Environnement, biodiversité et transition écologique

Le captage demeurerait tout de même marginal et ne compenserait absolument pas pour l’augmentation de la pollution carbone qui continuerait d’augmenter considérablement avec la croissance de l’exploitation. Par ailleurs je ne suis pas du tout convaincu parce que ça sent le greenwashing à plein nez de la part des pétrolières, dont l’objectif premier demeure encore et toujours l’enrichissement des actionnaires, en dépit de la menace bien réelle et accélérée des changements climatiques. :grimacing:

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Ce gouvernement :rage:

Le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, annoncera aujourd’hui qu’il compte réduire les délais pour les autorisations environnementales de moitié, les faisant passer de 18 à 9 mois en moyenne, ont confié des sources à Radio-Canada.

Ainsi, le gouvernement espère donner un coup d’accélérateur aux grands projets énergétiques, miniers, industriels et de transport.

La cible : rendre la démarche plus efficace sur le plan administratif en réduisant la bureaucratie et en allégeant certaines étapes, quitte à ce que certaines disparaissent si le gouvernement évalue qu’elles ne sont pas nécessaires.

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Au moins, il n’y aura pas de réduction des exigences environnementales pour les grands projets, contrairement au fédéral où celles-ci ont été revues à la baisse.

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L’actualité verte de la semaine

Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs

Publié à 8 h 00

Sara Champagne La Presse

Relocalisation réussie d’un caribou

Une opération a permis de relocaliser un caribou montagnard dans le secteur de Cloridorme, en Gaspésie. L’imposant caribou a déambulé avec nonchalance au cœur du village à la fin de novembre. Une équipe de la faune, un biologiste et un vétérinaire du ministère de l’Environnement (MELCCFP) ont permis son retour dans la forêt en ayant recours à une anesthésie. L’animal n’a pas été blessé, il est en parfaite santé. Sa présence près de la route 132 et des habitations représentait un risque tant pour le caribou que pour les gens et automobilistes, explique le Ministère, qui demande aux citoyens de signaler au moyen d’un formulaire si un caribou est observé dans leur région.

Consultez le formulaire

Les forêts africaines carbonées

Vue aérienne du parc national d’Odzala, en République du Congo

L’exploitation forestière et minière détruit les forêts tropicales africaines de la République du Congo et de la République démocratique du Congo, au point où elles deviennent une source de carbone au lieu d’aider à décarboner la planète. Des chercheurs de l’Université de Leicester, au Royaume-Uni, en viennent à ce constat après avoir analysé la perte de biomasse à partir de mesures sur des images satellitaires. Chaque année, de 2011 à 2017, les forêts africaines ont perdu 106 millions de tonnes de biomasse (l’équivalent d’environ 200 millions de tonnes d’émissions de CO2 par an). L’étude ne tient pas compte de la perte des tourbières humides. Lors de la COP30 sur le climat, le mois dernier, le Brésil a annoncé la création incertaine du Fonds pour les forêts tropicales éternelles.

Consultez l’étude parue dans Nature (en anglais)

Du café plus amer à cause du climat

Un barista vérifie des grains de café fraîchement torréfiés dans un café de São Paulo, au Brésil.

Afin de s’adapter aux changements climatiques, des producteurs de café brésiliens cultivent des variétés de café plus résistantes à la chaleur. Du café plus amer, avec une forte teneur en caféine une fois versé dans la tasse. Le Brésil est l’un des plus grands producteurs mondiaux de grains de café arabica, très aromatiques et doux. Mais à cause des sécheresses, certains agriculteurs se tournent vers les grains robusta, moins vulnérables à la chaleur (hausse de la production de 23 % en un an), ont constaté des analystes de la firme de services financiers StoneX. Avec les prix du café qui ne cessent d’augmenter, le robusta représente également une option moins chère pour les buveurs, estiment les observateurs.

Consultez le rapport sur le marché du café en 2025

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-08/l-actualite-verte-de-la-semaine.php

Planète bleue, idées vertes Faire passer l’amiante de poussière toxique à trésor vert

Les haldes de résidus d’amiante font partie du paysage de Val-des-Sources. Ces déchets pourraient être transformés pour être réutilisés.

(Val-des-Sources) L’amiante, symbole de la gloire puis de la chute de Val-des-Sources – auparavant Asbestos – pourrait faire un retour. Une nouvelle recette québécoise de transformation des résidus du minéral pourrait ramener des milliers d’emplois en Estrie dans les prochaines années, tout en dépolluant les sols contaminés par ce qu’on surnommait autrefois l’or blanc.

Publié à 6 h 00

Sara Champagne La Presse
François Roy La Presse

Dans une usine pilote à quelques rues de la fosse de l’ancienne mine Jeffrey, des experts disent avoir trouvé le filon pour transformer les déchets toxiques en minéraux critiques utilisés dans une foule d’appareils électroniques.

Un vent glacial à décorner les bœufs fend l’air au pied des haldes, ces grosses montagnes de résidus rocheux pleins de fibres d’amiante (chrysotile). Les amas couleur ténèbres s’étendent à perte de vue.

La mine Jeffrey, fermée en 2012, était la plus grande mine d’amiante chrysotile à ciel ouvert au monde, avec une profondeur de 350 mètres et une superficie de 6 km⁠2.

Selon des estimations, son exploitation pendant plus de 100 ans a laissé 800 millions de tonnes de résidus, qui donnent une allure lunaire à la ville, située entre Sherbrooke et Drummondville.

« C’est une richesse qu’on voit devant nous. J’en suis certain, ces haldes vont ramener des milliers d’emplois tout en réduisant l’empreinte environnementale de l’amiante dans les sols », lance Gervais Soucy, professeur et ingénieur de l’Université de Sherbrooke.

Gervais Soucy, de la Chaire de recherche sur la valorisation des résidus miniers amiantés de l’Université de Sherbrooke

Lui et son acolyte, le professeur Jean-François Boulanger, du département de génie chimique et génie biotechnologique, sont à la tête de la Chaire de recherche sur la valorisation des résidus miniers amiantés.

Cette chaire a reçu 3 millions du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, dans le cadre du Plan québécois pour le développement des minéraux critiques et stratégiques. En plus d’avoir le mandat de trouver les bons procédés pour exploiter les résidus de l’Estrie et d’anciennes mines de Chaudière-Appalaches, les chercheurs élaborent un programme pour former en génie du personnel hautement qualifié (PHQ), au collégial et à l’université. L’objectif ultime est l’ouverture d’une méga-usine québécoise.

Non loin de la fosse de l’ancienne mine Jeffrey, sur le boulevard Industriel, l’usine pilote est flambant neuve. Immaculée. Il s’agit d’une usine équipée de A à Z, mais en format miniature.

Le Carrefour d’innovation sur les matériaux de la MRC des Sources (CIMMS), où est installée l’usine pilote

Elle est située dans les locaux du Carrefour d’innovation sur les matériaux de la MRC des Sources (CIMMS), un organisme à but non lucratif qui soutient les essais.

La recette du gâteau

Dans l’usine pilote, les mots magnésium, nickel et cobalt reviennent en boucle. On discute des batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt), d’alliages de magnésium-aluminium, de production de silice amorphe (un agent épaississant dans plusieurs produits, dont le dentifrice). On parle de MgO (oxyde de magnésium) et du potentiel de captage des gaz à effet de serre (GES) grâce à la production de carbonate.

Dans un coin de l’usine, une grosse cuve ressemblant à une capsule spatiale est en fait un gros malaxeur pour transformer les résidus d’amiante, que les gens de l’industrie minière surnomment le « gâteau ».

Le procédé, nommé lixiviation, permet d’extraire les métaux. Dans le périmètre, il y a aussi de l’équipement pour broyer, classifier et tamiser.

L’usine pilote tentera d’extraire des métaux des résidus laissés par l’exploitation de l’amiante.

L’usine comprend aussi un autoclave, un évaporateur, un cavitateur (permettant la formation et l’implosion rapide de bulles de vapeur dans un liquide) et une cellule de flottation (appareil de séparation). Toutes ces machines jouent un rôle dans l’extraction et la purification, pour former les métaux critiques.

Sauce à spaghetti

Frédéric Tremblay, directeur général du CIMMS, compare ce qui se trame dans l’usine à la recette de sauce à spaghetti du grand-père qu’on voudrait reproduire à grande échelle.

Il se peut que les carottes collent dans le fond du chaudron ou que la viande soit trop cuite en voulant la cuisiner à gros volume. C’est le même principe pour les résidus de l’amiante. L’usine pilote permet de tester des recettes pour ensuite les reproduire à grande échelle industrielle, dans une grande usine.

Frédéric Tremblay, directeur général du CIMMS

La Chaire est convaincue de pouvoir proposer un procédé qui pourra être reproduit à grande échelle, de façon rentable. Des investisseurs étrangers ont tenté le coup sans succès dans le passé. Le procédé d’extraction n’est pas le plus gros défi, puisque la recette est connue. Mais la difficulté est de le reproduire avec de gros volumes.

En 2023, Tergeo (anciennement Alliance Magnésium), qui a tenté d’extraire des minéraux critiques en utilisant un procédé similaire, s’est placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. Certains de ses actionnaires poursuivent le gouvernement provincial, qui n’a pas attribué le bloc d’énergie d’Hydro-Québec espéré, ce qui a fait dérailler leur projet, disent-ils.

