Écoquartier Lachine-Est – Projet global

Chronique de Maxime Bergeron

Texte complet : Rétrofuturisme thermique à Lachine

Rétrofuturisme thermique à Lachine


PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
L’un des immeubles se trouvant sur le site où doit éclore un écoquartier à Lachine

MAXIME BERGERON
La Presse

C’est un secteur glauque et désaffecté, enclavé entre des échangeurs de béton décrépits et le canal de Lachine. Un décor postapocalyptique, prisé autant par les graffiteurs que les équipes de production d’Hollywood.

Publié à 1h05 Mis à jour à 5h00

C’est aussi un quartier qui pourrait devenir LE laboratoire du Québec en matière de décarbonation, après une longue gestation de neuf ans et une farandole de consultations citoyennes.

Trêve de suspense : il se trame de grosses affaires à Lachine, et on est loin ici du verbiage écolo.

Cet arrondissement montréalais souhaite construire une petite centrale thermique, reliée à un vaste réseau souterrain, qui alimenterait à terme 7800 habitations dans un tout nouveau quartier. Un partenariat public-privé (PPP) est envisagé pour bâtir le réseau et produire l’énergie, avec des gains estimés à 135 millions de dollars d’ici 2050.


PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
Des structures industrielles accumulent la rouille sur le site du futur écoquartier Lachine-Est.

Le berceau industriel du Canada au XIXe siècle espère être aux premières loges de la révolution énergétique du XXIe siècle, rien de moins.

J’ai passé un bon moment à analyser le projet avant de vous en parler. Il y a à Montréal de ces patentes « participatives » qui visent l’Everest écologique, mais sont peu applicables sur le terrain ou outrageusement ruineuses (souvent un mélange des deux).

Ce n’est pas le cas ici.

La lente gestation du projet d’écoquartier Lachine-Est aura en fin de compte été une bénédiction. Car les objectifs environnementaux visés au départ, en 2014, sont aujourd’hui couplés à la nouvelle réalité bien plate et concrète de 2024 : la fin imminente des surplus d’électricité.

La situation est à ce point critique qu’Hydro-Québec doit aujourd’hui faire des arbitrages entre les nouveaux projets qui pourront être branchés – ou non – à son réseau. On l’a vu lundi avec l’annulation d’un investissement de 500 millions à Saint-Bruno-de-Montarville, sur la Rive-Sud[1]. Et encore le mois dernier, avec ce quartier de 3800 logements dont le sort est plongé dans l’incertitude[2].


PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
Vue aérienne de certains immeubles industriels qui se trouvent encore sur le site.

Dans ce contexte, Lachine-Est constitue un canevas presque idéal pour repenser l’approvisionnement énergétique en milieu urbain. Son « dossier d’affaires » est aujourd’hui beaucoup plus solide qu’il ne l’aurait été il y a neuf ans.

Commençons par situer l’affaire.


PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
L’arrondissement de Lachine veut construire un nouveau quartier sur l’ancien site de l’usine Dominion Bridge Company.

C’est ici à Lachine-Est que sont nés plusieurs grands groupes industriels sidérurgiques, dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Des géants industriels qui employaient à leur apogée des dizaines de milliers de travailleurs : Dominion Bridge, Stelfil, Jenkin Brothers…


INFOGRAPHIE LA PRESSE

Le secteur a décliné à partir des années 1970, puis a connu une relance avortée dans la dernière décennie. Un projet du promoteur déchu Paolo Catania s’est conclu par une faillite – et d’immenses terrains contaminés toujours en friche. Une tour de condos à moitié construite, à l’abandon, témoigne de ce fiasco[3].


PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
Une vieille Pontiac Fiero accumule les flocons sur un site industriel de Lachine-Est.

Le projet d’écoquartier proposé en 2014, aussi grand qu’une centaine de terrains de football, a cheminé lentement, mais sûrement. Deux études ont été livrées à l’arrondissement de Lachine, dont la plus récente, pondue par la firme d’ingénierie GBI, date de 2023.

Les conclusions sont claires : la mise en place d’un réseau thermique urbain (RThU) a un bon potentiel, tant sur le plan technique que financier.

On ne parle pas ici d’un objet du futur tiré d’un épisode de Star Trek. Ce type de réseau, souvent alimenté par la géothermie, existe depuis des décennies un peu partout dans le monde.

