Économie innovations

Univers PME Un diamant synthétique québécois

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Des joyaux canadiens produits par RSL

Le communiqué brillait de tous ses feux : « L’entreprise canadienne Groupe RSL fabrique le premier diamant synthétique du Canada », titrait-il.

Publié à 9h00

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Marc Tison

Marc Tison La Presse

Intrigant.

« On est intrigués depuis le début, et maintenant, on est fascinés ! », relance Samuel Labelle, l’un des trois fondateurs de Groupe RSL avec ses partenaires Luke Sinclair et Vincent Rivard.

Les racines de l’entreprise baignent dans le romantisme.

« Un des fondateurs à l’époque cherchait une bague de fiançailles pour sa conjointe », relate-t-il. « Il se faisait constamment offrir des diamants de laboratoire qui ne sont pas fabriqués au Canada. On s’est intéressés à cette technologie et on s’est dit : pourquoi ne pas être les premiers à se lancer là-dedans ? »

Groupe RSL a été fondé en mars 2020.

Aucun des trois cofondateurs n’était diamantaire. L’un a une formation en génie, l’autre en droit, le troisième était entrepreneur. Ils ont assemblé l’information, communiqué avec cinq ou six fabricants, comparé les systèmes et acquis un splendide appareil de dépôt chimique en phase vapeur assisté par plasma.

Bref, une machine à diamants.

Fabriqué en Amérique du Nord, l’appareil lui-même, sans compter ses systèmes périphériques, a environ la taille d’un de ces gros réfrigérateurs à glace placés devant les dépanneurs, décrit Samuel Labelle.

Dans sa chambre de réaction, du méthane et de l’hydrogène sont mis sous pression et portés à haute température par micro-ondes.

« En excitant le plasma qui est généré, on vient décomposer les atomes de carbone qui se trouvent dans le méthane », explique-t-il.

Il faut cependant une sorte de gabarit pour que ces atomes de carbone se déposent et s’agglomèrent selon la structure cristalline spécifique du diamant. Il consiste en une minuscule plaque de… diamant synthétique, de 0,2 mm d’épaisseur et de 3 à 9 mm de côté.

Cinq ou six de ces plaques sont disposées sur un socle à l’intérieur de la chambre de réaction. Un à un, les atomes de carbone viennent s’y déposer en reproduisant les liaisons du diamant modèle.

Le procédé est lent. « Ça pousse, atome par atome, pendant plusieurs semaines. »

Une fois la « croissance » terminée, on sépare les boutures diamantaires de leurs substrats, lesquels peuvent être réutilisés.

« On a fait les premiers tests, les premiers travaux de recherche et développement, et depuis six mois, on a réussi à faire les premiers diamants de laboratoire fabriqués, taillés et polis au Canada », indique le cofondateur. « C’est exactement la même chose qu’un diamant naturel. »

En production

L’entreprise se prépare à lancer la production, qu’elle destine au marché de la joaillerie.

« On a l’intention de conclure un accord avec un détaillant haut de gamme avec une marque forte et une large empreinte commerciale », précise Samuel Labelle.

C’est un marché en croissance. Le diamant synthétique a notamment des atomes crochus avec les jeunes générations, sensibles à son prix de 30 à 40 % moins élevé que le diamant naturel et à sa réputation de production éthique.

Outre ses trois fondateurs, RSL compte déjà cinq employés.

« Dans les prochains mois, on veut accroître la production, donc c’est certain qu’on va engager, principalement dans le milieu scientifique et dans le génie », confie l’entrepreneur.

Il se refuse cependant à chiffrer la production ou à dire s’il va multiplier les appareils pour compenser la lenteur du procédé. « C’est trop délicat. »

Pour des raisons de sécurité, il ne situe pas non plus son entreprise plus précisément que « dans la grande région de Montréal ».

