Édifices patrimoniaux et archéologie - Ville de Québec et région

Résumé

40 ans de patrimoine mondial, une fierté à protéger

Par Valérie Gaudreau, Le Soleil

3 juillet 2025 à 04h00

Le Vieux-Québec a été désigné site du patrimonial mondial de l’UNESCO le 3 décembre 1985, il y a 40 ans cette année. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

CHRONIQUE / Québec souffle ses 417 chandelles en ce 3 juillet. Cette année marque aussi les 40 ans du Vieux-Québec comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO.


Cette désignation obtenue le 3 décembre 1985 est majeure pour Québec. Elle reconnaissait un patrimoine unique, une riche histoire francophone en Amérique du Nord.

Si vous avez un moment en ce 3 juillet, Fête de Québec, je vous invite à visionner un documentaire produit par la Ville de Québec sur les 40 ans de la désignation du Vieux-Québec.



(Tirée de la chaîne YouTube QuebecVille)

Ce film lancé le 11 juin fait partie d’une programmation qui souligne cet anniversaire tout au long de l’année avec entre autres des illuminations thématiques de la place de l’Hôtel-de-Ville tout l’été du jeudi au dimanche, l’exposition Deux siècles de luttes pour le patrimoine dans le Vieux‑Québec et des projections sur les silos du Vieux-Port du 4 septembre au 2 novembre.

Dans le documentaire, on y entend notamment le récit fort pertinent de Serge Viau. L’architecte et urbaniste de formation qui a été directeur de l’urbanisme de la Ville de Québec relate ce qui a mené à cette importante désignation en 1985, alors que Jean Pelletier était maire de Québec.

L’authenticité de la ville, ses fortifications originales préservées notamment par le gouverneur Dufferin en 1872 ont contribué à faire du Vieux-Québec le premier arrondissement historique au Nord du Mexique désigné patrimoine mondial, indique pour sa part l’historien Jean-François Caron.

Les fortifications emblématiques de Québec ont largement contribué à sa nomination sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. (Archives Le Soleil)

Mais attention, être sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l’UNESCO n’est pas un acquis.

C’est rare, mais des sites et villes ont déjà perdu leur titre dans l’histoire par des choix de développement qui ont gâché le patrimoine.

Dans le documentaire, l’archiviste David Tremblay souligne le cas de la ville de Dresde en Allemagne, retirée de la Liste en 2009.

«C’est arrivé à Dresde qui a obtenu le statut et l’a perdu par la construction d’un pont, qui selon l’UNESCO, altérait la vue sur la ville.»



Un pont? Tiens, tiens.

Un Vieux-Québec vivant

D’autres facteurs contribuent aussi à maintenir le statut de patrimoine mondial.

Le ratio entre tourisme et «vrai monde» qui habite le Vieux-Québec est un autre facteur essentiel.

Devenir une carte postale figée victime du surtourisme, non merci. Mais développer à outrance et risquer des gaffes, re-non merci.

La conseillère municipale et responsable de l’amélioration de la qualité de vie dans le Vieux-Québec, Mélissa Coulombe-Leduc, insiste sur l’équilibre à trouver pour assurer à la fois la préservation et la vitalité du secteur.



Et à ses yeux, une large part passe par ramener des résidents dans le Vieux-Québec. Elle fait son combat de voir le secteur historique véritablement habité «de manière permanente».

La conseillère municipale et responsable de la l’amélioration de la qualité de vie dans le Vieux-Québec, Mélissa Coulombe-Leduc, insiste sur l’équilibre à trouver pour assurer à la fois la préservation et la vitalité du secteur. (Archives Le Soleil)

Le développement, dit-elle, s’articule entre habitation, commerce et services de proximité, tourisme durable et mobilité.

Son administration déploie depuis 2022 un plan d’action élaboré avec les SDC, les CPE, les écoles, Parcs Canada, le milieu touristique.

«La Ville de Québec ne peut être la seule porteuse de ce plan, indique Mélissa Coulombe-Leduc. Ça passe par une communauté tissée serrée qui veille à la préservation de ce site.»

Elle promet de ramener 500 résidents dans le Vieux-Québec d’ici deux ans. L’arrondissement historique en compte environ 6000.

Dans le documentaire, Mélissa Coulombe-Leduc rappelle la stratégie pour voir par exemple des étages supérieurs de commerces de la rue St-Jean transformés en logements.

L’administration Marchand a aussi fait différentes acquisitions comme le pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague et le foyer Nazareth, le 1075, rue Saint-Jean coin Saint-Stanislas et le pavillon Collins près de l’Hôtel-Dieu. Elle souhaite ainsi mieux encadrer leur développement.

L’exemple texan à ne pas suivre

En mars, j’étais à San Antonio au Texas où Bruno Marchand et Mélissa Coulombe-Leduc participaient à une rencontre de l’Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM) dont le maire de Québec est président.

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À chacun son patrimoine mondial

Ce réseau vise notamment l’échange de bonnes pratiques. Il permet de se comparer aussi, parfois pour le mieux.

Bruno Marchand l’avait constaté à San Antonio. Malgré son riche patrimoine dont les Missions espagnoles comme la célèbre Alamo de 1720, la ville texane a trop construit.

