Énergies renouvelables (hydraulique, éolienne, solaire, etc.)

Maisons et entreprises Les subventions pour panneaux solaires sont arrivées

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Hydro-Québec promet une aide de 1000 $ par kilowatt installé, jusqu’à concurrence de 40 % des coûts des panneaux.

Vous comptez installer des panneaux solaires sur le toit de votre maison ou de votre entreprise ? Depuis jeudi, les clients d’Hydro-Québec peuvent soumettre une demande pour obtenir un appui financier à cet effet.

La subvention, annoncée par Hydro-Québec en août 2024, est deux fois plus généreuse que ce qui avait été estimé au départ.

La société d’État promet une aide de 1000 $ par kilowatt installé, jusqu’à concurrence de 40 % des coûts des panneaux. En moyenne, cela peut représenter entre 5000 $ et 6000 $ pour un client résidentiel, et environ 45 000 pour une entreprise. Attention : elle n’inclut pas le coût de l’installation.

« L’objectif est d’aider les clients d’Hydro-Québec qui souhaitent devenir autoproducteurs à réduire la période de retour sur investissement », a déclaré Hydro-Québec par voie de communiqué, jeudi.

À l’heure actuelle, un client avec un système photovoltaïque sur son toit obtient un retour sur son investissement après 25 ans, voire 30 ans. Avec la subvention, cette durée pourrait être réduite à environ 10 à 12 ans, estime Hydro-Québec.

Les clients résidentiels peuvent soumettre leur demande sur la plateforme LogisVert, tandis que la clientèle d’affaires peut le faire via l’outil OSE du programme Solutions efficaces.

L’été dernier, La Presse avait rencontré trois Québécois ayant fait installer un système de panneaux solaires sur leur maison, qui estiment économiser plusieurs centaines de dollars par mois sur leur facture d’électricité.

Le «courage» de retarder des tests éoliens salué

Les zones visées par ces tests éoliens sont des territoires naturels et récréotouristiques dans l’arrière-pays, plus précisément près des terrains de la Zec Lac-au-Sable, du Mont Grand-Fonds et de trois pourvoiries. (Andrew Vaughan/Archives La Presse Canadienne)

«Une étape préliminaire, sans engagement quant à la réalisation d’un projet» éolien a fait lever les boucliers dans Charlevoix-Est. Hydro-Québec souhaitait installer des instruments de mesure, mais la MRC leur a demandé «de reculer».

En février, des demandes de permis ont été déposées par Hydro-Québec auprès du ministère des Ressources naturelles et des Forêts afin d’installer quatre mâts de mesure de vent en 2026 dans la région.

«Hydro-Québec a un projet potentiel pour nous. Ils ont des mâts de mesures à installer et ils se réfèrent à notre schéma d’aménagement. Le ministère nous a demandé si le positionnement des mâts est conforme à notre schéma», explique le maire de La Malbaie et préfet de Charlevoix-Est, Michel Couturier.

La réponse simple: oui, le positionnement des mâts est conforme au schéma, admet M. Couturier. Toutefois, «l’enjeu» soulevé par cette demande d’Hydro-Québec «va au-delà» du schéma d’aménagement, souligne le préfet.

Les zones visées par ces tests éoliens sont des territoires naturels et récréotouristiques dans l’arrière-pays, plus précisément près des terrains de la Zec Lac-au-Sable, du Mont Grand-Fonds et de trois pourvoiries.

Le territoire de la Zec Lac-au-Sable est situé dans l’arrière-pays de Clermont et de La Malbaie. (Zec Lac-au-Sable)

«C’est pas dans le fin fond des Terres du Séminaire de Québec», comme le projet Des Neiges dans la MRC de Charlevoix, signale M. Couturier.

Il mentionne que les MRC sont obligées d’identifier des territoires compatibles au développement éolien dans leur schéma d’aménagement. Or, Charlevoix-Est est en processus de refonte de son schéma.

«On leur a demandé de prendre le temps et de reculer un peu, le temps qu’on travaille avec notre milieu et nos gens le temps de refaire notre schéma. On veut profiter du moment pour parler de tout ça», soutient le maire Couturier.

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Il mentionne que les MRC sont obligées d’identifier des territoires compatibles au développement éolien dans leur schéma d’aménagement. Or, Charlevoix-Est est en processus de refonte de son schéma.

«On leur a demandé de prendre le temps et de reculer un peu, le temps qu’on travaille avec notre milieu et nos gens le temps de refaire notre schéma. On veut profiter du moment pour parler de tout ça», soutient le maire Couturier.

Le maire de La Malbaie et préfet de Charlevoix-Est, Michel Couturier. (Félix Lajoie/Archives Le Soleil)

Ce dernier précise qu’il n’est «pas vendu au oui ou au non» face à un tel projet. La décision du conseil des maires reflète une volonté d’écouter la communauté et de ne pas créer de clivage, selon lui.

«Comme élu, mon devoir c’est d’analyser le dossier pour voir les intérêts pour notre communauté. L’intérêt pécuniaire est là, mais on n’est pas à genoux non plus face aux redevances, par rapport à la richesse naturelle de notre territoire», ajoute le préfet.



Une «zone industrielle»

«On salue cette décision quand même courageuse des élus de ralentir le processus et de prendre le temps de bien faire les choses», réagit le directeur de Tourisme Charlevoix, Mitchell Dion.

