Environnement, biodiversité et transition écologique

La Presse: AMBITIEUX… MAIS INSUFFISANT

Bon texte de Philippe Mercure, je suis 100% d’accord avec ça:

La CAQ entretient en fait l’illusion qu’on peut continuer comme avant, sans changer en profondeur nos modes de vie. Qu’il suffit de brancher nos voitures, nos usines et nos bâtiments commerciaux dans les prises d’Hydro-Québec pour sauver la planète.

L’aménagement du territoire, notamment, apparaît de plus en plus comme une grande faiblesse du gouvernement Legault. C’est pourtant une pièce essentielle du puzzle contre les changements climatiques.

Et j’ajouterais que l’aménagement urbain concerne des problèmes bien plus larges que l’environnement.

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Un autre sujet qui me préoccupe beaucoup, l’écologie. Voici ici une chronique intéressante sur la fameuse carpe asiatique aux USA qui pourrait devenir un avantage économique si on apprend à bien l’exploiter. Ainsi tout en contrôlant son envahissement on pourrait en tirer des profits par une exploitation bien planifiée.

La carpe argentée est-elle une mine d’or ?

Cette histoire commence bien avant la COVID-19 et tous les problèmes de frontières bloquées qu’elle a engendrés.

Publié le 23 novembre 2020 à 7h30

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Marie-Claude Lortie
La Presse

Elle commence en 2013, quand l’homme d’affaires québécois Pierre Boutin, installé à Albany, dans l’État de New York – et actuellement coincé à Montréal –, a décidé de s’intéresser à la carpe asiatique, en parallèle avec son travail de conseiller en démarchage pour entreprises voulant percer le marché américain.

La carpe asiatique, pour ceux qui ne la connaissent pas, c’est en fait quatre espèces de carpes, notamment la carpe argentée, dont il sera question ici. Toutes ces carpes réputées pour leur voracité ont été importées d’Asie vers les États-Unis, en Arkansas surtout, pendant les années 1970, pour « nettoyer » la végétation dans les bassins de pisciculture de poisson-chat, ingrédient phare de la soul food des États du Sud.

Ces carpes ont fait le boulot qu’on attendait d’elles jusqu’à ce que des intempéries majeures provoquent des inondations et autres débordements permettant aux poissons de s’échapper de leurs bassins pour aller nager dans le Mississippi et ses affluents. (Oui, vous avez le droit, ici, de penser au film de Disney Lilo and Stitch.) À partir de là, elles ont commencé à vivre dans la nature. Toujours voraces, surtout l’argentée, nettoyant parfois à l’excès la végétation lacustre, tout en envahissant les milieux de vie et les sources de nourriture des espèces indigènes, bref, elles ont mis en péril les écosystèmes.

Aujourd’hui, la carpe argentée est considérée comme une espèce terriblement envahissante. On la craint.

Elle a remonté les États-Unis dans toutes sortes de rivières et de lacs jusqu’à la porte des Grands Lacs et du Canada. (Au Québec, on a trouvé de l’ADN de carpe des roseaux, une de ses espèces sœurs, dans certains cours d’eau.)

Sur son chemin, elle fait peur aux plaisanciers, car quand elle est stressée par le bruit du moteur de bateaux, elle peut faire des bonds de trois mètres de haut. En banc, ça fait tout un chahut. Un réel fléau dans les zones touristiques.

Et maintenant, on craint qu’elle n’arrive dans les Grands Lacs, où elle pourrait mettre à mal les équilibres existants.

On peut la pêcher, et plusieurs pêcheurs le font, mais on lui cherche des débouchés.

Car contrairement à bien des Européens de l’Est qui adorent la carpe au point d’en faire le plat festif central de Noël, en Amérique du Nord, on la boude, la confondant presque avec le crapet-soleil, même si ce n’est pas du tout un poisson de fond au goût vaseux. Au contraire.

Et c’est ici que Pierre Boutin entre en jeu.

L’homme d’affaires a décidé de lui en trouver, des débouchés.

PHOTO JENS BUETTNER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS


« La pêche dans les Grands Lacs, c’est une industrie de 7 milliards », dit l’homme d’affaires, dont l’entreprise s’appelle E&E Marketing Management. « Il faut la protéger. »

Donc, ajoute-t-il, il faut dès maintenant trouver des débouchés pour commercialiser le poisson avant qu’il ne s’étende trop, pour contrôler les populations.

« Le plus gros défi, affirme Boutin, c’est son nom. Pourtant, c’est un poisson dont la qualité en cuisine se compare à la truite ou au saumon. » Son défaut, c’est qu’elle se reproduit trop vite et mange la nourriture des autres.

Donc, oui, on peut envisager de la commercialiser pour consommation humaine, mais on peut penser aussi aux animaux.

Pour cela, il a plusieurs idées, dont deux qui sont déjà en marche.

La première : faire de la farine avec la chair et les arêtes du poisson cuit, qui serviront à faire des croquettes pour nourrir les chiens.

Le défi a été relevé par l’entreprise québécoise Wilder et Harrier, qui vient de mettre en marché cette nouvelle gamme, après les gâteries à base de farine de grillon et la nourriture pour chiens à base de mouches soldates noires.

« C’est lui qui nous a contactés », explique Philippe Poirier, fondateur et président de Wilder et Harrier, spécialisé dans la nourriture aux protéines alternatives écoresponsables. L’entreprise n’a pas hésité. Le produit correspondait à ses valeurs. « Et la carpe, c’est idéal pour nous », dit Poirier.

Les chiens aiment le goût du produit, et en plus, les arêtes – un obstacle pour les humains – sont broyées et s’intègrent à la nourriture, ce qui assure une bonne quantité de calcium.

Les croquettes sont arrivées en magasin déjà, dans les boutiques de produits pour animaux indépendantes et dans la grande chaîne Mondou.

Mais Pierre Boutin suit aussi une deuxième idée.

Celle d’utiliser la carpe comme appât pour la pêche au crabe et au homard.

Je vous en ai souvent parlé : actuellement, les pêcheurs de homards utilisent des poissons entiers pour attirer les crustacés dans leurs cages. Des harengs, des plies, des maquereaux… De la nourriture souvent importée, qui pourrait être consommée par les humains, des poissons peu touchés par les bestioles et ensuite jetés à la mer une fois les cages remontées. Comme utilisation de la biomasse, on a vu mieux. Surtout si, en plus, les poissons viennent d’Espagne, comme je l’ai vu cet été en Gaspésie.

Donc, M. Boutin pense qu’on peut utiliser la carpe congelée et coupée en morceaux comme appât. Ou encore de la carpe mélangée avec des résidus des usines de transformation de poisson pour en faire des boules de pâte.

Est-ce que ça fonctionne ?

« On fait des tests », dit M. Boutin. Dans le Maine, les pêcheurs de homards ont accepté d’essayer la carpe, mais seulement celle provenant des lacs Barkley et Kentucky, pour des raisons environnementales. En Louisiane, des pêcheurs de crabes ont connu un bon succès, dit l’homme d’affaires, qui parle d’une efficacité de 25 % supérieure aux appâts traditionnels. « Mais c’est aléatoire », pour le moment.

Pour avoir des résultats plus précis et plus scientifiques, il collabore avec des chercheurs de l’Université Cornell, et la NOAA, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, a aussi été saisie du dossier.

Donc ce débouché chemine.