«Ici, ils n’ont pas protégé une partie de leur patrimoine et ils en payent le prix», avait estimé Bruno Marchand à San Antonio. «La ville a plus de 300 ans, mais ils n’ont pas la qualité de patrimoine qu’on a. Pas parce qu’ils ne l’ont pas bâti, mais parce qu’ils l’ont débâti ou l’ont laissé se morceler.»

Une leçon des siècles passés. Quant à Québec, l’urbaniste Serge Viau regarde vers l’avenir avec optimisme.

«On fête le 40e anniversaire, on fêtera certainement le 80e anniversaire. La nomination est là pour rester. Les citoyens en sont fiers.»

Bonne fête de Québec!

Résumé

Le Trait-Carré, une touche ancestrale dans un milieu urbanisé

Par Céline Fabriès, Le Soleil

5 juillet 2025 à 04h00

Dans la rue du Trait-Carré est, les visiteurs peuvent aller à la découverte de maisons patrimoniales tout en faisant un arrêt à la P’tite Souris pour manger un grilled cheese. (Frédéric Matte/Le Soleil)

NOS ARTÈRES À (RE)DÉCOUVRIR / Dans le Trait-Carré, chaque promenade devient une rencontre avec le passé et le savoir-faire local.


Le Trait-Carré est né au 17e siècle, en 1665, avec la création de la seigneurie de Charlesbourg. Contrairement aux rangs linéaires typiques du Québec, les terres y sont réparties en étoile autour d’un carré d’environ 400 mètres de côté. La configuration répondait à des besoins militaires, religieux et communautaires.

Classé site patrimonial en 1965, le Trait-Carré regorge de maisons qui ont accueilli des figures marquantes de l’histoire locale.



Laurent et Gaëlle Moulin sont originaires d’un village en France. Ils sont tombés sous le charme du Trait-Carré il y a neuf ans, alors qu’ils cherchaient un local pour ouvrir leur boulangerie et leur épicerie fine de produits français.

«Le site offre un cadre magnifique. C’est un petit coin tranquille et chargé d’histoire, tout ce que j’aime», confie M. Moulin.

La maison occupée par Chocolats Favoris a été construite en 1882. L’architecture de style second Empire est marquée par une imposante toiture mansardée ornée d’une tourelle cuivrée. (Frédéric Matte/Le Soleil)

L’artisan-boulanger prend plaisir à admirer, chaque soir, la maison qui abrite Chocolats Favoris.

«Elle paraît encore plus belle en hiver», dit-il.

Un air de campagne

Dès qu’on s’engage dans le Trait-Carré, le temps semble suspendu.

«On passe de la ville sur Henri-Bourassa à la campagne», illustre Bernard Filion, résident depuis 25 ans.



«Les gens recherchent la tranquillité, mais c’est aussi agréable de pouvoir compter sur les commerçants du secteur», ajoute-t-il.

Depuis une douzaine d’années, M. Filion produit du miel à partir des ruches installées sur son terrain. Sans boutique officielle, il reçoit régulièrement des appels de clients fidèles. Son miel, Filion & Filles, est aussi vendu dans quelques magasins, dont Pomme Salade, sur la 1re Avenue.

Bernard Filion a installé des ruches sur son terrain. Les abeilles butinent dans le Trait-Carré. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Grand amateur de fromage, M. Filion rêve de voir un fromager s’installer dans le quartier.

«Jadis, il y en avait un. Il connaissait les fromages sur le bout des doigts et te recommandait toujours celui prêt à la dégustation. Il s’était installé dans l’ancienne banque et utilisait même le coffre-fort pour affiner ses fromages. Je n’en ai jamais retrouvé un aussi bon», raconte-t-il.



Artisans et passionnés

En parlant de fromage québécois, Christian Langevin, propriétaire de La P’tite Souris, prévoit bientôt en offrir. Il a ouvert son restaurant de grilled cheese dans le Trait-Carré, séduit par des loyers plus abordables qu’au centre-ville — et il ne regrette rien.

Christian Langevin prépare des dizaines de recettes pour ses grilled cheese à son restaurant La P’tite Souris. (Frédéric Matte/Le Soleil)

«J’ai tout de suite adoré ce quartier. C’est convivial, et l’accueil a été formidable depuis novembre. Le Trait-Carré est en plein essor. Je crois que c’est le prochain quartier qui va exploser à Québec.»

Depuis mardi, M. Langevin accueille de nouveaux voisins. Mélanie Ruel et son conjoint Antoine Lévesque ont ouvert La Casa des fleurs, une boutique de fleurs fraîches et de créations florales sur mesure.

«Le Trait-Carré dégage une chaleureuse ambiance. C’est une petite communauté où chacun se soutient. Je suis vraiment heureuse d’avoir trouvé ce local», se réjouit Mme Ruel.

Mélanie Ruel et Antoine Lévesque ont choisi le Trait-Carré pour ouvrir leur boutique La Casa des fleurs. (Frédéric Matte/Le Soleil)

«C’est un peu comme retourner en enfance. On croise des gens à pied, on va au café, on mange un grilled cheese, on passe chez la coiffeuse… Tout reste à portée de main. C’est un quartier historique, mais la rénovation de la bibliothèque apporte une touche 2025 très actuelle.»

