Environnement, biodiversité et transition écologique

L’actualité verte de la semaine Transport aérien, perroquet bleu et tortue

Publié à 8 h 00

Sara Champagne La Presse

L’impact du transport aérien sous-estimé

Un nouveau calculateur d’empreinte carbone révèle que les avions ont un impact sur le réchauffement climatique plus important qu’on l’estimait précédemment. Pour en arriver à cette conclusion, des chercheurs de l’Université de Surrey, au Royaume-Uni, ont conçu un calculateur qui, à la différence des autres, enregistre les différents itinéraires, la durée du vol, le temps de roulage au sol ainsi que les pleins d’essence des avions. Résultat : au lieu de produire 3000 kg de dioxyde de carbone, l’estimation précédente, un Boeing 777 qui vole de Singapour à Zurich en produirait 14 000 kg Les chercheurs anglais développent maintenant une application de leur calculateur, ATP-DEC (Air Travel Passenger Dynamic Emissions Calculator, ou Calculateur dynamique des émissions des passagers aériens), qui sortira en 2026.

Consultez l’étude parue dans Nature (en anglais)

Une épidémie menace un perroquet bleu

Une épidémie menace un programme de réintroduction de l’ara de Spix*,* ce beau perroquet bleu de Curaçao*,* que l’on retrouve dans l’État de Bahia, au Brésil. Une dizaine d’oiseaux sous la protection du centre de réhabilitation de la région ont eu un test positif à un circovirus. Très contagieux, ce virus est potentiellement mortel et il n’existe aucun remède. La maladie attaque le système immunitaire, décolore les plumes et déforme les becs. Une urgence vétérinaire sanitaire a été déclarée. D’autres psittacidés bleus élevés en captivité seraient malades en Allemagne. Actuellement, il ne reste que 11 aras de Spix en liberté à Bahia, dont deux oisillons nés à l’état sauvage.

Décharge illégale au cœur de l’habitat des tortues

Une décharge se cache derrière les falaises et les eaux turquoise de l’île touristique de Zante (Zakynthos), en Grèce. Dans ce parc marin, des tortues caouannes *(*nom scientifique : Caretta caretta) côtoient des immondices. La Cour de justice de l’Union européenne a condamné le pays pour ne pas avoir cessé d’y déverser des déchets municipaux, commerciaux et restes alimentaires. L’amende est de 5,5 millions d’euros (8,9 millions CAN), avec une pénalité de 12 500 euros pour chaque jour de retard dans la fermeture de la décharge. Une ordonnance avait été émise en 2014 pour faire cesser les déversements, mais aucune mesure n’avait été prise. La tortue caouanne est classée « vulnérable » sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). – Avec Le Figaro

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-10/l-actualite-verte-de-la-semaine/transport-aerien-perroquet-bleu-et-tortue.php

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) invite les 82 municipalités du Grand Montréal à soumettre de nouveaux sites naturels au Répertoire métropolitain des initiatives municipales de conservation (RMIMC) en vue de les faire reconnaître en tant qu’autres mesures de conservation efficaces (AMCE) par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).

Déjà, la Ville de Laval a obtenu la reconnaissance de trois de ses sites inscrits au répertoire métropolitain comme AMCE, soit le bois de Sainte-Dorothée, le bois du Souvenir et le boisé Papineau, qui totalisent 139 hectares (l’équivalent d’environ 195 terrains de soccer). Il s’agit de l’une des plus grandes superficies reconnues à titre d’AMCE dans le sud du Québec. À l’échelle provinciale, la superficie des milieux naturels reconnus comme étant protégés en territoire lavallois est passée de 0,84 % à 1,34 %. La CMM, qui avait réalisé l’analyse des sites pour les intégrer à son répertoire, a contribué à leur reconnaissance rapide par le MELCCFP. La Ville de Laval poursuit ses démarches, en collaboration avec la CMM, pour faire reconnaître plusieurs autres milieux naturels dans la prochaine année.

https://cmm.qc.ca/communiques/amce-la-cmm-encourage-de-nouvelles-mesures-de-conservation-de-la-biodiversite-dans-le-grand-montreal/

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Vu, lu, vérifié Les lentilles canadiennes sont-elles bourrées de résidus de pesticides ?

L’émission française Sur le front vient de produire un épisode qui s’intéresse aux lentilles canadiennes. Le portrait n’est pas reluisant. Les agriculteurs français disent qu’ils font face à une concurrence déloyale puisque leurs collègues canadiens utilisent des pesticides interdits en Europe. Et il y en aurait des traces dans les lentilles qui se retrouvent sur leur marché.

Publié à 6 h 00

Stéphanie Bérubé La Presse

Bourrées ? Non, mais…

Ceux et celles qui aiment les émissions où le scandale est appuyé par une musique à suspense seront gâtés par l’épisode sur le libre-échange de l’émission Sur le front. On y consacre 30 minutes à la production de lentilles canadiennes.

