Environnement, biodiversité et transition écologique

Planète bleue, idées vertes « Changer l’industrie de la construction » en réutilisant les matériaux

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Les cofondateurs de SURCY, Melania Grozdanoska et Sébastien Beauregard, dans leur local dont le plancher provient d’une école de rang du Vermont

Optimiser le potentiel de réemploi des matériaux de construction : c’est le défi que se sont lancé Sébastien Beauregard et Melania Grozdanoska avec leur entreprise d’économie sociale, SURCY. À travers une vingtaine de projets et d’études, réalisés et en cours, ils ont identifié 1200 tonnes de matériaux pouvant être réutilisés. Et ce n’est qu’un début.

Résumé

[
Sophie Kaltenback
Sophie Kaltenback La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/sophie-kaltenback)

L’industrie de la construction, de la rénovation et de la démolition génère un tiers des matières résiduelles et une part importante des gaz à effet de serre (GES). Voilà pourquoi SURCY tente d’attaquer le problème de front, en accompagnant les entrepreneurs. « C’est important de travailler avec les particuliers, mais c’est toujours un petit impact à la fois. Si tu réussis à faire bouger les gros joueurs, l’impact est décuplé », souligne Sébastien Beauregard.

L’OBNL a été fondé en avril 2023 au sein du cabinet d’architecture Inform, après plusieurs réflexions sur les possibilités de réemploi de matériaux. Mais l’initiative dépasse maintenant le simple projet d’architecture.

« On voulait changer l’industrie de la construction, dit le jeune entrepreneur. Il existe déjà des repreneurs de matériaux, ce n’est pas là notre expertise. On a une formation en architecture et de l’expérience sur les projets concrets. On s’est dit qu’on était capables d’aider les entreprises, parce qu’on sait comment ça fonctionne. »

L’organisme peut poser des diagnostics et évaluer le potentiel de réemploi de matériaux à l’échelle d’un bâtiment ou d’un territoire.

On fait un relevé de l’existant, dans le but de trouver les éléments qui se démontent bien, qui sont en bon état, et on évalue s’il existe un marché.

Sébastien Beauregard, cofondateur de SURCY

Egest Gjinali, de la coopérative d’architecture Pivot, a eu recours aux services de SURCY pour le projet de l’organisme d’aide aux sans-abri Résilience Montréal, qui aménage un nouveau refuge dans un vieux bâtiment du quartier Saint-Henri.

PHOTO FOURNIE PAR MODULOR

Les matériaux récupérés pour le projet de Résilience Montréal

Avec l’aide de SURCY, l’équipe de projet a réussi à réutiliser 7,6 % des vieux matériaux, comme des éléments de mécanique, des portes d’armoire et quelques fenêtres, sur place ou sur d’autres chantiers.

« Il y a beaucoup de défis dans le réemploi, ça prend des efforts pour imaginer de reconstruire avec des éléments existants », observe M. Gjinali.

Le Code de construction pose aussi beaucoup d’obstacles.

Le Code est fait pour utiliser de nouveaux matériaux, et tu peux seulement utiliser des matériaux non neufs si tu peux prouver qu’ils sont équivalents à des matériaux neufs.

Sébastien Beauregard, cofondateur de SURCY

SURCY doit identifier les acteurs, les filières de matériaux et les chaînes de réemploi dans chaque région, et analyser la réglementation et les matériaux disponibles. Avec ces données, l’organisme tente de fixer de nouveaux standards. À Gatineau, par exemple, la Ville songe à des mesures incitatives pour encourager le réemploi lors de la démolition de bâtiments.

David contre Goliath

Mais SURCY n’en est qu’à ses débuts, et les enjeux sont de taille pour l’industrie. « Les normes de construction sont extrêmement sévères et ne permettent pas véritablement le réemploi », rappelle Karel Ménard, directeur général du Fonds commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

L’industrie de la construction, de la rénovation et de la démolition « est le parent pauvre de la gestion des matières résiduelles au Québec ».

Les cofondateurs de SURCY tiennent particulièrement à une autre de leur mission : la sensibilisation. Des guides destinés aux entrepreneurs font la promotion du réemploi, notamment en montrant les coûts et les émissions de GES associés aux principaux matériaux issus des démolitions, selon leur envoi à l’enfouissement, leur recyclage et leur réemploi.

« L’information est diffusée publiquement, pour que le particulier puisse le faire lui-même, souligne Sébastien Beauregard. Le réemploi, ce n’est pas encore automatique. »

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-12/planete-bleue-idees-vertes/changer-l-industrie-de-la-construction-en-reutilisant-les-materiaux.php

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# L’actualité verte de la semaine

Résumé

Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs

Publié hier à 18 h 30

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[
Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/eric-pierre-champagne)

Venezuela : le pétrole pourrait amputer le budget carbone

Une relance de la production pétrolière au Venezuela réduirait de 13 % le budget carbone restant, qui permettrait de contenir le réchauffement planétaire sous 1,5 degré Celsius. Le budget carbone correspond à la quantité maximale de CO2 qui peut être relâché dans l’atmosphère sans dépasser un certain niveau de réchauffement. Dans une analyse réalisée à la demande du quotidien The Guardian, la firme ClimatePartner conclut donc qu’une hausse de la production pétrolière vénézuélienne de 500 000 barils par jour à 1,6 million de barils entre 2035 et 2050 aurait des conséquences significatives sur les émissions de dioxyde de carbone. Le président américain, Donald Trump, a invité récemment les principales sociétés pétrolières américaines à investir massivement au Venezuela pour relancer l’extraction de l’or noir. Le pays compterait, en théorie, sur les plus importantes réserves de pétrole au monde, devant l’Arabie saoudite.