Les commerçants aimeraient voir s’ajouter une poissonnerie, une boucherie, une microbrasserie.

«Il manque des magasins d’artisanat pour attirer les touristes», note Darly Calderon, copropriétaire du café gourmand Maison Padma.

Darly Calderon et Aurélien Gauthier de la Maison Padma aiment l’authenticité du Trait-Carré. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Pour réussir dans le Trait-Carré, un bon concept ne suffit pas : il faut avant tout de la passion, croit Christian Langevin.



Un avis partagé par Laurent Moulin: «Mes clients viennent de partout parce que je fais tout moi-même. Je n’utilise aucun mélange industriel», affirme-t-il fièrement.

«Dans un secteur comme ici, se diversifier est essentiel. Un magasin qui vend un peu de tout, comme l’ancien Provision inc dans Montcalm, ce serait une bonne idée.»

De gros noms

Deux enseignes bien connues ont aussi choisi le Trait-Carré: Chocolats Favoris, en 2006, lors de son expansion à Québec, et La Maison Smith, en 2023.

«Notre premier café était sur la place Royale, en plein cœur du marché touristique, mais aussi d’un ancien cœur de village. Je viens de l’île d’Orléans, alors les maisons patrimoniales me tiennent à cœur», explique Jérôme Turgeon, propriétaire de La Maison Smith.

«Mon désir, c’était de m’installer dans un quartier urbain avec une touche ancestrale, de recréer l’ambiance du perron d’église, qui devient ici celui du café.»

Keven Beaulieu (gauche), propriétaire de Madolaine, et Jérôme Turgeon (droite), propriétaire de La Maison Smith. (La Maison Smith)

Il s’est associé à Keven Beaulieu, propriétaire de Madolaine, pour acquérir la maison ancestrale jadis occupée par le restaurant Le Manoir de Charlesbourg.

«Cette maison suscite un fort attachement chez les gens. On voulait vraiment la rendre accessible, dans une ambiance plus conviviale qu’un restaurant classique», souligne M. Turgeon.

«Les résidents se réapproprient leur quartier. Ils apprécient La Maison Smith. Plusieurs craignaient un projet de condos», renchérit M. Beaulieu.

Ce dernier a repris le commerce familial et transformé l’ancienne grange adjacente en véritable lieu de vie. Environ 350 personnes suivent chaque semaine les divers cours proposés.

Faire rayonner le Trait-Carré

Autrefois au cœur de l’ancienne ville de Charlesbourg, le Trait-Carré a perdu de son importance avec les fusions municipales.



«Avec les fusions, la Ville a plutôt mis l’emphase sur le centre-ville. On a un beau centre-ville, mais maintenant c’est notre tour», affirme Jacques Thivierge, copropriétaire de La Fudgerie.

Marie-Pierre Boucher, conseillère municipale du district Louis-XIV et responsable de l’habitation et du développement social. (Caroline Grégoire/Archives Le Soleil)

Ce souhait est également celui de la conseillère municipale Marie-Pierre Boucher. «Avec les commerçants, on travaille à créer un collectif. Ce sont eux qui décideront de l’avenir de leur artère.»

Un site web et une carte interactive sont en préparation pour mettre en valeur l’histoire, les maisons patrimoniales et les commerces du secteur.

Dernièrement, l’administration Marchand a ajouté un piano public en face de l’église.

«Le potentiel de flânage est là. J’aimerais voir une station àVélo. Ce serait un beau lien avec les étudiants du cégep, pour les amener dans le quartier», propose-t-elle.

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Vue aérienne du Trait-Carré. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Vue aérienne du Trait-Carré. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Piano public et bancs à jasette en face de l’église. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Parc de la Commune. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Le Moulin des Jésuites qui se trouve sur le boulevard Henri-Bourassa. (Frédéric Matte/Le Soleil)

L’église se situe au coeur du Trait-Carré. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Les maisons ancestrales sont nombreuses dans le Trait-Carré. (Frédéric Matte/Le Soleil)

La Maison Smith loge dans une maison patrimoniale. (Frédéric Matte/Le Soleil)

Elle se dit aussi ouverte à revoir le zonage pour créer davantage de locaux commerciaux et à éventuellement offrir une subvention aux commerçants lors de leur première année d’exploitation.

Bernard Filion propose pour sa part d’ajouter des bancs un peu partout dans le Trait-Carré afin que les visiteurs puissent contempler les lieux et discuter.

Une identité à bâtir

Les commerçants souhaitent une image de marque qui reflète le caractère gourmand, culturel et patrimonial du quartier.

L’an dernier, La Fudgerie a décoré une vieille voiture, prise en photo des milliers de fois et partagée massivement sur les réseaux sociaux. Elle trône encore dans la cour.

La Maison Smith en a fait autant.

Jacques Thivierge de La Fudgerie est un amoureux des vieilles voitures. (Frédéric Matte/Le Soleil)

«Les vieilles voitures pourraient devenir une signature. Le quartier des épaves» lance Jacques Thivierge avec humour.



