Énergies renouvelables (hydraulique, éolienne, solaire, etc.)

Pour la fin du «Far West» de l’éolien, lance un chercheur

Par Patricia Rainville, Le Soleil

26 novembre 2025 à 04h15

Le chercheur à l’Institut de recherches et d’informations socioéconomiques (IRIS) Krystof Beaucaire s’est intéressé à la question du développement éolien québécois, dans un rapport publié mercredi. (Martin Meissner/Archives Associated Press)

«On pense que c’est bien réglementé, mais c’est plutôt le Far West présentement.» Un chercheur de l’IRIS recommande un BAPE générique sur la filière éolienne au Québec, qu’il juge «en manque de planification, de transparence, de démocratie».

Le chercheur à l’Institut de recherches et d’informations socioéconomiques (IRIS) Krystof Beaucaire s’est intéressé à la question du développement éolien québécois, dans un rapport publié mercredi. Ses travaux se sont échelonnés sur plusieurs mois. Il s’est notamment entretenu avec des élus dont les municipalités sont impliquées dans de grands projets éoliens.

L’éolien communautaire

Initialement géré par le privé, le secteur éolien a fait place, en 2013, à un mode dit communautaire, impliquant les municipalités dans les processus de développés. Or, Krystof Beaucaire soutient que les populations locales ne sont pas plus informées et mises à profit.



Encore la semaine dernière, le premier ministre du Québec était de passage à Cacouna, au Bas-Saint-Laurent, pour annoncer la signature d’une entente, prévoyant l’aménagement de 250 nouvelles éoliennes dans l’ouest de la région.

«L’éolien communautaire est régulièrement présenté par le gouvernement Legault comme un des éléments clés de la transition énergétique. Or la transition ne peut se faire au détriment de la démocratie, sans égard aux besoins réels des citoyens des municipalités concernées», souligne le chercheur, estimant que les populations locales devraient être impliquées dès le début du processus.

Ses travaux ont permis de mettre en lumière «les lacunes importantes des projets éoliens dits “communautaires” qui sont gérés de manière particulièrement opaque», soutient-il, en entrevue avec Le Soleil. Il précise que, dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, l’Alliance de l’énergie de l’Est, une des organisations chargées d’orchestrer les partenariats, est enregistrée comme une entreprise privée, bien qu’elle soit composée d’élus municipaux.

L’étude montre que les trois quarts des municipalités impliquées dans des projets éoliens reçoivent annuellement moins de 100 $ par habitant provenant de la rente éolienne, alors que 51,6 % reçoivent moins de 50 $. (Boralex)

«Les élus impliqués sont souvent liés à des ententes de confidentialité et ces projets sont souvent négociés et développés derrière des portes closes. Il est impossible pour un citoyen de faire une demande d’accès, puisque c’est privé. Au final, c’est toujours la population qui est la dernière au courant», soutient Krystof Beaucaire, estimant qu’un Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) générique, c’est-à-dire la tenue d’audiences qui se pencheraient sur la filière éolienne dans son ensemble plutôt que sur un projet spécifique, est nécessaire.

«Au Québec, il n’y a jamais eu de cadre réglementaire concernant la filière éolienne, alors disons que présentement, c’est pas mal le Far West.»

— Kristof Beaucaire, chercheur à l’IRIS

À titre d’exemple, un BAPE générique a déjà été organisé concernant l’industrie du gaz naturel par le passé.

Le chercheur de l’IRIS n’est pas le premier à recommander la tenue de telles audiences. L’été dernier, dans le secteur de Drummondville, une coalition de citoyens, d’experts et de municipalités a demandé la tenue BAPE générique sur la filière éolienne. Même chose en Mauricie en début d’année.



Des retombées modestes

En plus d’être «aux prises avec un important déficit démocratique», le chercheur affirme que les retombées économiques restent mitigées pour les municipalités qui accueillent ces grands projets, notamment ceux annoncés récemment dans l’est du Québec.

«On parle en moyenne de 3 % du budget d’une municipalité. Bien entendu, plusieurs des projets sont en cours dans des secteurs plus dévitalisés, si bien que pour une municipalité, 3 %, ce n’est pas rien», explique Krystof Beaucaire.

Son étude montre que les trois quarts des municipalités impliquées dans des projets éoliens reçoivent annuellement moins de 100 $ par habitant provenant de la rente éolienne, alors que 51,6 % reçoivent moins de 50 $.

Le chercheur a demandé à l’Alliance de l’énergie de l’Est ce qu’elle pensait de la tenue d’un BAPE générique sur l’éolien. «On n’y voit pas vraiment l’intérêt, apparemment. On dit que ça revient au gouvernement. Le gouvernement, lui, est plutôt silencieux de ce côté», précise Krystof Beaucaire.

1 « J'aime »

Boom de la géothermie au Québec

Par Guillaume Roy, Initiative de journalisme local

6 décembre 2025 à 04h04

La géothermie permet de capter la chaleur dans le sol ou dans la nappe phréatique. (Guillaume Roy/Le Quotidien)

Êtes-vous intéressé à réduire votre facture d’électricité de 75%? La géothermie pourrait être la solution et Hydro-Québec offre de généreuses subventions, allant jusqu’à 54 000 $ pour favoriser l’implantation de tels projets. Avec une telle aide disponible depuis janvier 2024, le nombre de projets explose. Tour d’horizon.

«Ma facture d’électricité est maintenant quatre à cinq fois moins chère qu’avant depuis que j’ai investi dans la géothermie», soutient David Painchaud, un résidant d’Alma, qui a rénové une maison presque centenaire dans le secteur Dam-en-Terre.

Son système a coûté 76 000 $, mais les subventions d’Hydro-Québec ont couvert le montant de 54 000 $. Selon ce dernier, le retour sur investissement se fera en six ans. «La subvention offerte m’a convaincu d’investir dans la géothermie parce que mon investissement se rentabilise rapidement», dit-il.

Le chantier de David Painchaud lui a permis d’économiser 75 % des coûts sur sa facture d’électricité.

Depuis janvier 2024, les clients d’Hydro-Québec ont accès au nouveau programme Logisvert, offrant une aide financière de 750 $ par tranche de 1000 BTU/h pour l’achat et l’installation d’une thermopompe géothermique, ce qui couvre généralement entre 50 % et 75 % du coût total.

Pour résumer le concept, on creuse des trous pour aller capter la chaleur dans le sol ou dans la nappe phréatique, d’une température d’environ 8°C à 10°C. Avec l’aide d’une thermopompe géothermique, il est alors possible de chauffer ou de climatiser sa maison, réduisant drastiquement les coûts en électricité.

Le nombre de projets explose

«Le nouveau programme a créé une demande qui n’existait pas avant», souligne Kevin Girard, le président de Chauffage Yves Gagné, une entreprise du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a développé une expertise en géothermie. Avant on faisait un projet aux deux ans, alors qu’on en a fait une vingtaine l’année dernière.»

Le nombre et la profondeur des puits creusés dépendent des besoins énergétiques de la maison, mais il n’est pas rare de creuser à plus de 125 mètres dans le sol (375 pieds). (Guillaume Roy/Le Quotidien)

Même son de cloche dans la région de Québec où la demande, déjà plus présente qu’en région, a plus que doublé. «Avec le programme, les gens sont plus faciles à convaincre, remarque David Rosso, le président d’Induktion, une autre firme spécialisée en géothermie basée à Québec. Le cycle de vente est plus court avec un programme qui couvre plus de la moitié du coût d’investissement.» Le nombre de projets est passé d’une quarantaine par an à plus d’une centaine. «C’est très intéressant pour nous», dit-il.