Le directeur général de Tourisme Charlevoix, Mitchell Dion. En arrière-plan, les bureaux de l’organisme, situés à La Malbaie. (Félix Lajoie/Le Soleil)

«Quand on travaille des projets à long terme comme ça, c’est nécessaire de bien se poser, de réfléchir et d’écouter les parties impliquées pour déterminer ce qu’on veut vraiment pour l’avenir de Charlevoix», poursuit-il.

Le directeur général du Mont Grand-Fonds, Sébastien Tremblay, est catégorique. Un développement éolien à proximité des pistes de ski alpin et des sentiers de ski de fond n’est aucunement souhaitable.

«Le secteur peut paraître grand, mais il ne l’est pas. C’est un secteur récréotouristique majeur pour la région, qui risque de devenir une zone industrielle. On oublie les sentiers de motoneige et de ski de fond», s’alarme M. Tremblay.

Non seulement la présence d’éoliennes pourrait réduire les activités de la montagne et son attractivité, mais le travail d’aménagement en amont du projet risque «de dénaturer» l’endroit, affirme-t-il.

Tout comme M. Tremblay, le président de la Zec Lac-au-Sable, Francis Gravel, se réjouit de la décision du conseil des maires. Il signale cependant que «la bataille n’est pas gagnée pour autant».

«Notre territoire, par rapport au vent et aux montagnes, il va toujours y avoir un potentiel éolien qui va persister», mentionne M. Gravel.

Un développement dans la Zec serait «dévastateur», soutient le président. L’aménagement d’éoliennes viendrait «fragmenter» le territoire, nuire à l’attractivité des centaines de chalets et de terrains de camping, à la chasse et à la pêche, ainsi qu’à la protection de la faune et de la flore, selon lui.

«À la rencontre du milieu»

Hydro-Québec soutient que l’installation de mats de mesure est simplement «une étape préliminaire, sans engagement quant à la réalisation d’un projet».

La Zec Lac-au-Sable offre plusieurs activités, comme la chasse, la pêche, le camping et la randonnée. (Zec Lac-au-Sable)

«À ce stade‑ci, aucun projet n’est à l’étude et plusieurs étapes demeurent nécessaires avant de pouvoir confirmer — ou non — la faisabilité d’un projet. Notre compréhension du secteur est encore préliminaire: aucune localisation précise, configuration, nombre d’éoliennes ou capacité en mégawatts n’est défini à ce stade», assure la porte-parole d’Hydro-Québec, Paule Veilleux-Turcotte.

Alors que le processus réglementaire pour l’aménagement de mats de mesure passe par le ministère des Ressources naturelles, la société d’État affirme qu’elle a entamé des consultations qui «s’inscrivent dans une démarche appelée à se poursuivre».

«Hydro‑Québec a voulu aller à la rencontre du milieu dès cette étape exploratoire afin d’échanger avec les parties concernées et de tenir compte des usages, notamment auprès de la MRC de Charlevoix-Est, le Mont Grand-Fonds ainsi que la Zec Lac-au-Sable», mentionne Mme Veilleux-Turcotte.

«Un manque de cohérence»

Le collectif d’élus et d’ex-élus, Vent d’élus, croit que cette situation représente le «manque de cohérence» et de transparence qui affecte le développement du secteur éolien du Québec.

«C’est toujours à la pièce, c’est la même façon d’opérer partout: les informations sortent un projet à la fois», soutient la présidente du collectif, Rachel Fahlman.



«On se demande encore une fois: qu’est-ce qui se passe? S’il y a une stratégie à quelque part, on n’est pas au courant», ajoute-t-elle.

Vent d’élus milite activement pour la mise en place d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) générique sur le développement éolien au Québec.

«Ça permettrait de prendre les bonnes décisions et mettre la lumière sur tout ce développement qui se fait à vitesse grand V à l’échelle du Québec», affirme Mme Fahlman.

Mardi, lors de la période de questions des journalistes en marge de l’annonce officielle du lancement de projet Des Neiges – Secteur Charlevoix, le premier ministre François Legault a balayé du revers de la main la tenue d’un BAPE générique.

La construction d’éoliennes dans Montmagny a besoin de bras

Une cinquantaine d’éoliennes seront érigées d’ici deux ans dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Montmagny. Déjà, le déboisement va bon train, mais la construction des structures nécessite près de 500 emplois à combler rapidement dans une région où la main-d’œuvre est vieillissante et les projets éoliens nombreux dans la province.

Claude Bernier hésite avant de dévoiler le nombre d’années d’expérience qu’il a accumulées comme arpenteur. Ça fait au-delà de 50 ans que je fais de l’arpentage tout partout. D’habitude, je perds mon emploi quand je dis ça, confie-t-il.

Comme plusieurs autres personnes, des hommes pour la plupart, Claude Bernier est venu offrir ses services jeudi soir au salon de l’emploi organisé à Notre-Dame-du-Rosaire par la Chambre de commerce et d’industrie de la MRC de Montmagny.

Le tout, en collaboration avec Kruger Énergie, l’entreprise privée qui a initié le projet éolien de Saint-Paul-de-Montminy, dont la construction a été autorisée le 4 février dernier par le ministère de l’Environnement.

Le projet éolien de Saint-Paul-de-Montminy comprend 28 éoliennes installées dans trois municipalités.

Photo : Courtoisie / Kruger

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L’arpenteur serait heureux de pouvoir enfin trouver du boulot dans la région. Au lieu d’aller au bout du monde, comme j’ai toujours fait, ce serait plaisant de rester ici, explique celui qui a dû s’éloigner jusqu’à Thunder Bay ou Fermont pour gagner sa vie.

Claude Bernier espère se trouver un emploi comme arpenteur.

Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond

Malgré ses craintes liées à son âge, l’homme pourra peut-être se trouver un emploi facilement. Nicolas Corriveau, superviseur pour l’entreprise Transport M. Bélanger & fils inc., mise d’ailleurs sur une main-d’œuvre retraitée si la compagnie de transport pour laquelle il travaille arrive à décrocher un contrat cet été.

Il y a peut-être du monde qui sont prêts à sortir de leur retraite pour venir donner un petit coup de main à aller jusqu’au mois de novembre, je pense que ça peut nous aider, avance-t-il.

Beaucoup d’emplois à combler d’ici mai

Le temps commence à presser. Les deux parcs éoliens de la MRC de Montmagny, ceux de la forêt Domaniale et de Saint-Paul-de-Montminy, verront le jour au même moment et nécessitent quelque 500 travailleurs pour une période de deux ans.

Lorsque sa construction sera terminée, le projet éolien de Saint-Paul-de-Montminy n’embauchera que de trois à cinq employés permanents destinés à la maintenance, selon le rapport d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

C’est un certain stress, oui, parce qu’il va y avoir plusieurs projets éoliens en même temps, mais on fait avec. On va finir par trouver les gens qu’on a besoin, estime Patrick Beaumont, directeur de projet pour Borea Construction.

Le salon de l’emploi pour le projet éolien de Saint-Paul-de-Montminy se tenait au centre communautaire de Notre-Dame-du-Rosaire.

Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond

Cette filiale de Pomerleau Construction, spécialisée dans les énergies renouvelables, est l’entrepreneur général responsable de la construction des deux projets éoliens. En plus de trouver des travailleurs comme des cimentiers, des grutiers, des manœuvres et des monteurs, il faudra aussi les loger.

Il y a des gens qui vont s’en venir de Québec ou de la Gaspésie, pour un mois, deux mois, [il] faut qu’ils mangent, [il] faut qu’ils se douchent, illustre Nicole Robert, directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de la MRC de Montmagny.

Ça va nous prendre plus qu’une paire de bras si on veut arriver à desservir tous ces gens-là.

Une citation de Valérie Lapointe, propriétaire du restaurant À la rive à Montmagny

Valérie Lapointe et Mathieu Labrecque sont des restaurateurs de la région qui souhaitent anticiper les besoins entourant l’arrivée des travailleurs.

Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond

Des citoyens préoccupés

Le salon de l’emploi se tenait juste avant une rencontre d’information menée par Kruger pour répondre aux questions des citoyens, alors que les bûcheuses sont à l’œuvre dans la région depuis plusieurs semaines. Le ministère de l’Environnement demande que les arbres soient coupés avant que les oiseaux aient le temps d’y faire leur nid.

Les préoccupations concernent surtout le déboisement, concède Simon Bélanger, directeur du développement durable et des relations communautaires chez Kruger Énergie, qui avait aussi tenu une séance d’information similaire la veille, à Saint-Paul-de-Montminy.

Le déboisement à Notre-Dame-du-Rosaire doit être terminé le 15 avril 2026.

Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond

Comme beaucoup des gens du Rosaire, on a pris une claque quand on a vu les travaux dans la 283. […] Moi, j’avoue que j’aurais dû m’informer et j’ai failli à mon devoir de citoyen, s’est désolée au micro Marie-Claude Bouillon, une citoyenne.

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C’est que le projet, qui a reçu l’aval du ministère de l’Environnement en février, n’en est plus aux étapes de consultation, dont certains citoyens affirment n’avoir pas eu connaissance, et ce, même si l’entreprise a tenu, au fil des ans, plusieurs rencontres.

Dans le rapport d’enquête et d’audiences publiques délivré par le BAPE en octobre dernier, on peut lire que l’entreprise a effectivement organisé des rencontres publiques, consulté les communautés locales et autochtones, et mis en place un groupe de travail avec les riveraines et riverains de certains lacs.

Il note toutefois qu’elle n’a pas ciblé les résidentes et résidents potentiellement touchés plus directement par les effets du projet avant l’avis de projet et l’étude d’impact.

Je suis désolé de vous dire, mais ce projet a été approuvé, a répondu Jean-Robert Poulin, directeur principal du développement chez Kruger Énergie, aux citoyens présents jeudi soir au centre communautaire de Notre-Dame-du-Rosaire.

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Hydro-Québec reçoit 60 projets d’énergie solaire dans le cadre de son appel d’offres

(Montréal) Hydro-Québec a reçu 60 soumissions dans le cadre du premier appel d’offres lancé pour des parcs solaires. La société d’État devra faire des choix, puisque les propositions dépassent le maximum de 300 mégawatts (MW) prévu pour ce processus.

Hydro-Québec a lancé cet appel d’offres le 6 mai 2025. Les 60 soumissions présentées totalisent 481 MW et sont réparties dans 14 régions administratives du Québec.

Dans le cadre de ce processus, les parcs solaires proposés doivent avoir une puissance installée d’au plus 25 MW et doivent pouvoir être raccordés au réseau de distribution d’ici 2029.

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2026-04-15/hydro-quebec-recoit-60-projets-d-energie-solaire-dans-le-cadre-de-son-appel-d-offres.php

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Filière solaire | Hydro-Québec augmente son exposition au soleil

La société d’État veut faire plus de place au solaire. Des dizaines de projets lui ont été soumis. Bon choix, la filière solaire ?

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Filière solaire Hydro-Québec augmente son exposition au soleil

La société d’État veut faire plus de place au solaire. Des dizaines de projets lui ont été soumis. Bon choix, la filière solaire ?