Cet été, des spectacles animeront le parc de la Commune. Pour célébrer le 60e anniversaire du classement du Trait-Carré comme site historique, le Moulin des Jésuites organise un rallye destiné aux enfants de 7 à 12 ans.

En décembre, petits et grands pourront partir à la recherche des lutins et animaux du zoo polaire, au fil des rues décorées et illuminées.

«Plusieurs lignes d’autobus, dont le métrobus 801, desservent le Trait-Carré», rappelle Marie-Pierre Boucher.


Le Soleil vous amène sur des artères commerciales qui se trouvent en périphérie du centre-ville de Québec. Samedi prochain, visite de la rue Bégin à Lévis avec la collègue Chloé Pouliot.

Dans le cadre de la Société d’Horticulture de Charlevoix, j’ai visité à quelques reprises ce magnifique vieux moulin et son site sur le bord de la rivière Rémy, un affluent de la rivière du Gouffre à Baie-St-Paul. Pour ceux qui souhaitent en voir plus, le sentier de la Rémy est une randonnée facile et vraiment très belle à parcourir avec sa chute et son site de pique-nique vraiment bucolique.

Si vous souhaitez faire davantage de randonnées dans le même secteur, il y a le réseau des Florents (différents segments) de superbes points de vue le long de la vallée du Gouffre, aussi un point de vue exceptionnel de Baie-Saint-Paul du haut d’un site de parapente avant d’arriver au Génévrier.

Résumé

La Capitale

«L’antichambre du futur» dans un moulin bicentenaire

Par Félix Lajoie, Le Soleil

3 août 2025 à 04h05

À l’intérieur du moulin de la Rémy, à Baie-Saint-Paul, 2500 tonnes de farine biologique sont produites annuellement. (Caroline Grégoire/Le Soleil)

Il y a quelques années, «les étoiles se sont alignées» dans un bâtiment bicentenaire de Baie-Saint-Paul. Au moulin de la Rémy, un mariage s’est effectué entre la technique artisanale et la production industrielle, entre les équipements modernes et un bâtiment patrimonial.


À l’instar d’autres aventures un peu folles, l’histoire de l’entreprise Moulin de Charlevoix et de la relance du moulin de la Rémy débute autour d’une bière, lors d’une conversation entre amis, il y a environ 10 ans.

«On s’est mis à rêver. On se disait: et si un jour on pouvait faire du pain biologique en production locale, mais accessible, au même prix que le pain normal», raconte Rudy Laixhay, meunier et président de Moulin de Charlevoix.



Un concours de circonstances quasi improbable s’est alors produit, et «les étoiles se sont alignées», indique M. Laixhay.

Les propriétaires du moulin de la Rémy, Héritage Charlevoix, cherchaient quelqu’un pour relancer la production dans l’immeuble patrimonial. À chacun son pain, une boulangerie-sandwicherie de Baie-Saint-Paul, désirait s’approvisionner avec de la farine locale. Qui plus est, une ferme et quelques terres, situées à une centaine de mètres du moulin, étaient à vendre.

Rudy Laixhay peut vous parler pendant des heures de la production de farine biologique. Il pose devant le mur nord du moulin, qui était partiellement effondré il y a 25 ans. (Caroline Grégoire/Le Soleil)

«Je ne savais pas, au départ, qu’on allait s’en aller vers là, du tout du tout. Je n’avais pas cette ambition-là. C’était vraiment: je produis ma farine avec mon blé dans mon petit moulin, je la vends à un ami, et voilà. Sans aucune prétention», se souvient-il.

«Mais après, quand j’ai vu la qualité de la farine qu’on sortait! Et quand mes amis boulangers de Montréal sont venus, ils ont dit “wow c’est quoi cette farine, j’en veux!”», poursuit M. Laixhay.

Aujourd’hui, le Moulin de Charlevoix, avec ses équipements aménagés dans le moulin de la Rémy, produit annuellement 2500 tonnes de farine faite à base de blé biologique. Parmi ses clients, on compte Première Moisson, Pascal Le Boulanger, Borderon & Fils, La Boule-Miche, pour ne nommer que ceux-là.

Les quatre pierres de silex, qui tournent constamment du lundi au vendredi, peuvent être admirées par les visiteurs. (Caroline Grégoire/Le Soleil)

Une grosse production à l’ancienne

Ce qui rend la farine produite dans les murs du moulin de la Rémy si spéciale, c’est qu’elle passe à travers quatre meules de pierres de silex. Le grain de blé est ainsi «cisaillé» au lieu d’être «éclaté» par les cylindres métalliques des meuneries industrielles, explique M. Laixhay.

L’autre facteur déterminant, c’est la sélection des céréales. M. Laixhay travaille uniquement avec des variétés de blés ancestrales, comme l’épeautre, récolté dans des cultures biologiques.



«L’épeautre, c’est l’antichambre du futur. […] Si vous saviez combien de fois on m’a dit que je ferais faillite, que c’est pas possible de faire pousser ça dans Charlevoix, qu’il y aurait trop de neige, que j’aurais besoin de produits chimiques», raconte-t-il en guidant les représentants du Soleil dans l’un de ses champs.

Rudy Laixhay dans l’un de ses champs d’épeautre (Caroline Grégoire/Le Soleil)

Certes, la meunerie sur pierre demande beaucoup plus d’investissements, de connaissances, de main-d’œuvre et d’énergie électrique que la production industrielle classique, admet sans gêne le président du Moulin de Charlevoix.

Mais alors, pourquoi le jeu en vaut-il la chandelle? Parce que cette farine biologique permet au boulanger de produire plus de pain avec moins de farine, de passer moins de temps à pétrir et parce que le pain conserve plus longtemps son humidité, donc sa fraîcheur, répond M. Laixhay.

«Mais c’est surtout le goût du pain qui fait la différence. Et sa caramélisation», assure-t-il.

D’autres moulins, au Québec ou ailleurs en Amérique du Nord, produisent de petites quantités de farine moulues sur pierre. Or, M. Laixhay soutient que le moulin de la Rémy est le seul sur le continent à utiliser cette technique ancestrale pour produire des quantités quasi industrielles.



Le tamiseur, au centre de la photo, fait partie des nombreux appareils technologiques qui sont aménagés à l’étage supérieur du moulin bicentenaire. (Caroline Grégoire/Le Soleil)

Ce petit exploit a été réussi grâce à la participation des Moulins associés de France, des experts français de la mouture de farine sur pierre, qui sont copropriétaires de l’entreprise Moulin de Charlevoix.

Un musée pas comme les autres

Les premières pierres du moulin de la Rémy ont été érigées en 1825, à la demande du Séminaire de Québec. Il est situé aux abords de la route 138, entre Baie-Saint-Paul et Saint-Urbain.

Le moulin, qui a vu pas moins de 11 meuniers passer entre ses murs, était laissé vacant depuis 1992. En 1999, l’organisme Héritage Charlevoix, propriété de la famille Cabot, acquiert l’édifice patrimonial qui était alors en piètre état.

Le blé tombe dans les cuves de bois avant de tomber entre les pierres qui tournent. À l’arrière-plan, Rudy Laixhay, accompagné de Guillaume Couture, d’Héritage Charlevoix. (Caroline Grégoire/Le Soleil)

Selon Héritage Charlevoix, environ sept millions de dollars seront investis au fil des années afin de rénover l’édifice de pierres. Avec les investissements de Moulin de Charlevoix dans l’équipement de production, les fonds injectés dans le projet sont estimés à près de dix millions.

L’édifice est ouvert aux visiteurs tous les jours, de juin à septembre, au coût de 10$ par adulte. Des visites guidées sont offertes.

Grâce à de nombreux panneaux informatifs, les visiteurs peuvent en apprendre plus sur l’histoire du moulin et de la production de farine. En semaine, ils peuvent admirer, derrière une baie vitrée, les pierres qui tournent et moulent le grain.

Une visite virtuelle en trois dimensions permet également aux curieux de voir à l’œuvre les autres parties de la production et d’apprécier cette union entre une technique artisanale, une production industrielle, des équipements technologiques et un bâtiment bicentenaire.

Les engrenages qui servaient auparavant à transmettre la rotation de la roue à aubes sont toujours présents à travers les moteurs électriques. (Caroline Grégoire/Le Soleil)

Pour l’auteur de ces lignes, le clou du spectacle est certainement la vue plongeante sur la roue à aubes du moulin qui tourne toujours. Avec ses 24 pieds de diamètre, il s’agit de la plus grande au Québec.

Même si les pierres tournent à l’aide de moteurs électriques, la roue à aubes et tous ses engrenages sont toujours en place. Ils ont été conservés dans un souci patrimonial.

À l’accueil, les visiteurs peuvent également se procurer des sacs des différentes variétés de farine qui sont produites au moulin.

Nouvelles-Casernes : pourquoi pas un musée militaire?

10 août 2025 à 04h01

«Il existe, au cœur du Vieux-Québec, le plus grand bâtiment érigé par les autorités en Nouvelle-France: les Nouvelles-Casernes. L’endroit demeure à ce jour sans vocation», écrit Léonce Naud. (Patrice Laroche/Archives Le Soleil)

POINT DE VUE / Déplorant le peu de mémoire historique des Québécois dans le domaine militaire, Monique Dumont, riche de 20 ans à la recherche à Radio-Canada, se demandait en 2017: «Où est le gouvernement du Québec? Ne faudrait-il pas rappeler — nommer, raconter l’histoire — de ces milliers de Québécois [Canadiens français d’hier] qui ont débarqué sur les côtes d’Afrique du Nord, de Sicile, d’Italie, de France? Si notre monde existe, c’est grâce à l’héroïsme et au sacrifice de milliers d’entre eux.»


Il existe, au cœur du Vieux-Québec, le plus grand bâtiment érigé par les autorités en Nouvelle-France: les Nouvelles-Casernes. L’endroit demeure à ce jour sans vocation.

Pourquoi l’État québécois ne pourrait-il pas le consacrer à un musée militaire? Les Français, les Canadiens et leurs alliés Amérindiens – y compris leurs ennemis de l’époque – n’ont-ils pas accompli suffisamment d’exploits guerriers en Amérique?