Cette année, une autre entreprise, Exterra Solutions Carbone, a obtenu du financement de Québec pour des essais. La rentabilité sera au cœur de ses efforts.

Le travail des experts universitaires en usine pilote survient au moment où le gouvernement de François Legault confirme son intention de continuer à développer la filière batterie et les minéraux critiques, malgré l’échec du projet Northvolt.

« On y croit, à ce projet », a souligné le directeur général de la Ville de Val-des-Sources, Stéphane Alain, lors d’un entretien avec La Presse. « C’est entièrement québécois, et pour nous, c’est prometteur. Il faut penser à nos générations futures, à l’environnement, au développement de la région. »

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-08/planete-bleue-idees-vertes/faire-passer-l-amiante-de-poussiere-toxique-a-tresor-vert.php

Au Téléjournal

Ouin… On a vu ça avec NorthVolt, Stablex et Sayona Québec à quelle hauteur la CAQ n’avait pas abaissé les standards !
Ou dans le cas de Bernard «lâchez-moi avec les GES» Drainville, toutes les itérations du 3e lien !

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https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-15/planete-bleue-idees-vertes/il-recycle-a-la-planche.php

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-15/l-actualite-verte-de-la-semaine.php

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-15/des-subventions-climatiques-qui-servent-a-hausser-la-production-petroliere.php

Environnement

Vu, lu vérifié Les médias cachent-ils le retrait d’une importante étude sur le climat ?

PHOTO DAVID RYDER, ARCHIVES REUTERS

Véhicules inondés dans un quartier de Pacific, dans l’État de Washington, après le passage de pluies diluviennes, mardi

Une étude portant sur les impacts économiques des changements climatiques parue en 2024 dans la revue Nature a été retirée le 3 décembre dernier. Des erreurs méthodologiques ont conduit ses auteurs à surestimer les conséquences financières du réchauffement planétaire d’ici 2050. Une rétractation qui a alimenté plusieurs théories du complot…

Publié à 6 h 00

Éric-Pierre Champagne La Presse

Non, les médias n’ont pas caché ce retrait. Et il est toujours estimé que les impacts économiques des changements climatiques seront majeurs au cours des prochaines décennies.

En avril 2024, des chercheurs de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique ont publié une importante étude dans la revue Nature, qui a été largement relayée par des médias et des institutions publiques. Les auteurs concluaient notamment que le réchauffement planétaire se traduirait par une baisse de 19 % du PIB mondial d’ici 2050, soit un recul annuel de 38 000 milliards de dollars américains.

Or, ces chiffres ont été surestimés par les chercheurs en raison d’erreurs dans la méthodologie de l’étude. Les auteurs ont aussi été trop affirmatifs en estimant qu’il y avait 99 % de risques que l’inaction climatique coûte plus cher que des mesures d’atténuation.

Plusieurs médias ont rapporté cette rétractation, notamment le New York Times, le Wall Street Journal, CBS ainsi que les agences Associated Press et Bloomberg. Les auteurs de l’étude ont eux-mêmes publié un texte sur le site web de l’Institut de recherche de Potsdam pour expliquer les motifs de cette rétractation.

Ce retrait a également alimenté la mouvance climatosceptique qui a vu une occasion de discréditer la recherche scientifique sur les enjeux climatiques. Sur les réseaux sociaux, plusieurs comptes ont repris la nouvelle, accusant les scientifiques d’induire le public en erreur.

« WOW ! Trump avait encore raison. Une importante revue scientifique vient de RETIRER une étude sur le changement climatique qui était censée prouver qu’un “effondrement économique catastrophique” était imminent », pouvait-on lire dans un message publié sur X par BarronTNews à ses milliers d’abonnés, le 5 décembre dernier. « Nature retire une étude de 2024 prédisant les conséquences économiques catastrophiques du changement climatique. Plusieurs banques ont utilisé ce rapport pour élaborer des plans de gestion des risques. Les experts ont donc terrifié le monde entier. Les banques ont réécrit l’ensemble de leurs modèles de risque. Les politiciens s’en sont servis pour faire avancer leur programme. Et maintenant, tout s’effondre, discrètement. Imaginez un peu », concluait le message.

D’autres bilans encore plus sévères

Signalons qu’à la suite du retrait de leur étude, les chercheurs de l’institut de Potsdam ont révisé leurs chiffres et ont soumis de nouveaux résultats : ils estiment maintenant que le PIB mondial pourrait reculer de 17 % et non de 19 % d’ici 2050. Ils affirment aussi qu’il y a 91 %, et non 99 %, de risques que les coûts de l’inaction climatique soient plus élevés que ceux des mesures d’atténuation.

Ces nouvelles conclusions n’ont pas encore été révisées par des pairs, fait remarquer Charles Séguin, professeur au département des sciences économiques de l’UQAM et spécialiste des changements climatiques. Il croit néanmoins que cette rétractation ne met pas à mal toute la recherche qui se fait déjà pour estimer les conséquences économiques du réchauffement planétaire.

Selon lui, « même si elle a été beaucoup citée », cette étude n’était pas la plus importante pour mesurer les impacts économiques des changements climatiques. Mais peu importe la controverse au sujet d’une étude en particulier, le consensus scientifique demeure, affirme-t-il.

Les études sont pas mal d’accord [sur le fait] que le coût de l’inaction est plus grand que les coûts qu’on va subir, les coûts de l’action [climatique] finalement.

Charles Séguin, professeur au département des sciences économiques de l’UQAM

Un avis que partage Mark Gongloff, chroniqueur à l’agence Bloomberg et spécialiste des enjeux climatiques. Il estime que même si elle est imparfaite, l’étude de l’institut de Potsdam ne doit pas être écartée du revers de la main.

Dans une récente analyse, le journaliste cite entre autres un rapport publié l’an dernier par le Bureau national de recherche économique (National Bureau of Economic Research), préparé par des économistes des universités Northwestern et Stanford, qui estiment que le PIB mondial subira à long terme une perte de 20 % par degré Celsius de réchauffement, « un bilan encore plus sévère que celui envisagé par le rapport de Potsdam », signale Mark Gongloff.

Une autre étude, de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, estime que le PIB subira une perte de 40 % d’ici 2100 en cas d’émissions élevées, précise le journaliste de Bloomberg.

Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de se projeter dans l’avenir pour mesurer les impacts financiers du réchauffement planétaire. Aux États-Unis, un rapport récent du Bureau national de recherche économique conclut que les changements climatiques entraînent déjà des dépenses supplémentaires annuelles entre 400 et 900 $ US par ménage, une facture totale entre 50 et 110 milliards par année.

Il y a déjà plusieurs analyses qui font la démonstration des coûts importants des changements climatiques en ce moment même et non dans un avenir hypothétique, rappelle Charles Séguin. « Il y a aussi de nombreuses études qui n’ont pas été rétractées. On voit bien que ça vaut la peine d’agir collectivement. »

Consultez un questions/réponses des chercheurs de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (en anglais) Lisez l’étude du Bureau national de recherche économique sur les pertes à long terme causées par les changements climatiques (en anglais) Lisez l’analyse récente du Bureau national de recherche économique sur les coûts actuels des changements climatiques (en anglais)

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-22/vu-lu-verifie/les-medias-cachent-ils-le-retrait-d-une-importante-etude-sur-le-climat.php

Planète bleue, idées vertes Le lavage s’invite en laboratoire

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Les ingénieurs Maxime Dimidschstein et Fiona Milano ont mis au point un procédé permettant de nettoyer les instruments de plastique de laboratoire contaminés.

Ils sont tous les deux des génies dans leur domaine. Ils sont un couple dans la vie comme en affaires. L’ingénieure biomédicale Fiona Milano et l’ingénieur en informatique Maxime Dimidschstein ont mis au point un procédé pour nettoyer les instruments de plastique de laboratoire contaminés qui servent aux expériences biomédicales, au lieu de les jeter.

Publié à 5 h 00

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Sara Champagne
Sara Champagne La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/sara-champagne)

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  • 5,5 millions de tonnes métriques
    Quantité de déchets plastiques produits chaque année par les laboratoires dans le monde, soit à peu près le poids de 67 bateaux de croisière.

Étude menée à l’Université d’Exeter, en Angleterre, en 2014

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-22/planete-bleue-idees-vertes/le-lavage-s-invite-en-laboratoire.php

Une entreprise de Trois-Rivières réussit à recycler l’abrasif hivernal

Par Sébastien Lacroix, Le Nouvelliste

14 décembre 2025 à 13h00

Arseno Balayage a développé un procédé de séparation à sec qui est capable de réemployer les abrasifs utilisés durant l’hiver. (Arseno Balayage)

Chaque hiver, ce sont environ deux millions de tonnes d’abrasif qui sont épandues sur le réseau routier québécois. Celui-ci est susceptible de devenir une mine d’or à ciel ouvert le printemps venu depuis qu’une entreprise de Trois-Rivières a développé un prototype qui transforme les balayures en matériaux recyclés.

L’entreprise Arseno Balayage travaille sur cette innovation depuis 2017 en collaboration avec Biopterre, Innofibre, Bergetier Métal, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et Innovation et Développement économique (IDE) Trois-Rivières.