L’énergie solaire débarque sur les toits

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Le coût de l’énergie solaire est estimé par Hydro-Québec entre 8 et 10 cents le kilowattheure.

L’énergie solaire a connu un développement fulgurant partout dans le monde, et elle fait une entrée tardive au Québec, où 60 projets de parcs solaires viennent d’être soumis à Hydro-Québec dans le cadre d’un premier appel d’offres réservé à cette filière.

Le coût de production de ces projets répartis à travers le Québec n’a pas été rendu public, mais Hydro-Québec estime que le coût des panneaux solaires a suffisamment baissé au cours des dernières années pour rendre cette filière compétitive avec les autres formes d’énergie renouvelable, dont l’éolien.

Le coût de l’énergie solaire est estimé par Hydro-Québec entre 8 et 10 cents le kilowattheure.

La société d’État estime que la filière solaire est un complément qui lui permettra de diversifier sa production d’énergie. « En comptant sur une production photovoltaïque, Hydro-Québec pourra utiliser l’eau de ses réservoirs afin de la turbiner au moment opportun », a expliqué son porte-parole Cendrix Bouchard.

Le meilleur choix ?

La filière solaire n’est peut-être pas le meilleur choix pour le Québec, estiment pourtant plusieurs experts. « Ça ne règle pas le problème principal du réseau, qui est la gestion de la pointe », résume Louis Beaumier, directeur exécutif de l’Institut de l’énergie Trottier.

Le soleil est bien présent au Québec en hiver, mais il est absent lorsque le réseau électrique est le plus sollicité, soit le matin et le soir lors des périodes de grands froids. Il faudrait pouvoir stocker cette énergie pour s’en servir au besoin, mais l’association des parcs solaires à des installations de stockage ne fait pas partie de l’appel d’offres d’Hydro-Québec.

Selon Louis Beaumier, ce n’est pas la technologie solaire qui est en cause, mais son utilité dans le contexte énergétique québécois. Ce n’est peut-être pas l’option la moins coûteuse ni la plus pertinente, dit-il.

« On va confier ça au secteur privé, qui ne voudra pas prendre de risques et qui va vouloir obtenir un rendement intéressant. Au final, est-ce que ça vaut le coût ? s’interroge-t-il. On ne le sait pas parce qu’on n’a pas l’information. »

Hydro-Québec n’a pas seulement des problèmes avec la demande de pointe, souligne de son côté Mark Perreault, de Rematek Énergie, un distributeur de panneaux solaires.

« Il y a aussi un problème de disponibilité de l’énergie, et c’est la raison pour laquelle Hydro-Québec a un plan pour doubler sa production », dit-il.

Partout au Québec

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« Il y a aussi un problème de disponibilité de l’énergie, et c’est la raison pour laquelle Hydro-Québec a un plan pour doubler sa production », dit-il.

Idéalement, la production solaire devrait être associée à des installations de stockage pour réduire la pression sur le réseau d’Hydro-Québec. « C’est ce qu’on recommande », dit Mark Perreault, qui estime que ce premier appel d’offres de 300 mégawatts réservé à la filière solaire est néanmoins un bon début.

L’objectif d’Hydro-Québec est de pouvoir compter sur 3000 mégawatts d’énergie solaire en 2035. Un programme de subvention à l’achat et à l’installation de panneaux solaires à l’intention des clients résidentiels et commerciaux vient aussi d’être lancé dans le but de contribuer à cet objectif, pour un coût inconnu1.⁠

Partout au Québec

Les 60 propositions reçues par Hydro-Québec sont réparties à travers la province, mais Montréal et ses alentours récoltent la part du lion. L’entreprise ontarienne Dream Industrial, propriétaire de plusieurs bâtiments industriels dans la province, a soumis 20 des 60 projets, tous à Montréal et dans ses environs.

Saint-Laurent, Dorval et Pointe-Claire sont notamment parmi les sites ciblés par des promoteurs pour accueillir les futurs parcs solaires sur les toits de plusieurs bâtiments industriels.

La possibilité de voir apparaître des panneaux solaires sur les toits de son arrondissement réjouit le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa. « On a la plus grande concentration de toits plats sur l’île de Montréal », souligne-t-il lors d’un entretien avec La Presse.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, ARCHIVES LA PRESSE

Alan DeSousa, maire de l’arrondissement de Saint-Laurent

Il rappelle que l’arrondissement a modifié sa réglementation en 2015 pour encourager l’installation de panneaux solaires sur ces toits, qui sont des îlots de chaleur. « On est dans la game depuis longtemps », dit-il.

Parmi les 60 projets soumis, les plus importants sont situés sur la Côte-Nord, en Outaouais et en Estrie.

Les projets soumis totalisent 481 mégawatts. Hydro-Québec fera un choix parmi ces projets pour un total de 300 mégawatts. La société d’État se donne jusqu’au début de 2027 pour faire l’analyse et le choix des soumissions. Les parcs solaires qui seront construits doivent avoir une puissance maximale de 25 mégawatts et être raccordés au réseau de distribution d’ici 2029.

Cet appel d’offres est le tout premier qui était réservé exclusivement par Hydro-Québec à la filière solaire. Précédemment, les projets solaires soumis dans le cadre des appels d’offres ouverts à toutes les formes d’énergies renouvelables n’ont pas réussi à s’imposer par rapport aux projets éoliens, dont le coût de production est moins élevé.

