Environnement, biodiversité et transition écologique

Une minuscule grenouille signe une victoire pour les espèces en péril

PHOTO ROBERT SKINNER, PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

La rainette faux-grillon photographiée dans son habitat à La Prairie, au printemps 2018.

Après une bataille qui aura duré sept ans, le parcours juridique d’une minuscule grenouille en voie de disparition a pris fin ce matin devant la Cour suprême du Canada. Le plus haut tribunal du pays a refusé d’entendre les arguments d’un promoteur qui contestait un décret d’urgence adopté en 2016 par Ottawa, afin de protéger la rainette faux-grillon à La Prairie.

Publié le 10 décembre 2020 à 10h28 Mis à jour à 12h19

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Éric-Pierre Champagne
La Presse

La nouvelle a été saluée par les groupes environnementaux comme une « immense victoire pour la protection de la biodiversité au Canada ».

La décision marque en effet un jalon important, non pas seulement pour la rainette, mais également pour toutes les espèces en péril au Canada, dont le bilan en matière de protection des espèces menacées est régulièrement critiqué.

La Cour suprême n’a pas jugé bon de revoir une décision de la Cour d’appel fédérale, qui a confirmé en mai dernier la validité du décret d’urgence, rejetant au passage tous les arguments du promoteur, Groupe Maison Candiac.

Joint par La Presse, le propriétaire de Groupe Maison Candiac, Maryo Lamothe, a refusé de commenter la décision.

Le décret d’urgence avait été adopté pour protéger l’habitat de la rainette faux-grillon à La Prairie, menacé par un important projet immobilier. La population de La Prairie était alors considérée comme l’une des plus importantes en Montérégie. La rainette a le statut d’espèce en péril au Canada depuis 2010.

Le promoteur, qui possède un terrain visé par le décret, alléguait notamment que la décision d’Ottawa constituait une expropriation déguisée. Un argument qui avait déjà été rejeté par la Cour fédérale en juin 2018.

Le droit de propriété n’est pas absolu

L’annonce d’Ottawa avait provoqué de vives réactions en juin 2016. Le fédéral avait déjà adopté par le passé des décrets pour protéger une espèce en péril, mais seulement sur des terres fédérales. Le décret destiné à protéger la rainette faux-grillon sur des terres privées à La Prairie constituait une première.

À La Prairie, un projet estimé à 600 millions de dollars était déjà réalisé en bonne partie au moment où le décret d’urgence a été adopté. Le projet connu au départ sous le nom de Domaine de la nature avait reçu l’aval du ministère québécois de l’Environnement malgré quatre avis scientifique prévenant Québec qu’une espèce en péril se trouvait dans le secteur. Le certificat d’autorisation délivré par le ministère prévoyait des mesures controversées pour protéger l’espèce.

La décision d’Ottawa a finalement permis de protéger un territoire de 1,85 km2 où l’on retrouve encore des habitats essentiels. Le terrain que Groupe Maison Candiac voulait lotir se trouve dans la zone protégée par le décret.

Dans sa décision rendue en 2018, le juge Leblanc de la Cour fédérale citait notamment la Cour suprême, qui a déjà signalé que « la protection de l’environnement est devenue l’un des principaux défis de notre époque ». Le magistrat concluait aussi que de porter atteinte à la biodiversité et aux espèces en péril constitue un « mal social » au sens de la loi et que le droit de propriété n’est pas absolu.

Les démarches légales avaient été lancées en 2013 par le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) et Nature Québec afin de forcer Ottawa à recommander l’adoption d’un décret d’urgence.

Geneviève Paul, directrice générale du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), s’est réjoui de la décision dans un communiqué de presse. « Le refus d’entendre l’appel du promoteur par la Cour suprême est un soulagement et une grande victoire juridique. Reconnaître la validité du décret d’urgence, c’est aussi bien rappeler au gouvernement du Québec qu’il doit en faire davantage pour assurer la protection des espèces menacées ou vulnérables sur le territoire, et de rappeler aux différents acteurs la nécessité d’assurer la protection des espèces à statut précaire avant d’aller de l’avant avec quelconque projet de développement. »

Tommy Montpetit, directeur de l’organisme Ciel et terre à Longueuil, s’intéresse au sort de la rainette faux-grillon depuis 27 ans. Il a été le tout premier à sonner l’alarme face au déclin de l’espèce. « Une p’tite criss de grenouille de 3 cm vient de changer la donne pour la conservation au Canada. C’est comme la victoire ultime », a-t-il déclaré à La Presse.