«Nous constatons une forte croissance des projets de géothermie dans les trois dernières années», souligne Cendrix Bouchard, conseiller stratégique en communication chez Hydro-Québec. «Depuis le début du programme, Hydro-Québec a versé une aide financière pour plus de 600 thermopompes géothermiques installées.»

À titre indicatif, le nombre de projets financés a augmenté de 70 % de 2023 à 2024, quand le programme a été modifié pour offrir une aide financière encore plus généreuse.



«La géothermie amène une température performante et stable, avec un ratio de 4 pour 1 en tout temps», note Kevin Girard, de Chauffage Yves Gagné. Autrement dit, un système géothermique est quatre fois plus efficace que des plinthes électriques, réduisant tout autant la facture à payer. «Même à -30°C, le système ne perd pas de capacité», ajoute-t-il.

Les projets de géothermie se font lors de travaux de rénovation majeure ou lors de la construction d’une maison neuve.

Et c’est pourquoi Hydro-Québec finance l’installation de tels systèmes aussi généreusement. «Le principal avantage de la géothermie est de consommer moins d’électricité et d’aider à réduire la demande en période de pointe de façon importante», note Cendrix Bouchard. Alors que les thermopompes perdent de leur efficacité lorsque la température baisse, la géothermie demeure aussi efficace et elle permet de réduire la pression sur le réseau lors des pointes hivernales.

«Pour Hydro-Québec, l’aide financière accordée pour la géothermie contribue à maintenir nos tarifs abordables, puisqu’elle représente un coût trois fois moins élevé que tout nouvel approvisionnement en électricité», ajoute le conseiller.

À Hébertville, Willie Savard a investi près de 70 000 $ dans un système de géothermie avant l’arrivée de généreux programmes de subvention. «J’ai divisé ma facture d’électricité par quatre. Même au plein prix, ça avait beaucoup de sens», estime-t-il.



«L’efficacité de la géothermie, c’est presque trop beau pour être vrai, mais ça fonctionne pour vrai et on s’attend à ce qu’il y ait de plus en plus de demandes», estime David Rosso.

Un système pour les gros chantiers

La géothermie n’est pas pour tout le monde, car son installation crée tout un chantier. En plus des trous à forer, il faut installer les conduits qui permettront de dissiper la chaleur et la fraîcheur dans la maison. «C’est beaucoup de travail et ça représente des travaux de rénovation majeurs», souligne David Painchaud. Il est aussi judicieux d’installer un système géothermique lors de la construction d’une maison neuve, estiment les experts.

«C’est une technologie qui n’est pas adaptée à tous les types de projets d’efficacité énergétique, mais qui gagne en importance», note Cendrix Bouchard, ajoutant que moins de 1 % des bâtiments utilisent la géothermie au Québec. «Nous espérons donc une augmentation de l’adoption de cette technologie dans les prochaines années.».

2 « J'aime »

Hydro-Québec prévoit lancer un nouvel appel d’offres pour des projets d’énergie éolienne le printemps prochain. Plusieurs secteurs au sud du fleuve Saint-Laurent ont été ciblés comme ayant le potentiel d’accueillir un parc éolien d’ici 2035.

La société d’État promet de renforcer ses critères pour favoriser le contenu québécois et l’acceptabilité sociale dans le cadre de ce processus d’appel d’offres, qui doit s’amorcer en mars prochain.

Elle accordera un « poids accru » au contenu local au moment de l’évaluation des projets. Le producteur d’électricité mentionne valoriser aussi « les dépenses faites au Québec, tout en veillant à ce que les coûts des projets demeurent les plus compétitifs possibles pour maintenir des tarifs abordables et concurrentiels ».

3 « J'aime »

Ce qui est intéressant ici c’est que la ressource serait proche des consommateurs, donc moins couteuse à mettre en place et mettrait en valeur les meilleurs sites potentiels, tout en distribuant une partie des bénéfices aux diverses communautés concernées.

1 « J'aime »

Éoliennes : feu vert à la phase 2 du projet Des Neiges dans Charlevoix

Québec autorise la phase 2 du mégaprojet éolien Des Neiges, dans Charlevoix. Quelque 57 éoliennes supplémentaires seront ainsi aménagées dans la Seigneurie de Beaupré, dont certaines dans l’habitat du caribou forestier, une espèce menacée et dont la harde affectée est déjà en enclos.

Le gouvernement Legault en a fait l’annonce par voie de communiqué jeudi après-midi, confirmant l’aménagement de trois nouveaux parcs éoliens d’ici 2030.

Outre Des Neiges secteur Charlevoix, les projets MacNider (Matapédia) et Madawaska ont aussi obtenu le feu vert de la province. Québec dit aller de l’avant afin “d’accélérer la transition énergétique, augmenter la capacité de production d’énergie verte et répondre à la demande en électricité tout en stimulant l’économie québécoise”.

Le tout s’inscrit dans le Plan d’action 2035, qui vise à doubler la capacité d’Hydro-Québec d’ici une décennie.

Résumé

Éoliennes : feu vert à la phase 2 du projet Des Neiges dans Charlevoix

Des éoliennes de la Seigneurie de Beaupré. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada/Jean-François Nadeau

Publié à 4 h 00 HNE

Écouter l’article

La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Québec autorise la phase 2 du mégaprojet éolien Des Neiges, dans Charlevoix. Quelque 57 éoliennes supplémentaires seront ainsi aménagées dans la Seigneurie de Beaupré, dont certaines dans l’habitat du caribou forestier, une espèce menacée et dont la harde affectée est déjà en enclos.

Le gouvernement Legault en a fait l’annonce par voie de communiqué jeudi après-midi, confirmant l’aménagement de trois nouveaux parcs éoliens d’ici 2030.

Outre Des Neiges secteur Charlevoix, les projets MacNider (Matapédia) et Madawaska ont aussi obtenu le feu vert de la province. Québec dit aller de l’avant afin d’accélérer la transition énergétique, augmenter la capacité de production d’énergie verte et répondre à la demande en électricité tout en stimulant l’économie québécoise.

Le tout s’inscrit dans le Plan d’action 2035, qui vise à doubler la capacité d’Hydro-Québec d’ici une décennie.

À lire aussi :

AILLEURS SUR INFO : Les bombes de la Deuxième Guerre mondiale continuent de tuer aux îles Salomon

Mégaprojet

La phase 2 du parc éolien Des Neiges figure au mégaprojet piloté par l’entreprise privée Boralex, en partenariat avec Énergir et Hydro-Québec. Scindé en trois volets de 400 MW chacun, il ajoutera à terme 1200 MW de capacité pour la société d’État.

La phase 1, au nord du Mont-Sainte-Anne, est actuellement en cours d’aménagement alors que la phase 3 est à l’étape de l’évaluation environnementale. Chacune des phases, évaluées à 1 milliard de dollars, fait l’objet d’un processus d’évaluation distinct au ministère de l’Environnement.

La carte des différents projets de parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré.

Photo : Capture écran / Boralex

Le parc éolien du secteur Charlevoix, la phase 2, prévoit l’aménagement de 57 éoliennes de 7 MW chacune dans l’arrière-pays de Baie-Saint-Paul. Comme pour l’ensemble du projet, elles seront situées en terres privées appartenant au Séminaire de Québec, à qui Boralex paie une redevance pour l’usage des terrains.

Publicité

Selon le rapport final du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), publié en juin 2025, quelque 54 éoliennes seront visibles depuis le mont du Lac des Cygnes, dans le parc national des Grands-Jardins. Les tours auront une hauteur maximale de 200 mètres.