De la recherche appliquée à l’expérimentation sur le terrain, ils ont mis au point un procédé de séparation à sec qui est capable de réemployer les abrasifs utilisés durant l’hiver, réduisant ainsi la quantité de résidus envoyés au site d’enfouissement.



Différentes études ont d’abord été menées pendant trois ans pour connaître la composition des balayures de rue à différents endroits. «On a été capable de prouver qu’on pouvait récupérer de 95 à 96 % des balayures de rue», indique Stéphane Arseneault, le directeur des opérations d’Arseno Balayage.

«Un coup que c’est récupéré, on a testé les balayures de rue avec un mélange de sable abrasif neuf avec un sable abrasif récupéré dans un rapport 75 % d’usagé avec 25 % de neuf, ou 50-50. Ça a été fait par les chercheurs et le ministère des Transports à Trois-Rivières qui ont épandu ça sur la route et ils ont étudié les résultats pour voir si c’était aussi sécuritaire qu’un abrasif neuf.»

Une fois que l’efficacité a été confirmée, il a également fallu prouver qu’il n’y aurait pas d’incidence sur l’environnement. «C’est une nouvelle approche qui n’existait pas et, avant d’avoir les autorisations, il fallait qu’on vérifie et contre-vérifie pour être certain qu’on ne déplace pas des éléments polluants et qu’on les envoie ailleurs», précise M. Arseneault.

Plus efficace en milieu urbain

Depuis le mois de juillet, l’entreprise commence à exploiter son procédé de façon commerciale. Celui-ci est plus efficace en milieu urbain, où l’on trouve des bordures ou des trottoirs. Dans ce cas-ci, il pourrait récupérer de 90 % à 95 % des balayures de rue, selon les tests qui ont été effectués.

C’est un peu plus complexe sur les autoroutes, étant donné que la neige est poussée sur l’accotement, si bien que la récupération est estimée, en moyenne, à 8 % des sables abrasifs épandus pendant l’hiver.

«Le volume est plus important dans les villes, tandis que, comme le ministère des Transports est le plus important propriétaire de routes, c’est lui qui en ramasse le plus chaque année», indique le directeur des opérations d’Arseno Balayage.

Bientôt ailleurs au Québec?

Maintenant que le procédé est rodé, des représentations sont faites auprès de différentes municipalités pour les convaincre d’adopter la nouvelle façon de faire pour baisser les coûts de l’épandage en récupérant l’abrasif.



Le principal avantage est notamment d’éviter d’avoir à payer pour l’enfouissement des balayures de rue. «La plupart du temps on l’amène à Saint-Étienne-des-Grès, parce que c’est là qu’on a les coûts le plus bas possible qui représentent 40 $ la tonne», indique Stéphane Arseneault.

Celui-ci estime qu’en ayant recours à ses services, les municipalités récupèrent de 20 % à 40 % du coût initial juste pour la disposition des balayures de rues. Les économies peuvent ensuite varier d’un endroit à l’autre en ce qui concerne les coûts sauvés sur l’acquisition de l’abrasif neuf.

«C’est relatif, parce que le coût de l’abrasif à Trois-Rivières est le plus bas possible, parce qu’on a des pits [carrière] de sable un peu partout dans la région. Dans certains cas, quand tu t’en vas vers Montréal et Boucherville, il n’y a pas vraiment de sable. C’est plus de la pierre de carrière et le prix d’acquisition est quasiment le double», explique-t-il.

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L’administration Trump suspend les projets éoliens en haute mer

PHOTO CAROLYN KASTER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

L’administration Trump a indiqué que le bail du projet Vineyard Wind, en construction au Massachusetts, faisait partie de ceux suspendus.

(Washington) L’administration Trump a annoncé lundi suspendre tous les grands projets d’éolien en mer en cours de construction aux États-Unis, évoquant des raisons de « sécurité nationale ». La mesure a été condamnée par une entreprise concernée et des défenseurs de l’environnement.

Publié à 12 h 23

Charlotte CAUSIT et Nina ISENI Agence France-Presse

La mesure, à effet immédiat, est la dernière en date à viser cette source d’énergie renouvelable que le président américain abhorre. Les accusant de tuer les oiseaux, les baleines et de « bousiller le paysage », Donald Trump a multiplié depuis son retour au pouvoir en janvier les actions pour mettre un coup d’arrêt à cette industrie.

Une juge fédérale a néanmoins annulé début décembre un important décret visant à bloquer les projets éoliens, le jugeant illégal.

La suspension annoncée lundi par le gouvernement « n’a aucun sens et constitue une escalade des attaques incessantes et infondées du gouvernement contre les énergies propres », a dénoncé lundi Pasha Feinberg, de l’organisation environnementale NRDC dans un communiqué.

Et cela, « tout en soutenant des centrales à charbon vieillissantes et coûteuses qui fonctionnent à plein et polluent notre air », a pointé l’Environmental Defense Fund, une autre ONG américaine, en référence aux efforts de l’administration Trump pour doper l’exploitation des énergies fossiles, dont le charbon, extrêmement polluant.

« Harcèlement »

Bien que le secteur de l’éolien aux États-Unis ne soit pas aussi développé qu’en Europe, il comptait en 2023 pour environ 10 % de la production totale d’électricité du pays. C’est plus du double que pour le solaire, et loin d’être négligeable.

Les grands projets de construction d’éoliennes en mer concernés par la suspension sont au nombre de cinq et sont tous situés dans l’Atlantique, au large de la côte est des États-Unis.

Le secrétaire Doug Burgum, connu pour sa proximité avec l’industrie pétrolière et gazière, a qualifié son annonce d’une mesure « de bon sens » et assuré qu’« un seul gazoduc fournit autant d’énergie que ces cinq projets réunis ».

Cette décision a été prise après que le département américain de la Défense a identifié des « risques pour la sécurité nationale » causés par ces projets, a détaillé son département de l’Intérieur, responsable des ressources naturelles, dans un communiqué.

Le texte précise qu’un précédent rapport datant de 2024 avait pointé la survenue d’« interférences radars » liées aux « mouvements des pales » des éoliennes et à leurs « mâts hautement réfléchissants ». On ne sait si les nouveaux risques évoqués sont liés à ces interférences.

L’enjeu de sécurité nationale avancé par l’administration a néanmoins été remis en cause par le sénateur démocrate Sheldon Whitehouse, l’un des élus américains les plus engagés sur les questions environnementales. « Cela ressemble davantage au genre de harcèlement vindicatif auquel nous sommes habitués de la part de l’administration Trump qu’à quoi que ce soit de légitime », a-t-il accusé sur X.

Le projet d’éoliennes situé au large des côtes de son État du Rhode Island, insiste-t-il, a « été minutieusement examiné et entièrement approuvé » par les autorités fédérales, « et cet examen incluait toutes les questions potentielles liées à la sécurité nationale ».

Selon l’entreprise américaine Dominion, qui développe l’un des plus gros projets éoliens en mer aux États-Unis, cette suspension, qui vise selon les autorités à « évaluer la possibilité d’atténuer les risques » en question, devrait durer 90 jours.

Cet arrêt « menacera la fiabilité du réseau électrique pour certains des équipements militaires, civils et d’intelligence artificielle le plus importants du pays » et « mettra en péril des milliers d’emplois », s’est désolé le producteur d’électricité dans un communiqué.

Dominion Energy a perdu 3,72 % à 57,22 dollars à la Bourse de New York.

À la Bourse de Copenhague, le danois Ørsted, spécialisé dans le développement d’énergie éolienne en haute mer, a chuté de plus de 12 %. L’entreprise danoise de fabrication d’éoliennes Vestas a perdu 2,65 %.

https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2025-12-22/l-administration-trump-suspend-les-projets-eoliens-en-haute-mer.php

Le lobby des pétrolières est tellement puissant qu’on ne voit pas la différence au niveau environnemental entre un gouvernement libéral ou conservateur :frowning_face:


Ottawa suspend l’interdiction d’exporter des plastiques à usage unique

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Selon l’avis du gouvernement fédéral publié dans la Gazette du Canada, le secteur du plastique a généré 35 milliards de revenus grâce à l’exportation de plastiques à usage unique en 2023.

(Ottawa) Le gouvernement fédéral suspend son projet d’interdiction de l’exportation de plastique à usage unique en raison des droits de douane et des problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement qui « exercent une pression considérable sur l’économie nationale ».

Publié hier à 12 h 39

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La Presse Canadienne

Samedi, le gouvernement a lancé dans la Gazette du Canada une consultation de 70 jours sur la suspension de l’interdiction d’exporter les plastiques à usage unique.

Le gouvernement estime que les avantages environnementaux attendus de l’interdiction d’exportation ne sont pas proportionnels à son impact économique.

Selon l’avis, le secteur du plastique a généré 35 milliards de revenus grâce à l’exportation de plastiques à usage unique en 2023.

L’avis souligne que si de nombreux producteurs de plastiques à usage unique se sont tournés vers la fabrication de produits de substitution en papier, en fibres et compostables, un « grand nombre de producteurs » n’ont pas effectué cette transition.

Le gouvernement affirme que la majorité de ces entreprises sont des petites entreprises et que la levée de l’interdiction d’exportation permettrait de minimiser les pertes liées à la fermeture des chaînes de production et à l’immobilisation des actifs.

Les entreprises qui continuent à produire des plastiques à usage unique devront conserver pendant cinq ans des registres prouvant leur exportation.