PHOTO DONALD CHAN, ARCHIVES REUTERS

Centrale de charbon en banlieue de Zhengzhou, dans la province du Henan, en Chine

Le charbon recule en Inde et en Chine

En 2025, l’Inde (-3 %) et la Chine (-1,6 %) ont enregistré une baisse de la production d’électricité à partir du charbon, une première en 50 ans, selon une analyse réalisée par Carbon Brief. Les deux pays, qui sont parmi les plus importants émetteurs de gaz à effet de serre au monde, investissent massivement dans les énergies renouvelables depuis quelques années. Ces changements sont significatifs, précise Carbon Brief : le secteur énergétique de ces deux pays a été responsable de 93 % de l’augmentation des émissions mondiales de CO2 entre 2015 et 2024.

Consultez l’analyse de Carbon Brief (en anglais)

IMAGE TIRÉE DU SITE INTERNET DE GREENPHYTO

L’entreprise singapourienne Greenphyto vient de démarrer la plus haute ferme verticale intérieure au monde.

Une ferme intérieure géante à Singapour

Une nouvelle entreprise vient de démarrer à Singapour la plus haute ferme verticale intérieure au monde. D’une hauteur de 23 mètres, l’équivalent de 7 étages, le bâtiment a été inauguré le 7 janvier. Il permettra de cultiver jusqu’à 2000 tonnes de légumes verts par année. L’une des particularités de cette nouvelle installation, c’est qu’elle est presque entièrement automatisée grâce à un robot géant. La nouvelle entreprise, Greenphyto, utilise également l’intelligence artificielle pour assurer la gestion de sa ferme intérieure.

Regardez un portrait de cette ferme (en anglais)

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L’actualité verte de la semaine/ Bonaire, Pays-Bas et pneus

Les Pays-Bas condamnés par la justice

Un tribunal néerlandais a ordonné mercredi aux Pays-Bas de mieux protéger une de leurs îles des Antilles contre le changement climatique et de se doter d’ici 18 mois d’objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. « Le gouvernement néerlandais n’en fait pas assez pour protéger les habitants de Bonaire », une petite île située au large du Venezuela menacée par la montée du niveau de la mer, a déclaré le juge. Il s’agit du premier cas d’importance depuis que la Cour internationale de justice a statué que le manque d’action climatique des États est une violation du droit international1.

Lisez l’article « Changements climatiques : ne pas agir viole le droit international, tranche la Cour internationale de justice »

Jean-Thomas Léveillé, La Presse, avec l’Agence France-Presse

Plus

Amsterdam interdit la publicité pour la viande et les hydrocarbures

PHOTO LE-GALS PHOTOGRAPHY, GETTY IMAGES

Amsterdam, aux Pays-Bas

La viande et les énergies fossiles disparaîtront des panneaux publicitaires à Amsterdam le 1er mai prochain. Les élus de la capitale des Pays-Bas ont adopté le 22 janvier une interdiction de la publicité dans les espaces publics de produits à l’empreinte carbone élevée, comme les véhicules thermiques, les vols d’avion et les produits carnés, ont rapporté divers médias. De telles interdictions existent déjà dans de nombreuses villes européennes, mais Amsterdam devient la première capitale à leur emboîter le pas. Cette interdiction intervient d’ailleurs après qu’un tribunal ait maintenu une politique similaire adoptée par la ville de La Haye, que des organisations de l’industrie du voyage tentaient de faire invalider.

Jean-Thomas Léveillé, La Presse

Les pneus accusés de tuer les saumons

PHOTO RONSTIK, GETTY IMAGES

L’usage du 6PPD dans la fabrication des pneus serait lié à une mortalité importante des saumons sur la côte ouest américaine.

Une dizaine de fabricants de pneus faisaient face à la justice à San Francisco, la semaine dernière, accusés par des pêcheurs d’utiliser un additif associé à une mortalité importante des saumons sur la côte ouest américaine, de l’Alaska à la Californie. Les plaignants dénoncent l’usage du 6PPD, utilisé depuis des décennies pour empêcher le caoutchouc de se craqueler au contact de l’air. Plusieurs études ont démontré qu’il se transforme en un dérivé d’une extrême toxicité pour certains poissons, même à très faible dose. Pour les industriels, dont le japonais Bridgestone, le français Michelin, et l’italien Pirelli, il n’existe encore aucune solution de remplacement.

Jean-Thomas Léveillé, La Presse, avec l’Agence France-Presse

Planète bleue, idées vertes /Un hôtel de ville en bois et écoénergétique

PHOTO FOURNIE PAR LA MUNICIPALITÉ DE LA PÊCHE

Un aperçu de l’intérieur de l’hôtel de ville de La Pêche

Depuis l’automne 2024, le conseil municipal de La Pêche ne siège plus au vieux presbytère. La municipalité nichée sur la rive gauche de la rivière des Outaouais s’est offert un vrai hôtel de ville. Mais pas n’importe lequel : un bâtiment entièrement en bois, qui repousse les limites de l’efficacité énergétique et de la carboneutralité.

« Ce n’est pas banal pour une municipalité de 8636 habitants », souligne le maire, Guillaume Lamoureux.

Au Québec, cet hôtel de ville est l’un des premiers projets institutionnels en voie d’obtenir la certification Passivhaus, qui existe pourtant depuis 30 ans. Il s’agit de l’une des certifications les plus sévères au monde, ont affirmé à La Presse des experts en construction bioclimatique.

Ses exigences ne se limitent pas à l’ultra-efficacité énergique. Le confort aussi est essentiel, ainsi que le choix des matériaux et des appareils ménagers. En cas de panne d’électricité en hiver, un bâtiment Passivhaus conservera sa chaleur durant quelques jours.

