui seraient affectées : notamment en Asie du Sud-Est, en Inde et Afrique de l’Est.

PHOTO BRYAN DENTON, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Un homme traversant une rue inondée à Bombay (Mumbai), en Inde

« Nous pensions avoir une marge de sécurité [buffer], une certaine quantité de temps et d’espace vertical pour adapter nos infrastructures. Mais parce que le point de départ, le niveau réel de la mer, est plus haut que les modèles que nous utilisons, cette marge est beaucoup plus petite que ce que nous avions prévu, ou à certains endroits, elle a déjà disparu », a déclaré Philip Minderhoud en conférence de presse.

La montée des océans provoquée par le réchauffement planétaire pourrait donc se produire plus vite que prévu ?

Les auteurs se défendent d’avoir réalisé une étude sur l’élévation du niveau de la mer. Ils précisent que leurs conclusions ne modifient en rien les prévisions sur les hausses futures du niveau des océans ou la rapidité à laquelle ce phénomène se produira. Mais si la tendance se maintient, la hausse du niveau des océans se produira plus rapidement du simple fait que le niveau de la mer est déjà au moins de 20 à 30 centimètres plus élevé qu’on le croyait.

« Nous sommes fondamentalement en train de perdre du temps. Si le niveau de la mer est déjà 30 centimètres plus haut aujourd’hui que ce qui figure dans votre modèle de planification, vous atteignez les niveaux de danger de 2050 bien plus tôt que prévu », soutient Philip Minderhoud.

Consultez l’étude parue dans Nature (en anglais)
Voyez une animation qui vulgarise les conclusions de l’étude (en anglais)

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La CAQ veut limiter les pouvoirs des municipalités dans la protection de l’eau :melting_face:

Le nouveau projet de règlement sur les pratiques agroenvironnementales du gouvernement du Québec limitera le pouvoir des municipalités régionales de comté (MRC) dans l’établissement de certaines règles pour assurer la protection des cours d’eau, une situation que déplore notamment la MRC de la Haute-Yamaska.

Depuis 2009, la MRC de la Haute-Yamaska, en Estrie, a adopté un règlement qui prévoit une bande de végétation « filtrante » de 3 mètres entre un champ et un fossé.

Cette mesure a pour objectif d’éviter l’érosion, qui contribue à la dégradation de la qualité de l’eau. « Le taux de respect [des agriculteurs] est vraiment excellent. Il est près de 85 % », souligne le préfet de la MRC, René Beauregard.
[…]

«Un choc de contaminants» dans la rivière Saint-Charles

Au courant de l’hiver, la neige a été poussée sur la rive de la rivière Saint-Charles. (Félix Lajoie/Le Soleil)

Un banc de neige rempli de contaminants «pollue» la rivière Saint-Charles dans Duberger Les-Saules, ce qui a valu un avis de non-conformité au propriétaire du stationnement.

Lors du passage du Soleil le 17 avril dernier dans le stationnement arrière du bâtiment commercial situé au 2000 boulevard Wilfrid-Hamel, l’amas de déneigement, parsemé de sable, de sels et d’abrasifs, fondait directement dans le cours d’eau.

«Évidemment que ça pollue la rivière, et beaucoup. Ça va directement dans la rivière, et ça a un impact majeur, surtout au printemps comme ça. C’est un choc de contaminants», soutient le directeur général de Fondation Rivières, André Bélanger.

L’amas de neige s’est répandu jusque dans le cours d’eau. (Félix Lajoie/Le Soleil)

«C’est hallucinant, c’est vraiment épouvantable», lâche M. Bélanger.

Geneviève Bergeron, directrice générale d’Agiro, un organisme qui œuvre à la protection du bassin versant de la rivière Saint-Charles, qualifie pour sa part cette situation de «problématique».

«L’existence d’un seul dépôt de neige à proximité de la rivière n’aura probablement pas, à elle seule, un impact majeur», tempère Mme Bergeron. Cependant, cette situation, cumulée avec le ruissellement des axes routiers, «contribue de façon cumulative à une dégradation de la qualité de l’eau», indique-t-elle.

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«Même si les impacts peuvent être temporaires à l’échelle locale, les contaminants ne disparaissent pas et peuvent engendrer des problématiques ailleurs dans le réseau, notamment en matière de salinité, de qualité de l’eau et d’effets indirects sur la faune et la flore», explique la directrice générale.

Ajouts de vigies

Il y a quelques semaines, un citoyen a averti Le Soleil de cette situation. Après avoir été questionnée à ce sujet par l’auteur de ces lignes, la Ville de Québec a envoyé ses inspecteurs sur place.

Un avis de non-conformité a ensuite été émis au propriétaire en vertu de l’article 11 de son Règlement sur les nuisances, qui interdit un dépôt de neige à moins de 10 mètres d’un cours d’eau, indique le porte-parole de la Ville, Jean-Pascal Lavoie.

Le banc de neige semble contrevenir à des règlements du ministère de l’Environnement. (Félix Lajoie/Le Soleil)

Québec assure être «active par rapport à la surveillance» de ce genre de situation, et ajoute que ses inspecteurs constatent «à l’occasion» ce type d’infraction.

