Environnement, biodiversité et transition écologique

Planète bleue, idées vertes « Changer l’industrie de la construction » en réutilisant les matériaux

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Les cofondateurs de SURCY, Melania Grozdanoska et Sébastien Beauregard, dans leur local dont le plancher provient d’une école de rang du Vermont

Optimiser le potentiel de réemploi des matériaux de construction : c’est le défi que se sont lancé Sébastien Beauregard et Melania Grozdanoska avec leur entreprise d’économie sociale, SURCY. À travers une vingtaine de projets et d’études, réalisés et en cours, ils ont identifié 1200 tonnes de matériaux pouvant être réutilisés. Et ce n’est qu’un début.

Résumé

[
Sophie Kaltenback
Sophie Kaltenback La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/sophie-kaltenback)

L’industrie de la construction, de la rénovation et de la démolition génère un tiers des matières résiduelles et une part importante des gaz à effet de serre (GES). Voilà pourquoi SURCY tente d’attaquer le problème de front, en accompagnant les entrepreneurs. « C’est important de travailler avec les particuliers, mais c’est toujours un petit impact à la fois. Si tu réussis à faire bouger les gros joueurs, l’impact est décuplé », souligne Sébastien Beauregard.

L’OBNL a été fondé en avril 2023 au sein du cabinet d’architecture Inform, après plusieurs réflexions sur les possibilités de réemploi de matériaux. Mais l’initiative dépasse maintenant le simple projet d’architecture.

« On voulait changer l’industrie de la construction, dit le jeune entrepreneur. Il existe déjà des repreneurs de matériaux, ce n’est pas là notre expertise. On a une formation en architecture et de l’expérience sur les projets concrets. On s’est dit qu’on était capables d’aider les entreprises, parce qu’on sait comment ça fonctionne. »

L’organisme peut poser des diagnostics et évaluer le potentiel de réemploi de matériaux à l’échelle d’un bâtiment ou d’un territoire.

On fait un relevé de l’existant, dans le but de trouver les éléments qui se démontent bien, qui sont en bon état, et on évalue s’il existe un marché.

Sébastien Beauregard, cofondateur de SURCY

Egest Gjinali, de la coopérative d’architecture Pivot, a eu recours aux services de SURCY pour le projet de l’organisme d’aide aux sans-abri Résilience Montréal, qui aménage un nouveau refuge dans un vieux bâtiment du quartier Saint-Henri.

PHOTO FOURNIE PAR MODULOR

Les matériaux récupérés pour le projet de Résilience Montréal

Avec l’aide de SURCY, l’équipe de projet a réussi à réutiliser 7,6 % des vieux matériaux, comme des éléments de mécanique, des portes d’armoire et quelques fenêtres, sur place ou sur d’autres chantiers.

« Il y a beaucoup de défis dans le réemploi, ça prend des efforts pour imaginer de reconstruire avec des éléments existants », observe M. Gjinali.

Le Code de construction pose aussi beaucoup d’obstacles.

Le Code est fait pour utiliser de nouveaux matériaux, et tu peux seulement utiliser des matériaux non neufs si tu peux prouver qu’ils sont équivalents à des matériaux neufs.

Sébastien Beauregard, cofondateur de SURCY

SURCY doit identifier les acteurs, les filières de matériaux et les chaînes de réemploi dans chaque région, et analyser la réglementation et les matériaux disponibles. Avec ces données, l’organisme tente de fixer de nouveaux standards. À Gatineau, par exemple, la Ville songe à des mesures incitatives pour encourager le réemploi lors de la démolition de bâtiments.

David contre Goliath

Mais SURCY n’en est qu’à ses débuts, et les enjeux sont de taille pour l’industrie. « Les normes de construction sont extrêmement sévères et ne permettent pas véritablement le réemploi », rappelle Karel Ménard, directeur général du Fonds commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

L’industrie de la construction, de la rénovation et de la démolition « est le parent pauvre de la gestion des matières résiduelles au Québec ».