Résumé

PHOTO FOURNIE PAR LA MUNICIPALITÉ DE LA PÊCHE

L’hôtel de ville de La Pêche est l’un des premiers projets institutionnels en voie d’obtenir la certification Passivhaus.

Le bâtiment est chauffé à basse température avec l’aérothermie, et des serpentins électriques dans le système d’alimentation en air compensent la baisse d’efficacité de cette technologie par grands froids. Une dalle radiante au plancher complète le système de chauffage. Les fenêtres s’ouvrent grâce à un savant système de volets pour assurer une bonne ventilation. Elles sont dotées d’un vitrage triple épaisseur pour éviter les pertes de chaleur en hiver. Il y a quand même la climatisation pour contrer les canicules estivales, mais elle s’arrête automatiquement à une température donnée ou si quelqu’un ouvre une fenêtre.

Guillaume Lamoureux, le maire de La Pêche, revenait d’un tournoi de hockey junior à Val-d’Or, en Abitibi, lorsqu’il a raconté à La Presse l’histoire derrière la conception de l’hôtel de ville, inauguré à l’automne 2024. Le bâtiment qui a coûté environ 11 millions, dont plus de la moitié provenant de subventions, est considéré comme un puits de carbone.

En bois

« Au tournant des années 2020, le conseil s’est entendu pour dire qu’il était plus que temps de se doter d’un hôtel de ville. Jusque-là, nous siégions dans une maison des années 1950, l’ancien presbytère, trop froid en hiver, avec son annexe. Rapidement, nous nous sommes dit que, tant qu’à construire, nous allions construire en bois, avec quelque chose de durable dans le temps. Nous avons alors entrepris d’aller chercher du financement du Fonds municipal vert [canadien] et de Québec », raconte le maire Guillaume Lamoureux.

PHOTO FOURNIE PAR LA MUNICIPALITÉ DE LA PÊCHE

L’inauguration de l’hôtel de ville en novembre 2024 avec plusieurs dignitaires, dont le maire de La Pêche, Guillaume Lamoureux (troisième à partir de la droite)

L’hôtel de ville de 1417 mètres carrés s’inspire de la nature et des fameux ponts couverts de la région, avec sa toiture en dents de scie et sa grosse charpente en bois. C’est du bois massif venant de la scierie Nordic Structures, à Chibougamau, dans le nord du Québec, assez solide pour remplacer le béton ou l’acier, de grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES). Il s’agit de panneaux en bois lamellé-croisé (CTL) constitués de plusieurs couches de planches de bois séchées, collées à 90 degrés.

Dominique Laroche, architecte principal du projet, de la firme BGLA, ne s’en cache pas : il est devenu écoanxieux en 1997, dans la foulée du trou dans la couche d’ozone, l’année juste avant la crise du verglas au Québec.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Dominique Laroche, architecte principal du projet

Je crois que nous sommes sur le point de frapper un mur avec le réchauffement de la planète. Je tente de faire ma part, mon maximum en architecture.

Dominique Laroche, architecte principal du projet

« Je suis découragé quand je vois sortir de terre une autre tour de plusieurs dizaines d’étages de haut, noire, vitrée. On ne se rend pas compte de l’énergie nécessaire pour les climatiser. Il faut en finir avec l’architecture jetable », dit-il.

Des matériaux au grille-pain

L’architecte explique que l’hôtel de ville de La Pêche a été construit selon le principe du « carbone intrinsèque », donc en pensant aux émissions de gaz à effet de serre liées à la production du bois, à son transport, à son installation, à son entretien, et jusqu’à l’évaluation de la fin de vie de la charpente.

Les matériaux sont locaux : l’encadrement des fenêtres est aussi en bois et le revêtement en cèdre de l’Est. Sur le plan énergétique, tout a été calculé, jusqu’à la consommation du grille-pain dans la salle des employés.

L’hôtel de ville consomme en énergie à peine 9500 $ par année. S’il avait été conçu de façon classique, il aurait consommé 26 000 $. On parle donc d’une économie de 17 000 $ par année. Pour résumer, on a réduit de 85 % la consommation énergétique du bâtiment comparativement à l’ancienne référence [2021] du Code national de l’énergie pour les bâtiments.

Dominique Laroche, architecte principal du projet

La certification Passivhaus se classe parmi celles qui imposent les plus hauts standards au monde, confirme le professeur au département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’UQAM Yvon Rudolphe, un évaluateur agréé. Selon lui, les pays scandinaves sont à l’avant-garde, tout comme l’Allemagne, la Suisse, même l’Asie. Au Québec, rien ne changera tant que le gouvernement ne modifiera pas son code du bâtiment avec des exigences environnementales strictes, estime-t-il.

« Ces pays prennent généralement mieux soin de leurs forêts. Ici, on abuse de nos arbres, déplore-t-il. Il faudrait commencer à mieux penser le reboisement, à diversifier. Pour le moment, les certifications, telles Leed et Green, sont considérées comme des éléments promotionnels par les entrepreneurs, pour vendre. Il faudrait des mesures robustes pour renverser la tendance, également de la part des institutions financières pour les taux d’intérêt, et des assurances. »

Lisez l’article « Nouvel édifice de Jeunesse au Soleil : l’âme d’un centre en bois »

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Environnement/ Trump ordonne à l’armée américaine d’acheter de l’Électricité issue du charbon

PHOTO J. DAVID AKE, ASSOCIATED PRESS

Une centrale au charbon au Wyoming

(Washington) Donald Trump a ordonné mercredi à son département de la Défense de se fournir en électricité issue de centrales à charbon, une nouvelle tentative du président américain de relancer une industrie coûteuse, en déclin, et qui contribue de manière importante au réchauffement climatique.