«Nous effectuons déjà des vigies dans des secteurs propices à ces mauvaises pratiques. Notre équipe chargée des cours d’eau ajoutera une vigie dans ce secteur pour les prochaines périodes hivernales», conclut le porte-parole.

«Impossible» de confirmer le manquement

Le ministère de l’Environnement confirme de son côté que l’article 6 de son Règlement sur la gestion de la neige, des sels de voirie et des abrasifs, en vigueur depuis le 1er mars dernier, stipule que «la neige qui a fait l’objet d’un enlèvement […] doit être déposée à plus de 15 m d’un cours d’eau, d’un lac ou d’un milieu humide».

En plus du sable et des abrasifs, l’amas de neige est parsemé de déchets. (Félix Lajoie/Le Soleil)

L’article 12 du Règlement sur les activités dans des milieux humides, hydriques et sensibles précise qu’il est «interdit de déposer, de souffler ou de pousser dans un littoral, une rive ou un milieu humide […] une accumulation de neige provenant du déneigement des chemins et des stationnements, sauf dans le cas du déneigement d’un pont ou d’un barrage».

Le ministère souligne également que «l’utilisation et l’entreposage des sels de voirie sont les principales activités responsables de la problématique de salinisation des eaux douces dans le monde».

Des amendes administratives allant de 2500 $ à 5000 $ sont prévues pour les entreprises qui contreviennent à l’article 6 du Règlement sur la gestion de la neige. Des sanctions pénales allant de 7500 $ à 1 500 000 $ peuvent aussi s’appliquer.



Toutefois, pour le banc de neige du boulevard Wilfrid-Hamel, le ministère n’entend pas sévir.

«Il a été impossible pour le ministère de confirmer le manquement à la réglementation, c’est-à-dire d’avoir toutes les informations nécessaires pour constater et signifier le manquement au contrevenant, notamment qui a poussé la neige, à quelle date, etc.», mentionne le porte-parole du ministère, Frédéric Fournier.

Trudel ajustera les directives

Le propriétaire de l’immeuble du 2000 boulevard Wilfrid-Hamel, le groupe Trudel, affirme qu’il n’était pas au courant de la situation.

«Comme nous prenons connaissance de cet enjeu une fois la fonte pratiquement terminée, nous ajusterons la directive à notre sous-traitant en déneigement pour l’an prochain», répond le chef des communications du groupe Trudel, David Chabot.

«Par ailleurs, les citoyens peuvent toujours nous contacter au 418-614-1550 lors de ce type de situations. Avec plus de 50 propriétés commerciales et des centaines de contrats d’entretien, il n’est pas impossible que des ajustements soient parfois nécessaires et que nous ne voyions pas tout en temps réel», ajoute M. Chabot.

L’immeuble commercial du groupe Trudel situé sur le boulevard Wilfrid-Hamel. (Félix Lajoie/Le Soleil)

Lorsque l’entreprise a été contactée par Le Soleil vendredi dernier, le groupe Trudel n’avait pas reçu l’avis de non-conformité délivré par la Ville*.* L’auteur de ces lignes a donc informé l’entreprise de l’émission de l’avis.

«Cela soulève un grand doute sur les processus administratifs et le respect de la confidentialité si un média d’information prend connaissance avant nous de ces éléments nous concernant», déplore M. Chabot, qui a finalement reçu lundi l’avis de non-conformité.

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Une fois de plus la CAQ nous montre que l’argent est plus important que l’environnement. Et ici Frechette n’a fait que confirmer l’abandon de la protection de notre eau, vu comme une dépense que l’on peut couper, plutôt qu’un investissement essentiel pour la survie de notre biodiversité (déjà très malmené) et le développement durable de notre territoire. J’enrage!

Bulletin de santé incomplet pour les rivières québécoises

Victime des compressions budgétaires au ministère de l’Environnement, le programme de suivi de la qualité de l’eau dans les rivières du Québec bat de l’aile. Un recul qui préoccupe l’Association des biologistes du Québec.

De quel programme est-il question ?

Depuis 1979, le ministère de l’Environnement coordonne un réseau de suivi de la qualité de l’eau, le Réseau-rivières. Son mandat est d’assurer la surveillance des principales rivières du Québec.

« Les données colligées depuis 1979 permettent notamment d’évaluer l’effet des différents programmes d’assainissement mis en œuvre au cours des dernières années, d’encadrer et d’orienter les efforts additionnels qui devront être déployés dans le futur afin de préserver ou d’améliorer la qualité de l’eau », peut-on lire sur le site internet du Ministère.

Que mesure-t-on exactement ?

Les échantillons d’eau prélevés servent à mesurer notamment les matières en suspension, la quantité de nutriments dans l’eau, dont le phosphore, et plusieurs autres indicateurs physico-chimiques. C’est en quelque sorte le bulletin de santé d’un cours d’eau.

Le programme a-t-il été annulé ?

Il n’a pas été annulé, mais le nombre de suivis a été réduit et de nombreux cours d’eau ne font plus l’objet d’analyses. À la suite de compressions budgétaires, l’automne dernier, le ministère de l’Environnement a mis fin à l’échantillonnage de la qualité de l’eau dans certaines rivières. Le Réseau-rivières comptait alors 224 stations d’échantillonnage dans la province, et 143 stations ne font plus l’objet de suivis.

Une situation qui préoccupe l’Association des biologistes du Québec (ABQ). « Avec quoi allons-nous prendre des décisions [sur nos cours d’eau] si nous n’avons pas les données pour le faire ? », s’interroge Bernice Chabot-Giguère, directrice générale de l’ABQ, en entrevue avec La Presse.

Pour quelles raisons a-t-on mis fin à ces suivis ?

Plus de détails

Il semblerait que les motifs à l’origine de cette décision soient strictement budgétaires. « Cette révision est requise en raison des récentes mesures annoncées par le gouvernement visant notamment à réduire les effectifs, et ce, sans toucher aux services directs à la population », a indiqué le ministère de l’Environnement à Radio-Canada en octobre dernier.

On ne fait plus aucun suivi des rivières ?

Le Ministère continue de suivre certaines rivières, précise Karine Dauphin, directrice générale du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ). « Ils se concentrent sur les rivières les plus contaminées au Québec. […] On a du mal encore à parler de gestion durable de l’eau parce qu’on est dans une logique de coupures [budgétaires], on s’intéresse seulement à l’urgence. »

Une logique qui nous prive collectivement de précieuses données sur l’état de santé de nos rivières, juge Mme Dauphin. Une rupture dans le temps dans la collecte de ces informations n’est pas sans conséquence, ajoute-t-elle. « Les OBV [organismes de bassins versants] se basent sur la science pour pouvoir trouver des consensus entre les différents acteurs. Mais sans la science, c’est compliqué de déterminer les meilleures décisions à prendre et de donner des informations aux décideurs. »

Quels sont les impacts d’un tel recul ?

Bernice Chabot-Giguère craint que le ministère de l’Environnement ne perde encore plus d’expertise. « Ça ressemble à un désengagement complet. On nous dit que c’est temporaire, mais ça ne le sera probablement pas. Il y a de quoi s’inquiéter ! »

S’il y a un problème dans un cours d’eau, ça nous permet de faire les meilleures actions possible, souligne Karine Dauphin. « On va avoir des facteurs aggravants avec les changements climatiques, ça serait important de faire ces suivis pour mesurer leur impact », ajoute-t-elle.

Québec abandonne le suivi des plages

Le ministère de l’Environnement a annoncé récemment qu’il mettait fin au programme Environnement-Plage, qui permettait de suivre la qualité de l’eau de plus de 150 plages au Québec. Une décision prise dans la foulée des compressions budgétaires au sein de l’appareil gouvernemental. Le programme créé dans les années 1970 n’était pas obligatoire, mais bon nombre de plages y participaient pour garantir la qualité de l’eau à leurs baigneurs. Sur son site internet, le Ministère mentionne que « désormais, l’échantillonnage de l’eau des plages publiques est exclusivement de la responsabilité des exploitants de plages ».

Lisez la lettre ouverte de la directrice générale de l’ABQ

Pendant ce temps:

Route 138 sur la Basse-Côte-Nord /Québec construira un pont vers nulle part

Un pont ne menant nulle part sera construit l’été prochain en Basse-Côte-Nord, sur l’une des dernières rivières à saumon intactes du Québec, avant l’entrée en vigueur de mesures de protection du gouvernement fédéral.

Résumé

Le ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec (MTMD) maintient la construction d’un pont sur la rivière du Gros Mécatina, même s’il a suspendu indéfiniment la construction de la route sur laquelle il devait déboucher.

« On termine le pont, mais il ne se rendra pas sur une route », a confirmé à La Presse Alexandra Houde, porte-parole du Ministère.

PHOTO FOURNIE PAR JEAN-FRANÇOIS PERRON

La rivière du Gros Mécatina, en 2025

Le pont et la route à construire représentent un petit tronçon d’une trentaine de kilomètres faisant partie du prolongement sur 425 kilomètres de la route 138 entre Kegaska et Vieux-Fort.

Les travaux de construction de ce tronçon devant relier les villages de Tête-à-la-Baleine et La Tabatière ont commencé en 2024.

Un premier segment de 9 km est sur le point d’être terminé, mais l’attribution des contrats pour la portion restante a été suspendue, Québec invoquant des « contraintes budgétaires ».

Le MTMD dit ignorer quand le chantier pourrait être relancé.

« Ça dépendra du budget gouvernemental, a déclaré Mme Houde. À un moment donné, ça va repartir. »

Un chantier de 80 millions

Le coût des travaux en cours s’élève à 80 millions de dollars, indique le MTMD, qui dit ignorer combien il devrait verser en pénalités si la construction du pont devait être suspendue.

« Cette question étant hypothétique, il n’est pas possible d’évaluer le coût », a déclaré Mme Houde.

Les travaux sont réalisés par l’entreprise Construction Deric, qui n’a pas voulu faire de commentaires.