L’interdiction nationale des plastiques à usage unique, tels que les sacs d’épicerie, les pailles et es ustensiles, reste en vigueur.

L’avis du gouvernement publié dans la Gazette indique que l’effet sur la pollution plastique nationale « devrait être négligeable ».

Sur le plan international, l’avis publié dans la Gazette souligne que les plastiques à usage unique constituent un marché mondial et que la suppression des produits canadiens incitera les clients à trouver un autre fournisseur. Le gouvernement ne s’attend donc pas à ce que l’interdiction d’exportation canadienne ait un impact sur la pollution plastique internationale.

L’interdiction d’exportation devait entrer en vigueur le 20 décembre.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-24/ottawa-suspend-l-interdiction-d-exporter-des-plastiques-a-usage-unique.php

Une première en Amérique du Nord Avancée québécoise dans l’enfouissement du carbone

PHOTO FOURNIE PAR DEEP SKY

Le site d’enfouissement de Deep Sky à Thetford Mines

L’entreprise Deep Sky de l’entrepreneur montréalais Frédéric Lalonde a réussi au début de décembre la première opération en Amérique du Nord d’enfouissement dans le sol de gaz carbonique capté directement dans l’air. Cela laisse entrevoir la possibilité d’élargir à une échelle commerciale de grande envergure cette solution de lutte contre les changements climatiques.

Publié le 23 décembre

Alain McKenna La Presse

Deep Sky a injecté dans son puits de Thetford Mines, d’une profondeur d’à peu près 750 mètres et dont le diamètre ne fait pas 10 centimètres, du gaz carbonique capté à Sherbrooke par Skyrenu, une jeune pousse technologique de la région. C’est la première fois au Québec que du CO2 capté dans l’air est retiré de manière permanente et enfoui sous le sol de façon durable.

Jusqu’à sept fois l’impact climatique humain

Le sol sous Thetford Mines est composé d’une roche qui se transforme en craie, au contact d’une solution d’eau et de gaz carbonique, « qui est comme du Perrier », illustre le cofondateur de Deep Sky, Frédéric Lalonde. « C’est étonnamment simple à faire », ajoute-t-il à propos de la méthode d’enfouissement mise au point par son entreprise.

On a creusé le puits entre octobre et novembre, et depuis une semaine, on y a injecté du CO2. On peut maintenant estimer la capacité totale de ce puits. Ça donne environ 10 tonnes de gaz carbonique par jour, soit l’équivalent [de l’absorption du CO2 dans l’air] de 165 000 arbres, ou d’une forêt de la taille de celle du parc du Mont-Royal.

Frédéric Lalonde, cofondateur de Deep Sky

Le puits de Deep Sky à Thetford Mines est particulier en raison du sol de la région, d’où on tirait autrefois de l’amiante. Frédéric Lalonde conserve au coin de son bureau un échantillon de la roche carbonisée, inerte et blanche, pour témoigner de l’efficacité de sa solution de lutte contre les changements climatiques.

La prochaine étape pour Deep Sky est de « définir le potentiel de mise à l’échelle » de sa technique d’enfouissement. Deep Sky pense pouvoir enfouir à Thetford Mines jusqu’à 500 000 tonnes de carbone par an, l’équivalent de ce qu’absorberaient 25 millions d’arbres. L’entreprise aimerait ouvrir d’autres puits comme celui-là dans le nord du Québec et de l’Ontario, où le potentiel d’enfouissement serait gigantesque.

« On pourrait stocker dans le Bouclier canadien jusqu’à 7000 milliards de tonnes de CO2 », dit M. Lalonde. « C’est sept fois l’ensemble du gaz carbonique émis par l’humanité depuis l’ère de l’industrialisation. On serait l’Arabie saoudite de la réduction du carbone.

« On pourrait renverser l’impact humain sur le climat. »

Le Québec rejoint l’Alberta

Le Canada a abandonné plusieurs de ses propres cibles climatiques ces derniers mois, mais certains programmes d’investissement demeurent. C’est le cas du crédit d’impôt à l’investissement dans le captage, l’utilisation et le stockage du carbone. D’abord destiné aux sociétés pétrolières albertaines, ce programme exige qu’un cadre réglementaire provincial existe sur la technologie de captage puis de stockage du carbone pour qu’une aide soit accordée.

L’Alberta a déjà son cadre réglementaire, tout comme la Colombie-Britannique. Le Québec devrait publier le sien tôt en 2026, pour permettre aux entreprises du secteur de la lutte climatique de demander l’aide financière d’Ottawa. Le site de Deep Sky à Thetford Mines a été identifié par le gouvernement provincial comme un test à partir duquel il pourra terminer de rédiger ce cadre.

Plutôt que de miser uniquement sur des crédits compensatoires et des solutions naturelles, comme le reboisement, les experts ont insisté ces derniers mois sur l’importance des technologies de séquestration permanente du carbone pour réduire l’empreinte carbone de la province.

Deep Sky sera doublement avantagé par cette redéfinition de la lutte climatique, étant donné que sa solution d’enfouissement, qui, en plus du Québec, est aussi en démonstration en Alberta, est moins coûteuse et complexe que celle actuellement envisagée par le secteur pétrolier canadien.

« C’est peu profond et moins large, c’est presque un puits de géothermie », dit Frédéric Lalonde.

Avec le prix du carbone qui continue de monter durablement, l’entreprise québécoise ne pense pas manquer de demande ni de capitaux pour grandir. « On a une cinquantaine de clients déjà qui ont préacheté nos crédits de carbone. Tout est vendu à notre site de l’Alberta jusqu’en 2030. Avec un peu de chance, on vivra la même chose au Québec. »

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-12-23/une-premiere-en-amerique-du-nord/avancee-quebecoise-dans-l-enfouissement-du-carbone.php

Du captage du carbone dans un projet d’exploitation des sables bitumineux

PHOTO KRUGER INC., FOURNIE PAR ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Cette photo montre l’installation des équipements de Mantel Capture à l’usine de pâtes et papiers de Kruger Inc. à Trois-Rivières. Mantel a entrepris une étude d’ingénierie et de conception en vue de la capture du carbone provenant d’un projet d’exploitation des sables bitumineux non identifié en Alberta.

(Calgary) Le chef de la direction d’une jeune pousse américaine spécialisée dans la capture du carbone qui se lance dans un projet dans les sables bitumineux de l’Alberta affirme que le Canada remplit bon nombre des conditions nécessaires pour généraliser l’utilisation de cette technologie de réduction des émissions.

Publié le 22 décembre

Lauren Krugel La Presse Canadienne

« L’Alberta, en particulier, réunit tous les facteurs nécessaires pour permettre au Canada de jouer un rôle de premier plan dans cet écosystème », soutient Cameron Halliday, cofondateur de Mantel Capture, une entreprise établie à Cambridge, dans le Massachusetts.

« Vous bénéficiez d’un soutien politique. Vous disposez à la fois de la carotte et du bâton. »

Mantel a annoncé la semaine dernière avoir lancé une étude préliminaire d’ingénierie et de conception pour un projet à échelle commerciale dans les sables bitumineux de l’Alberta. Elle n’a pas encore révélé le nom de son partenaire, mais il s’agit d’un producteur qui utilise des techniques de drainage par gravité assisté par vapeur pour extraire le bitume des profondeurs souterraines.

Le projet est conçu pour capturer 60 000 tonnes de dioxyde de carbone par an. Habituellement, les projets de capture du carbone consomment beaucoup d’énergie, mais la technologie de Mantel vise à exploiter l’énergie qui alimente son système au lieu de la gaspiller, car les 150 000 tonnes de vapeur à haute pression qu’elle génère peuvent être utilisées dans les opérations de son partenaire dans les sables bitumineux.

Mantel ne divulgue pas le coût du projet pour le moment. Elle bénéficie du soutien d’Alberta Innovates, une société d’État provinciale.

Un projet testé au Québec

L’entreprise s’appuie sur un projet de démonstration mené à l’usine de pâte à papier et de papier Wayagamack de Kruger à Trois-Rivières, au Québec, qui est conçu pour capturer 2000 tonnes de dioxyde de carbone et produire de la vapeur pour l’usine.

M. Halliday explique que l’équipement modulaire de Mantel peut être installé sur de nombreux types d’usines industrielles, telles que les cimenteries, les aciéries, les usines chimiques et les centrales électriques.

Il qualifie cela d’« exercice à valeur ajoutée », en plus de l’avantage d’empêcher les émissions responsables du réchauffement climatique de pénétrer dans l’atmosphère.

« Franchement, nous avons besoin d’un moyen de le faire qui rapporte de l’argent aux personnes qui prennent des risques et investissent dans ces projets, avance-t-il. Pour y parvenir, il faut agir de manière efficace. »

Un développement en Alberta

L’Alberta est un acteur « sophistiqué » dans le domaine du captage du carbone, bénéficiant d’un soutien politique approprié avec à la fois un prix du carbone et des incitations fiscales, selon M. Halliday.

Un autre atout de la province est sa main-d’œuvre, car les compétences requises dans l’industrie pétrolière et gazière correspondent en grande partie à celles nécessaires dans le secteur du captage du carbone.