Le milliardaire républicain a signé ce décret lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche, entouré de mineurs de charbon portant des casques de sécurité.

Le texte donne instruction au Pentagone de passer des accords, sur le long terme, de fourniture d’électricité issue du charbon « pour s’assurer que les installations militaires et les sites essentiels de la défense aient une alimentation ininterrompue », selon l’exécutif américain.

Le gouvernement de Donald Trump est un farouche opposant aux énergies renouvelables, notamment l’éolien, vu comme non fiable.

Le charbon est « essentiel à notre sécurité nationale », a déclaré Donald Trump lors de cette cérémonie de signature. À cette occasion, des représentants de cette industrie lui ont aussi décerné un titre de « champion incontesté du charbon ».

Le charbon, à partir duquel est produit plus d’un tiers de l’électricité mondiale, est un contributeur majeur au réchauffement climatique en raison des émissions de CO2 dues à sa combustion.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump cherche à relancer cette industrie, allant jusqu’à obliger des exploitants à maintenir ouvertes des centrales à charbon qui devaient fermer.

Cette politique va à l’encontre des politiques passées de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de l’évolution du secteur de l’énergie.

La production de charbon a en effet baissé aux États-Unis depuis une quinzaine d’années, cette source d’énergie ayant progressivement été remplacée par le gaz naturel et les énergies renouvelables, moins chères et plus propres.

En 2023, le charbon représentait seulement un peu plus de 16 % de la production totale d’électricité des États-Unis, contre environ 50 % en 2000.

L’administration Trump s’apprête par ailleurs à abroger, jeudi, un texte servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la régulation des centrales électriques.

J’ “adore” comment la majorité des histoires ici sont comme “Telle ville va replanter des milliers d’arbres” “Merveilleux projet eco-responable dans telle ville” “Projet carboneutre ici”

et pendant ce temps-là, les histoires sortant des États-Unis sont comme “Le gouvernement américain recommande de licher des rats pestiférés"

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C’est un peu en train de devenir comme ça ici aussi, non?

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Planète bleue, idées vertes/ Une deuxième vie pour les bouteilles de vin

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Trois des jeunes dirigeants de l’entreprise VerrAvenir : Louis-Félix Toupin, Armel Collignon et Orlane Fouquet

Si c’est bon pour la bière, pourquoi pas pour le vin ? VerrAvenir, une jeune pousse de HEC Montréal, veut récupérer 400 000 bouteilles de vin vides dans les restaurants et les hôtels dans la prochaine année pour les nettoyer et les revendre aux vignobles québécois.

Les quatre étudiants au baccalauréat ont lancé leur petite entreprise après avoir remarqué, en travaillant en restauration, que des bouteilles vides en parfait état étaient jetées au bac de récupération. « C’était un désastre », se rappelle Orlane Fouquet.

Or, selon Recyc-Québec, près de 40 % des centres de tri au Québec envoient leur verre dans des sites d’enfouissement. La raison principale ? La contamination par d’autres matériaux recyclables, qui empêche le verre d’être refondu pour en faire de nouvelles bouteilles.

Orlane Fouquet, Maëlie Fouquet, Armel Collignon et Louis-Félix Toupin se sont alors penchés sur une solution bien établie en France et déjà appliquée au Québec pour les bouteilles de bière brunes, mais pas encore élargie aux bouteilles de vin : le réemploi.

Le réemploi est « beaucoup mieux » que le recyclage, selon Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

Contrairement au recyclage, le réemploi permet une baisse de la consommation de la ressource en prolongeant considérablement sa durée de vie.

Résumé

« La bouteille de bière a autour de 15 ou 20 vies avant d’être rejetée. Pour ce qui est des bouteilles de vin, ce serait sensiblement la même chose », estime-t-il.

Le projet pilote de VerrAvenir est mené avec un restaurant, un hôtel et un lieu événementiel depuis le début de 2026.

« S’ils développent le marché et démontrent qu’il y a une volonté de la part de certains vignobles, ou un gain économique, ce serait merveilleux », affirme M. Ménard.

Du bac au vignoble

« On va déposer des bacs de récolte de bouteilles de verre chez nos partenaires stratégiques », explique Orlane Fouquet. Les bouteilles seront ensuite triées en lots identiques puis acheminées à une entreprise de nettoyage – qui traite déjà les bouteilles de bière des marques Sleeman et Labatt – qui enlèvera les étiquettes, stérilisera les contenants et s’occupera du contrôle de qualité.

VerrAvenir veut ensuite les vendre aux petits et moyens producteurs de vin québécois à moindre prix, soit 10 à 15 % moins cher que les bouteilles importées.

Le réemploi permettrait également aux viticulteurs d’acheter moins de bouteilles neuves, qui proviennent presque exclusivement de l’étranger, souvent d’Europe ou de Chine.

Les hôtels et restaurants paieraient un abonnement mensuel à VerrAvenir. L’avantage pour eux : réduire le volume de leur bac à récupération de 4000 à 5000 bouteilles par année leur ferait économiser entre 720 et 1800 $ en frais de collecte, selon VerrAvenir, puisque le verre est difficile à compacter.

L’intérêt de cette initiative ne se limite pas aux économies. La fabrication et le transport d’une bouteille en verre de 750 ml génèrent entre 1 et 1,5 kg de CO2, souligne VerrAvenir. Le réemploi permettrait d’éviter environ 550 g de CO2 par bouteille, soit plusieurs tonnes par an pour un vignoble.

Les défis du réemploi

Selon Mélanie Gore, directrice générale du Conseil des vins du Québec (CVQ), les viticulteurs sont ouverts à un tel projet. « Oui, il y a un intérêt, mais en même temps, c’est un projet d’une ampleur énorme », souligne-t-elle. Les vins québécois ne représentent que 1 % des vins vendus dans la province, et les bouteilles se retrouvent souvent « éparpillées » dans une variété d’établissements (SAQ, épiceries fines, restaurants). « Il faut que [le projet] soit coordonné par un leader du marché, que ce soit la SAQ ou le gouvernement », avance-t-elle.

Selon Karel Ménard, le grand défi du projet sera le tri des nombreux formats de bouteilles utilisés par les viticulteurs, une opération coûteuse qui exige des volumes importants.

L’équipe de VerrAvenir reste confiante : malgré la diversité des formats, la majorité du marché est constituée de bouteilles de 750 ml brunes ou vertes. « Bordelaise et bourguignonne : ce sont les deux types de bouteilles les plus fréquentes », précise Louis-Félix Toupin.

« S’ils prouvent que ça fonctionne avec quelques dizaines de vignobles, par exemple, pourquoi ne pas l’étendre aux grands embouteilleurs autour de Montréal, qui embouteillent le vin importé en cuves ? », suggère Karel Ménard.

Énergie verte: 25 experts québécois en mission technologique en Chine

Sébastien Pothier fait partie d’une délégation de 25 acteurs du milieu qui s’envoleront en Chine pour une mission technologique sur le stockage d’énergie. (Konnecta)

Dans un contexte où le Québec fait face à plusieurs enjeux énergétiques, 25 acteurs du secteur des énergies vertes se rendront en Chine, du 23 au 28 février, pour une mission technologique.

La délégation visitera notamment les installations de SidEnergy, à Shangai, pour mieux comprendre les systèmes de stockage d’énergie, la gestion intelligente de l’électricité et l’intégration avec les véhicules électriques.

S’ils sont plutôt méconnus, ces technologies ne sont pourtant ni théoriques ni futuristes. Elles sont déjà installées au Québec, notamment en Mauricie, autant dans des résidences que dans des contextes commerciaux.

Ils permettent notamment de stocker l’énergie produite par des panneaux solaires, d’alimenter un bâtiment à partir d’un véhicule électrique ou de rendre un bâtiment plus autonome en matière énergétique en réduisant sa dépendance au réseau.

Résumé

La mission regroupe quelques personnalités du milieu énergétique québécois, dont Daniel Breton, de Mobilité Électrique Canada, ainsi que Jean-François Desaliers, de Provoq Innovation, Sylvain Juteau, de Roulez Électrique, et Sébastien Pothier, de Konnecta.

Ce dernier, qui est aussi consultant en électrification des transports et distributeur des produits de SidEnergy, compte notamment aller observer les avancées de la Chine afin d’en apprendre sur la technologie qui s’en vient d’ici un an ou deux en Amérique du Nord.

Répondre aux enjeux québécois

L’objectif est de mieux comprendre le marché, ce qui peut être déployé à grande échelle et comment les solutions technologiques peuvent répondre aux enjeux québécois. «On s’en va faire une veille technologique», illustre Sébastien Pothier.

La mission en Chine s’inscrit en effet dans un contexte où la province fait face à une électrification accélérée des transports, une augmentation de la consommation électrique, de fortes périodes de pointes hivernales, des pannes de courant plus fréquentes et une pression constante sur le réseau électrique.

C’est notamment le fait qu’Hydro-Québec prévoit la mise en place de subventions pour l’installation de panneaux solaires à partir du mois d’avril, qu’une délégation s’est organisée pour aller étudier la portion «stockage d’énergie».

«Des panneaux solaires, c’est bien beau, mais si tu n’es pas capable de stocker l’énergie et venir la gérer, c’est un peu de donner des coups d’épée dans l’eau», soutient le PDG de Konnecta.

«Présentement, les solutions [de stockage d’énergie] qui existent dans le marché québécois, c’est très limité et, avec la venue des subventions pour les panneaux solaires, le marché est en train de se développer à la vitesse grand V», continue-t-il.



«On considère ces solutions parce qu’elles sont simples à installer et efficaces. On est d’ailleurs les premiers, avec Hydro-Québec, à être capables de revendre l’énergie sur le réseau avec ces équipements-là. C’est une première québécoise», souligne-t-il.

Pourquoi?

Les systèmes permettent notamment d’accumuler de l’énergie pour permettre aux utilisateurs d’être autoproducteurs et s’en servir lorsqu’il y a des pannes de courant.

Ils peuvent alimenter des bornes de recharge électrique, par exemple, mais également servir de génératrice pour une maison ou un commerce qui a d’importants inventaires dans des réfrigérateurs.

Ça peut aussi servir pour accumuler l’énergie provenant des parcs de panneaux solaires, comme celui qui est dans l’air à Bécancour, alors qu’un appel d’offres pour un bloc de 300 mégawatts (MW) est en cours chez Hydro-Québec.

L’actualité verte de la semaine Sargasses, pamplemousses, escargots

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs

Les sargasses en route vers les Caraïbes

Un banc de sargasses devrait s’échouer d’ici deux semaines sur les plages de l’est de Grande-Terre, en Guadeloupe. Ces algues brunes et gluantes devraient se multiplier au large de l’Atlantique au cours des prochaines semaines et frapper d’autres îles des Caraïbes, selon les analyses météorologiques françaises. À ce jour, les causes de l’apparition des sargasses demeurent mystérieuses. Des experts de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), organisme scientifique français, se regroupent pour mieux comprendre et évaluer leur impact sur l’humain. Ces algues corrosives génèrent des émanations toxiques, notamment de l’ammoniac et du sulfure d’hydrogène (H2S), caractérisées par une forte odeur d’œuf pourri.

Lisez « Une expertise scientifique face au défi des sargasses dans les Caraïbes »

Des pamplemousses résistants au froid

Grâce à la modification d’un seul gène, des pamplemousses plus résistants au froid et moins amers pourraient être cultivés dans des régions plus au nord, au climat tempéré. Cette modification permettrait aussi de lutter contre la maladie du dragon jaune causée par un insecte vecteur d’une bactérie non résistante aux basses températures, qui ravage les récoltes. Des chercheurs de l’Institut Volcani, organisme de recherche agricole d’Israël, utilisent le système de modification de gènes international CRISPR pour créer les pamplemousses en laboratoire. Des spécimens ont commencé à pousser, mais des années pourraient s’écouler avant qu’ils apparaissent chez les maraîchers.

Consultez l’étude

Des escargots survivants dans les détritus

Après avoir frôlé l’extinction, une espèce d’escargot millénaire est sauvée grâce à des survivants trouvés dans des déchets. L’escargot de 2 centimètres (Poecilozonites bermudensis) était considéré comme disparu jusqu’en 2014, lorsqu’une poignée de spécimens a été récupérée in extremis dans une ruelle de Hamilton, aux Bermudes, au milieu des détritus. Quelques gastéropodes ont alors été envoyés au zoo de Chester, en Angleterre. Durant des années, des scientifiques du zoo les ont incités à se reproduire dans des capsules de fécondation. Aujourd’hui, plus de 100 000 petits escargots terrestres ont été relâchés et se reproduisent librement dans leur archipel d’origine de l’Atlantique Nord. Il est considéré comme sauvé !

Lisez un article sur le projet de conservation (en anglais)

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Réintroduction du bison dans l’Ouest : des succès et des défis

Après avoir frôlé l’extinction au XIXe siècle en Amérique du Nord, le bison fait son grand retour dans les parcs nationaux et au sein des communautés autochtones de l’Ouest canadien et américain. Sa réintroduction est une réussite, mais elle vient toutefois avec son lot de défis, comme a pu le constater La semaine verte.

Il y a de moins en moins d’oiseaux dans le ciel de l’Amérique du Nord

PHOTO PIOTR KRZESLAK, GETTY IMAGES

Les oiseaux dont le nombre diminue le plus rapidement sont des espèces telles que l’étourneau sansonnet, le corbeau américain (en photo), le quiscale bronzé et le moineau domestique, dont les populations sont suffisamment importantes pour qu’elles ne soient pas encore menacées d’extinction

(Washington) Une nouvelle étude révèle que le nombre d’oiseaux qui traversent le ciel nord-américain a diminué de plusieurs milliards par rapport à il y a quelques décennies et que leur population diminue de plus en plus rapidement, principalement en raison de la combinaison de l’agriculture intensive et du réchauffement climatique.

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Agriculture autochtone : déterrer un savoir oublié

La culture des trois soeurs se pratique sur des monticules.

Photo : Radio-Canada

Les Wendat tentent de renouer avec leurs traditions agricoles abandonnées au fil du temps. Avec l’aide d’une équipe de chercheurs d’Agriculture Canada, la nation cherche à comprendre comment et pourquoi ses ancêtres cultivaient le maïs, les haricots et les courges ensemble, une polyculture appelée les trois sœurs.

Au bout de la rue des Trois-Soeurs, à l’angle de la rue de l’Ours, se trouve la serre communautaire de la Nation wendat. À l’intérieur, une jeune horticultrice fait pousser des plantes pour nourrir les siens. Si Andicha-Ok8andoron Picard-Parent a choisi l’horticulture, c’est parce qu’elle aspirait à une plus grande souveraineté alimentaire.

En creusant le passé de sa nation, elle s’est aperçue que son rêve avait déjà été réalité. Avant de s’installer à Wendake, les Wendat se nourrissaient majoritairement de produits de la terre, surtout du maïs, des haricots et des courges qu’ils faisaient pousser sur des buttes tout autour de leur village.

Aujourd’hui, la jeune horticultrice souhaite faire revivre ce mode de vie. “Je me vois comme une des porteuses de savoir parce que je suis en train de le déterrer. Puis, avec la participation d’Agriculture Canada, je le fais renaître autrement.”

La tradition orale

Un des défis qu’on a rencontrés, c’est l’oralité versus l’écrit, soulève Mme Picard. Les connaissances ayant longtemps été transmises par tradition orale chez les Wendat, il a été difficile de trouver des informations sur la culture des trois sœurs. Il a fallu par les écrits des jésuites, notamment pour retrouver ces savoirs endormis.

Illustration de monticules pour cultiver les trois soeurs tirée d’un ouvrage du jésuite Joseph-François Lafitau provenant des Archives du Conseil de la Nation Wendat.

Photo : Archives du Conseil de la Nation Wendat

Passer par ceux qui nous ont colonisés pour retrouver un savoir, ça, c’est une blessure émotionnelle, je dirais. Mais au-delà de ça, c’est vraiment de faire la part des choses avec ce qu’un a vu, ce que l’autre a vu, puis de s’entendre sur quelque chose qui serait logique entre les deux.