Nature Québec et la Société pour la nature et les parcs au Québec (SNAP Québec) ont aussi salué la nouvelle comme « une victoire immense pour la protection de la biodiversité au Canada ».

Le sort de la rainette faux-grillon est intimement lié à celui des milieux humides. L’espèce se reproduit au printemps dans des milieux humides temporaires ou permanents. Or, au cours des 60 dernières années, la rainette a perdu 90 % de son habitat en Montérégie.

Les milieux humides dans le Grand Montréal ont subi un sort similaire depuis les 50 dernières années.

Les experts estiment aussi que l’ensemble des habitats de la rainette pourraient disparaître d’ici 10 à 25 ans.https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2020-12-10/une-minuscule-grenouille-signe-une-victoire-pour-les-especes-en-peril.php

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C’est une excellente nouvelle. Le promoteur était sans-coeur, le nom de son projet, Domaine de la Nature était comme une insulte face aux environnementalistes.

Réduction des GES
Montréal dévoile son Plan climat

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Valérie Plante, mairesse de Montréal

Plantation de 500 000 arbres, bâtiments sobres en carbone, portion du centre-ville réservé aux véhicules zéro émission ; le « Plan climat » de la Ville de Montréal prévoit 46 actions pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. La métropole donnera l’exemple et les grands émetteurs mettront l’épaule à la roue.

Publié le 10 décembre 2020 à 13h00

JEAN-THOMAS LÉVEILLÉ
LA PRESSE

La Ville de Montréal cible les grands bâtiments et le secteur des transports, principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la métropole, pour atteindre sa cible de réduction de 55 % d’ici 2030.

Le Plan climat de l’administration Plante, dévoilé jeudi, prévoit que les nouveaux bâtiments devront impérativement tendre vers le zéro carbone, tandis que les bâtiments existants devront graduellement retirer leurs systèmes de chauffage au gaz naturel et au mazout.

Le tout s’accompagnera de normes d’efficacité énergétique pour atténuer la hausse de la demande en électricité et les propriétaires devront divulguer leur consommation énergétique, calculer leurs émissions de GES et améliorer leur bilan.

La Ville mettra l’emphase sur les grands bâtiments, dont la superficie excède 25 000 pieds carrés, si bien que les propriétaires de résidences unifamiliales ou de plex n’auront pas à se départir de leur système de chauffage aux énergies fossiles, outre que dans le cadre de programmes d’incitatifs financiers.

Montréal veut aussi réduire de 25 % les déplacements en auto solo, un secteur qui est en augmentation depuis un demi-siècle.

Pour y parvenir, elle entend notamment inciter les propriétaires de stationnement commerciaux situés près de stations de métro à y faire du développement ou du verdissement pour favoriser l’utilisation du transport en commun.

Montréal envisage par ailleurs de réserver une portion du centre-ville aux véhicules zéro émission, à l’image de ce que fait Paris.

Adaptation

Fruit de deux ans de travail, le Plan climat s’attaque non seulement à la réduction des GES, mais aussi à l’adaptation aux changements climatiques.

De 10 à 15 % du budget d’investissements de la Ville sera ainsi consacré à des mesures d’adaptation dans la prochaine décennie, ce qui représente entre 1 et 1,5 milliard de dollars.

La métropole plantera ainsi 500 000 arbres — en plus de remplacer ceux qui meurent ou qu’elle coupe —, en particulier dans les secteurs où se trouvent des îlots de chaleur.

Elle ambitionne aussi de faire passer de 6 % à 10 % la superficie d’aires protégées.

https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2020-12-10/reduction-des-ges/montreal-devoile-son-plan-climat.php

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Reportage en lien avec cette nouvelle, présenté ce soir au TJ 18h à Radio-Canada :

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De biens beaux objectifs, mais est-ce qu’on a un plan pour remplacer la flotte de véhicules de la ville par de l’électrique?

Est-ce qu’on va revoir la manière de faire les aménagements, AKA ne pas faire des aménagements temporaires, car couler des bordures en bétons et de l’asphalte pour le démolir ensuite, c’est pas super écologique.

