Électrification des transports

Électrification des transports : un gros joueur au Québec d’ici six mois

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, mise sur le développement de l’industrie automobile électrique.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Rousselhttps://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1743805/economie-innovation-ministre-fitzgibbon-transport-electrique-investissement
Hugo LavalleHugo LavalléePublié hier à 4 h 02

Le Québec devra agir très vite s’il veut se tailler une place de choix dans l’industrie du transport électrique. « Le train est sorti de la gare », met en garde le ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon, en entrevue à Radio-Canada.

Il espère annoncer dans les six prochains mois qu’une grande entreprise du secteur des batteries aura choisi de s’installer au Québec.

Pour le ministre, il n’y a pas une minute à perdre. Alors que de nombreux pays mettent de l’avant des plans de relance verte, assortis de milliards de dollars de subvention, la compétition est féroce pour attirer les entreprises et développer les brevets.

, assure-t-il.

Mais même si plusieurs États sont engagés dans la course, Pierre Fitzgibbon estime que le Québec est en bonne posture pour rafler la mise, et ce, particulièrement dans le contexte actuel. Le ministre évoque entre autres les ressources naturelles dont dispose le Québec – lithium, nickel, graphite, cobalt –, ressources qu’il serait possible de transformer ici.

La séduction nord-américaine

Pas question, toutefois, pour le Québec de se lancer dans la fabrication d’automobiles. , tranche le ministre.

Un contenu vidéo est disponible pour cet articleLe Téléjournal avec Pascale NadeauTransport électrique au Québec : vers un coup d’accélérateur?

Il est en revanche moins catégorique sur la localisation de l’assemblage des batteries :

Si espérer vendre des batteries à des constructeurs automobiles basés dans le sud des États-Unis semble peu plausible, en fabriquer pour les usines ontariennes semble plus probable.

Le mois dernier, les premiers ministres du Canada et de l’Ontario ont annoncé un investissement de 590 millions de dollars pour convertir une usine de montage d’Oakville afin qu’elle fabrique des véhicules électriques.

, évoque le ministre, qui précise en avoir déjà parlé avec le premier ministre ontarien.

Le ministre réitère être prêt à engager de grosses sommes d’argent public pour soutenir l’industrie – jusqu’à 2 milliards de dollars. En plus du développement des batteries, il identifie deux créneaux porteurs : le recyclage des composantes de batteries en fin de vie et le développement de véhicules autonomes, électriques et intelligents.

Il donne en exemple le projet de tracteur autonome Elmec, auquel le ministère a octroyé 4,1 millions de dollars. Le véhicule pourra à terme effectuer des tâches agricoles, qui sont présentement réalisées avec des tracteurs au diesel.

, fait-il valoir.

Un contenu vidéo est disponible pour cet articleImage: https://ici.radio-canada.ca/audio-video/lib/img/extraits/HR/2020-10-23_23_56_21_WOCHIT_000_01.jpegwochitLe tracteur électrique autonome développé par Elmec

Le tracteur électrique autonome développé par Elmec

Un tracteur électrique, autonome et intelligent

L’entreprise Elmec, établie en Mauricie, développe présentement un tracteur électrique, autonome et intelligent, capable de sarcler les champs sans conducteur.

La compagnie a déjà construit un prototype, et une subvention de 4,1 millions lui permettra maintenant de construire des répliques commerciales de son nouvel engin.

, explique l’ingénieur en chef du projet, Samuel Pittet. Il ajoute cependant que, d’un strict point de vue financier, le choix de l’électricité s’est avéré plus économique qu’un moteur à essence.

, explique Marc-Antoine Legault, de l’Institut du véhicule innovant, qui a également contribué au projet.

Une chaîne faite de plusieurs maillons

Pour réussir à percer sur la scène nord-américaine, le Québec devra idéalement développer une expertise dans plusieurs créneaux de pointe.

, explique M. Fitzgibbon.

Les premiers maillons de la chaîne seront les plus difficiles à mettre en place, mais le ministre a bon espoir de voir les investissements s’additionner une fois les premières étapes franchies.

Le train est peut-être sorti de la gare, mais il n’est pas encore arrivé à destination.

100 bornes à recharge rapide près des IGA d’ici 2021

IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Les 100 nouvelles bornes se trouveront dans les stationnements extérieurs d’une cinquantaine de succursales IGA, qui allonge 1,75 million via ses marchands participants et son Fonds Éco.

Une centaine de bornes rapide de « troisième génération » seront installées d’ici l’automne 2021 aux abords de plusieurs supermarchés IGA au Québec et au Nouveau-Brunswick. Ottawa investira cinq millions dans ce programme co-dirigé par le Jour de la Terre, qui allonge pour sa part huit millions.

Publié le 24 novembre 2020 à 11h06 Mis à jour à 13h35

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Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Notre but, c’est de marcher avant de courir. Mais mes yeux sont rivés sur l’Ontario, sur la Colombie-Britannique. On espère pouvoir traverser le Canada bientôt », a confié le président du Jour de la Terre Canada (JDT), Pierre Lussier, lors du dévoilement du réseau Rechargéco, mardi matin.

Pour l’heure, les 100 nouvelles bornes se trouveront dans les stationnements extérieurs d’une cinquantaine de succursales IGA. L’entreprise allongera 1,75 million via ses marchands participants et son Fonds Éco. Les bornes seront « universelles », en ce sens que des adaptateurs permettront à tous les modèles de véhicules de les utiliser. Elles seront disponibles 24 heures sur 24.

Ces bornes seront déployées « autant dans des régions densément peuplées que dans des endroits moins populeux », promet-on. Une vingtaine d’entre elles se trouveront dans le Grand Montréal, sur l’île de Montréal, mais aussi à Laval, à Longueuil, à Brossard ou à Dorval. Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Victoriaville et plusieurs autres villes seront aussi desservies. Une carte interactive a été mise sur pied.

Seules deux municipalités néo-brunswickoises, dont Edmundston, font toutefois partie de ce nouveau réseau pour le moment. « On va travailler là-dessus. C’est une situation temporaire », a promis M. Lussier, en affirmant que la difficulté est parfois de trouver l’équilibre entre la disponibilité des équipements et l’ouverture des marchands à accueillir les bornes.

Une ambition de longue date

La volonté d’IGA de créer son propre réseau de bornes de recharge pour les voitures électriques ne date pas d’hier. En mai 2019, La Presse révélait que 40 bornes de recharge rapide étaient déjà sur le point déjà installées dans 20 supermarchés. L’entreprise souhaitait alors obtenir l’aide des gouvernements pour aller plus loin, chaque borne coûtant autour de 85 000 $.

Éric Perreault, le vice-président construction et ingénierie du groupe Sobeys, affirme que son objectif est de combler « les trous de marché » au Québec, à l’extérieur des grands centres urbains.

Ç’aurait été facile de mettre des bornes là où on croit avoir un retour sur investissement plus rapide. Mais ce n’est pas l’objectif ; on veut démocratiser la recharge rapide.

Éric Perreault, VP construction et ingénierie chez Sobeys

En moyenne, recharger sa voiture électrique coûtera 14 $ de l’heure. Le paiement se fera via une application mobile ou par carte de crédit. M. Lussier souligne qu’une recharge complète devrait prendre seulement 20 minutes, « le temps de faire son épicerie ». Les bornes auront une puissance d’environ 62,5 kilowatts-heures (kWh). Chaque 22 du mois, les revenus d’une borne seront remis à un organisme de bienfaisance.

« C’est majeur », dit Guilbeault

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a vivement salué l’initiative. « Voilà comment on bâtit un véritable changement », a-t-il dit. Questionné par La Presse au sujet des impacts qu’aura ce programme, l’élu a apporté des précisions.

C’est selon le principe : construisez et ils viendront. Quand on fournit l’infrastructure aux gens, ils l’utilisent.

Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien

« Il y aura quelque chose comme 2000 bornes d’ici la fin de l’année au Québec, mais plusieurs ne sont pas rapides. Arriver avec 100 bornes rapides dans l’Est, c’est majeur. L’un des freins à l’usage accru de véhicules électriques, c’est justement cette préoccupation de ne pas pouvoir recharger dans un délai raisonnable. On vient répondre à un enjeu », a-t-il expliqué.

Le ministre a par ailleurs révélé qu’il recevra une voiture de fonction électrique d’ici la fin de la semaine, à Ottawa. « Je vais donc avoir besoin de ces bornes très prochainement », a-t-il dit.

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2020-11-24/vehicules-electriques/100-bornes-a-recharge-rapide-pres-des-iga-d-ici-2021.php

Cela ne semble être qu’un début… vers une plus grande facilité à l’électrification des transports. :+1: :electric_plug:

Des bornes de recharge chez Couche-Tard ?


PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE | Même si elle compte déployer un réseau de bornes de recharge dans le marché nord-américain, Couche-Tard continuera de miser sur les ventes de carburant.

(Montréal) Alimentation Couche-Tard souhaite que ses dépanneurs et stations-service offrent la possibilité de recharger des véhicules électriques et la multinationale a notamment l’intention de miser sur le Québec pour déployer son réseau.

Publié le 25 novembre 2020 à 15h42 | JULIEN ARSENAULT | LA PRESSE CANADIENNE

La chaîne québécoise estime que le savoir-faire acquis en Norvège, la capitale mondiale du véhicule électrique par habitant, où elle est présente depuis 2012, pourra l’aider à élaborer sa stratégie pour le marché nord-américain.

« Nous poursuivons nos préparatifs pour offrir des bornes à court terme dans nos principaux marchés où il y a des véhicules électriques, et le Québec et la Californie risquent d’être nos points de départ », a expliqué mercredi le président et chef de la direction de Couche-Tard, Brian Hannasch, dans le cadre d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre.

Celui-ci n’a toutefois pas offert d’échéancier ainsi que de précisions entourant les emplacements ainsi que le nombre de bornes qui seront installées. Mercredi après-midi, l’entreprise établie à Laval n’avait pas répondu à une demande d’information à cet effet.

Selon les plus récentes données de l’Association des véhicules électriques du Québec, on dénombre environ 82 000 voitures électriques dans la province, ce qui constitue plus de la moitié du parc à l’échelle nationale. Dans un plan présenté la semaine dernière, le gouvernement Legault a annoncé vouloir que la vente de nouveaux véhicules à essence soit interdite dès 2035.

« Couche-Tard dispose actuellement de plus de 500 bornes dans ses stations-service en Norvège, en plus de 2700 autres dans des maisons et bureaux », a souligné l’analyste Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux, dans une note envoyée à ses clients, à propos du réseau de la société en territoire européen.

En tenant compte de ses contrats de licence partout dans le monde, Couche-Tard comptait plus de 14 200 magasins à la fin du deuxième trimestre. En Amérique du Nord, elle exploite 9261 magasins, dont 8085 avec une station-service. Couche-Tard est présente dans 48 États au sud de la frontière.

Mais si elle compte déployer un réseau de bornes de recharge dans le marché nord-américain, la multinationale continuera néanmoins de miser sur les ventes de carburant. La pandémie de COVID-19 a eu un effet négatif sur les volumes de vente en raison des restrictions entourant les déplacements, mais M. Hannasch a dit s’attendre à retrouver des niveaux plus « normaux » d’ici six à neuf mois, lorsqu’un vaccin efficace devrait être disponible.

L’an dernier, les ventes de carburant ont représenté près de 70 % du chiffre d’affaires de Couche-Tard.

Au deuxième trimestre terminé le 11 octobre, Couche-Tard a engrangé des profits nets de 757 millions US, ou 68 cents US par action, en hausse de 30,8 % par rapport à la même période l’an dernier.

Son chiffre d’affaires a toutefois décliné de 22,1 %, à 10,7 milliards US, une performance que l’entreprise a attribuée à la baisse du prix moyen de l’essence, à l’incidence négative de la crise sanitaire sur la demande de carburant et à la cession de ses intérêts dans CrossAmerica Partners.

Les recettes tirées des ventes de carburant ont fléchi de 31,5 % à 6,8 milliards US.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté de la chaîne de dépanneurs et de stations-service s’est établi à 735 millions US, soit 66 cents US par action, par rapport à 569 millions US, ou 50 cents US par action, au deuxième trimestre l’an dernier.

Les analystes anticipaient un profit ajusté de 51 cents US par action sur un chiffre d’affaires de 11,2 milliards US, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

À la Bourse de Toronto, mercredi, l’action de catégorie B de Couche-Tard a clôturé à 42,97 %, en recul de 8 cents, ou 0,2 %

Je suis totalement favorable à l’électrification des transports, mais j’ai peur que ça devienne une excuse pour continuer le mode de vie axé sur l’automobile et la banlieue. Je vois déjà arriver le monde qui s’achète deux ou trois autos, sous prétexte qu’elles sont électriques et qu’elles ne polluent pas (ce qui est faux, elle polluent moins que les voitures à essence, mais présentent un impact non-négligeable sur l’environnement). On doit pousser l’électrification tout en développant davantage le transport en commun et les milieux de vie plus denses, qui présentent des avantages en tous points (ou presque).

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Sur ce point, je suis content de voir que beaucoup de chroniqueurs dans les médias ont parlé de l’aménagement du territoire comme point faible de la politique environnemental de la CAQ. Juste ploguer nos voitures dans une prise de courant n’est qu’une part de la solution.

La voiture individuelle aura toujours sa raison d’être. Qu’elle devienne électrique sera certainement un avantage environnemental, non seulement par l’absence d’émissions polluantes, mais aussi au niveau du bruit. Toutefois il est entendu qu’il faut absolument limiter les déplacements en zones urbaines là où les TEC répondent adéquatement aux besoins généraux des citadins.

Deuxièmement on l’a dit et répéter, l’étalement urbain est anti-environnemental et doit être circonscrit afin de protéger au maximum ce qui reste de nos terres cultivables et nos boisées pour des raisons écologiques bien évidentes. À ce point la CAQ est dans le champs et il faudra qu’elle se ravise, parce que ce genre de développement est devenu intolérable parce que non durable.

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Une nouvelle ce matin. Il y a Couche-Tard qui veut installer des bornes de recharche dans ses stations-service au Québec et en Californie. La compagnie a déjà 500 bornes dans ses emplacements en Norvège.

Plus on installera de bornes de recharge, plus on favorisera la transition vers le tout électrique. Un pas décidément dans la bonne direction. :+1:

C’est le point le plus important. Électrifier les transports c’est juste un début de solution pour les gaz à effets de serre qui proviennent des voitures.

L’aménagement est pas juste un problème environnemental. Ça amène des enjeux de santé publique, de fluidité des transports, de pertes de productivité même.

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Strictement au niveau des émissions pour le Québec c’est majeur considérant que les transports en sont la source principale ici.

Je ne suis pas sur de la validité de mes données, mais il me semble que 40% des GES émis au Québec sont attribuables aux transports.

Edit : image

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Il y a le bilan 2016 à cette adresse du gouvernement:
Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre (gouv.qc.ca)

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Clairement. On est en avance sur beaucoup de pays parce que notre production d’énergie est 98% renouvelable. Électrifier les transports ne fait que transférer les émissions polluantes vers une consommation d’électricité propre.

Le vrai défi, après, c’est de consommer moins d’énergie, point. La solution pour ça passe inévitablement par l’aménagement du territoire et des pratiques plus économes en énergie.

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On transfère un coût environnemental aux pays responsables de la production de la voiture électrique cependant, la construction de celle-ci étant beaucoup plus polluante qu’une voiture ordinaire. C’est bon pour le bilan local au Québec c’est certain (et ultimement bon pour tout le monde), mais le volume de production reste problématique globalement.

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À savoir que le 1 ou 2% d’électricité non-propre est causé par la centrale au fioul des Iles de la Madeleine. L’électricité sur le continent est 100% propre.

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Je suis d’accord avec tous les points énumérés ici mais apparemment l’auto électrique ne revient pas plus polluante que l’auto à essence.

Bien sûr, le problème va éventuellement être axé davantage sur l’étalement urbain et la congestion, et l’extraction du lithium ne sera pas sans conséquences sur l’environnement.

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Ne crois-tu pas qu’il serait pertinent de comparer l’extraction et la transformation du lithium à celle du pétrole? Je pense que la comparaison entre un véhicule à combustion interne avec un véhicule électrique est plus juste en considérant tous les systèmes contributeurs de chacun.

Y’a pas aussi la centrale à cycle combiné de Bécancour qui serait utilisée lors de pointes hivernales?

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Oui effectivement, il faut faire cette comparaison. La voiture électrique en vaut la peine, c’est pas mal certain. Visiblement le bilan est complexe, comme souligne aussi @SkahHigh dans son intervention précédente. Et il y a d’autres défis, comme cet article du Monde aujourd’hui:

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/28/pollution-les-particules-les-plus-toxiques-seraient-celles-issues-du-chauffage-au-bois-et-de-l-usure-des-freins-et-des-pneus_6061446_3244.html

L’objectif n’est pas juste de faire mieux que la voiture à essence, mais d’atteindre des cibles mondiales viables pour lutter contre le réchauffement climatique et les sources de pollution en général. Ça prend plus que la voiture électrique je pense, au final :slight_smile:.

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On ne réglera pas tous les problèmes en même temps. Il y aura nécessairement des étapes et une évolution positive avec les années. De toute façon on n’a pas le choix il faut avancer, je fais donc confiance aux recherches pour nous guider dans la bonne direction.