Toujours selon ce rapport, 69 kilomètres de chemins forestiers devront être aménagés pour cette phase précise du projet Des Neiges.

D’une hauteur de 200 mètres, les éoliennes seront visibles depuis certains sommets touristiques de la région de Charlevoix, dont celui du mont du Lac des Cygnes.

Photo : Radio-Canada/Jean-François Nadeau

Risque pour le caribou

L’emplacement des éoliennes fût un enjeu majeur dans le cas de la phase 2.

Dans le cadre du processus du BAPE, des inquiétudes ont en effet été soulevées dès le départ, puisque 17 éoliennes se trouvaient dans l’aire de répartition du caribou de Charlevoix, une harde isolée en état particulièrement critique.

La harde de caribous de Charlevoix a été mise en enclos à l’hiver 2022, en urgence, afin d’assurer son rétablissement. Le gouvernement promet depuis un plan de match pour restaurer son habitat, perturbé à 90 %. Un projet pilote a été annoncé en ce sens en 2024, mais n’a pas encore été dévoilé. Québec retient depuis plus d’un an le rapport de consultation, qui ne contiendra par ailleurs aucune recommandation particulière.

Dans un rapport présenté au BAPE au cours du processus d’évaluation, le promoteur s’était montré ouvert à retirer 4 éoliennes et à en déplacer une autre afin de l’écarter d’une zone plus sensible de l’habitat du cervidé.

Publicité

Boralex affirmait cependant que sa marge de manœuvre était limitée si elle souhaitait respecter son entente avec Hydro-Québec et assurer la rentabilité du projet. Le retrait complet des 17 emplacements […] rendrait le projet non viable, ce qui se traduirait par l’arrêt du processus de développement, affirmait l’entreprise.

Malgré des efforts d’optimisation et un projet à 57 éoliennes plutôt que 67, le rapport final du BAPE se montrait encore critique. Dans sa version finale, la phase 2 prévoyait toujours l’ajout de 10 éoliennes et de 18 kilomètres de chemins dans l’aire de répartition de la harde.

Les caribous de Charlevoix, vus ici dans leur habitat naturel, sont en enclos depuis trois hivers pour une durée indéterminée. (Photo d’archives)

Photo : Gracieuseté : Jean-Simon Bégin

Bien que l’initiateur ait consenti des efforts pour optimiser la configuration du parc éolien projeté et qu’il prévoit la mise en place de mesures d’atténuation, de compensation, de surveillance et de suivi, la population de caribous forestiers de Charlevoix pourrait en subir les conséquences.

Des risques pour la grive de Bicknell, un oiseau menacé, et des espèces de chauves-souris étaient aussi cités. Les conséquences ne sont d’ailleurs pas entièrement connues, puisque l’analyse des effets cumulatifs du projet demeure incomplète, écrivait la commissaire du BAPE.

Le rapport mentionnait également que les deux ministères de l’Environnement, provincial et fédéral, considéraient que le projet engendrerait une perturbation supplémentaire de l’habitat.

Plan d’action

Considérant l’ensemble de ces enjeux, le gouvernement du Québec impose à Boralex un plan d’action spécifique visant à soutenir le rétablissement du caribou forestier et la protection de son habitat, en cohérence avec les orientations gouvernementales, précise l’annonce de jeudi.

Nous répondons à la croissance de la demande en électricité, mais nous le faisons en protégeant les milieux naturels, la faune et nos territoires, soutient le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, qualifiant l’approche du gouvernement d’équilibrée.

Aucun échéancier n’a été précisé, tout comme le gouvernement n’a pas encore établi de calendrier pour son projet pilote visant à protéger l’habitat du caribou de Charlevoix.

Lauriane Déry est directrice des affaires publiques et gouvernementales chez Boralex. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Le promoteur, pour sa part, prend acte des exigences de Québec. Nous poursuivrons à cet effet la collaboration avec les instances gouvernementales concernées et mettrons en œuvre les mesures nécessaires afin de répondre aux exigences précises énoncées dans le décret, suite à sa publication, écrit dans un courriel Lauriane Déry, directrice des affaires publiques et gouvernementales chez Boralex.

Cette dernière a salué l’adoption du décret par le gouvernement Legault, une étape déterminante dans la réalisation du projet. Quand le décret sera publié, les partenaires du projet en prendront connaissance afin de se préparer adéquatement aux prochaines étapes.

Déception

L’accueil est beaucoup plus froid chez les groupes environnementaux, en particulier ceux militant pour la conservation du caribou forestier et de son habitat.

Nous sommes très déçus que le gouvernement du Québec approuve un projet éolien qui aura des impacts sur la biodiversité et les espèces en péril, comme le caribou forestier, sans au préalable avoir statué sur un plan de rétablissement pour cet animal emblématique de Charlevoix, a déclaré Pier-Olivier Boudreault, directeur de la conservation à la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Québec).

Non seulement le gouvernement fait les choses à l’envers, mais il se déresponsabilise en confiant au promoteur le rétablissement d’une population d’à peine 40 individus qui est sur le respirateur artificiel.

Une citation de Pier-Olivier Boudreault, directeur de la conservation, SNAP Québec

Le biologiste déplore de voir le gouvernement du Québec aller à l’encontre des recommandations de ses experts, de la science et du BAPE en autorisant la phase 2 du projet Des Neiges.

Selon M. Boudreault, il faut cesser d’approuver les projets à la pièce et faire une évaluation d’impact de la filière éolienne dans son ensemble, comme l’ont recommandé de nombreux rapports du BAPE récemment.

Je note aussi que ça fait plus d’un an que" nous attendons le résultat de la consultation sur les projets pilotes pour le caribou de Charlevoix. Il semble que le caribou puisse attendre, mais pas les projets économiques", conclut-il.

2 « J'aime »

TES Canada envisage de retarder ses projets controversés d’éoliennes

L’entreprise fait face à une forte opposition et tente une nouvelle stratégie pour obtenir de l’électricité.

La compagnie veut installer 133 éoliennes dans des milieux agricoles de la Mauricie. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

Thomas Gerbet](https://ici.radio-canada.ca/profil/22553/thomas-gerbet)

Publié à 4 h 00 HNE
La compagnie TES Canada tente de convaincre le gouvernement Legault de lui attribuer encore plus d’électricité d’Hydro-Québec pour sa future usine d’hydrogène à Shawinigan, a appris Radio-Canada. L’entreprise constate que ses projets d’autoproduction avec des éoliennes battent de l’aile et elle craint qu’ils ne soient pas prêts pour le lancement de l’usine en 2030.

Mais ce n’est pas gagné d’avance pour le projet de quatre milliards de dollars, car, selon nos sources, Hydro-Québec a rendu un avis défavorable à l’allocation de davantage de mégawatts pour TES Canada.

L’entreprise avait déjà obtenu un bloc de 150 mégawatts afin de compléter son autoproduction à partir de 133 éoliennes en Mauricie. Selon nos informations, TES Canada a demandé à Québec une rallonge de 100 autres mégawatts.

Les industriels sont attirés par l’électricité verte et abordable du Québec, mais le nombre de mégawatts disponibles est limité. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

TES Canada veut produire 70 000 tonnes d’hydrogène vert dès 2030. Pour cela, elle a besoin d’une grande quantité d’électricité qu’Hydro-Québec ne peut pas entièrement lui fournir.

Le problème, pour la compagnie, c’est que ses projets d’autoproduction éolienne peinent à obtenir l’acceptabilité sociale dans les MRC de Mékinac et des Chenaux.