Il s’agit de lentilles qui poussent dans les Prairies, le Québec n’en produit pas pour la peine et encore moins selon les méthodes montrées dans cette émission-choc, indiquent les Producteurs de grains du Québec.

L’équipe de l’émission française a plutôt mis le cap sur la Saskatchewan. Le montage est efficace et les images d’un avion qui survole les champs de lentilles en épandant des pesticides frappent fort.

Pire : à la fin de l’épisode, des tests faits sur les lentilles canadiennes vendues en France montrent des résidus de pesticides interdits d’utilisation dans l’Union européenne.

À voir ce procédé de « dessiccation », on est peu surpris qu’il en reste des traces : une pluie de pesticides tombe du ciel pour assécher les plantes et rendre les récoltes possibles, quelques jours plus tard.

Le procédé est encadré par l’Agence de réglementation de lutte antiparasitaire du Canada, et les taux de résidus de pesticides observés dans les lentilles achetées dans les supermarchés français sont nettement sous les limites permises.

En entrevue avec La Presse, le docteur en épidémiologie nutritionnelle Michel Lucas ne se dit toutefois pas rassuré. Celui-ci s’intéresse aux résidus de pesticides dans les aliments, et particulièrement au glyphosate – le fameux Roundup Ready.

Ça tombe bien (ou mal), les analyses demandées par la production de Sur le front ont trouvé des traces de glyphosate dans les lentilles canadiennes.

« Il y a très peu de données chez l’humain », admet Michel Lucas quand on lui demande quelles peuvent être les conséquences d’une consommation d’aliments qui contiennent des traces de pesticides.

Pas une première

Il ajoute toutefois que « le glyphosate détruit la vie », et pas que celle dans les champs, mais aussi celle des bactéries (essentielles) du microbiote et de l’intestin. Il pourrait y avoir aussi des effets indirects sur la santé cognitive, entre autres, ajoute Michel Lucas, qui est professeur titulaire au département de médecine sociale et préventive de la faculté de médecine de l’Université Laval.

Les analyses révélées dans l’émission française notent aussi la présence de diquat, un autre pesticide appliqué pour faire sécher la plante et utilisé en Saskatchewan.

L’émission française n’est pas la première à s’intéresser aux pratiques agricoles canadiennes, avec un doigt accusateur. En 2017, des producteurs italiens avaient fait tester des pâtes faites avec du blé canadien sur lequel on avait pulvérisé du glyphosate. Les tests étaient sortis positifs et la situation avait fait chuter les importations de blé canadien en Italie.

Au regroupement Pulse Canada, on ne veut pas spéculer sur les impacts que pourrait avoir la diffusion de cette émission, même si elle a beaucoup de rayonnement sur les réseaux sociaux.

On précise toutefois que les exportations de lentilles canadiennes en France représentaient moins de 1 % des exportations totales de lentilles canadiennes en 2024. Autour de 15 000 tonnes sur un total de 1,9 million de tonnes exportées l’année dernière.
Seuils modifiés

Les lentilles entrent en Europe sans droits de douane selon l’Accord économique et commercial global signé en 2016, celui-là même qui a fait couler beaucoup d’encre au Québec puisqu’il permet l’entrée de fromage européen, souvent à bas prix.

« Les agriculteurs canadiens respectent des normes nationales et internationales rigoureuses et, comme l’indique cette émission, les lentilles canadiennes satisfont aux normes de sécurité strictes de l’UE applicables aux produits importés », précise dans ce cas Jeff English, vice-président communications de Pulse Canada.

C’est exact.

« Ces normes ont changé, à cause de lobbying », précise toutefois Michel Lucas, qui fait référence à l’émission française où l’on voit le discours tenu par le représentant d’un lobby canadien qui avoue avoir fait des pressions précisément pour que ces seuils soient modifiés, il y a une douzaine d’années.

Le lobby cité est Pulse Canada.

« Ça pose un gros problème d’éthique », croit Michel Lucas, qui déplore aussi que les organismes réglementaires s’appuient souvent sur de la documentation ou des études fournies par les producteurs de pesticides. « Quand les gouvernements ont besoin de données et n’ont pas de données, ils vont prendre celles de l’industrie, dit-il. Et dans ce domaine-là, on n’a aucune donnée. »

Alors, demandons-nous à Michel Lucas, vous en mangeriez de ces lentilles canadiennes ?

« Non. »

Dix principales destinations des lentilles canadiennes

Ces dix pays représentaient 82 % des exportations de lentilles canadiennes en 2024.