Il y a quelques exemples assez compacts au Québec, comme à l’écoquartier du Technopole Angus, dans l’est de Montréal. Quatre immeubles ont été reliés entre eux par une « boucle énergétique », qui permet en gros de faire circuler l’air chaud et froid entre les différents immeubles et de réduire considérablement la consommation d’électricité.


IMAGE TIRÉE DU RAPPORT DE LA FIRME GBI
Représentation schématique d’un RThU de quatrième génération

À Lachine-Est, plusieurs sources sont envisagées pour alimenter la centrale thermique (ou un réseau de petites centrales). Entre autres : des puits géothermiques creusés profondément dans le sol, la récupération de la chaleur des égouts, ou encore la récupération de la chaleur produite par un poste électrique d’Hydro-Québec situé à proximité.

Les études laissent entrevoir une réduction de la consommation d’électricité allant jusqu’à 50 % dans le futur quartier. C’est énorme.

Quelques formes de gouvernance sont envisagées pour la construction et l’exploitation du réseau thermique. On parle soit d’un PPP, soit d’une société d’économie mixte. Dans les deux cas, la Ville de Montréal serait l’actionnaire majoritaire, en partenariat avec des entreprises privées ou sociétés d’État.


La forme finale reste à déterminer, mais le projet vient de passer à une autre étape. L’arrondissement de Lachine, dirigé par la mairesse Maja Vodanovic, a mandaté l’Institut des villes de nouvelle génération de l’Université Concordia pour réaliser une étude de faisabilité encore plus concrète de ce RThU.


PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
L’arrondissement de Lachine a déjà commencé à préparer les plans d’infrastructure du futur écoquartier.

C’est pendant cette phase que les aspects plus techniques du réseau seront déterminés. Entre autres, les sources d’énergie préconisées et l’emplacement de la centrale thermique.

Cet institut, assez méconnu du grand public, a été fondé en 2020 et regroupe 200 chercheurs. Il est dirigé par la sommité allemande Ursula Eicker, titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur les collectivités et les villes intelligentes, durables et résilientes.


PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
Ursula Eicker, titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur les collectivités et les villes intelligentes, durables et résilientes, et Maja Vodanovic, mairesse de Lachine

Le centre de recherche de Mme Eicker suscite un vif intérêt : il fait partie des projets financés par une subvention historique de 123 millions de dollars, accordée par le gouvernement fédéral à l’Université Concordia en avril dernier.

La chercheuse, auteure d’une demi-douzaine d’ouvrages sur la décarbonation des bâtiments et les énergies renouvelables, m’a expliqué en long et en large les bénéfices des pompes à chaleur, panneaux solaires et autres réseaux thermiques urbains, dans un petit café de Lachine-Est. Elle, comme bien d’autres experts, prône ces solutions depuis des années.

Mais je vous résume grossièrement son argument massue, qui devrait entraîner l’adoption rapide de ces technologies au Québec : le party de l’électricité au rabais achève.

Les réserves d’Hydro-Québec, dans deux ou trois ans, c’est fini. Personne n’aime parler du fait que ça va devenir plus cher. Mais ça va devenir plus cher.

Ursula Eicker


L’arrondissement de Lachine a déjà commencé à préparer les plans d’infrastructure du futur quartier. La planification du RThU est faite en même temps que celle des égouts et autres éléments souterrains, puisque tout devra être creusé en même temps. Le début de la construction est prévu en 2025.

Ce projet devrait être bien accueilli à Québec, selon moi.

Tant Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Énergie, que Michael Sabia, grand patron d’Hydro-Québec, répètent depuis des mois qu’il faudra diversifier les sources d’énergie pour répondre à la demande et accélérer la décarbonation de la province.