« Ils ont une bonne compréhension du sous-sol pour la séquestration. Même l’équipement en surface – il s’agit d’équipement de traitement chimique que ces gens comprennent parfaitement. Cela leur est familier. »

M. Mantel ne participe pas à la Pathways Alliance, un groupe avec certaines des plus grandes sociétés pétrolières canadiennes qui proposent de construire ce qui serait l’un des plus grands projets de capture du carbone au monde, pour un coût estimé à 16,5 milliards.

Pathways capturerait les émissions de dioxyde de carbone de plus de 20 installations d’exploitation des sables bitumineux dans le nord de l’Alberta et les transporterait par pipeline sur 400 kilomètres jusqu’à un terminal situé dans la région de Cold Lake, dans l’est de l’Alberta, où elles seraient stockées dans un centre souterrain.

Il s’agissait d’un élément clé d’un protocole d’accord signé entre le gouvernement de l’Alberta et le gouvernement fédéral à la fin du mois dernier. Pathways et un nouveau pipeline de bitume sur la côte ouest sont « interdépendants », selon l’accord.

Une technologie par défaut

M. Halliday dit qu’il soutient le projet Pathways, car le pipeline de carbone serait une infrastructure essentielle qui rendrait d’autres développements possibles.

M. Halliday aimerait voir la technologie de capture du carbone atteindre le stade où elle serait automatiquement intégrée à toutes les nouvelles installations industrielles, à l’instar des équipements utilisés depuis longtemps pour éliminer le dioxyde de soufre et d’autres polluants des gaz de combustion.

« Personne ne pense plus à cette technologie. Elle est simplement déployée en arrière-plan. Elle fait partie intégrante du fonctionnement de l’industrie », rappelle-t-il.

« Et notre vision est que notre technologie de capture du carbone devienne la même chose. »

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-22/du-captage-du-carbone-dans-un-projet-d-exploitation-des-sables-bitumineux.php

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Un beau texte inspirant pour l’avenir de la planète et celle de nos enfants.


Écologie et natalité Le Québec a besoin d’une relève pour sauver le climat

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

« L’enfant qui naît aujourd’hui est l’électeur qui protégera le Saint-Laurent dans 20 ans », écrit l’auteur.

Le physicien et entrepreneur israélien Abraham Stauber croit qu’il ne faut pas avoir peur d’avoir des enfants en raison de la crise climatique

Publié à 13 h 00

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Abraham Stauber

Abraham Stauber Physicien et entrepreneur, Jérusalem

Lors de ma récente visite à Québec, j’ai été frappé par quelque chose de plus puissant que le froid : la chaleur humaine. Venant du Moyen-Orient, une région où la tension est souvent palpable, j’ai été charmé par le sourire constant des Québécois, par cette ouverture rare à engager des conversations profondes avec un parfait inconnu, et par cette façon unique de marier la « joie de vivre » avec un respect sacré pour la nature.

Pourtant, lors d’une discussion avec une artisane locale au marché de Noël, j’ai senti que ce sourire cachait une inquiétude. Elle me parlait avec passion de justice environnementale et des Premières Nations, mais l’idée d’avenir démographique semblait lourde de culpabilité.

Comme beaucoup en Occident, elle semblait voir la natalité comme un fardeau pour la planète. En tant que physicien et entrepreneur israélien, je me permets de vous offrir un regard extérieur : c’est une erreur tragique.

L’enfant québécois n’est pas le problème du climat ; il est une partie indispensable de la solution. La contribution exceptionnelle du Québec à l’environnement repose sur quatre piliers qui nécessitent une relève.

1. L’inspiration : un modèle de prospérité durable

L’Occident a désespérément besoin du modèle québécois. Vous avez prouvé qu’il est possible de jouir d’une qualité de vie élevée tout en maintenant une empreinte carbone faible. Si cette société s’efface faute de descendants, le monde perdra la preuve qu’une modernité respectueuse de la nature est possible. Vos enfants sont les futurs ambassadeurs de cet équilibre vital.

2. Le rempart politique : la démocratie a besoin de démographie

La nature ne se protège pas toute seule ; elle est protégée par ceux qui l’habitent. Les rivières et les forêts du Nord ne restent intactes que grâce au poids politique d’électeurs consciencieux. Si le poids démographique du Québec décline, votre capacité politique à bloquer des projets polluants s’effritera. L’enfant qui naît aujourd’hui est l’électeur qui protégera le Saint-Laurent dans 20 ans.

3. L’innovation : le cerveau comme ressource verte

Pour développer la prochaine génération de technologies vertes, d’optimisation énergétique et d’agriculture durable, vous avez besoin d’ingénieurs et de scientifiques qui ont grandi avec les valeurs du terroir. Le capital humain est la ressource renouvelable la plus précieuse.

4. Le sens : un antidote à l’écoanxiété

Trop de jeunes sont paralysés par la culpabilité écologique. Mais la culpabilité ne produit pas d’énergie ; elle produit du désespoir. En Israël, nous avons appris qu’une vie avec un but est une vie résiliente. Élever un enfant en le voyant non pas comme un pollueur, mais comme un futur gardien de la nature, transforme l’existence.

Cela permet de passer du sentiment d’être un fardeau pour la Terre à celui d’être une lumière d’espoir pour elle.

Les Premières Nations ont toujours compris que la protection du territoire exigeait la continuité du clan. Ne sauvez pas le monde de vos enfants ; sauvez-le grâce à eux. La planète a besoin de plus de petits Québécois, pas de moins.

https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-12-29/ecologie-et-natalite/le-quebec-a-besoin-d-une-releve-pour-sauver-le-climat.php

Grande entrevue avec David Suzuki Le (presque) nonagénaire qui nous brasse la cage

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

L’environnementaliste David Suzuki, en 2019

[
Alexandre Sirois
Alexandre Sirois La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/alexandre-sirois)

Il est presque nonagénaire et tout à fait en colère. David Suzuki, le plus célèbre des environnementalistes du pays, est notamment choqué par le nouvel accord entre Ottawa et l’Alberta. Selon lui, à l’avenir, au lieu d’envisager un nouvel oléoduc, le gouvernement fédéral devrait déclarer l’urgence climatique.

Publié à 6 h 00

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Un conseil : si vous avez besoin de réconfort, David Suzuki n’est pas la personne vers qui vous devriez vous tourner ces jours-ci.

À la veille de ses 90 ans (il atteindra cet âge vénérable en mars), le célèbre environnementaliste semble dans une forme resplendissante. Mais s’il a très bonne mine, on ne peut en dire autant de son moral.

Sa colère sourde se devine à la teneur de ses propos et à la façon dont il hausse parfois le ton.

En discutant avec lui, on comprend rapidement que son désarroi est lié, en gros, à trois constats.

  1. L’impact actuel des changements climatiques ; ça le sidère.

  2. Les conséquences anticipées ; elles l’effraient.

  3. La faiblesse de notre lutte contre ce phénomène ; elle le désespère.

« Des changements ahurissants se produisent déjà dans nos forêts et nos océans. C’est choquant. Par exemple, sur la côte Ouest, les cèdres et les arbousiers, qui sont des arbres emblématiques, sont en train de mourir, ne pouvant tolérer cette légère modification de la température », observe-t-il.

« Dieu seul sait ce qui nous attend ! », s’exclame-t-il du même souffle.

Car si la tendance se maintient, l’avenir, rappelle-t-il, s’annonce sombre.

« La science est alarmante. En 2018, le GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] – qui est la source la plus fiable, mais qui est très conservatrice, car chaque gouvernement, y compris l’Arabie saoudite ou la Russie, doit valider les rapports – a publié un rapport spécial. On y disait qu’il fallait maintenir la température sous 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Au-delà, c’est le chaos », précise David Suzuki.

Nous avons atteint ce seuil de 1,5 °C cette année. Nous sommes à 1,5 °C chaque mois ! Que nous réserve l’avenir si notre trajectoire nous mène à 3 °C ? La réponse est que nous n’en avons aucune idée.

David Suzuki, environnementaliste

J’ai interviewé David Suzuki en cette fin d’année parce qu’il a fait couler beaucoup d’encre en 2025. Il a affirmé, lors d’une sortie publique l’été dernier au sujet des changements climatiques, qu’il était « trop tard » et que la réélection de Donald Trump avait été pour lui l’équivalent d’un « coup de poignard en plein cœur1 ».

Dans la foulée de ce coup d’éclat, il a cependant rapidement précisé, entre autres dans une entrevue accordée à notre collègue Éric-Pierre Champagne, qu’il n’avait pas perdu espoir ⁠2.

Alors que l’heure est aux bilans de fin d’année et aux prédictions pour les mois à venir, je me demandais où en était le militant écologiste le plus connu du Canada dans ses réflexions.

PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE

David Suzuki lors de la COP15, à Montréal, en décembre 2022

Par exemple, quel message souhaite-t-il transmettre aux jeunes, à qui on lègue la planète dans un piètre état ?

« Quand mes filles sont tombées enceintes, ma réaction a été : “Mon Dieu, vous savez ce que dit la science sur ce qui nous attend ! Mettre au monde un enfant de plus, maintenant, c’est un engagement envers l’avenir” », raconte-t-il.

Ses enfants sont manifestement plus optimistes que lui.