Mais il y a d’autres possibilités. Faire de la farine pour nourrir les poissons en pisciculture, des fertilisants, car la chair est riche en azote… Et la liste continue.

Et si la carpe argentée pouvait être une mine d’or ?
https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2020-11-23/la-carpe-argentee-est-elle-une-mine-d-or.php

Un autre excellent article de recyclage de matières qui profite à l’économie:

Quand les déchets deviennent de la matière première

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Le jute sert de paillis, ce qui évite l’utilisation de toiles de plastique ou d’herbicides pour empêcher les mauvaises herbes d’étouffer les jeunes arbres.

Un torréfacteur envoie à l’enfouissement des dizaines de tonnes de sacs de café chaque année. À quelques kilomètres de là, une pépinière importe une quantité similaire de jute neuf d’Asie. En « maillant » les deux entreprises, les déchets de l’un deviennent la matière première de l’autre. C’est le principe de la symbiose industrielle, un concept en croissance au Québec.

Publié le 23 novembre 2020 à 7h00

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Jean-Thomas Léveillé
La Presse

(Sherbrooke) L’odeur de café embaume chaque recoin de l’usine de Café William, où sont empilés des sacs de café fraîchement arrivés d’un peu partout dans le monde : Mexique, Brésil, Honduras, Indonésie…

« On torréfie 300 sacs par jour », explique Rémi Tremblay, président et directeur général de l’entreprise sherbrookoise, qui est l’un des plus gros importateurs de café biologique et équitable au Canada.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Rémi Tremblay, président et directeur général de Café William

Ces sacs, en majorité faits de fibres de jute, une plante qui pousse en Asie, finissaient à l’enfouissement… jusqu’à ce que Café William participe à un atelier de maillage de Synergie Estrie, un organisme voué à la création de symbioses industrielles.

C’est là que l’entreprise a fait la rencontre d’ArborInnov, le plus gros producteur d’arbres de la région, qui se spécialise dans la trufficulture et la réhabilitation de sites par la végétalisation.

« Je prends tout [leurs sacs de jute] et j’en aurais même besoin d’un peu plus », explique le président et fondateur de l’entreprise, Jérôme Quirion, qui a depuis cessé d’acheter du jute neuf venant d’Asie, qui lui coûtait 73 000 $ par année.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Jérôme Quirion, président et fondateur d’ArborInnov

Le jute sert à fabriquer des « pochettes » dans lesquelles il met de jeunes arbres avec le substrat nécessaire à leur croissance pendant deux ou trois ans afin de végétaliser des halles minières ; il sert aussi de paillis, ce qui évite l’utilisation de toiles de plastique ou d’herbicides pour empêcher les mauvaises herbes d’étouffer les jeunes arbres.

« Avec ça, tu as la paix pendant deux ans », s’exclame Jérôme Quirion, vantant par ailleurs les mérites du jute pour garder l’humidité du sol, ce qui se traduit par des économies d’eau.

Résultat, Synergie Estrie estime que cette symbiose a permis à sa première année d’éviter 73 tonnes de gaz à effet de serre (GES), de détourner 30 tonnes de jute de l’enfouissement et d’éviter la production de 30 tonnes de matière vierge.

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Un troisième partenaire

Mais la symbiose industrielle entre Café William et Arborinov ne s’arrête pas là. Entosystem, une jeune pousse sherbrookoise qui fait de l’élevage d’insectes destinés à l’alimentation animale, s’est rapidement jointe à eux.

Entosystem utilise la « pelure » du café, une pellicule qui se détache du grain lors de la torréfaction, à l’image de celle qu’on trouve sur un grain de maïs éclaté.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Pascale Roy, coordonnatrice à l’économie circulaire de Café William

C’est en se penchant sur son impact écologique que Café William a réalisé qu’elle disposait d’un « gros gisement de matières résiduelles organiques », explique Pascale Roy, coordonnatrice à l’économie circulaire de l’entreprise.

« Pour nous, ce n’était pas un enjeu économique, on ne paie pas tellement cher pour nos vidanges [au Québec], alors on n’est pas portés à regarder ce qu’on a dans nos poubelles. »

L’entreprise dit même ignorer combien elle économise en détournant ces matières de l’enfouissement ; ce qui importe, pour elle, c’est de les valoriser.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

La pelure de café donne de la structure au mélange et permet d’avoir un gruau au lieu d’une pâte collante.

En absorbant l’humidité des autres éléments qu’Entosystem utilise pour nourrir ses larves, comme des fruits et légumes invendus, la pelure de café « donne de la structure au mélange [et] permet d’avoir un gruau au lieu d’une pâte collante », illustre Christopher Warburton, directeur scientifique de l’entreprise.

« On fait vraiment du surcyclage, explique-t-il. On donne tout ça à nos larves, ce sont des experts récupérateurs, ils mangent ça en six jours. »

Les larves récupèrent ainsi la valeur nutritive de tous ces éléments, avant d’être elles-mêmes transformées en « protéine écologique », qui peut remplacer dans l’alimentation animale la moulée de poisson et la protéine de soya, deux productions critiquées pour leur impact écologique.

Entosystem donne ensuite les déjections et les exuvies des insectes, les carapaces rejetées lors de leur mue, à ArborInnov, qui les utilise comme engrais.

« Ça, c’est fertile, c’est terrible ! » lance Jérôme Quirion.

Cette autre symbiose a permis d’éviter l’émission de 20 tonnes de GES et l’enfouissement de 25 tonnes de résidus de café, calcule Synergie Estrie.

Un concept en croissance

Né dans les années 1960 à Callumbourg, au Danemark, où de nombreuses entreprises s’échangent leurs ressources, le concept de symbiose industrielle est arrivé au Québec il y a une douzaine d’années, mais ce n’est que tout récemment qu’il a pris un véritable envol.

« Ça fait peut-être juste deux ou trois ans qu’on a atteint une vingtaine de territoires [où des symbioses s’organisent] au Québec », a déclaré dans une entrevue à La Presse Claude Maheux-Picard, directrice générale du Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI).

« On a fait les plus simples, mais là, on va aller vers les plus complexes », ajoute-t-elle.

Au-delà des bienfaits écologiques, il y a aussi des avantages économiques à créer des symbioses industrielles, affirme Mme Maheux-Picard.

« Il ne faut plus voir les symbioses industrielles comme des projets environnementaux, dit-elle, mais bien comme des projets à impact économique, favorisant la résilience et la compétitivité des entreprises. »

Une autre solution écologique

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

La « tour de captation des fumées de torréfaction » conçue par Café William

Café William a aussi conçu une solution écologique pour limiter les odeurs générées par ses activités : une « tour de captation des fumées de torréfaction ». La technologie qu’elle a développée, et qu’elle projette de commercialiser, évite d’avoir recours à une torchère et diminue considérablement ses émissions de gaz à effet de serre (GES). « La consommation de gaz naturel pour brûler les fumées serait plus importante que la consommation pour torréfier le café », illustre le PDG de Café William, Rémi Tremblay. L’appareil envoie une pluie fine très froide en sens inverse de la fumée, ce qui provoque un transfert des molécules odorantes sur les gouttelettes d’eau, qui retombent au lieu d’être relâchées dans l’air.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2020-11-23/planete-bleue-idees-vertes/quand-les-dechets-deviennent-de-la-matiere-premiere.php

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Actualités et discussion sur l’économie verte


Source Image par jcomp sur Freepik


Il y a tellement d’excellents articles dans le domaine qu’il faut les rassembler dans un fil spécifique afin de pouvoir plus facilement les consulter.

Le lundi 23 novembre

https://www.lesoleil.com/actualite/les-insectes-vedettes-dun-congres-international-virtuel-organise-a-quebec-9e0fc3414703f3b6525e47dbec1094d9

Actualités

Le marché des insectes comestibles continue de grandir en Occident.

23 novembre 2020 3h00 Mis à jour à 4h18

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Les insectes, vedettes d’un congrès international virtuel organisé à Québec

Émilie Pelletier

Le Soleil

La popularité des insectes pour la consommation humaine et animale ne dérougit pas. Puisqu’elle n’a pas pu accueillir le congrès international Des insectes pour nourrir la planète comme prévu en juin dernier, l’Université Laval est «l’hôte» de cette conférence transformée en mode virtuel du 23 au 26 novembre.

La ville de Québec et l’Université Laval devaient accueillir en juin dernier la troisième édition du congrès international Des insectes pour nourrir la planète (Insects to Feed the World). Les précédentes s’étaient déroulées aux Pays-Bas en 2014 et à Wuhan, en Chine, en 2018 (avant la pandémie de coronavirus).

Même si l’événement a été annulé dès le mois de mars, il n’était pas question pour le responsable du comité organisateur, Grant Vandenberg, qu’il n’ait pas lieu. On l’a donc réinventé à la sauce virtuelle 2020.

Ce n’est que partie remise, le plan de match revu prévoit de tenir au Québec un rassemblement de réseautage en présentiel, en 2022.

La province s’inscrit en effet parmi les précurseurs de l’innovation agroalimentaire, selon le professeur au Département de sciences animales de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval. Impensable pour lui donc, de ne pas réunir les quelque 500 chercheurs, producteurs d’insectes et investisseurs d’une dizaine de pays inscrits pour l’occasion. Une façon également de présenter au public cette industrie en pleine émergence.

Au menu? Réseautage, discussions et conférences sur les plus récentes tendances et avancées concernant l’utilisation d’insectes dans l’alimentation des humains et des animaux domestiques ou d’élevage. Car bien loin des grillons trempés dans le chocolat, le marché des insectes comestibles continue de grandir en Occident.

Environnement, santé, économie

Des programmes de recherche sur les insectes ont d’ailleurs émergé dans la province au cours des dernières années, comme à l’Université Laval notamment. Une chaire d’enseignement et de formation dédiée spécifiquement à l’étude des insectes a été créée, une première en Amérique du Nord. «On veut traiter les insectes en tant qu’autre espèce animale d’élevage comme les vaches, les poules, les porcs», prévoit le professeur.

L’intérêt croissant pour la production et la transformation d’insectes se traduit aussi du côté des entreprises privées, de plus en plus nombreuses à s’implanter sur le territoire québécois. Selon le chercheur Grant Vandenberg, on en compte à ce jour une quarantaine dans la province.

À l’échelle mondiale, le marché des insectes comestibles dépasse les 112 millions $US en 2019 et devrait continuer de «croître annuellement de 47 % entre 2019 et 2026», indiquent des données compilées par l’entreprise Global Market Insights.

À la recherche d’alternatives alimentaires moins polluantes pour l’environnement, les consommateurs pourraient continuer d’adopter la nouvelle tendance.

Les insectes, en plus d’être reconnus comme des sources de protéines que l’on retrouve en farine ou en barre énergétiques et protéinées, rappelle le professeur de l’Université Laval, «très peu» de gaz à effet de serre (GES) sont générés dans leur production en comparaison avec celle du bœuf, par exemple.

«Les consommateurs sont très conscients de l’impact de ce qu’ils mangent sur l’environnement, observe le chercheur de l’Université Laval. Il y a 20 ou 30 ans, les gens s’intéressaient beaucoup au niveau de bien-être animal. Maintenant ils cherchent des alternatives face à l’impact environnemental de la production agricole».

Et pour faire mieux, aussi en matière de gestion des déchets organiques, Grant Vandenberg en reste convaincu : «les insectes ont un rôle à jouer».

2 messages ont été fusionnés à un sujet existant : Économie verte

Il est louable de prôner l’électrification des transports dans une province comme la nôtre. Cependant, c’est loin d’être assez.

Ce gouvernement continue de développer le réseau autoroutier (A-19, élargissements, troisième lien) au détriment de projets de transports en commun (tramway de Québec, court-circuit de l’ARTM pour la priorisation des projets, retrait du financement de la station aéroport du REM). Sans compter un amour même pas caché pour le non-respect de la réglementation d’aménagement en vigueur et une claire incompréhension des enjeux liés à l’urbanisation.

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@ Xa1992 C’est le côté conservateur de la CAQ qui fait surface et qui n’est jamais vraiment disparu depuis son rapprochement avec les conservateurs fédéraux il y a quelques années. Donc ces valeurs se traduisent par plusieurs incohérences dans leurs discours actuel et leur façon de souffler le chaud et le froid en matière d’environnement. Ce qui me fait dire que la CAQ risque d’être à la remorque des prochaines politiques fédérales qui se veulent plus ambitieuses que celles de la province. De ce fait je crains que nous y perdions un peu trop au change :thinking:

Plan vert: la CAQ blâmée de ne pas taxer les plus pollueurs

Photo: Captures d’écranLaure Waridel n’a pas mâché ses mots face au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette.

Le gouvernement Legault a dévoilé cette semaine son plan pour une économie verte. Pour Laure Waridel, professeure associée à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM, l’erreur principale du plan vert de la CAQ est de ne pas suffisamment taxer ceux qui polluent le plus.

Québec a annoncé cette semaine un investissement de 6.7 milliards de dollars pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Le gouvernement provincial vise une réduction de 37% par rapport au seuil de 1990.

https://journalmetro.com/actualites/national/2582231/plan-vert-la-caq-accusee-de-ne-pas-taxer-les-plus-pollueurs/

«Il faut que quand on nuise à l’environnement, on ne fasse pas le même profit. Et que quand on achète un gros véhicule, ça nous coûte plus cher que d’acheter un véhicule électrique», a-t-elle lâché sur le plateau de TLMEP dimanche.

Selon elle, sans mesure contraignante, Québec ne fera pas mieux que le gouvernement fédéral.

«On est dans une économie qui carbure à l’exploitation environnementale. En ce moment, on peut faire beaucoup d’argent en détruisant les bases de la vie sur Terre.»

-Laure Waridel, professeure à l’UQAM

Répondre à l’urgence climatique

Arborant des boucles d’oreilles où l’on pouvait lire STOP GNL, Laure Waridel n’a pas mâché ses mots face au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette.

«Ce plan ne répond pas du tout à l’urgence climatique, a-t-elle déclaré. Ce sont des pas dans la bonne direction, mais il faut aller encore plus loin, et beaucoup plus vite que ça. Les courbes des émissions continuent à monter malgré les mesures.»

Elle a rappelé que les experts du climat estiment qu’il fallait observer une réduction des émissions de l’ordre de 45% (minimum) d’ici 2030 si l’on voulait éviter de gagner 1.5 voire 2 degrés à l’échelle planétaire. Et pas 37% comme l’ambitionne présentement le plan de la CAQ.

«Je ne pense pas que les gens mesurent ce que ça veut dire un tel réchauffement. Ou ce qu’est un effet d’emballement. (…) À ce moment-là, on aura beau avoir une voiture électrique, ça ne changera plus rien. C’est maintenant qu’il faut agir.»

-Laure Waridel, professeure à l’UQAM

Charette défend le choix de la CAQ

Le ministre Charette a défendu le choix du gouvernement Legault de ne pas imposer de frais ou de tarifs supplémentaires aux plus pollueurs.

«Imposer plusieurs milliers de dollars supplémentaires sur le véhicule familial, comme certains groupes le proposaient, pour nous c’était contre-intuitif.»

M. Charette a cité les conséquences désastreuses que ce type de mesures a eu en France, avec le mouvement des Gilets jaunes.

«On a un vaste territoire au Québec. Imposer des restrictions sur le type de véhicules que l’on choisit de conduire, ce n’est pas respecter l’étendue du territoire qui est le nôtre.»

-Le ministre Benoit Charette

Pour la CAQ, pas question d’augmenter le coût de l’essence à la pompe ou de taxer les véhicules plus énergivores.

«Ce sont souvent des véhicules qui n’ont pas d’équivalent au niveau de l’électrification, s’est défendu M. Charette, dimanche soir. Quand on n’a pas d’alternative, se voir imposer des tarifs supplémentaires, ça peut devenir extrêmement frustrant.»


C’est bien plus frustrant de voir des gens qui circulent sans nécessité en ville avec ce genre de véhicules hautement pollueurs. Ils le font bien davantage par simple choix et par effet de mode.
Donc il serait plus que normal qu’on leur fasse payer leurs fantaisies anti-environnementales qui vont à l’encontre des efforts de la majorité des citoyens.

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La CAQ ne va jamais augmenter le fardeau de la population alors que même si le Québec tout entier fermait aujourd’hui cela ne représenterait qu’une goutte dans l’océan de la pollution atmosphérique. Et qui a par ailleurs le meilleur bilan environnemental d’Amérique.Taxes, taxes, taxes. Quand on est à la tête de la population la plus taxée du continent on fait attention à en rajouter. Il pourrait se voir montrer la porte de sortie très vite s’il jouait dans ça. Je déteste la CAQ. Je serais heureux de les voir débarquer n’importe quand. Mais d’un point de vue strictement politique ils ont raison ici. C’est pas « justifiable » comme mesure.

Détaxer les vélos serait une mesure cohérente avec l’approche carotte de la CAQ. Qui sait, peut-être que ça leur permettrait même d’obtenir plus de votes sur l’île.

Une bonne idée: diminuons le pourcentage de la taxe selon une norme de base préétablie pour tous les véhicules à essence. Ainsi ceux qui achètent un véhicule qui consomme sous cette moyenne, seront récompensés au prorata. Tandis que ceux qui font le contraire paieront davantage selon les mêmes calculs. De cette façon on n’augmente pas la taxe générale et on laisse les gens choisir sur la base de pollueur-payeur. Voici un autre article sur le sujet:

Comment se débarrasser de nos véhicules polluants gratuitement

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

En 2018, les véhicules utilitaires sport représentaient près des deux tiers des véhicules neufs vendus au Québec, une augmentation de 263 % depuis 1990 !

Vous excuserez le titre aux allures d’infopub, mais tous les moyens sont bons pour vous présenter une solution simple à un problème croissant et persistant qui nous afflige au Québec : notre dépendance collective aux véhicules énergivores et surdimensionnés.

Publié le 23 novembre 2020 à 9h00

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Andréanne Brazeau
Analyste en mobilité chez Équiterre

La question est fort sensible pour les Québécois, j’en conviens. Et on a bien perçu cette sensibilité dans le Plan pour une économie verte présenté lundi par le gouvernement de François Legault, un plan qui mise largement sur l’électrification des transports dans lequel il a annoncé se fier à la bonne volonté des gens pour faire les bons choix.

Or, comme nous avons systématiquement échoué à atteindre nos cibles climatiques, il est plus évident que jamais que cette bonne volonté sera insuffisante. On doit collectivement déployer des mesures contraignantes pour entamer le virage à 180 degrés qu’on doit faire. Rapidement.

Parce que quand vient le temps de choisir son prochain véhicule, d’excellentes raisons pratico-pratiques entrent en compte pour bien des gens. Pourtant, un constat s’impose : la préférence des Québécois pour des véhicules de plus en plus gros n’est pas viable à long terme.

Un grave problème de société

Vous vous en doutez, du point de vue écologique, les véhicules utilitaires sport (VUS) sont loin d’être la meilleure option. Ils nuisent à la qualité de l’air et leur empreinte carbone est cinq à six fois plus importante que celle d’une voiture électrique standard.

À cause de leur taille, de funestes conséquences en matière de sécurité s’ajoutent à leur bilan environnemental. Un piéton a deux fois plus de chances d’être tué en cas de collision avec un VUS qu’avec une petite voiture.

Ils nous coûtent aussi très cher collectivement – ils accroissent la pression sur les infrastructures routières et la congestion, en plus d’occuper plus d’espace une fois stationnés – et individuellement. Ils contribuent aussi au surendettement des familles avec un prix d’achat 40 % plus élevé que les voitures conventionnelles en moyenne.

Malgré tout cela, en 2018, ils représentaient près des deux tiers des véhicules neufs vendus au Québec, une augmentation de 263 % depuis 1990 !

La solution

Comment pouvons-nous donc nous inciter collectivement à faire des choix de véhicules plus responsables ? Il existe une solution tellement simple à l’efficacité effarante qui, en plus, ne nous coûterait pas un sou ! Ça s’appelle le système de redevance-remise… et c’est franchement merveilleux.

Comment ça marche, donc ? En gros, on finance l’achat de véhicules à faibles émissions de GES en ajoutant des frais à l’achat de véhicules polluants. Ces frais servent donc à récompenser les choix plus écoresponsables. Il s’agit d’une application concrète du principe pollueur-payeur et un récent rapport publié par Équiterre montre tous les gains que ce système nous permettrait de faire, et ce, à différents paliers de gouvernement.

On peut se mettre la tête dans le sable tant qu’on veut, mais tous les efforts que les Québécois feront pour lutter contre les changements climatiques seront fort probablement annihilés si la tendance que l’on constate sur nos routes se maintient.

Le secteur des transports représente 43 % des émissions de GES de la province. Il faut se le dire franchement, on a encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine. Il est essentiel qu’on prenne nos responsabilités si on veut laisser à nos enfants un avenir qui ressemble à autre chose qu’une série de catastrophes et de deuils.

Malgré ce qui a été annoncé dans le plan du gouvernement Legault, nos élus n’avancent pas assez vite sur ce dossier. Un gentil coup de klaxon collectif les inciterait peut-être à accélérer sans avoir à « peser sur le gaz ».
https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-11-23/comment-se-debarrasser-de-nos-vehicules-polluants-gratuitement.php

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Foule sentimentale

À Longueuil, une quinzaine de chevreuils auront la vie sauve – et il n’y a pas de quoi se réjouir.

Publié le 26 novembre 2020 à 6h00

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Isabelle Hachey
La Presse

Les chevreuils ne seront pas épargnés parce que c’était la bonne la chose à faire. Ni parce que, youpi, la mobilisation citoyenne fonctionne. Et surtout pas parce que le bien finit toujours par triompher du mal.

On n’est pas dans le monde merveilleux de Disney.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

« Au nom de la protection de la nature, ceux qui ont “sauvé” les chevreuils de Longueuil contribuent à son appauvrissement », écrit notre chroniqueuse.

En fait, ils seront épargnés pour la plus détestable des raisons : des menaces proférées à l’endroit de ceux qui devaient procéder à l’abattage.

La Ville de Longueuil a reculé devant « la menace que posent aujourd’hui certaines personnes afin de nuire, voire contrecarrer la mise en œuvre de l’opération », a écrit lundi soir la mairesse, Sylvie Parent.

N’écoutant que leur courage, de braves citoyens ont intimidé de vils gestionnaires pour sauver Bambi et sa bande. Et ils sont parvenus à leurs fins.

Parlez-moi d’une belle victoire.

Cette affaire est absurde, quand on sait qu’une quinzaine de chevreuils tout aussi mignons sont abattus chaque année dans un boisé situé à deux pas du parc Michel-Chartrand.

Pas de pancartes « LAISSONS-LES VIVRE ! » pour ceux-là.

Pas de pétition ni de manifs.

Pas d’avocate vedette pour crier à l’assassinat d’animaux.

Personne pour proférer des menaces contre la mairesse et ses collègues.


Cette indignation à géométrie variable, dépendant du boisé dans lequel broutent les cervidés, n’est pas le plus absurde de cette histoire absurde.

Non, le pire, c’est qu’au nom de la protection de la nature, ceux qui ont « sauvé » les chevreuils de Longueuil contribuent à son appauvrissement.

Il n’y a rien de naturel dans la surabondance de chevreuils au parc Michel-Chartrand, pas plus que dans le reste du Québec, où des chasseurs sont appelés en renfort pour en abattre 47 000 chaque automne.

Si on voulait vraiment défendre la nature, on écouterait les biologistes. On se rangerait au consensus scientifique clair et sans équivoque : il faut abattre ces animaux. Et ceux qui suivront, puisque le problème ne disparaîtra pas par enchantement.

Trente-deux chevreuils vivent dans moins de deux kilomètres carrés au parc Michel-Chartrand, en plein Longueuil. Deux fois trop pour permettre à la nature de se régénérer.

Ces animaux sont une nuisance. Pas seulement parce qu’ils ravagent les haies bien taillées des banlieusards. Ils broutent tout. Les fleurs, les plantes, les arbustes. Ils mettent en péril la biodiversité du parc.

Comme des rats, les chevreuils s’adaptent et se reproduisent à grande vitesse dans des conditions gagnantes – disons, un parc urbain où il n’y a aucun prédateur et où des humains les nourrissent, pour prendre un exemple au hasard.

Mais bon, ce ne sont pas des rats. Personne ne signera jamais de pétition pour sauver des rats. Ni des rainettes faux-grillon, pourtant menacées au Québec. Qui a envie de se battre pour un batracien visqueux et globuleux ?

On préfère se laisser attendrir par de grands yeux de biche. C’est humain. Parfaitement irrationnel.


En 1896, Henri Menier, riche chocolatier français propriétaire de l’île d’Anticosti, a introduit 200 chevreuils sur ce territoire sauvage de 7943 kilomètres carrés, soit 17 fois la superficie de l’île de Montréal.

Ils sont maintenant près de 160 000…

Le biologiste François Lebel, responsable de la gestion du cerf de Virginie – le vrai nom du chevreuil – au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, a vécu presque deux ans à Anticosti. Il a vu les ravages causés par la surpopulation de l’animal.

« Il y a une perte de régénération forestière flagrante, une perte de biodiversité, d’insectes, d’oiseaux chanteurs. Certaines espèces ont disparu », énumère-t-il.

Les chevreuils d’Anticosti broutent les semis de sapin, ce qui provoque la disparition graduelle des sapinières. Autrement dit, ils broutent peu à peu leur propre habitat.

À long terme, la situation est intenable.


Elle l’est tout autant au parc Michel-Chartrand.

Là-bas aussi, le chevreuil détruit peu à peu son habitat. Et celui de toutes les autres espèces du parc.

Mais les yeux de biche.

Ils sont juste… trop nombreux.

Pourquoi ne pas plutôt s’inquiéter du sort des caribous de Val-d’Or, dont la harde ne compte plus que six membres ? Bientôt, ils auront disparu. On s’en fout. Loin des yeux, loin du cœur, à ce qu’il paraît.

Si au moins on pouvait dire que les Longueuillois s’étaient mobilisés pour sauver des animaux qu’ils aiment à force de les côtoyer tous les jours. Même pas.

Les trois individus accusés d’avoir proféré des menaces contre la mairesse n’habitent pas Longueuil.

Les citoyens du secteur, eux, se plaignent depuis des années de la surabondance de chevreuils, qui saccagent leurs cours arrière et causent des accidents routiers.

On ne les écoute pas davantage que les scientifiques.

On préfère écouter notre cœur.


Sous la pression de la foule sentimentale, donc, la Ville de Longueuil a opté pour une fausse solution : déplacer les 15 chevreuils.

Autant dire déplacer le problème.

Tous les biologistes s’entendent : c’est une mauvaise idée. Les cervidés risquent de transmettre des maladies et des parasites à d’autres populations. La moitié d’entre eux risquent de ne pas survivre à l’opération.

Mais le droit sacré à la vie.

Le plan, c’était que les bêtes soient endormies, puis euthanasiées. Elles seraient mortes doucement, sans même s’en rendre compte. La viande aurait été distribuée à des banques alimentaires, à la veille de Noël.

Grâce à de valeureux secouristes du dimanche, les chevreuils vont plutôt souffrir du stress d’un déplacement, avec de forts risques d’en mourir.

Mais Bambi.
https://www.lapresse.ca/actualites/2020-11-26/foule-sentimentale.php

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Même moi je les trouvent magnifiques parce qu’hyper décoratifs dans la nature. On les assimile d’ailleurs à un certain phénomène qui nous laisse croire que tout va pour le mieux dans notre environnement. Rien n’est pourtant plus faux.

Ces magnifiques cervidés se sont multipliés un peu partout sur le territoire grâce à des conditions favorisées par l’homme, qui font qu’on a totalement déstabilisé l’équilibre naturel dont dépend la santé de nos écosystèmes.

Or, puisque la forêt ne peut plus suffire à leur subsistance, ils doivent maintenant chercher leur nourriture en dehors de leur habitat naturel, pesant de tout leur poids sur un environnement qui n’est pas adapté pour les soutenir durablement. Causant au passage des dommages importants à l’agriculture, aux espaces verts dédiés à d’autres fonctions et bien sûr par leurs nombreux déplacements, causent de plus en plus de conflits et d’accidents en zones urbaines, comme en région.

Puisque c’est le comportement général de notre société qui a créé ce déséquilibre, c’est à nous de le corriger par des moyens adéquats et efficaces, en évitant de glisser dans un sentimentalisme puéril.

Qui s’émeut des veaux, des poulets ou des porcelets qu’on abat tous les jours pour notre consommation? Ne pas le faire deviendrait vite un problème de viabilité dans nos campagnes par manque d’espace. Pareil quand une espèce est obligée de déborder de son environnement naturel pour envahir d’autres écosystèmes.

Les animaux sont les cols bleus de la nature, chacun a un rôle à jouer dans la chaine alimentaire et a des prédateurs pour en contrôler le nombre fin de préserver l’équilibre naturel du territoire. Si par nos actions nous brisons cet équilibre, nous n’avons d’autre choix que de réparer nos erreurs, en en reconnaissant la nécessité élémentaire.

Je suis le premier à admirer la faune en nature et vouloir la protéger, puisque je suis un gars de plein air et de grands espaces. Cependant je suis bien conscient que l’action humaine à profondément dérangé l’harmonie du territoire, au point d’en menacer la survie à long terme. Il y a donc urgence de retourner à des principes de gestion durable, pas seulement en forêt, mais dans tous les habitats, qu’ils soient terrestres ou aquatiques. Et cela commence dans notre propre cour.

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On peut également rajouter l’Ile aux Hérons. C’est une île totalement isolée par les rapides qui abritent une flore diversifiée, comservée et menacée. Sur l’ile aux Chèvres, juste au nord, il y a la seule occurence connue d’une plante au Québec.

Toutefois, au début des années 2000, un cerf s’est rendu sur l’ile. On ne sait pas trop comment, probablement qu’il a marché du RécréoParc (j’en vois quelques fois) jusqu’à l’ile sur un pont de glace lors d’une journée particulièrement froide.

Maintenant, à chaque année, des chasseurs expérimentés ont l’autorisation d’en abattre parce qu’ils y en a beaucoup trop. Le nombre de cerfs / km2 est plus élevé que sur l’ile d’Anticosti. Ils font des ravages à la végétation de l’ile, qui doit être préservé.

Pourtant, je n’ai jamais vu personne s’y opposer, en fait je suis presque sur que les même personnes s’étant opposés ne savent pas où se trouve l’Ile aux Hurons.

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Une entreprise de Bécancour s’attend à traiter beaucoup plus d’électroménagers

Publié hier à 19 h 39

Rattrapage du mercredi 25 novembre 2020

Des électroménagers à l’usine de PureSphera à Bécancour

Photo : Radio-Canada

Dans quelques jours, un règlement forcera les fabricants d’électroménagers du Québec à s’assurer que leurs produits en fin de vie utile soient récupérés et revalorisés. L’entreprise PureSphera, qui se spécialise dans ce domaine, s’attend à être très occupée dans les mois à venir.

Dès le 5 décembre, les producteurs de gros appareils électroménagers seront soumis au principe de la responsabilité élargie des producteurs, en vertu du Règlement sur la récupération et la valorisation de produits par les entreprises. L’objectif est de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES).

L’entreprise PureSphera, située à Bécancour, est en mesure de récupérer entre 95 % et 97 % des composantes des électroménagers et compte continuer à s’améliorer pour s’approcher du 100 %, a expliqué son directeur général Mathieu Filion, en entrevue à l’émission En direct.

Les employés détruisent les gaz nocifs qui se trouvent dans les circuits réfrigérants et la mousse isolante. Ensuite, ils revalorisent la matière. Lorsque les appareils sont plutôt envoyés dans des sites d’enfouissement, le gaz finit par se libérer dans l’atmosphère.

Actuellement, PureSphera accueille entre 20 000 et 40 000 unités à recycler par année.

L’usine est conçue pour en traiter beaucoup plus, soit entre 120 000 et 150 000 par année.

Les électroménagers sont découpés à l’usine de PureSphera à Bécancour.

Photo : Radio-Canada

Avec le changement à la règlementation, Mathieu Filion s’attend à devoir embaucher des dizaines de personnes dans les prochains mois.

Il admet que le recrutement de la main-d’oeuvre est un défi depuis quelques années. Il pense que la mission environnementale de l’entreprise en incitera certains à venir y travailler.

L’usine de PureSphera à Bécancour fonctionne à 15 % de sa capacité.

Photo : Radio-Canada

Le directeur général de PureSphera est optimiste quant au positionnement de son entreprise. Il affirme que l’emplacement géographique de l’usine est un atout.

Le Centre-du-Québec, au niveau géographique, c’est très important. Pour le transport, c’est très bien, souligne Mathieu Filion. Il ajoute que la capacité de traitement de l’usine ainsi que son expertise en font aussi un très bon joueur dans l’industrie du recyclage d’électroménagers.

Habituellement, l’usine est particulièrement occupée dans la période des déménagements, l’été.
https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/en-direct/segments/entrevue/211204/puresphera-reglement-quebec-recyclage-recuperation-centre-du-quebec

Autonomie alimentaire

Québec veut doubler le volume de culture en serre d’ici cinq ans

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Avec l’adoption de différentes mesures, le gouvernement provincial souhaite faire passer la souveraineté alimentaire du Québec de 51 % à 56 % au cours des prochaines années, une augmentation de 10 %.

(Québec) Le gouvernement Legault franchit un pas de plus pour accroître l’autonomie alimentaire du Québec. Il présentera ce vendredi son plan visant à faire doubler le volume des aliments produits en serre d’ici cinq ans, a appris La Presse.

Publié le 27 novembre 2020 à 6h00

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Daphné Cameron
La Presse

Pour avoir droit à une aide de Québec, les entreprises devront axer leur production sur l’achat local.

Dotée d’un budget de 91 millions, la stratégie vise non seulement les grandes entreprises serricoles bien établies, mais aussi les petits agriculteurs qui allongent leur période de production grâce à l’utilisation de grands tunnels dans leurs champs. Des producteurs comme le maraîcher vedette Jean-Martin Fortier, qui sera d’ailleurs sur la colline Parlementaire aux côtés du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, pour participer à cette annonce.

Un nouveau programme a ainsi été créé pour les producteurs de fruits et légumes qui désirent allonger leur période de production dans le but de prendre de l’expansion sur le marché local en modernisant leurs installations existantes. L’aide financière pourra atteindre un maximum de 50 % des dépenses admissibles, jusqu’à concurrence de 50 000 $.

Rabais d’électricité

À l’autre bout du spectre, les grandes entreprises qui sont en mesure de prendre de l’expansion dans le marché des grandes chaînes d’alimentation pourront bénéficier d’une aide financière accordée sous la forme d’un remboursement sur leur facture mensuelle d’électricité pouvant atteindre 40 %. La condition est de faire un investissement d’au moins 3 millions.

Ces entreprises pourront vendre une portion de leurs récoltes à l’extérieur des frontières du Québec – dans une autre province, par exemple – mais il n’est pas question d’accorder une subvention si toute la production est destinée à l’exportation.

Un troisième programme destiné aux entreprises qui alimentent les marchés régionaux ou nationaux visera les projets d’au moins 100 000 $. L’objectif est d’augmenter les superficies et de moderniser les équipements existants. L’aide financière pourra atteindre un maximum de 50 % des dépenses admissibles, jusqu’à concurrence de 600 000 $.

Avec le dépôt de sa « stratégie de croissance des serres au Québec 2020-2025 – Pour une plus grande autonomie alimentaire », le gouvernement caquiste tient l’une de ses promesses électorales phares. Dans le contexte de la pandémie, il souhaite aussi s’en servir comme outil de relance économique.

Tarif préférentiel

Ce plan s’ajoute au projet de mise en place d’un tarif préférentiel de 5,59 cents le kilowattheure pour toutes les serres du Québec.

À l’heure actuelle, les serres qui consomment plus de 300 kWh ont droit à ce tarif pour la facture d’éclairage destinée à la photosynthèse, c’est-à-dire pour la lumière artificielle servant à la croissance des plantes.

Seulement une quinzaine d’entreprises se qualifient pour ce tarif. Le nouveau programme qui s’appliquerait également au chauffage est actuellement devant la Régie de l’énergie du Québec, qui doit trancher sous peu sur le dossier.

Le Québec compte 553 entreprises serricoles de fruits et de légumes. Selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), en 2018, elles totalisaient 123 hectares pour une valeur de 148 millions de dollars.

La culture en serre permettrait d’obtenir des rendements de cinq à dix fois supérieurs à la production en champ, estime le MAPAQ.

Avec l’adoption de différentes mesures, le ministre de l’Agriculture souhaite faire passer la souveraineté alimentaire du Québec de 51 % à 56 % au cours des prochaines années, une augmentation de 10 %. Le Québec étant un pays nordique, cette hausse passe nécessairement par l’ajout de superficies de serres.

Extension du réseau triphasé

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, annoncera aussi vendredi un nouveau programme de 15,2 millions afin de soutenir les projets qui nécessitent l’extension du réseau triphasé de distribution d’électricité. Plusieurs régions rurales ne sont pas desservies par ce réseau pourtant nécessaire pour l’utilisation de nouvelles technologies électriques comme celles utilisées dans les serres.

L’ITA volera de ses propres ailes

La dernière école d’État québécoise, l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA), volera désormais de ses propres ailes. Le ministre Lamontagne a déposé hier un projet de loi à l’Assemblée nationale visant à créer une nouvelle entité qui ne relèverait plus du MAPAQ, mais d’un conseil d’administration. Sa mission d’offrir la formation collégiale en agriculture sur les campus de La Pocatière et de Saint-Hyacinthe resterait la même, mais l’établissement d’enseignement profiterait d’une flexibilité accrue et d’une plus grande autonomie. « Le vaisseau amiral de la formation agroalimentaire au Québec fait face à des difficultés causées par un cadre institutionnel mal adapté à ses besoins. Actuellement, l’école doit fonctionner selon les mêmes règles qu’un ministère, ce qui nuit à sa flexibilité et à son développement. Le projet de loi que j’ai présenté aujourd’hui vise à corriger la situation », a déclaré jeudi le ministre.
https://www.lapresse.ca/affaires/2020-11-27/autonomie-alimentaire/quebec-veut-doubler-le-volume-de-culture-en-serre-d-ici-cinq-ans.php

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1 décembre 2020 | mise à jour le: 1 décembre 2020 à 07:30 Par: François CarabinMétro

GNL et tramway: la crédibilité du BAPE remise en question

Photo: Archives/Métro media

Des organismes remettent en question la crédibilité du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) en raison de ses prises de position dans les dossiers de GNL Québec et du tramway dans la Capitale-Nationale.

«Le BAPE mérite mieux que la mauvaise comédie qui nous a été servie jusqu’à présent.»

La phrase conclut une lettre envoyée récemment à Philippe Bourke, président de l’organisme d’évaluation environnementale. Signée par cinq groupes, dont La Planète s’invite au Parlement et le Mouvement Québec indépendant (MQI), elle déplore l’attitude du BAPE dans l’étude du projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

«Nous avons le sentiment que le processus actuel est vicié à sa base même: refus d’étudier l’ensemble des GES qui sont cruciaux dans le débat sur la crise climatique, refus d’agir sur la division artificielle du projet en deux maillons qui ne sont pas viables l’un sans l’autre, restriction de la parole citoyenne», ajoute-t-on.

En octobre dernier, les cinq mêmes organismes avaient effectué une sortie fracassante pour exiger le départ immédiat du président de la commission du BAPE sur GNL, Denis Bergeron. À leurs yeux, les liens passés de M. Bergeron avec l’industrie pétrochimique le disqualifiaient de ce poste.

Le président du BAPE avait refusé d’accéder à leur demande.

Et le tramway?

La fondatrice du MQI, Martine Ouellet, qui a également été ministre des Ressources naturelles sous Pauline Marois, ne s’en voit pas découragée. Elle ajoute d’ailleurs à ses doléances la gestion du BAPE sur le réseau structurant de Québec.

Selon elle, l’organisme fait preuve d’«inconstance» et d’«incohérence». «Dans le dossier du Tramway, les commissaires refusent de prendre position car ils veulent encore plus d’études», s’insurge-t-elle.

«Où est la gouverne de cette institution qui fait même des envieux à travers le monde?» – Martine Ouellet

Au début du mois, le BAPE avait demandé aux promoteurs du tramway de retourner à la table à dessin. Ils arguaient notamment que toutes les options modales n’ont pas été étudiées et que le tracé actuel ne rejoint pas suffisamment les banlieues.

L’équipe des communications de l’organisme a refusé de commenter les propos de ces cinq groupes, lundi.

Le rapport du BAPE sur GNL Québec doit, lui, atterrir sur le bureau du ministre de l’Environnement en janvier prochain au plus tard.
https://journalmetro.com/actualites/national/2584268/gnl-et-tramway-la-credibilite-du-bape-remise-en-question/

Projet gazier au Saguenay et en Abitibi

Les Québécois ont peu d’appétit pour GNL Québec, selon un sondage

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Des militants de Greenpeace ont installé en octobre dernier une banderole qui affiche l’immense slogan « NON GNL » au sommet d’un bâtiment en construction sur le site du campus MIL de l’Université de Montréal.

Faible appui populaire. Refus d’y injecter des fonds publics. GNL Québec, le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel au Saguenay et d’un gazoduc traversant l’Abitibi, le Lac-Saint-Jean et le Saguenay pour l’alimenter, n’obtient pas l’approbation de la population québécoise, démontre un sondage.

Publié le 2 décembre 2020 à 0h00

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Jean-Thomas Léveillé
La Presse

Seule une minorité de Québécois se dit favorable au projet gazier GNL Québec et une majorité s’oppose à ce que le gouvernement y injecte de l’argent, révèle un sondage mené par la firme Léger pour le compte d’une coalition d’organisations environnementales.

Les Québécois sont 46 % à se dire défavorables à la construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel sur la rive du Saguenay et d’un gazoduc traversant l’Abitibi, le Lac-Saint-Jean et le Saguenay pour l’alimenter.

L’opposition est particulièrement marquée chez les étudiants, à 68 %, chez les jeunes de 18 à 24 ans (60 %) et chez les répondants qui avaient entendu parler du projet gazier (52 %).

À l’opposé, 34 % des répondants se disent favorables au projet, notamment chez les gens effectuant un travail manuel, où l’approbation grimpe à 48 %.

Les hommes sont presque deux fois plus nombreux que les femmes à approuver le projet, dans une proportion de 44 % contre 24 %.

« C’est un projet qui semble avoir le vent dans le visage », résume le vice-président exécutif de Léger, Christian Bourque.

Ceux qui ont déjà une opinion défavorable de GNL Québec sont peu susceptibles de changer d’avis, si bien que c’est uniquement dans les quelque 20 % d’indécis que le projet peut espérer gagner des appuis, explique le sondeur. « Une fois qu’on n’aime plus quelqu’un, c’est difficile de l’aimer à nouveau », souligne Christian Bourque.

Pas de fonds publics

De plus, 54 % des Québécois sont opposés à ce que le gouvernement investisse des deniers publics dans le projet GNL Québec, démontre aussi le coup de sonde, qui a été mené du 20 au 22 novembre pour les organisations Nature Québec, Équiterre, Greenpeace, Eau Secours, la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) et le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ).