Inde
Turquie
Émirats arabes unis
Bangladesh
États-Unis
Colombie
Pakistan
Maroc
Pérou

Source : Pulse Canada

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-12/vu-lu-verifie/les-lentilles-canadiennes-sont-elles-bourrees-de-residus-de-pesticides.php

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Énergir est suspecté d’écoblanchiment

Le Bureau de la concurrence du Canada (BCC) a ouvert, récemment, deux enquêtes portant sur des pratiques commerciales d’Énergir et d’Enbridge Gaz Québec qui seraient susceptibles de constituer de l’écoblanchiment.

Selon les documents que Le Devoir a pu consulter, ces deux enquêtes ont été ouvertes par le commissaire de la concurrence — l’une en août, l’autre le 3 novembre dernier — en vertu de l’alinéa 10 (1) a) de la Loi sur la concurrence.

Elles font suite à des plaintes déposées par une coalition réunissant des organisations environnementales, syndicales et citoyennes, au motif de « représentations fausses ou trompeuses » de la part des deux entreprises, en lien avec la promotion du gaz naturel renouvelable (GNR).

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Industrie forestière Le Waterloo de la forêt ?

Jean-Philippe Décarie La Presse

François Legault a créé toute une commotion dans les régions ressources québécoises en laissant entendre que notre industrie forestière pourrait perdre jusqu’à 50 % des 60 000 emplois qu’elle génère au Québec en raison du conflit du bois d’œuvre et de l’imposition de droits de douane additionnels par Donald Trump. Une sortie publique d’un premier ministre qu’on s’explique mal.
Publié à 6 h 30

L’industrie forestière québécoise est effectivement victime depuis le mois d’août dernier d’un repli certain. Les exportations de bois d’œuvre canadien aux États-Unis ont été frappées d’une hausse de 20 % de droits compensateurs et antidumping en août dernier, hausse qui a été assortie, le 17 octobre, d’un droit de douane additionnel de 10 %, gracieuseté de Donald Trump.

Cette offensive tous azimuts qui a porté à 45 % les droits de douane auxquels les exportations de bois d’œuvre canadien sont soumises a eu effectivement une incidence directe sur les activités des grandes scieries québécoises, qui ont vu leur volume de ventes destinées aux États-Unis réduit de façon drastique depuis le mois de juillet.

Le conflit du bois d’œuvre perdure depuis des décennies, mais c’est vrai qu’il a pris une tournure plus dramatique avec la dernière fournée de hausses de droits compensateurs antidumping et de douane qui ont gonflé de façon importante les stocks des producteurs québécois.

Mais conclure que l’industrie de la forêt québécoise va perdre 50 % de ses emplois à court terme, comme l’a laissé entendre le premier ministre Legault dans une entrevue à Cogeco dans le cadre de lors de la présentation de sa vision économique lundi dernier, relève d’un excès de pessimisme.

Les gens de l’industrie forestière avec qui j’ai parlé depuis lundi se demandent tous où François Legault a pêché ses prévisions qui ne reflètent en rien, selon eux, la réalité prévisible avec laquelle ils s’attendent à composer dans les prochains mois.

Oui, l’industrie traverse une crise – comme elle en a vécu de nombreuses au cours des dernières années –, mais elle ne s’attend pas à frapper son Waterloo, comme l’a laissé entendre avec un peu de désinvolture, faut-il préciser, le premier ministre.

L’industrie forestière attend un coup de pouce de Québec comme elle a reçu un soutien financier du gouvernement fédéral, qui a mis sur pied un fonds de 750 millions pour lui garantir les liquidités nécessaires pour passer à travers la crise.

C’est la raison pour laquelle les gens de l’industrie ne veulent pas critiquer outre mesure la vision négative qu’a transmise François Legault cette semaine, parce qu’ils souhaitent plutôt qu’il leur accorde un soutien équivalent à celui du fédéral.

Une industrie patrimoniale

Si François Legault cherchait à illustrer les perspectives fort différentes qui attendent les travailleurs du secteur de l’énergie et ceux de la forêt, il ne s’y est pas pris d’une façon très élégante envers ceux qui perpétuent une activité industrielle patrimoniale qui existe depuis les débuts de la colonie française.

C’est sûr que la mise en marche du plan de développement accéléré d’Hydro-Québec, qui doit entraîner la création de 35 000 emplois payants au cours des dix prochaines années, va être une véritable locomotive économique pour plusieurs régions du Québec.

Mais la forêt reste encore à ce jour le principal employeur de plusieurs centaines de municipalités dans toutes les régions du Québec et cette activité va se perpétuer après la crise qui devrait s’estomper d’ici le printemps prochain, lorsque les nouvelles mises en chantier résidentielles vont redémarrer aux États-Unis.