« Leur réponse a été intéressante. Mon aînée a dit : “Papa, c’est mon engagement envers la planète. En ayant un enfant, je vais me battre comme une folle pour son avenir et pour qu’on change de cap.” La plus jeune a dit : “Papa, ça n’a pas à se terminer comme tu le prévois, nous devons travailler pour une fin différente.” Je ne peux donner tort ni à l’une ni à l’autre », ajoute le scientifique de 89 ans.

En continuant à l’interroger sur les jeunes d’aujourd’hui, on se rend compte qu’il s’inquiète également du virage marqué de certains d’entre eux vers le conservatisme ainsi que des ravages faits, chez eux, par la désinformation.

Les algorithmes des réseaux sociaux mettent notamment en valeur le contenu clivant produit par des personnalités de droite ultrapopulaires comme le psychologue Jordan Peterson.

« Ce gars, qui a énormément d’abonnés, est un charlatan pur et simple, mais il fait vibrer une corde chez les jeunes hommes, et c’est assez effrayant, lance David Suzuki. Jordan Peterson qualifie les changements climatiques de canular. Non, mais franchement ! Et vous avez le président de la nation la plus puissante et la plus riche du monde qui non seulement qualifie les changements climatiques de canular ou d’arnaque, mais ne prend même pas la peine de se rendre à la COP30 [conférence des Nations unies, en novembre dernier, au Brésil] sur le climat ! »

Ah oui, vraiment, il en a gros sur le cœur, David Suzuki.

Mais vous savez ce qui le réconforte ? Le Québec !

Oui, oui, le Québec.

À la toute fin d’une visioconférence de 30 minutes, j’ai voulu savoir si, à ses yeux, la province était une société distincte au Canada sur le plan environnemental. Aussitôt, les compliments ont fusé.

Je pense que c’est grâce à votre société distincte que le Canada a toujours été un phare pour les environnementalistes comme moi.

David Suzuki, environnementaliste

« Quand nous étions à Kyoto en 1997 [année de l’adoption du traité international visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre], l’Alberta nous tirait dessus à boulets rouges, mais le Québec était là pour dire : “Nous sommes avec vous.” Et je ne pense pas que ce soit un hasard si le meilleur ministre de l’Environnement que nous ayons jamais eu était un Québécois. »

Vous aurez deviné que David Suzuki fait référence à Steven Guilbeault, qui a quitté à la fin de novembre le cabinet du premier ministre Mark Carney.

PHOTO SPENCER COLBY, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le député libéral Steven Guilbeault

Le scientifique n’avait pas encore été informé de ce qu’avait affirmé l’ex-ministre après avoir claqué la porte avec fracas. Entre autres du fait que Steven Guilbeault a qualifié d’« important pas en arrière dans la lutte contre les changements climatiques » et de « vente au rabais » le récent protocole d’entente sur l’énergie entre Ottawa et l’Alberta.

« Bravo à lui ! », a lancé David Suzuki, une fois mis au courant de ces déclarations.

Il va sans dire que ce nouvel accord entre Ottawa et l’Alberta – et la construction possible d’un nouvel oléoduc vers la côte du Pacifique – consterne également l’environnementaliste de la Colombie-Britannique. Il prévoit que le gouvernement de sa province et les communautés autochtones vont barrer la route à ce projet et… que Mark Carney « compte là-dessus ».

Pour David Suzuki, il n’y a qu’une seule option possible : considérer les changements climatiques comme une menace existentielle et y réagir en conséquence.

Que recommande-t-il alors, désormais, au premier ministre du Canada ? « Une seule chose : déclarer l’urgence climatique ! », lance-t-il.

« Arrêtez de tergiverser. Dans une situation d’urgence, les clivages politiques disparaissent. Face à une telle crise, agir est la seule option. »

1. Lisez un article sur la sortie de David Suzuki (en anglais) 2. Lisez l’entretien accordé par David Suzuki à Éric-Pierre Champagne

https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2025-12-31/grande-entrevue-avec-david-suzuki/le-presque-nonagenaire-qui-nous-brasse-la-cage.php

Environnement

Émissions de GES en agriculture Les poules québécoises pondent des œufs plus verts que la moyenne

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Le niveau d’efficacité des poules québécoises est très élevé, selon un des auteurs d’une étude sur les GES émis par les fermes ovocoles du Québec.

Les œufs mimosas qui ont trôné sur votre table du réveillon ont l’une des empreintes carbone les plus faibles au monde. Une douzaine d’œufs produite au Québec émet plus de deux fois moins de gaz à effet de serre (GES) que la moyenne mondiale, révèle le premier portrait réel des émissions de GES de l’industrie des poules pondeuses.

Publié à 5 h 00

Daphné Cameron
Daphné Cameron La Presse

Le bilan, que La Presse a obtenu, a étudié les émissions de 31 fermes ovocoles. Ensemble, ces fermes produisent près de 270 millions d’œufs, ce qui représentait environ 15 % de la production annuelle de la province en 2024.

Bœuf, lait, porc, grandes cultures, maraîchers : au cours des dernières années, des centaines de fermes québécoises ont reçu un bilan carbone de leur entreprise, mais c’est la première fois qu’un calcul est possible à l’échelle d’une production grâce à un échantillon représentatif des différents types d’élevages d’œufs du paysage québécois.

Les poules du Québec « sont toutes des formules 1 », image l’agronome Sylvestre Delmotte, l’un des auteurs qui a pondu le rapport pour le Conseil pour le développement de l’agriculture au Québec.

Leur niveau d’efficacité est très, très élevé. Les poules mangent peu pour produire beaucoup d’œufs.

Sylvestre Delmotte, agronome et un des auteurs du rapport

La composition de leur moulée est gérée à « l’acide aminé près », s’exclame-t-il. Une réalité qui joue gros, car près de 70 % des émissions de la filière sont attribuables à l’alimentation des poulettes. La consommation d’énergie suit, avec 11 %, puis les GES produits par les fumiers, à 10 %.

« Les meuniers gardent le meilleur maïs pour les poules pondeuses parce qu’ils savent qu’aussitôt qu’il y a des petites variables, elles vont le sentir tout de suite », ajoute l’éleveur Sylvain Lapierre, qui est aussi président de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec, qui a collaboré à l’étude. La nutrition des poules, « c’est vraiment une science », ajoute-t-il.

L’œuf ou la poule ?

La composition des moulées québécoises est surtout faite de grains comme le maïs et le soya. Ce qui vient alourdir le bilan carbone des moulées, c’est la présence de « sous-produits » animaux, c’est-à-dire des farines animales produites à partir des restes des abattoirs.

PHOTO PASCAL RATTHÉ, COLLABORATION SPÉCIALE

Sylvain Lapierre, président de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec

On pourrait dire : “On ne les utilisera pas. Notre bilan carbone va descendre puis notre industrie va paraître mieux.” Mais ces résidus-là d’abattoirs, si on ne les valorise pas, ils s’en vont au centre d’enfouissement, ce qui fait que collectivement, on n’a rien gagné.

Sylvain Lapierre, président de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec

« C’est de l’économie circulaire. Ce sont des sources de gras et de protéines, et si on ne les utilisait pas, il faudrait cultiver plus de superficies pour produire des protéines », ajoute Sylvestre Delmotte.

Les résultats

Alors que bon nombre de consommateurs cherchent à faire des choix alimentaires qui respectent l’environnement, des études comme celle-ci permettent de passer de la théorie à la pratique, en chiffrant les émissions dans le contexte agricole québécois.

L’ensemble de la chaîne de production a été analysé, d’abord du « berceau », soit à partir de la production d’œufs d’incubation pour produire des poussins, jusqu’à la sortie des poulettes vers le pondoir. Les chercheurs ont ensuite documenté les émissions durant la période de ponte jusqu’à la fin de la vie de l’oiseau.

Au Québec, la moyenne des émissions totales de GES liées à la production d’œufs s’élève à 1,3 kg en équivalent CO2 (éqCO2) par douzaine d’œufs, montre la recension.

À titre comparatif, en 2022, au Canada, l’empreinte carbone moyenne était évaluée à environ 1,7 kg éqCO2 par douzaine d’œufs.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

L’empreinte carbone des œufs québécois fait bonne figure par rapport au reste du Canada et au reste du monde. Au Québec, une douzaine d’œufs émet moins de la moitié des GES produits en moyenne dans le monde.

D’un point de vue mondial, l’étude de Poore et Nemecek, considérée comme l’étude de référence en matière de calcul d’émissions de GES des aliments, a établi la moyenne mondiale d’une douzaine d’œufs à plus de 3,4 kg éqCO2.

Le Québec fait aussi bonne figure par rapport à l’Europe. En Angleterre, une autre étude a chiffré les émissions d’une douzaine d’œufs à 2,1 kg éqCO2, et une autre, réalisée en Espagne, à 2,6 kg éqCO2, peut-on lire dans le rapport.

En Europe, les poules mangent de la protéine qui vient du soya, mais le soya est importé du Brésil, et pour produire ce soya, on déforeste.

Sylvestre Delmotte, agronome et un des auteurs du rapport

« Donc quand on calcule l’empreinte carbone du soya brésilien, elle est énorme par rapport à notre empreinte carbone de soya québécois qui, lui, n’a pas entraîné une déforestation pour être produit », explique Sylvestre Delmotte.

Plusieurs autres facteurs contribuent à la faible empreinte carbone des œufs de la Belle Province : l’hydroélectricité et l’efficacité énergétique des poulaillers influencent les résultats.