Exemples de résultats de référendums consultatifs sur les éoliennes :

  • Saint-Tite : 68 % contre
  • Sainte-Thècle : 69 % contre
  • Saint-Luc-de-Vincennes : 85 % contre
  • Saint-Maurice : 91 % contre

La hauteur des éoliennes projetées par TES Canada est d’environ 200 mètres, soit une hauteur plus haute que la place Ville-Marie.

Photo : Radio-Canada

TES Canada confirme

Le gouvernement nous a demandé de maximiser l’acceptabilité sociale du parc éolien, tout en livrant la relance économique promise à la région, dit le PDG de TES Canada, Éric Gauthier, dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada.

Nous sommes [rendus] à [l’étape d’]évaluer la possibilité de prendre plus de temps pour développer et améliorer le parc éolien en collaboration avec les communautés locales.

Une citation de Éric Gauthier, PDG de TES Canada.

M. Gauthier confirme qu’un bloc temporaire [d’électricité], venant s’ajouter au bloc permanent de 150 mégawatt, est actuellement en discussion afin de permettre la transition entre la mise en service de l’usine de production d’hydrogène et la mise en service, plus tardive, du parc éolien.

Le PDG de TES Canada, Éric Gauthier (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Le gouvernement aura le dernier mot

Même si Hydro-Québec a rendu un avis défavorable, la décision revient au ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) et sa ministre Christine Fréchette. C’est elle qui alloue les mégawatts.

Le gouvernement Legault a maintenu son appui au projet, malgré les résultats de référendums locaux.

Le cabinet de la ministre Fréchette n’a pas voulu nous dire s’il va accepter la demande de TES Canada. Il nous a renvoyé vers les fonctionnaires du ministère.

La porte-parole du MEIE Félicia Nicole nous a écrit que le ministère ne commente pas sur les dossiers relatifs aux demandes d’autorisation pour le raccordement d’un projet d’une puissance de 5 mégawatts et plus qui sont ou pourraient être en analyse.

La ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, a la responsabilité d’attribuer les mégawatts aux entreprises. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Le gouvernement Legault voit dans le projet de TES Canada un bon moyen pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport lourd et pour décarboner l’économie du Québec.

Le projet est entièrement privé, sans subventions gouvernementales. France Chrétien Desmarais est présidente du conseil d’administration et cofondatrice de TES Canada.

L’entreprise affirme que son projet générera 5,5 milliards de dollars de retombées économiques et créera 3000 emplois directs et indirects.

Des maires en faveur d’une électricité fournie par Hydro-Québec

Je comprends TES Canada de voir que ça va être très difficile, voire impossible, dans la situation actuelle, réagit le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, lorsque nous l’informons de la situation.

M. Bruneau rappelle que lui et d’autres maires demandent depuis des mois que l’électricité pour le projet provienne directement d’Hydro-Québec.

Le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, a vu 91% de ses citoyens voter contre les éoliennes de TES Canada. (Photo d’archives).

Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau

On suggère au gouvernement, plutôt que d’installer des éoliennes à travers nos territoires agricoles, de prendre les mégawatts dans ces quantités-là et d’aider TES Canada, si c’est ça leur intention.

Une citation de Gérard Bruneau, maire de Saint-Maurice

De son côté, le Front commun pour la transition énergétique, qui regroupe 85 organisations (groupes environnementaux, syndicaux, communautaires, etc.), estime que le projet ne mérite pas de recevoir de précieux mégawatts d’Hydro-Québec.

[Étant donné que] c’est un projet qui produit de l’hydrogène, qui a une efficacité très douteuse, qui a un coût très important, dont la rentabilité est [contestée], on se demande si c’est là qu’on devrait mettre nos mégawatts, dit sa représentante Mélanie Busby.

Elle rappelle que des chercheurs ont mis en doute la viabilité commerciale de TES Canada.

Selon le Front commun pour la transition énergétique, les rares mégawatts d’Hydro-Québec encore disponibles pour des projets industriels devraient aller en priorité à des entreprises déjà établies au Québec qui veulent décarboner leurs procédés.

À lire aussi :

2 « J'aime »

Projet Mauricie : TES Canada demande un bloc d’énergie à Hydro-Québec pour son usine d’hydrogène

Face à la contestation citoyenne, TES Canada sollicite Hydro-Québec pour obtenir 100 mégawatts supplémentaires.

Cette demande vise à sécuriser l’alimentation de sa future usine d’hydrogène à Shawinigan tout en mettant temporairement sur pause son controversé projet de parc éolien en Mauricie.

Reportage d’Éliane Doucet

À lire également : L’attribution de blocs d’énergie dénouerait-elle l’impasse pour TES Canada? | Radio-Canada

:rage:

Après avoir demandé en mai 2025 aux promoteurs du projet éolien Des Neiges « secteur Ouest » de réviser leurs plans pour « éviter complètement » la construction d’éoliennes et de routes dans l’aire de répartition des caribous de Charlevoix, les experts du ministère de l’Environnement du Québec ont révisé leur position en octobre. Ils appuient maintenant la construction d’infrastructures dans « une section » de ce territoire.

Le « secteur Ouest » est la seule phase du mégaprojet éolien Des Neiges, évalué à trois milliards de dollars, qui n’a pas encore été autorisée par le gouvernement Legault. Ce dernier a donné le feu vert au « secteur Sud », qui empiète sur l’« habitat essentiel » d’une espèce d’oiseau en « situation critique », et au « secteur Charlevoix », qui pourrait menacer le rétablissement des derniers caribous de la région.


Le gouvernement Legault a autorisé la construction d’éoliennes dans l’habitat des derniers caribous de Charlevoix malgré des mises en garde répétées de ses propres experts et une évaluation environnementale estimant que le projet menace directement la survie des cervidés. Québec s’en remet à un futur « plan d’action » des promoteurs, qui prévoient commencer la construction du projet en janvier, pour réduire les impacts sur ces caribous. Ceux-ci sont actuellement condamnés à la captivité faute de milieux naturels convenables.

Hydro-Québec, Énergir et Boralex se sont associés pour développer le mégaprojet éolien des Neiges, divisé en trois secteurs, dont le « secteur Charlevoix ». Les promoteurs prévoient construire un total de 10 éoliennes (sur les 57 du projet) et 18 kilomètres de chemins dans l’habitat des caribous.

Dans leurs échanges avec les promoteurs, les scientifiques des gouvernements du Québec et du Canada avaient pourtant insisté à de multiples reprises sur la nécessité de protéger « l’aire de répartition » des cervidés, et donc d’éviter la construction d’infrastructures qui créeront de « nouvelles perturbations permanentes ». Ils ajoutaient que des éoliennes sont prévues dans des zones qui devraient devenir des « refuges » pour l’espèce dans un contexte de réchauffement climatique.

5 « J'aime »

Vent de discorde en terre privée au Témiscouata

La visite de promoteurs éoliens dans des villages du Bas-Saint-Laurent a provoqué des remous dans les chaumières. Habituée aux parcs éoliens dans des territoires peu habités, la région pourrait voir pousser des éoliennes à proximité de résidences. Une possibilité qui suscite espoir et division, mais qui relance surtout le débat sur le développement accéléré de la filière éolienne au Québec.

Résumé

La poudrerie caresse les routes forestières désertes de Saint-Elzéar-de-Témiscouata, en cette froide matinée de décembre. Au loin, la rotation rapide des pales d’éoliennes des parcs Témiscouata I et II se démarque dans le ciel blanc d’hiver.