1. Lisez l’article « Les subventions pour panneaux solaires sont arrivées » Consulter la liste des soumissions

Les avantages et les inconvénients du solaire

L’appel d’offres d’Hydro-Québec pour l’achat de 300 mégawatts d’énergie solaire pourrait mettre à contribution les nombreux toits plats de la région montréalaise, mais la filière n’a pas que des avantages. Voici quelques avantages et inconvénients de cette façon de produire de l’énergie.

Avantage : une installation rapide

L’énergie solaire a l’avantage de pouvoir être mise à contribution rapidement, soit dans un délai aussi court que 18 mois pour un parc solaire, comparativement à un minimum de trois ans pour un parc éolien. Les panneaux solaires installés sur les toits des immeubles existants produisent de l’électricité à un coût plus élevé que celui des parcs solaires de 25 mégawatts, selon les données de l’industrie. Ce désavantage est compensé par le fait que l’électricité est produite près des lieux de consommation et ne s’ajoute pas aux charges du réseau de transport et de distribution.

Inconvénient : une énergie intermittente

Comme le vent qui ne souffle pas tout le temps, le soleil brille seulement un certain nombre d’heures par jour. La production solaire est aussi influencée par la présence de nuages et peut être inexistante en cas de mauvais temps prolongé. Pour cette raison, la rentabilité de l’énergie solaire n’est pas assurée au Québec, où le prix de l’électricité est peu élevé. Un système solaire résidentiel ne sera pas rentable au Québec avant plusieurs années, selon l’Office national de l’énergie, même si le coût des installations continue de baisser et le coût de l’électricité continue d’augmenter.

Avantage : un potentiel inexploité

L’énergie solaire n’est pas une option aussi intéressante pour le Québec que pour des endroits plus ensoleillés comme la Californie ou l’Arabie saoudite. Le potentiel solaire de la province est toutefois supérieur à celui de l’Allemagne, et le réseau électrique allemand intègre 80 000 mégawatts d’énergie solaire. La production solaire moyenne au Québec est estimée entre 1000 kilowattheures et 1350 kilowattheures par année, ce qui se compare à celle de l’Ontario, mais cela est inférieur à celle de Tokyo ou de la Californie, selon Hydro-Québec. Ce potentiel est encore inexploité au Québec, où seuls deux petits parcs solaires construits par Hydro-Québec à titre de projets pilotes sont en exploitation.

Inconvénient : des panneaux faits en Chine

Il ne faut pas s’attendre à ce que l’entrée d’Hydro-Québec dans la filière solaire se traduise par des retombées industrielles importantes. La majorité des panneaux solaires sont fabriqués en Chine et l’équipement des futurs parcs solaires devra être presque entièrement importé. Les quelques expériences de production locales déjà tentées n’ont pas eu de succès. L’essor de la production chinoise a toutefois contribué à faire baisser le coût des panneaux et des composants des parcs solaires. Entre 2010 et 2017, les coûts d’installation d’un parc solaire ont diminué de 70 %.

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Démystifier l’économie /Des panneaux solaires flottants pour Hydro-Québec ?


PHOTO FOURNIE PAR BORALEX
Une ancienne carrière reconvertie par Boralex en centrale solaire flottante, en France.

Il me semble que des panneaux photovoltaïques installés sur les réservoirs d’Hydro-Québec seraient une idée intelligente. Pas de nouvelles lignes de transmission requises, aucune pollution supplémentaire due à de nouveaux harnachements de rivières, etc. Nous avons plus d’ensoleillement que l’Allemagne, qui produit une part importante de son électricité avec des panneaux solaires. Est-ce que je fais fausse route ? – Réjean Trottier

Le solaire flottant n’existe pas au Québec, mais cette technologie est en développement à travers le monde. L’installation de panneaux solaires sur des îlots flottants sur des plans d’eau non exploités permet de produire de l’électricité sans empiéter sur des espaces qui peuvent être utilisés à d’autres fins, pour l’agriculture par exemple.

Le producteur québécois d’énergie Boralex en a installé dans une ancienne carrière du sud de la France. Son premier parc solaire flottant a été mis en service en 2022.

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Alors, pourquoi ne pas en installer sur les grands réservoirs d’Hydro-Québec, demandez-vous ? C’est une question intéressante, selon François Bouffard, ingénieur et professeur au département de génie électrique et de génie informatique de l’Université McGill.

« En théorie, ce serait possible, dit le spécialiste. En revanche, ce ne serait pas nécessairement une bonne idée. »

Notre climat et nos besoins en électricité ne permettent pas de tirer le meilleur parti du solaire flottant, selon lui.

« Il faudrait retirer les quais flottants l’hiver venu pour éviter les dommages causés par la glace », explique-t-il.

Considérant que l’électricité produite l’hiver est celle qui possède la plus grande valeur au Québec, ce ne serait pas un investissement intéressant.

François Bouffard, ingénieur et professeur au département de génie électrique et de génie informatique de l’Université McGill

Les panneaux solaires installés sur la terre ferme sont une meilleure option, selon lui.

Optimiser les réservoirs autrement

Cela dit, le spécialiste suggère un autre moyen d’optimiser la valeur des grands réservoirs d’Hydro-Québec. On pourrait y installer des éoliennes de grande puissance comme on le fait dans les parcs éoliens en mer (offshore).

Ces éoliennes ont un facteur d’utilisation plus élevé ; autrement dit, elles sont plus performantes que les éoliennes terrestres, précise-t-il.

Installées dans les réservoirs d’Hydro-Québec, ces éoliennes produiraient de l’électricité toute l’année à proximité des centrales hydroélectriques et des infrastructures de transport existantes.

Cette possibilité fait probablement partie des options sur la table chez Hydro-Québec, qui veut augmenter sa production par tous les moyens possibles.