« On marche au dixième de degré avec plusieurs sondes réparties dans le poulailler pour essayer de ne pas avoir une petite zone plus froide », ajoute M. Lapierre.

L’étude se poursuivra cette année avec l’analyse de 30 nouvelles fermes. On verra notamment si l’hypothèse selon laquelle le système des poules en liberté a un plus grand poids carbone s’avère. Car plus elles bougent, plus elles mangent.

« Ce que le consommateur demande, c’est de plus en plus des poules en liberté, sans cages pour lesquelles l’efficacité des animaux diminue. Parce qu’en fait, un animal en cage, il dépense très peu d’énergie dans ses mouvements. »

On testera aussi la prolongation de la vie des poules de quelques mois, ce qui permettra d’amortir les GES produits durant le stade de poussin à poulette. Des pistes seront explorées pour diminuer les émissions du fumier.

« Les résultats sont très intéressants, explique Sylvain Lapierre. Mais nous autres, [le but de notre participation], c’est surtout d’aller chercher où est-ce qu’on peut aller s’améliorer. »

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-02/emissions-de-ges-en-agriculture/les-poules-quebecoises-pondent-des-oeufs-plus-verts-que-la-moyenne.php

Rétrospective 2025 Le climat dans tous ses états

Au Canada et aux États-Unis, l’année a été marquée par d’importants reculs en matière d’environnement. Mais des nouvelles encourageantes amènent quelques éclaircies. Dernier regard sur le pire et le meilleur de 2025.

Le pire

« Drill, baby, drill ! »

Le détricotage de la politique climatique canadienne

Steven Guilbeault quitte le Cabinet

Québec aussi recule

Le meilleur

Des pays gardent le cap

La réforme du régime forestier abandonné

BAM ! Parlons de transition juste

La couche d’ozone guérit

Résumé

Rétrospective 2025 Le climat dans tous ses états

PHOTO ANDRE PENNER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

À la COP30, un militant déguisé en Donald Trump joue de la perceuse sur un globe terrestre.

Au Canada et aux États-Unis, l’année a été marquée par d’importants reculs en matière d’environnement. Mais des nouvelles encourageantes amènent quelques éclaircies. Dernier regard sur le pire et le meilleur de 2025.

Publié à 5 h 00

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Valérie Simard
Valérie Simard La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/valerie-simard)

Le pire

« Drill, baby, drill ! »

PHOTO BRITTANY GREESON, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Candidat à la présidence, Donald Trump s’adresse à ses partisans lors d’un rassemblement au Michigan, en août 2024.

La série de reculs observés en Amérique du Nord cette année a commencé dès janvier avec le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, un climatosceptique reconnu qui a fait campagne sur l’extraction des énergies fossiles (« Drill, baby, drill ! »/« Fore, chérie, fore ! »). Depuis, il a fait au moins 350 gestes qui menacent l’environnement, le climat ou la santé humaine, selon un décompte de l’organisme Natural Resources Defense Council. Dans ce triste bilan figure l’affaiblissement de plusieurs protections mises en place par l’Agence de la protection de l’environnement (EPA), le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris et le renvoi de nombreux scientifiques du climat.

Le détricotage de la politique climatique canadienne

PHOTO JEFF MCINTOSH, LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre Mark Carney et la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, à Calgary, le 27 novembre

Abolition de la tarification carbone pour les particuliers et les petites entreprises, abandon du plafond des émissions pour le secteur pétrolier et gazier, signature d’une entente avec l’Alberta pour la construction d’un oléoduc : « Il n’y a plus de politique climatique décente » au Canada, déplore le professeur spécialiste de l’économie de l’environnement de l’Université de Sherbrooke Alain Webster, qui, comme plusieurs, avait de grandes attentes envers le premier ministre Mark Carney. « On aurait pu avoir une stratégie innovante en matière de transition climatique, or on défait un ensemble de politiques qui étaient en place ou qui devaient se mettre en place », ajoute-t-il.

Lisez l’article « Ottawa abandonne des politiques climatiques pour favoriser un projet d’oléoduc »

Steven Guilbeault quitte le Cabinet

PHOTO SPENCER COLBY, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

L’ex-ministre de l’Environnement Steven Guilbeault

Dans la foulée de l’entente signée entre Ottawa et l’Alberta pour la construction d’un oléoduc, Steven Guilbeault, ancien ministre de l’Environnement, a démissionné de son poste de ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, le 27 novembre. « Steven Guilbeault était un irritant dans l’engrenage du modus operandi pétrolier de l’État canadien », constate Caroline Brouillette, directrice générale du Réseau action climat Canada. Certes, des batailles avaient été « perdues ». « [Or] pour le mouvement climatique et environnemental, d’avoir quelqu’un qui se voyait comme le représentant de nos voix et de nos intérêts à la table [du Cabinet], c’était absolument important », souligne-t-elle.

Lisez la chronique « Steven Guilbeault poussé vers la sortie »

Québec aussi recule

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le ministre de l’Environnement Bernard Drainville

Les reculs s’observent également à Québec où le ministre de l’Environnement Bernard Drainville a défendu sa volonté de réduire les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). La directrice générale de Nature Québec, Alice-Anne Simard, déplore que « les gouvernements traitent l’environnement comme une entrave au développement économique ». « On a tout à gagner dans une transition planifiée et structurée, argue-t-elle. C’est comme ça que notre économie sera résiliente. » Parmi les reculs, elle cite le projet de loi 5 visant à accélérer le processus d’autorisations environnementales pour les grands projets et le projet de loi 7 permettant d’utiliser l’argent du Fonds vert à d’autres fins.

Lisez l’article « Bernard Drainville plaide pour une “cible réaliste” »

Le meilleur

Des pays gardent le cap

PHOTO CHRIS RATCLIFFE, ARCHIVES BLOOMBERG

Pour parvenir à ses cibles, Londres mise notamment sur le secteur de l’éolien terrestre.

Contrairement au Canada, plusieurs pays gardent le cap sur la décarbonation. Le Royaume-Uni a réduit ses émissions de GES de moitié depuis 1990 et vise une baisse d’au moins 81 % en 2035. L’Union européenne maintient son objectif de réduire ses émissions de 90 % d’ici 2040. La Chine a quant à elle vu ses émissions stagner, voire baisser légèrement, depuis 18 mois, selon Carbon Brief. « La planète, en partie du moins, avec un ensemble d’acteurs, est en train de faire une transition qui est inévitable en matière d’énergies renouvelables et de décarbonation », se réjouit Alain Webster, qui préside le Comité consultatif sur les changements climatiques.

La réforme du régime forestier abandonné

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le projet de loi 97 souhaitait notamment consacrer le tiers des forêts publiques à l’exploitation.

En septembre, le gouvernement de la CAQ a annoncé l’abandon de sa réforme controversée du régime forestier. Dénoncée par plusieurs groupes, elle proposait de réserver le tiers des forêts publiques à l’exploitation. « On aurait pu voir d’immenses coupes à blanc dans tout ce territoire-là », affirme Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec. « De voir que grâce à cette mobilisation et au leadership autochtone, le gouvernement a reculé… ça a été notre plus belle victoire de l’année, puis même une de nos plus belles des dernières années. » Disant travailler au maintien d’emplois durables et de qualité, elle déplore cependant « l’abandon » du secteur forestier par le gouvernement.

Lisez l’article « François Legault met la hache dans sa réforme du régime forestier »

BAM ! Parlons de transition juste

PHOTO PABLO PORCIUNCULA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

La COP30, qui s’est tenue à Belém, au Brésil, est parvenue à adopter un mécanisme pour la transition juste.

En dépit d’un accord qualifié de peu ambitieux, la société civile a quitté la COP30 au Brésil avec un gain, soit l’adoption d’un mécanisme pour la transition juste. « C’est une victoire immense pour le mouvement climatique international et pour la société civile canadienne qui joue un rôle quand même iconique dans cette lutte », observe Caroline Brouillette, du Réseau action climat Canada, qui a, avec d’autres, porté ce dossier. Les modalités du Mécanisme d’action de Belém (BAM) seront définies dans la prochaine année. « C’est une nouvelle institution multilatérale qui nous permettra de parler de questions épineuses liées à la transition, notamment la transition énergétique », précise Mme Brouillette.

Lisez l’article « BAM : le projet d’accord sur la transition juste dont tout le monde parle »

La couche d’ozone guérit

IMAGE GETTY IMAGES

L’Organisation météorologique mondiale prévoit que la couche d’ozone devrait retrouver ses niveaux des années 1980 d’ici au milieu de ce siècle.

« Aujourd’hui, la couche d’ozone guérit », a déclaré en septembre le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Dans un bulletin, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l’ONU, a indiqué que le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique avait été plus petit en 2024 que les années précédentes. Bien que cela soit en partie dû à des facteurs atmosphériques naturels qui entraînent des fluctuations, l’OMM prévoit que la couche d’ozone devrait retrouver ses niveaux des années 1980 d’ici au milieu de ce siècle. C’est d’ailleurs à Montréal en 1987 qu’a été signé le protocole qui, selon l’OMM, a permis d’éliminer 99 % des substances chimiques qui l’appauvrissent, comme les chlorofluorocarbures (CFC).

