Il faut dire qu’on abonde en analogies douteuses dernièrement. On avait comparé Mark Carney à Kamala Harris durant la campagne fédérale. Puis, entendu hier à la télé : “Geneviève Guilbeault sera la Chrystia Freeland de François Legault”…
C’est dire que nous avons la mémoire courte (paresseuse?) et la réflexion peu poussée (paresseuse?).
J’ajoute quelques commentaires sur l’article:
Mark Carney a profité de l’effet Trump, c’est vrai.
Il me semble que ce qu’on appelle l’effet Trump, c’est plutôt l’effet Poiliévre qui a propulsé beaucoup de monde dans les bras des libéraux, surtout au Québec. L’analyse peut varier en Ontario. En gros au niveau du pays, l’appui de Poiliévre n’a pas tellement eu d’effet Carney ou Trump. Juste un effet Poilièvre. Trump aportait le confirmation bias que beaucoup attendait.
« […] Je vais être à l’écoute des gens, je vais entendre les commentaires, puis j’ajuste mes positions en fonction de ça. »
Un changement de ton majeur, mais pas d’attaque directe envers la décision controversée de sa prédécesseure.
De l’équilibrisme extrême, si vous voulez.
Est-ce de l’équilibrisme ou de l’humilité?
Aucune des annonces citées sont de l’ampleur du recul de Carney sur la taxe carbone. Ni la collecte dans MHM (projet pilote auquel on ajuste une seule saison), ni CH (projet en planification auquel on reporte l’échéance), ni le règlement connu sous le nom de 20-20-20 qui ne chicote que les promoteurs. Ce ne sont pas des annonces populistes. Au contraire, pour une personne hors-Plateau comme moi qui découvre le personnage de Luc Rabouin (à part de rares apparitions à la télé comme dans l’affaire La Tulipe), maintenant au niveau de la ville centre avec de nouveaux enjeux, j’apprends qu’il n’est pas dogmatique et qu’il semble être suffisamment humble pour s’ajuster dans le temps et dans la méthode.
Carney et les libéraux avaient repété que le recul sur la taxe carbone était nécessaire car impopulaire et n’ont rien proposé pour compenser par d’autres mesures carbone ni d’échéance ou de critères de réinstauration de la taxe.
Dans les trois cas cités de Rabouin, ce sont des ajustements de mesures à des objectifs qui restent constants.
Bon je pense que je m’arrête ici.