Ces derniers ne sont-ils pas inexplicablement et honteusement ignorés?

La Nouvelle-France, une société à charpente largement militaire, a gagné la quasi-totalité des batailles auxquelles elle a participé en Amérique à l’exception de celle des Plaines d’Abraham.

Et encore, à cette occasion, les pertes anglaises seraient dues en majorité à l’action des Canadiens et de leurs alliés autochtones.

La prise du fort Georges, la bataille de Carillon, celle de Sainte-Foy, les exploits d’un Pontiac, d’un Pieskaret, d’un Charles de Langlade ou bien ceux de Frontenac, des frères d’Iberville, des combattants Acadiens ou Métis rempliraient les Nouvelles-Casernes d’échos de nos ancêtres courageux d’autrefois.

Enfin, les faits d’armes remarquables des Québécois qui depuis la Cession de 1763 se sont battus sous le drapeau de la Grande-Bretagne puis celui du Canada ne méritent-ils pas d’être expliqués aux nouvelles générations ainsi qu’aux visiteurs étrangers, le tout au cœur même de leur Capitale nationale ?

Comme l’affirmait sans ambages le «chant national » des Canadiens-français: «Ton front est ceint de fleurons glorieux, car ton bras sait porter l’épée…»

Léonce Naud, géographe, Québec

QUÉBEC DISPARUE | La prison des femmes en 1931

Par Jean-Simon Gagné, Le Soleil

25 août 2025 à 04h10

La prison des femmes en 1931 (Archives Ville de Québec, Fonds Thaddée Lebel N017712)

À la demande générale, Le Soleil, en collaboration avec les Archives de la Ville de Québec, présente une série consacrée à des facettes disparues de la ville de Québec. Chaque semaine, elle rappellera le souvenir d’un immeuble, d’un commerce, d’un secteur ou d’un boisé disparu. À partir d’une image ancienne, un montage vidéo vous amène jusqu’à notre époque.


(Le Soleil, Jocelyn Riendeau)

Entre 1929 et 1931, le choix de construire une prison des femmes sous la forme d’un château médiéval ne doit rien au hasard. L’imposant édifice est érigé à Sainte-Foy, aux limites de la ville. Il est entouré de champs et de fermes. Mais ça ne durera pas.

Tout le monde sait que la ville va continuer à grandir. Le bâtiment ne tardera pas à être encerclé par de nouvelles constructions. Dans ce contexte, on fait le pari que les propriétaires du secteur préféreront le voisinage d’un château plutôt que celui d’une prison.



Bien vu. En fait, il s’agit «d’acceptabilité sociale» avant l’heure!

Au moment de son inauguration, le 23 octobre 1931, la prison s’appelle encore le Refuge Notre-Dame de la Merci. Il semble tout naturel que les sœurs du Bon-Pasteur en assument la charge. Après tout, elles s’occupent déjà des «filles mères» et des «prostituées». Celles que l’on surnomme les «filles perdues».

À l’époque, la plupart des femmes emprisonnées ne sont pas des criminelles endurcies. Certaines ont été arrêtées pour des infractions mineures comme le «blasphème», le «vagabondage», la «fugue» ou même la vie en «concubinage», c’est-à-dire «la vie en couple sans être mariée».

Faut-il s’en étonner? La vie carcérale est rude. Rien à voir avec la vie de château! L’emploi du temps accorde une large place à la prière et aux travaux manuels. Le tricot, la couture et le tissage sont à l’honneur. Sans oublier l’agriculture. Le but consiste à faire des détenues de «bonnes épouses».

Au moment de l’inauguration, le journal L’Action sociale catholique est content. D’habitude, il dénonce avec véhémence «l’américanisme rampant». Il condamne le «style yankee» qui envahirait tous les domaines, y compris l’architecture des grands édifices publics.

Cette fois, L’Action célèbre le style «château médiéval». Il apprécie une architecture qui marque «un retour vers le passé», sans pour autant renoncer à la modernité. Tiens. Il faut le préciser. Malgré la coquille médiévale, toute la structure intérieure est en béton…



En 1968, le «Refuge» prendra le nom de «Maison Gomin». L’endroit restera un centre de détention pour les femmes jusqu’en 1992. Par la suite, il sera plus ou moins laissé à l’abandon durant une quinzaine d’années.

Le «Château» ne reprendra du service qu’en 2008, sous la forme d’un complexe funéraire.

Alléluia?

Sources: Radio-Canada, La lugubre histoire des prisons au Québec, Patrimoine immatériel religieux du Québec et L’Action sociale catholique, 24 octobre 1931, p. 20.

Québec, beauté éternelle.

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Le ministère dit non à la démolition d’un charnier

Par Félix Lajoie, Le Soleil

3 septembre 2025 à 04h10

Selon la Ville de Québec, l’ancienne écurie possède un intérêt patrimonial «exceptionnel». (Caroline Grégoire/Le Soleil)

Malgré la volonté de la paroisse Saint-Patrick de le démolir, le bâtiment patrimonial qui a jadis servi d’écurie, puis de charnier, ne sera croulera pas sous le pic des démolisseurs.