Ces hélices, Benoît Caron les voit depuis chez lui. Et elles ne lui causent aucun désagrément. J’ai fait exprès pour aller virer autour de ça et aller voir les installations. C’est de toute beauté, s’émerveille l’acériculteur, rencontré dans sa demeure.

L’octogénaire se souvient même d’avoir vu des traces d’orignal lors d’une de ses balades sous les mastodontes d’acier. Y’a des gens qui disaient qu’on allait entendre le bruit… Mais oublie ça. Quand il fait un vent du Nord, tu entends pas mal plus le vent que les éoliennes, certifie M. Caron.

Benoît Caron ne semble pas irrité par la présence des éoliennes dans sa cour arrière. Il est emballé par le fait que de tels projets puissent aussi profiter à la municipalité et à la MRC.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Bref, le parc éolien voisin ne semble pas trop dérangeant pour lui. Et il se montre même ouvert à ce que d’autres éoliennes puissent pousser chez lui, sur un lopin de terre lui appartenant en forêt.

Publicité

AILLEURS SUR INFO : Un accusé dans l’affaire Ryan Wedding s’apprête à demander d’être libéré sous caution

Au printemps dernier, l’acériculteur a reçu la visite de représentants d’une entreprise éolienne. S’ils ne venaient que pour étudier le potentiel d’un lot lui appartenant, ils n’ont pas caché vouloir y implanter deux éoliennes, selon ce que rapporte Benoît Caron.

De chez lui, l’homme peut aussi apercevoir la ligne de transmission d’Hydro-Québec, traversant son terrain depuis plusieurs années. Des pylônes pour lesquels ils vont t’exproprier sans jamais donner 5 cents en retour, regrette M. Caron.

Mais il se montre moins réfractaire à la possibilité de participer à un projet éolien, qui pourrait lui rapporter gros en redevances. Il n’a pas voulu nous dire combien, mais, selon nos informations, elles se chiffreraient en dizaines de milliers de dollars par année. Y as-tu pensé, la valeur d’un lot que je te vends demain matin? Tu as une éolienne dessus… Il n’y a pas de limites!, sourit l’homme.

Étant donné que t’as des installations comme ça qui vont t’aider à vivre, à améliorer ta situation, tu peux pas être contre ça.

Une citation de Benoît Caron, acériculteur de Saint-Elzéar-de-Témiscouata

En ajoutant les projets éoliens réalisés et ceux dans les cartons, le Bas-Saint-Laurent pourrait compter un millier d’éoliennes sur son territoire. (Photo d’archives)

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

C’est pourquoi l’homme a accepté de signer une entente avec le promoteur lui accordant l’exclusivité d’arpenter son terrain pour les prochaines années. L’octroi d’option pourrait éventuellement aboutir à la construction d’éoliennes ou de chemins forestiers sur sa terre, si le projet est retenu dans le cadre d’un appel d’offres d’Hydro-Québec.

Publicité

Des éoliennes chez le voisin

Le Témiscouata semble convoité pour la prospection éolienne. La MRC signale avoir rencontré quatre ou cinq groupes de promoteurs pour différents projets dans les cartons. Parmi ces entreprises, Boralex projette d’ériger des turbines sur le territoire des municipalités de Saint-Elzéar-de-Témiscouata, Packington, Saint-Eusèbe et Témiscouata-sur-le-Lac.

Boralex se garde bien de révéler le moindre détail sur le projet, comme le nombre d’éoliennes ou la puissance installée, puisqu’il demeure préliminaire. L’entreprise effectue toutefois des représentations pour construire les parcs éoliens. Selon ce qu’on peut lire sur le mandat de lobbyiste de Boralex, Des Pionniers et Bas-Saint-Laurent [sont] des projets éoliens pouvant atteindre 400 MW.

Au Bas-Saint-Laurent, les nombreux parcs éoliens ont en bonne partie poussé dans des territoires peu fréquentés. Mais le projet Des Pionniers pourrait être un des rares à s’implanter à proximité de résidences, majoritairement en terrain privé.

L’entreprise se dit bien sensible à cette nuance, elle qui mène des projets similaires dans le sud du Québec. L’idée, c’est qu’on soit le meilleur voisin possible, répète en entrevue la conseillère principale en relations avec la collectivité et communications chez Boralex, Geneviève Fortin-Blanchard.

Le projet éolien s’implanterait notamment sur le territoire du village de Packington, qui compte un peu plus de 500 habitants.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Des représentants de promoteurs éoliens ont visité bon nombre de propriétaires dans des villages de ce coin du Témiscouata. Mais le sujet est délicat. Certains d’entre eux – qu’ils aient accepté ou non de signer une entente – n’ont pas voulu nous accorder d’entrevue, par crainte de représailles envers leurs entreprises.

C’est compréhensible. C’est un sujet qui a polarisé notre municipalité, se rappelle Étienne Gendron, résident de Packington qui a dit non à une éolienne dans sa cour. Co-porte-parole du comité citoyen Éoloin, opposé au développement éolien à proximité de résidences, il a appris que ses voisins n’ont pas été approchés pour ce projet, une situation qui l’a interpellé.

Parce que, dans le fond, pourquoi on a été rencontré? C’est qu’on a la chance d’avoir une terre. Donc, tous les citoyens qui n’ont pas la chance d’avoir une terre sont tassés de la discussion, et n’ont aucun mot à dire sur l’implantation de structures industrielles de 200 mètres. Une taille deux fois plus haute que nos montagnes, prend-il le soin d’ajouter.

«Les parcs éoliens, c’est une chose. Un étalement éolien dans les villages, c’en est une autre», plaide Étienne Gendron.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Tes voisins vivent le même désagrément, le même bruit, les mêmes risques pour l’eau potable, les mêmes risques pour la santé. […] Je trouve cette façon de faire là un peu cavalière, d’aller par en dessous, en catimini, aller chercher l’assentiment du plus de gens. Il y a quelque chose d’antidémocratique là-dedans.

Une citation de Étienne Gendron, citoyen de Packington et co-porte-parole du comité citoyen Éoloin

C’est aussi ce qu’avance une étude publiée récemment par l’IRIS, qui conclut que la filière éolienne au Québec manque de transparence et de planification. Le chercheur Krystof Beaucaire, auteur de l’étude, précise que ces rencontres privées avec les propriétaires ont pour effet de mettre davantage la population à l’écart, de sorte que le processus de planification [des projets éoliens] peut encore plus facilement éviter les consultations publiques.

Boralex se défend en réitérant en être au tout début du projet éolien et qu’elle doit d’abord vérifier sa faisabilité sur le plan technique. L’entreprise laisse néanmoins entendre que des compensations pourraient être versées aux voisins de ces éoliennes, ou qu’elle pourrait mettre en place des mesures d’atténuation, comme des murs végétaux.

En plus des projets privés, Hydro-Québec s’est aussi lancée dans la conception de mégaprojets éoliens, dont deux au Bas-Saint-Laurent. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

D’autre part, elle promet de consulter la population en amont, soit avant la soumission du projet à un appel d’offres en énergie éolienne, histoire de lutter contre le sentiment que tout est décidé d’avance. C’est de notre responsabilité d’enlever cette impression-là, admet Mme Fortin-Blanchard. Ça va être au niveau des communications qu’on va devoir [s’]améliorer.

Si, par exemple, personne ne veut de ce projet-là, on ne va pas le déposer en appel d’offres, c’est la réalité sur le terrain. On n’est pas là pour forcer un projet dans la gorge de qui que ce soit.