Est-ce que la ville a un plan pour améliorer la propreté, car les déchets ont pas juste un impact visuel sur l’environnement.

L’idée de la zone réservée au véhicule zéro émission, c’est juste stupide, ça ne règle rien du tout. Actuellement les véhicules zéro émission circulent partout, comme ceux qui émettent des GES. Avec une zone réservée, la même quantité de GES va être émise, mais juste hors de la zone, et ici on parle de gaz. Petit cours de chimie 101, les gaz dans l’air se mélangent… donc on va rien réduire et ça va pas encourager les gens à s’acheter des Tesla, si juste eux peuvent circuler sur la rue X…

Les actions climatiques ça doit pas juste être des mesures pour encourager un comportement ou forcer une habitude, elles doivent être concrètes, afin de changer le problème. Faut arrêter de faire des mesures pour empêcher la potentielle pollution, mais prendre des mesures pour arrêter l’actuelle pollution.
On va interdire les fournées à mazout, ok fine, mais toutes les autres encore en fonction à polluer ?

De ce que j’ai lu ici et là sur les expériences européennes, ce serait souvent le contraire, pour un mélange de zones sans émissions et à faibles émissions. Il y a des effets régionaux (pas juste locaux) tendant à une réduction des émissions, par du transfert modal, une tendance à acheter des véhicules permis dans la zone, et une meilleure efficacité des livraisons menant à une réduction des déplacements requis. Je ne sais pas si une implémentation à Montréal aurait le même effet, mais je ne crois pas que ce soit d’emblée stupide par expérience quand on a des exemples ayant eu un effet mesurable.

Sans compter que j’aimerais à 100% vivre dans une telle zone niveau qualité de vie… On pourrait atténuer un des défauts majeurs que voit les gens á vivre au centre-ville, au moment où sa revitalisation passe par une augmentation de sa population résidente.

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Si la zone est grande, ça va donner un effet. Mais si par exemple on ne prend le Quartier des Spectacles, l’impact sera nul. De plus, comment ce genre de secteur serait difficile à délimiter, car s’il y a des d’hôtels, on va avoir des voitures de touristes. Si on a des commerces, c’est des camions de livraisons en tout genre. De plus, il faudrait que la zone aie une grande superficie pour réellement donner un résultat. Quand on a du smog en ville au centre-ville, c’est clairement pas juste à cause des voitures du centre-ville et des cheminées qui s’y trouve.

Personnellement on devrait se concentrer sur d’autres types de mesures. L’idée n’est pas mauvaise, mais difficilement conciliable. Pour un nouveau secteur se serait beaucoup plus facile. Sauf qu’on va limiter le nombre de futurs résidents, car si on dit aux futurs résidents : achètent une tesla pour vivre là-bas, ça va décourager les plus faibles revenus, et on peut oubliés les logements sociaux, sauf si on dessert rapidement la zone par les TEC. De plus, si on a un hôpital on vient en partie de limiter son accès. De plus, si on détour nous fait rentrer dans la zone ? Les autres véhicules font comment, car les artères à Montréal sont collectrices, donc est-ce qui faudrait soustraire ces grosses artères à la zone? Ce qui viendrait ‘‘contaminé’’ quand même la zone avec des véhicules normaux.

Le mélange avec des faibles émissions d’accord, mais reste comment on vérifie, ça et comment on applique cela. Tout les voitures avec un mode éco peut se faire désactivé, et ne fonctionne pas toujours. De plus, comment on contrôle l’accès? Avec les voitures électriques les plaques sont vertes, mais ça requerrait un gros système de surveille et est-ce que de dépensé pour un Big Brother pour l’environnement servirait vraiment la cause ?

Faut aussi prendre en compte que c’est une mesure pour 2030. Le gouvernement du Québec veut interdire carrément la vente des voitures à essence en 2035.

En 2030, un tel périmètre devrait être facilement conciliable avec le niveau souhaité d’électrification des transports et le changement de nos habitudes, sinon la lutte aux changements climatique est un échec total pour éviter les pires conséquences, et la viabilité d’un tel périmètre sera un problème anecdotique devant la crise. Je ne vois pas cela comme une mesure contraignante pour pousser un changement à cette date, mais pour montrer la viabilité du changement.