À elle seule, la société Domtar, qui est le résultat du regroupement, au fil des dernières années, des entreprises Excellence Paper, Produits forestiers Résolu et Domtar, exploite aujourd’hui un réseau de 23 installations de pâtes et papiers et de scieries au Québec et emploie plus de 5000 personnes.

Les acteurs de l’industrie demandent notamment à Québec de revoir les prix du bois d’œuvre qui restent supérieurs à ceux payés par les producteurs de l’Ontario ou de la Colombie-Britannique, qui retrouvent progressivement les volumes d’exportations vers les États-Unis qu’ils avaient en début d’année.

Les producteurs québécois de bois d’œuvre sont convaincus que les constructeurs américains de maisons vont absorber, lorsque la demande sera au rendez-vous, les droits de douane de 45 % parce qu’ils ont besoin de la ressource canadienne et que le coût de la matière ligneuse ne représente que 3 % du coût total d’une maison.

Le prix du mille pieds-planche de bois d’œuvre, qui a déjà franchi le cap des 1700 $ US durant la pandémie, se situe aujourd’hui sous la barre des 500 $ US alors que le prix d’équilibre souhaité par les producteurs québécois tourne autour de 600 $ US.

La baisse des taux d’intérêt aux États-Unis et la relance de la construction domiciliaire, combinées aux fermetures de scieries qui ont déjà été annoncées au Canada, devraient contribuer à l’atteinte de ce prix idéal.

Un prix idéal qui permettrait à nos producteurs de bois d’œuvre de réduire leurs stocks tout en retrouvant des niveaux de liquidités suffisants pour payer leurs employés et ainsi éviter de congédier la moitié de leurs effectifs.

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2025-11-14/industrie-forestiere/le-waterloo-de-la-foret.php

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Gestion des cerfs au parc Michel-Chartrand : cinquante bêtes abattues

La Ville de Longueuil a confirmé au Courrier du Sud que l’opération visant à contrôler la surpopulation de cerfs de Virginie au parc Michel-Chartrand est maintenant terminée. Le parc est de nouveau accessible au public. Au total, cinquante cerfs ont été abattus dans le cadre de cette intervention.

La Municipalité poursuivra par ailleurs, pour une deuxième année, sa collaboration aux recherches du programme PARCS en Santé, afin d’approfondir les connaissances scientifiques nécessaires à l’élaboration de solutions durables. Comme chaque hiver, un inventaire aérien sera également effectué pour suivre l’évolution du cheptel.

Toute la viande récoltée sera remise à Moisson Rive-Sud par l’entremise du programme Chasseurs généreux de la Fédération québécoise des chasseurs et des pêcheurs, comme ce fut le cas en 2024.

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Enfin la gestion des Cerfs du parc Michel-Chartrand ne soulève plus les passions. Il semble que les gens aient compris que ce sont d’abord les activités humaines et la gestion du parc qui aient contribué directement à la surpopulation des cervidés, mettant en péril l’écosystème du parc lui-même.

En cela la gestion du cheptel n’est pas différente du système de permis de chasse accordés pour chaque région du Québec selon les besoins. En plus la viande est récupérée et sert de contribution aux organismes de charité qui en font la distribution aux clientèles du secteur.

En ce sens le pragmatisme a pris le dessus sur les émotions par une gestion plus responsable et durable du territoire.

L’ancienne ministre fédérale de l’Environnement Catherine McKenna dénonce les multiples stratégies d’« écoblanchiment » et le lobbying intensif de l’industrie des énergies fossiles pour qu’elles évitent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En entrevue au Devoir, elle affirme d’ailleurs que les projets de capture et de stockage de carbone des pétrolières servent d’abord à retarder l’action climatique.

Ministre canadienne de l’Environnement et du Changement climatique pendant quatre ans, Mme McKenna se souvient très bien des démarches incessantes des entreprises pétrolières et gazières auprès du gouvernement fédéral. Son constat est d’ailleurs sans équivoque : le lobby des énergies fossiles fait tout ce qui est en son pouvoir pour retarder ou bloquer toute mesure qui s’attaquerait aux émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’industrie la plus polluante au pays.

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Il faudrait organiser un bon procès en bonne et due forme intenté au nom des citoyens canadiens contre les pétrolières du pays. En effet ces dernières annulent elles-mêmes volontairement tous les efforts et les dépenses du gouvernement et de la population pour combattre les changements climatiques.

Il y a des milliards à aller chercher chez ces entreprises qui s’enrichissent scandaleusement par leur irresponsabilité et leur avidité sur le dos des générations actuelles et futures. Tandis que ce sont surtout les jeunes d’aujourd’hui et de demain qui hériteront des conséquences grandement néfastes envers leur qualité de vie, incluant leur propre survie potentielle.

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Le rapport de consultation est encore à l’état de brouillon et n’est pas complété, a confirmé la semaine dernière le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), en réponse à une demande d’accès à l’information.

