Environnement, biodiversité et transition écologique

895$ d’amendes pour avoir drainé des étangs servant à la reproduction de la rainette faux-grillon, c’est ridicule.


PHOTO COURTOISIE, TOMMY MONTPETIT


JULIEN GARON-CARRIER

Jeudi, 3 décembre 2020 20:20MISE À JOUR Jeudi, 3 décembre 2020 20:20

Un important habitat de la rainette faux-grillon, une espèce de grenouille rare et vulnérable au Canada, a été endommagé par des travaux de drainage non autorisés dans le secteur de Saint-Hubert, à Longueuil.

L’Agence QMI a appris qu’une compagnie à numéro recevra – par huissier – une amende de 896$ de la Ville de Longueuil pour avoir creusé plusieurs tranchées d’irrigation sans autorisation, près du boisé Du Tremblay.

PHOTO COURTOISIE, TOMMY MONTPETIT

Le boisé Du Tremblay est le plus grand parc de Longueuil, avec une superficie de 260 hectares. Il touche aussi au territoire de Boucherville et abrite une biodiversité unique.

Dans un échange de courriels, le porte-parole de la Ville de Longueuil, Carl Boisvert, a confirmé qu’un «rapport d’inspection a été produit et la Ville a constaté entre autres que l’entrepreneur privé a effectué des travaux sans certificat d’autorisation de remblai ou déblai et que les travaux en question empiétaient sur les terrains de la Ville», a-t-il mentionné mercredi.

M. Boisvert a précisé aussi que le contentieux de la Ville a été saisi du dossier.

La compagnie à numéro a comme actionnaire, entre autres, le groupe immobilier Shathony.

PHOTO COURTOISIE, TOMMY MONTPETIT

Tommy Montpetit, directeur de la conservation pour l’organisme de protection de l’environnement Ciel et Terre, a constaté la situation sur le terrain dimanche dernier. C’est lui qui a déposé une plainte lundi aux autorités longueuilloises. De son avis, «c’est totalement inacceptable».

«Le promoteur draine le boisé Du Tremblay par en dessous, alors que la rainette faux-grillon est une espèce vulnérable», a-t-il indiqué lors d’une entrevue téléphonique, ajoutant que c’était «hallucinant» qu’une telle situation se produise encore en 2020.

Joint pour obtenir ses commentaires, le directeur de projet et associé chez Shathony Sasha Côté a admis qu’il possède des terrains à Longueuil. «J’ai un terrain que je cultive», a-t-il soutenu, lors d’une conversation téléphonique mercredi soir.

Lorsque questionné sur les travaux et sur le constat d’infraction, il semblait étonné. «Vous me l’apprenez, je n’étais pas au courant», a-t-il dit.

Amené à réagir sur les propos de M. Côté, Tommy Montpetit, de Ciel et Terre, s’est indigné de la situation. «Le promoteur a fait des travaux illégaux un dimanche, il s’est fait prendre les culottes baissées. Qu’il en paye les conséquences», a-t-il affirmé, tout en mentionnant qu’il ne fallait pas «prendre la population pour des valises».

PHOTO COURTOISIE, TOMMY MONTPETIT

Du côté du ministère de l’Environnement, une inspection a été effectuée sur les lieux mardi, nous a-t-on indiqué. «Des irrégularités ont été constatées», a ajouté Daniel Messier, conseiller en communication, précisant que «le ministère procède actuellement à une vérification et une analyse des éléments constatés sur le site».

Si elle était reconnue coupable d’infractions en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement, la compagnie s’exposerait à d’autres amendes, qui s’ajouteraient à celles données par la Ville de Longueuil

https://www.journaldequebec.com/2020/12/03/habitat-de-la-rainette-faux-grillon-endommage-par-des-travaux-illegaux-a-longueuil-1

2 « J'aime »

Ridicule dans le sens que c’est pas assez? Parce que si oui je suis d’accord.

1 « J'aime »

Oui, 896$ c’est rien pour un promoteur. Ce n’est certainement pas ça qui va empêcher les promoteurs de perturber l’habitat de la rainette faux-grillon.

1 « J'aime »

Pire ces amendes ridicules envoient le message que pour moins de $1000. on peut s’acheter le droit de perturber l’environnement à son propre bénéfice. Une aberration à une époque où l’environnement est devenu un des grands enjeux de notre société. :-1:

2 « J'aime »

Le ministère de l’environnement risque fort de donner d’autres amendes.

http://www.environnement.gouv.qc.ca/infuseur/mois_condamnations.asp

Tant mieux parce qu’il faut cesser d’encourager la délinquance environnementale, parce que pour plusieurs promoteurs c’est moins cher de payer une amende (dérisoire) que de se conformer aux règlements.

Une facture pouvant atteindre 16 milliards pour des entreprises québécoises

PHOTO FOURNIE PAR PRODUITS MÉTALLIQUES PMI, ARCHIVES LA PRESSE

Le broyeur d’une cimenterie au Québec.

(Québec) Les entreprises québécoises pourraient devoir payer plus de 16 milliards à la Californie pour avoir le droit de polluer.

Publié le 4 décembre 2020 à 16h59 Mis à jour à 17h57

Partager

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Le Parti québécois (PQ) a ainsi dénoncé une « fuite de capitaux » qui pourrait faire très mal aux consommateurs québécois.

Conformément aux accords climatiques internationaux, le Plan vert du gouvernement Legault cible une baisse totale de 29 mégatonnes, mais prévoit des mesures pour seulement 12 mégatonnes.

Les entreprises du Québec doivent réduire de 15 mégatonnes supplémentaires leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Si elles n’y arrivent pas, elles ne pourront pas acheter des droits d’émission de GES au Québec, puisqu’ils sont plafonnés à un nombre limité.

Les entreprises devront donc se tourner vers le partenaire du Québec dans la « bourse du carbone », l’État de Californie, qui leur en vendra à gros prix. Et la facture sera refilée ensuite aux consommateurs à la pompe.

« Comment se fait-il qu’aujourd’hui il n’y a encore aucun plan pour parer l’éventualité de fuite de capitaux ? » a demandé le porte-parole péquiste en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault, à la période de questions.

Selon une projection validée par le professeur Pierre-Olivier Pineau des HEC Montréal, en fonction d’un prix plafond estimé à plus de 150 $ la tonne, il en coûterait ainsi pas moins de 16,2 milliards sur 10 ans aux entreprises émettrices d’ici. Au prix plancher, la facture s’élèverait quand même à 4,3 milliards.