Une citation de Geneviève Fortin-Blanchard, conseillère principale en relations avec la collectivité et communications chez Boralex

L’étude de l’IRIS, sévèrement critiquée par l’Alliance de l’énergie de l’Est, appelle aussi à l’organisation d’un BAPE générique afin de mieux coordonner les projets éoliens au Québec, dans un contexte où ceux-ci sont appelés à se multiplier. C’est aussi un souhait du comité Éoloin, entre autres pour éviter que les projets s’éparpillent un peu partout.

Même si l’exercice a été recommandé par plusieurs commissions du BAPE, l’idée a été rejetée par Hydro-Québec, qui s’est elle-même lancée à la conquête de ce type d’énergie. La société d’État souhaite tripler la production éolienne au Québec, en ajoutant 10 000 MW de nouvelles capacités d’ici 2035.

Des conseils municipaux face à de possibles conflits d’intérêts

Le développement éolien au Témiscouata a même empêché des conseils municipaux entiers de se prononcer sur la question. Trois d’entre eux – Saint-Elzéar-de-Témiscouata, Saint-Athanase et Packington – ont voté pour que la MRC les représente dans le dossier éolien à l’avenir afin d’éviter tout conflit d’intérêts potentiel.

Quelques élus, aussi propriétaires de lots, ont eux-mêmes été approchés par des promoteurs, mettant parfois en péril le quorum pour débattre du sujet au conseil.

On use de prudence à ce moment-là pour être sûr que les gens aient confiance dans la démarche du conseil municipal, explique le maire de Saint-Elzéar-de-Témiscouata, Réjean Deschênes. Propriétaire d’un lot, il a lui aussi été approché par Boralex pour sonder son intérêt. À quelques mois des élections municipales, il a décliné l’offre du promoteur.

Le maire de Saint-Elzéar-de-Témiscouata, Réjean Deschênes

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

L’élu fait remarquer que la réglementation entourant l’implantation d’éoliennes au Témiscouata a été rédigée il y a plus de 15 ans. En vertu de ce règlement, qui fait encore autorité aujourd’hui, toute éolienne doit être érigée à plus de 500 mètres des résidences du Témiscouata.

M. Deschênes nous montre au loin les éoliennes des parcs Témiscouata I et II, mis en service il y a 10 ans, qui mesurent 130 mètres de hauteur et peuvent produire jusqu’à deux mégawatts.

Ce sont de très petites marguerites, commente le maire. Là, on parle de 6, 7 mégawatts [de capacité installée par éolienne], donc on est totalement dans un autre jeu. Et il faut absolument que la MRC se penche sur cette nouvelle réalité.

La réalité qui est en train de nous rattraper, c’est que [les éoliennes] se rapprochent des périmètres urbains et des municipalités, renchérit Serge Pelletier, préfet de la MRC de Témiscouata, territoire surtout habitué aux projets en terre publique. On va devoir resserrer ces distances-là et faire en sorte qu’on s’éloigne davantage des résidences.

Serge Pelletier affirme qu’entre quatre et cinq promoteurs éoliens ont approché la MRC pour de possibles projets éoliens au Témiscouata. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

D’ici la fin de 2027, la MRC élaborera un règlement de contrôle intérimaire pour augmenter la distance minimale requise entre les éoliennes et les résidences. Si rien n’a encore été décidé, Serge Pelletier qualifie la distance de 800 mètres de très minimale. En guise de comparaison, les éoliennes du projet controversé de TES Canada en Mauricie sont prévues en moyenne à 1300 mètres de distance.

Il semble toutefois que la MRC de Témiscouata aura le luxe du temps pour modifier sa réglementation. En tenant compte de la ligne de transmission d’Hydro-Québec qui approche de la saturation, plusieurs années pourraient s’écouler avant la réalisation du prochain parc éolien, mis à part ceux déjà retenus dans le cadre d’appels d’offres. L’apparition de nouvelles pales dans le paysage devrait ainsi attendre la finalisation de la seconde autoroute d’électricité, prévue entre 2034 et 2036.

Ajoutons que le nouvel appel d’offres en énergie éolienne que lancera Hydro-Québec en mars ne concerne pas les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Donc, il n’y a à peu près pas de potentiel de projets de développement éolien en 2026, résume Serge Pelletier.

Une sorte de pause qui pourrait être salutaire pour l’avenir du développement éolien au Québec, espère Étienne Gendron, qui réitère son souhait d’assister à une vaste consultation sur la filière dans la province.

C’est où que ça va arrêter? On en met combien, des parcs?

À lire aussi :

Feu vert pour un parc éolien dans La Matapédia

Le gouvernement du Québec autorise la construction du parc éolien du Canton MacNider, qui prévoit l’installation de 20 turbines à Saint-Damase et Saint-Noël, dans La Matapédia. (Johanne Fournier/Collaboration spéciale)

Le gouvernement du Québec autorise la construction du parc éolien du Canton MacNider, qui prévoit l’installation de 20 turbines à Saint-Damase et Saint-Noël, dans La Matapédia. Le projet promet d’importantes retombées économiques sur la région.

Résumé

Développé en partenariat par Clearlight Energy et l’Alliance de l’énergie de l’Est, le parc éolien Canton MacNider a obtenu l’autorisation gouvernementale nécessaire pour amorcer sa construction. Situé dans les municipalités de Saint-Damase et de Saint-Noël, au Bas-Saint-Laurent, le projet comprendra 20 éoliennes d’une capacité installée de 122,32 mégawatts.

Cette autorisation fait suite au rapport favorable du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, qui a été publié en septembre, à l’issue des audiences tenues en 2025.



Retombées de 40 millions de dollars

Le président de l’Alliance de l’énergie de l’Est ne cache pas sa satisfaction. «On avait quatre projets qui étaient en attente pour un décret gouvernemental, réagit Michel Lagacé. On a reçu ceux de MacNider et de Madawaska.»

L’investissement total pour la construction du parc éolien du Canton MacNider s’élève à près de 400 millions de dollars. Selon M. Lagacé, la MRC de La Matapédia pourrait bénéficier de retombées économiques locales substantielles. «On pense qu’on peut aller chercher l’équivalent de 10 % en retombées économiques locales. Ce sont 40 millions de dollars pour les entreprises de la région.»

Tours fabriquées à Matane

Le projet mise sur l’expertise locale. L’ensemble des tours d’éoliennes sera fabriqué par l’usine de Marmen de Matane.

«Quand on parle de circuit court, ce serait difficile d’avoir plus court que Matane par rapport à Saint-Damase et Saint-Noël, s’enthousiasme M. Lagacé. C’est vraiment une bonne nouvelle.»

Les 20 tours d’éoliennes du parc éolien du Canton MacNider seront fabriquées à l’usine de Marmen de Matane. (Johanne Fournier/Collaboration spéciale)

150 emplois

Au plus fort de la phase de construction, environ 150 travailleurs seront simultanément mobilisés sur le site. Dès l’obtention des autorisations finales attendues incessamment, les travaux commenceront par le déboisement.

«Après, ce sont les travaux du réseau collecteur, de fibre optique, de chemins d’accès, du bâtiment d’exploitation et d’entretien, énumère le président de l’Alliance. Il va y avoir beaucoup de travaux qui seront réalisés cet été, pour une mise en service en décembre 2026.»



Redevances importantes pour les municipalités

Les communautés d’accueil bénéficieront de redevances annuelles indexées. Saint-Damase recevra 235 000 dollars par année, tandis que Saint-Noël touchera 155 000 dollars annuellement.

Regroupant 209 collectivités et territoires répartis entre la MRC de Montmagny et les Îles-de-la-Madeleine, incluant la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, les actionnaires de l’Alliance de l’énergie de l’Est se partageront près de 27 millions de dollars en bénéfices.

Parc éolien de la Madawaska

À la fin décembre, le gouvernement du Québec a donné son feu vert au parc éolien de la Madawaska, au Témiscouata. Ce projet de 270 mégawatts comprendra 40 turbines à Dégelis et 5 à Saint-Jean-de-la-Lande.

Environ 300 personnes travailleront à la construction de ce parc, qui créera 10 emplois permanents en phase d’opération. Les communautés d’accueil recevront 1,54 million de dollars dès la première année, un montant qui pourrait atteindre 46 millions sur les 30 ans de durée de vie du projet.



Deux projets en attente

Pour Michel Lagacé, l’attente se poursuit pour deux autres projets. «On va souhaiter d’avoir les deux projets suivants rapidement, soit La Forêt domaniale et Saint-Paul-de-Montminy, puisque les échéanciers sont serrés pour la construction.»

Ces développements s’inscrivent dans le Plan 2035 d’Hydro-Québec, qui vise à doubler la production d’électricité pour répondre à la demande croissante, tout en diversifiant le portefeuille énergétique du Québec.

2 « J'aime »

Des Neiges – Secteur Charlevoix : 280 M$ pour raccorder le parc au réseau électrique

Victor Carré | Le Charlevoisien

Hydro-Québec a récemment déposé une demande à la Régie de l’énergie pour débuter la construction et l’installation des actifs requit pour l’intégration des trois parcs éoliens Des Neiges à son réseau de transport. Uniquement pour le secteur Charlevoix, les frais d’intégration au réseau sont estimés à près de 280 M$.

Résumé

C’est ce que révèle l’entente de raccordement signée en décembre 2025 par Hydro-Québec et la Société de projet BVH2, promoteur du projet.

L’intégration au réseau comprend notamment la construction d’une nouvelle ligne à 315 kilovolts (kV) d’une longueur de 0,4 km afin de raccorder le poste de départ du parc éolien au réseau. À cela s’ajoute une liaison de télécommunications indépendante pour le parc, pour répondre aux besoins de téléprotection et de télésignalisation.

Le raccordement du parc éolien nécessite également des travaux de renforcement sur le réseau de transport principal, dont l’ajout de condensateurs aux postes Laurentides, Lévis, Appalaches et Montérégie.

L’ensemble de ces chantiers sont évalués à 182 451 000 $.

À cette somme s’ajoute le montant de la contribution maximale pour le remboursement du poste de départ par Hydro-Québec, qui est de 116 109 000 $, ainsi qu’une provision de 19 % pour tenir compte de la valeur actualisée sur 20 ans des coûts d’exploitation et d’entretien des ajouts au réseau.

La mise sous tension initiale du poste de départ du Secteur Charlevoix est prévue le 24 août 2027. La mise en service commerciale est quant à elle escomptée au mois de décembre de la même année.

Rappelons que le coût total de la réalisation du projet dans le Secteur Charlevoix, qui comprend 57 éoliennes, est évalué à environ 1 milliard de dollars.

Estimé du coût des travaux

Raccordement local
Ligne de raccordement Charlevoix (0,4 km) 11 175 000 $
Télécommunications 15 626 000 $
Commande et protection 3 634 000 $
Équipements de mesurage à 315 kV 638 000 $
Renforcement du réseau de transport principal
Poste Laurentides 84 434 000 $
Poste Lévis 17 945 000 $
Poste Appalaches 39 777 000 $
Poste Montérégie 9 151 000 $
Estimation du coût total des travaux 182 451 000 $
Contribution maximale pour le remboursement du poste de départ 116 109 000 $
Montant de 19% pour tenir compte de la valeur actualisée des coûts d’exploitation et d’entretien du poste de départ – 18 539 000 $
Total estimé des frais d’intégration 280 021 000 $

Source : Entente de raccordement pour l’intégration d’une centrale au réseau d’Hydro-Québec (Parc éolien Des Neiges – Secteur Charlevoix)

Consultation

La Régie de l’Énergie traitera la demande d’autorisation par voie de consultation. Toute personne désirant participer à l’étude de la demande à titre d’intervenant doit soumettre une demande d’intervention et un budget de participation conformes au plus tard le 18 février à 12 h.

Hydro-Québec pourra ensuite commenter ces demandes par écrit au plus tard le 25 février à 12 h. Toute réplique d’une personne dont l’intervention est visée par les commentaires devra par la suite être déposée au plus tard le 4 mars à 12 h.

La Régie précisera ultérieurement les autres modalités du traitement de la demande.

1 « J'aime »

Quatrième trimestre

La production d’électricité de Boralex a augmenté de 18 % sur un an

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Lors du trimestre qui a pris fin le 31 décembre, Boralex a produit 1800 GWh d’électricité, en hausse par rapport à 1520 GWh pendant la même période lors de l’exercice précédent.

Le prochain appel d’offres d’Hydro-Québec tomberait pile dans les cordes de Boralex, qui entend déposer une soumission, indique le patron du producteur d’énergie renouvelable.

La société d’État mène actuellement des consultations publiques en vue de lancer au printemps un appel d’offres pour des projets éoliens de plus de 150 mégawatts (MW).

« C’est typiquement aligné avec notre historique de développement, avec notre expérience et les relations que nous avons avec les communautés autochtones », a dit le président et chef de la direction de Boralex, Patrick Decostre, vendredi, en conférence téléphonique avec les analystes.

« C’est vraiment un projet typique pour Boralex et nous allons présenter une soumission », ajoute-t-il.

Boralex, qui est également présente aux États-Unis, en France et au Royaume-Uni, prévoit multiplier les chantiers au cours des prochaines années.

La société québécoise s’est donné l’objectif de doubler sa puissance installée en cinq ans, pour atteindre 7 gigawatts (GW) en 2030. Elle prévoit investir près de 8 milliards pour atteindre cet objectif.

Cela représente une croissance annuelle moyenne de 10 % à 15 %, précise l’analyste Baltej Sidhu, de la Financière Banque Nationale.

« Avec un bilan financier solide et le recyclage de capital (vente de parcs existants) comme possibilité de financement, Boralex devrait être en bonne posture pour atteindre ses ambitions de croissance, tout en protégeant sa flexibilité financière », écrit l’analyste dans une note.

Production décevante

Résumé

Au quatrième trimestre, Boralex a enregistré une hausse de 18 % de sa production d’électricité à 1800 gigawattheures (GWh), mais cette progression n’était pas suffisante pour satisfaire les attentes.

L’entreprise attribue cette augmentation à des conditions de vents plus favorables et à la contribution des nouveaux sites mis en service en Europe et au Canada.

La production au quatrième trimestre est tout de même 5 % inférieure à la production anticipée (un indicateur de l’entreprise qui tient compte des conditions météorologiques moyennes prévues à long terme).

Les conditions de vents se sont améliorées en 2025 en Amérique du Nord, souligne M. Decostre. « Par contre les niveaux de vents ont été inférieurs à nos attentes aux États-Unis et en France. Pour cette raison, notre performance financière est en dessous nos attentes [pour l’année 2025]. »

Les résultats financiers du quatrième trimestre, pour leur part, sont légèrement sous les attentes des analystes financiers.

Le bénéfice combiné avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) atteint 203 millions, comparativement à 191 millions à la même période l’an dernier.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un BAIIA de 208 millions, selon une recension de Desjardins Marché des capitaux. « Les prévisions des analystes se situaient entre 201 millions et 227 millions », souligne son analyste Brent Stadler.

