Édifices patrimoniaux et archéologie - Ville de Québec et région

Église de la place Royale fermée pour l’hiver | Sombre Noël dans le « berceau de l’Amérique française »

** (Québec) L’église Notre-Dame-des-Victoires, qui trône depuis 1688 sur la place Royale à Québec, a survécu aux boulets de canon des Britanniques et aux incendies ravageurs. Elle doit désormais affronter un nouvel adversaire moins brutal, mais bien réel : le manque d’argent.**

Pour une rare fois dans son histoire, l’église ne présentera pas de messe de Noël cette année. Celle de Pâques sera aussi annulée. Les lumières qui éclairent depuis quelques années la vieille église de pierres ont été éteintes. Le chauffage a été coupé.

« On n’a pas fait ça de gaieté de cœur. Les gens ont été très tristes, et nous-mêmes, on en est attristés », lâche au bout du fil Gilles Gignac, directeur général de la Fabrique de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec.

La Fabrique, qui gère trois églises, anticipe un déficit de 390 000 $ en 2025. À l’automne, elle a dû se résoudre à des mesures draconiennes. Toutes ses églises sont touchées d’une manière ou d’une autre. Notre-Dame-des-Victoires a été fermée le 26 octobre. Elle ne rouvrira que le 29 mai 2026. Le chauffage a été réduit et l’éclairage extérieur, qui enjolive depuis des années la place Royale la nuit tombée, s’est éteint.

On a maintenant un gros trou noir au milieu de la place.

M. Gignac calcule que la suspension de l’éclairage cet hiver permettra à la Fabrique d’économiser environ 1000 $.

Une histoire rocambolesque

Ici, c’est le début de la colonie, c’est le début de Québec. C’est le berceau de l’Amérique française.

Paul Labrecque, auteur du livre L’église Notre-Dame-des-Victoires : Un monument historique sur la place Royale à Québec

La Fabrique espère redresser sa situation financière. Mais les vents de face sont bien réels. Peu d’offres d’aide se sont manifestées après l’annonce de la fermeture temporaire de l’église et de son système d’éclairage.

« Ça fait plus d’un mois… Il n’y a pas de volonté locale d’aller plus loin, déplore le directeur général de la Fabrique, Gilles Gignac. C’est comme : “c’est ça qui est ça”. Je ne sais pas si on va aboutir sur quelque chose… Le milieu a exprimé sa désolation, mais ça s’est arrêté là. »

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Quelle tristesse. Je comprends que leur déficit de 390 000 $ soit difficile à gérer. Mais quand l’éclairage hivernal coûte à peine 1 000 $, et que la ville a généré 2,5 milliards de dollars de retombées touristiques en 2024… sans oublier que Destination Québec cité disposait déjà d’un budget total de 32,4 M $ en 2019 pour promouvoir la ville — dont 17,8 M $ étaient consacrés au marketing et à la promotion (probablement plus en 2025) — j’ai du mal à croire qu’on ne puisse pas trouver 1 000 $ pour illuminer un monument aussi important que cette église. Il y a clairement quelque chose qui cloche (sans jeu de mots :slightly_smiling_face:).

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Patrimoine | Un donateur anonyme rallume l’église Notre-Dame-des-Victoires

(Québec) L’église Notre-Dame-des-Victoires ne sera pas dans le noir pour Noël. Un mystérieux donateur s’est manifesté dans les derniers jours et a offert de payer pour l’éclairage extérieur de cette église qui trône dans le « berceau de l’Amérique française ».

C’est donc une petite victoire de plus à ajouter à celles qui ont donné son nom à cette église, construite en 1688 sur les vestiges de la deuxième habitation de Samuel de Champlain.

« Un généreux donateur anonyme a fait un don et l’éclairage est reparti », a indiqué dimanche le directeur général de la Fabrique de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec, Gilles Gignac.

La vieille église de pierres qui trône place Royale, à Québec, n’est toutefois pas au bout de ses peines et restera fermée pour Noël.