Si ces périmètres sont déjà possibles avec un certain succès ailleurs, dans 10 ans à Montréal je ne pense pas que ce soit impossible d’avoir une vitrine qui est quelques années en avance sur le reste de la province, à moins d’un échec cuisant des politiques vertes pour toute une décennie.

Je suis d’accord avec toi que l’efficacité d’une telle mesure dépend du périmètre et surtout de l’attractivité de ce secteur. C’est à ne pas négliger, sinon la mesure est inutile.

Il y a un quartier où la ville souhaite implémenter une mesure similaire à partir de rien : le secteur de l’hippodrome. Mais là aussi, on critique souvent que c’est impossible, trop vite… Alors qu’on n’a pas trop le choix sur le plan environnemental d’essayer et de faire fonctionner de tels quartiers.

En matière environnement, je pense que collectivement on ne se rend pas compte à quel point on est proche de se faire sortir le gros, très gros bâton pour éviter la catastrophe, et cela parce qu’on repousse sans cesse les mesures et les incitatifs plus légers, parce que c’est compliqué, du changement dans nos vies, un peu contraignant, et « inorganique » dans un libre-marché qui a échoué à imposer un virage vert sur plusieurs décennies.

La ville de Montréal pousse peut-être parfois de manière maladroite ses objectifs, mais au moins l’effort est là, alors que les autres municipalités ont déjà plus d’efforts à fournir vu le bilan carbone de leurs citoyens, plusieurs fois plus élevés (pareil pour l’activité économique d’ailleurs) et ne font absolument rien. C’est à mon avis 1000 fois plus inquiétants et problématiques.

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Oublions pas aussi que beaucoup de villes ont des zones piétonnes ou sans voitures, et s’en sorte assez bien. Ici on ajoute l’incitatif d’avoir une voiture non polluante. Ce n’est pas une mauvaise chose.

Des incitatifs pour que les gens s’achète des véhicules sans émissions d’accord, mais juste d’avoir une quelques rues où la circulation des véhicules normaux serait interdit n’améliorera pas la situation. Un bon exemple serait la gratuité de certains stationnements, ou zones réservées, ou des vignettes à rabais, car qu’on le veuille ou non, la voiture sera toujours présente dans nos sociétés.

Oui on va interdir la vente de voiture à essence en 2035, mais il va encore se vendre des voitures à essences jusqu’en décembre 2034, et les gens ne les changeront pas toutes du jour au lendemain. Ces voitures vont restées, et si un propriétaire terrien de ce type de voiture est "pris’’ dans la zone, est-ce qu’il serait exempté, ou bien forcé de changer, et là cette situation serait un jamais vue, car on obligerait quelqu’un a remplacer un bien contre son gré, sans aucune raison juridique valable.

Sur papier ce genre de zone pourrait paraître de bonnes alternatives, mais quand viens d’appliquer la réalité et toutes les différentes sphères qu’elles toucheraient, on se trouve avec beaucoup plus de problèmes qu’on en solve.

En même temps, dix ans pour trouver des solutions aux problèmes que tu énumères, c’est un bon timeline.

Il y avait une pétition à moment donné pour rendre le Vieux-Montréal complètement piéton. Pourquoi ne pas modifier l’idée pour permettre aux véhicules zéro émissions de circuler là? Ça permet de maintenir l’accès au Vieux, tout en étant mieux pour l’environnement. Ça a quand même un effet réducteur sur la circulation, etc.

C’est sans compter aussi qu’à peu près tous les constructeurs sont en train de migrer vers les véhicules zéro émission. Il y a fort à parier qu’en 2030 une proportion beaucoup plus grande du parc automobile sera zéro émission.

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Sauf qu’on vend l’idée au hotel avec leur visiteur en voiture de luxe et en gros SUV

Ça existe, des gros SUV et des voitures de luxe électriques…

Quoi qu’il en soit, si la Ville décide de limiter certains secteurs aux véhicules zéro émission, elle devra tout de même accorder un délai raisonnable aux résidents de ces quartiers afin qu’ils puissent s’ajuster. Encore faut-il ensuite qu’une nouvelle administration reconduise les mêmes décisions.

Nouveau mondial, l’ONU souhaiter déclarer l’état d’urgence climatique.