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En complément, l’espace maraîcher Wendat et la réappropriation de la technique de culture des trois soeurs sont évoqués dans la dernière rubrique du plus récent épisode de La semaine verte:

Tout se recoupe et c’est intéressant de constater les liens (parfois subtils) entre certains reportages. Comme la communauté Wendate est très présente à Québec, je m’y intéresse particulièrement. Ce qui fait que j’essaie en même temps de la faire connaitre davantage, tout comme la culture amérindienne dans son ensemble. Car pour moi ce sont des québécois ou des canadiens à part entière (selon leur vision personnelle), qui ont tellement de choses à nous apprendre au niveau de l’environnement, la faune et la flore.

Un détail anecdotique en passant: j’aime parcourir le parc linéaire de la rivière St-Charles qui relie notamment le centre-ville de Québec au Lac St-Charles via la réserve de Wendake (à peu près à mi-chemin).

Dans la partie urbaine de ce merveilleux parc il y a deux nouvelles passerelles piétonnes installées il y a environ une dizaine d’années. Une s’appelle la passerelle de la Tortue et l’autre des Trois Soeurs. Je comprends maintenant que l’on fait référence à la tortue animal mythique de la nation wentade et avec l’article publié ce matin je réalise que les trois soeurs sont les trois légumes cultivés depuis longtemps par le même peuple.

et la passerelle des Trois Soeurs ci-bas

https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/art-culture/concours/merites-architecture/laureats/2018/2018-batiments-municipaux.aspx

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Planète bleue idées vertes

Un projet pilote inédit à Dorval

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Les piétons qui passent devant l’hôtel de ville de Dorval depuis la mi-février foulent une chaussée recouverte de morceaux d’étoiles de mer.

(Dorval) Au lieu de marcher sur des trottoirs déglacés au gros sel, les piétons qui passent devant l’hôtel de ville de Dorval depuis la mi-février foulent une chaussée recouverte de morceaux d’étoiles de mer. La municipalité de l’ouest de Montréal mène un projet pilote inédit avec ce produit provenant de la Corée du Sud, moins nocif pour les infrastructures et la nappe phréatique.

Résumé

La nouvelle mixture granuleuse fait déjà son chemin dans d’autres villes québécoises : des projets pilotes se préparent à Longueuil et à Kirkland, qui en entrepose trois tonnes dans ses garages. En Alberta, l’aéroport international d’Edmonton l’utilise déjà sur ses trottoirs et aires de stationnement. Le fondant à glace est composé d’une base de chlorure de calcium, efficace jusqu’à de -30 °C à -35 °C, mélangée à environ un tiers de sel et un additif d’étoiles de mer séchées.

À la mi-février, avenue Martin, les cols bleus de Dorval ont chargé un camion d’épandage de 1,5 tonne de fondant à base d’étoiles de mer. Des curieux se sont rassemblés autour du véhicule, avec des représentants de l’entreprise coréenne Star’s Tech, conceptrice du produit.

Le service des travaux publics a déjà essayé plusieurs abrasifs et fondants, mais ils ont tous des désagréments, explique le maire de Dorval, Marc Doret.

« Avec le gel et le dégel, le gravier s’enfonce dans la glace et n’est plus efficace comme abrasif. Sans compter que les petites roches s’infiltrent dans les fissures, dans le sol. On a déjà essayé les copeaux de bois, c’est le même problème. Dans les deux cas, il faut tout un ménage de printemps pour nettoyer les restes. On s’est dit que ça valait le coup de l’essayer quand on a entendu parler des étoiles de mer », raconte le maire.

Le broyage des carcasses d’étoiles de mer permet d’extraire une poudre minérale, qui constitue une base poreuse. Un peu comme une éponge, cette poudre a le pouvoir d’absorber l’excès d’ions chlorure, donc d’atténuer l’effet du sel sur les infrastructures et de diminuer la corrosion. Elle est particulièrement efficace sur l’asphalte avec une base en béton et lors des épisodes de gel et de dégel typiques au climat québécois. En plus, elle ne brûle pas les pattes des animaux.

À long terme, le mélange permet de réduire les coûts d’entretien, a affirmé à La Presse le président-directeur général de l’entreprise Star’s Tech, SeungChan Yang, lors d’un échange par courriel*.*

Espèces nuisibles en Corée

En Corée du Sud, environ 3000 tonnes d’étoiles de mer sont éliminées chaque année par les autorités. Deux espèces sont classées comme « espèces marines nuisibles », par le ministère des Océans et de la Pêche de ce pays d’Asie : l’étoile de mer à couronne d’épines venimeuses (Acanthaster planci) et une espèce indigène carnivore de la famille des Asteriidae (amurensis). De la taille d’une main, elles sont reconnaissables à leurs marques jaunes et violettes. Elles se nourrissent de palourdes et détruisent les récifs coralliens, en plus de s’agripper aux filets des pêcheurs.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Des représentants de Star’s Tech étaient présents lors de l’épandage.

Star’s Tech transforme pour le moment entre 300 et 400 tonnes de restes d’étoiles de mer, indique SeungChan Yang. Ces invertébrés marins auraient de toute façon fini à l’incinérateur, précise-t-il. L’entreprise travaille à implanter un programme de crédits carbone pour les émissions évitées grâce à l’utilisation de son dégivrant, ajoute le PDG.

« Nous commençons nos opérations au Québec avec des projets pilotes pour confirmer que notre produit répond aux exigences des hivers québécois. Si tout se passe bien, nous prévoyons d’augmenter notre production. Notre produit a l’avantage d’être efficace à des températures extrêmement froides, d’être moins corrosif, de réduire les effets nocifs du sel sur l’environnement, et il est facile à épandre », affirme SeungChan Yang.

À Dorval, le maire Doret a expliqué qu’il est trop tôt pour évaluer les coûts-bénéfice du produit et l’empreinte écologique du transport. Mais les premiers résultats paraissent intéressants.

Des résultats prometteurs

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

La Ville de Rosemère utilise des copeaux de bois pour les sentiers et certains trottoirs.

(Saint-Hyacinthe) Saint-Hyacinthe teste depuis l’an dernier une alternative plus écologique au sel pour déglacer ses routes : des copeaux de bois trempés dans un dérivé de jus de betterave, efficace jusqu’à -30 °C. Les résultats sont prometteurs.

Les élus municipaux voulaient réduire l’utilisation de sel depuis déjà deux ans, pour réduire l’impact sur l’environnement et les infrastructures routières. Mais il est difficile de l’éliminer complètement, constate André Beauregard, maire de la municipalité de 60 000 habitants de la Montérégie.

Le jus de betterave est donc arrivé en renfort, a-t-il expliqué à La Presse.

« L’hiver venait à peine de commencer que nous avions déjà utilisé 2000 tonnes de sel sur nos artères. Il y a eu énormément de précipitations en 2025. On ne peut pas sacrifier la sécurité des gens, on a plusieurs rues en pente au centre-ville, c’est glissant, le sel est efficace », explique le maire.

Les travaux publics de Saint-Hyacinthe ont mené un projet pilote sur 6 kilomètres de rues : ils appliquent avant les précipitations un dérivé de betterave à sucre sous forme liquide, une sorte de saumure biologique et biodégradable. La fine couche empêche la glace d’adhérer à la chaussée, ce qui facilite son entretien et réduit l’utilisation du sel.

Résumé

En février 2025, Saint-Hyacinthe a déversé 6000 litres de ce dérivé de betterave sur le tronçon. « Les premiers résultats se sont avérés prometteurs », précise Elena Haratsaris, directrice des communications. Pour l’hiver 2025-2026, la municipalité a 44 000 litres de jus en réserve dans ses garages.

Casser et « peigner » la glace

Au nord-ouest de Montréal, à Rosemère, il y a un mot d’ordre chez les déneigeurs : « Le moins de sel possible », lance Simon Coulombe, ingénieur et directeur des travaux publics.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Simon Coulombe et Marie-Élaine Pitre, respectivement directeur des travaux publics et mairesse de Rosemère

La municipalité utilise environ 800 tonnes de sel par année pour ses 103 kilomètres de rues. C’est peu, comparativement à ce que Saint-Hyacinthe utilise pour 415 kilomètres de chaussée. Le sel ne fonctionne plus quand il fait très froid, à partir de -10 ou -15 °C, selon le grain, rappelle le directeur des travaux publics de Rosemère.

Pour limiter son impact sur l’environnement, la Ville utilise des casse-glaces installés sur ses camions de chargement de la neige, ainsi que des peignes servant à strier la glace pour qu’elle devienne moins glissante, explique M. Coulombe. Cet hiver, les travaux publics ont acheté pour les sentiers et certains trottoirs deux palettes de copeaux de bois trempés dans le chlorure de magnésium, qui peut être utilisé en moins grande quantité que le sel de voirie habituel (chlorure de sodium), ce qui le rend moins nocif pour les écosystèmes,

« On ne veut quand même pas que nos citoyens patinent sur nos routes », illustre Marie-Élaine Pitre, nouvelle mairesse de Rosemère. « Le sel est encore utilisé sur les routes en pente et sur les trajets d’autobus. Le déglaçage demeure un défi perpétuel en termes écologiques. »

Les écoroutes

Sur le réseau québécois, le sel est l’ingrédient principal pour déglacer les routes et les autoroutes. De nombreux procédés ont été mis à l’essai, dont le jus de betterave (autoroute 10, en Estrie), l’acétate de calcium, de magnésium et de potassium (autoroute 73 traversant le pont de la rivière Gilbert en Chaudière-Appalaches), le propylène glycol et l’urée, mais le ministère revient toujours à la case départ.

Il n’existe actuellement aucun substitut économiquement viable au chlorure de sodium [sel de voirie].

Alexandra Houde, porte-parole du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) du Québec

Elle précise que dans les plus récents appels d’offres publics, les saumures de jus de betterave n’ont pas rempli tous les critères du ministère, notamment en matière de coûts.

Sur le pont Laviolette, à Trois-Rivières, on utilise de l’urée de synthèse pour limiter la corrosion de l’infrastructure, mais au-dessous de -7 °C, son efficacité est limitée, précise-t-on. Malgré les conditions hivernales souvent périlleuses, 39 tronçons de la province totalisant 330 kilomètres sont devenus des « écoroutes d’hiver ». Sur ces artères surnommées « routes blanches », il y a moins d’épandage et plus de grattage de la chaussée. La Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent en comptent le plus grand nombre, soit 118 kilomètres.

Sur l’île de Montréal, il n’y a pas d’écoroute. En 2025-2026, le volume d’achats regroupés prévu est de 190 000 tonnes métriques de sel (l’équivalent de 38 000 éléphants de 7 tonnes), variable selon la météo. Plusieurs techniques, procédés et même des logiciels sont à l’essai pour améliorer les opérations, indique le porte-parole de la Ville Guillaume Rivest.

« Pour ses opérations d’épandage, la Ville utilise actuellement du sel et de la pierre pour un meilleur rendement compte tenu du coût, de l’efficacité et du stockage », ajoute-t-il. Dans le passé, du jus de betterave et du sel bleu (chlorure de calcium pour enrober les grains d’un agent fondant) ont été utilisés. Mais la Ville a renoncé à ces méthodes, après avoir évalué les coûts-bénéfices.

Un message a été fusionné à un sujet existant : Sites de dépôt de contenants consignés