La Fabrique, qui gère trois églises, anticipe un déficit de 390 000 $ en 2025. Elle a dû procéder à des choix difficiles pour réduire le gouffre financier.

Elle avait donc décidé de fermer l’éclairage extérieur de l’église en octobre dernier, pour économiser environ 1000 $. Un appel à l’aide à la Ville de Québec s’était révélé vain, selon la Fabrique. La Ville confirme qu’aucun programme de financement n’existait pour aider l’église à assumer ses frais d’éclairage.

La Fabrique a aussi choisi de limiter le chauffage et de fermer les portes du lieu de culte jusqu’en mai prochain.

Notre-Dame-des-Victoires restera donc fermée jusqu’à cette date, à moins d’un revirement. C’est que plusieurs donateurs se sont manifestés dans les derniers jours et notamment quelques-uns dimanche après la parution d’un article dans La Presse.

« Des gens se manifestent pour des dons. Malheureusement, on est trop collés sur Noël pour imaginer faire une messe de Noël. Mais peut-être que Notre-Dame-des-Victoires pourrait ouvrir pour Pâques, indique Gilles Gignac. On verra. »

« Ce qui est sûr, c’est que l’intérêt des gens nous laisse croire que peut-être on pourrait éviter ces mêmes mesures en 2026, ajoute-t-il. Mais on va attendre et prendre un pas de recul. »

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à RDI ce matin

Cette église iconique du Vieux-Québec fermée temporairement, faute d’argent | Première ligne

En plus de 300 ans d’histoire, elle a survécu à des bombardements et des incendies. Mais aujourd’hui, le manque d’argent force sa fermeture pour tout l’hiver. L’église Notre-Dame-des-Victoires de la Place Royale dans le Vieux-Québec annule sa messe de Noël pour une rare fois.

Colin Côté-Paulette fait le point.

Pour en savoir plus, consultez notre article à ce sujet : L’église Notre-Dame-des-Victoires restera fermée jusqu’en mai | Radio-Canada

L’UNESCO reconnaissait il y a 40 ans la « valeur universelle exceptionnelle » de l’arrondissement historique du Vieux-Québec. Cette accolade onusienne à l’égard du berceau de l’Amérique française a non seulement fait briller aux yeux du monde la beauté de la capitale québécoise, mais aussi forgé son identité au fil du temps.

Le 3 décembre 1985, Québec devenait la première ville d’Amérique au nord de Mexico à recevoir la reconnaissance officielle de l’UNESCO. Les 135 hectares de son arrondissement historique, juché sur le promontoire du cap Diamant et étalé jusqu’à la place Royale et au Vieux-Port, formaient aux yeux de l’organisation un « ensemble urbain cohérent et bien préservé » doublé d’« un exemple exceptionnel de ville coloniale fortifiée » encore inégalé au nord du Río Grande.

Québec, ville de 185 000 âmes il y a 40 ans, rejoignait alors un panthéon peuplé par les plus belles réalisations de l’humanité : les pyramides d’Égypte, le château de Versailles, le Mont-Saint-Michel, le centre historique de Florence, entre très nombreuses autres.

À ce jour, seul le Vieux Lunenberg, en Nouvelle-Écosse, partage cette reconnaissance onusienne au Canada, et Québec héberge le siège social de l’Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM).

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reportage au Téléjournal de Québec

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L’enjeu de l’accessibilité de Notre-Dame-des-Victoires est primordial, non seulement sur le plan patrimonial, mais aussi culturel, puisque c’est le plus vieux bâtiment du Québec et du Canada. En ce sens c’est un monument de la plus haute importance qui joue concrètement le rôle de point focal de la place Royale de Québec, elle-même le coeur historique du Vieux-Québec. Église Notre-Dame-des-Victoires de Québec — Wikipédia

En l’occurrence il faudrait que la communauté d’affaires, les autorités municipales et le gouvernement provincial participent conjointement au financement de son entretien et de son accessibilité au public. Est-il besoin d’ajouter au passage que cette maintenance permanente est le meilleur moyen d’en assurer la sauvegarde et de garantir sa conservation pour un avenir durable.

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