M. Stadler croit, malgré tout, que le titre de Boralex est sous-évalué, tandis que l’industrie a été malmenée en Bourse en raison de l’hostilité de l’administration Trump aux énergies renouvelables.

« Nous pensons que les investisseurs vont se rendre compte de la valeur des flux de trésorerie générés par les contrats et que c’est une entreprise à détenir en portefeuille », écrit l’analyste dans une note.

Boralex a affiché un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 14 millions, comparativement à une perte de 16 millions l’année précédente.

Les revenus, pour leur part, se sont élevés à 241 millions, en hausse de 6 % par rapport à 228 millions au quatrième trimestre de 2024.

L’action de Boralex perdait 0,26 $, ou 0,93 %, à 27,05 $ à la Bourse de Toronto en après-midi.

1 « J'aime »

Dans une lettre envoyée mardi au gouvernement de François Legault, 12 maires et 52 conseillers municipaux de la Mauricie « ferment la porte au projet de TES Canada », qui prévoit la construction de 133 éoliennes. Pendant ce temps, l’entreprise avoue qu’elle a « sous-estimé l’intensité » de l’opposition.

Dans la lettre consultée par Radio-Canada, les 64 élus affirment que la population ne veut pas du projet de TES Canada.

Les réunions publiques, les consultations, un sondage, des référendums et les dernières élections municipales en sont la preuve, selon ces élus. Plusieurs d’entre nous ont été élus avec un mandat explicite : mettre fin à ce projet, soutiennent les signataires.

Quatre référendums ont été menés dans les derniers mois et, chaque fois, l’opposition l’a emportée. Saint-Tite a voté contre à 68 %, Sainte-Thècle à 69 %, Saint-Luc-de-Vincennes à 85 % et Saint-Maurice à 91 %.

Mais TES Canada maintient le cap et le gouvernement Legault continue officiellement d’appuyer le projet .
[…]

Texte de la Presse canadienne publié sur le site de la Presse

Éoliennes de TES Canada | Le gouvernement caquiste défend ses élus

Le gouvernement caquiste défend le travail de ses députés et « respecte le travail du promoteur » dans le dossier controversé de TES Canada, un projet d’usine d’hydrogène de plus de 4 milliards qui doit être alimenté avec ses propres éoliennes et son parc éolien en Mauricie.

Le projet est actuellement contesté dans plusieurs localités et 64 élus des MRC de Mékinac et des Chenaux ont signé une lettre adressée au gouvernement le 10 mars dernier pour fermer la porte aux éoliennes.

À la période des questions, mardi, le député péquiste Pascal Paradis a déploré l’absence de réponse du gouvernement, alors que toute la Mauricie est représentée par des députés caquistes.
[…]

1 « J'aime »

Texte de la Presse canadienne publié par Radio-Canada

Des agriculteurs, des élus municipaux et des syndicats unissent leurs voix pour dénoncer les projets d’implantation d’éoliennes en terres agricoles et demandent à Hydro-Québec de suspendre son appel d’offres éolien prévu au début du mois d’avril.

Les terres agricoles n’occupent que 2 % du territoire québécois et, pour l’Union des producteurs agricoles (UPA), ces terres ne doivent pas servir à l’implantation de projets éoliens.
[…]

Au Québec, on dédie 40 000 hectares de terres agricoles pour du maïs pour… faire de l’éthanol qui sert à faire avancer nos chars à essences. Une éolienne de 4MW qui tourne 35% du temps produit assez d’électricité pour environ 3000 autos électriques pour un an. Ça prend environ un hectare. Cette même quantité de maïs permet de donner le 10% d’éthanol nécessaire pour du gaz dans environ 60 voitures.

Même si seulement 10% de l’énergie produite par éolienne sert à changer un char à essence pour un char électrique, ça sera un net positif pour la quantité de terres agricoles qui sert à nourrir le Québec (ou les animaux qui nourissent le Québec I guess)

Qu’est-ce que je manque? C’est difficile pour moi de prendre cette opposition au sérieux.

9 « J'aime »

450 travailleurs recherchés pour le projet d’éoliennes dans Charlevoix

Le consortium CRT-FGL, l’entrepreneur derrière la phase charlevoisienne du mégaprojet éolien Des Neiges, passe en mode recrutement. Il cherche à embaucher 450 travailleurs de divers horizons, au moment où les logements disponibles se font rares dans Charlevoix.

Opérateurs de machinerie, charpentiers-menuisiers, cimentiers-applicateurs, électriciens, monteurs de ligne : toutes ces spécialisations sont recherchées par CRT-FGL, sans compter plusieurs autres emplois dans le secteur administratif.

L’inventaire est assez large. On a vraiment un gros besoin qu’il va falloir combler d’ici cet été, explique Jean-Philippe Martel, chargé de projet pour CRT-FGL.

Qu’est-ce que le mégaprojet éolien Des Neiges?

Trois parcs éoliens de 400 MW doivent voir le jour d’ici 2030 sur le vaste territoire de la Seigneurie de Beaupré. La phase 2, celle de Charlevoix, prévoit la construction de 57 éoliennes d’une hauteur de 200 mètres et de 7 MW chacune.

Le consortium, formé des entreprises CRT Construction et Groupe Gilbert, a profité du Salon Emploi Charlevoix organisé à Saint-Irénée pour aller à la rencontre de potentiels travailleurs. Il s’engage d’ailleurs à prioriser l’embauche locale lors de son processus d’embauche.

On a reçu énormément de CV, on fait beaucoup de publicité sur les plateformes de réseaux sociaux. On est chanceux, les gens répondent à la demande, souligne Jean-Philippe Martel.

Ils étaient nombreux à se présenter au kiosque de CRT-FGL pour en apprendre davantage sur les emplois offerts.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Marschall

Plusieurs des postes à combler sur le chantier sont saisonniers, tandis que d’autres postes permanents sont également offerts aux candidats du secteur administratif.

(…)

2 « J'aime »

Merci pour cet excellent point. En plus le gouvernement subventionne beaucoup la production d’éthanol car elle n’est pas rentable sinon. Je n’ai pas les chiffres à l’appui mais si on pourrait utiliser cet argent pour la transition énergétique…

3 « J'aime »

Et si on regarde les raisons officielles pour faire de l’éthanol on se rend compte que c’est ridicule et que les éoliennes font mieux la job

Énergie solaire: Hydro-Québec veut se servir de la neige pour produire plus d’électricité

La lumière réfléchie par la neige augmenterait jusqu’à 20 % l’efficacité des panneaux solaires et des chercheurs d’Hydro-Québec testent les meilleures technologies pour en faire une source d’électricité rentable.

« Il y a plus de soleil qu’on pense au Québec. Et la neige peut augmenter la performance des panneaux solaires. Pourquoi s’en priver ? » demande l’ingénieur Ahmed Daoud en entrevue avec Le Journal.

Pour y arriver, lui et son équipe de l’Institut de recherche en électricité d’Hydro-Québec ont utilisé des panneaux à deux faces. L’un des côtés capte la lumière directe du soleil alors que l’autre emmagasine l’énergie provenant de la réflexion sur la neige.

Grâce à cet ingénieux système, la performance des panneaux peut être bonifiée de 5 à 20 % selon les conditions.

Si la plupart des gens pensent que le Québec est moins gâté en heures d’ensoleillement que le reste de la planète en raison de notre long hiver, les études démontrent que notre ciel n’est pas si sombre.

Les heures d’ensoleillement sont comparables à celles d’un pays comme l’Allemagne, un leader mondial qui a investi massivement dans le solaire depuis 2000. Aujourd’hui, 18 % de son énergie provient du soleil.
[…]

2 « J'aime »