« Pour d’autres compagnies, ça peut prendre beaucoup de temps pour arriver au résultat où on en est aujourd’hui, conclut-il. On parle d’années. Et nous, en six mois, on est arrivés à un résultat remarquable. Et on s’améliore. On est fiers d’être les premiers Canadiens à le faire. »

Cabico automatise le sur-mesure

PHOTO MARC ANTOINE HALLE, FOURNIE PAR CABICO

Le président de Cabico, Alain Ouzilleau, dans l’usine de Coaticook

Paradoxe : la fabrication sur mesure peut être automatisée. C’est ce que vient de concrétiser, au coût de près de 25 millions de dollars, le fabricant d’armoires de cuisine haut de gamme Cabico, de Coaticook. Le manufacturier vient de terminer l’optimisation de son usine en combinant des technologies d’automatisation de robotisation avec le savoir-faire artisanal de ses ébénistes. Cabico veut ainsi poursuivre sa croissance partout en Amérique du Nord. « Nos robots et systèmes permettent de libérer du temps à nos talentueux artisans. Ainsi, nous augmentons notre capacité de production, et le niveau de nos projets sur mesure atteint une qualité inégalée », a expliqué son président, Alain Ouzilleau, dans un communiqué. Le projet a été réalisé en partenariat avec Dunin Technologies, Nubik (Deloitte), Createch (Talan), PSTOX et Automatech, qui ont participé à l’implantation et à l’interconnexion des divers logiciels. Avec sa nouvelle usine de 50 000 pi⁠2, les installations de Cabico à Coaticook totalisent 200 000 pi⁠2. Fondée en 1986, l’entreprise emploie 650 personnes. Depuis l’acquisition du fabricant Elmwood en 2016, elle possède également une usine à St. Catharines, en Ontario.

Raymond Chabot Grant Thornton tend ses filets aux Îles

PHOTO FOURNIE PAR RAYMOND CHABOT GRANT THORNTON

Un cocktail à Cap-aux-Meules a célébré l’arrimage du cabinet Corbeil Boudreau & Associés à Raymond Chabot Grant Thornton.

Aux Îles-de-la-Madeleine, le cabinet Corbeil Boudreau & Associés s’est arrimé à la plus importante société comptable du Québec, Raymond Chabot Grant Thornton, qui accoste ainsi dans l’archipel. C’est sous l’enseigne de RCGT qu’il rendra désormais ses services. Le cocktail de lancement s’est tenu le 15 septembre à Cap-aux-Meules. Tous les associés et les employés actuels de Corbeil Boudreau & Associés demeurent en poste. Le cabinet trouvait son origine en 1974. Son fondateur, Paul Boudreau, s’est réjoui que son équipe de conseillers et ses clients aient désormais accès aux talents multidisciplinaires de la société mère. Raymond Chabot Grant Thornton avait déjà des succursales gaspésiennes à Chandler, Gaspé, Sainte-Anne-des-Monts et New Richmond. Elle compte plus de 2600 professionnels dans plus de 100 bureaux au Québec et dans les régions d’Ottawa et d’Edmundston. Et désormais un havre à Cap-aux-Meules.

Globocam prend du poids

Le plus grand réseau québécois de concessionnaires de camions lourds vient encore de prendre du poids. Globocam a fait l’acquisition de Tardif Diésel, une entreprise familiale située en Estrie et spécialisée dans la vente et la réparation des camions de marques Freightliner et Western Star. Fondée en 1981 par Gaston Tardif et Gaétane Plamondon à Ascot Corner, Tardif Diésel avait été reprise par leur fils Jean-Pierre Tardif. Sous l’enseigne Globocam Estrie, l’entreprise est maintenant pilotée par son nouveau directeur général, Dominique Beauregard. Fondée en 1994 dans l’arrondissement de Saint-Laurent à Montréal, Globoccam compte maintenant plus de 500 employés et huit concessions au Québec. Elle avait déjà acquis des concessionnaires à Québec et à Lévis en 2016 et en Beauce en 2021. L’entreprise a l’ambition de livrer 2500 camions par année d’ici 2025. Elle y parviendra peut-être plus tôt avec Tardif.

50 000

Les femmes entrepreneures des Premières Nations, inuites et métisses de partout au pays peuvent désormais accéder à des prêts pouvant atteindre 50 000 $ pour démarrer ou développer leur entreprise. C’est l’objet du nouveau Fonds de prêts doté de 5 millions de dollars, dont l’Association nationale des sociétés autochtones de financement (ANSAF) et les institutions financières autochtones (IFA) participantes ont annoncé la création.