Quant à la filière solaire, elle en est encore à ses balbutiements au Québec, mais elle prend de la vitesse. Hydro-Québec offre des subventions aux particuliers et aux entreprises pour l’installation de panneaux photovoltaïques.

Le premier appel d’offres pour l’achat de 300 mégawatts d’énergie solaire lancé par la société d’État a généré de l’intérêt dans tout le Québec. Soixante projets totalisant 500 mégawatts ont été soumis et font actuellement l’objet d’une analyse.

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Dans la Presse

Production d’énergie verte | Des villes québécoises misent sur le soleil pour renflouer leurs coffres

L’énergie solaire pourrait-elle regarnir les coffres des municipalités qui peinent de plus en plus à boucler leur budget ? C’est le pari que font plusieurs villes du Québec qui sont prêtes à investir des sommes importantes dans des projets d’énergies renouvelables sur leur territoire.

Des villes veulent se lancer dans la production d’énergie verte ?

Oui, mais elles ne sont pas seules dans cette aventure. Des villes veulent s’associer avec des entreprises privées pour exploiter des parcs de panneaux solaires sur leur territoire. C’est le cas entre autres de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue.

Les villes pourraient-elles tirer de nouveaux revenus grâce à l’énergie solaire ?

La réponse courte est oui. Hydro-Québec a ouvert un appel d’offres pour l’acquisition d’un bloc de 300 mégawatts d’énergie solaire photovoltaïque. Les parties intéressées avaient jusqu’au 31 mars dernier pour déposer une soumission. La société d’État dit avoir reçu 60 propositions, dont 40 % incluent la participation « d’une collectivité locale ou d’une communauté autochtone ». Vingt projets ont été préparés en collaboration avec une MRC ou une municipalité. Les revenus seront donc garantis par Hydro-Québec.
[…]

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Texte de la Presse canadienne publié par la Presse

Hydro-Québec veut maximiser les retombées d’un important contrat éolien

Hydro-Québec s’apprête à acheter « plusieurs milliards » de dollars en éoliennes pour ses parcs et elle veut s’assurer de maximiser les retombées potentielles au Québec.

« La taille et le pouvoir de négociation que ça nous donne nous permettent aussi d’aller chercher de meilleures conditions et finalement de créer davantage d’occasions pour les entreprises québécoises », explique son vice-président responsable des partenariats et du développement, Mathieu Johnson, en entrevue.

La société d’État a récemment publié un appel de propositions destiné aux cinq fabricants européens et nord-américains qui sont passés au travers de son processus de qualification.

Or, ces entreprises internationales devront prendre des engagements fermes de retombées locales, souligne M. Johnson.
[…]

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Une entreprise en France a fabriqué une hydrolienne qui sera installée dans le fleuve Saint-Laurent

Une fonderie de Denain fabrique une turbine hors norme pour Montréal

À Denain, une fonderie a fabriqué une hydrolienne géante destinée au fleuve Saint-Laurent, au Canada. Cette turbine de 30 tonnes doit produire de l’électricité grâce au courant du fleuve. Une commande d’envergure qui valorise le savoir-faire des 120 salariés du site.


Ajout :
Il y a ce document sur le site d’HQ à propos de l’énergie hydrolienne : https://www.hydroquebec.com/data/developpement-durable/pdf/fiche-hydrolienne-2021.pdf

Il y en a déjà une avec une capacité de 100 kW dans le fleuve près du Vieux-Port

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À la hauteur de Montréal on ne parlera pas de marées, cependant le courant est fort et assez régulier. Une filière décidément intéressante qui viendrait compléter les autres sources d’énergies renouvelables. Histoire à suivre de près…

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Quelle durée de vie pour les éoliennes?

SCIENCE AU QUOTIDIEN / «On parle beaucoup des éoliennes ces dernières années. Une question que je me pose, c’est: quelle est leur durée de vie utile?», demande Antoine Kibrité.

En principe, une éolienne est conçue pour durer entre 20 et 25 ans, voire un peu pluscela varie un peu, selon les sources. Mais j’écris «en principe», ici, parce que ça n’est pas toujours le cas en pratique: les conditions locales où se trouvent les éoliennes peuvent faire varier leur durée de vie, et les différentes pièces d’une éolienne ne s’usent pas toutes au même rythme.

Ainsi, la base de béton et le mât atteignent généralement le quart de siècle sans problème et dans un état qui permet une utilisation nettement plus longue.

Mais les pales ont tendance à s’user plus vite que ça. Et la «boîte de vitesse», aussi appelée multiplicateur, est une des pièces qui se détériore le plus rapidement. Il s’agit d’un morceau situé tout en haut du mât, qui est actionné par le mouvement des pales; en jouant sur la taille des roulettes, les engrenages de la boîte de vitesse accélèrent la rotation des pales (quelques tours par minute, trop lente pour la production d’électricité) et la transmettent au générateur d’électricité, qui fonctionne habituellement aux alentours de 1000 ou 1500 tours/min.

C’est une des pièces qui subit le plus de stress — le frottement des pièces, les poussières qui s’accumulent dans le mécanisme, etc. Il est connu que ces boîtes de vitesse «atteignent rarement la durée de vie prévue [des éoliennes], lisait-on dans une étude parue en 2020 dans l’International Journal of Fatigue. Il faut généralement les remplacer au bout de 8 à 12 ans, soit environ la moitié (voire moins) de la vie utile prévue de l’éolienne.