L’ancienne écurie du domaine Woodfield, qui aurait été érigée vers 1840 sur les terrains qui servent aujourd’hui au cimetière Saint-Patrick, était menacée de démolition depuis que la paroisse avait déposé une demande de permis de démolition à la Ville de Québec, début 2024.

En octobre de la même année, la gestionnaire de la paroisse, Anne Black, qui n’est aujourd’hui plus employée par la paroisse, indiquait cependant que «rien n’était décidé».




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Démolir ou pas l’écurie du domaine Woodfield?

«On ne sait pas ce qu’on va faire, on va probablement retourner en assemblée paroissiale pour présenter les deux options à nos membres», soit de démolir ou de rénover à l’aide de subventions du ministère de la Culture et des Communications, indiquait alors Mme Black.

Depuis l’automne 2024, Le Soleil a tenté à plusieurs reprises d’obtenir plus d’informations sur les intentions de la paroisse auprès du remplaçant de Mme Black et du président de l’organisation religieuse, sans succès.

De son côté, la Ville de Québec signale que la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec a refusé la démolition du bâtiment le 20 novembre 2024.

Or, la paroisse semble avoir poursuit ses démarches pour faire démolir le bâtiment, puisque le ministère de la Culture a confirmé au Soleil avoir refusé une demande de démolition au sujet de ce bâtiment le 31 mai dernier.

Parmi les raisons qui motivent le refus, le ministère mentionne que la perte du bâtiment «aurait un impact négatif sur le site patrimonial déclaré de Sillery».

«Cette ancienne écurie construite entre 1840 et 1867, et transformée en chapelle en 1877 par les Pères rédemptoristes présente une valeur patrimoniale exceptionnelle attribuable à son ancienneté, à sa rareté, à son architecture néoclassique anglaise ainsi qu’à son implantation dans le cimetière Saint-Patrick», note l’équipe des relations avec les médias du ministère.

De nombreuses ouvertures du charnier ont été placardées par la paroisse. (Caroline Grégoire/Le Soleil)

«De plus, ces anciennes écuries sont l’un des principaux vestiges évoquant la présence de l’ancien domaine du 19e siècle. Par ailleurs, son état d’authenticité est exceptionnel», ajoute-t-elle.



Selon la Ville de Québec, l’écurie possède un intérêt patrimonial «exceptionnel», notamment parce qu’elle a été très peu modifiée depuis sa construction et qu’elle est le dernier témoin de la villa Woodfield.

À l’instar du domaine Cataraqui, également situé dans Sillery, le domaine Woodfield était l’une des nombreuses villas bourgeoises qui composaient jadis le paysage du quartier.

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le château Zoé-Turgeon

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Quatre ans de travaux pour un bâtiment de Saint-Roch

Par Mégan Harvey, Le Soleil

22 septembre 2025 à 17h15|

Mis à jour le22 septembre 2025 à 18h24

Le 399 Saint-Joseph Est devra subir d’importantes rénovations. (Yan Doublet/Archives Le Soleil)

Les travaux de rénovation du bâtiment situé au 399 rue Saint-Joseph Est, en face de la bibliothèque Gabrielle-Roy, débutent ce lundi. Dans un chantier de 17,5 millions, l’édifice fera l’objet d’une remise en état progressive sur plusieurs phases qui s’échelonnent jusqu’en 2029.

En mai, Le Soleil révélait qu’une série d’appels d’offres publiés le 30 avril laissait prévoir la rénovation du bâtiment du quartier Saint-Roch. Les travaux ont démarré ce lundi 22 septembre, annonce un communiqué de la Ville.

La Ville estime à 17,5 millions de dollars le coût total du chantier, qui vise autant l’intérieur que l’extérieur du bâtiment.



Le chantier se divise en trois étapes. La première, amorcée cet automne, portera sur le «démantèlement sélectif intérieur.» La deuxième phase, prévue à l’hiver 2026, vise le «désamiantage et le curetage intérieur complet du bâtiment.»

Finalement, la troisième et dernière phase, de l’automne 2027 à l’hiver 2029, se consacrera sur une réfection majeure de l’édifice: l’enveloppe, fondations et structures. Des études antérieures avaient révélé des «enjeux structuraux» liés au sous-sol de l’immeuble.Les travaux visent à «assurer la pérennité du patrimoine bâti» tout en créant de nouveaux bureaux destinés à accueillir des employés municipaux. Cette transformation s’inscrit dans la volonté de l’administration Marchand de doubler la présence des fonctionnaires dans le quartier Saint-Roch.

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Fouilles minutieuses

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Je ne me lasse pas de visiter le Vieux-Québec avec ses imposants édifices anciens tout à fait remarquables.

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J’avais complètement zappé ce projet de reconstruction du Marché Champlain dans le Vieux-Québec… un truc pharaonique ! :open_mouth:
C’est un projet sérieux ou juste une idée lancée par le gouvernement ?
En fouillant un peu, je tombe sur plein d’articles — et même une vidéo de promotion dans Le Journal de Québec — alors je me demande : quelqu’un a des infos récentes sur ce dossier ? J’avoue que je n’en avais jamais entendu parler.

https://www.journaldequebec.com/2024/01/23/la-promesse-du-marche-champlain-encore-dans-les-cartons

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Une promesse de la CAQ, qui était relié au 3ème lien.