PME Innovation Un store sans cordon unique au monde

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Altex se spécialise dans la conception et la fabrication de produits d’habillage de fenêtres personnalisés pour les secteurs résidentiel, commercial et architectural. Sylvie Boisclair et Manon Laporte travaillent au département de contrôle de la qualité.

L’innovation : Altex a mis au point un store enrouleur dont on fait aisément descendre ou remonter la toile sans la toucher : il suffit d’exercer deux ou trois petites tractions sur les deux tiges qui commandent le déroulement et l’enroulement.

Publié à 11h00

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Marc Tison

Marc Tison La Presse

Le système Newton High-Speed Light Lift est lauréat d’un des Grands Prix du Design décernés le 16 septembre dernier.

Sans cordon ni chaînette apparents, il répond aux nouvelles normes de sécurité canadiennes pour éliminer les risques de strangulation accidentelle chez les enfants.

Qui

Fondée en 1975 par Michel Alepins et ses fils, Paul et Gaetan, Altex se spécialise dans la conception et la fabrication de produits d’habillage de fenêtres personnalisés pour les secteurs résidentiel, commercial et architectural.

Maintenant dirigée par Gaetan, soutenu par ses fils Benoit et Laurent, l’entreprise de Terrebonne compte quelque 200 employés et distribue ses produits dans tout le Canada.

Il y a quatre ans, Altex a lancé le développement d’un système de store enrouleur qui répondrait aux exigences du nouveau Règlement sur les couvre-fenêtres à cordes, dont l’entrée en vigueur, d’abord prévue le 1er mai 2021, a été reportée au 1er mai 2022 en raison de la pandémie.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Manon Laporte, d’Altex, au travail

On était directement menacés, parce qu’à notre usine, 90 % des produits qu’on fabrique sont à cordon. Ç’a été le branle-bas de combat pour trouver des solutions de rechange.

Gilles Dumoulin, directeur général d’Altex

Le système

Le mécanisme breveté, intégré dans le rouleau du store, a été mis au point avec l’aide de la firme d’ingénierie Élabore de Sherbrooke.

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On actionne le dispositif en tirant légèrement sur deux tiges, l’une pour dérouler la toile, l’autre pour la remonter.

Un peu comme le cordon qu’on tire pour lancer le moteur d’une tondeuse, la traction agit sur un fil qui entraîne la rotation du mécanisme, lequel profite ensuite de l’inertie de la toile pour prolonger le mouvement.

Deux légères tractions suffisent pour faire monter ou descendre le store sur deux mètres. Les tiges s’étirent avec une coulisse pour ne jamais mettre à nu les câbles qu’elles recèlent.

Le grand défi

La remontée est assistée par un ressort qui travaille également en sens inverse pour freiner la descente, dans un subtil équilibre de compensation.

« L’élément le plus complexe a été les algorithmes mathématiques qu’il a fallu développer pour avoir la bonne grandeur de ressort », explique Gilles Dumoulin.

Car le calibre et la longueur du ressort sont établis sur mesure en fonction des dimensions de la toile, de son matériau, de la taille du rouleau d’aluminium.

« Le mécanisme est fait spécifiquement pour chaque toile qu’on vend, ajoute-t-il. On essaie d’aller chercher la perfection. »

Il n’y a pas d’équivalent. À l’heure actuelle, on a le système le plus performant au monde.

Gilles Dumoulin

Design épuré

Le design industriel a été confié à la firme Alto Design. « C’est tout un travail d’épuration. On cherchait les lignes minimales, pour que ce soit le plus discret possible », indique le designer principal Benoit Orban.

Les deux tiges se connectent élégamment au rouleau par l’intermédiaire d’une pièce moulée en élastomère qui s’adapte en souplesse à leurs mouvements.

Pour faciliter la préhension, les tiges sont munies d’un embout souple en forme de goutte.

Ces petites poignées sont surmontées d’une bague en acier, qui entraîne la tige dans le logement aimanté fixé au mur. « Quand il y a du vent, les baguettes s’entrechoquent. Ça permet de bien localiser les baguettes sur le côté de la fenêtre. Elles se positionnent là toutes seules », décrit Benoit Orban.

Fabrication canadienne

Les stores Newton sont entièrement fabriqués au Canada. « Altex est actuellement la seule entreprise au Canada qui assemble un produit dont tous les composants sont canadiens, affirme Gilles Dumoulin. Par exemple, le plastique vient d’un fournisseur d’Altex dans la région de Granby. L’aluminium est extrudé au Canada et non en Chine. »

L’avenir

Les stores de type Newton ont été lancés en mai dernier, au moment où les nouvelles normes sont entrées en vigueur.

« La réponse architecturale est très bonne », se réjouit Gilles Dumoulin.

L’entreprise commence à présenter le produit dans son réseau de distribution pour le marché résidentiel.

« II y a beaucoup d’intérêt du côté du marché américain, constate-t-il encore. Il faut juste qu’on soit prêts, parce que actuellement, comme tout le monde, on est en pénurie de main-d’œuvre. »

L’entreprise fabrique actuellement 160 stores Newton par jour et devrait porter la production à 180 d’ici peu. « Mais le besoin l’année prochaine, c’est 400. »

Pour répondre à la demande, Altex prévoit d’automatiser sa chaîne de production et d’accueillir en février prochain des travailleurs malgaches.

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PME Innovation Meubles South Shore : Un robot, c’est bien, savoir l’utiliser, c’est mieux

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

South Shore est un fabricant de meubles particulièrement innovant. Sur la photo, David Guérin et Jean-Michel Breton, ingénieurs.

Le quotidien des PME est rempli de défis avec la pénurie de main-d’œuvre qui s’est empirée ces dernières années et l’inflation, notamment. Pas le temps de penser innovation dans un pareil contexte ? C’est plutôt le contraire : l’innovation est essentielle à la survie des entreprises dans cet environnement tumultueux. Comment s’y prendre ?

Publié à 8h00

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Martine Letarte

Martine Letarte Collaboration spéciale

Innover lorsque le contexte d’affaires est difficile… ce n’est pas la première fois que South Shore, un fabricant de meubles de Sainte-Croix, dans Chaudière-Appalaches, relève le défi. En 2004, alors que plusieurs entreprises québécoises du domaine s’avouaient vaincues devant la concurrence chinoise, South Shore a fait ses premières ventes en ligne de meubles préassemblés.

« L’innovation a déjà sauvé l’entreprise une fois et depuis, nous savons que nous devons toujours innover, que ce soit avec de nouveaux produits, nos processus ou notre modèle d’affaires », affirme Nicole Basenach, vice-présidente, expérience consommateur, chez South Shore.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Nicole Basenach, vice-présidente, expérience consommateur, chez South Shore

Aujourd’hui, l’entreprise expédie 1 million de meubles par année en Amérique du Nord grâce notamment à Amazon et à Wayfair. Pour fabriquer tous ces produits, South Shore, qui compte près de 1000 employés, ne peut pas s’en tenir à se plaindre du manque de main-d’œuvre. Elle doit trouver des solutions.

Nous avons automatisé et robotisé certaines tâches. Nous avons travaillé avec des centres de recherche et des firmes de robotique pour adapter des robots à notre contexte. Mais il reste encore beaucoup à faire.

Nicole Basenach, vice-présidente, expérience consommateur, chez South Shore

D’ailleurs, l’ingénieur responsable de l’innovation travaille sur un nouveau procédé de finition numérique qui sera implanté à la fin de l’année. Cet ingénieur fait partie de la cellule innovation, dont le noyau comprend six personnes clés, dont la leader qui s’assure que les projets avancent.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

South Shore expédie 1 million de meubles par année en Amérique du Nord.

« Pour innover, il faut avoir des ressources consacrées à l’innovation qui peuvent sortir du quotidien de l’entreprise pour travailler sur des projets, affirme Nicole Basenach. Il faut aussi pouvoir se tromper. Nous avons d’ailleurs un budget réservé pour ce travail plus risqué. Pour être innovante, une entreprise ne peut pas juste regarder la rentabilité à court terme. »

Comment accélérer l’innovation ?

Aux yeux de Luc Sirois, innovateur en chef du Québec, South Shore est un bel exemple d’entreprise innovante pour plusieurs raisons. « Il faut avoir quelqu’un qui se consacre complètement, ou du moins en grande partie, à l’innovation dans l’entreprise, indique-t-il. Si l’innovation ne fait pas partie de la description de tâches de quelqu’un, rien n’avancera parce que tout le monde finira toujours par avoir autre chose de plus urgent à faire. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Luc Sirois, innovateur en chef du Québec

Il considère aussi comme essentiel que l’entreprise se donne l’espace et la latitude pour essayer des choses. « Et cela veut dire aussi laisser tomber les pistes qui ne fonctionnent pas, ce qui n’est pas si facile avec notre culture de vouloir toujours tout réussir ce qu’on entreprend », remarque Luc Sirois.

Il ajoute que l’innovation doit également être une priorité du PDG pour que les employés s’y investissent vraiment.

Or, Luc Sirois s’inquiète de constater que les entreprises québécoises ont pris encore plus de retard en matière d’innovation pendant la pandémie. Il cherche à comprendre pourquoi. En pleine tournée des régions pour rencontrer les entrepreneurs, il réalise que le manque de main-d’œuvre est souvent le grand frein.

Des entrepreneurs m’ont dit qu’ils avaient acheté des robots, mais qu’ils n’avaient personne pour les programmer et les installer. Pourrait-on mutualiser le personnel innovant ? Par exemple, un ingénieur, un designer, un programmeur pourraient partager leur temps entre différentes entreprises dans un secteur.

Luc Sirois, innovateur en chef du Québec

Se faire accompagner

Il reste toutefois encore plusieurs entrepreneurs qui ne savent pas quels choix faire pour avoir les meilleurs résultats en matière d’innovation.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Sylvie Pinsonnault, première vice-présidente, stratégies, innovation et développement durable, chez Investissement Québec-CRIQ

« L’entrepreneur pris dans le quotidien n’a pas beaucoup de temps pour se pencher sur les transformations à faire et nous sommes là pour l’accompagner », affirme Sylvie Pinsonnault, première vice-présidente, stratégies, innovation et développement durable, chez Investissement Québec-CRIQ.

Alors que l’argent est au rendez-vous pour les entreprises québécoises qui veulent innover, elle précise que le financement pour ce genre de projet doit être flexible.

« Nous offrons un moratoire sur le remboursement du capital qui peut aller jusqu’à 48 mois parce que nous savons qu’il faut du temps avant de voir les bénéfices d’un projet d’automatisation ou de robotisation », ajoute-t-elle.

Sylvie Pinsonnault insiste toutefois sur l’importance d’aller de l’avant. « Il faut accélérer le rythme pour maintenir la compétitivité des entreprises, parce que la concurrence est mondiale, ajoute-t-elle. Puis, il faut penser à faire les changements les plus verts possible, parce que là aussi, c’est important pour rester compétitifs. De plus en plus, les appels d’offres contiennent des éléments sur le développement durable. Nos entreprises doivent suivre le mouvement planétaire. »

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PME Innovation Mission : créer de la valeur… à tous les niveaux

PHOTO DENIS GERMAIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Prinoth construit des dameuses à neige et des véhicules utilitaires sur chenilles aux applications diverses.

Bien des PME sont nées d’une innovation, et il n’est pas toujours évident de garder celle-ci au cœur de la stratégie une fois que l’entreprise a atteint un certain degré de maturité. Pour y arriver et continuer à innover, il faut en faire une priorité. C’est le cas de Prinoth, dont tous les employés participent à un projet qui vise à développer une culture de l’innovation.

Publié hier à 9h00

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Caroline Rodgers Collaboration spéciale

À son usine de Granby, qui compte 250 employés, l’entreprise construit des dameuses à neige et des véhicules utilitaires sur chenilles aux applications diverses, qui peuvent accéder à des endroits où les véhicules sur roues ne peuvent pas se rendre. Auparavant division de Bombardier, l’entreprise a ensuite été vendue à Camoplast, puis à l’italienne Prinoth.

Née de l’innovation, l’entreprise a mis le concept au cœur de ses activités, et ce, sur tous les plans.

PHOTO DENIS GERMAIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Marc-Alain Guérin, coordonnateur, ressources humaines, chez Prinoth

« Il y a quelques années, nous avons lancé un projet de culture d’innovation, explique Marc-Alain Guérin, conseiller en ressources humaines agréé (CRHA) et coordonnateur, ressources humaines, chez Prinoth. On voulait vraiment inventer une culture d’innovation à toutes nos activités, et pas seulement à l’ingénierie et au développement de produits. »

Au cœur de ce projet, il y a nos employés. Pour nous, la définition d’innovation est assez simple : c’est quelque chose de nouveau qui crée de la valeur.

Marc-Alain Guérin, coordonnateur, ressources humaines, chez Prinoth

Concrètement, des comités de travail ont été créés pour travailler sur les cinq assises à la base de l’innovation : la collaboration, la créativité, la structure, l’autonomie et le risque.

PHOTO DENIS GERMAIN, COLLABORATION SPÉCIALE

L’innovation est au cœur de la philosophie de l’entreprise.

« Notre but est que toutes nos activités tiennent compte de ces assises pour les renforcer, les améliorer et les utiliser, ajoute-t-il. Nous avons commencé par un sondage auprès de tous nos employés pour leur demander ce qu’était, pour eux, l’innovation. Nos groupes de travail ont exploré ces assises et soumis des propositions de projet. Il y avait des gens qui travaillaient ici depuis 25 ans et qui n’avaient jamais travaillé ensemble. »

Pour l’accompagner dans ce virage, l’entreprise a fait appel aux services de Michel Landry, président fondateur du cabinet-conseil L.Tech Solution et spécialiste de l’innovation, qui a amené l’équipe de Prinoth à se servir de la démarche du « design thinking ». Basée sur la formation des designers industriels, cette approche est axée sur les besoins de l’utilisateur et sur six grandes étapes : comprendre, observer, définir, idéer, « prototyper », lancer.

« Prinoth voulait revoir sa façon de travailler pour innover davantage, entre autres, dit Michel Landry. La culture d’innovation, c’est le point de départ de tout. »

Même quand une entreprise se munit de très bons outils de travail, si elle n’a pas une culture innovante, les outils ne seront pas bien utilisés.

Michel Landry, président fondateur du cabinet-conseil L.Tech Solution

« La culture d’innovation relève du savoir-être, poursuit le spécialiste. Elle se distingue donc de la gestion de l’innovation qui, elle, concerne davantage le développement de processus ou de produits et services. Les organisations veulent souvent plus d’outils pour être performantes, mais on se rend compte qu’il faut aussi changer la culture organisationnelle pour y arriver. »

Dans le cadre de cette démarche, Prinoth a nommé des agents d’innovation qui ont suivi une formation plus poussée en design thinking.

« On a maintenant des équipes multidisciplinaires qui travaillent sur toutes sortes de projets d’innovation, et les agents d’innovation qui sont attitrés à ces projets et gèrent les équipes, explique Marc-Alain Guérin. Parmi les projets lancés, il y a le programme de santé et bien-être des employés qui sort des sentiers battus. »

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La motoneige Taiga parmi les meilleures inventions de l’année, selon le magazine TIME

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Fondée en 2015, Taiga a fait le saut à la Bourse de Toronto en avril l’année dernière.

La motoneige du fabricant de véhicules récréatifs électriques Taiga fait partie de la liste des meilleures inventions de l’année du magazine TIME.

Publié à 10h41

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Richard Dufour

Richard Dufour La Presse

Le périodique américain a dévoilé jeudi son palmarès annuel des innovations qui influencent notre façon de vivre, de travailler, de jouer et de penser à ce qui est possible.

Pour établir sa liste, le magazine TIME a sollicité des nominations auprès de ses rédacteurs et correspondants d’une peu partout dans le monde, ainsi que par un processus de candidatures en ligne, en accordant une attention particulière aux domaines en croissance, tels que l’industrie des véhicules électriques, l’énergie verte et le métavers.

TIME a ensuite évalué les candidats selon plusieurs facteurs, dont l’originalité, l’efficacité, l’ambition et l’impact.