Le contrat pour ce segment a été attribué de gré à gré, en vertu d’une entente entre Québec et la communauté innue de Pakua Shipu visant à favoriser l’emploi de travailleurs locaux – il n’a pas été possible de joindre la communauté, mercredi.

Construire ce pont sans la route est du « gaspillage d’argent public », alors que des infrastructures existantes dans la région manquent d’entretien, s’insurge Nancy Bobbit, propriétaire d’une pourvoirie située sur la rivière du Gros Mécatina.

Mme Bobbit a multiplié en vain les démarches auprès de Québec, avec l’appui d’organisations de protection du saumon, pour tenter de faire changer le tracé de la route, affirmant que celui qui a été retenu est le « pire » possible pour le poisson1.

« La majorité des gens ici pensent que la route ne verra jamais le jour », ajoute-t-elle, rappelant que c’est la seconde fois que le projet est suspendu.

Le braconnage facilité ?

En plus de risquer de causer un « tort irréparable » au saumon en perturbant son habitat2, la construction du pont facilitera le braconnage, déplore la biologiste Valérie Ouellet, vice-présidente recherche et environnement de la Fédération du saumon atlantique.

« Avec les piliers, le pont va permettre d’installer des filets pour intercepter le saumon », explique Valérie Ouellet, soulignant que l’ouvrage sera aménagé dans un corridor de migration névralgique.

La Presse tente depuis 2025 de connaître les mesures antibraconnage prévues par le ministère des Transports, mais ce dernier refuse de les dévoiler, affirmant que le faire nuirait à leur efficacité – La Presse conteste ce refus devant la Commission d’accès à l’information du Québec.

Le ministère des Transports n’a pas donné suite aux différentes propositions de collaboration de la Fédération du saumon atlantique (FSA) et de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA) visant à trouver des mesures de mitigation, déplorent les deux organisations.

« L’ensemble de l’œuvre me déçoit énormément », dit le président de la FQSA, Normand Fiset.

Pas d’examen du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), pas d’étude exhaustive sur le saumon, énumère-t-il, ajoutant que le Ministère s’est basé sur un avis datant de 2011 pour conclure que le projet n’aurait pas d’effet significatif sur ce poisson.

Mesures fédérales

Pendant que Québec s’apprête à construire un pont dans une rivière à saumon, Ottawa vient d’annoncer des mesures de protection de ce poisson totalisant 81,7 millions de dollars sur cinq ans.

L’argent servira à « stabiliser et reconstituer les populations de saumon de l’Atlantique grâce à la restauration [d’habitats] et la surveillance d’environ 50 cours d’eau », indique la Stratégie du Canada pour protéger la nature, dévoilée récemment.

Le ministère des Pêches et Océans dit cependant ignorer pour l’instant quels cours d’eau seront ciblés et n’a pas indiqué quand ces mesures seront mises en œuvre.

Le gouvernement québécois a de son côté reconduit les restrictions à la pêche sportive au saumon qui étaient en vigueur en 2025 dans la plupart des rivières de la province, dont celle du Gros Mécatina.

« Cette décision découle de la faible montaison des grands saumons observée en 2024 et 2025, et de la faible montaison des petits saumons observée en 2023 et 2024 », indiquait le communiqué.

1. Lisez « “L’un des pires tracés” possibles pour le saumon » 2. Lisez « Une action en justice intentée contre Québec »

Une « cour à scrap » restaurée en milieu humide à Québec

La Capitale-Nationale a été pendant plusieurs années l’endroit au Québec où le plus grand nombre de milieux humides étaient détruits.

Le projet de sept millions de dollars est admissible à une subvention de trois millions de dollars du gouvernement du Québec.

Photo : Radio-Canada

La Ville de Québec annonce la restauration des milieux humides sur un terrain d’une superficie de 2,5 hectares dans le secteur du Lac-Saint-Charles. Le projet de sept millions de dollars sera lancé cet automne et a pour objectif de protéger la prise d’eau potable de la rivière Saint-Charles.

Le site situé à l’intersection de la rue Roussin et de l’avenue du Lac-Saint-Charles a longtemps été occupé par plusieurs types d’activités industrielles, dont une casse automobile à une certaine époque.

“On est entre le lac Saint-Charles et la prise d’eau, à trois kilomètres de la rivière, c’est vraiment un site hyper stratégique”, commente la conseillère municipale Marie-Josée Asselin.

Les travaux de restauration doivent débuter cet automne et durer deux ans. Par la suite, la Ville de Québec a l’intention d’aménager des sentiers et des belvédères pour permettre à la population d’accéder au site.

Entre avoir une cour à scrap comme voisin, ou avoir ce projet-là, je pense que c’est tout à l’avantage des citoyens.

Une citation de Marie-Josée Asselin, conseillère municipale responsable des dossiers d’environnement à la Ville de Québec La responsable des dossiers d’environnement au sein de l’administration Marchand souligne aussi que la restauration de milieux humides peut aider à prévenir les inondations dans un contexte de changements climatiques. En venant recréer un milieu naturel avec une meilleure perméabilité de l’eau, c’est sûr qu’on va contribuer à diminuer le risque.