Seulement 28 % des Québécois sont au contraire favorables à ce que le gouvernement participe financièrement au projet ; là encore, les hommes davantage que les femmes.

Les 65 ans et plus sont particulièrement contre cette idée, à 62 %, au même titre que les étudiants et les 18-24 ans, à 66 %.

« Quand les jeunes générations ne vous appuient pas, ce sont d’autres indicateurs que la partie est loin d’être gagnée », commente Christian Bourque, évoquant la forte mobilisation de cette frange de la société.

Il souligne également que l’opposition à GNL Québec est plus forte chez les francophones, un électorat important pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), que chez les non-francophones.

Pas d’acceptabilité sociale

Le sondage est « un signal très clair » que « la population québécoise est contre le projet [GNL Québec] et particulièrement contre l’idée d’y investir de l’argent public », a déclaré à La Presse Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.

Elle rappelle que les audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) du Québec, plus tôt cet automne, ont généré une « participation historique » où « 80 % des présentations étaient contre le projet ».

Il n’y a aucune acceptabilité sociale au Québec pour ce projet-là.

Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec

Le gouvernement Legault répète qu’il attendra le rapport du BAPE avant de décider s’il permet au projet d’aller de l’avant, ce que salue Nature Québec.

En revanche, il devrait « dès aujourd’hui » fermer la porte à une aide financière publique, affirme Alice-Anne Simard, ajoutant que ça pourrait amener GNL Québec à abandonner le projet.

« C’est un projet qui a énormément de difficultés financières », dit-elle, rappelant que le principal investisseur, le fonds Berkshire Hathaway du milliardaire Warren Buffett, s’en est retiré plus tôt cette année.

« Ce genre de projets d’énergie fossile, ça ne passe pas au Québec, assène-t-elle. Et ça passe encore moins quand on utilise de l’argent public pour les maintenir artificiellement en vie, alors qu’il n’y a pas de rentabilité. »

Méthodologie

Le sondage a été réalisé par la firme Léger du 20 au 22 novembre 2020, sur le web, auprès de 1000 Québécoises et Québécois de 18 ans ou plus et pouvant s’exprimer en français ou en anglais. Les résultats ont été pondérés selon le sexe, l’âge, la langue maternelle, la région, le niveau d’éducation ainsi que la présence d’enfants dans le ménage à l’aide des données de Statistique Canada, afin de rendre l’échantillon représentatif de l’ensemble de la population, explique Léger. À titre comparatif, la marge d’erreur maximale pour un échantillon de 1000 répondants est de ± 3,1 %, et ce, 19 fois sur 20.
https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2020-12-02/projet-gazier-au-saguenay-et-en-abitibi/les-quebecois-ont-peu-d-appetit-pour-gnl-quebec-selon-un-sondage.php

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La firme WSP réalise sa plus grosse prise : 1,5 milliard

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Selon le président et chef de la direction de WSP Alexandre L’Heureux, cette transaction devrait engendrer la création de la « plus importante société mondiale de services-conseils en environnement ».

(Montréal) Alors que le thème de la relance verte a la cote à travers le monde, la firme de services d’ingénierie WSP Global accroît sa présence dans le secteur de l’environnement en mettant la main sur l’ontarienne Golder pour environ 1,5 milliard en espèces.

Publié le 3 décembre 2020 à 9h25 Mis à jour à 14h34

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

En plus de représenter la plus importante acquisition réalisée jusqu’à présent par la multinationale québécoise, cette transaction, annoncée jeudi, entraînera la création de la « plus importante société mondiale de services-conseils en environnement », a dit son président et chef de la direction, Alexandre L’Heureux.

« Je considérais qu’il y avait un trou béant parce qu’il n’y avait pas de joueur dominant qui pouvait prendre cette place alors que ce thème continuera à prendre de l’ampleur, a-t-il expliqué dans le cadre d’une entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne. On transforme l’organisation. »

À la Bourse de Toronto, la transaction a été saluée par les investisseurs, puisque l’action de la compagnie établie à Montréal a touché un nouveau sommet de 112,80 $. Le titre a terminé à 108,04 $, en hausse de 11,6 %, ou 11,25 $..

WSP est la plus importante firme d’ingénierie au pays en ce qui a trait à la valeur boursière, qui oscille aux alentours de 12,5 milliards.

À la clôture de la transaction, prévue au deuxième trimestre l’an prochain, 14 000 des 54 000 employés de l’entreprise seront dédiés au secteur de l’environnement, qui représentera le quart de ses revenus de 8 milliards, un objectif du plan stratégique. L’ajout de Golder permettra à WSP d’offrir à la fois des services-conseils ainsi que de participer à la conception de projets de développement durable comme les sciences de la terre, l’assainissement des eaux et la restauration de sites, notamment.

Cette prise survient au moment où le développement durable se retrouve au cœur des plans de relance sur lesquels tablent les gouvernements à travers le monde pour permettre à l’économie de se relever de la crise sanitaire.

« Le moment ne pouvait pas être mieux choisi pour WSP et une compagnie québécoise de prendre une place de leader comme on le fait », a dit M. L’Heureux.

Quatre ans de préparation

Fondée en 1960, Golder, établie à Mississauga, offre des services d’ingénierie dans des secteurs comme l’environnement, les mines, le domaine pétrolier et gazier ainsi que l’énergie et les infrastructures. Elle est présente dans 30 pays et ses 7000 employés sont répartis dans 155 bureaux. En date du troisième trimestre, elle avait généré des revenus de 1,05 milliard.

Les échanges entre les deux compagnies ont débuté il y a quatre ans et les pourparlers se sont intensifiés vers le début du mois de septembre.

Dans l’ensemble, les analystes ont accueilli favorablement la transaction. Sabahat Khan, de RBC Marchés des capitaux, a estimé qu’il s’agissait d’une « bonne acquisition qui répondait à tous les critères ».

Le secteur environnemental de WSP devient le deuxième en importance derrière les transports et les infrastructures, qui représentent 47 % des revenus, et devant les immeubles et les bâtiments, à 21 %.

« L’acquisition confère à WSP une position de premier plan pour capitaliser sur les critères ESG et les tendances du marché environnemental évalué 1200 milliards US », a écrit dans une note l’analyste Mona Nazir, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

Autrefois connue sous le nom de Genivar, l’entreprise avait mis la main sur la britannique WSP en 2012 pour ensuite adopter le nom de cette firme. Au fil des ans, elle a multiplié les acquisitions pour alimenter sa croissance. Elle avait notamment allongé 1,4 milliard en 2014 pour acheter la firme américaine Parsons Brinckerhoff.

Nouveaux investisseurs

La transaction sera financée par l’entremise de placements privés ainsi que par voie d’endettement. GIC Private Limited, l’un des plus importants fonds souverains à travers le monde, et British Columbia Investment Management Corporation, participent au montage.

Les deux principaux actionnaires de WSP demeureront l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada et la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui détiennent actuellement 18,6 % et 18 % des titres en circulation.

Cette acquisition de Golder — qui est détenue par ses employés — est assujettie aux conditions de clôture habituelles. Une assemblée extraordinaire est prévue à la mi-janvier. Près de 99 % des actionnaires de la firme ontarienne qui détiennent 82,8 % des actions soutiennent l’arrangement.https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2020-12-03/la-firme-wsp-realise-sa-plus-grosse-prise-1-5-milliard.php

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