Consultez le rapport de l’Organisation météorologique mondiale (en anglais)

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-02/retrospective-2025/le-climat-dans-tous-ses-etats.php

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https://www.journaldemontreal.com/2026/01/03/une-grande-usine-de-la-rive-sud-accusee-de-contaminer-le-saint-laurent-depuis-des-annees

Il y a deux ans, presque jour pour jour, j’ai fait une nuit blanche après que quelqu’un m’ait contacté à propos d’une fonderie de plomb à Sainte-Catherine. Je connaissais l’usine, mais je n’avais jamais porté attention à la nature de ses activités, alors en plein dossier de la fonderie Horne, ça avait piqué mon attention.

J’ai passé la nuit à trouver toutes les informations que je pouvais et à compiler les données que je pouvais, puis je les ai retransmis à la personne m’ayant contacté : on avait un étrange dossier devant nous où il semblait y avoir une pollution et une contamination peu documentée.

Au fil de nos recherches, de nos rencontres (dont avec du personnel de l’usine) nous nous sommes rendus compte qu’il y avait de réels enjeux avec cette usine, notamment au niveau de la plombémie des travailleurs et du manque d’intérêt de la part de la direction pour moderniser et sécuriser l’usine. Connaissant quelqu’un qui y a travaillé, il m’a expliqué, il y a des mois de celà, que l’usine rejettait du plomb dans la voie maritime. Dans ces deux ans, j’ai même essayé de trouver une manière de tester la contamination du sol dans les environs, mais je n’ai rien trouvé qui soit suffisamment abordable. Nous avions communiqué nos inquiétudes à la ville également, mais les réponses que nous avions eu ne nous ont pas laissé croire qu’elle était à ce moment au courant de cette situation.

Toute cette histoire me rappelle beaucoup le cas de la Balmont. À la fin des années 80, le gouvernement se rend compte que le quartier Notre-Dame-Auxiliatrice, un quartier défavorisé de Saint-Jean-sur-Richelieu, est fortement contaminé au plomb en raison des activités de la Balmont Canada, une fonderie qui recycle le plomb des batteries, tout comme ici. La contamination provenait surtout des batteries qui était entreposées à l’extérieur, sous les éléments, tout comme avec Terrapure à Sainte-Catherine.

Des tests de plombémie ont été fait aux enfants du quartier et en voici les résultats :

Alors que normalement la plombémie ne dépasse pas 50
microgrammes par litre (mcg/1) et que tous acceptent 200 mcg /1 comme
seuil de danger, on voit que plusieurs enfants sont contaminés
sérieusement.
Voici ce que le Centre de toxicologie nous envoyait :
• la moyenne des plombémies chez les moins de 6 ans dépasse 100
mcg/l ;
• une quarantaine d’enfants ont des plombémies supérieures à 150
mcg / 1 dont 21 au-dessus de 200 ;
• 6 enfants ont des plombémies supérieures à 300, dont deux à plus
de 400 mcg/1.

On enverra même les enfants les plus contaminés à Sainte-Justine pendant quelques temps.

Au final, les responsables ont fuit aux États-Unis et le gouvernement a du prendre en charge la décontamination du site de l’usine ainsi que des sols du quartiers. Encore une fois, une privatisation des profits et une collectivisation des pertes. Je trouve ça incroyable que 30 ans plus tard, on se retrouve dans une situation similaire, encore une fois.

À noter que l’entreprise a fait un lock out pendant des semaines il y a un an lorsque les employés du plomb ont essayés de négocier. Encore une fois, pour avoir parlé avec des travailleurs de l’usine, les conditions ouvrières étaient assez mauvaises et les règles du travail peu respectées, particulièrement pour les employés non-syndiqués.

En 2020 et 2021, j’ai passé une bonne partie de mon été à pêcher pratiquement à l’embouchure de l’égout pluvial contaminé, ne me doutant pas du danger, aimant la quiétude du secteur industriel de la ville. Une chance que je suis vraiment mauvais pêcheur et que je n’ai jamais pu consommé de poisson provenant de là.

L’extrait provient de ce document, dont le chapitre 3 traite de la contamination au plomb par la Balmont. Je vous recommende fortement la lecture entière du document, ou au moins du chapitre 3, c’est fascinant. https://extranet.puq.ca/media/produits/documents/531_9782760521216.pdf

À noter aussi que le bassin de Laprairie, le plan d’eau dans lequel a été déversé le plomb, est l’un des plus contaminé du Québec. Il a notamment été contaminé pendant longtemps par cette même usine au 20e siècle, ainsi que plusieurs autres, mais c’est une autre histoire.

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Mandat de lobbyisme de Cordon bleu pour réduire les exigences des eaux usagées

Période du mandat

Du 2025-12-19 au 2026-12-31

Résumé du mandat

Démarches visant l’assouplissement de l’application du réglement numéro CMM 2008-47 sur l’assainissement des eaux usées.

Le règlement:

Je sais que ces questions intéressent certaines personnes, au sujet de la qualité des eaux usées. Je ne sais pas quel assouplissement la compagnie recherche, mais visiblement, ils trouvent la CMM trop exigeante.

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Gaspésie La population de caribous montagnards en légère augmentation

Le nombre de caribous montagnards a augmenté légèrement en Gaspésie, mais la situation demeure préoccupante. On comptait un total de 36 individus en octobre, soit 6 de plus qu’à pareille date l’an dernier.

Résumé

Un total de 14 caribous montagnards sont actuellement en nature, selon le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), qui a effectué un inventaire aérien l’automne dernier dans le parc national de la Gaspésie et les réserves fauniques des Chic-Chocs et de Matane.

Onze caribous ont été observés sur le mont Jacques-Cartier, dont trois mâles, cinq femelles et trois faons. Une femelle a également été repérée au sud du mont Logan.

La présence de deux mâles a été confirmée par télémétrie, sans toutefois que le MELCCFP ait pu les observer directement.

Il faut savoir que 22 caribous sont actuellement en captivité, dont 11 femelles, 7 mâles et 4 faons, portant à 36 le nombre d’individus dans la population de caribous montagnards de la Gaspésie.

En octobre 2024, un inventaire aérien avait permis de compter un total de 30 individus. À l’automne 2023, seulement 22 caribous avaient été repérés en liberté.

De cette population, 13 caribous avaient été placés en captivité à l’hiver 2024.

Les populations de caribous forestiers et montagnards au Québec sont principalement menacées par les perturbations de leur habitat causées par les activités humaines et la prédation accrue qui en résulte, selon le MELCCFP. Les données récoltées montrent que la situation de ces populations est « préoccupante », d’après le Ministère.

Un total de 13 populations locales de caribous forestiers et montagnards sont dispersées à travers le Québec.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-09/gaspesie/la-population-de-caribous-montagnards-en-legere-augmentation.php

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L’actualité verte de la semaine

Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs

L’Antarctique en ski cerf-volant pour sonder la glace

Depuis 71 jours, une équipe française sillonne l’Antarctique en ski cerf-volant (kiteski) afin de sonder sa neige et ses glaces. La glaciologue Heïdi Sevestre et l’explorateur Matthieu Tordeur, qui a déjà skié sans assistance jusqu’au pôle Sud, entendent parcourir 4000 kilomètres. Ils sont équipés d’un radar de pénétration afin d’obtenir des données permettant de prédire l’avenir de la calotte polaire. D’habitude, les cartographies sont effectuées par avion. Les données captées jusqu’à 40 mètres de profondeur seront analysées avec des partenaires universitaires. Le duo a trois mois pour atteindre la base aérienne de Novo, en Antarctique occidental, après quoi il n’y aura plus de vols pour lui permettre de rentrer à la maison.

Suivez leur expédition en temps réel

Le hérisson, l’animal de l’année 2026 en Suisse

En Suisse, le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) vient d’être nommé l’animal de l’année 2026 par l’organisme de protection Pro Natura. Concrètement, cette nomination signifie qu’une campagne officielle sera lancée en mars prochain pour aménager des jardins favorables à l’espèce dans des parcs, des cours d’école et des entreprises. Le hérisson est classé « potentiellement menacé » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le petit animal ressemblant à une petite boule de pics est victime de la densification des villes et du béton. Il a besoin de jardins naturels pour se nourrir d’insectes, pour trouver de l’eau, se reposer et se reproduire. La taille moyenne d’un hérisson se situe entre 20 et 30 centimètres.

Consultez le site de Pro Natura

Une usine sous-marine pour dessaler l’eau de mer

PHOTO TIRÉE DU SITE DE FLOCÉAN

Un module de filtration d’eaux salées

Une première usine de dessalement sous-marine entrera en service en Norvège en 2026. L’entreprise Flocéan estime que ses installations commerciales permettront de réduire les coûts pour purifier l’eau de mer. Actuellement, des usines terrestres situées au Moyen-Orient purifient l’eau salée par osmose inversée. Flocéan mise sur la pression de l’eau. L’entreprise norvégienne entend immerger d’imposants modules de filtration dans les profondeurs de l’océan. Le poids de l’eau permettra de faire passer l’eau à travers des membranes. Une fois le sel séparé, l’eau douce sera savamment pompée à la surface. Le dessalement de l’eau de mer à partir de la terre ferme permet actuellement de produire seulement 1 % des ressources mondiales en eau douce.

Consultez le site de Flocéan (en anglais)

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-12/l-actualite-verte-de-la-semaine.php

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