Territoires ciblés par le projet pilote de conservation du caribou forestier de Charlevoix

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Les projets pilotes ont pour cible de maintenir un taux de perturbation de l’habitat du caribou à un maximum de 35 %. Dans les deux régions concernées, ce taux frôlait 90 % au moment de l’annonce du gouvernement. Ce dérangement est principalement causé par les activités humaines.

Selon Environnement et Changement climatique Canada, un taux de 35 % ne laisse que 60 % de chance de survie à une harde de caribous forestiers. Si rien n’est fait, de nombreux experts craignent la disparition de ces hardes isolées.

Aucune recommandation

Le rapport ne formulera aucune orientation particulière aux élus, a-t-on aussi appris. Selon Québec, le document ne fera que résumer le contenu des mémoires et des échanges tenus dans le cadre de la tournée gouvernementale.

Le rapport de consultation ne contiendra pas de recommandation. Il contiendra plutôt des éléments factuels qui ont été soulevés lors de la consultation publique, explique Ève Morin Desrosiers, porte-parole au MELCCFP, précisant qu’il est trop tôt pour déterminer les éléments qui seront retenus ou non de la consultation publique.

Le ministère laisse entendre que le travail d’analyse et de collecte de données n’est pas terminé.

D’autres intrants devront aussi être considérés dans la suite des projets pilotes, notamment ceux des consultations distinctes des communautés autochtones qui sont toujours en cours, ajoute-t-on.

Le caribou montagnard de la Gaspésie est une espèce distincte et est en voie de disparition. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Qui plus est, Québec n’a toujours aucun échéancier pour la mise en application des mesures prévues aux projets pilotes.

Les prochaines étapes consisteront à la finalisation des mesures de conservation retenues pour les projets pilotes et à leur adoption par le gouvernement du Québec. Ensuite, les mesures retenues pourront être mises en œuvre. À ce jour, aucun échéancier n’est déterminé pour ces étapes.

La stratégie s’est presque rendue jusqu’à l’agenda du conseil des ministres pour une adoption à l’hiver 2024, avant d’être écartée en raison d’une dissension au sein du caucus caquiste, dont une partie s’inquiétait des impacts économiques dans les régions dépendantes de l’industrie forestière.

Deux mois plus tard, Québec présentait ses deux projets pilotes plutôt qu’une stratégie nationale, sans études d’impacts économiques ou écologiques pour les appuyer. Les projets pilotes ont suffi à faire relâcher la pression du côté fédéral, qui n’a toutefois pas encore totalement écarté la possibilité d’une intervention au Québec par décret d’urgence. Quelque 35 000 km2 de territoire étaient ciblés.

Puis en mars dernier, l’ex-ministe Benoit Charette a déclaré qu’il n’allait pas imposer lesdits projets pilotes s’il n’y avait pas d’adhésion dans les milieux concernés.

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COP30 L’abandon des énergies fossiles au cœur de la prolongation

La 30e conférence des Nations unies sur le climat (COP30) est entrée en prolongation, vendredi soir, au Brésil, face à l’impasse sur l’adoption d’une « feuille de route » pour l’abandon progressif des énergies fossiles, une proposition qui n’a pas reçu l’appui du Canada.
Mis à jour hier à 19 h 24

Jean-Thomas Léveillé La Presse

L’histoire jusqu’ici

En 2023, la COP28 tenue à Dubaï s’était conclue sur une première mention historique de la nécessité d’abandonner progressivement les énergies fossiles.
En 2024, la COP29 tenue à Bakou avait échoué à faire avancer cette idée.
Cette année, la COP30 tente de concrétiser cette volonté en adoptant une « feuille de route » qui amènerait les pays à devoir indiquer dans leurs plans climatiques comment ils réduiront leur consommation d’hydrocarbures.

L’ébauche d’accord-cadre dévoilée vendredi matin dans la ville amazonienne de Belém ne contenait aucune mention d’une telle feuille de route devant amener les pays du monde à s’engager sur une réduction de leur consommation de pétrole, gaz et charbon, ni même de ces énergies fossiles, responsables du réchauffement planétaire.

Près de 90 pays appellent pourtant à l’adoption d’une telle feuille de route, dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Australie et le Mexique.

Mais le Canada n’est pas du nombre.

Occasion manquée

« Le Canada est en train de manquer une occasion cruciale de jouer un rôle constructif », déplore Andréanne Brazeau, chargée de cours en politiques climatiques à l’Université de Sherbrooke, jointe sur place par La Presse.

« Il reste tristement silencieux dans les négociations », ajoute-t-elle, un avis partagé par Julie Segal, gestionnaire principale en financement climatique de l’organisation non gouvernementale canadienne Environmental Defence.