Les cofondateurs de SURCY tiennent particulièrement à une autre de leur mission : la sensibilisation. Des guides destinés aux entrepreneurs font la promotion du réemploi, notamment en montrant les coûts et les émissions de GES associés aux principaux matériaux issus des démolitions, selon leur envoi à l’enfouissement, leur recyclage et leur réemploi.

« L’information est diffusée publiquement, pour que le particulier puisse le faire lui-même, souligne Sébastien Beauregard. Le réemploi, ce n’est pas encore automatique. »

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-12/planete-bleue-idees-vertes/changer-l-industrie-de-la-construction-en-reutilisant-les-materiaux.php

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# L’actualité verte de la semaine

Résumé

Notre sélection de nouvelles environnementales d’ici et d’ailleurs

Publié hier à 18 h 30

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[
Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/eric-pierre-champagne)

Venezuela : le pétrole pourrait amputer le budget carbone

Une relance de la production pétrolière au Venezuela réduirait de 13 % le budget carbone restant, qui permettrait de contenir le réchauffement planétaire sous 1,5 degré Celsius. Le budget carbone correspond à la quantité maximale de CO2 qui peut être relâché dans l’atmosphère sans dépasser un certain niveau de réchauffement. Dans une analyse réalisée à la demande du quotidien The Guardian, la firme ClimatePartner conclut donc qu’une hausse de la production pétrolière vénézuélienne de 500 000 barils par jour à 1,6 million de barils entre 2035 et 2050 aurait des conséquences significatives sur les émissions de dioxyde de carbone. Le président américain, Donald Trump, a invité récemment les principales sociétés pétrolières américaines à investir massivement au Venezuela pour relancer l’extraction de l’or noir. Le pays compterait, en théorie, sur les plus importantes réserves de pétrole au monde, devant l’Arabie saoudite.

PHOTO DONALD CHAN, ARCHIVES REUTERS

Centrale de charbon en banlieue de Zhengzhou, dans la province du Henan, en Chine

Le charbon recule en Inde et en Chine

En 2025, l’Inde (-3 %) et la Chine (-1,6 %) ont enregistré une baisse de la production d’électricité à partir du charbon, une première en 50 ans, selon une analyse réalisée par Carbon Brief. Les deux pays, qui sont parmi les plus importants émetteurs de gaz à effet de serre au monde, investissent massivement dans les énergies renouvelables depuis quelques années. Ces changements sont significatifs, précise Carbon Brief : le secteur énergétique de ces deux pays a été responsable de 93 % de l’augmentation des émissions mondiales de CO2 entre 2015 et 2024.

Consultez l’analyse de Carbon Brief (en anglais)

IMAGE TIRÉE DU SITE INTERNET DE GREENPHYTO

L’entreprise singapourienne Greenphyto vient de démarrer la plus haute ferme verticale intérieure au monde.

Une ferme intérieure géante à Singapour

Une nouvelle entreprise vient de démarrer à Singapour la plus haute ferme verticale intérieure au monde. D’une hauteur de 23 mètres, l’équivalent de 7 étages, le bâtiment a été inauguré le 7 janvier. Il permettra de cultiver jusqu’à 2000 tonnes de légumes verts par année. L’une des particularités de cette nouvelle installation, c’est qu’elle est presque entièrement automatisée grâce à un robot géant. La nouvelle entreprise, Greenphyto, utilise également l’intelligence artificielle pour assurer la gestion de sa ferme intérieure.

Regardez un portrait de cette ferme (en anglais)

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L’actualité verte de la semaine/ Bonaire, Pays-Bas et pneus

Les Pays-Bas condamnés par la justice

Un tribunal néerlandais a ordonné mercredi aux Pays-Bas de mieux protéger une de leurs îles des Antilles contre le changement climatique et de se doter d’ici 18 mois d’objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. « Le gouvernement néerlandais n’en fait pas assez pour protéger les habitants de Bonaire », une petite île située au large du Venezuela menacée par la montée du niveau de la mer, a déclaré le juge. Il s’agit du premier cas d’importance depuis que la Cour internationale de justice a statué que le manque d’action climatique des États est une violation du droit international1.