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Il faut effectivement qu’une entité international de l’envergure de l’ONU prenne le leadership pour convaincre les États à s’investir fermement et sans délai dans la relance des efforts en lutte avec le réchauffement climatique. Elle pourra profiter du retour des USA dans le tableau, qui pourrait symboliser la renaissance de l’action concertée généralisée de toutes les grandes nations du monde. On peut alors espérer le début véritable de l’engagement commun de toute la planète, afin d’inverser durablement la dangereuse tendance actuelle.

Cette vidéo de City Beautiful tombe bien avec les dernières discussions.

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Du remblai contaminé provenant de projets comme la démolition de l’Hôpital Saint-Luc, Labatt 50, Condos de la Montagne et d’autres projets de Griffintown, entre la rue des Bassins et Ottawa a été déposé dans l’illégalité sur un terrain agricole de Saint-Rémi (au sud de Saint-Constant). Le terrain est situé dans le complexe des Terres Noires, d’anciennes tourbières asséchées qui sont très fertiles, le jardin du Québec. De plus, des crêtes d’esker enfouis passent à proximité du terrain, ce sont des bandes de sable enfouies qui sont perméables et qui rendent vulnérable l’aquifère à la contamination.

Dépôt de sols contaminés à Saint-Rémi - Le ministre ordonne une caractérisation exhaustive à l’entreprise Le Maraîcher A. Barbeau & fils inc.

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Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Aug 14, 2020, 09:00 ET

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LONGUEUIL, QC, le 14 août 2020 /CNW Telbec/ - Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. Benoit Charette, ordonne à l’entreprise Le Maraîcher A. Barbeau & fils, une entreprise maraîchère qui fait la culture de légumes, de procéder à une caractérisation de cinq lots agricoles de son terrain situé près de l’adresse civique 1939, rang Saint-Paul, dans la municipalité de Saint-Rémi.

Selon les exigences de l’ordonnance, l’entreprise doit notamment soumettre pour approbation au Ministère un devis de caractérisation dans les 60 jours suivant la signification de l’ordonnance et celui-ci devra inclure un échantillonnage systématique et une analyse des sols utilisés dans le remblai du site incluant des tranchées et des forages, ainsi qu’une évaluation du volume et de la distribution spatiale des sols contaminés dans le remblai. À la suite de la signification de l’avis préalable à l’ordonnance, le devis de caractérisation requis a été soumis au MELCC, le 3 août dernier et fait l’objet d’une analyse afin de vérifier s’il répond aux conditions fixées dans l’ordonnance.

L’ordonnance no 692, prise en vertu de l’article 114 de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), exige également du propriétaire qu’il installe un minimum de trois puits d’observation des eaux souterraines, des prélèvements et l’analyse d’échantillons d’eau souterraine pour déterminer la présence ou l’absence de contaminants en lien avec les sols et les autres matières déposés sur le site, ainsi que l’échantillonnage et l’analyse de l’eau de surface.

De plus, l’ordonnance demande l’échantillonnage et l’analyse des matières résiduelles utilisées également sur une partie du remblai.

L’entreprise devra procéder aux travaux de caractérisation du site dans les 90 jours suivant l’approbation du devis de caractérisation par le Ministère et ceux-ci devront être effectués par une firme indépendante spécialisée dans le domaine. Par la suite, le rapport de caractérisation devra être attesté par un expert accrédité et transmis au Ministère. Lorsque la caractérisation exhaustive aura permis de connaître la nature et l’étendue précise de la contamination dans les zones de dépôt de sols contaminés et de matières résiduelles, le Ministère pourra notamment exiger du propriétaire qu’il dépose pour approbation un plan de remise en état des secteurs concernés de son terrain qu’il devra exécuter.

Faits saillants :