Le projet de Marché Champlain du gouvernement Legault sur la glace?

La CAQ proposait de faire revivre le Marché Champlain à la place du terminal de la traverse Québec-Lévis lors que la dernière campagne électorale. (Photo d’archives)

Photo : Coalition avenir Québec

Publié le 3 mai 2023 à 20 h 39 HAE

Prenez note que cet article publié en 2023 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À la suite du recul du gouvernement sur le troisième lien autoroutier, le Marché Champlain pourrait ne pas voir le jour et la traverse Québec-Lévis pourrait continuer à transporter des voitures. Ce sont des éléments qui ressortent de l’étude des crédits budgétaires de la capitale nationale, exercice qui démontre que d’autres promesses caquistes sont remises en question.

Le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, a voulu savoir ce qu’il en était pour d’autres promesses liées au tunnel.

Il a demandé s’il y avait une modification au projet de Marché Champlain, présenté en grande pompe lors de la dernière campagne électorale.

La Coalition avenir Québec (CAQ) souhaitait alors que ce nouveau marché soit construit à l’endroit du terminal de la traverse Québec-Lévis. Le parti visait la possibilité d’offrir une traverse exclusivement destinée aux piétons et aux cyclistes.

C’est certain qu’avec les derniers événements et la décision qui a été prise à la lumière des données qu’on a obtenues, on doit se requestionner sur cet engagement-là. […] Parce que oui, il y avait une interrelation entre un lien sous-fluvial autoroutier et la traverse piétons.

Lire la suite de l’article…

Résumé

Transformer des autoroutes

Préoccupé par la qualité de l’air dans Limoilou et soulagé que le 3e lien autoroutier ne voie pas le jour, Sol Zanetti s’interrogeait à savoir si le gouvernement avait changé son fusil d’épaule en ce qui a trait à la transformation des autoroutes Laurentienne et Dufferin-Montmorency.

On sentait que le gouvernement ne voulait pas s’engager là-dedans parce qu’il va falloir qu’on évacue quelque part les voitures qui vont arriver de la Rive-Sud, a lancé le député de Québec solidaire, Sol Zanetti.

Le ministre responsable de la Capitale-Nationale Jonatan Julien a été mitraillé de questions au sujet de l’abandon du projet de 3e lien autoroutier lors de l’étude des crédits budgétaires, mercredi après-midi.

Photo : Radio-Canada

À la grande surprise du député solidaire, le ministre responsable de la Capitale-Nationale Jonatan Julien a répondu que l’option de transformer ces autoroutes en boulevards urbains n’était pas écartée.

On le regarde et on en discute […] C’est certain qu’on analyse ces dossiers-là et qu’on les regarde dans plusieurs perspectives, a lancé le ministre responsable de la Capitale-Nationale sans donner d’échéancier précis.

Le ministre a aussi affirmé que le gouvernement réfléchissait et avait de l’ambition au sujet de la phase 4 de la promenade Samuel de Champlain, le long du fleuve Saint-Laurent jusqu’à la chute Montmorency.

Jonatan Julien a refusé de s’engager à réaliser cette quatrième phase d’ici les prochaines élections.

3e lien : pas une « promesse brisée »

Talonné lors de l’étude des crédits budgétaires pour la Capitale-Nationale, le ministre responsable de la région a refusé de qualifier le recul du gouvernement sur le 3e lien de « promesse brisée ».

Le chef par intérim du Parti libéral du Québec Marc Tanguay a demandé au moins à quatre reprises au ministre et député de Charlesbourg si c’était une promesse brisée.

Jonatan Julien a répété maintes fois qu’il était responsable de ne pas aller de l’avant avec le projet de tunnel autoroutier.

Je réitère qu’il est responsable de revalider les engagements avec des données probantes. Et c’est ce qu’on a fait. Et je pense qu’on a pris la bonne décision, bien qu’elle soit difficile, a lancé Jonatan Julien.

Vous ne le qualifiez pas de promesse brisée? a relancé Marc Tanguay.

Pour moi, le 3e lien qu’on préconise et qu’on propose, c’est celui de transport collectif entre les deux rives, a simplement laissé tomber Jonatan Julien.

Il a également répété les arguments soulevés par le premier ministre et la ministre des Transports et de la Mobilité durable Geneviève Guilbault au cours des dernières semaines. La CAQ affirme depuis des jours que les données d’achalandage démontrent qu’un 3e lien n’est plus justifiable.

À la lumière des données qui ont été présentées, la décision prise a été la bonne, a dit Jonatan Julien.

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Si vous regardez Québec à partir de Lévis, vous verrez se détacher de l’horizon toutes sortes de formes, des flèches du séminaire aux tourelles du Château Frontenac, à la silhouette reconnaissable entre toutes. Ce joyeux mélange architectural côtoie les formes massives, souvent mal aimées, des tours de béton issues du mouvement brutaliste. L’ensemble peut sembler incohérent; pourtant, c’est ce tout qui forge la signature visuelle si unique de Québec. Alors, si on considère le panorama général de la ville, devrait-on être plus sensibles à ces mastodontes?

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