Le gouvernement [canadien a] utilisé la période de la COP pour annoncer ses intentions de lancer de nouveaux projets pétroliers et gaziers, ce qui est exactement le contraire de ce dont le pays, la planète et l’économie ont besoin.

Julie Segal, Environmental Defence

Ottawa dit appuyer « en principe » l’élaboration d’une feuille de route, sans expliquer son refus d’appuyer celle dont il est question à Belém.

« Bien que le Canada ne soit pas signataire de la feuille de route de la COP30, notre gouvernement salue les initiatives visant à guider les nations vers la mise en œuvre d’une transition hors des combustibles fossiles vers la carboneutralité d’ici 2050 », a déclaré à La Presse Keean Nembhard, attaché de presse de la ministre de l’Environnement et du Changement climatique Julie Dabrusin.

Perspective humiliante

La perspective que la COP30 se termine sans accord, ce qui serait un échec humiliant pour le pays hôte, a même été évoquée par l’Union européenne.

Il faut toutefois relativiser cette hypothèse d’échec, estime Patrick Rondeau, directeur du service environnement et transition juste à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), joint sur place.

L’ébauche présentée vendredi matin « n’est qu’une première itération » visant à calmer et isoler les opposants, dit cet habitué des COP. « Le Brésil va revenir à la charge. »

La réussite de la COP30 dépendra plutôt de la capacité « de garder des portes ouvertes pour des mesures structurantes », indique M. Rondeau.

« Indépendamment du texte final de cette COP30, il y a déjà eu des progrès », ajoute Julie Segal, pour qui le fait que près de la moitié des pays présents réclament une feuille de route pour guider l’abandon progressif des hydrocarbures est « historique ».

Avancées sur la transition juste

Des progrès ont par ailleurs été observés sur la question de la transition juste, notamment de la part du Canada, qui était resté muet sur le sujet au début de la conférence1.

Ottawa « a brisé son silence et s’est déclaré “ouvert” à la création de “nouvelles institutions”, comme le Mécanisme de Belém pour la transition juste [BAM, pour Belém Action Mechanism, en anglais] », s’est réjouie Caroline Brouillette, directrice générale du Réseau Action Climat Canada.

Le texte manque encore d’ambition et n’est pas encore adopté, tempère-t-elle, mais cette avancée est à son avis « sans contredit le résultat des efforts sans relâche de la société civile ici à Belém ».

Entente sur la COP31

La Turquie et l’Australie ont finalisé vendredi leur partage des tâches pour l’organisation de la COP31, en 2026 ; l’Australie présidera les négociations qui se tiendront dans la station balnéaire turque d’Antalya. L’Australie organisera aussi la conférence pré-COP, traditionnellement plus technique que la COP, dans le Pacifique, afin de focaliser l’attention sur les États insulaires menacés par l’élévation de l’océan. La Turquie, qui n’a ratifié l’Accord de Paris qu’en 2021, est critiquée pour la faiblesse de ses engagements climatiques. Les conférences climatiques de l’ONU sont organisées à tour de rôle parmi cinq blocs régionaux qui doivent désigner le pays-hôte par consensus, ce qui a déjà donné lieu à des bras de fer, mais rarement aussi intenses que celui-ci. La COP32, elle, se tiendra en Éthiopie, en 2027. – Agence France-Presse

En savoir plus

32 000
    Nombre de personnes ayant participé à la COP30, des délégations nationales aux observateurs, en passant par les médias et les entreprises privées, selon un décompte provisoire fait vendredi par les Nations unies

Source : Agence France-Presse

188
    Nombre de pays ayant envoyé une délégation sur place, en plus de l’Union européenne, sur les 198 pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques

Source : Agence France-Presse

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-21/cop30/l-abandon-des-energies-fossiles-au-coeur-de-la-prolongation.php

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La caricature de Côté

Par André-Philippe Côté, Le Soleil

21 novembre 2025 à 04h02

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Planète bleue, idées vertes À Marseille, une monnaie transforme les déchets plastiques en cadeaux

(Marseille) Tout a commencé avec une passion pour la nage en mer et une question : que faire des déchets ramassés dans la Méditerranée ? Emmanuel Laurin, président de l’association Sauvage Méditerranée, a trouvé la solution : fabriquer la Sauvage, une pièce de monnaie faite de déchets, la distribuer aux bénévoles qui nettoient le littoral et la dépenser dans des commerces respectueux de l’environnement.
Publié à 7 h 00

Meriem Bioud Collaboration spéciale

La mer est agitée à Marseille en ce dimanche sur la plage du Prado, des bénévoles avancent avec des sacs-poubelle. Rassemblés par l’association 1 déchet par jour, ils arpentent digues, plages et pelouses à la recherche de trésors abandonnés. « Ça pue la mort », lance Charlotte Oriol. Accroupie entre les rochers, elle vient de trouver un beau butin : quelques bouteilles de bière et des morceaux d’objets abîmés par leur passage dans l’eau.

Depuis deux ans, la jeune femme participe régulièrement aux ramassages organisés par l’association. « Ce qui m’a motivée, c’est de voir la quantité de déchets qui sont dans la mer et de rencontrer des gens qui ont le même état d’esprit que moi. » Daryl Anague, jeune homme arrivé récemment en France, n’a pas tardé à faire de même. « Je pense que chacun devrait faire de son mieux pour éliminer la pollution », lance-t-il avant de compter ses découvertes : « des bouteilles en plastique, plein de sandales et des mégots un peu partout ».

Une bière, un biscuit ou un spectacle offert…

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-24/planete-bleue-idees-vertes/a-marseille-une-monnaie-transforme-les-dechets-plastiques-en-cadeaux.php

L’actualité verte de la semaine

Publié à 8 h 00

Éric-Pierre Champagne La Presse

Une hausse des GES fatale pour les plus pauvres

La décision du président Donald Trump de réduire le recours aux énergies renouvelables et d’accroître l’utilisation des combustibles fossiles risque d’être fatale pour de nombreux habitants des pays les plus pauvres. Selon une analyse réalisée conjointement par les médias ProPublica et The Guardian, cette décision de l’administration américaine entraînera une hausse des émissions de gaz à effet de serre. Elle provoquerait ainsi d’ici la fin du siècle 1,3 million de morts supplémentaires causées par la chaleur extrême, principalement en Afrique et en Asie du Sud. Les cinq pays les plus touchés seraient l’Inde, la Chine, le Pakistan, le Nigeria et la République démocratique du Congo.

Lisez l’article du Guardian (en anglais)

L’océan Arctique se réchauffe

Le réchauffement des océans a rattrapé l’océan Arctique, dont les températures s’élèvent depuis 1990. Voilà le constat d’une étude menée par des chercheurs chinois qui a été publiée dans la revue Science Advances. Les scientifiques ont pu confirmer que l’océan Arctique s’était réchauffé de 0,074 degré Celsius au cours des 35 dernières années à des profondeurs entre 1500 et 2600 mètres. Si la variation de température peut sembler minime, elle est néanmoins suffisante pour provoquer la fonte d’au moins le tiers du couvert de glace actuel dans l’océan Arctique. « Les profondeurs océaniques sont beaucoup plus actives que nous le pensions. Je pensais que les profondeurs océaniques pouvaient se réchauffer, mais pas aussi rapidement », a souligné Xianyao Chen, membre de l’équipe de recherche, en entrevue au magazine New Scientist.

Consultez l’étude de Science Advances (en anglais)

Des impacts sur la santé de plus en plus importants

Les impacts sur la santé provoqués par les changements climatiques sont de plus en plus importants, signale le plus récent rapport du Lancet Countdown. De 2020 à 2024, 84 % des vagues de chaleur qui ont touché diverses populations portaient la signature du réchauffement planétaire, précise-t-on. Les morts liées à la chaleur ont augmenté de 63 % depuis les années 1990 : on a enregistré en moyenne 546 000 morts par année de 2012 à 2021. Les effets des changements climatiques sont particulièrement importants pour les populations les plus vulnérables. Plus de 123 millions de personnes dans le monde ont souffert d’insécurité alimentaire en raison des vagues de chaleur et de la sécheresse.

Consultez le rapport du Lancet Countdown (en anglais)

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-24/l-actualite-verte-de-la-semaine.php

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Un pari de 40 millions à Ange-Gardien

Un couple d’agriculteurs de la Montérégie multiplie les gestes afin de verdir ses activités. La pièce maîtresse de cette série d’initiatives environnementales : la construction, en cours, d’une usine de biométhanisation d’environ 40 millions.

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Énergir, le distributeur gazier qui voulait vendre moins de gaz
L’entreprise mise sur de plus petits volumes à prix plus élevés pour négocier la transition énergétique.
[…]
« Nous, ce qu’on veut, c’est garder les clients. Mais on veut que chaque client consomme beaucoup, beaucoup moins », précise Mme Trudeau. Elle voudrait voir la consommation des clients résidentiels baisser de 70 % à 75 % et celle des clients industriels, « d’un bon 50 % ». Quant à la consommation restante, elle serait plus ciblée — notamment vers les clients industriels — et alimentée par du GSR.

« Je trouve que c’est extraordinaire qu’une entreprise de distribution de gaz réfléchisse ainsi », pense Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal. « C’est exactement comme ça que la société devrait réfléchir pour faire une transition énergétique. »

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L’actualité verte de la semaine

Publié le 1er décembre
Jean-Thomas Léveillé La Presse

Nature Québec contre-attaque

Nature Québec réplique aux entreprises pétrolières canadiennes par publicité interposée. « Bien plus qu’un pipeline. Ce sont nos impôts gaspillés », ou « Bien plus qu’un pipeline. C’est le Québec défiguré », peut-on lire sur quelques panneaux d’affichage dans les régions de Québec et de Montréal. La campagne de l’organisation écologiste, financée par des dons, est une réplique à celle de l’Alliance Nouvelles Voies, un consortium d’entreprises d’exploitation des sables bitumineux, qui fait la promotion d’un nouvel oléoduc. « Nos impôts ne devraient pas servir à financer les énergies fossiles », a déclaré la directrice générale de Nature Québec, Alice-Anne Simard.

Une batterie écologique inventée à Montréal

La nouvelle batterie biodégradable et malléable conçue par des scientifiques de l’Université McGill est adaptée aux appareils électroniques portables.

Des scientifiques de l’Université McGill ont conçu une batterie biodégradable et malléable, adaptée aux appareils portables, qui pourrait contribuer à réduire les déchets électroniques. L’équipe de recherche a remplacé les métaux lourds habituellement utilisés dans les batteries par de l’acide citrique ou lactique. Ces deux acides naturels ont donné un rendement supérieur à celui des autres batteries biodégradables, généralement fabriquées à base de magnésium. En les mélangeant à de la gélatine, ils lui ont donné de l’élasticité. L’équipe est maintenant à la recherche de partenaires du secteur privé pour poursuivre la mise au point de cette technologie.

Le GIEC prépare son prochain rapport

Plus de 600 scientifiques venus d’une centaine de pays se retrouvent cette semaine à Paris pour amorcer le prochain rapport de synthèse du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Il s’agit du 7e cycle de travaux pour l’organisation, fondée en 1988, qui est la principale autorité mondiale en matière climatique. Ce 7e rapport de synthèse est attendu en 2029, après la publication de trois rapports intermédiaires. Le précédent rapport de synthèse du GIEC, publié en 2023, prévenait que la fenêtre d’action contre les changements climatiques se « referme rapidement ».

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Protection du caribou Le plan qui était à un poil d’aboutir

La stratégie québécoise de protection des caribous promise en 2016 était prête à être adoptée par le Conseil des ministres en 2023. Mais le plan a déraillé. Le gouvernement Legault a même ignoré une proposition autochtone qui aurait pu jouer « un rôle clé ». Un dossier de Jean-Thomas Léveillé.
Publié le 2 décembre (2 articles)

Stratégie pour le caribou mise de côté Québec prévoyait 15 aires protégées

Demande de moratoire sur les coupes forestières Québec reconnaît avoir ignoré les Innus

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Dans la Presse

Comment ça marche… | Le captage et le stockage du carbone

Ottawa a donné son feu vert à un nouveau projet d’oléoduc en Alberta, permettant d’acheminer du pétrole jusqu’en Colombie-Britannique. Selon le premier ministre Mark Carney, ce projet pourrait se traduire par une baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada, grâce aux promesses de l’industrie pétrolière qui s’engage à capter et à stocker le CO2 issu entre autres de l’extraction des sables bitumineux.

De nombreuses questions demeurent

En plus de la construction « d’un ou plusieurs oléoducs », l’entente conclue entre le gouvernement fédéral et l’Alberta prévoit aussi « la construction et le financement du plus grand projet (Nouvelles voies) au monde de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC) afin de faire du baril de pétrole de l’Alberta l’un des plus faibles en intensité carbone au monde ».

Rappelons que six entreprises exploitant des sables bitumineux au Canada, dont Canadian Natural, Cenovus, ConocoPhillips Canada, L’Impériale et Suncor se sont regroupées pour former l’Alliance nouvelles voies (Pathways Alliance). Ce regroupement propose un projet de capture et de stockage du CO2 au coût de 16,5 milliards de dollars dans le nord de l’Alberta, qui permettrait, sur papier, de réduire considérablement l’empreinte carbone du baril de pétrole albertain, qui génère 30 % de plus de GES qu’un baril dont le pétrole est extrait d’un puits conventionnel.

En gros, la technique permet de capter le CO2 avant qu’il ne soit relâché dans l’atmosphère. Il est transformé en liquide pour être transporté par pipeline jusqu’à un lieu où il sera enfoui sous terre dans des formations rocheuses.

Selon Normand Mousseau, professeur de physique à l’Université de Montréal, la technologie a fait ses preuves à plus petite échelle. « Pour moi, c’est toujours quand on arrive à grande échelle que l’on peut découvrir des problèmes qu’on n’a pas vus à petite échelle. […] Il va falloir voir comment on fait cet apprentissage-là », ajoute-t-il.