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L’éolien en appui au réservoir Caniapiscau, aux trois quarts vide

Le bas niveau d’eau du plus grand réservoir alimentant les barrages du Nord québécois, bien qu’il soit inquiétant, renforce plus que jamais le nouvel accent placé sur l’énergie éolienne par Hydro-Québec.

C’est ce qu’affirme Frédéric Côté, directeur de Nergica, un centre de recherche appliquée en énergies renouvelables. Le Québec a appris le 5 juin que le réservoir Caniapiscau, alimentant les barrages du complexe La Grande et Brisay, est vide à 76 %.

Bien qu’il soit loin de se réjouir de la situation, M. Côté tient des propos rassurants quant au rôle que les énergies éoliennes et solaires sont maintenant appelées à jouer.

Le bas niveau du réservoir Caniapiscau «met encore de l’avant la complémentarité entre l’éolien et l’hydroélectricité […] La stratégie d’Hydro-Québec de miser davantage sur l’éolien en complémentarité avec l’hydroélectricité, ça a vraiment du sens, parce que ça permet de passer à travers ces cycles-là», aborde M. Côté.

Les cycles affectant les réservoirs de barrages ne semblent pas toucher la force et la régularité des vents, du moins au Québec, ajoute-t-il.

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«On s’est projeté vers 2100, sur les régimes de vent versus les changements climatiques. On voit que la ressource éolienne, dans le futur, va demeurer stable. On voit que, en dépit des changements climatiques, l’éolien sera encore au rendez-vous. Alors, l’intégrer davantage dans le modèle [de production d’énergie] a beaucoup de sens.»
— Frédéric Côté, directeur de Nergica

Entre 1999 et maintenant, le gouvernement québécois et Hydro-Québec ont fait une place à l’installation de parcs éoliens d’une capacité d’environ 4000 mégawatts (MW). La stratégie d’Hydro-Québec entre 2026 et 2035 vise à l’installation de parcs éoliens totalisant 10 000 MW. M. Côté concède que la tâche constitue un défi de taille, mais il assure que le contexte et les équipements ont changé.

«On n’a jamais fait ça [installer 1000 MW par année pendant dix ans]. Les machines d’aujourd’hui sont plus grosses.

«Avant, on installait une éolienne, et c’était 1,5 ou 2 MW. Maintenant, quand on installe une éolienne, c’est 6 MW ou 7 MW par machine. Donc, c’est sûr que, en termes de nombre d’éoliennes, on va faire la même chose, mais on va aller chercher plus de puissance en termes de mégawatts», précise-t-il.

L’enthousiasme en hausse

Il y a eu peu d’inaugurations de nouveaux parcs éoliens après 2016 au Québec. La filière de fabrication de composantes, comme des tours, des pales et de l’instrumentation, a dû se tourner vers les exportations pour survivre.

Les entrepreneurs en construction ont dû regarder vers d’autres domaines pour maintenir leurs activités et les développeurs de parcs ont été patients, avant un lent dégel de projets à partir de 2023.

«En fait, il y a beaucoup d’enthousiasme, beaucoup d’activité, parce que le plan d’Hydro-Québec 2026-2035 est en train de se mettre en place. Alors, on a des projets qui sont en construction», signale M. Côté.

Considérant qu’il faut investir entre 2,5 et 3 millions pour installer un seul mégawatt, le plan d’Hydro-Québec en énergie éolienne et solaire devrait se traduire par une injection totale de 25 à 30 milliards.

Si l’argent à investir, qui viendra des secteurs public et privé, semble assez facile à dénicher, les ramifications plus étendues des parcs éoliens restent parfois à être acceptées.

«C’est ce qui amène aussi son lot de défis dans le déploiement un peu partout au Québec. Il y a des régions qui sont moins familières que l’Est-du-Québec au niveau du développement éolien, puis là, on doit apprendre à travailler ensemble.

«Il y a des questionnements, des communautés qui apprennent à vivre avec ce qu’est un projet éolien, qui ont parfois des inquiétudes, et c’est légitime», explique Frédéric Côté.

La protection d’une filière industrielle

Lors de la préparation des projets, les développeurs des parcs éoliens installés entre 2005 et 2016 ont généralement composé avec des normes minimales de contenu régional, que ce soit en matière de fourniture de tours, de pales et d’aménagement de génie civil.

Le contexte a changé. Hydro-Québec n’exige pas, pour le moment du moins, de contenu minimal régional et québécois, mais confère des points d’évaluation quand c’est le cas.

«Dans le fond, il y a vraiment une volonté de mettre ça de l’avant et on le voit dans le dernier appel d’offres d’Hydro-Québec. Dans la stratégie d’approvisionnement, ils [les dirigeants de la société publique] veulent vraiment miser sur un approvisionnement québécois», spécifie Frédéric Côté.

«Évidemment, c’est toujours un point d’équilibre entre l’électricité à un prix compétitif et les retombées, mais on pense aussi que c’est une bonne façon de miser sur une filière d’avenir, parce qu’on le voit, que le futur de l’électricité, c’est beaucoup l’éolien et le solaire.»

— Frédéric Côté, directeur de Nergica

«En se positionnant avec nos entreprises et nos communautés dans cette industrie-là, on crée de la richesse, à long terme, et une capacité d’exporter aussi. On l’a prouvé», dit-il en référence à l’usine de fabrication de pales LM Wind Power de Gaspé, vivant essentiellement d’exportations vers les États-Unis depuis 2016.

«C’est sûr que le marché américain est plus tranquille que ce qu’il a déjà été, en raison de l’administration actuelle. Mais à terme, normalement, ça devrait revenir parce que c’est une source de production qui est quand même compétitive en termes de coût, et ça met l’avantage, le focus, sur le Québec», établit M. Côté.