Lisez l’article « Changements climatiques : ne pas agir viole le droit international, tranche la Cour internationale de justice »

Jean-Thomas Léveillé, La Presse, avec l’Agence France-Presse

Plus

Amsterdam interdit la publicité pour la viande et les hydrocarbures

PHOTO LE-GALS PHOTOGRAPHY, GETTY IMAGES

Amsterdam, aux Pays-Bas

La viande et les énergies fossiles disparaîtront des panneaux publicitaires à Amsterdam le 1er mai prochain. Les élus de la capitale des Pays-Bas ont adopté le 22 janvier une interdiction de la publicité dans les espaces publics de produits à l’empreinte carbone élevée, comme les véhicules thermiques, les vols d’avion et les produits carnés, ont rapporté divers médias. De telles interdictions existent déjà dans de nombreuses villes européennes, mais Amsterdam devient la première capitale à leur emboîter le pas. Cette interdiction intervient d’ailleurs après qu’un tribunal ait maintenu une politique similaire adoptée par la ville de La Haye, que des organisations de l’industrie du voyage tentaient de faire invalider.

Jean-Thomas Léveillé, La Presse

Les pneus accusés de tuer les saumons

PHOTO RONSTIK, GETTY IMAGES

L’usage du 6PPD dans la fabrication des pneus serait lié à une mortalité importante des saumons sur la côte ouest américaine.

Une dizaine de fabricants de pneus faisaient face à la justice à San Francisco, la semaine dernière, accusés par des pêcheurs d’utiliser un additif associé à une mortalité importante des saumons sur la côte ouest américaine, de l’Alaska à la Californie. Les plaignants dénoncent l’usage du 6PPD, utilisé depuis des décennies pour empêcher le caoutchouc de se craqueler au contact de l’air. Plusieurs études ont démontré qu’il se transforme en un dérivé d’une extrême toxicité pour certains poissons, même à très faible dose. Pour les industriels, dont le japonais Bridgestone, le français Michelin, et l’italien Pirelli, il n’existe encore aucune solution de remplacement.

Jean-Thomas Léveillé, La Presse, avec l’Agence France-Presse

Planète bleue, idées vertes /Un hôtel de ville en bois et écoénergétique

PHOTO FOURNIE PAR LA MUNICIPALITÉ DE LA PÊCHE

Un aperçu de l’intérieur de l’hôtel de ville de La Pêche

Depuis l’automne 2024, le conseil municipal de La Pêche ne siège plus au vieux presbytère. La municipalité nichée sur la rive gauche de la rivière des Outaouais s’est offert un vrai hôtel de ville. Mais pas n’importe lequel : un bâtiment entièrement en bois, qui repousse les limites de l’efficacité énergétique et de la carboneutralité.

« Ce n’est pas banal pour une municipalité de 8636 habitants », souligne le maire, Guillaume Lamoureux.

Au Québec, cet hôtel de ville est l’un des premiers projets institutionnels en voie d’obtenir la certification Passivhaus, qui existe pourtant depuis 30 ans. Il s’agit de l’une des certifications les plus sévères au monde, ont affirmé à La Presse des experts en construction bioclimatique.

Ses exigences ne se limitent pas à l’ultra-efficacité énergique. Le confort aussi est essentiel, ainsi que le choix des matériaux et des appareils ménagers. En cas de panne d’électricité en hiver, un bâtiment Passivhaus conservera sa chaleur durant quelques jours.

Résumé

PHOTO FOURNIE PAR LA MUNICIPALITÉ DE LA PÊCHE

L’hôtel de ville de La Pêche est l’un des premiers projets institutionnels en voie d’obtenir la certification Passivhaus.

Le bâtiment est chauffé à basse température avec l’aérothermie, et des serpentins électriques dans le système d’alimentation en air compensent la baisse d’efficacité de cette technologie par grands froids. Une dalle radiante au plancher complète le système de chauffage. Les fenêtres s’ouvrent grâce à un savant système de volets pour assurer une bonne ventilation. Elles sont dotées d’un vitrage triple épaisseur pour éviter les pertes de chaleur en hiver. Il y a quand même la climatisation pour contrer les canicules estivales, mais elle s’arrête automatiquement à une température donnée ou si quelqu’un ouvre une fenêtre.

Guillaume Lamoureux, le maire de La Pêche, revenait d’un tournoi de hockey junior à Val-d’Or, en Abitibi, lorsqu’il a raconté à La Presse l’histoire derrière la conception de l’hôtel de ville, inauguré à l’automne 2024. Le bâtiment qui a coûté environ 11 millions, dont plus de la moitié provenant de subventions, est considéré comme un puits de carbone.

En bois

« Au tournant des années 2020, le conseil s’est entendu pour dire qu’il était plus que temps de se doter d’un hôtel de ville. Jusque-là, nous siégions dans une maison des années 1950, l’ancien presbytère, trop froid en hiver, avec son annexe. Rapidement, nous nous sommes dit que, tant qu’à construire, nous allions construire en bois, avec quelque chose de durable dans le temps. Nous avons alors entrepris d’aller chercher du financement du Fonds municipal vert [canadien] et de Québec », raconte le maire Guillaume Lamoureux.

PHOTO FOURNIE PAR LA MUNICIPALITÉ DE LA PÊCHE

L’inauguration de l’hôtel de ville en novembre 2024 avec plusieurs dignitaires, dont le maire de La Pêche, Guillaume Lamoureux (troisième à partir de la droite)

L’hôtel de ville de 1417 mètres carrés s’inspire de la nature et des fameux ponts couverts de la région, avec sa toiture en dents de scie et sa grosse charpente en bois. C’est du bois massif venant de la scierie Nordic Structures, à Chibougamau, dans le nord du Québec, assez solide pour remplacer le béton ou l’acier, de grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES). Il s’agit de panneaux en bois lamellé-croisé (CTL) constitués de plusieurs couches de planches de bois séchées, collées à 90 degrés.

Dominique Laroche, architecte principal du projet, de la firme BGLA, ne s’en cache pas : il est devenu écoanxieux en 1997, dans la foulée du trou dans la couche d’ozone, l’année juste avant la crise du verglas au Québec.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Dominique Laroche, architecte principal du projet

Je crois que nous sommes sur le point de frapper un mur avec le réchauffement de la planète. Je tente de faire ma part, mon maximum en architecture.

Dominique Laroche, architecte principal du projet

« Je suis découragé quand je vois sortir de terre une autre tour de plusieurs dizaines d’étages de haut, noire, vitrée. On ne se rend pas compte de l’énergie nécessaire pour les climatiser. Il faut en finir avec l’architecture jetable », dit-il.

Des matériaux au grille-pain

L’architecte explique que l’hôtel de ville de La Pêche a été construit selon le principe du « carbone intrinsèque », donc en pensant aux émissions de gaz à effet de serre liées à la production du bois, à son transport, à son installation, à son entretien, et jusqu’à l’évaluation de la fin de vie de la charpente.

Les matériaux sont locaux : l’encadrement des fenêtres est aussi en bois et le revêtement en cèdre de l’Est. Sur le plan énergétique, tout a été calculé, jusqu’à la consommation du grille-pain dans la salle des employés.

L’hôtel de ville consomme en énergie à peine 9500 $ par année. S’il avait été conçu de façon classique, il aurait consommé 26 000 $. On parle donc d’une économie de 17 000 $ par année. Pour résumer, on a réduit de 85 % la consommation énergétique du bâtiment comparativement à l’ancienne référence [2021] du Code national de l’énergie pour les bâtiments.

Dominique Laroche, architecte principal du projet

La certification Passivhaus se classe parmi celles qui imposent les plus hauts standards au monde, confirme le professeur au département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’UQAM Yvon Rudolphe, un évaluateur agréé. Selon lui, les pays scandinaves sont à l’avant-garde, tout comme l’Allemagne, la Suisse, même l’Asie. Au Québec, rien ne changera tant que le gouvernement ne modifiera pas son code du bâtiment avec des exigences environnementales strictes, estime-t-il.

« Ces pays prennent généralement mieux soin de leurs forêts. Ici, on abuse de nos arbres, déplore-t-il. Il faudrait commencer à mieux penser le reboisement, à diversifier. Pour le moment, les certifications, telles Leed et Green, sont considérées comme des éléments promotionnels par les entrepreneurs, pour vendre. Il faudrait des mesures robustes pour renverser la tendance, également de la part des institutions financières pour les taux d’intérêt, et des assurances. »

Lisez l’article « Nouvel édifice de Jeunesse au Soleil : l’âme d’un centre en bois »

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Environnement/ Trump ordonne à l’armée américaine d’acheter de l’Électricité issue du charbon

PHOTO J. DAVID AKE, ASSOCIATED PRESS

Une centrale au charbon au Wyoming

(Washington) Donald Trump a ordonné mercredi à son département de la Défense de se fournir en électricité issue de centrales à charbon, une nouvelle tentative du président américain de relancer une industrie coûteuse, en déclin, et qui contribue de manière importante au réchauffement climatique.

Le milliardaire républicain a signé ce décret lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche, entouré de mineurs de charbon portant des casques de sécurité.

Le texte donne instruction au Pentagone de passer des accords, sur le long terme, de fourniture d’électricité issue du charbon « pour s’assurer que les installations militaires et les sites essentiels de la défense aient une alimentation ininterrompue », selon l’exécutif américain.

Le gouvernement de Donald Trump est un farouche opposant aux énergies renouvelables, notamment l’éolien, vu comme non fiable.

Le charbon est « essentiel à notre sécurité nationale », a déclaré Donald Trump lors de cette cérémonie de signature. À cette occasion, des représentants de cette industrie lui ont aussi décerné un titre de « champion incontesté du charbon ».

Le charbon, à partir duquel est produit plus d’un tiers de l’électricité mondiale, est un contributeur majeur au réchauffement climatique en raison des émissions de CO2 dues à sa combustion.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump cherche à relancer cette industrie, allant jusqu’à obliger des exploitants à maintenir ouvertes des centrales à charbon qui devaient fermer.

Cette politique va à l’encontre des politiques passées de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de l’évolution du secteur de l’énergie.

La production de charbon a en effet baissé aux États-Unis depuis une quinzaine d’années, cette source d’énergie ayant progressivement été remplacée par le gaz naturel et les énergies renouvelables, moins chères et plus propres.

En 2023, le charbon représentait seulement un peu plus de 16 % de la production totale d’électricité des États-Unis, contre environ 50 % en 2000.

L’administration Trump s’apprête par ailleurs à abroger, jeudi, un texte servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la régulation des centrales électriques.

J’ “adore” comment la majorité des histoires ici sont comme “Telle ville va replanter des milliers d’arbres” “Merveilleux projet eco-responable dans telle ville” “Projet carboneutre ici”

et pendant ce temps-là, les histoires sortant des États-Unis sont comme “Le gouvernement américain recommande de licher des rats pestiférés"

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C’est un peu en train de devenir comme ça ici aussi, non?

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Planète bleue, idées vertes/ Une deuxième vie pour les bouteilles de vin

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Trois des jeunes dirigeants de l’entreprise VerrAvenir : Louis-Félix Toupin, Armel Collignon et Orlane Fouquet

Si c’est bon pour la bière, pourquoi pas pour le vin ? VerrAvenir, une jeune pousse de HEC Montréal, veut récupérer 400 000 bouteilles de vin vides dans les restaurants et les hôtels dans la prochaine année pour les nettoyer et les revendre aux vignobles québécois.

Les quatre étudiants au baccalauréat ont lancé leur petite entreprise après avoir remarqué, en travaillant en restauration, que des bouteilles vides en parfait état étaient jetées au bac de récupération. « C’était un désastre », se rappelle Orlane Fouquet.

Or, selon Recyc-Québec, près de 40 % des centres de tri au Québec envoient leur verre dans des sites d’enfouissement. La raison principale ? La contamination par d’autres matériaux recyclables, qui empêche le verre d’être refondu pour en faire de nouvelles bouteilles.

Orlane Fouquet, Maëlie Fouquet, Armel Collignon et Louis-Félix Toupin se sont alors penchés sur une solution bien établie en France et déjà appliquée au Québec pour les bouteilles de bière brunes, mais pas encore élargie aux bouteilles de vin : le réemploi.

Le réemploi est « beaucoup mieux » que le recyclage, selon Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

Contrairement au recyclage, le réemploi permet une baisse de la consommation de la ressource en prolongeant considérablement sa durée de vie.

Résumé

« La bouteille de bière a autour de 15 ou 20 vies avant d’être rejetée. Pour ce qui est des bouteilles de vin, ce serait sensiblement la même chose », estime-t-il.

Le projet pilote de VerrAvenir est mené avec un restaurant, un hôtel et un lieu événementiel depuis le début de 2026.

« S’ils développent le marché et démontrent qu’il y a une volonté de la part de certains vignobles, ou un gain économique, ce serait merveilleux », affirme M. Ménard.

Du bac au vignoble

« On va déposer des bacs de récolte de bouteilles de verre chez nos partenaires stratégiques », explique Orlane Fouquet. Les bouteilles seront ensuite triées en lots identiques puis acheminées à une entreprise de nettoyage – qui traite déjà les bouteilles de bière des marques Sleeman et Labatt – qui enlèvera les étiquettes, stérilisera les contenants et s’occupera du contrôle de qualité.

VerrAvenir veut ensuite les vendre aux petits et moyens producteurs de vin québécois à moindre prix, soit 10 à 15 % moins cher que les bouteilles importées.

Le réemploi permettrait également aux viticulteurs d’acheter moins de bouteilles neuves, qui proviennent presque exclusivement de l’étranger, souvent d’Europe ou de Chine.

Les hôtels et restaurants paieraient un abonnement mensuel à VerrAvenir. L’avantage pour eux : réduire le volume de leur bac à récupération de 4000 à 5000 bouteilles par année leur ferait économiser entre 720 et 1800 $ en frais de collecte, selon VerrAvenir, puisque le verre est difficile à compacter.

L’intérêt de cette initiative ne se limite pas aux économies. La fabrication et le transport d’une bouteille en verre de 750 ml génèrent entre 1 et 1,5 kg de CO2, souligne VerrAvenir. Le réemploi permettrait d’éviter environ 550 g de CO2 par bouteille, soit plusieurs tonnes par an pour un vignoble.

Les défis du réemploi

Selon Mélanie Gore, directrice générale du Conseil des vins du Québec (CVQ), les viticulteurs sont ouverts à un tel projet. « Oui, il y a un intérêt, mais en même temps, c’est un projet d’une ampleur énorme », souligne-t-elle. Les vins québécois ne représentent que 1 % des vins vendus dans la province, et les bouteilles se retrouvent souvent « éparpillées » dans une variété d’établissements (SAQ, épiceries fines, restaurants). « Il faut que [le projet] soit coordonné par un leader du marché, que ce soit la SAQ ou le gouvernement », avance-t-elle.

Selon Karel Ménard, le grand défi du projet sera le tri des nombreux formats de bouteilles utilisés par les viticulteurs, une opération coûteuse qui exige des volumes importants.

L’équipe de VerrAvenir reste confiante : malgré la diversité des formats, la majorité du marché est constituée de bouteilles de 750 ml brunes ou vertes. « Bordelaise et bourguignonne : ce sont les deux types de bouteilles les plus fréquentes », précise Louis-Félix Toupin.

« S’ils prouvent que ça fonctionne avec quelques dizaines de vignobles, par exemple, pourquoi ne pas l’étendre aux grands embouteilleurs autour de Montréal, qui embouteillent le vin importé en cuves ? », suggère Karel Ménard.