Fondée en 2015, Taiga a fait le saut à la Bourse de Toronto en avril l’année dernière.

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Automatisation Projet de 45 millions pour le fabricant d’armoires Miralis

PHOTO FOURNIE PAR MIRALIS

Miralis, situé à Saint-Anaclet-de-Lessard près de Rimouski, qui se spécialise dans la fabrication haut de gamme d’armoires de cuisine, de mobiliers suspendus et d’îlots, ouvrira une nouvelle usine juste à côté de celle déjà en activité. Une autre installation est également en cours de construction à Québec.

Spécialisé dans les armoires de cuisine haut de gamme, le fabricant québécois Groupe Miralis annonce l’ouverture prochaine de deux nouvelles usines robotisées et automatisées dans le but de doubler sa production, tout en minimisant en partie les impacts de la pénurie de main-d’œuvre. Valeur de l’investissement : 45 millions de dollars.

Publié à 13h22 Mis à jour à 16h13

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Nathaëlle Morissette

Nathaëlle Morissette La Presse

« Ce projet permet à Miralis d’entrer officiellement dans l’industrie 4.0 et d’atteindre un niveau assez unique en Amérique du Nord », a mentionné en entrevue téléphonique, lundi, le PDG de Groupe Miralis, Daniel Drapeau, quelques heures avant que l’entreprise fasse l’annonce officielle de cet investissement, projet rendu possible notamment grâce à la participation du gouvernement du Québec et d’Investissement Québec, dont l’aide financière totalise 23,5 millions. En tout, Miralis compte sur l’appui de sept partenaires financiers.

« [Avec l’automatisation], on souhaite inspirer d’autres fabricants parce qu’on croit que c’est ce qu’il faut faire pour garder le secteur manufacturier au Québec, ajoute M. Drapeau. Les manufacturiers n’auront pas le choix d’investir pour rester en vie. »

« Ça va nous permettre de doubler notre capacité de production. Dans la rénovation, dernièrement, il y a eu beaucoup de demandes. Ç’a été difficile pour nous autres de répondre à cette demande-là. »

Ainsi, l’entreprise, située à Saint-Anaclet-de-Lessard près de Rimouski, qui se spécialise dans la fabrication sur mesure d’armoires de cuisine haut de gamme, de mobiliers suspendus et d’îlots, ouvrira une nouvelle usine juste à côté de celle déjà en activité où travaillent actuellement 250 personnes. Ce projet permettra à M. Drapeau de « garder son monde en région ». Une autre installation est également en cours de construction à Québec, non loin du centre commercial Les Galeries de la Capitale.

« Cette usine va probablement être la plus avancée dans notre domaine en Amérique du Nord », soutient Daniel Drapeau en faisant référence à la nouvelle installation de Saint-Anaclet. Miralis y développera une toute nouvelle collection où on intégrera notamment de l’éclairage dans les tiroirs et les armoires. « En ouvrant les armoires, les tiroirs, le garde-manger, la lumière va automatiquement s’allumer comme dans un réfrigérateur, explique M. Drapeau, qui ajoute dans la foulée qu’actuellement, l’éclairage se fait sur place par l’installateur. Nous, on va le faire en usine avec une qualité assez exceptionnelle. Le produit a été pensé de façon à ce que la lumière éclaire l’intérieur des caissons et n’éblouira pas les yeux de l’utilisateur. »

L’installation de Québec permettra à l’entreprise de se lancer pour la première fois dans la fabrication de comptoirs en transformant de la pierre sintérisée. Les deux usines, présentement en construction, seront opérationnelles au cours de l’année 2023 et permettront de créer une cinquantaine de nouveaux emplois.