  • De mai 2016 à juin 2018, le Ministère est intervenu à plusieurs reprises sur ce terrain au sujet de la réception de sols d’origine suspecte et de matières résiduelles destinées à la construction d’un énorme remblai.
  • À la lumière des inspections réalisées par les inspecteurs du Ministère, l’entreprise a reçu environ 20 000 mètres cubes (m3) de sols provenant de terrains ayant déjà présenté une importante contamination, sans avoir obtenu au préalable une autorisation ministérielle. Les échantillons prélevés par le Ministère indiquent que des contaminants en concentration variable se trouvent probablement dans les sols ainsi déposés.
  • L’entreprise a également reçu près de 30 000 m3 de matières résiduelles, soit des résidus de démolition composés essentiellement de briques et de béton incluant des armatures de métal. Ces résidus proviennent principalement de la déconstruction de sites à Montréal. Or, selon la LQE, le terrain de l’entreprise n’est pas un lieu autorisé pour recevoir un tel dépôt de matières résiduelles.
  • Deux avis de non-conformité ont été délivrés à l’entreprise en août 2018 pour avoir réalisé un projet comportant une activité susceptible d’entraîner un rejet de contaminants à l’environnement et pour avoir déposé ou rejeté des matières résiduelles dans un lieu non autorisé, contrevenant ainsi aux articles 22 et 66 de la LQE. Le 5 juin 2020, un avis préalable à l’ordonnance a été signifié à l’entreprise lui indiquant formellement que le Ministère entendait exiger notamment la caractérisation des sols déposés sur le site.

L’article 114 de la LQE stipule que lorsqu’une personne ou une entreprise ne respecte pas une disposition de la Loi ou de l’un de ses règlements, le ministre peut ordonner à cette personne ou entreprise de prendre une ou plusieurs mesures pour remédier à la situation.

Les textes des ordonnances, notamment celui de l’ordonnance no 692, peuvent être consultés sur le site Web du MELCC à l’adresse suivante :

http://www.registres.environnement.gouv.qc.ca/ordonnances/index.htm
Dépôt de sols contaminés à Saint-Rémi - Le ministre ordonne une caractérisation exhaustive à l’entreprise Le Maraîcher A. Barbeau & fils inc. (newswire.ca)




Pour plus d’informations : *692.pdf (gouv.qc.ca)

La Caisse investit 1 milliard US dans les énergies vertes

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« Ce nouvel investissement de la CDPQ est le plus important depuis le début de notre partenariat fructueux avec Invenergy, en 2013 », a déclaré Emmanuel Jaclot, premier vice-président et chef des Infrastructures à la CDPQ dans un communiqué.

La Caisse de dépôt et placement du Québec a annoncé un investissement d’un milliard de dollars américains (1,3 milliard canadien) dans Invenergy Renewables, un important promoteur, propriétaire et exploitant privé de projets éoliens et solaires en Amérique du Nord.

Publié le 18 décembre 2020 à 11h18

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La Presse

Cet engagement de la Caisse, sous forme de nouvelles facilités d’investissement, représente une nouvelle étape de son partenariat de long terme avec Invenergy, amorcé il y a près de huit ans par une prise de participation dans des parcs éoliens en exploitation par Invenergy. Au fil des ans, la CDPQ a progressivement augmenté ses investissements dans la société.

« Ce nouvel investissement de la CDPQ est le plus important depuis le début de notre partenariat fructueux avec Invenergy, en 2013 », a déclaré Emmanuel Jaclot, premier vice-président et chef des Infrastructures à la CDPQ dans un communiqué. « La CDPQ se réjouit d’investir son capital constructif pour appuyer Invenergy et ses équipes, qui développent avec passion de nouveaux projets renouvelables et contribuent ainsi à la transition climatique. »

« Ces facilités d’investissement supplémentaires permettront d’accélérer la croissance d’Invenergy Renewables et d’assurer sa position de leader du secteur », a déclaré Jim Murphy, président et chef de l’exploitation d’Invenergy. « La CDPQ est un partenaire d’investissement de confiance et apprécié de notre entreprise d’énergies renouvelables et nous sommes impatients de travailler ensemble pour poursuivre la transformation abordable, fiable et bénéfique pour l’environnement du secteur de l’énergie. »https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2020-12-18/la-caisse-investit-1-milliard-us-dans-les-energies-vertes.php

Plus de véhicules que jamais dans le Grand Montréal

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Le nombre de véhicules dans le Grand Montréal est passé de 1 960 025 à 1 983 536, entre 2018 et 2019, une hausse de plus de 23 000.

Malgré le climat d’inquiétude suscité par le réchauffement climatique et la sensibilisation aux questions environnementales, le nombre de véhicules continue à augmenter dans la région montréalaise.

Publié le 19 décembre 2020 à 0h00

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Suzanne Colpron
La Presse

Il est passé de 1 960 025 à 1 983 536, entre 2018 et 2019, une hausse de plus de 23 000.