Des compensations depuis 2017

Dans un effort pour protéger les milieux humides, le gouvernement du Québec impose des frais de compensation chaque fois qu’un milieu humide est détruit. Selon le Devoir, à la fin de 2025, la loi adoptée en 2017 avait permis d’accumuler 270 millions de dollars pour financer des projets de restauration à l’état naturel.

Pendant plusieurs années, la région de la région de la Capitale-Nationale était l’endroit au Québec où le plus de milieux humides avaient été détruits.

La conseillère Marie-Josée Asselin affirme que la Ville de Québec a depuis radicalement changé d’approche alors que, depuis mars 2025, 98 % des milieux humides sont maintenant assujettis à un moratoire sur les projets de construction.

Plusieurs hectares de milieux humides sont néanmoins appelés à disparaître dans les prochaines années. À elle seule, la construction du garage pour le tramway dans le secteur le Gendre empiètera sur huit hectares de milieux humides.

D’autres disparaîtront aussi avec le projet du boisé des Châtels, bien que les deux tiers des espaces naturels seront protégés.

La surconsommation de sable alarme l’ONU

PHOTO DINUKA LIYANAWATTE, ARCHIVES REUTERS

Travaux d’extraction de sable à Colombo, au Sri Lanka, en 2017

À l’instar de l’eau, une autre ressource naturelle essentielle au développement humain et à la santé des écosystèmes de la planète – le sable – risque de devenir une source importante de tensions si rien n’est fait pour endiguer sa consommation effrénée.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) s’alarme de la situation dans un nouveau rapport et presse les États de désigner formellement le matériau comme « une ressource stratégique nationale » pour en assurer une gestion plus responsable.

Pascal Peduzzi, qui a chapeauté le rapport, note en entrevue qu’environ 50 milliards de tonnes de sable sont utilisées chaque année dans le cadre de projets d’infrastructure en tout genre.

« C’est l’équivalent d’un mur de 27 mètres d’épaisseur et de hauteur faisant le tour de la terre en suivant l’équateur… On l’utilise à une vitesse phénoménale », prévient M. Peduzzi, qui s’étonne de voir déjà apparaître des pénuries dans certaines régions.

La demande de sable a triplé de 2000 à 2022 en raison de la croissance de la population mondiale, de l’urbanisation et de l’expansion économique, alimentant un marché d’une valeur estimée à plus de 650 milliards de dollars.

Cette consommation est rendue encore plus préoccupante, dit le représentant de l’UNEP, par le fait que le rôle joué par le sable dans la nature – par exemple pour le filtrage de l’eau, la régulation des rivières, la protection des côtes et le maintien de la biodiversité – est souvent ignoré.

Le cas de Manille

Le rapport onusien relève que l’extraction du sable peut notamment affecter de manière irréversible des habitats naturels liés aux industries de la pêche et du tourisme.

La question n’a rien de théorique pour des milliers de pêcheurs philippins qui ont été frappés de plein fouet par le développement d’un nouvel aéroport international à Manille.

Dans le cadre du projet, une firme néerlandaise qui exploite des navires agissant comme des « aspirateurs géants », Boskalis, a retiré plus de 150 millions de mètres cubes de sable et les a transférés vers le futur site de l’aéroport, à plusieurs dizaines de kilomètres, pour créer un terrain de près de 1700 hectares dans une zone partiellement submergée.

Selon l’UNEP, les pêcheurs vivant dans la région où le sable a été aspiré ont vu leurs prises chuter considérablement en raison de l’impact de l’intervention sur la faune et la flore marine, ce qui compromet leur sécurité économique.

(…)

Rejet de substances nocives dans l’eau/ ArcelorMittal écope d’une amende record de 100 millions

Les étendues d’eau touchées par les rejets sont multiples : la petite rivière Manicouagan et le lac Irène, mais aussi des affluents du lac Saint-Ange, dont le sous-bassin-versant est un tributaire important de la rivière Moisie (photo).

L’exploitant minier ArcelorMittal devra payer une amende de 100 millions de dollars, pour une centaine d’infractions reliées au rejet de substances nocives dans les eaux de la Côte-Nord québécoise. Il s’agit d’une sanction record dans l’histoire canadienne.

ArcelorMittal Exploitation Minière Canada a plaidé coupable à 100 chefs d’accusation vendredi à la Cour du Québec, qui l’a condamné à verser 99 999 900 $ au Fonds pour dommages à l’environnement du gouvernement du Canada.

La société a « illégalement immergé, rejeté ou permis le rejet de substances nocives dans des eaux où vivent des poissons », ce qui contrevient à la Loi sur les pêches, annonce le ministère fédéral Environnement et Changement climatique Canada (ECCC).

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Cette importante pénalité concerne différents rejets de substances nocives — effluents à bas pH (acide), contenant des concentrations élevées de zinc, de nickel ou de matières en suspension, et toxiques pour les poissons — survenus entre 2014 et 2022.

Les rejets d’ArcelorMittal, qui est le plus important fournisseur de minerai de fer canadien pour le marché mondial de l’acier, ont affecté plusieurs zones des sites de Mont-Wright et de Fire Lake, sur la Côte-Nord.

Les étendues d’eau touchées sont multiples : la petite rivière Manicouagan et le lac Irène, mais aussi des affluents du lac Saint-Ange, dont le sous-bassin-versant est un tributaire important de la rivière Moisie.

C’est du passé, plaide ArcelorMittal

Me Donald Barnabé, l’avocat responsable du dossier, s’est dit satisfait de ce résultat, au téléphone avec La Presse.

Les démarches du gouvernement canadien ont duré huit ans et en contrepartie, la société minière devra également rembourser 250 000 $ en frais d’enquête, mentionne-t-il.

C’est une sentence qui est proportionnelle à la gravité des infractions.

Me Donald Barnabé, avocat responsable du dossier

Selon les enquêtes des agents d’ECCC, la mauvaise planification des activités, l’inefficacité des mesures de mitigation et l’absence de systèmes de traitement des effluents robustes sont en cause.

De son côté, ArcelorMittal Exploitation minière Canada a reconnu ses torts, dans un communiqué publié vendredi, mais insiste pour dire que « la plupart des problèmes liés à cette plainte remontent à il y a huit ans ou plus ».

« Le règlement conclu et annoncé aujourd’hui marque la fin de ce chapitre », a déclaré Mapi Mobwano, PDG de la société. « Depuis, nous avons investi 419 millions de dollars canadiens pour améliorer la gestion de l’eau sur le site. […] Je suis convaincu que les mesures que nous avons prises permettront d’éviter de telles situations à l’avenir. »

Sous ordonnance de la Cour, ArcelorMittal devra aussi produire un plan d’action détaillé qui précisera notamment les mesures de gestion des effluents des deux complexes miniers concernés. Ce plan devra être remis au ministère d’ici la mi-février 2027.

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Encore la CAQ qui retarde les projets :expressionless:

Texte d’Alexandre Shields dans Le Devoir

Même si les gouvernements du Québec et du Canada avaient promis un agrandissement majeur de la plus importante aire marine protégée de la province avant la fin de 2025, le projet se heurte à des obstacles du côté du gouvernement du Québec, a appris Le Devoir. Les délais qui s’allongent risquent d’ailleurs de reporter cette annonce bénéfique pour la protection de la biodiversité au-delà des prochaines élections provinciales.

Québec et Ottawa avaient annoncé en mars 2023 leur intention de quadrupler la superficie du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, qui est situé au cœur de l’estuaire du Saint-Laurent et qui englobe une partie de la rivière Saguenay.

Ce projet, évoqué à plusieurs reprises depuis la création du parc marin, en 1998, doit permettre de faire passer la superficie de cette aire marine protégée à près de 4500 km2. Cette expansion permettrait de couvrir la totalité de l’habitat estival du béluga, une espèce en voie de disparition qui a motivé la création du parc marin.

Les deux ordres de gouvernement, qui doivent achever le projet conjointement, avaient prévu que l’agrandissement serait réalisé avant la fin de 2025. Or, selon ce qu’a appris Le Devoir, des obstacles principalement techniques du côté du gouvernement du Québec retardent l’annonce du projet.
[…]

Les gouvernements du Québec et du Canada ont décidé de sabrer dans des mesures de protection du chevalier cuivré, une espèce au seuil de l’extinction, a appris Le Devoir. Ces décisions surviennent alors que le fédéral est poursuivi pour avoir autorisé le port industriel de Contrecœur à détruire une partie de l’« habitat essentiel » à la survie de ce poisson qui existe uniquement au Québec.

Selon ce qu’on peut lire dans un document obtenu par Le Devoir, le gouvernement caquiste a décidé de « suspendre » la publication des « nouveaux plans de rétablissement » du chevalier cuivré, mais aussi les rencontres de « l’Équipe de rétablissement » de cette espèce en voie de disparition, et ce, pour au moins un an.

Cette équipe, qui existe depuis plus de 20 ans, compte notamment le ministère de l’Environnement du Québec, Pêches et Océans Canada (MPO), Parcs Canada, des comités voués à la protection des cours d’eau, mais aussi le Biodôme de Montréal. Ce regroupement d’experts, de scientifiques et de représentants du gouvernement du Québec et du Canada coordonne les efforts de conservation de cette espèce dont l’habitat se limite à une petite portion du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Richelieu.
[…]

Des temps difficiles pour l’environnement et la biodiversité, comme si la nature était une option dont on pourrait se passer. Pourtant chaque espèce animale ou végétale, produit de millions d’années d’évolution, joue un rôle clé irremplaçable dans l’équilibre naturel d’un territoire donné.

Déjà que les changements climatiques (causés par l’homme) contribuent grandement à la disparition rapide de plusieurs espèces, des décisions économiques malavisées en rajoutent une couche. C’est ainsi que pour des économies de bout de chandelle, on brade notre environnement pour toujours plus de profits, comme si notre environnement était une marchandise dont on peut se passer comme toute autre.

Bien sûr la CAQ est partie prenante de cet odieux marchandage, puisque depuis son premier mandat ses ministres de l’environnement ont toujours été à la solde des entreprises, plutôt qu’à la défense d’un environnement de plus en plus menacé. Or la précieuse qualité de vie des générations futures dépendra de nos choix actuels. Ce qui se traduit par une trahison envers le bien-être de la population qui devient victime de l’irresponsabilité de son propre gouvernement.

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Dans La Presse

Le Québec pourrait-il manquer d’eau au cours des prochaines années ?

Le Québec, paradis de l’eau, pourrait-il en manquer au cours des prochaines années ? C’est ce que craignent des élus et des organisations environnementales qui demandent à Québec de déclencher rapidement un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour aborder cet enjeu.

« Mon souhait ultime, ce serait que le Conseil des ministres se penche là-dessus avant la fin de la session, d’ici les vacances de l’été », lance Lise Michaud, mairesse de Mercier, municipalité voisine de Châteauguay, en Montérégie.

Si l’élue juge la situation si urgente, c’est que l’épuisement des sources d’eau souterraines s’accélère dans l’ouest de la Montérégie, où environ 40 % de la population compte sur la nappe phréatique pour son alimentation en eau potable. Conséquence : il faut creuser de plus en plus profondément pour rejoindre les sources d’eau souterraines.
[…]

Comme le gouvernement de Legault a un bilan environnemental désastreux, pas étonnant que la pression monte à propos de l’eau, parce que justement la CAQ n’a jamais pris les bonnes décisions en matière de gestion responsable autant de l’eau, que du territoire, que de la faune. On est dans une course à la croissance et à l’enrichissement depuis près d’une décennie, sans toutefois tenir compte des véritables enjeux et capacités de nos réserves naturelles pour en assurer la durabilité à long terme.

Donc cette course effrénée supposée nous enrichir, est en fait en train de nous appauvrir, en diminuant le volume de la ressource qui n’a pas le temps de se recharger adéquatement. Pourtant c’est pour cela que le ministère de l’Environnement a été institué à l’origine. Afin de nous guider sagement dans le recherche et développement avec comme objectif de trouver des solutions pérennes, ce qu’il ne fait plus (ou très mal) depuis trop longtemps déjà.

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Je connais pas mal de monde qui habitent sur le territoire de la SCABRIC et qui ont des puits, l’été dernier, avec la sécheresse, nombreux ont eu leurs puits asséchés pendant des semaines, du jamais vu. Surtout dans les hautes terres de Saint-Rémi / Saint-Michel / Saint-Mathieu.

Il n’y a pas non plus énormément de données disponibles sur l’état de l’aquifère. De mémoire, la dernière fois que j’ai travaillé avec ces données cependant, il y a une diminution statistique du niveau de la nappe phréatique dans cette région depuis 20-30 ans, ainsi qu’une augmentation de sa température. Dans ces secteurs presque exclusivement agricoles, il n’y a pratiquement plus aucun boisé, plus aucun milieu humide, c’est une exploitation très intensive de la terre qui ne permet pas d’emmagasiner l’eau de façon durable. Au printemps, les champs sont doublement drainés vers les rivières linéarisées, ce qui entraine de graves problèmes d’érosion, d’inondation et de perte de biodiversité au lieu de remettre cette eau dans la nappe phréatique. L’été, il y a une surutilisation de la ressource pour que ce soi durable. Bref, ce travail de consultation est vraiment nécessaire, car la situation actuelle est mathématiquement incorrecte.

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Planète bleue, idées vertes

Fini, l’arrosage des pelouses à Saint-Hyacinthe

Les pelouses vont tirer sur le jaune cet été à Saint-Hyacinthe. Dans un geste sans précédent, la municipalité de la Montérégie a interdit d’arroser le gazon avec de l’eau de l’aqueduc jusqu’au 31 août1. Sans quoi, une bonne journée, il n’y aura plus suffisamment d’eau potable pour approvisionner tout le monde, prévient le maire.

« Il y a des limites à pomper l’eau de la rivière Yamaska », résume le maire André Beauregard.

La mesure est en vigueur depuis le 1er juin. Dans un avis public, l’administration de la ville de Saint-Hyacinthe explique à ses citoyens qu’une pelouse jaunie ou brunie n’est pas nécessairement « morte ». Elle est en « dormance ». La pelouse retrouvera sa couleur verte dans les 10 à 14 jours suivant la pluie, assure le Service de l’environnement public.

Joint entre deux réunions, le maire de la plus grande ville du territoire maskoutain explique que l’interdiction d’arroser s’étendait jusqu’à la fin juillet l’été dernier. Sauf qu’une fois l’interdiction levée, les citoyens se sont mis à arroser à l’extrême. Dès le lendemain, la demande à l’aqueduc municipal d’eau potable a grimpé de 10 %, pour atteindre un sommet de 1 187 712 mètres cubes d’eau distribués.

La municipalité estime la consommation citoyenne sur son territoire à 156 litres par personne par jour. C’est moins que la moyenne provinciale résidentielle de 245 litres par personne par jour. En Ontario, la moyenne est moindre, à environ 184 litres par jour.

Afin de préserver les ressources, des inspecteurs vont patrouiller dans les rues cet été. Les récalcitrants s’exposent à des amendes allant de 500 $ jusqu’à 1000 $ en cas de récidive. La nouvelle directive est la suivante : ne pas tondre son gazon trop court. La Ville recommande une hauteur de 8 centimètres et tolère jusqu’à 14 centimètres.

Ailleurs au Québec, les pelouses jaunies, dites « écopelouses », se multiplient. La Ville de Shawinigan a été pionnière, en 2023, avec une interdiction totale d’arrosage du gazon avec de l’eau potable. Dans cette ville comme à Saint-Hyacinthe, un programme de subvention est proposé à l’achat d’un baril de récupération de l’eau de pluie.

(…)

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Santé des océans

L’ONU appelle à l’« action urgente »

La situation des océans « s’aggrave », s’alarme l’ONU dans un rapport scientifique qui a mobilisé des centaines de scientifiques sur plusieurs années, appelant les États à l’« action urgente » devant l’accélération du réchauffement, la pollution et la mise en danger de la vie sous-marine.

« L’océan est le fondement de la vie sur Terre. Mais sa santé est gravement menacée, car les écosystèmes et les habitats approchent ou dépassent des points de basculement critiques », écrivent les auteurs du rapport publié lundi auquel ont contribué 600 scientifiques issus de 86 pays.

En préambule de cette troisième Évaluation mondiale de l’océan (WOA III) de 1350 pages qui s’intéresse à la période entre 2018 et 2023, les auteurs jugent que « ses conclusions exigent une action urgente ».

« Nous ne pouvons pas continuer à considérer l’océan comme une ressource inépuisable », a de son côté commenté le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, cité dans un communiqué.

« Ce rapport doit servir de signal d’alarme urgent », a aussi réagi l’ONG Greenpeace dans un communiqué, appelant à « créer des sanctuaires marins entièrement protégés qui interdiront toute activité humaine d’exploitation », en référence à la pêche industrielle et à l’extraction de minéraux en eaux profondes.

L’eau se réchauffe et monte plus vite

Le rapport met en avant les multiples « pressions » auxquelles font face les océans, qui altèrent leurs propriétés physiques et chimiques, du changement climatique à la pollution en passant par la démographie à l’heure où 37 % des humains vivent à moins de 100 km des côtes.

L’une des résultantes est leur réchauffement accéléré : 16 % de la totalité du réchauffement des océans depuis 70 ans s’est produit depuis 2018.

Jouant naturellement le rôle capital d’amortisseur climatique en absorbant les excès de chaleur, ils font face désormais à une acidification accrue, relève le rapport.

Le réchauffement a aussi pour effet d’accélérer la montée des eaux à travers la dilatation des océans, en plus de la fonte des glaces. De 2 millimètres en moyenne par an avant 2015, la montée des océans est passée à 4,3 millimètres par an en 2023.

D’ici 2035, l’hypothèse d’un océan arctique sans aucune glace en fin d’été est désormais considérée comme possible, relèvent aussi les auteurs.

Les pollutions s’aggravent

La biodiversité souffre davantage

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à Zone Info

Vers des pénuries d’eau au Québec ? | Zone Info

Pendant longtemps, le Québec s’est cru à l’abri des pénuries d’eau. Pourtant, en Montérégie, des puits s’assèchent, des agriculteurs doivent renoncer à certaines cultures et les nappes phréatiques peinent à se recharger.

Face à cette réalité, des élus et des experts réclament la tenue d’un BAPE afin de réfléchir à ce qui pourrait devenir l’un des grands défis environnementaux des prochaines décennies.

Entrevue avec la mairesse de Mercier, Lise Michaud.

et au Téléjournal

Pénuries d’eau au Québec : le déclenchement d’un BAPE réclamé

Les pénuries d’eau ne sont plus un scénario théorique. Dans certaines régions du Québec, l’approvisionnement commence déjà à montrer des signes d’essoufflement. Face à cette situation, des élus et des groupes environnementaux réclament un BAPE sur la gestion de cette ressource essentielle.

Entrevue avec Daniel Pilon, président de la Société de conservation et d’aménagement des bassins versants de la zone Châteauguay (SCABRIC).

et reportage à CBC

Are groundwater reserves on Montreal’s South Shore at risk?

Environmental organizations and municipalities say groundwater levels in Montérégie-West are lower than normal, and they’re calling on the Quebec government to hold a provincewide evaluation. According to the Environment Ministry, 27 per cent of the Montérégie population relies on the area’s groundwater.

Dans La Presse, dossier en 3 articles

Montérégie | À Les Cèdres, un égout en pleine nature

En Montérégie, Les Cèdres a pris le contrôle d’un égout privé qui multiplie les infractions depuis des années, à la barbe du ministère de l’Environnement. Sans aide pour réparer l’usine d’épuration décrépite, la municipalité rejette dans la nature les déjections des habitants de tout un quartier, avec la « tolérance » du gouvernement. Un dossier d’Hugo Joncas