« L’automatisation et la robotisation de l’industrie manufacturière sont des éléments clés pour accroître la compétitivité de nos entreprises et assurer leur croissance, a pour sa part déclaré Guy LeBlanc, président-directeur général d’Investissent Québec, par voie de communiqué. Avec sa culture d’innovation, Miralis incarne très bien l’avenir du secteur manufacturier québécois. Investissement Québec est heureuse de la soutenir dans ce projet d’envergure, qui lui permettra d’augmenter sa productivité. »

Groupe Miralis

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Innovation GreeNovel : prix international et nouvelle usine

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Mai Attia et Sherif Farag, cofondateurs de GreeNovel

Les bonnes nouvelles s’accumulent pour GreeNovel, spécialisées dans le recyclage des plastiques contaminés et non recyclables. Après avoir remporté plutôt cet automne à Londres le prix ICIS Innovations Awards 2022 de l’industrie chimique, la jeune pousse fondée en 2019 vient d’annoncer la construction en 2023 d’une usine pilote à Granby.

Publié hier à 9h00

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Julie Roy Collaboration spéciale

Actuellement établie dans les locaux du Centre d’innovation et de technologies industrielles de Granby (CITIG), GreeNovel est la création de Mai Attia et Sherif Farag. Pendant plus de 20 ans, les deux doctorants en génie chimique ont travaillé en recherche et développement, accumulant des centaines de communications scientifiques. Ils ont aussi à leur actif une douzaine de brevets orientés vers l’électrification des procédés de recyclage, son extraction et sa purification.

L’actuel GreeNovel est toutefois loin de leur idée d’origine. « Ce qu’ils voulaient faire, c’était d’exporter le plastique recyclé du Canada vers le Moyen-Orient. La rentabilité n’était pas au rendez-vous parce que le coût de revient du recyclage était pratiquement le même que celui du plastique vierge en raison du prix du pétrole à cette période », explique Émir Tsabet, expert sénior en recherche et développement pour GreeNovel.

Répondre aux enjeux actuels

Ne voulant pas laisser tomber l’aspect recyclage, les deux doctorants se sont alors tournés vers des solutions pour réduire son coût de traitement. Sherif Farag explique pourquoi cet enjeu leur tenait tant à cœur : « Le plastique est un enjeu majeur pour la planète, il y en a partout. C’est une source de pollution énorme qui épuise des ressources naturelles. On pense au bien des générations futures. C’est un travail pour l’humanité, sinon, on va leur laisser quoi comme planète ? »

En collaboration avec le Conseil national de recherches Canada, les deux chercheurs sont arrivés à atteindre leur but en utilisant un système de chauffage par micro-ondes qui consomme beaucoup moins d’énergie. Cette innovation devrait être commercialisée en 2023.

Les deux scientifiques avaient aussi un autre objectif : éliminer les contaminants présents dans de nombreux déchets électroniques. « Plusieurs des produits que l’on retrouve dans ce type de déchets sont très dommageables pour la santé humaine et l’environnement. Ils nécessitent des étapes de traitement très coûteuses.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Mai Attia, PDG de GreeNovel

Nous sommes arrivés à mettre au point une technologie qui permet d’éliminer plus de 150 éléments, dont plusieurs sont nocifs, en utilisant un agent chimique qui peut entièrement se régénérer. En plus, on arrive à extraire différents métaux qui y sont mélangés comme l’or, l’argent, le cuivre, le platine, etc.

Mai Attia, PDG de GreeNovel

Des technologies qui attirent les regards

Les deux chercheurs estiment que leurs inventions permettraient d’éliminer annuellement au Canada 780 000 tonnes de matériaux nocifs pour la santé et l’environnement, de détourner 232 000 tonnes de plastique destinées aux décharges ou à l’enfouissement, de donner une seconde vie à 542 000 tonnes de métaux.

Ces innovations n’ont pas tardé à attirer de nombreux regards. Les deux entrepreneurs ont signé plusieurs contrats avec d’autres acteurs industriels pour la réalisation de projets d’étude et de faisabilité. La décision de construire une usine pilote fait suite à l’obtention d’un contrat avec le gouvernement fédéral, qui devra fermer plusieurs de ses centres de données.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Sherif Farag, vice-président de GreeNovel

« On va se retrouver avec des tonnes de machines et de serveurs qu’il faudra recycler. Le contrat avec le fédéral est un bon départ. Au début, on va être à 25 % de notre capacité, soit 25 tonnes de déchets de plastique par jour. On prévoit, dès 2025, d’atteindre 50 % de notre capacité », affirme Sherif Farag.

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