On pourrait se rassurer en se disant que cette hausse est modeste, 1,2 %, et qu’elle ne fait qu’épouser la croissance de la population. Le taux de motorisation, soit le nombre de véhicules pour 1000 habitants, en effet, reste stable dans le Grand Montréal.

Mais n’oublions pas que chaque véhicule de plus, ce sont des gaz à effet de serre (GES) de plus. D’autant que certaines des données de l’étude de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), dévoilée vendredi, envoient des signaux inquiétants.

Le nombre de camions légers (VUS, minifourgonnettes, etc.) a continué sa forte croissance, avec 44 000 véhicules de plus, l’an dernier. En 2001, on dénombrait 285 000 camions légers dans le Grand Montréal, comparativement à 765 000, en 2019.

Le nombre de voitures, lui, a baissé de 20 500 en un an. Sur une plus longue période, de 2001 à 2019, il est passé de 1 168 000 à 1 219 000.

« On continue d’observer une augmentation de la taille des automobiles », explique Philippe Rivet, conseiller en recherche et responsable de l’Observatoire Grand Montréal.

Les petites voitures émettent de moins en moins de gaz à effet de serre, mais ces gains sont annulés par la popularité grandissante des camions légers ou des VUS, qui sont plus énergivores que les automobiles.

Philippe Rivet, responsable de l’Observatoire Grand Montréal

Légère baisse à Montréal

La mairesse Valérie Plante sera sans doute heureuse d’apprendre que le taux de motorisation, stable en banlieue, a légèrement reculé à Montréal pour la deuxième année de suite, passant de 390 véhicules pour 1000 habitants, en 2017, à 383, en 2018, puis à 379, en 2019.

« Ça, c’est une bonne nouvelle parce que ce taux était en hausse jusqu’en 2017, fait remarquer M. Rivet. Probablement qu’il y a différents facteurs qui jouent, notamment les services d’autopartage, les transports actifs aussi, qui étaient en forte augmentation même avant la COVID-19. »

À titre d’exemple, le nombre de déplacements à BIXI a bondi de 2,6 millions au cours des cinq dernières années, à Montréal. Cela représente une augmentation de 81 %.

Plus d’autos en banlieue

Le taux de motorisation, comme on pouvait s’en douter, augmente au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Montréal.

Le ratio pour 1000 habitants est de 553 véhicules dans l’agglomération de Longueuil. Il est de 555 à Laval, de 635 dans la couronne nord et de 643 en banlieue sud.

C’est à Vaudreuil-sur-le-Lac que le parc automobile est le plus dense : 909 véhicules pour 1000 habitants.

« C’est sûr que ça met en lumière l’importance de consolider le réseau de transports en commun dans le Grand Montréal, analyse M. Rivet. Plus il y a de véhicules, plus les coûts de la congestion augmentent, sans parler de toutes les questions de GES. »

Le parc électrique

L’étude de la CMM, réalisée à partir des données les plus récentes de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) et de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ), montre aussi une nette augmentation du nombre de voitures électriques.

Leur nombre, malgré tout modeste, est passé de 19 270, en 2018, à 32 590 en 2019, une hausse de 69 %.

« C’est sûr que ça demeure de petits chiffres, mais c’est quand même une forte augmentation », souligne M. Rivet.

C’est encourageant de voir qu’on est rendu à près de 33 000 véhicules électriques dans la région. En 2014, on était à 2500.

Philippe Rivet, responsable de l’Observatoire Grand Montréal

Les véhicules électriques, bus compris, représentent 1,3 % de l’ensemble du parc automobile, comparativement à 0,8 % à l’extérieur de la CMM.

En tête des municipalités présentant la plus forte proportion d’autos électriques sur l’ensemble des véhicules en circulation, on trouve, ex æquo, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert (2,8 %). Suivent Westmount (2,7 %), Rosemère (2,6 %), Mont-Saint-Hilaire (2,6 %), Lorraine (2,6 %) et Senneville (2,5 %).

« On voit qu’il y a quelque chose qui se passe de ce côté-là qui est assez intéressant », note le responsable de l’Observatoire Grand Montréal.

Pour consulter la carte du taux de motorisation sur le territoire de la CMMhttps://www.lapresse.ca/actualites/2020-12-19/plus-de-vehicules-que-jamais-dans-le-grand-montreal.php