Voilà un exemple assez bien ficelé, servi sur un plateau d’argent.

https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2024-02-22/retrofuturisme-thermique-a-lachine.php


  1. Lisez l’article « Un projet de 500 millions de QScale abandonné à Saint-Bruno faute d’avoir de l’électricité » ↩︎

  2. Lisez l’article « Hydro-Québec souffle le chaud et le froid sur un mégaprojet domiciliaire » ↩︎

  3. Lisez l’article « Immobilier : le dernier projet de Catania s’effondre » ↩︎

Communiqué de l’arrondissement de Lachine

Texte complet : Un réseau thermique urbain à l’étude pour alimenter le futur écoquartier Lachine-Est

Un réseau thermique urbain à l’étude pour alimenter le futur écoquartier Lachine-Est

Publié le 22 février 2024 à 16 h 17
Source : Lachine

Montréal, arrondissement de Lachine — Une étude sur la faisabilité d’un réseau thermique urbain dans le futur écoquartier Lachine-Est a été confiée par l’Arrondissement de Lachine à l’Institut des villes de nouvelle génération de l’Université de Concordia.

L’objectif, pour ce quartier en cours de planification, est de pouvoir compter sur une source d’énergie renouvelable, puisée à même le sol, en complément de l’offre du réseau hydroélectrique.

Dans l’écoquartier Lachine-Est, nous avons l’opportunité de concrétiser un projet local d’énergie renouvelable au profit de nos communautés. Les données préliminaires que nous avons démontrent qu’il est possible de réduire la demande en électricité avec la géothermie, qu’il est possible de libérer de l’espace mécanique dans les bâtiments au profit d’unités d’habitations et que la climatisation serait intégrée à même la conception de l’ensemble des bâtiments, tout en permettant de générer, d’ici 2050, 135 M$ qui pourraient être réinvestis pour la communauté (selon une étude de Lefebvre, financée par l’Institut Trottier). Ces gains écologiques, économiques et sociaux valent la peine d’être explorés et mis en œuvre.

Maja Vodanovic
Mairesse de Lachine

La construction d’un réseau thermique urbain peut permettre d’intégrer des pompes à chaleur à haut rendement. Grâce à l’utilisation des sources géothermiques ou d’autres sources à basse température, les promoteurs et les propriétaires n’ont plus à entretenir et à mettre à jour leurs propres systèmes de chauffage et de refroidissement.

Ursula Eicker
Responsable de la chaire d’excellence en recherche du Canada pour les villes de la prochaine génération de l’Univ

Des études qui précisent les besoins énergiques du futur quartier Lachine-Est

L’écoquartier Lachine-Est est en pleine élaboration au niveau de ses infrastructures (égouts, électricité). Le quartier accueillera à terme 7 800 familles, ce qui engendrera d’importants besoins énergétiques. Une première analyse préliminaire dans l’écoquartier Lachine-Est a été menée en 2023 par le consultant GBI experts-conseils. L’étude a confirmé le potentiel de la mise en place d’un tel système de chauffage et de refroidissement étant donné les différentes sources de gisements présents dans ce territoire.

Dans le cadre du présent mandat, l’Arrondissement souhaite faire ressortir les avantages de l’implantation d’un RThU, tant pour les futurs résidents et les promoteurs que pour l’arrondissement. L’Arrondissement veut également examiner la rentabilité de la production et de la vente de chaleur et poser les bases d’une étude permettant d’identifier le modèle de centrale à prévoir, la superficie nécessaire, sa localisation optimale ainsi que les mécanismes techniques permettant d’y arriver. Ce réseau thermique urbain devrait pouvoir être rapidement intégré aux infrastructures souterraines prévues dans Lachine-Est.

À propos de L’écoquartier Lachine-Est

Le Programme particulier d’urbanisme (PPU) de l’écoquartier Lachine-Est a été adopté par le conseil municipal de la Ville de Montréal en 2023. La Ville souhaite créer un milieu de vie et d’emploi inspirant, résilient et inclusif. Le développement sera axé sur le transport actif et collectif, un réseau d’espaces verts, l’accès à l’eau et la mise en valeur du patrimoine industriel. Son territoire totalise environ 70 hectares compris entre le canal de Lachine, la rue Victoria, la 6e Avenue et les voies ferrées du Canadien Pacifique.

À propos de l’Institut des villes de nouvelle génération de l’Université Concordia

L’Institut des villes de nouvelle génération a été fondé en 2020 par l’Université de Concordia et sa principale mission est de favoriser la recherche collaborative, l’éducation, la communication et l’interaction communautaire dans différents domaines d’expertise : les milieux bâtis, la mobilité et la culture.