La filière éolienne génère autour de 4500 emplois au Québec, dont 1000 en Gaspésie et dans l’est du Bas-Saint-Laurent.

DES BÂTISSEURS SALUÉS

Le dernier Colloque des énergies renouvelables, tenu du 9 au 11 juin à Carleton-sur-Mer, a fourni l’occasion de reconnaître deux piliers gaspésiens du développement éolien au cours du dernier quart de siècle, Marjolaine Castonguay, de la firme Pesca Environnement, et Gilbert Scantland, ex-directeur de la Conférence régionale des élu(e)s.

Nommée bâtisseuse du secteur éolien, Marjolaine Castonguay vante notamment la contribution d’employés innovants pour expliquer le succès de son entreprise, Pesca Environnement. (Gilles Gagné/Collaboration spéciale)

Frédéric Côté note que Marjolaine Castonguay a développé les connaissances scientifiques dans le domaine des études d’impact environnemental préalables à la construction des parcs éoliens, préalablement aux premiers grands appels d’offres de 2003-2004.

«Nous avons travaillé fort pour convaincre le gouvernement du Québec de créer une nouvelle industrie, qui n’existait même pas au Québec, qu’on voulait implanter en Gaspésie, créer une nouvelle filière économique pour la Gaspésie, à partir d’une ressource gratuite, qui est le vent. On avait un filon.»

— Marjolaine Castonguay, dont l’entreprise Pesca Environnement emploie près d’une centaine de personnes, de la Gaspésie jusqu’en Colombie-Britannique.

«Le mot éolien n’était pas dans la réglementation; on devait tout inventer», rappelle-t-elle à propos des études d’impact.

Frédéric Côté souligne d’autre part que Gilbert Scantland a, dès le départ du développement de la filière éolienne, plaidé pour que les communautés obtiennent des redevances de la production d’énergie, et qu’elles en viennent à posséder une partie des parcs éoliens.

«Il y a eu des discussions difficiles pour faire accepter que les communautés devaient être parties prenantes du développement des projets, et être des investisseurs. Et ça, c’était vraiment travailler dans l’ombre. Aujourd’hui, on voit que les projets doivent se faire en partenariat avec les communautés, de façon conjointe.

«[…] L’éolien sera lié à cette transition en ce sens, c’est quelque chose [la participation des communautés] qu’il va falloir continuer à développer», souligne M. Scantland.

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Dans La Presse

Grande entrevue | Un pipeline de projets qui grossit

Le producteur d’énergie renouvelable Innergex avait un carnet de commandes déjà bien garni, mais celui-ci est en voie de prendre encore plus d’amplitude puisque l’entreprise vient d’être retenue par Hydro-Québec pour le développement du projet Wocawson dans le Bas-du-Fleuve, qui pourrait devenir le plus gros projet de l’histoire d’Innergex, confirme son nouveau PDG, Jean Trudel.

Innergex vient de remporter la semaine dernière un appel d’offres international lancé par Hydro-Québec en vue de la réalisation d’un parc éolien d’une capacité pouvant atteindre 1000 mégawatts (MW) dans la zone Wocawson, un territoire de 700 km⁠2 situé dans les MRC de Kamouraska et du Témiscouata.

« On a compétitionné contre de grands joueurs internationaux et on a été retenus. Il s’agit d’un projet de classe mondiale qu’on veut développer en deux phases et qui va combler une partie des besoins additionnels de 10 000 MW que veut ajouter Hydro-Québec d’ici 10 ans », explique Jean Trudel.

Hydro-Québec s’est associée à l’Alliance de l’énergie de l’Est (qui regroupe 16 municipalités localisées dans la zone) et avec la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk pour le développement de la zone Wocawson, dans ce qui deviendra le deuxième parc éolien en importance du Québec, derrière celui de la Côte-de-Beaupré.
[…]

Reportage de CBC News

Construction begins on wind turbine in Quaqtaq, Nunavik – the start of its clean energy transition

The village of Quaqtaq, Nunavik, is one step closer towards taking control of its energy production, with construction starting on a wind energy project.

Tarquti Energy, a joint-venture firm owned by the Makivvik Corporation and FCNQ-Ilagiisaq, is building the 3,000-kilowatt wind turbine for the community of roughly 500 people.

“We’re hoping that this will act as a nice catalyst to showcase that it’s very much achievable to build this type of infrastructure and that there’s various benefits,” said Carson Tagoona, Tarquti’s director of strategic communications.

Quebec wants to be net zero by 2050, and more than 99 per cent of its electricity comes from renewable sources. But aside from a hydroelectric project in Inukjuak, most of Nunavik relies exclusively on imported diesel fuel.

The region’s harsh climate does bring its challenges, like the logistics of shipping materials to the North and the need to build technology that’s resilient in those conditions. But before they even crossed that bridge, Tagoona said a lot of their time was spent looking for the right turbine.
[…]

Quaqtaq est situé tout en haut

Pendant que les USA dorment au gaz (au sens propre et figuré) sur les énergies renouvelables, nous construisons et planifions le développement d’un pourcentage important de nos besoins en énergie renouvelable. C’est une industrie qui puise son financement, ses ressources et ses équipements au Québec même, tandis que nos grandes institutions financières et nos fonds sont aussi de chez-nous.

C’est ça la souveraineté énergétique, qui avec l’hydroélectricité comme industrie de base, contribuent à développer durablement notre économie, tout en protégeant dans une plus grande mesure notre précieux environnement.