« On n’a pas le choix, a commenté le spécialiste des HEC, en entrevue avec La Presse Canadienne vendredi. Si on ne consomme pas moins d’essence, de diesel et de produits pétroliers, on n’aura pas le choix de se tourner vers la Californie pour acheter des droits d’émission. On n’a pas de plan au Québec. »

M. Pineau reproche notamment au gouvernement de ne pas mieux expliquer à la population la bourse du carbone, « l’outil principal » contraignant pour réduire les GES au Québec.

« Cette contrainte, elle va fesser, quand on va avoir cette pénurie de droits d’émission qui va nous obliger à acheter en Californie. Ça va se refléter à la pompe et vous allez parler du prix de l’essence à la pompe qui explose. »

Il faudrait que le Québec investisse massivement dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et dans les crédits compensatoires, c’est-à-dire par exemple des projets de récupération du méthane dans les dépotoirs, les fermes, ou encore la plantation d’arbres. Ces crédits carbone pourraient ensuite être vendus à des entreprises émettrices de GES.https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2020-12-04/bourse-du-carbone/une-facture-pouvant-atteindre-16-milliards-pour-des-entreprises-quebecoises.php

Le plan pour éviter la fuite de capital vers la Californie, c’est de moins polluer… Il n’y a pas “aucun plan”, c’est juste que le plan de la CAQ ne va pas assez loin.

Je trouve par contre que c’est une bonne idée de faire contribuer les entreprises et les particuliers dans la lutte aux changements climatiques. Il n’y a pas que le gouvernement qui doit faire des efforts.

Il faut s’assurer que le médicament ne soit pas plus nocif que la maladie. Comme l’économie du Québec avec 8.5 millions de citoyens, est grandement inférieure à celle de la Californie 39.5 millions. Il est clair qu’avec des capacités limitées nous ne pouvons pas rivaliser avec les moyens de cette dernière. Il faut donc éviter de se faire plumer par excès de vertu. Ici même avec la meilleure volonté on n’est plus à armes égales, à moins que le Canada tout entier (38 millions) s’implique directement dans la bourse du carbone.

Je conviens et déplore que les politiques de la CAQ soient largement en-dessous des objectifs attendus. Mais il faut faire très attention pour ne pas que nos engagements deviennent doublement pénalisants. Ici le danger c’est de fragiliser la rentabilité de nos entreprises québécoises face à la concurrence d’autres provinces et États qui ne seraient pas soumis aux mêmes contraintes. Un autre danger, le Québec risque de perdre son attrait auprès des investisseurs étrangers, qui seraient tentés de s’installer ailleurs, là où les règles seraient plus souples.

Vivement un sommet sur l’environnement (gouvernement, entreprises, universités, villes, syndicats, organismes dédiés à l’écologie et l’environnement, etc), dans le but de dégager un consensus le plus large possible et dépolitiser cet important dossier. Puisqu’il s’agit ici de faire valoir et défendre avant tout les intérêts supérieures du Québec.

La rainette faux-grillon est en situation très précaire, cette nouvelle est vraiment inquiétante. Un développement de basse densité à Laprairie, sur un boisé, avait déjà suscité de vives réactions il y a quelques années.

Au Québec, elle est rare et ne vit qu’à quelques endroit isolés, en Outaouais, su l’Ile Perrot et sur la Rive Sud, entre Beauharnois et Boucherville. Le problème c’est la discontinuité des milieux naturels. Il y en a une quantité notable entre Longueuil et Laprairie, mais après, dans le Roussillon, c’est désert.

En raison de l’étalement urbain, les populations ont énormément diminués depuis quelques décénnies, avec 90% de la population qui a disparue.

Les boisés situés à proximité de l’autoroute 30 sont les derniers endroits où la rainette possède un habitat encore bon, mais cette destruction d’étang signifie qu’on en verra plus à cet endroit d’ici deux ou trois ans.

Des organismes de protection de l’environnement font tout pour protéger son habitat, ils ont d’ailleurs introduit la rainette dans un petit lac à Saint-Constant et je suis en discussion avec un pour la réintroduire dans un boisé humide qui ne risque pas d’être détruit.

4 « J'aime »

Toutes les espèces sont importantes dans l’écosystème, parce que chacune a sa spécialité et fait un travail que d’autres espèces ne font pas. Chacune par son instinct est aussi le fruit d’une longue évolution dont dépendent d’autres espèces pour survivre, puisque dans la nature tout est inter-relié et inter-dépendant. Du plus petit au plus grand et vice-versa.

Pour moi les animaux sont les cols bleus de la nature, ils entretiennent les écosystèmes autant animal que végétal dans tous les milieux terrestres et aquatiques, en favorisant leur résilience et en perpétuant la vie à tous les échelons.

Ils font donc un travail indispensable pour la survie de la planète toute entière, en participant directement à l’équilibre de l’ensemble. Vu globalement la Terre est un véritable jardin suspendu dans le désert sidéral. Un miracle en comparaison de la vastitude de l’univers minéral, qu’il faut à tout prix protéger, car il n’y en a aucune autre de rechange, du moins à notre portée.

Finalement reconnaissons que nous sommes les enfants de cette nature extraordinaire, qui nous a fait évoluer au point de devenir des témoins pleinement conscients de nous-mêmes, comme de l’univers infini qui nous entoure. Par cet autre miracle, la nature a réussi un autre exploit avec l’humanité, se regarder elle-même par la conscience éveillée de notre mental, en faisant un incroyable retour sur elle-même.

Car sans l’Homme, qui peut témoigner ici de tout ce qui existe dans ce monde? Ainsi pour compléter ce cercle évolutif, la conscience est dans la nature au même titre que la nature est dans la conscience, l’une étant le prolongement de l’autre, Une et indissociable.

1 « J'aime »

Revitalisation de l’ancien site de l’Hôpital Royal Victoria

L’Université McGill propose un pôle d’innovation en développement durable

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

« En aménageant de nouvelles installations […] sur une portion du site de l’ancien Hôpital Royal Victoria, McGill regroupera des experts du développement durable et des politiques publiques et deviendra une véritable plaque tournante de l’innovation », écrit l’auteure de cette lettre.

Au cours des dernières semaines, des groupes et des citoyens ont exprimé publiquement des opinions sur différents aspects du projet de revitalisation du site de l’ancien Hôpital Royal Victoria, dont le projet de l’Université McGill qui vise une partie du site. Dans le but de permettre au public une compréhension plus complète de ce projet porteur et de pouvoir en apprécier les multiples bénéfices attendus pour Montréal et le Québec, je souhaite partager ici notre vision pour le Nouveau Vic.

Publié le 5 décembre 2020 à 15h00

Partager

Suzanne Fortier
Principale et vice-chancelière, Université McGill

Les Dialogues sur le climat, organisés sous l’égide des Nations Unies, viennent de se terminer. La pandémie de COVID-19 nous a donné un aperçu de l’ampleur des bouleversements que causent les défis d’ordre planétaire. La lutte contre les changements climatiques s’inscrit au même niveau. Les problèmes en matière de développement durable nous concernent tous. De plus, ils sont d’une telle complexité qu’aucune institution ni aucun pays ne parviendra à trouver des solutions efficaces sans collaborations.

Grâce à leur capacité unique de mettre en relation des experts et de stimuler la découverte et l’innovation pour le bien commun, nos universités sont bien placées pour trouver et déployer des solutions durables qui, comme le formule la Commission Brundtland de l’ONU, « répondront aux besoins actuels sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs besoins, à leur tour. »

L’Université McGill souhaite mettre à profit son expertise de pointe en créant, sur le site de l’ancien Hôpital Royal Victoria, un écosystème multidisciplinaire favorisant la recherche, l’enseignement et l’action sociale axés sur le développement durable.

À McGill, ce sont près de 200 professeurs appuyés par plus de 10 000 étudiants qui sont mobilisés et qui se penchent tant sur des aspects scientifiques du développement durable, que sur ses répercussions économiques, sociales, éthiques et autres. Ils collaborent également avec des collègues de nombreuses institutions universitaires québécoises, ici, à Montréal, et à travers la province.

« Un puissant pôle de recherche et d’enseignement »

Pour que ces avancées puissent avoir les effets escomptés, elles doivent se concrétiser et être mises en œuvre dans l’ensemble de la société. De là prend toute l’importance de l’École de politiques publiques Max-Bell de McGill et de son expertise, qui combine recherche interdisciplinaire, engagement actif et communication percutante. Le projet visionnaire et transformateur du Nouveau Vic vise à rassembler ces agents de changement au sein d’un puissant pôle de recherche et d’enseignement décloisonné.

En aménageant de nouvelles installations adjacentes à son campus du centre-ville, comme elle souhaite le faire sur une portion du site de l’ancien Hôpital Royal Victoria, McGill regroupera des experts du développement durable et des politiques publiques et deviendra une véritable plaque tournante de l’innovation, où chercheurs et étudiants, de différentes disciplines, s’attaqueront ensemble aux problèmes reliés au développement durable.

Déjà reconnu comme l’un des principaux centres névralgiques du monde en recherche sur la biodiversité et le développement durable, Montréal pourra ainsi attirer encore davantage de talents, de partenaires et d’entreprises de pointe du monde entier, notamment du secteur des technologies propres. Nous sommes donc bien positionnés pour créer un écosystème unique d’où émergeront des partenariats marqués au coin de l’innovation et des solutions déterminantes pour l’avenir de la planète. Ne ratons pas cette occasion unique de jouer un rôle de premier plan dans la quête de réponses à l’échelle mondiale.
[https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-12-05/revitalisation-de-l-ancien-site-de-l-hopital-royal-victoria/l-universite-mcgill-propose-un-pole-d-innovation-en-developpement-durable.php](https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-12-05/revitalisation-de-l-ancien-site-de-l-hopital-royal-victoria/l-universite-mcgill-propose-un-pole-d-innovation-en-developpement-durable.php)

La rainette faux-grillon se porte mal au Québec. Très mal même. Depuis des décennies, ses populations chutent drastiquement, laissant présager le pire.

La rainette faux-grillon souffre à cause des bouleversements climatiques, certes, mais aussi et surtout à cause de l’agriculture industrielle qui répand ses poisons à qui mieux-mieux et de l’étalement urbain qui détruit les milieux humides, eux qui constituent son habitat exclusif.

Dans la région de Montréal, c’est environ 85% des milieux humides qui ont déjà été détruits. Un tel contexte ne laisse survivre que quelques dernières populations de rainettes faux-grillon, isolées les unes des autres, ce qui les affaiblit d’autant.

Bien sûr, des militants font des pieds et des mains pour sauver l’espèce. Avec force, courage et détermination. Le combat consiste d’abord et avant tout à rétablir des étangs où la rainette pourra se reproduire le printemps suivant. Et en stoppant – la logique la plus élémentaire le voulant- la destruction des derniers habitats où elle survit.

Et c’est là une mission compliquée, difficile. Les dernières populations de cet amphibien se trouvent bien souvent sur des terres privées autour de l’île de Montréal. Les propriétaires envisagent d’y construire des condos, des bungalows et toutes sortes de bâtiments permettant d’accumuler les deniers au détriment des grenouilles. Et quand il est question de gros sous, une rainette, aussi magnifique soit-elle, pèse bien peu dans la balance. Qui plus est, la mafia est bien souvent impliquée dans cette spéculation, ce qui rend le combat encore plus périlleux pour ceux qui espèrent sauver cet animal emblématique.

La situation de la rainette faux-grillon est donc extrêmement précaire. Et c’est pour ça que nous avons été catastrophés de constater qu’en fin de semaine, un individu peu scrupuleux avait utilisé une pelle-mécanique pour drainer des milieux humides de Longueuil. Le site ciblé était l’un des derniers où la rainette se porte bien. Cela se trouve à Longueuil, sur la rive-sud de Montréal.

Les dommages causés, en quelques heures seulement, sont énormes. Voici des photos qui ont été prises sur le site en question. On peut observer que la végétation a été arrachée, que les étangs ont été drainés et que les sols ont été compactés par le passage de la machinerie. Et ce, sur une superficie qui fait plus d’un kilomètre de long. On se doit de bien comprendre que toutes les rainettes qui se trouvaient là, en dormance en prévision de l’hiver, ont été complètement écrabouillées par le passage dudit tracteur.

Les photos ont été prises par Tommy Montpetit, un gars qui protège la rainette faux-grillon depuis des décennies. C’est lui aussi qui est intervenu afin de faire stopper ce massacre et qui a porté plainte contre les auteurs du méfait. Comme on peut le constater sur ses photos, l’individu (il pilotait un véhicule appartenant à la compagnie Brodeur Excavations) a construit de nombreux canaux de drainage en plein coeur d’un site sensible pour la reproduction de la rainette faux-grillon. Les étangs où pouvait s’y reproduire l’ampibien menacé n’existent aujourd’hui plus à cet endroit. C’est hautement déplorable. Choquant au plus haut point!

Mais dans quel but tout cela a-t-il été commis? Et était-ce légal de le faire, considérant que la rainette faux-grillon jouit du statut peu enviable d’espèce menacée?

Au moment d’écrire ces lignes, l’enquête est en cours. Tommy Montpetit veille au grain et s’assure que ce méfait ne restera pas impuni. Ce que je peux toutefois écrire à ce moment-ci, c’est qu’il y avait un vieux certificat d’autorisation qui permettait des travaux à cet endroit et qui datait de 2013. À cette époque, les certificats n’avaient pas de date d’échéance. Alors qu’aujourd’hui, ils ne sont plus valides que pour un an seulement, une réévaluation devant être effectuée après son expiration si quelqu’un souhaite le renouveler. Et cela se comprend bien. En 2013, la rainette faux-grillon n’avait pas vraiment encore colonisé ce secteur; elle était plutôt présente au coeur du boisé du Tremblay et non pas en ce lieu qui se trouve à sa périphérie. On pouvait donc envisager des travaux à cet endroit. Aujourd’hui, tel n’est plus le cas puisque la rainette s’y trouve en grand nombre. La personne qui a décidé de détruire ce milieu espérait-elle profiter de la situation et aménager ce site avant que le Plan de conservation des milieux humides de la Ville de Longueuil ne soit prochainement adopté, ce qui lui aurait drôlement compliqué la tâche? C’est une hypothèse qui mérite au moins d’être réfléchie. On y reviendra dans les prochains temps, j’imagine.

Quelques éléments demeurent toutefois très officiellement problématiques par rapport à la légalité du geste. D’une part, des terrains appartenant à la Ville de Longueuil ont été utilisés afin d’avoir accès au site en question, et ce, sans autorisation aucune. Les terrains privés appartenaient jusqu’à tout récemment à Catania, héros de la commission Charbonneau qui s’est penchée sur la corruption dans le monde de la construction au Québec il y a quelques années de cela. Mais nous ne savons pas, au moment d’écrire ces lignes, si lesdits terrains appartiennent toujours à Catania (Précision: Le lot 891 appartient à Shathony. Le lot 892, le second qui a été affecté par les travaux, le propriétaire était jusqu’en 2019 Terrains Catania). Il s’agira de le vérifier dans les prochains jours. On sait par contre que des infractions ont été notées au dossier. Soit celle d’avoir remblayé, déblayé et affecté durablement un milieu sensible pour le poisson (et la rainette faux-grillon évidemment). En soi, cela est illégal.

Le dossier est présentement entre les mains du fédéral. Mais on sait que la situation est prise très au sérieux à la Ville de Longueuil. Tommy Montpetit tente de relayer l’histoire dans les médias, mais la mission s’avère toujours compliquée lorsqu’il s’agit de la rainette faux-grillon. Cet animal est éminemment politique et dérange bien des gens. Les autorités marchent sur des oeufs lorsque vient le temps de gérer sa situation, et les médias préfèrent souvent ne pas se mouiller dans un dossier aussi délicat. Mais heureusement, il y a encore des humains comme Tommy qui s’évertuent à ce que le pire ne survienne pas en faisant connaître la vérité, qui se battent avec l’énergie du désespoir pour que la rainette soit encore là dans les prochaines années.

Le monde dans lequel nous vivons est extrêmement violent envers les espèces animales. On s’émeut très souvent, nous du Québec ou d’ailleurs en Occident, du sort qui est réservé aux animaux d’Afrique ou d’Asie. Mais il est temps qu’on s’ouvre également les yeux sur le triste destin qui se joue à côté de nos maisons de plastique qui animent les banlieues de Montréal. La rainette faux-grillon est un animal tout aussi extraordinaire qu’un rhinocéros. Et elle a tout aussi le droit de vivre que l’extraordinaire mammifère africain. Si les autorités dorment au gaz et laissent des spéculateurs sans foi ni loi tout détruire, hé bien c’est à nous, les citoyens, qu’il incombera de retrousser nos manches pour empêcher les destructeurs de mondes d’agir à leur guise.

Je vous laisse sur une vidéo tournée par mon ami Tommy, au moment de découvrir la catastrophe en question:
Une nouvelle catastrophe pour la rainette faux-grillon - Patrick R. Bourgeois

La géothermie dans les écoles québécoises

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

L’école primaire de la Clé-des-Champs, à Mirabel. L’été prochain, on lancera la construction d’un projet de géothermie pour chauffer et climatiser l’école.

Et si on utilisait l’eau gisant 500 mètres sous terre pour chauffer et climatiser les écoles du Québec ? C’est le projet qu’une équipe de spécialistes québécois souhaite mettre sur pied afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments.

Publié le 7 décembre 2020 à 6h00

Partager

Alice Girard-Bossé
La Presse

« On va faire un forage qui peut atteindre 500 mètres de profondeur. L’idée, c’est d’échanger de la chaleur avec le sous-sol pour chauffer ou climatiser un bâtiment à faible coût », explique Philippe Pasquier, professeur à Polytechnique Montréal et titulaire de la Chaire de recherche en géothermie sur l’intégration des puits à colonnes permanentes dans les bâtiments institutionnels.

L’équipe, composée de spécialistes de Polytechnique Montréal, d’Hydro-Québec et des centres de services scolaires, réalisera des projets de démonstration dans trois écoles québécoises. La construction des premiers puits à colonne permanente à l’école primaire de la Clé-des-Champs, à Mirabel, devrait commencer à l’été 2021.

PHOTO FOURNIE PAR MASSOUH BIOMÉDIA

Système de géothermie composé de puits à colonne permanente qui sera aménagé aux abords de l’école primaire de la Clé-des-Champs

« La conception est presque terminée à l’école de la Clé-des-Champs. Les appels d’offres vont être lancés au début de l’hiver prochain et la construction du système va se faire l’été prochain », indique M. Pasquier. L’été dernier, l’équipe a construit des puits tests, afin de connaître les conditions du sous-sol autour de l’école. « Le concept de puits à colonne permanente est fait pour une profondeur assez profonde comme 500 mètres. À Mirabel, il y a beaucoup d’eau dans le sous-sol, donc on est descendu à 133 mètres et c’était suffisant », précise Guillaume Marchand, chargé de projets pour le Centre de services scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles.

Philippe Pasquier explique que six puits seront construits pour alimenter l’école en chaleur. « Après la construction, tout ce qu’on va voir, c’est six petites plaques d’acier en plein milieu de la cour d’école », explique-t-il.

PHOTO FOURNIE PAR PHILIPPE PASQUIER

Philippe Pasquier, professeur à Polytechnique Montréal et titulaire de la Chaire de recherche en géothermie sur l’intégration des puits à colonnes permanentes dans les bâtiments institutionnels

Un système d’énergie à basse température permet d’opérer et de générer des économies d’énergie substantielles, particulièrement dans les écoles qui ont de grosses factures énergétiques.

Philippe Pasquier

Ce type de système permettra de diminuer la facture énergétique de l’ordre de 35 % par rapport à un système mécanique conventionnel, ce qui permettra des économies d’environ 55 000 $ par année par école en coût de chauffage.

Décarboner les écoles

« On veut aider le Québec à faire la décarbonation du Québec, explique Marc-André Richard, chercheur à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec. Une des choses que l’on peut faire, c’est modifier le chauffage des bâtiments. »

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) des bâtiments totalisent 17 % des émissions au Canada, principalement en raison de l’utilisation des énergies fossiles pour le chauffage.

PHOTO FOURNIE PAR GUILLAUME MARCHAND

Guillaume Marchand, chargé de projets pour le Centre de services scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles

À l’heure actuelle, quelques écoles sont encore chauffées au mazout, mais la plupart d’entre elles utilisent le gaz naturel, ce qui émet des gaz à effet de serre (GES), explique M. Pasquier. « La géothermie n’émet pas de GES, alors c’est un gros plus », renchérit Guillaume Marchand.

Les défis

« La géothermie est largement utilisée dans l’est des États-Unis, mais on en a peu au Québec », mentionne M. Pasquier. L’adoption de cette technologie est lente au Canada en raison de sa complexité, de l’absence de projets de démonstration et du manque de personnel qualifié dans l’industrie.

« Ça prend aussi de gros investissements au départ », affirme M. Marchand. Le projet bénéficiera de 2,7 millions de dollars, dont 1 million provenant d’Hydro-Québec et 1,7 million, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG). Le ministère de l’Éducation du Québec se chargera des coûts associés à la construction des systèmes géothermiques et les autres partenaires fourniront une contribution équivalente à 1,1 million de dollars en temps de leur personnel.

Sur l’écran radar

Un futur parc urbain à Laval

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

La Ville de Laval achète des terrains en berge afin de créer des parcs et des espaces verts ou de conservation.

La Ville de Laval a annoncé mardi dernier l’acquisition d’un vaste terrain en bordure de la rivière des Prairies afin d’aménager un parc urbain. Cet espace vert de 2,77 hectares équivaut à 17 patinoires et a été acquis au coût de 6,84 millions de dollars. Cette acquisition vise à consolider l’aménagement des parcs, des sentiers urbains et des berges comme prévu dans la vision stratégique Laval 2035 : urbaine de nature. Il s’agit de la quatrième acquisition récente d’un terrain en berge afin de créer un parc et un espace vert ou de conservation après l’achat du terrain boisé adjacent à la berge des Baigneurs à Sainte-Rose, à celui des deux grandes îles, ainsi qu’à la marina Le Commodore.

Le projet « coup de pouce vélo » prolongé

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

La pratique du vélo comme mode de déplacement en France a explosé depuis la crise de la COVID-19.

Le « coup de pouce vélo », projet visant à encourager la pratique du vélo en France, devait prendre fin le 31 décembre. Il sera cependant prolongé jusqu’au 31 mars 2021, a fait savoir le 30 novembre le ministère de la Transition écologique. Ce projet offre une prise en charge jusqu’à 50 euros pour la remise en état d’un vélo. Jusqu’à présent, plus de 1 million de vélos ont été réparés. Une vingtaine de millions de plus sera investie dans le projet. La pratique du vélo comme mode de déplacement en France a explosé depuis la crise de la COVID-19, notamment avec la création de nouvelles pistes cyclables.https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2020-12-07/planete-bleue-idees-vertes/la-geothermie-dans-les-ecoles-quebecoises.php

2 « J'aime »

Nos centres-villes, un atout environnemental

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

« Pratiquer la transition écologique, c’est avant tout prendre acte de l’existant et s’assurer d’en tirer le meilleur parti », souligne l’auteur.

Face à l’actuelle désertion forcée des centres-villes, certains en pronostiquent déjà le déclin inéluctable. Cette menace se fonde en partie sur la découverte du télétravail, dont la persistance pourrait mettre à mal les pôles d’emploi. Pour d’autres, les difficultés actuelles du centre-ville sont l’occasion de se défaire d’un modèle décrié. Les tours du centre-ville de Montréal, la concentration de pouvoir et de richesse qui s’y trouve en ont fait le symbole d’un certain capitalisme parfois considéré comme l’ennemi à abattre.

Publié le 8 décembre 2020 à 10h00

Partager

Christian Savard
Directeur général de Vivre en Ville

Mais soyons clairs : si un déclin des centres-villes devait se concrétiser, ce serait un désastre environnemental, économique et culturel.

Dans une perspective de transition écologique, la concentration des bureaux au cœur d’une agglomération est un atout à préserver.

Concentrer plutôt que disperser, c’est évidemment une clé pour optimiser l’utilisation du territoire. On connaît les dommages irréversibles de l’étalement urbain, qui grignote les terres agricoles, détruit les milieux naturels et aggrave les effets des changements climatiques, notamment les vagues de chaleur.

Concentrer les emplois dans un lieu central et plus facilement desservi en transport collectif a aussi permis d’alléger considérablement notre bilan carbone en transport.

Vivre en Ville a étudié en profondeur, en 2017, l’effet de l’emplacement des entreprises et des institutions sur le bilan carbone, à travers les déplacements. Il en ressort que dans toutes les régions étudiées, ce sont les centres-villes qui ont la plus faible empreinte carbone. Les pôles excentrés, moins bien desservis en transport collectif, parfois enclavés et surtout beaucoup plus éloignés de la majorité de leur aire d’influence, ont un bilan carbone en transport de 20 % à 150 % plus lourd.

Quelqu’un qui travaille au centre-ville de Montréal émet, dans ses déplacements vers le travail, moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre de quelqu’un qui travaille dans un pôle excentré de la région métropolitaine, comme le DIX30 ou le Technoparc Saint-Laurent. Cette différence d’impact entre le centre-ville et les pôles excentrés s’observe également à Québec, Sherbrooke et Trois-Rivières.

Identité et cohésion sociale

Il est trop tôt pour dire si l’adoption du télétravail sera durable, et à quel point elle sera massive pour les emplois de bureau. Si le tiers des travailleurs alternent entre la maison et le bureau, et si leurs employeurs optent pour le partage de bureau, le besoin en pieds carrés de bureau pourrait diminuer de façon non négligeable, au détriment des milieux où ces emplois se concentrent.

La question à se poser, c’est où nous voulons conserver les bureaux qui demeureront nécessaires ?

Je l’affirme : s’il faut convertir une partie des espaces de bureau existants, le dernier endroit où il faudrait en fermer, ce sont les centres-villes.

Conserver dans les centres-villes les bureaux qui resteront nécessaires n’est pas seulement une façon de soutenir leur tissu commercial et de lutter contre les changements climatiques. C’est aussi une question d’identité et de cohésion sociale. Nos centres-villes abritent un patrimoine bâti, historique, humain essentiel.

Tant dans les métropoles que dans les petites villes, les centres-villes sont des lieux remarquables. Dans plusieurs cas, ils sont assurément perfectibles : il faut améliorer leur échelle humaine, prévoir un meilleur partage de l’espace public et mettre en valeur le patrimoine. Reste que la proximité y crée de la synergie, la densité y favorise l’optimisation des infrastructures et des services publics, la compacité y permet d’économiser les ressources et le territoire. Cette merveilleuse efficacité est un des ressorts de notre actuelle prospérité, et très certainement une clé de notre future résilience.

Dans bien des cas, à Montréal notamment, la cure d’embellissement du centre-ville est déjà bien entamée. Il serait salutaire que les pouvoirs publics appuient sur l’accélérateur en en faisant une priorité de la relance économique.

Les grandes tours de bureaux sont-elles la solution idéale sur le plan environnemental et social ? Ce n’est pas sûr, et si c’était à refaire, peut-être faudrait-il en revoir le modèle. Mais ces tours-là existent. Pratiquer la transition écologique, c’est avant tout prendre acte de l’existant et s’assurer d’en tirer le meilleur parti. Faire table rase du rôle structurant du centre-ville ne serait ni économiquement rentable ni écologiquement soutenable.

Les centres-villes jouent un rôle environnemental indéniable. Si le télétravail doit réduire à l’avenir le besoin d’espaces de bureau, c’est avant tout en périphérie qu’il faut cesser d’en construire, voire prévoir d’en convertir. La dernière chose à faire est d’affaiblir le centre-ville.https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-12-08/nos-centres-villes-un-atout-environnemental.php

1 « J'aime »

Longueuil veut créer un corridor de biodiversité

Le 5 décembre 2020 — Modifié à 17 h 02 min le 4 décembre 2020

Temps de lecture : 2 min

Par Ali Dostie

Le corridor de biodiversité débutera au boisé Du Tremblay (Photo : Le Courrier du Sud - Ali Dostie)

Longueuil veut créer un corridor de biodiversité du boisé Du Tremblay jusqu’au boul. Roland-Therrien.

Le corridor de biodiversité commencera au boisé, traversera le boul. Béliveau, par le biais d’un passage faunique qui sera construit sous le boulevard, et se poursuivra le long du parc des Semis, jusqu’au boul. Roland-Therrien.

La Ville envisage aussi qu’ultérieurement, il traverse Roland-Therrien pour rejoindre le secteur Fonrouge.

Actuellement, le projet s’inscrit sur des terrains municipaux, pour la portion à l’extérieur des limites du boisé Du Tremblay.

L’aménagement d’un passage faunique sous le futur boul. Béliveau est une «grande contribution» à l’habitat de la rainette faux-grillon, qui est active dans le secteur.

La présence de cette espèce, identifiée comme menacée et vulnérable selon les lois fédérale et provinciale, impliquera d’appliquer des mesures de mitigation lors du chantier du prolongement du boulevard, prévu dans les prochains mois.

Par ailleurs, le boisé Du Tremblay est aussi «reconnu comme étant l’habitat d’une partie importante de la métapopulation de rainette faux-grillon présente à Longueuil», indique les documents de la Ville.

Le conseil municipal a approuvé le 17 novembre le contrat de services à intervenir entre la Ville et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

L’appui financier d’un peu plus 280 000$ du Ministère servira à la réalisation d’études, d’inventaires et de protocoles de suivi. Le coût de l’ensemble du projet se chiffre à 1,6 M$.

L’organisme Ciel et Terre agira à titre de partenaire du projet.

Le boisé Du Tremblay s’agrandit

Longueuil a reçu le don d’un lot de 55 479 m2 du boisé Du Tremblay, d’une valeur marchande de plus de 1,1 M$.

Ce lot situé dans le périmètre du boisé ne pourra servir à du développement, ce pourquoi le propriétaire, 63718 Canada Inc., en a fait don.

«Ça s’inscrit dans les opérations de remembrement qui sont en cours depuis plusieurs années, pour en faire un espace protégé qui obtiendra éventuellement le statut de refuge faunique», a détaillé la conseillère municipale Nathalie Boisclair, à la séance du conseil municipal du 17 novembre.

En 2023, Longueuil planifie une deuxième phase d’aménagement de sentiers et certains travaux d’aménagement pourraient être effectués sur une partie de ce lot, indique les documents de la Ville.

Longueuil veut créer un corridor de biodiversité - Le Courrier du Sud

2 « J'aime »

Hydro lance EVLO, spécialisée en systèmes de stockage d’énergie

PHOTO HYDRO-QUEBEC, VIA REUTERS

La technologie commercialisée par EVLO est appuyée par plus de 40 ans de recherche et de développement sur les matériaux de batterie par Hydro-Québec et les systèmes de stockage EVLO ont été mis à l’épreuve en conditions réelles d’exploitation dans le réseau d’Hydro-Québec.

(Montréal) Hydro-Québec annonce mercredi le lancement de Stockage d’énergie EVLO, une filiale destinée à concevoir, vendre et exploiter des systèmes de stockage.

Publié le 9 décembre 2020 à 6h38

Partager

La Presse Canadienne

La société d’État explique que ces systèmes de stockage sont surtout destinés aux producteurs, aux transporteurs et aux distributeurs d’électricité ainsi qu’aux marchés commercial et industriel de moyenne et grande échelle.

Selon Hydro-Québec, les batteries au phosphate de fer lithié d’EVLO sont beaucoup plus sécuritaires que les batteries au lithium-ion traditionnelles et leur empreinte environnementale est plus faible, puisqu’elles sont fabriquées à partir de matières premières abondantes et non toxiques.

Elles peuvent aussi être recyclées selon un processus qui permet de récupérer et de réutiliser 99 % des matériaux actifs. Les systèmes EVLO sont par ailleurs exempts de terres rares et de cobalt.

La technologie commercialisée par EVLO est appuyée par plus de 40 ans de recherche et de développement sur les matériaux de batterie par Hydro-Québec et les systèmes de stockage EVLO ont été mis à l’épreuve en conditions réelles d’exploitation dans le réseau d’Hydro-Québec.

La présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, croit que le stockage d’énergie sera au cœur de la transition énergétique. À son avis, le savoir-faire du Québec dans le domaine des batteries permettra de soutenir le développement des énergies solaire et éolienne et aidera à gérer les pointes de consommation.

Au jour du lancement de Stockage d’énergie EVLO, la filiale annonce la signature d’un protocole d’entente avec Innergex énergie renouvelable dans le cadre du projet Tonnerre, en France, qui prévoit l’an prochain la mise en service d’un système de stockage de 9 mégawattheures (MWh) dans le Réseau de transport d’électricité de France.https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2020-12-09/hydro-lance-evlo-specialisee-en-systemes-de-stockage-d-energie.php

1 « J'aime »

Bio carburant

Une usine d’Enerkem attendue se matérialise

PHOTO DENIS GOSSELIN, FOURNIE PAR ALPHA PRESSE

La future usine de Varennes créera une centaine d’emplois lors de sa mise en service, prévue en 2023.

Après avoir été annoncé plusieurs fois depuis 2008, le projet d’Enerkem de construire à Varennes une usine capable de transformer des déchets en biocarburant a fait l’objet d’une nouvelle annonce en grande pompe, mardi, et pourrait se concrétiser en 2023.

Publié le 9 décembre 2020 à 7h00

Partager

Hélène Baril
La Presse

« Ç’a déjà été annoncé quelques fois », a convenu mardi le président et chef de la direction d’Enerkem, Dominique Boies, lors d’un entretien avec La Presse.

Cette fois sera-t-elle la bonne ? Chose certaine, le projet a changé au fil du temps. Il est surtout infiniment plus coûteux. Si, à l’époque, il était question d’un investissement de 90 millions pour un projet connu sous le nom de Vanerco, on parle maintenant d’une raffinerie de 680 millions financée par Enerkem et ses partenaires et d’une usine d’hydrogène qui sera construite par Hydro-Québec au coût de 200 millions pour l’alimenter. Le coût total du projet, baptisé Recyclage Carbone Varennes, est donc rendu à 880 millions.

La participation d’Enerkem au financement de la nouvelle société en commandite est limitée à 78 millions, pour une part de 15 %. Le gouvernement du Québec se montre généreux avec une contribution totale de 160 millions, dont la moitié sera investie en capital-actions par Investissement Québec, qui est déjà actionnaire d’Enerkem. Le gouvernement fédéral verse une subvention de 70 millions et ajoute une contribution remboursable de 4 millions.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Dominique Boies, président et chef de la direction d’Enerkem

Les trois partenaires privés, Shell, Suncor et Proman, un producteur de produits dérivés du gaz établi en Suisse, seront les autres actionnaires. La contribution de chacun n’a pas été précisée, et aucune des trois entreprises n’a diffusé de communiqué pour annoncer son investissement dans la technologie verte mise au point par Enerkem il y a plus de 20 ans.

La future usine de Varennes créera une centaine d’emplois lors de sa mise en service, prévue en 2023. Elle transformera des déchets non récupérables en gaz de synthèse qui, dans une première phase, deviendra du méthanol. Il faudra attendre une deuxième phase, en 2025, pour que l’usine produise de l’éthanol qui peut être mélangé à l’essence et faire rouler les voitures.

Enerkem prévoit pouvoir traiter 200 000 tonnes de matières résiduelles et produire 125 millions de litres de méthanol, un alcool généralement utilisé comme solvant.

Les déchets viendront des sites de récupération des matériaux de construction et des résidus du sciage, qui seront acheminés à Varennes par trains et par camions.

Plus de 1 milliard déjà dépensé

Enerkem teste sa technologie depuis 2014 à Edmonton, en Alberta, où son usine a connu beaucoup de problèmes et de délais de production. « Ce n’est pas des problèmes, mais de l’apprentissage », corrige son président, qui estime que c’est normal pour une nouvelle technologie.

Au total, Enerkem a dépensé 850 millions provenant de différents investisseurs du monde du capital de risque et de l’industrie pétrolière pour mettre au point sa technologie. L’entreprise n’a encore aucun revenu.

« On a beaucoup appris d’Edmonton », souligne Dominique Boies. L’usine de Varennes produira deux fois plus que celle d’Edmonton, grâce à l’approvisionnement en hydrogène fourni par Hydro-Québec, et son produit pourra être vendu plus cher parce qu’il aura une plus faible empreinte carbone.

Hydro-Québec investira 200 millions pour construire des installations de production d’hydrogène et d’oxygène pour alimenter l’usine d’Enerkem.

« L’ensemble de la production sera vendue à Enerkem à un prix intéressant pour les deux parties et qui générera un revenu pour Hydro-Québec », a précisé la société d’État.

La feuille de route d’Enerkem

2000
Fondation d’Enerkem, qui se décrit comme un chef de file dans le développement de biocarburants cellulosiques.

2006
Annonce d’une percée majeure en Angleterre. La technologie de gazéification des déchets d’Enerkem est retenue pour produire 10 mégawatts d’électricité qui seraient vendus à une usine de Ford. Le projet ne s’est pas réalisé.

2008
Annonce d’une entente avec la Ville d’Edmonton pour la construction d’une usine de 70 millions devant produire 38 millions de litres de biocarburants. La production d’éthanol ne commencera pas avant la fin de 2015. Enerkem et Ethanol GreenField, de Varennes, font part de leur projet de construire une usine au Québec.

2009
Annonce d’une percée aux États-Unis avec la construction d’une usine de production de biocarburants de 75 millions de litres par année à Pontotoc, au Mississippi. Des projets en Chine et en Europe seront aussi annoncés au fil des ans.

2010
Enerkem reçoit 53,8 millions en capital de risque de différents investisseurs, dont Waste Management et Cycle Capital. Début de la construction de l’usine d’Edmonton, dont le coût a grimpé à 80 millions et dont la mise en production est prévue pour 2011.

2011
Enerkem reçoit une autre injection de 88 millions en capital de risque et accueille de nouveaux investisseurs, dont Valero et Fondaction CSN.

2012
Enerkem annonce son intention d’inscrire ses actions au NASDAQ pour récolter 125 millions US. Le projet est abandonné quelques mois plus tard.

2013
Enerkem reçoit une nouvelle injection de 50 millions en capital de risque, dont 7 millions du Fonds de solidarité FTQ et 20 millions d’Investissement Québec.

2014
Inauguration de l’usine d’Edmonton, dont la construction a commencé en 2010 et dont le coût est maintenant estimé à 100 millions. L’usine produira du méthanol, un produit intermédiaire ; un module de production d’éthanol a été ajouté plus tard.

2015
Une nouvelle ronde de financement auprès d’investisseurs publics et privés rapporte 150 millions à Enerkem.

2019
Mort du fondateur d’Enerkem, Vincent Chornet. L’entreprise ramasse 73,6 millions à la suite d’une nouvelle ronde de financement à laquelle participe le géant pétrolier canadien Suncor. Avant l’annonce de mardi, le gouvernement du Québec avait participé cinq fois au financement d’Enerkem, pour un investissement de 81 millions.

– La nouvelle mise de fonds de 13,5 millions de dollars prendra la forme d’une souscription à une émission de valeurs mobilières dans Enerkem inc., selon les informations publiées dans la Gazette officielle.

Dans le même document, le gouvernement réitère sa décision de 2017 d’investir 20 millions dans le projet de Varennes, annoncé en grande pompe il y a déjà sept ans, mais pas encore concrétisé.https://www.lapresse.ca/affaires/2020-12-09/biocarburant/une-usine-d-enerkem-attendue-se-materialise.php

9 décembre 2020 | mise à jour le: 9 décembre 2020 à 07:04 temps de lecture: 4 minutesPar: François CarabinMétro

BAPE: opposition historique à Énergie Saguenay

Photo: 123RFLe projet Énergie Saguenay prévoit acheminer par bateau le gaz naturel liquéfié dans le fjord du Saguenay.

Plus de 9 mémoires sur 10 remis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement dans le cadre de l’étude du projet d’Énergie Saguenay lui étaient défavorables. En fait, dans son histoire, jamais le BAPE n’a reçu autant de mémoires en opposition à un projet.

Ce sont les principales conclusions d’une compilation exhaustive de Métro sur les 2 533 mémoires fournis aux présidents de la commission publique sur le projet de GNL Québec. De ceux-ci, 2 315 posent un regard défavorable envers l’usine de liquéfaction du gaz. C’est un peu plus de 91 % du total.https://journalmetro.com/actualites/national/2586964/bape-une-opposition-historique-a-energie-saguenay/

L’étude par le BAPE du projet de l’entreprise GNL Québec est rapidement devenue la plus populaire de l’histoire de l’organisme d’évaluation indépendant. En 2007, quand il s’était penché sur le terminal méthanier Rabaska, qui devait s’installer à Lévis, il avait reçu un total de 700 mémoires, tant favorables que défavorables.

Sur les 2 533 mémoires reçus, 194 (8%) appuient le projet de GNL. Métro en a classés 24 comme «ambigus» ou «non-définitifs».

Mobilisation monstre

L’organisme Nature Québec avait invité les Québécois à la participation citoyenne en rendant disponible un modèle de mémoire pour les non-initiés du BAPE. Sa directrice générale, Alice-Anne Simard, s’attendait à une majorité des parties défavorables.

Elle a quand même poussé un «wow» bien senti en apprenant qu’elle s’élevait à plus de 91%, mardi.

«Ça traduit bien le sentiment qu’on avait. Il n’y a pas du tout d’acceptabilité sociale pour le projet», souligne-t-elle en entrevue.

Parmi les mémoires défavorables plusieurs dizaines proviennent d’associations étudiantes des quatre coins de la province. Dans le milieu étudiant, on évalue qu’au moins 300 000 étudiants ont exigé la fin d’Énergie Saguenay.

«On a remarqué qu’il y avait beaucoup de personnes qui n’étaient pas au courant du projet. On a essayé de mobiliser le plus possible», soutient Ashley Torres, membre de la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES).

Le débat se transporte en chambre

En réaction à une pétition de 110 000 signatures contre le projet publiée mardi par Nature Québec, la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a demandé des comptes au gouvernement de François Legault, mardi.

«M. Legault se vante régulièrement de gouverner pour la majorité. Mais ce matin, j’espère qu’il a entendu la majorité», a-t-elle mentionné en chambre, à l’Assemblée nationale.

«Le premier ministre est le président du fan club de GNL Québec, mais aujourd’hui il est rendu pas mal tout seul de sa gang.» – Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Pressé de promettre qu’il n’injecterait aucuns fonds publics dans Énergie Saguenay, M. Legault a acquiescé. «Le gouvernement du Québec a refusé qu’il y ait un financement public dans le projet», a-t-il signalé.

En audiences publiques à la fin septembre, le promoteur avait déjà indiqué qu’il ne demanderait pas d’argent public.

Comment ça fonctionne?

Le rapport final du BAPE doit arriver d’ici le 13 janvier sur le bureau du ministre de l’Environnement. C’est lui qui prendra la décision finale.

D’après la conseillère en communications du BAPE, «tous les mémoires ont la même importance» durant une commission, «qu’ils comportent un seul paragraphe ou plusieurs pages».

Les mémoires reçus ne manquent pas d’originalité. Certains prennent la forme de dessins, de photos, de films. Pour témoigner de son refus du projet, une participante a même téléversé… un numéro de danse.

Rejoint mardi pour commenter les données compilées par Métro, GNL Québec a maintenu qu’elle ouvrait la porte aux améliorations.

«Nous avons lu dans plusieurs mémoires et entendu dans plusieurs témoignages des éléments et des pistes d’action et de réflexion très pertinents provenant d’intervenants de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean», a souligné dans une réponse écrite la directrice principale des affaires publiques du promoteur, Stéphanie Fortin.