1 « J'aime »

Un message a été fusionné à un sujet existant : Habitation Harmonie Lachine - 6 étages

Les Lachinoises et Lachinois sont conviés le 8 juin entre 10h30 et 17h à l’évènement « Au fil des ponts » proposant des activités pour se réapproprier le site de la Dominion Bridge où le quartier de Lachine-Est sortira de terre dans quelques années. Les promoteurs du site, Groupe MACH et Aldo Construction, ont choisi ainsi de permettre à la population de redécouvrir ce site riche d’histoire à Lachine.

4 « J'aime »

Un message a été fusionné à un sujet existant : Réaménagement de la rue Notre-Dame à Lachine

La mairesse de Lachine était à l’émission radio Feu vert pour parler de réseau thermique urbain dans le cadre du projet d’écoquartier de Lachine-Est

De nombreuses initiatives sont proposées pour accéder à l’électricité propre et décarboner le secteur résidentiel. C’est notamment le cas dans Lachine-Est, où un projet d’écoquartier est en train de voir le jour et pourrait inclure la création d’un réseau thermique urbain. « C’est un moyen, pour nous, d’éviter d’amener du gaz et de l’énergie fossile dans notre écoquartier », indique Maja Vodanović, mairesse de l’arrondissement.

4 « J'aime »

6/13/2025

1 « J'aime »

Il y a une assemblée publique de consultation sur le règlement qui va encadrer le développement de l’écoquartier

Règlements PIIA - Écoquartier Lachine-Est

La première rencontre portera sur un projet de règlement concernant les plans d’implantation et d’intégration architecturale afin de remplacer et d’abroger le Règlement numéro 2561, de réviser les travaux assujettis à la procédure de PIIA, d’introduire des intentions d’aménagement, des objectifs ainsi que des critères généraux et spécifiques et d’ajouter un chapitre dédié au secteur du plan particulier d’urbanisme (PPU) de l’écoquartier Lachine-Est. Il s’agit d’un projet de règlement ne comportant aucune disposition sujette à approbation par les personnes habiles à voter.

Consultez l’ avis public détaillant ce projet de règlement.

Extraits du document annexé à l’avis

6 « J'aime »

Est ce qu’il va y avoir un acces en ligne pour voir et pausé des question pas en personne?

Non ce genre de consultation se fait en personne, mais les gens peuvent normalement contacter le greffe/secrétaire de l’arrondissement.

1 « J'aime »

Dans les permis, avons-nous un meilleur sujet ?

Démolition

ID Permis: 3001877833
Emplacement: 555 rue Notre-Dame
Nb logements: 0
Date émission: 2025-09-22


DÉMOLITION PARTIELLE DU BÂTIMENT DE LA DOMINION BRIDGE, SIS AU 555, RUE NOTRE-DAME, VISANT LE VOLUME DU BÂTIMENT NUMÉRO 28, DE MANIÈRE À PERMETTRE L’AMÉNAGEMENT DU CORRIDOR VERT ET LA MISE EN VALEUR DU BÂTIMENT 29, TEL QU’ENVISAGÉ AU PLAN D’ENSEMBLE PRÉVU POUR LE SECTEUR DE L’ÉCOQUARTIER DE LACHINE-EST.

1 « J'aime »

Est-ce que ça fait parti des terrains de MACH

Sinon, pour retrouver les autres projets dans le secteur, il y a l’étiquette Sujets avec l'étiquette secteur-lachine-est

Personne ne s’est présentée :woman_shrugging:t2:

Aucun citoyen ou citoyenne n’a pris part à cette assemblée publique, qui a duré environ 25 minutes.

Lachine-Est

Un autre chapitre, le chapitre 5, précise les règles propres au PPU de Lachine-Est, découpé en huit « aires d’ambiance identitaire » correspondant souvent aux entreprises de l’ancienne friche industrielle.

Chaque aire a ses objectifs et critères d’évaluation. Par exemple, l’aire Stelfil occupe la portion centrale de Lachine-Est, en bordure du canal de Lachine, et vise entre autres la mise en valeur de l’ancien canal des Sulpiciens.

Le règlement inclut aussi des cartes identifiant les zones de patrimoine bâti, paysager et archéologique de l’arrondissement.

Son adoption est prévue à la séance du conseil d’arrondissement du 1er octobre prochain.

3 « J'aime »

Octobre 2025

3 « J'aime »

Les sommes du PDI sont très étalées dans le temps, pour un total de 107 millions en 2035: